Cyclisme, championnats du monde: La mort dans le sang

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Dimanche se courra, dans l'indifférence générale, le championnat du monde de cyclisme. Une épreuve, à l'image d'un sport moribond, qui n'a plus grand intérêt.

C'était en 1995, en plein coeur des années EPO, Abraham Olano gonflé à bloc remportait la plus belle course de sa carrière avec la bénédiction du prêtre navarrais Miguel Indurain, plus fort que jamais. Ce fut un mondial, sans Thomas Voeckler, dantesque et magnifique, sur un parcours ultra-selectif, avec des champions que l'on prenait encore pour des héros. Ensuite, les organisateurs décidèrent de se foutre complêtement du tracé et des participants. Les maillots arc-en-ciel se succédaient, mais plus personne ne regardait. A tel point que l'on laissa gagner n'importe qui, même Laurent Brochard. Le contrôle positif de ce dernier une fois la ligne franchie en 97 ne posa d'ailleurs aucun problème à l'UCI. Le palmarès de l'épreuve étant naturellement aussi fourni que la salle d'attente du médecin du FC Nantes en 1995.

Le titre pour Vaugrenard?

Stuttgart 2007 concentre donc tous les germes de la mort prochaine de ce sport. Car, contrairement à ce que tout le monde pense, ce n'est pas que de la faute à Chavanel si le cyclisme va mal. A l'heure où le laboratoire de Chatenay-Malabry a étonnement trouvé de la merde dans les veines de Rasmussen, la liste des engagés a le même parfum. Valverde, Bettini, Zabel, Di Luca… Tricheurs, toxicos, menteurs. Un vrai rêve. Le renouveau du vélo.
Mais ce qui risque de tuer l'épreuve c'est surtout la sélection française. Fedrigo, Casar et Feillu en font partie. Un scandale.

Heureusement, il reste le Tour de France. Plutôt encourageant se réjouit Floyd Landis

Tennis, Coupe Davis, Equipe de France : Les Bleus doivent reForget une équipe

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La France va entamer la coupe Davis avec une équipe toujours plus faible, peuplée de joueurs de seconde zone et de leaders cheap.

L'époque dorée des Boetsch et Escudé est révolue. La France ne gagne plus en Coupe Davis, pendant que Brabant et Chamou continuent de rêver à un titre des Mousquetaires. Mais, la vérité est là, aussi nue que Patrice Loko aviné un soir d'août 1995 : la France n'a plus sa place dans l'élite du tennis mondial.

Vainqueurs en 2001, finalistes en 2002, les Bleus n'ont rien fait depuis à part se faire virer contre la Russie, l'Espagne ou Federer. Et les performances déclinent, les quarts de finale semblent le dernier tour encore accessible pour les Français, comme pour Mauresmo.

Des joueurs Lidl, sans leader

Personne ne remet en question cette équipe. Grosjean, Clément, Matthieu, Llodra sont toujours les piliers avec Borotra et Cochet, et Forget alterne des Simon, Mahut ou Monfils en sparring-partner. Mais les habituels titulaires sont devenus des tocards, qui perdent avec la manière. « Séb' est super en forme malgré ses 3 ans de blessures, il tape très bien la balle à l'entraînement », répète Guy le Bronzé chaque jeudi, veille de branlée, depuis quatre ans. Les Français sont remarquablement présents dans les 100 premiers mondiaux à l'ATP. Mais magnifiquement absents des 20 premiers, et ce n'est pas faute d'avoir une flopée de champions du monde juniors.

Tous hors des 20, sauf un. Richard Gasquet. Le plus talentueux et le plus fragile. Capable de perdre contre Vliegen à Roland et de lui mettre 6-1 6-2 lundi dernier, sans comprendre pourquoi. Doté d'une mémoire tampon de premier choix et seul joueur du circuit à abandonner à cause d'ampoules, le Biterrois ne tient pas 5 sets. Mais les autres sont tellement nuls qu'il est un-con-tournable. A ses côtés, la sélection sera dure : qui de Grosjean qui peine à tourner son coup droit à cause de ses deux jambes de bois, de Clément qui ne sait toujours pas s'il est droitier ou gaucher, ou de Monfils qui retourne sur le court n°2 quand il joue sur le central parce qu'il aime taper fort ? Le choix du Vestiaire reste porté sur le dépressif Paul-Henri-Mireille Mathieu, en cas de lobotomie réussie. Avec ça, on a une chance contre les Roumains, les Anglais ou l'Autriche.

Foot, Equipe de France, Barça : Henry le comte

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Son ancien coéquipier Fabregas l'a avoué : Henry la superstar était un poids pour Arsenal l'an passé. Sa prétention transpire derrière son after shave Gillette. Ses mollets sont tellement gros qu'il ne peut plus jouer avec Trezeguet.

Un peu comme la carrière de Vincent Hardy, l'omerta est brisée. Thierry Henry se la pète, ouvre sa gueule et pourrit ses coéquipiers. Pour Fabregas, cela ne fait pas l'ombre d'un doute, l'épais sceptre du roi Henry XIV a pesé sur les jeunes têtes des Walcott, Eduardo ou Flamini jusqu'à nous laisser croire qu'ils étaient de gros nuls. Aliadière lui en a tellement souffert qu'il a choisi de le rester définitivement.
Il est assez étonnant que l'on s'en aperçoive que maintenant grace à l'aide d'un magyar hispanisant. En effet, le néo-blaugrana n'en a que pour sa gueule et cela depuis bien longtemps. Comme tout gros craneur baiseur, il divorce, est pote avec le chanteur Tony Parker, flambe à Paris avec 50 Cent… Sur un terrain, il remercie rarement ses passeurs, demande toujours la balle et surtout, il célèbre ses buts avec le flegme de Joël Cantona. A la fin du match, Titi a besoin de se sentir important dans les douches, toujours prêt à humilier David Seaman comme il le fait avec Clerc en équipe de France, en comparant leurs divers orifices . L'ancienne Ferrari du Rocher, parfaitement consciente de ses qualités exceptionnelles en a eu marre de fréquenter des brèles incapables de décrocher une Ligue des Champions malgré une finale il ya deux ans. Mais cette année, les ectoplasmes se sont découverts du talent : Abou Diaby n'est plus analphabète et Fabregas fait des parties fines avec les mamans de ses coéquipiers. Wenger, depressif comme jamais, a même comparé ce dernier à Platini pour sa vision de jeu et son ego grandissant.

Titi et Gros Kéké

Si le tabou est en partie levé tel Miss Domenech par Giuly, Henry pose aussi un sérieux problème à l'Equipe de France et pas que dans les vestiaires. Le duo qu'il formait avec Trezeguet jadis à Monaco sous les ordres de Jean Diagana est aujourd'hui un souvenir classé avec les buts de Victor Ikpeba dans le bureau du Prince Ah le Bègue. Car Trezegay n'a pas viré sa cutie : il est toujours un sacré technicien de surfaces. Henry lui, s'est bel et bien travesti en joueur d'axe, pour lequel l'équipe doit jouer, comme Arsenal durant tant de saisons. Pourtant, il a conservé les mêmes qualités qui mettaient si souvent en valeur celles de Trezegaule, cette faculté à jouer sur un côté, à accélérer, cette justesse technique et ces coups de génie. Mais voilà, Henry ne partage plus. Ni les femmes, ni la gloire. Sa bonne Coupe du Monde l'a renforcé dans ce rôle : il veut être un leader chez les Bleus, celui qui marque et qui emmerde les autres. Celui qui signe des autographes à Clerc, qui met des grands ponts à Givet et qui apprend à lire à Gallas, qui envoie Gregory Coupet chez le coiffeur.

Henry ne sera plus jamais le complément parfait pour l'autre roi, David, 100 buts en 155 matches de Série A, capable de débloquer une situation si on arrive à centrer. Aujourd'hui, Benzema peut être ce complément, Anelka aussi, Saha éventuellement, Pouget peut-être. Mais il ne peut plus jouer avec Henry. Voilà pourquoi le plus grand buteur français de tous les temps avec Papin ne sera plus titulaire, sauf blessure du natif des Ulis, le Dieu Henry.

Football, OM, PSG, Lyon et les autres, Ligue 1 : la station de buses

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Le nouveau président Platini l'a voulu : les petits clubs doivent être traités comme les autres, en dépit du pouvoir de l'argent. La Ligue 1 à 600 millions d'euros lui rend hommage : Nancy est candidat au titre.

Et si France 2 Foot n'était pas la faute de Montel and co ? Si les simples images rendaient insupportables tout résumé d'un match de Ligue 1 ? Vu la faiblesse de la journée écoulée, on est en droit d'accorder un joker à l'émission pourrie du service public. Car aujourd'hui, la quasi totalité des clubs frise le ridicule.

Après cette 9e journée, il est bien difficile de décerner la palme. Le PSG peut y prétendre, lui qui a encore réussi à perdre à domicile contre Bordeaux, pour la 70e saison de suite. Bernard Mendy a été le meilleur Parisien avec Digard. Tout est dit. L'intouchable Le Guen pourrait s'inquiéter, mais il préfère laisser Gallardo, Yepes et Pauleta sur le banc. Monaco, lui, a perdu à Valenciennes mais au Loto foot, c'est un score logique.

L'OM est un candidat sérieux à l'ordre du démérite. On a pu se rendre compte samedi que les face-à-face entre Marseille et Auxerre ressemblent aujourd'hui à un épisode de Benny Hill. Tout le monde poursuit Cissé pour la mettre des coups sur la tronche. Où sont les Cocard, Boli, Cantona et Vandenboosche ? Le faux Vendéen Pedretti a survolé le match. L'illettré Jean Fernandez, qui aurait pu concurrencer Joël Muller pour un rôle de croquemort, a même eu le culot de consoler Emon après le match. Heureusement, Pape Diouf a une idée divine : faire venir Metsu, pour un remake de l'échec de Troussier à Marseille.

La Perrave

Passons à Lyon. Les hommes de l'érudit Perrin n'ont pas perdu. Aulas a parlé pour la première fois publiquement du remplacement de son entraîneur à la frange bien peignée, en le démentant évidemment. Mais dans le même temps, l'ancien mentor du clown Sladjan Djukic a aimé le nul de son équipe contre Lille (1-1). Une défaite lors du prochain déplacement à Bordeaux devrait libérer JMA des bonnes manières d'usage pour ne pas froisser l'Unecatef.

Voilà pour les gros clubs. Mais il y a mieux. Caen a imité l'exploit de Sochaux en coupe d'Europe contre Panionios : perdre contre une équipe de CFA. Metz a gagné à D'Ornano. Stéphane Dedebant se retourne dans sa tombe : oui, l'apôtre du beau geste Franck Dumas est aujourd'hui entraîneur en Ligue 1 (mais lanterne rouge, qu'il se rassure).

