Cyclisme, Tour de France : La victoire à l’Omerta

 

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Nous nous interrogions après le contre-la-montre, samedi, sur la présence des Astana et de Rasmussen sur le Tour. Depuis, nous avons finalement, hélas, été exaucés, comme par hasard. Mais ces affaires Vinokourov, Rasmussen voire Cofidis ne sont-elles pas simplement que des gros baobabs servant à cacher une gigantesque forêt d'arbres gangrénés?

L'équipe du Vestiaire a envoyé depuis plusieurs semaines ses journalistes s'immerger et enquêter dans cette nébuleuse du Tour de France. Nous sommes aujourd'hui en mesure de vous expliquer plus précisément les enjeux de cet énorme scandale, au delà du simple fait établi que le sport professionnel dans sa quasi-totalité est devenu un pur spectacle mais un impur danger.

L'ignoble Rasmussen vient de quitter le Tour. A qui profite ce crime comme dirait le mystérieux Christian Prudhomme ? En dehors de l'image désastreuse du cyclisme et du Tour lui-même, les grands gagnants de cette histoire sont déjà clairement identifiés:

1. La victoire de l'argent

Financièrement, le maillot jaune revient sans contestation aucune à ASO, l'organisateur du Tour de France et sa filiale la société du Tour. Associé à ces dernières, France Télévisions complètera le podium. Ce n'est pas, comme ont tenté de le faire croire divers protagonistes ces derniers jours, une question de patrimoine, ou comme dirait ce génie de Thierry Adam le refus de pratiquer la politique de la chaise vide. Non, si le Tour ne s'est pas arrêté et ne s'arrêtera pas, c'est pour une seule et unique raison: l'argent qui est en jeu. La machine économique est trop puissante. Si c'est elle qui crée en quelque sorte le dopage, c'est elle aussi qui permet à ce système de survivre. En effet, même au coeur du chaos le Tour fait toujours recette (à l'image des audiences qui cartonnent, et dans un un contexte morose pour France 2, la chaîne ne peut se priver d'une telle poule aux oeufs d'or).
Personne n'a pour l'instant eu le courage de prendre le risque de casser cette formidable machine à pognon.

2. La victoire des autres tricheurs

Pour sortir de cette crise dans un début de dignité, à défaut de stopper le Tour, puisque c'est impossible faute de courage et de volonté, la première chose à faire serait de ne pas désigner de vainqueur cette année.
Or, si ce n'est pas le cas, il semble qu'un autre vainqueur de ce Tour sera l'insoupçonnable équipe Discovery Channnel, celle de Bruynnel et d'Armstrong et celle de son leader sulfureux Alberto Contador. Demain, on peut être certain que Thierry Adam, toujours lui, et son compère d'infortune Gérard Holtz se gargariseront du port du maillot jaune sur des épaules propres penseront-ils. On peut également être sûr qu'au délit de sale gueule contre le vieux Rasmussen se substituera la célébration du jeune héros Contador avec un frère handicapé pour lequel il court. Toujours selon cette attitude hypocrite qui permet depuis si longtemps au service des sports de France tv main dans la main (portefeuille dans la main) avec l'organisateur de couvrir le dopage en soulignant le panache des coureurs à l'avant de la course. On pense évidemment cette année à Rasmussen, Soler, Vinokourov et donc Contador…

3. La victoire de l'auto-transfusion

Enfin les derniers véritables vainqueurs de ce Tour seront les dirigeants et les coureurs, qui dans leur majorité (il y a évidemment au fond des classements des coureurs propres, qui sont les grands perdants de ces événements. Merci à eux), continuent comme au bon vieux temps des années EPO de protéger un colossal système de dopage organisé.
A quoi servent les contrôles aujourd'hui alors que l'auto-transfusion utilisée par la plupart des coureurs est indétectable. On pouvait croire que les équipes françaises s'étaient retrouvées par la force des choses , à l'abri du dopage, mais non, un Cofidis s'est fait piqué. Il ne faut pas être dupe, plus de 90% du peloton du Tour 2007 triche et ment. Dans la caravane, tout le monde le sait. Mais l'omerta règne toujours en force. Et si un coureur, à l'image de Mikaël Delage, est un peu trop virulent sur le doping, il se fait rapidement rappeler à l'ordre avec violence par certains de ses collègues.
Le système est pourri dans son ensemble de A à Z, à tel point que les sponsors français résignés ne demandent plus de résultats à leurs poulains.

Quant à nous, les suiveurs nous sommes à la fois coupables et victimes. Coupables car on permet à ce spectacle malsain de perdurer mais victimes car nous sommes en permanence trahis par ceux que nous adulons.

Si l'exclusion de Vinokourov aura été une bonne nouvelle pour le cyclisme, le départ de Rasmussen risque d'être la plus mauvaise nouvelle qui aurait pû arriver au Tour de France. On va continuer à nous faire croire que les choses sont presque rentrées dans l'ordre, et que le Tour du renouveau a finalement été sauvé. En effet, il y aura sans doute deux maillots Discovery Channel sur le podium. C'est beau un tour propre…
ASO, en poussant Rabobank à sévir, a trouvé un bouc émissaire de plus après Vino et l'UCI, a sauvé son argent mais certainement pas son honneur.

A quoi tout cela aura servi? Hélas à pas grand chose sans doute. On espère se tromper.
L'équipe du Vestiaire

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