Athlétisme, Mondiaux d’Osaka, 110m haies: Doucouré pas assez vite

doucour.jpg

Alors que l'on se dirige vers la fin des championnats du monde d'athlétisme à Osaka, ce jeudi nous a encore gratifié d'un authentique exploit français, puisque, surprise, Doucouré, qui a été nul toute la saison, ne sera pas en finale du 110m haies.

« Pour un centième », ne cesse de répéter Patrick Montel (décidément au diapason du chauvinisme made in France tv), pour un centième de seconde Ladji ne pourra pas se rendre en finale afin d'y prendre la huitième place. Comme le répète à l'envi le commentateur à la coiffure incertaine, l'équipe de france n'a pas de chance. Mais Ladji Doucouré aurait plutôt eu besoin d'être bon. Car il n'y a en réalité aucune surprise, le Français n'a pas à être déçu, il a fait un championnat en tous points conforme à sa saison : merdique. Manquant de peu son élimination au premier tour, tel Golmard prenant un point à Thierry Champion, il s'est bien rattrapé en demi en se faisant sortir avec la manière dans un temps de 13″36, que même Dan Philibert parvenait à effacer régulièrement. Rappelons au passage que le même Philibert, tout mauvais qu'il était, est quand même parvenu en finale de trois championnats du monde auxquels il a participé malgré un niveau mondial sensiblement plus relevé qu'actuellement.

Ladchie sa saison

Cette année, l'ex-champion du monde n'a jamais trouvé le bon rythme. A chaque meeting, il promettait le feu et donnait la pluie. Avec une meilleure perf à 13″27, comment pouvait-il même imaginer bien figurer aux Mondiaux ? Il n'aurait même pas dû oser y participer. La méthode coué ne suffit pas pour gagner. Arron, Baala et consorts ne l'ont toujours pas compris. Les minima qualificatifs étaient sans doute trop faciles à atteindre ; 13″20 aurait été un chrono plus raisonnable dans l'optique d'un éventuel podium. Avant d'arriver à Osaka, Ladji n'avait gagné que les championnats de France, ce qui ne signifie rien. De défaites en défaites, de temps pourris en temps pourris, Le Vestiaire a suivi sa progression et à aucun moment il ne nous a paru en mesure de faire un résultat. Il ne restait qu'un miracle. Hélas, il n'arrive qu'une fois et c'est Patricia Girard qui en a bénéficié à Atlanta en 1996 (troisième du 100 m haies).

Pourquoi n'a-t-il jamais été dans le coup cette saison ? Cette question est secondaire et il appartient à l'athlète et à son entraineur d'y répondre pour parvenir à retrouver le niveau de 2005. Plus problématique est le rôle joué par les instances nationales qui se félicitaient encore aujourd'hui du zéro pointé de la délégation tricolore, soulignant notamment la perf d'Arron. Le rôle de la Fédération et de la DTN est-il de sélectionner des athlètes en forme pouvant apporter des médailles ou au moins des finales ? Ou est-il d'emmener n'importe quelle ancienne gloire hors du coup ou nullité chronique juste pour faire plaisir à Patrick Montel ? Et pourquoi, alors, ne pas avoir offert un billet à Daniel Sangouma qui cumule ces deux mandats ?


Une réflexion au sujet de « Athlétisme, Mondiaux d’Osaka, 110m haies: Doucouré pas assez vite »

  1. Beaucoup d’erreurs dans cet article

    A l »epoque le niveau était moins relevé dès les series il faut courir 13″60 ce n’était pas le cas et il y avait des quart de finale c’est moins la loterie que 3 demi finale Philibert effectivement courait autour de 1335 aux mondiaux mais Ladji en 2005 gagnait sa demi en 13″35.

    Et puis non Ladji n’a pas juste gagné les France mais aussi sa course lors de la coupe d’Europe .

    Pour le reste oui il était pas bon c’est inquiétant il est meconnaissable depuis l’année dernière , beaucoup de fautes pendant la course à ce niveau le verdict est sans appel !!!mais ils m’inquiète moins que son entraineur qui semblait résigné !!

  2. Cher Riko,

    Nous vous remercions pour cette remarque.
    Une lecture encore plus minutieuse de cet article vous aurait évité d’aller consulter les archives. Mais comme nous apprécions avoir des retours sur nos papiers, nous allons vous répondre dans le détail et vous verrez que les erreurs n’en sont en réalité évidemment pas.