Les friandises de Picot

Finalement, ils ne sont pas si nombreux à ne pas décevoir. On pensait à Rennes, mais les Bretons sont d'incorrigibles loosers, eux qui ont perdu la Ligue des Champions à la 93e minute sur un but de Fauvergue (Lille), l'an passé. Cette fois, c'est Sochaux qui a maîtrisé l'éternel outsider rennais. Wiltord et Emerson seraient-ils les nouveaux Turdo et Lucas ? A la rigueur, Nice est conforme à ce que l'on attendait, avec au top l'éternel Lilian « Lalandes » (qui s'est fait piquer son scooter), comme disait Thierry Roland, à qui personne n'a rendu hommage cette semaine contrairement à Jacques Martin. Bordeaux profite de l'apathie générale pour afficher quelques promesses. Après tout, quel club français peut aujourd'hui s'imposer à Tampere ?

Non, la vraie surprise c'est Nancy, bien sûr, solidement accroché à son statut de leader. Sauf que Nancy joue aussi « bien » que l'an dernier. Quand Pablo Correa parle, on ne comprend rien, et c'est peut-être ça la clé du succès. Mais qu'on le veuille ou non (et on ne le veut pas), les Nancéens sont des candidats crédibles au titre. On imagine déjà Marc-Antoine Fortuné (la star de l'équipe, avec 2 photos dans Google images) faire un tour d'honneur à Marcel-Picot avec le trophée du champion de France, devant 20 085 spectateurs en délire. Ya comme un air de boulets, boulets, comme le chante la poétesse.

Athlétisme, fin de saison: Les vacances de Monsieur Nullo

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La saison d'Athlétisme a donc pris fin ce dimanche à l'occasion de la finale mondiale à Stuttgart. L'heure du bilan est venue, et pour les Français il est à peu près aussi fameux que l'ensemble de la carrière d'Arnaud Boetsch.

A commencer par Ladji Doucouré qui a réalisé une année en tout point merdique. Son meilleur temps date d'hier et hélas il n'est que de 13″27, de quoi faire crever de jalousie Vincent Clarico mais pas plus. L'heure d'une énorme remise en question est venue, on se demande sérieusement s'il sera un jour de nouveau en mesure d'entrer dans une finale internationale, et l'on n'ose même pas parler de podium tant la honte s'empare de nous à la moindre évocation de cette idée. Où est passé le champion du monde 2005 ? Même Renaud Longuèvre se pose sempiternellement cette question sans pouvoir apporter de réponse valable. Pendant ce temps-là, seul Ladji est persuadé qu'il a encore le niveau. Une blessure sur la 5ème haie constituera sa dernière excuse de la saison. Il était temps, il ne savait plus quoi inventer.

Les aveugles ont toujours tort

Pour ce qui est des grands classiques, pas de surprise. Evidemment Arron s'est plantée, mais en plus elle vieillit à vue d'oeil, même Assia el Hannouni s'en aperçoit. C'est à se demander si l'année prochaine elle parviendra à tenir trois courses sans se blesser. Et si elle y parvient, réussira-t-elle à rivaliser avec Fred Bangué? Dans le cas contraire, à la fin 2008, elle regrettera probablement la disparition du Morning Live et de Soyons Sport.
Sinon, par respect de la jurisprudence Cheval, l'équipe de France a apporté son habituel nullard dopé, avec cette fois un bonus track, puisque Lacasse s'est fait accompagner de Keita et de toute la bande de brèles du demi-fond. 2007 fut donc un grand cru pharmaceutique autant que d'intelligence.
En parlant performances « naturelles », évoquons le grand cirque du 100m où les instances internationales laissent se dérouler un spectacle affligeant et ridicule. Powell qui fanfaronne en courant vent de face en moins de 8 secondes et Gay annonçant qu'il peut faire 6 secondes de moins. Tout ça n'est rien à côté de Jeremy Wariner. Oui Wariner.

L'Hurtis…caire de Plasenta
L'autre interrogation de la saison concerne cette incapable de Muriel Hurtis. Comment avec un potentiel de 22″15 ne peut-elle pas parvenir à confirmer en compétition officielle? Elle n'a ni l'âge, ni les lacunes d'Arron. 2008 sera pour elle aussi sa dernière chance. Si elle ne trouve pas la force de terminer trois ou quatre 200m de suite autant qu'elle fasse autre chose. Qu'elle se prostitue ou qu'elle aille torcher ses gosses, mais en tout cas qu'elle ait la sagesse de cesser l'athlétisme et donc d'arréter de faire chier ce pauvre Piasenta et nous avec. On ne s'etendra pas davantage sur le cas Baala, tout a déjà été dit précedemment à propos de l'El Gerrouj du SDF.

Maintenant, en dehors de la demission du staff français après Pekin et du retour de Pognon et de Marcel Montebrun, le nouveau visage de Diniz.

 

Rugby, Coupe du monde, France-Irlande : Toulouse is to win

 

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Comme expliqué, ici-même, hier, le XV de France s’est montré bien supérieur aux hommes de Brian O’Driscoll. Un succès encourageant, mais dont il ne faut pas se gargariser. Ces verts là étaient bien pâles…

21 heures. Le périphérique toulousain s’est vidé. Les perspectives d’un dernier week-end annoncé estival ont laissé place à une excitation fébrile. En contrebas, le Wallon observe. Silencieux, tranquille, apaisé, l’édifice ne tremble pas (malgré les célébrations récentes de l’explosion d’AZF). Vidé de son sang et de son âme, le stade a visiblement la tête ailleurs. Paris et ses lumières lui font du pied. Et pour cause. A Saint-Denis, ce sont ses chérubins qui portent le XV de France jusqu’aux quarts de finale. Ils approvisionnent le tableau d’affichage mais aussi l’imagination et l’audace d’un groupe jusqu’ici aussi tendu que les cordes vocales de Jane Birkin. Et si Toulouse avait fait tout simplement jaillir en ce groupe la confiance.

Bien sûr, la folie médiatique va de nouveau s’acculer derrière Ibanez et ses hommes. D’aucuns les verront désormais rivaliser avec les Blacks, à Cardiff ou ailleurs. Pourtant, il faut garder à l’esprit que cette qualification se fit au détriment d’une équipe du Trèfle aussi faible que l’avaient laissé augurer leurs pénibles premières sorties.

Le jeu : Fighting aspirine

Dès l’entame, les Français, vaccinés par leur mésaventure argentine, se sont préservés de toutes prises de risques et crises d’angoisse, en occupant le camp irlandais. Les réceptions sûres de Poitrenaud sous les chandelles d’un O’Gara, illuminé par les cierges allumés par Hernandez, ont éclairé les Bleus. Une conquête souveraine autour d’une première ligne convaincante et d’un Bonnaire sur ressorts ont fini de chasser les doutes tricolores. Sans pour autant parvenir à faire plier le fighting spirit irlandais. Il faudra pour cela une énième faute verte, un carton jaune contre le rouquin O’Connell (et pas seulement à cause de sa couleur capillaire) et une inspiration lumineuse de Michalak.

Moins maladroite et beaucoup plus dynamique, la France a offert un visage radicalement changé, façonné par Jean-Baptiste Elissalde, chef de meute et d’attaque. Pour autant, les Bleus ont souffert même si les filets de la défense tissés par David Ellis se sont montrés infranchissables. La France n’a d’ailleurs pas encaissé d’essais sur une attaque construite depuis des lustres. Mais les Irlandais, résolument moins puissants que les nations de l’hémisphère sud, ont pointé du doigt quelques zones friables notamment auprès du regroupement, soit par du pick and go, soit par un jeu de croisée autour du 10.

Les joueurs : Le Bonnaire est dans le pré

De Villiers (12/20) et Milloud (12/20) se sont concentrés sur les phases de conquêtes où ils ont épuisé leur vis-à-vis. Exploitent-ils néanmoins leur potentiel à leur maximum ? Ibanez (11/20), tel un cavalier du Rohan, a sonné la charge. Mais au prix d’un isolement récurrent qui coûta des pénalités aux tricolores. Il doit également se montrer davantage appliqué sur ses lancers. La seconde ligne a soutenu la comparaison d’un des meilleurs attelages internationaux (O’Connel, O’Callaghan). Chabal (12,5/20) s’est montré moins virevoltant face à une défense plus affutée, alors que Thion (11/20) fut aussi discret qu’un cheveu sur le crâne de Vincent Lagaf’. Comment, à ce niveau, peut-on se priver du tonus et de l’activité de Lionel Nallet durant les deux tiers de la partie ? La troisième ligne s’en est donnée à cœur-joie. Betsen (14/20) a plaqué et restructuré le jeu français quand c’était nécessaire. Toujours au soutien, Dusautoir (13/20) n’a pas rechigné d’efforts. Julien Bonnaire (16/20) enfin, a tout simplement rayonné. Royal en touche, serein derrière sa mêlée, omniprésent en défense et comme premier soutien, le néo-Clermontois a grappillé en prime quelques ballons cruciaux.

A la baguette, Elissalde (15,5/20) a parfaitement cornaqué ses avants. Des choix judicieux, de la vista et surtout du dynamisme, comme en témoignent ces pénalités jouées rapidement ont permis aux tricolores de délaisser ce costume de jeu trop conventionnel dans lequel ils semblaient étouffer. Michalak (12/20) s’est montré plutôt inspiré et a su alterner le jeu, en réduisant considérablement le nombre de fautes de mains dans sa ligne. S’il put souvent compter sur Damien Traille (13/20) pour le jeu au pied long, le futur-ex toulousain adressa un bijou de passe au pied à Clerc pour l’essai. Un éclair qui ne fait pas oublier son jeu au pied médiocre. Le Biarrot, lui, fut appliqué, tout comme Marty (11,5/20), sans pour autant qu’aucun des deux centres ne parvienne à créer la moindre brèche. Pendant ce temps, Jauzion se morfondait sur la touche. Les ailiers toulousains, Heymans (13/20) et Clerc (15/20), ont brillé. Ce dernier, grâce à son doublé, est même devenu le meilleur marqueur d’essais du Mondial. Clément Poitrenaud (14/20), s’il n’a pas toujours joué juste (coup de pied direct en touche…), a eu le mérite de rassurer ses camarades par ses prises de balles courageuses en tout début de partie. Le tampon asséné par O’Driscoll souligne ses lacunes physiques.

