Les interviews (presque) imaginaires du Vestiaire

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Fraîchement arrivé en Corée du Sud, où l’OL dispute la Piss (off) Cup, Sylvain Wiltord nous accorde quelques minutes dans la salle d’attente d’un salon de massage à quatre mains des quartiers sombres de Séoul.

QUESTION : Sylvain, qu’est-ce qui vous a finalement décidé à rejoindre sur le tard vos coéquipiers, ici, en Asie ?
SYLVAIN WILTORD : Jean-Mi (Aulas) a menacé de me vendre à Rennes si je ne venais pas.

Q. : Vous n’êtes pas intéressé par un retour en Bretagne ?
S.W. : J’aime bien la région, ce n’est pas la question, mon pote. La rue de la Soif, le bar Ramon et Pedro du quartier de la gare… J’ai d’excellents souvenirs, là-bas. Et puis Bordeaux n’est qu’à une heure de voiture. Mais mon salaire serait divisé par trois, tu comprends. Et j’ai deux Porsche à nourrir, moi.

Q. : Mais il se dit que François Pinault, l’actionnaire principal du Stade Rennais, serait prêt à consentir un effort financier…
S.W. : Tu sais, depuis qu’il a racheté Puma®, il est un peu court. Alors, il a remplacé les primes de match par des paires de baskets. On ne m’achète pas comme ça. Je ne suis pas Robert Pires !

Q. : Si vous êtes convaincu de rester à Lyon, pourquoi, alors, avoir boudé ce voyage ?
S.W. : Je l’ai dit et répété à la presse et à mes dirigeants. J’ai une vilaine otite. Tu veux voir le certificat médical ? (il sort le document, plié en huit dans son paquet de cigarettes)

Q. : Mais la signature a été faite au crayon de papier !
S.W. : (gêné) Fais voir… Merde, j’ai oublié de la repasser au Bic®. (il s’arrête, réfléchit, demande un « off ») Bon, ça ne s’est pas vu, par fax. Entre nous, la Corée ne me disait rien de bon : la bombe atomique, les dictateurs, tout ça… Je suis, en fait, aussi malade que Fred est blessé.

Q. : Parce que Fred n’est pas blessé non plus ?
S.W. : Non, c’est moi qui ai signé son certif’ brésilien. Je fais ça depuis le collège. Greg (Coupet) me le demande souvent, aussi. Fred était invité cette semaine à la Coco Jambo party du Sambalaya beach club de Copacabana, à Rio. Ca ne se refuse pas. Il m’avait proposé de venir, mais je n’ai pas pu…

Q. : Pourquoi ?
S.W. : J’étais en garde à vue à la PJ de Lyon.

Q. : Pour vos excès de vitesse à répétition ?
S.W. : Oh, non. C’est arrangé, ça. Le fils du préfet est fan de l’équipe. Je lui ai dédicacé un maillot et il m’a rendu mon permis. Par contre, il n’a pas pu me couvrir pour la vente de cannabis.

Q. : Vous avez été impliqué dans un trafic de drogue ?
S.W. : Trafic, trafic… C’est un bien grand mot. C’est Fred qui en ramène à chaque fois qu’il va se marier au Brésil. Comme il ne parle pas Français, il a voulu que je l’aide à écouler son stock à la sortie de l’entraînement. Et Govou a tout balancé au coach. On va lui faire la peau avec Jouhnny (Juninho). (deux femmes légèrement vêtues ouvrent une salle obscure et demandent Philippe Troussier)

Q. : Philippe Troussier ?!?
S.W. : Ouais, c’est comme ça que je me fais appeler ici, man. J’ai lu dans les archives de So Foot, quand je suis allé chez le dentiste pour soigner mon otite, qu’il a grave la cote avec les meufs au Japon.

Q. : Nous sommes en Corée…
S.W. : Putain, j’ai confondu. Comment il s’appelait déjà l’autre Islandais qui les entraînait à la Coupe du monde où on a tout perdu ?

Q. : Guus Hiddink ?
S.W. : Ouais ! (il se lève, me fait un signe de la tête et va prendre ses deux masseuses par la taille) « You can call me Gusse, honeys. »

Propos (presque) recueillis par Roger Secrétin

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