Football, Ligue 1, OL : Une fin de Lyon

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Cette fois, ça y est, Aulas ne peut plus l'ignorer. Le recrutement d'Alain Perrin n'a pas réglé les problèmes lyonnais. Avec deux défaites d'affilée, la crise est là, et Perrin n'y survivra pas longtemps.

La victoire lors de la Peace Cup, puis contre Auxerre, avait laissé présager d'une domination enfin rétablie de la part de l'ogre lyonnais. Il ne manquait qu'une indication : voir Lyon secoué et observer sa réaction. A Toulouse, les Gones l'ont été, un peu. Réduits à dix, ils perdent sur la fin, bon ça peut arriver (et encore, en 2005, jamais ils n'auraient perdu ce type de rencontre). Mais Lorient, dont le très souriant et faussement médiatique Perrin vantait les qualités comme pour se protéger, a dominé Lyon et l'a battu à la régulière. Le score aurait pu être plus lourd. L'évidence est là : Lyon n'a plus rien à voir avec la formation de l'an dernier, à la même époque. Que s'est-il passé ? Pourquoi Aulas a été chercher Perrin qui avait déjà échoué à l'OM dans des circonstances identiques ? Baros a-t-il le bac tchèque ?

Tout va à Volo-ge

Le match Lyon-AS Roma a donc bien scellé le destin lyonnais. L'équilibre, si fragile, s'est rompu irrémédiablement à tous les niveaux du club. Comme Le Vestiaire l'annonçait avant la saison, le mercato a clairement affaibli Lyon. Keita a été proclamé star du mercato olympien, Bodmer valeur sûre et Benarfa successeur naturel de Malouda. Trois incertitudes, à tel point que la recrue la plus prometteuse est l'ancien Sedanais Belhadj. C'est dire. Et la Coupe d'Europe se profile déjà, avec les craintes que nous avons tôt évoquées, de voir Lyon éliminé dès le premier tour. Les blessés ont bon dos : seule l'absence de Cris est vraiment pénalisante. Mais quand l'on prétend dominer un championnat et afficher une supériorité totale, on ne peut pas perdre à Lorient. Pas de cette façon. Alors quoi, Baros et Benzema auraient quelque chose à envier à Vahirua et Saïfi (à part physiquement) ? Et que l'on ne nous sorte pas que Lorient est une « belle équipe ». Qu'ils aient du mérite et produisent du jeu, c'est vrai et c'est très bien. Ils sont même la meilleure équipe du début de championnat avec Le Mans (alleluia). Mais mettez-les au Camp Nou et ils en prendront un paquet. Consternant : la Ligue 1 est d'un niveau terriblement bas cette année.

Le capitaine a la Junisse

Autre souci, parmi d'autres, Juninho n'est plus que l'ombre de lui-même. Le Brésilien semble jouer à contre sens. Perrin le fait jouer n°10, ce que Le Guen avait abandonné. A l'image de cette équipe, on le sent isolé et en perte de motivation. Il n'entonne même plus son accent dégueulasse sur les plateaux télé. Comment pourrait-il en être autrement ? En voyant partir Malouda, Abidal mais surtout Tiago, il a perdu des partenaires de jeu privilégiés, à sa mesure. Son refus d'être capitaine est symptomatique. Et en voyant Perrin imposer son 4-4-2, il a compris que sa liberté sur le terrain a disparu en même temps que ses derniers repères. Comme d'autres. La mécanique lyonnaise n'a conservé de l'époque dorée que les interventions désespérées mais croustillantes du président Aulas, et de son larbin au français approximatif, Bernard Lacombe.

Conforté dans la semaine, viré dans la quinzaine ?

Pourtant, il va falloir réagir et prendre des mesures. Aulas n'a pas lancé le club en bourse quand il le pouvait, l'OL n'a pas gagné la Champion's League quand il le pouvait. Le projet de grand club est mort, et rebâtir une génération prendra beaucoup de temps. La décennie Aulas est terminée, et Lyon ne gagnera rien de bon s'il ne change pas radicalement de voie. Presque souhaitable, le départ du président lyonnais accélérerait le processus, car en restant il risque de s'isoler de plus en plus.

Seule certitude : le temps est compté, déjà, pour Perrin. En remettant le traditionnel 4-3-3 lyonnais après la mi-temps au Moustoir, le « manager à l'anglaise » du pauvre (oui, on oublie souvent que Perrin s'est aussi fait virer de Portsmouth au bout de 7 mois) a prouvé qu'il cherchait la bonne formule. Et ni les joueurs, ni le président ne semblent avoir envie de l'aider à la trouver… En cas d'annonce de non-menace sur le poste de Perrin dans la semaine, de la part de JMA, Perrin peut commencer ses valises. Il n'est qu'un pion qui n'a pas les épaules dans un système entièrement grippé et vérolé.

Une réflexion au sujet de « Football, Ligue 1, OL : Une fin de Lyon »

  1. L’OL et son président JMA ont réussi à obtenir une dérogation de la LFP pour engager un joueur extra-communautaire supplémentaire suite à la blessure de Cris… C’est honteux. Il y a deux poids deux mesures dans le football français. Qu’en pense Le Vestiaire ?

  2. Bonjour,

    Le Vestiaire vous rejoint : il existe des faveurs réservées aux grands clubs. Logique, Lyon est le club français le plus représentatif au niveau européen, et la Ligue n’a aucun intérêt à brimer les ambitions du champion. Cette dérogation est aussi une preuve du poids de Jean-Michel Aulas dans les instances fédérales.
    Mais cela ne changera pas nécessairement la donne : Lyon s’est renseigné sur Morientes, Reyes, Trezeguet, qui ont tous décliné l’offre. L’OL attire encore moins qu’avant. A moins de dénicher un jeune Sud-Américain en devenir, qui confirme tout de suite, Lyon ne fera pas de miracle avec cette faveur. Les problèmes demeurent.

    Cordialement,

    L’équipe du Vestiaire

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