Hier soir, les Bleus se sont réhabilités auprès de leur public, sans pour autant pleinement se rassurer (avec plus de lucidité, le bonus était envisageable). L’épine dorsale (8-9-10-15) qui se dessine enfin, est la meilleure source d’espoir pour la suite. Gare à l’emballage…

Peyo Greenslip

Rugby, Coupe du monde, France-Irlande : L’Eire du large

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La France joue ce soir le match le plus important de son histoire. Une défaite signerait l’échec le plus cuisant de tout un sport. Mais peut-être aussi l’idée d’un nouveau départ…

Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé, le XV de France va mourir. Ce que je vous demande, c’est d’être courageux. L’exécution est prévue, sommairement diligentée par le bourreau chauve. À vrai dire, la prophétie de Guy Môquet ne devrait tarder à se réaliser. Probablement pas ce soir, dans ce qui pourrait s’apparenter au match le plus important de l’histoire du XV de France, tant les enjeux n’ont jamais atteint pareille folie. Si la coulée verte n’aura pas raison des Bleus, la marée noire finira d’engloutir les derniers espoirs de grandeur. Le jeu de rugby retournera alors à la discrétion et à l’humilité dans laquelle il baignait avant que les affres médiatiques ne l’en arrachent. Pour le plus grand bonheur de ses amateurs…

S’il n’a pas, en ses mains, le pouvoir d’arrêter la date de cette funeste issue, Bernard Laporte a profité de la semaine pour réaffirmer son entêtement dans l’entreprise de démolition dans laquelle il s’est lancé. Nallet sur le banc, Chabal titulaire, Marty et Traille préférés à Jauzion qui fut, il n’y a pas si longtemps, consacré meilleur joueur du monde et demeure, malgré une forme irrégulière, un centre de tout premier plan au niveau international. Reste que ces erreurs découlent des choix du Gaillacois. Contestables mais par essence subjectifs. Là où le rugby et ses amateurs peuvent s’estimer floués, c’est dans la gestion de l’événement. Et cette semaine, le marchant ambulant de Madrange s’en est payé une bonne tranche en réaffirmant que même le parcours calamiteux des Bleus ne l’empêcherait pas de pénétrer, fut-ce par la petite porte, sur le pré politique. L’ancien Béglais était pourtant censé tenir ses futures fonctions à l’écart du registre sportif. Sans doute le dernier vœu pieux du Laporte rugbyman. Encore un…

En attendant, les Tricolores n’ont d’autres alternatives que la victoire ce soir pour repousser l’échéance. Ils devraient y parvenir sans trop trembler tant les Irlandais n’agitent plus que de vieux démons que les faibles Géorgiens ont bien failli chasser d’un coup de bravoure. Le principal attrait sera peut-être finalement le Chabal new-look: sans barbe, mais avec toujours la même maladresse. Pendant ce temps, à l'abri des caméras, Lionel Nallet maudira son coiffeur. Oublié des objectifs, Pascal Papé n’aura que plus de rancœur contre son apparence trop lisse. Elle était pourtant là, la seconde ligne idéale. Mais désormais, les jeux sont faits et les dernières cartes dans les mains directeur de casinos (activité qu'il mène d’ailleurs avec autant de succès que celle de sélectionneur).

Dernières pensées : Vous tous qui resterez (joueurs, responsables institutionnels,…) soyez dignes de nous, simples mais fervents amateurs de rugby…

Peyo Greenslip

Tennis : Mauresmo a mûri

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Amélie Mauresmo est revenue victorieusement au tennis, après une parenthèse de deux mois. Elle ne pense pas participer au Masters de fin d'année : aurait-elle enfin compris ?

Amélie Mauresmo est sur la bonne pente. Elle a bien pris le temps de se ressourcer, deux mois à s'amuser avec madame sur un yacht en Sardaigne. Cette parenthèse digne d'un chef d'Etat lui a visiblement éclairci les idées. Finies les ambitions démesurées, les dépressions après avoir été sortie par n'importe quelle fille de l'Est plus jolie qu'elle dans un 3e tour de Grand Chelem. Elle sait désormais que son niveau est inférieur. « Je n'envisage pas de disputer les Masters, estime celle qui est sortie des 8 meilleures mondiales. C'est tant mieux. Comme ça, j'arrêterai la saison un peu plus tôt. Je pourrai bien bosser et être à 100% à l'Open d'Australie.» Et 100%, cela peut la conduire en quart de finale, avec un peu de chance. Avant, elle pourra remporter (comme Santoro à Dubaï) les tournois de Auckland, Gold Coast, Sydney ou Hobart, en janvier quand aucune autre joueuse n'est prête. En plus, ça fait des sous pour les vacances d'été (juste après Wimbledon) : un bateau, ça coûte cher.

Emploi à mi-temps

Car pour Mauresmo, les vacances passent désormais avant tout. Quitte à prendre des volées, autant ne jouer que quand on a un niveau potable pour gagner les premiers tours. La mâturité l'a enfin gagnée. Qu'est-ce qui a changé notre championne ? D'avoir frôlé la mort avec son appendicite ? Est-elle jalouse de Gasquet qui se tape Noah ? Hingis lui manque-t-elle ? Toujours est il qu'aujourd'hui, elle est davantage à l'écoute de son corps de feignasse. « La motivation, je l'ai retrouvée, enfin. J'ai attendu que ça me démange, que ça me titille. » Ca n'a pris que deux mois. Le temps de retrouver un niveau physique et la saison sera finie. Courage Amélie, plus que deux gros mois.

Foot, Ligue des Champions, Barça-OL : Le Lyon sot

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Pour avoir cru en ses chances de rivaliser, les Lyonnais ont pris une leçon de football au Camp Nou. Ils contemplent désormais le haut niveau de loin.

Coupet avait raison : Lyon n’est plus aussi fort. L’équation n’était pourtant pas si simple avant le match : sachant que Lyon avait gagné à Metz 5-1 et que Barcelone n’était pas bon, quelle est la valeur du championnat français, et donc du champion ? Maintenant on sait: 3-0. Il est aux antipodes d’une grande équipe européenne. Comme nous vous l’annonçions en début de saison, atteindre les 8es de finale constituerait un miracle. Sans Cris, c’est même impossible.

Grosso merdo

Car Lyon, malgré ce qu'en a dit Perrin, a très mal défendu. Incapables de contenir le milieu de terrain barcelonais, Toulalan, Juninho et Kallström ont couru dans le vide comme un relais 4×400 français. Même avec la meilleure volonté du monde, cette équipe ne pouvait pas rivaliser avec un Barça pourtant pas en grande forme. Mais le délicieux Alain Perrin avait choisi de filer des wild-cards à certains réservistes : ainsi Belhadj a remplacé Ben Arfa à gauche, et Réveillère a pris la place de Grosso dans son dos. « Un pari manqué », a commenté le toujours neutre Jean-Michel Aulas. Le pauvre suppléant du ramasseur de balle Clerc a encore mesuré qu'il n'avait pas le niveau de Ligue des Champions. Désormais, il cauchemardera toutes les nuits de se faire violer dans une ruelle sombre du Barrio Chino par Messi et Mancini, sous les yeux de Manuel Montalban.

C'est techniquement que Lyon a été le plus surclassé. Par instants, ils ont semblé autant à la peine que Cécillon dans un dîner romantique. Si Govou essaie une feinte à la Messi, il pourrait se dribbler lui-même, voire se blesser. Perrin pourra toujours faire bosser Kallström ou Clerc, ils n’auront jamais la valeur d’un Deco ou d’un Xavi. La palme revient à l’arrière droit inter-naze-ional : un but contre son camp et une mauvaise passe adverse remise dans la course d’Iniesta en pleine surface. Pape Diouf doit regretter de ne l'avoir pas recruté pour son équipe de DH. Et ne parlons pas de Baros : ça y est, il a réussi à faire regretter Fred et ses coups de coude à Méxes et Chivu : au moins on s’amusait, un peu comme Wiltord avec sa femme.

« On aurait pu revenir, on a bien défendu pendant une heure. » Perrin garde le sens de l'humour. Lyon en a pris trois et aurait dû en encaisser deux ou trois autres sans Vercoutre, le meilleur Lyonnais à Barcelone, c’est dire. Comme Eric Durand à Martigues. La classe d’écart est énorme. Houiller, s’il n’a pas dirigé un entraînement en deux ans, donnait au moins de la sérénité à ses joueurs. Sous Perrin, tout a volé en éclat, jusqu’à la valeur de Juninho. Le Bafa ne suffit plus.

OL-dom, le bricolage

Lyon n’a pas produit de jeu. Lyon ne sait plus mettre le pied sur la balle. Lyon a défendu aussi mal que le Werder Brême de la grande époque, avec Valérien Ismaël, le Rudi du football. Les initiatives offensives ont ressemblé à la dentition de Ronaldinho : bordélique et ridicule. Perrin, qui n’a pas dégagé d’équipe-type en trois mois – Belhadj titulaire, la prochaine fois Loïc Rémy ? -, n’est évidemment pas l’homme de la situation. Ses joueurs le déplorent : « Pourquoi n'a-t-on pas joué ? Demandez au coach », a notamment dit Juninho, qui en a foiré tous ses coup francs de dépit. Courtisé depuis plusieurs années par de nombreux entraîneurs, le Croate Assedic pourrait finalement trouver un accord avec Perrin. Quoi qu’il en soit, on peut déjà mettre le Aulas aux ambitions lyonnaises. Et comme Mourinho est sur le marché, c'est le moment d'en profiter.

Bruits de Vestiaire

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Omnisports. Un militant chinois inconscient a été récemment arrêté par la police, dans le nord-est du pays, pour avoir fait diffuser une lettre ouverte intitulée : « Nous voulons les droits de l’Homme, pas des jeux Olympiques. » Les autorités ont menacé la famille et les proches du pauvre Yang, tout de même soutenu par plus de 10.000 paysans aux terres confisquées et cinq basketteurs français qui ont fait leur son slogan subversif : « Des droits (TV ?), mais pas de JO. »

Cyclisme. C’est un terrible coup dur pour le cyclisme français. Alors que Christophe Rinero et Christophe Moreau ont rempilé chez Agritubel, le leader de l’équipe Bretagne-Armor-Lux, Stéphane Pétilleau, n’a pas trouvé le courage de poursuivre une carrière ponctuée par une victoire sur la 4e étape de l’Etoile de Bessèges 2006. Le Breton, passé notamment chez Casto quand Pascal Chanteur traînait encore son bandana dans les pelotons, souffre d’une hypertrophie de l’oreillette gauche. Il n’avait qu’à prendre les consignes par talkie-walkie.

Arbitrage. La Fédé brésilienne est décidément en froid avec ses arbitres. Nous vous avions déjà parlé, dans cette rubrique, des déboires de la sculpturale Ana Paula Oliveira, sanctionnée pour avoir voulu doper les ventes de Playboy en posant nue dans son édition sud-américaine. Et voilà qu’un bon quart des référés du pays ont été à leur tour suspendus ou révoqués pour des faits moins glorieux : leur méconnaissance des règles basiques, comme la distance entre le point de peno et la ligne de but ou la durée de la mi-temps. Ils pourront toujours poser à poil.

Boxe. Le Brahim Asloum du Rosbif, Amir Khan, vice-champion olympique des super-légers en 2004, a refusé une séance photo avec le mannequin Naomi Campbell. Les deux esthètes devaient poser ensemble sur une double page du magazine de mode Vogue, mais le boxeur de Bolton ne voulait pas « être distrait pendant (sa) préparation intensive » avant son prochain combat. « J’aurais adoré la rencontrer, c’est l’une des plus belles femmes du monde. On pourrait peut-être faire ça un peu plus tard ou, si elle veut, Naomi peut venir voir le combat. » Et lui passer la pommade dans les vestiaires ?

Tennis. Oracene Price, la maman de Serena et Venus Williams, n’a pas vraiment apprécié que ses deux bulldozers de filles se fassent damner le pion par Justine Henin lors du dernier US Open. Elle considère que la Belge a été « guidée par son coach durant les matches, ce qui est interdit. Le tennis serait-il devenu un sport d’équipe ? » L’entraîneur belgo-argentin de la numéro un mondiale ne s’est pas laissé intimider aussi facilement : « Ce qu'ils disent ou ce qu'ils font, c'est parce qu'ils ont peur et qu'ils n'ont pas les moyens de battre Justine autrement. Les Williams sont des gens épouvantables. » Les cuisseaux de Serena (photo) plaident pour lui.