    Cela n’aura pas echappé à votre sagacité, gagner une course durant la coupe d’europe n’est pas vraiment un signe de domination mondiale (je vous rappelle que ses adversaires s’appelaient Turner, Blaschek, Peremota, Douvalidis, Deghelt, Kubaszewski, Vakhnyakov, sans doute de vrais cadors, vu que eux non-plus n’étaient pas en finale à Osaka). De plus le seul européen de la course était la moitié de Duke c’est-à-dire Demydyuk. C’est pourquoi nous avons choisi de ne mentionner que les France sinon, pour vous faire plaisir, précisons qu’il a aussi beaucoup gagné à l’entrainement.

    Quand au niveau général, ça se discute, comme dirait Denis Brognard.
    Le cas Philibert n’est évidemment pas représentatif d’un niveau plus élevé. Nous avons cité l’ex de la reine Christine pour souligner qu’un coureur censé être beaucoup plus faible que Doucouré réalisait à l’époque les mêmes temps que lui cette année. Ce qui permet d’expliquer à ceux qui connaissent moins l’athlétisme que plafonner à 13″30 aujourd’hui est anormal quand on vise le titre mondial. Vous évoquez la demi de 2005, mais vous n’ignorez pas en grand connaisseur que vous semblez être, que les temps réalisés par les meilleurs athlètes dans les courses d’avant finale ne sont pas significatifs. Ils s’adaptent à la course. Ainsi si en 2005 Ladji fait 13″35, il aurait évidemment pu aller plus vite s’il avait senti qu’il y avait danger pour la qualif (liu avait d’ailleurs fait 13″42 pour 13″08 en finale…). C’est la différence avec Osaka où il a fait de son mieux pour faire ses 13″36.
    La différence entre aujourd’hui et hier c’est qu’il avait le niveau pour se qualifier comme Philibert l’avait également à chaque fois, et que là il ne l’a plus. Relisez-bien, mais il n’est pas dit dans l’article que ce sont ses 13″35 qui permettaient à Philibert d’entrer en finale. Dans un premier temps, nous comparons les meilleurs temps du beau Dan avec ceux du junior Ladji pour souligner sa médiocrité actuelle puis nous évoquons les performances en championnats du monde.

    Enfin, l’appréciation du niveau d’ensemble est très subjective puisque les chronos sont restés à peu près les mêmes entre 1991 et 2008. Et selon nous, le niveau était plus relevé à l’époque Colin Jackson (celle de philibert donc) qu’aujourd’hui. Notre critère étant la densité. Les bons hurdlers étaient plus nombreux avant et il était plus difficile de réaliser une perf aux mondiaux à l’époque que maintenant (quel que soit le système de qualif qui est juste une excuse pour se faire éliminer). Cette année, les cadors ne sont pas pléthore quand précédemment les outsiders embaumaient la chambre d’appel de leur ambition dévorante. Regardons la finale 2007: les quatre derniers des la course sont, vous ne nous contredirez sans doute pas, des seconds couteaux et pourtant à part Doucouré, il n’y a pas d’absents de marque. Par exemple, à Athènes, il y a pile 10 ans, Philibert prenait la 5ème place en effaçant les américains Reese et Crear (devant lui se trouvaient Johnson, Jackson, Kovac et Schwarthoff). En 99, les prétendants (même si très peu pouvaient vraiment gagner l’Or) au niveau convenable (supérieur à quatre des finalistes cette année et donc à la majorité des engagés de ces championnats) étaient incroyablement nombreux (pour certains ça sentait la fin de carrière malgré un niveau toujours bon). Dans le désordre: Johnson, Jackson, Crear, Olijar, Kovac, Dees, Ross, Dorival, N’Senga, Schwarthoff, Garcia, Hernandez, Balzer… Et bien sur Philibert qui ne passa pas les demi (5ème). Nous pourrions faire la même chose avec les championnats précédents. Aujourd’hui les bons se comptent sur les doigts d’une main (amputée ou non) et Doucouré avec un niveau très légèrement meilleur aurait tranquillement disputé la finale.

    Merci pour votre commentaire et à bientôt sur le vestaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *