Buffalo brille

Rafael Nadal a donc, ô surprise, remporté ce Roland-Garros 2007 en dominant, ô surprise, Roger Federer en finale. Au-delà de la ô surprise, il y a cette impression que le Majorquin était le plus fort et que tout le monde l'avait remarqué au bout de la première semaine. Seule différence, le niveau monte comme diraient les tordants sociologues Baudelot et Establet. Federer avaient étalé une classe cyclonique il y a quelques semaines à Hambourg face au même « Rafa », classe qu'il n'a d'ailleurs pas laissé en route, puisqu'on a vu quelques séquences limpides tout au long de la quinzaine dans le jeu du Suisse. Notamment contre Davydenko, qui outre ses capacités intellectuelles et introspectives hors normes, est vraiment un bon joueur. Non, vraiment, cette finale n'a pas été un feu d'artifice au rabais. Alors, pourquoi a-t-on l'impression que le scénario ressemble comme deux gouttes d'eau aux désormais habituelles victoires en 4 sets de Nadal contre Federer ? Parce que le buffle de Manacor (pas de Bayonne, attention) augmente sa qualité de jeu en tirant toujours les mêmes ficelles : garder l'initiative, l'agressivité, la concentration et la surprise de son côté. Si bon nombre de joueur s'énervaient par le passé, aujourd'hui cela ressemble plus à de l'impuissance. De la fatalité. Seul le fou fighter Hewitt, avec son eye of the tiger, a failli jouer un génial tour de passe-passe contre l'Espagnol à Hamburger. Mais en vain, la qualité de Nadal ayant fait le reste. Contre Federer, qui tutoient les sommets techniquement parlant, Nadal est lui aussi d'une propreté accablante mais moins valorisée. On le considère à tort comme un « bourrin », qui cogne à n'en plus pouvoir. Mais ses schémas de jeu sont parfaits, adaptables à l'adversaire. Federer a reconnu s'être perdu tactiquement contre Nadal. Alors, si ses coups sont moins souvent gagnants, s'il vient moins à la volée, Nadal n'en reste pas moins aujourd'hui le seul à pouvoir danser un tango avec Rodger (bravo). Nul doute qu'on s'en apercevra sur toutes les pistes, quelles que soient leurs surfaces.
Nib
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