Football. Où va le monde ? Le club allemand de Hambourg a entamé cette semaine les travaux de construction d’un cimetière à destination de ses supporteurs, pouvant accueillir jusqu’à 300 à 500 tombes. Les obsèques seront célébrées avec un chant de supporters et les cercueils porteront les armoiries du club. Le club argentin de Boca Juniors a lui aussi lancé un projet similaire, mais, une fois n’est pas coutume, la Ligue 1 avait une tête d’avance en la matière : onze fantômes hantent le Stade vélodrome un samedi sur deux depuis le début de saison.

Médias. Un nouveau confrère investira les ondes sportives à compter du 8 octobre prochain. RTL et L’Equipe vont lancer une nouvelle radio d’information et de sport, baptisée « RTL L’Equipe », bel effort d’originalité. Elle sera disponible dans un premier temps sur Internet avant l’attribution de fréquences numériques à l’automne 2008. Ses responsables ont refusé d’en dévoiler les contours éditoriaux, mais on imagine déjà avec délice les futures « Grosses têtes sportives » animées par Asloum, Arron, Desailly, Raquil, Moreau et Salviac.

Football, Médias : France 2 footu

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Heure du décès : dimanche 16 septembre à 13h50. France 2 foot vient de réaliser une énième audience médiocre, et la gomina de Balbir ne suffira pas à recoller les morceaux.

Comme bon nombre d'entre vous, nous ne faisions pas partie des téléspectateurs qui ont regardé France 2 foot dimanche. Une mauvaise habitude perdue dès la seconde émission dominicale. Avec 15,8 % de parts de marché pour la première partie, la plus regardée des deux, le mag foot du service public a plongé à 10 points en dessous des prévisions de Daniel Bilalian, le patron des sports. Un gouffre qui en dit long sur la mort cérébrale de l'émission. Et que dire de la seconde partie, que nous n'avons pas regardé non plus. Elle réalise moins d'audience que 100% foot, qui reste pour Le Vestiaire la meilleure émission foot du Paf. Léger détail : l'émission de M6 est diffusée à minuit.

Et ta mère, elle Balbir ?

Le problème, c'est qu'avec Balbir aux commandes, sorte de VRP épileptique qui répète sans cesse « France 2 foot » comme message subliminal, la présentation est digne du téléachat. Celui qui frôlait l'orgasme dans la cabine de commentateur de Canal dès qu'un ballon sortait du rond central (même pour un 0-0 lors d'un Sedan – Caen), a fini de faire ses preuves d'inaptitudes à vitesse grand V à la présentation. « Il est trop esseulé, même si je l'aime bien » a tenté de justifier Dominique Grimault, son concurrent peu inquiet que France 2 foot devienne plus impertinent que 100% foot, à propos de l'émission cathomerdique de France 2. La chaîne a foiré son pari de débaucher un membre de l'équipe Canal +, en prenant l'un des seuls à n'avoir jamais présenté. Son sourire figé ne résistera pas longtemps aux jeux de mots d'Alain Vernon. Christophe Josse, l'ancien de la 2 qui a avantageusement pris sa place, en rigole encore.

Attention à la marche

Et puis, en choisissant les dinosaures de la chaîne, France 2 foot était mort-né. On a beau les essayer sur un débat, au commentaires, en interviews, rien ne marche pour les Montel, Lauclair et compagnie. En programmant la Ligue 2 en ouverture d'émission, les énarques de France 2 ont joué tocards sur table. Patrice Duhamel, le directeur de la rédaction de France 2, lassé d'entendre que l'heure et demie de foot est inutile, a décidé de faire un point à la Toussaint. S'il concède que les chiffres ne sont pas bons, sa patience n'a pas encore atteint ses limites. « En face, nous avons tout de même Attention à la marche. » Ne pas déprogrammer la messe, c'est un choix. Et la qualité de l'émission ne se discute pas. « Demandez donc aux présidents des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 ce qu’ils en pensent. Ils vous diront que jamais ailleurs leur club ne fut aussi bien exposé que sur France 2 foot. Les autres chaînes privilégient en permanence Paris, Lyon et Marseille. Nous, nous faisons vivre le football en profondeur. » Les 15,8 %, qui sont de moins en moins nombreux chaque semaine, doivent approuver. Atteindre le haut niveau ne s'improvise pas.

Rugby, Coupe du monde, France-Namibie : La brèche de M. Rolland

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L’arbitre de France-Namibie a tout simplement assassiné un match dont le suspense était déjà sous respiration artificielle. Du coup, difficile d’en tirer quoi que ce soit pour les Bleus, sinon les cinq points.

captson4.jpg Par Peyo Greenslip

Les Pyrénées regorgent de merveilles. Ce collier de perles, qui ourle l’Occitanie, s’étire magistralement de l’Atlantique jusqu’à la Méditerranée. En son centre, en plein cœur de la Bigorre, non loin de l’écrin de Gavarnie, le temps a fait une saignée dans la roche. À moins qu’il ne s’agisse, comme le veut la légende, de l’écho de la corne du chevalier Rolland. Dimanche, à Toulouse, la montagne n’a pas accouché d’une souris, mais d’un blaireau dont le nom a pris une résonance particulière dans ce coin de France : Rolland. Attention, pas le sénile qui a égayé, par ses interventions, la dernière Coupe du monde de foot (non, pour ça, on a un autre Thierry qui n’a rien à lui envier). Non, c’est avec son sifflet que cet Irlandais nous en a fait voir des vertes et des pas mures. Non content de faire preuve d’un manque flagrant d’application et de professionnalisme, Alain, pas philosophe pour un sou, s’est en plus affublé d’un défaut désobligeant de sagacité et de discernement, créant les brèches que les Français peinaient jusqu’ici à s’ouvrir.

David terrasse Goliath

Le referee a en effet oublié de siffler bon nombre d’en-avants tricolores (heureusement pour Marty dont l’ardoise avoisinait tout de même la demi-douzaine de fautes de mains). Au moins deux d’entre eux conduisant à des essais tricolores. Déjà lésés par ces oublis, les Namibiens dont l’ardeur défensive commençait déjà à laisser entrevoir des lacunes physiques et techniques patentes, ont été poignardés par le gentlemen siffleur. L’ogre Chabal est au sol. Nieuwenhuis, le petit David namibien, a troqué son lance-pierres pour une bonne cravate des familles, tout aussi efficace. Mais on ne touche pas au chouchou tricolore impunément. Carton rouge. Goliath finira par se relever. Pas la Namibie. Si l’on ne peut douter de la dangerosité du placage, l’équipe du Vestiaire estime qu’il est totalement absurde d’avoir expulsé le troisième-ligne namibien. Un carton jaune aurait été nettement plus opportun dans un rapport de force aussi déséquilibré.

Balade irlandaise

Au final, cette expulsion aura été néfaste à tous les protagonistes, du public aux joueurs français, qui n’ont pu s’étalonner. Privés de suspense et d’adversaires, difficile de tirer des enseignements de la prestation tricolores. Elissalde a bien cornaqué son pack tout en insufflant du dynamisme. Michalak a connu un départ plus poussif, avant de se libérer en même temps que le compteur tournait. À voir dans une situation moins confortable. Chez les trois-quarts, Marty (perforant mais trop maladroit) a perdu autant de points que Clerc en a gagnés. Du coup, le retour de Jauzion au centre est inévitable, alors que celui de Dominici est plus suspendu. Poitrenaud, sans se montrer brillant, en a fait assez pour conserver sa place. Les avants se sont montrés efficaces. La prestation de Poux est intéressante même si Milloud est indiscutable. Nallet a fait le boulot, Chabal le spectacle. Face à la rude seconde ligne irlandaise, l’abattage du premier paraît indispensable. Enfin, en troisième ligne, Dusautoir a confirmé, tout comme Bonnaire. Ils devraient être associés à Betsen face au trèfle. Le Biarrot devra s’imposer comme chef de file d’un pack vraisemblablement amputé de ses deux capitaines. Vendredi, l’Irlande ne sera pas au sifflet mais bien sur le terrain, gonflée d’orgueil. Et il ne sera plus question de balade pour les Bleus…

Tennis : Gasquet – Noah, ambiance de l’esbroufe

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Richard Gasquet a demandé l'aide de Yannick Noah pour devenir meilleur, malgré la jurisprudence Mauresmo. La carrière du Biterrois est en grand danger.

Sa dernière apparition date de PSG-OM, devant les caméras de Canal+. On sentait alors un Richard Gasquet plus intelligent que jamais, parlant d'un « match de haut niveau entre deux grandes équipes ». Au plus mal, on ne pensait tout de même pas qu'il oserait appeler Yannick Noah à la rescousse. Après avoir embobiné Amélie Mauresmo, pour laquelle il n'y a donc plus rien à faire, la prochaine victime sera ainsi Richard Gasquet. On sait le Biterrois naïf et, disons-le, assez idiot dans son genre. Lassé d'alterner le fascinant (contre Roddick à Wimbledon) et le merdique (le reste), il veut passer la vitesse supérieure : enterrer sa carrière. Pour cela, rien de tel que d'appeler le Gossebuster, tonton Noah. « Je suis toujours touché quand un joueur m'appelle pour me dire « viens m'aider », c'est ce qu'il y a de plus décisif », a déclaré le sorcier noir au journal Le Monde. Le fait que Gasquet soit le seul joueur à lui offrir cette possibilité a dû jouer aussi.

Mentor à l'heure, menteur en or

Noah est donc estampillé préparateur mental en chef, malgré son échec total avec Mauresmo, qui avait lamentablement perdu contre Ivanovic au 3e tour de Roland Garros 2005. Décidément sympa, Mauresmo n'avait pas enfoncé Noah, barré bien avant que le match ne soit fini. « C'est de toute façon intéressant de travailler avec lui. On s'est régalé pendant la préparation. On a eu plein de moments sympas. » Si Mauresmo aimait les hommes, on penserait à un gang-bang sur un yacht. La tactique sera probablement identique avec le roi Richard. Noah le rassurera avec des salades, sur son talent qui est réel alors que tout le monde le sait. A part ça, un entraînement ou deux. Et puis, au bout d'un constat d'échec, il balancera quelques conneries sur les promesses du jeu de Gasquet.

Garçon négatif, qui sent la m…

Noah, en tout cas, voit une opportunité en or de revenir dans le sport. Gasquet ou un autre (mais pas Clément), il s'en tamponne. « Jusqu'à la semaine dernière, je ne connaissais pas très bien Richard. Je l'ai écouté. J'ai pris des notes. C'est un début. » Consciencieux, le vainqueur de Roland soigne sa légitimité. « Il y a une vraie négativité autour de ce môme qui est en train de devenir un homme. On va essayer de voir ce qu'on peut faire ensemble en fonction de mon planning, qui est chargé. » Sa carrière de chanteur, enfin lancée, ne permet plus de coacher mentalement le PSG. Mais un jeune tennisman, on peut l'emmener en backstage et Gasquet est tellement au fond du trou qu'il serait foutu d'aimer la musique du VRP Sloggi.

Football, Ligue 1, Ligue des Champions, Lyon : Benzema-gistral

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Karim Benzema a inscrit 8 buts en 8 journées. Depuis Weah, on n'avait pas vu cela. Et depuis Thierry Henry, on n'avait pas vu joueur français aussi complet.

Son triplé contre Metz en apporte la certitude : 2007-2008 sera l'année Benzema. L'attaquant lyonnais a encore démontré toute l'étendue de son talent en remportant tous ses duels contre le gardien messin, Marichez. En face, il n'y avait certes que Malik Diop et consorts, et une défense centrale aussi rapide que Carlo Molinari. En marchant, benzema a fait des ravages.

Domenech l'ignore

Si l'an passé, le sélectionneur ne pouvait se rendre à Gerland sous peine de se faire casser la gueule par Houiller, cette saison, il n'a plus d'excuse. Alors, Benzema est sélectionné. Pas frileux, il a marqué dès son premier match au stade de France. Aujourd'hui, Benzema fait une entame de championnat de folie, même avec des coéquipiers nuls à chier, comme Keita ou Govou en ce début de saison. Pourtant, Raymond Domenech a attendu d'être mené pour la faire rentrer contre l'Ecosse. Et en Italie, on ne l'a pas vu. En 10 minutes, il a montré plus qu'Anelka, dont le profil est proche même si Benzema est déjà meilleur. Il sait même centrer, contrairement au besogneux Malouda ces derniers temps.

Dernière saison à Lyon ?

S'il continue sur ce rythme, sans écouter les « conseils » de Perrin, il finira la saison à 30 buts, pour la première fois depuis Papin. Cyril Pouget et Florian Maurice doivent l'avoir mauvaise. Et pour peu qu'il brille un peu sur la scène européenne (dès mercredi à Barcelone ?), les plus grands clubs s'intéresseront à lui comme ils se sont intéressés à Essien, Malouda et Diarra (pas Alou, l'autre). Aulas ne pourra le retenir et la saison de son éclosion sera sa dernière à Lyon. Même champion d'Europe, l'OL n'aura aucun moyen de le retenir. S'il continue sur ce rythme, le ballon d'or lui tendra les bras dans les 5 ans. Sauf si Cyril Rool ou l'un des esthètes de L1 décident de lui péter un ou deux genoux d'ici là.

Rugby, Coupe du monde, France-Namibie : Putain con-vaincre !

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C’est à Toulouse que les Tricolores devront faire le plein face à la Namibie. Cinq points et la manière sont indispensables avant de se projeter sur le duel capital face aux Irlandais, vendredi.

captson3.jpg  Par Peyo Greenslip

Namibie, Namibie… Euh, non je vois pas. Ah, la Coupe du monde et ses petites découvertes. Qui aurait cru que le XV de France puisse un jour douter, au point de craindre ce bout de terre encore moins médiatisé que les îles Karabati, et ses Bleus d’Afrique, sorte de Springboks du pauvre et de l’amateur ? Sauf qu’entre-temps, les petites nations ont montré des dents longues et aiguisées de courage, à intimider les prédateurs en délicatesse avec leur forces de frappe (un mal circonscrit toutefois aux pseudo-carnassiers européens). Hier, comme dimanche dernier, Chaban Delmas n’a pas assisté à la boucherie annoncée et les sueurs froides que la bravoure géorgienne a fait courir le long de l’échine irlandaise ne sont pas de nature à rassurer les Bleus de France.

D’une part parce qu’elles confirment le rôle de poil à gratter dans lequel se sont immiscés les deux petits poucets géorgien et namibien. D’autre part, parce qu’elles pourraient piquer au vif une formation irlandaise que les Tricolores devront amadouer vendredi à Saint-Denis. Mais pour l’heure, c’est face à la Namibie que les Français doivent rebondir. Pas question d’être en retard. Du coup, les « impact players », remontés comme des coucous, ne seront pas priés d’attendre l’heure de jeu pour remettre les pendules à l’heure. Michalak, Szarzewski et Chabal notamment, seront titulaires sur les bords de la Garonne. Propulsé responsable numéro un de la faillite inaugurale, Guy Môquet a été remisé au placard. Ils sont douze à l’y avoir rejoint, victime du coup de balai du technichien de surface Laporte.

Se nourrir de sourires

Du coup, c’est aux mains des Toulousains qu’ont échoué les clefs d’un camion bleu qu’il va falloir ramener sur les pistes de la confiance et de l’ambition. Car de l’euphorie initiale, les Pumas ont fait jaillir un scepticisme et une morosité qui semblent bien moins volatiles. C’est donc autour d’une épine dorsale rouge et noire (étrangement amputée de sa vertèbre centrale Jauzion) que les Bleus vont chercher à se resserrer, se regrouper, se retrouver. Bien sûr, l’objectif ne peut être autre que la victoire avec bonus. Mais au-delà, c’est de sourires et d’initiatives que cette équipe de France, aussi constipée à Saint-Denis que VGE derrière son bureau présidentiel, doit se nourrir.

Pour cela, la charnière Elissalde-Michalak devra jouer de dynamisme et de fluidité, en ne perdant pas de vue la nécessité de remporter ce match et donc de prendre les points lorsqu’ils se présenteront. Au Stadium, et derrière un pack dont on n’ose imaginer qu’il puisse souffrir, la paire sera dans ses petits souliers. Tout comme Clément Poitrenaud (s’il a digéré ses lectures de vacances). Il ne faudra toutefois pas que ces Toulousains se montrent désireux de trop en faire. Dans le pack, le comportement de la deuxième ligne et notamment de Lionel Nallet, meilleur Français au poste et injustement évincé du quinze d’ouverture, sera à suivre. Tout comme le rendement de cette troisième ligne plus mobile. La gifle inaugurale de Saint-Denis devrait toutefois préserver les tricolores de tout péché d’orgueil…

Football, Ligue 1, OM : Let go Emon

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L'OM de ce début de saison est sans aucun doute le plus nul depuis la remontée en D1. La saison est déjà gâchée, et l'objectif est forcément le maintien. En sus, Diouf et Emon sont devenus schyzophrènes. Pour combien de temps ?

L'OM ne sait pas jouer. Certains seraient tentés de dire, ne sait plus jouer. Mais la version 2007-2008 du club le plus populaire de France est bien nulle depuis le début. Pour Zubar, Taiwo, Cissé, et autre Rodriguez, on savait déjà les cas irrécupérables. Mais la médiocrité est contagieuse et touche désormais les meilleurs. Enfin, le seul joueur potable, Nasri. Contre Toulouse, qui a encore moins inquiété Liverpool en tour préliminaire de la Champion's qu'un club slovène, le milieu à tête de mamie s'est mis au diapason de ses partenaires. Il a poussé le talent jusqu'à filer le ballon à Elmander pour le second but toulousain, à 30 mètres de ses buts. Le voilà décisif.

Tête de turc

Pourtant, personne ne parle de crise à l'OM. Dans la semaine, Emon parlait de sanctions radicales en cas d'échec. Diouf avait parlé de joueurs de DH après la défaite au Vélodrome contre Nice. Désormais, les Elie et Dieudonné du foot font le dos rond, et soutiennent des joueurs de moins en moins bons. Nasri, probablement un futur entraîneur, a pourtant vu un bon match marqué par deux fautes individuelles payées au prix fort. Surtout par les supporters. Le gentil Emon a voulu devenir méchant, mais il ne sait pas faire. Il ne maîtrise plus son groupe. Aucun leader ne s'en dégage. Taiwo ne parle pas français, mais parle-t-il d'ailleurs une langue ? Givet est dépressif. Le porte-parole est devenu Djibril Cissé, aussi indiqué pour les interviews qu'il est doué au tennis ballon. Le Pape ne va pas tarder à intervenir pour sauver la Bonne mère, car le Besiktas arrive dès mardi.

Judo, championnats du monde : Le syndrome d’Osaka

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Les mondiaux débutent aujourd'hui dans la capitale des travelos. Remy Martin, qui ne retrouve plus son fond de teint, ne sera pourtant pas là.

Il s’appelle Kosei Inoue, il a les yeux bridés, et pourtant c'est un des meilleurs judokas de toute l’histoire. Le Japonais, qui a tout gagné en -100kg, fera son grand retour, dans la catégorie Reine des lourdos, à l’occasion des championnats du monde qui débutent aujourd’hui. Cependant, le tirage au sort n’a pas été tendre avec le Dieu du judo. En effet, dès son deuxième tour, il devrait en principe rencontrer le fils illégitime de David Douillet et Marie-Josée Perec, le monstrueux Teddy Riner. Le champion d’europe en titre présente une étrange particularité pour un sportif aussi doué : il est Français. Cela ne s’explique pas, le sport inventé par Jigoro Kano a le don d’enfanter des vedettes françaises, même s’il est vrai que ces dernières années les médailles se sont faites aussi nombreuses que les dents de Julien Lorcy à la fin de ses combats. Si bien qu’aux JO d’Athènes l’équipe de France de Judo a choisi de faire concurrence à l’athlétisme en ne ramenant qu’une récompense, pour cette pauvre Jossinet. Cette année encore, celle-ci devra se coltiner dans sa catégorie, la meilleure judokate de tous les temps, Ryoko Tamura-Tani qui se fit torcher en son temps par Cecile Nowak une Française d’un autre calibre. Cette fois la Japonaise a voulu faciliter la tache de Frederique en se faisant foutre en cloque et allant même jusqu’à accoucher.

Mon gros fils, mon Bataille

Après Athènes et les mondiaux 2005, la fédération a fait ce que ne fera pas l’Athlétisme français: une remise en cause et un grand ménage. Puis une sérieuse préparation pour Rio de Janeiro. Si bien que si l’équipe ne brille pas, il ne faudra pas virer que le staff, il faudra aussi balancer les compétiteurs par la fenêtre ou les fusiller (comme ça, Bernard Laporte pourra, sans polémique, faire lire la lettre de Mathieu Bataille, judoka toutes catégories, abattu pour avoir été trop nul). Remarquons que Daniel Fernandes le plus spectaculaire et sans doute le plus doué de l’équipe sera encore là cette année. On peut se demander pourquoi, car son judo à risque ne l’a jamais rien fait gagner. C’est sa dernière chance. Il y a aussi Demontfaucon, champion du monde il y a un milliard d’années, qui a fait l’effort de venir sans son déambulateur. Une énième médaille de bronze pour Fred ou se fera-t-il virer avant ? Saluons enfin Lucie Decosse, la valeur sure, qui devrait encore une fois être titrée car elle est la meilleure. Mais tout ça n’a que peu d’importance, car si Inoue ne parvient pas à placer son Uchi-mata, Teddy Riner a de fortes chances de s’ouvrir les portes d’un palmarès qui fera rougir le gros Douillet. Dans le cas contraire, il faudra qu’on lui dégonfle son melon à grands coups de pieds dans la gueule pour pas qu’il devienne un Brahim Asloum.

Football, France-Ecosse : Domenech n’est pas gagner

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L'équipe de France a reussi la superbe performance de s'incliner deux fois contre l'Ecosse. Raymond la science serait-il inculte?

Un point en deux matchs contre des équipes largement prenables (Italie en méforme et Ecosse), zéro buts marqués avec Henry, Anelka et consorts : un vrai bilan à la Perrin. Raymond Domenech ne peut plus se cacher derriere sa place de finaliste du mondial: il coache comme une merde ou comme Bernard Laporte. N'importe quel entraineur qui gacherait une situation aussi favorable serait sur la sellette.

1993, France-Israël: 2-3

« On ne peut avoir plus de réussite que l'Ecosse. Mes joueurs ont fait le meilleur match possible ». Meme David Astorgasme en a palli. Il est pourtant clair que le match du Parc a ressemblé en tous points à celui de Hampden Park. Des français qui ont la balle et qui en font n'importe quoi (Malouda), des Ecossais qui se contentent de rester derriere et de repousser des centres pourris. Et puis un but sur une erreur d'inatention. Mac Faden n'est pas attaqué et Landreau dit adieu aux bleus. Meme la minute coincide avec le match aller. Une question se pose: Pourquoi n'avoir rien changé par rappport à l'aller? Foutre des ailiers qui ne savent pas centrer (Rabarivony et Maoulida) et y ajouter presque les deux mêmes attaquants qu'à l'aller: Anelka à la place d'Henry et Trezeguet qui attend en vain les centres que Malouda adresse au Kop Boulogne. Trezegol attendra aussi en vain sa prochaine selection. Et Benzema, qui est meilleur, mais trop jeune, écoute Magic system dans son Ipod.

Kostadinov, Kostadinov, Kostadinov et but !!!!!!!!!! La France n'ira pas aux Etats-Unis

Rappelons nous que l'ex futur DTN Domenech refusait de parler de revanche. L'avantage d'être revanchard c'est aussi d'éviter les erreurs d'une defaite contre des tocards. La France a prouvé une fois de plus que dominer n'est plus Français. « Rien à reprocher aux joueurs, ils ont joué comme il fallait. Il manquait que des buts. » Et la qualification?

Va-t-on devoir rappeler Zidane? Et n'oublions pas, Novembre 93, c'était déjà au Parc des Princes.

 

Football, France-Ecosse : La dernière chance de Trezeguet

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La grande gueule de Trezeguet aurait pu lui coûter cher, s'il n'avait pas en face un sélectionneur comme Domenech. Celui-ci offre à Trezegol une ultime chance contre l'Ecosse : il a intérêt à marquer.

Il faut croire que l'ami Raymond préfère être critiqué que cocufié (même les Guily Guily de Ludo par SMS sont irréversibles). Car la grande chips argentine avait doublement craqué : d'abord, en lui chiant dessus suite à ses déclarations sur la corruption italienne. Ensuite, en critiquant son choix de le foutre en A' (cette équipe dont Giuly rêve tant). Attention : ceci n'est pas un pas vers la paix. Domenech le traitera de joueur de Serie B à la moindre incartade. S'il réédite le même match de merde que contre le Togo, dans une situation similaire (crise de confiance, petite équipe en face pour un match important, remplaçant numérique de Zidane), alors il pourra dire adieu aux Bleus, ce qu'il n'est pas loin d'avoir envie de faire d'ailleurs. Contre les Irish Closefield, qui vont bâtir un pré de barbelé autour de leur surface, il ne faudra pas rater et Trezeguet se sait sous pression vu ses déclarations.

S'il est bon, il ne jouera pas plus

S'il est mauvais, cela pourrait donc tout changer. Mais s'il est bon, rien ne changera. Incontestablement, Trezeguet est bon, n'a aucune concurrence sur son profil en France et peut légitimement prétendre à jouer plus souvent. On le savait déjà avant ses délcarations. Seulement, le Laporte du foot français (Domenech) ne changera pas sa manière de jouer : laisser l'initiative à l'adversaire, bâtir un mur défensif et compter sur des attaquants rapides. Il a joué comme cela en coupe du Monde et ça lui a réussi, même si la France n'a pas beaucoup marqué dans le jeu. Trezeguet a besoin de ballons dans la surface, mais en Equipe de France il n'y en a pas beaucoup. Trezeguet est à peine meilleur que Cissé en remises, et Domenech en fait un critère essentiel. Sauf que là où Cissé à la vitesse (Raymond aime), Trezeguet n'a que son flair. Raymond s'en fout, d'ailleurs son propre flair ne lui a servi qu'à casser quelques tibias. La route est toujours bouchée. Espérons que l'étoile David parvienne à se motiver quand même.

Rugby, Coupe du monde, France-Namibie: Comment enfoncer Laporte?

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Le quinze qui affrontera la Namibie a été annoncé ce matin. Avec 12 changements, il confirme au moins une chose : l'incompétence du sélectionneur.

En titrant ce matin, »La lessive était attendue » à l'annonce de la prochaine équipe de France, le site Internet du journal l'Equipe nous a laissé circonspect. Sont-ils sincères et donc toujours aussi lèche-cul avec le petit Bernard ou bien font-ils preuve d'un humour grinçant à son égard ? Car en effet, de la part d'un tel gestionnaire, on ne pouvait que s'attendre à de tels changements, « criminels » aurait dit Gérard Houiller en son temps. L'équipe de France était bien mal en point, Bernard Laporte a donc choisi de l'achever. La lecture de notre édito d'hier laisse penser que le quinze du jour est proche du quinze idéal. En effet, c'est à croire que le staff a lu Le Vestiaire pour trancher. Evidemment, cette équipe est bien meilleure que les fantômes du Stade de France, mais c'est avant qu'il fallait l'aligner, pas maintenant.

« Papa, maman je vais mourir »

D'une part, les enseignements risquent d'être bien maigres à l'issue du match. S'ils font un carton face aux Namibiens, seul Laporte se réjouira d'avoir trouvé son équipe type, alors qu'en réalité la faiblesse de l'opposition ne livrera aucun signe (même Heymans aurait pû flamber à l'arrière). Au contraire, s'ils ne brillent pas on saura définitivement que la France tente de jouer un remake du Mondial de foot en Corée. Alors qu'avec l'ossature de France-Argentine, le France-Namibie aurait eu un tout autre intérêt. Redonner confiance aux puceaux de vendredi dernier, avec un risque très limité si toutefois ils sont vraiment hors du coup. Au lieu de changements par petites touches, Laporte a préféré, après beaucoup d'hypocrisie, mettre un grand coup de balai quitte à envoyer sur l'échafaud une dizaine de joueurs qui ne s'en remettront peut-être pas. Saluons au passage l'impro affligeante, mais typique du VRP Madrange, qui dégage Ibanez et file le capitanat à Elissalde. Même dans ses changements, il arrive à faire n'importe quoi en flinguant notamment Jauzion alors qu'il laisse Traille. Une gestion globale vraiment calamiteuse, des matchs de préparation en pleine Coupe du monde, bienvenue dans les abysses de l'incompétence.

Heureusement pour lui, il y aura aussi la Géorgie pour continuer à s'amuser un peu avant que les choses sérieuses commencent enfin avec au mieux les quarts de finale…

Exclue Le Vestiaire, Boxe, La légende : Patrick le Charpentier

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– Tiens, Seb, toi qui es journaliste. Marathonien ? Un seul ou deux N ? C’est pour une dédicace.
– Deux, mais pas à la suite…
– J’étais pas loin !

Du Charpentier dans le texte… Le court sur Pat’ aurait pu devenir cycliste – « mon rêve » – disc-jockey ou ébéniste. Il a fini boxeur comme on choisit un melon ; à l’odeur rancie sous la queue : « Je n’étais pas fait pour ce sport. » Sans blague. Trop petit ? Pas assez d’allonge ? « Non, franchement, sans être raciste, je m’appelle Charpentier, je suis blanc et je n’ai pas grandi dans un quartier difficile. » Bref, vraiment rien pour réussir.

Mais voilà, né en l’an de graisse 1970 à Vimoutiers – « avec un S » – il débarque à 4 ans dans les faubourgs de Fleury-aux-Choux, la barbe naissante et un QI à la hauteur des plus grands. La légende est en marche. Elle conduit le Fleuryssois vers une chance continentale, qu’il saisit en 1995 – « le 18 juillet, à 20 h 32, contre un Français avec un prénom de fille, Valéry Kayumba ». Pat’ a l’intelligence de ceux qui n’oublient pas. Surtout les trois lignes de son palmarès amateur : « 53 combats, 43 victoires, dont 37 avant la limite. » Il ponctue chaque fin de phrase d’une esquive rapide et d’un direct dans l’épaule. « Tu l’as pas vu venir celle-là, hein ? »

« Mais, Patrick, tu n’as jamais su boxer » (Acariès)

Il me reste deux doigts à la main gauche pour vous brosser ses années pros, qu’il énumère avec la même précision chirurgicale : « 33 combats, 27 victoires, dont 24 avant la limite. Quand les autres voyaient ça, ils prenaient peur. Charpentier, il allait toujours chercher le K.-O. » Il lui faut en effet moins de deux minutes pour mettre au tapis le carreleur espagnol Javier Martinez (25 novembre 1995) avant que l’arbitre ne mette fin aux souffrances du fantôme écossais Gary Jacobs, le 14 juin 1996, et n’accorde à Charpentier sa troisième ceinture continentale des welters ; bien assez pour maintenir un short trop petit pour lui.

C’est à un autre gabarit qu’il veut désormais s’attaquer : Oscar de la Hoya, « le meilleur, le plus médiatique ». Comme Brahim Asloum, l’abattage médiatique en moins, il n’avait battu jusqu’alors que des porte-serviettes. « J’ai demandé à Acariès », sous le giron duquel il était passé quelques mois auparavant, « de pouvoir l’affronter ». Réponse du p’tit Louis : « Mais Patrick, tu n’as jamais su boxer. » Qu’importe : « Je savais que j’avais une chance sur cent de le battre. J’ai voulu la prendre. »

300.000 $ les trois rounds…

Le reste n’est qu’un récit plein de bruit et de fureur : « Même si je ne l’ai pas reconnu à l’époque, j’ai été tétanisé par l’environnement du combat. » Il y avait de quoi : El Paso, Texas, 60.000 personnes. « Jamais aucun Français n’a boxé devant autant de monde. » Neuf ans après, Charpentier en mouille toujours son slip kangourou. Ce 14 juin 1998, il ne l’oubliera jamais. Enfin, surtout le début de soirée. « J’avais pour stratégie de laisser passer l’orage avant de mettre le turbo au quatrième round. Mais ça allait beaucoup trop vite. J’ai été touché très tôt dans le troisième et tout s’est enchaîné. »

Après 1 minute 56 secondes dans cette reprise fatale, Pat’ prend une droite « partie de loin. Je décide d’attaquer alors que je n’avais plus toute ma lucidité. Il se retire habilement et alors j’ai senti comme une aiguille qui me piquait. Si je la prends dans le nez, il me le casse sûrement. » Touchant de lucidité… Après, c’est le trou noir : « Je ne me rappelle plus de rien jusqu’aux vestiaires. Je crois que j’ai fini en pleurs au téléphone avec ma femme sans vraiment savoir ce qui m’était arrivé. » Humilié, mais plus riche de 300.000 dollars – De la Hoya en a pris 4.000.000 pour cette exhibition -, Charpentier rentre s’enterrer à Fleury-aux-Choux. « C’était l’aboutissement de ma carrière, j’avais pris la décision d’arrêter quel que soit le résultat. » Il n’a pas remis les gants depuis. Sauf pour faire sa toilette.

Cyclisme, VTT : Absalon dans le salon de Martinez

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Un peu comme le minable parcours de l’équipe de France de volley-ball à l’Euro ou la médaille de bronze aux Mondiaux de gym de la boutonneuse Cassy Vericel (nous y reviendrons) la performance de Julien Absalon est en train de passer complètement inaperçue.

Sauf, peut-être, aux yeux de Miguel Martinez, qui n’ose même plus regarder son propre palmarès tant l’humiliation est cruelle. Mais pourquoi Absalon est-il aussi méchant avec son ancien camarade ? Car il faut bien le reconnaître, si le gentil Julien voulait démontrer que Martinez avait été surévalué à son époque et qu’il n’était en fait qu’un coureur très moyen, il ne s’y prendrait pas autrement. Le voilà champion du monde pour la quatrième fois de suite, lui qui est déjà champion olympique. Non seulement il devient le meilleur vététiste de tous les temps, mais il entre également dans le panthéon des plus grands sportifs français de l’histoire. Pareille domination d’un Français sur sa discipline n’est pas chose courante. Pour retrouver exploit similaire, il faut revenir aux grandes heures d’un des multiples sosies de C. Jérôme ignoré de tous : le grand Patrice Martin.

Miguel Martinez, brimé depuis sa plus tendre enfance en raison d’un physique ingrat, n’existe désormais presque plus. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est mérité. En effet, Miguelito aimait se faire appeler le quintuple champion du monde (1 titre en junior, 3 titres en espoir, et 1 en senior)…  Faut pas trop se foutre de la gueule du monde.

Rugby, Coupe du monde : Bruits de troisième mi-temps

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captson2.jpg Par Peyo Greenslip

Yashvili aura tout tenté

Evincé par Bernard Laporte, Dimitri Yashvili ne participera pas à la Coupe du monde. Le demi de mêlée biarrot aura pourtant tout essayé pour affronter les Pumas, même jusqu’à emprunter un pseudo au sein de l’équipe géorgienne. Mais c’est alors une blessure qui a stoppé la bête noire des anglais (remember cet hiver), comme le révèle le site de L’Equipe : Otar Eloshvili, le trois-quarts centre géorgien blessé lors d'un entraînement « manquera très probablement le premier match » contre l'Argentine, mardi à Lyon. Il en va de même pour Alain Goma, frustré de n’avoir pu jouer la Coupe Concacaf avec les Antilles, et qui ne pourra tenir sa place dans les rangs lusitanéens : le centre du Portugal Diogo Gama était forfait pour le premier match face à l'Ecosse, hier, en raison d’une entorse. Son palmarès demeurera aussi rempli qu’un rayon charcuterie en plein Montreuil.

Le rugby pour les nuls

Pendant les rencontres de ce Mondial, les écrans géants des stades diffuseront les ralentis des actions, mais aussi les statistiques du match et des explications sur les décisions arbitrales. Ce sera une grande première en France et devrait permettre au public de mieux apprécier le déroulement du jeu. Ce sera également l’occasion pour les commentateurs de TF1, le polyvalent Christian Jeanpierre en tête, d’assimiler ce qu’est un en-avant ou pourquoi on s’attache à envoyer ce ballon déformé au dessus des buts. L’expertise de Christophe Landreau, grand scientifique du rugby, ne devrait rien enlever à notre jubilation.

« Muscle ton jeu Clément »

Pour mieux comprendre comment les footeux sont arrivés à leur but, les plus jeunes joueurs du XV de France ont téléchargés sur leur i-pod le discours d'Aimé Jacquet avant le premier match des Bleus, en 1998. Un discours où le sélectionneur persuade ses joueurs qu'ils vont être champions du monde. La bande passe en boucle en ce moment à Marcoussis. Extraits : « Chabal c’est pas Domi. Domi, c’est quoi sa force ? C’est les trente derniers mètres (…) Clément, muscle ton jeu, bonhomme. Si tu muscles pas ton jeu, tu vas au devant de grandes déconvenues (…) Fred, il sort d’une saison noire. C’est un attaquant et là il doute parce que ça marche pas. Mais moi j’ai beaucoup de respect pour les attaquants.  Et c’est pas par hasard s’il finit meilleur attaquant du championnat… » Visiblement, le message a du mal à être assimilé.

Chacun son monde

Le sélectionneur du Portugal, Tomaz Morais, estime que le Portugal est en mesure de livrer une solide résistance face à ses adversaires de la poule C (Roumanie, Nouvelle-Zélande, Ecosse, Italie). « Nous voulons réussir un bon Mondial parce que c'est très important pour que ce sport se développe au Portugal, a-t-il déclaré. Notre finale, ce sera contre la Roumanie. (Ndlr, le 25 septembre). » L'entraîneur portugais ne s'inquiète pas pour la santé de ses joueurs lors de la confrontation contre la Nouvelle-Zélande. « Ce sera un match historique pour nous, car nous n'avons jamais joué contre une équipe d'un tel niveau, a assuré Morais. Mais aussi pour eux, parce qu'ils joueront pour la première fois de leur vie contre une vraie équipe amateur, la meilleure équipe amateur du monde ! » Carter and (Mc) co sont prévenus…

Foot, Equipe de France, France-Italie : Le catenaccio tricolore

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Tel est pris qui croyait prendre ! La grande performance défensive des Français a surpris les Italiens et assuré un point précieux dans la course à la qualification pour l'Euro 2008. Devant, il faudra encore bosser.

Cet Italie-France a été assez pauvre comparé aux deux dernières finales (Euro 2000 et Mondial 2006) et au 3-1 de septembre dernier. Le spectacle n'a pas été du tout au rendez-vous, la faute aux Français. Ou plutôt grâce aux Tricolores, qui étaient venus chercher un point et l'ont obtenu grâce à un catenaccio des familles. Pas beau, mais qui recelle quand même de sacrées bonnes nouvelles, à commencer par la pression qui accompagnera les prochaines sorties des tortellinis de Donadoni, très peu inspirés samedi.

Matcheurs

Premier point : la France reste une de ces équipes qui ne ratent plus ses grands matches. On attendait un match physique, avec beaucoup de duels. Il l'a été et les Français ont petit à petit écoeuré les Italiens, et notamment le Beatles Pirlo qui n'a pas pu délivrer ses passes chirurgicales. De toute façon, Inzaghi a été médiocre. La performance de Vieira et Makélélé au milieu a été énorme, avec autant de hargne que de justesse technique une fois les (nombreux) ballons récupérés. Même Landreau a été serein, dans un contexte proche du Russie-France qui enterra Letizi. Décidément, Landreau a progressé quand Paris a plongé.

Escudé et Diarra, les bonnes surprises

Deux surprises composaient le onze de départ Bleu. La première, le choix d'Escudé en lieu et place de Mexès ou d'Abidal dans l'axe, finalement titularisé à gauche (bon choix). Escudé a été un parfait complément de Thuram. Le Sévillan est potentiellement moins fort que le Romain. Mais sa concentration est plus au point. Mexès a donc bien laissé passer une chance en Slovaquie (et en ouvrant sa gueule contre Domenech).

Et puis, une excellente nouvelle, Lassana Diarra. Excellente, car il a été très bon, étouffant le papy Del Piero, qui est décidément très mauvais quand il joue contre la France. Mais surtout, une telle performance (placement, relances, duels) devrait envoyer au placard l'imposteur François Clerc pour longtemps. Et Diarra n'est pas latéral droit de formation…

Titi-Kaka

Le bémol concerne l'association Anelka-Henry. Pas de doute, on ne fait pas mieux en Europe. Mais Henry a raté son match, après Anelka en Slovaquie. On attend plus, également, de Ribéry et Malouda, mais globalement, le duo offensif n'a pas apporté tout ce qu'il peut. Dommage, car en fin de match, les Français, plus frais, auraient pu dominer et se créer plus d'occasions. Mais il faut croire que la France de Raymond veut rester une équipe de contre.

Thierry Henry a livré un de ces matches qu'il se permet de temps à autre : pas dans le tempo, nerveux, techniquement pas dans le coup, pas une frappe… En plus, il ne savait pas qu'un carton le priverait de l'Ecosse. Voilà qui va l'énerver un peu plus. Qui jouera contre les Highlanders, Trezeguet ou Govou ?

Rugby, Coupe du monde, Equipe de France : Une griffe française

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La défaite des Bleus (17 à 12) a mis en lumière les carences mentales d'un groupe qui n'a pas su absorber la pression. Tout n'est pas fini, mais la survie passe par une remise en question.

captson1.jpg Par Peyo Greenslip

« Surtout ne pas se mentir ». Alors, mon bon Jo, puisque tu nous en pries, ne soyons pas Maso mais juste réalistes. L’équipe de France est passé au travers de son entrée en lice dans le Mondial, faisant ressurgir un avatar de ce mal si Français, l’incapacité de faire face à la pression d’une étiquette de favori si vite collée. On croyait les rugbymen préservés de cette affliction. Mais leur tour d’Ivoire de Marcoussis n’aura pas suffi à éloigner les affres d’une médiatisation inédite dans le monde de l’Ovalie. Au contraire, ça les a tués. Car si les Bleus se sont inclinés hier soir, ce n’est sûrement pas à cause de Pumas sobres mais, pour autant, loins du génie.

Non, s’ils ont mis un genou sur la terre francilienne et dilapidé ainsi le seul joker qu’ils détenaient, les Tricolores doivent d’abord s’en prendre à eux-mêmes. Regardez ce pauvre David Skrela, livide, à en mettre en alerte tout le service de cardiologie de l’hôpital Necker (voire même le personnel du Père Lachaise), là où Hernandez, le teint mat à rendre jaloux les Beach Boys, sur une tête si haute qu’elle en tutoierait la cime dorée de la tour de Gustave, avançait fièrement, guidé par son petit caporal, au Stade de France, comme chez lui.

Le jeu : transformation ratée

Hier, les Bleus ont entamé le match terrorisés (une part de responsabilité incombe peut-être à l’atroce français du Doc Millar), réduisant ainsi à néant le travail important du cinq de devant. Un premier lancer échappé ne jeta pas le trouble sur les « gros » qui rivalisèrent avec le pack argentin, le mettant même épisodiquement sur le reculoir sur quelques mêlées importantes. La conquête assurée, c’est dans la transformation du jeu que les Bleus se sont loupés. La responsabilité de la charnière est alors directement impliquée, entre un Mignoni asphyxié par son vis-à-vis et un Skrela dont on eut l’impression qu’il se débattait seul, en apnée, contre d’inexorables courants contraires. Qu’attendaient ses centres pour lui venir en aide ?

Cette absence des demis se traduisit par une pression constante sur les épaules tricolores, confinés durant toute la première mi-temps à évoluer dans leur propre moitié de terrain. A ce jeu-là, la sérénité d’Hernandez régula le match, arrosé d’une pluie de chandelles. L’une d’elles, pourtant récupérée par les filets français aux mailles enfin resserrées, termina par un jeu de passe-passe dans l’en-but tricolore, aux bras du turbo Corleto. Un essai symbolique de la fébrilité des Bleus. En-avants, passes interceptées, absences aux points de chute… La litanie des maladresses témoignant de l’effroi qui coulait dans les veines tricolores est interminable. Comme tous ces ballons perdus après contact. Jamais les Bleus n’ont semblé vouloir aller au bout de leurs initiatives, se délestant d’un ballon devenu brûlant au contact des mains tricolores, là où ce même ovaloïde s’accommodait si bien de la froideur des griffes argentines. Le deuxième-acte ne fit que confirmer cette fébrilité, compensée toutefois par un léger ascendant physique. Insuffisant et finalement ce n’est que logique tant la maîtrise des Pumas sur ce match fut patente.

Les joueurs : 3e ligne en berne

Le pack, et notamment la première ligne, n’a pas à rougir de sa performance. Milloud (13/20) et De Villiers (13/20) ont dompté leur vis-à-vis dans le combat frontal, ce qui a néanmoins réduisit leur rayon d’activité dans le jeu. Il en va de même pour Ibanez (12/20), qui est apparu moins saignant que le Clermontois Ledesma. Pelous (12/20) tenta bien de mettre de l’eau sur le feu qui gagnait la maison bleue, pendant que Thion (9/20), actif en défense, parut bien transparent en attaque, ne parvenant jamais à effriter la défense argentine. La troisième ligne, fut, avec la charnière, la base du fiasco tricolore. Alors que Laporte avait préféré le tonus défensif de Martin (7/20) à la puissance de Dusautoir, le ni le Parisien (responsable sur l’essai), ni le Biarrot Betsen (9/20) ne mirent la moindre pression sur une charnière pumas libre d’amuser la galerie à sa guise. Comme nous nous en inquiétions déjà vendredi, on est en droit de se demander comment les Français ont pu se permettre de laisser tant de liberté à Juan Hernandez ?

En N.8, Harinordoqui (7/20), plombé par plusieurs maladresses initiales, passa totalement au travers de son match. Tout comme Mignoni (7,5/20), réduit à peu de choses face à la roublardise et à la grinta de Pichot, pur prototype du demi de mêlée idéal. David Skrela (6,5/20) ne parvint jamais à se dépêtrer de la pression ciel et blanche, tant au pied que dans l’animation offensive. Damien Traille (7,5/20) fit davantage admirer sa lenteur, sa maladresse et son cuir chevelu que son coup de pied (ce pourquoi il est sélectionné). Etonnant, alors que David Skrela peinait avec sa botte. On se demande encore si Jauzion (8/20) a joué hier alors que Rougerie (10/20) et Dominici (8/20), qui évoluait pourtant face à un amateur, n’ont pratiquement jamais réussi à prendre le dessus sur leurs vis-à-vis. Heymans (9/20), enfin, croula, comme nous l’avions également annoncé, sous les chandelles et manqua parfois d’audace sur certains ballons qui auraient pu être exploités.

Cette défaite ne ruine pas définitivement les chances françaises, mais sonne comme un coup d’arrêt au positivisme dans lequel le clan Laporte semblait baigner. Désormais, la route de la qualification passera indubitablement par un succès sur l’Irlande. Celle de la finale, vraisemblablement par un quart de finale face aux Blacks, à Cardiff. A voir la façon dont les Bleus ont géré ce premier match à domicile, cela pourrait être un mal pour un bien.

Les interviews (presque) imaginaires du Vestiaire

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L’attaquant de Bolton et de l’équipe de France Nicolas Anelka nous a donné rendez-vous à l’étage du Quick de Trappes. Une quinzaine d’emballages graisseux recouvrent sa table.

NICOLAS ANELKA : (Il nous tend un sandwich déjà entamé) Tenez, j’arrive pas à le finir… Vous savez, je touche une commission sur chaque « Anelka Burger » vendu dans le monde et en Belgique.

QUESTION : Ce n’est pas vraiment le type d’alimentation recommandé avant un match de l’importance de celui contre l’Italie…
N.A. : (Haussant les épaules) Le coach sera dans les gradins. Alors, même avec des jumelles, il pourra pas voir que j’ai pris 8 kg…

Q. : Vous avez pris 8 kg !?!
N.A. : Ouais, en deux semaines. Et encore heureux que Thierry (Henry) ait bien voulu m’aider. Il pensait être remplaçant toute la saison à Barcelone ; mais avec la blessure d’Eto’o, il est obligé de jouer et n’en mange pas plus de dix par jours, maintenant.

Q. : Comment faites-vous, de votre côté, à Bolton ?
N.A. : Voilà enfin quelqu’un qui me comprend ! Il n’y a pas de Quick là-bas. Des Subway, des KFC et même des Burger King. Mais pas de Quick. Alors, je suis obligé de me faire livrer. Et ça durcit les tranches de steak.

Q. : Mais au niveau du jeu…
N.A. : Oh, c’est pas bien dur de prendre un défenseur anglais de vitesse. Même Sibierski et Steed Mike Brant y arrivent.

Q. : Raymond Domenech sera de retour sur le banc mercredi prochain contre l’Ecosse. Ne craignez-vous pas qu’il se rende alors compte de votre manque de condition physique ?
N.A. : (La bouche pleine) Mmmf… Cha nous fera pas de mal de prendre un peu de volume avant de jouer les Ecossais. Ces gars-là, ils ont deux équipes de rugby. Et même pas de slip sous leur short, comme Zébina. C’est mon pote Mich’ qui me l’a dit.

Q. : S’est-il astreint au même régime que vous ?
N.A. : Putain, il est même loin devant ! Chabal et Ibanez bouffent au p’tit dej’ ce que j’avale en une semaine. C’est de la concurrence déloyale !

Q. : Vous avez conseillé l’Anelka Burger à beaucoup d’autres de vos amis sportifs ?
N.A. : (Naman Keita arrive, un plateau dans les bras) Ouech, Naman ! (Il s’arrête) T’abuses trop, mec, t’as pris un Giant !

NAMAN KEITA : J’arrête tes sandwichs, Nico. C’est une grosse connerie. Ca m’a filé la testostérone.

N.A. : La quoi ?
N.K. : La testostérone. C’est une maladie qui attaque les muscles, ils m’ont dit au centre antidopage. J’ai foiré mes Mondiaux à cause de toi, j’aurais jamais dû écouter tes conseils. Compléments alimentaires, tu parles…

Propos (presque) recueillis par Roger Secrétin

Rugby, Coupe du monde, France-Argentine : Le tango de la mort

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Les Français ouvrent ce soir leur Mondial face aux Argentins, qui ne leur ont guère réussi sous l’ère Laporte. Mais ils n’ont pas le choix…

captson.jpg Par Peyo Greenslip

Des années qu’on y pense, des semaines qu’on s’y prépare, des jours qui font que l’on finit par en douter… A vrai dire, cette Coupe du monde qui s’ouvre ce soir, c’est un peu comme un dépucelage, ce grand saut dans l’inconnu qui doit faire de vous des hommes. Et pas seulement parce que, nous autres, cocardiers de Français que nous sommes, attendons que les Coqs déflorent leur palmarès mondial. Non, c’est plus que ça. Peut-être parce que ça se passe chez nous, au domicile familial, sans déranger papa et maman qui dorment à côté. Peut-être aussi parce qu’on a tant éventé l’événement et un succès au bout des doigts que c’est finalement la peur qui s’est immiscée jusque sous les ongles.

Le pack au pas

Mais maintenant que les préliminaires ont été expédiés, la moindre erreur sera fatale. Le kiki mou de Milloud ; comme le caleçon mouillé de De Villiers. Car la première épreuve des libertins en herbe tricolores passera par la rudesse du pack argentin. Un test à balle réelle pour des avants français à qui tout faux pas est interdit sous peine de se ramasser les Blacks dès les quarts-de-finale. Après trois victoires amicales, des questions demeurent en effet sur la tenue de la mêlée et de l’alignement tricolores. Les rythmes et les pas endiablés du tango Puma devraient ainsi mettre à mal les articulations du pack français, qui devra trouver des ressources pour donner la réplique à sa cavalière latine et laisser entrevoir les jambes de ses prétendants de l’arrière. Car si la France s’apprête à un rude corps à corps devant, les trois-quarts tricolores devraient pouvoir se régaler des parties charnues de la féline argentine, dont l’axe du terrain apparaît comme plus hospitalier. A condition de régler toutefois le problème des trublions de la charnière.

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Faire taire (Patrick) Hernandez

Pour cette tâche, M. le secrétaire d’Etat a associé Rémy Martin au Biarrot Serge Betsen. L’abattage du gigolo parisien a été préféré à la perforation du toulousain Dusautoir. Un choix qui montre bien les intentions du sélectionneur français : museler la charnière Pichot/Hernandez au prix d’un pressing extrêmement haut. Pour cela, il sera demandé aux flankers tricolores d’harceler sans cesse les maîtres à jouer argentins, dont la roublardise, l’habileté et le génie pèsent comme une terrible menace pour les Bleus. Hernandez, rugbyman international le plus abouti à l’heure actuelle, est né pour être vivant et inoculer le danger au moindre ballon qui lui échoie. En bon artificier, el Mago ne devrait ainsi, par exemple, pas se priver d’allumer quelques pétards au-dessus d’un Cedric Heymans novice à l’arrière (le niveau des Gallois étant aussi déshérité que les docks boueux de Newport).

One shot

De dépucelage, il ne sera pas question pour tout le monde lors de ce rendez-vous dont un des outsiders au titre mondial sortira défroqué. Les deux entraîneurs tireront eux leurs dernières cartouches à l’occasion de cet événement international. Laporte, délesté de ses contrats publicitaires, s’en ira débouchonner de la bourgeoise dans les palaces politiques pendant que son homologue argentin, Marcelo Loffreda, changera de monture et s’accommodera de tigresses des bas-fonds de Leicester. Chacun ses valeurs. Attention à ne pas souiller celles, ancestrales, du rugby… Pour les jeunes Bleus, le rendez-vous des hommes c’est ce soir, 21 heures.

Rugby, Coupe du monde : Qui pendra Laporte ?

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A l'occasion de la Coupe du monde de rugby qui débute aujourd'hui, l'équipe du Vestiaire a l'honneur d'accueillir dans ses rangs un des plus grands spécialistes planétaires de la balle ovale, en la personne du Bigourdan-Britannique Peyo Greenslip.

Celui-ci est une légende des deux côtés de la Manche. Formé à la dure école Simon-Steiner, ce demi de mêlée à l'accent hirsute a débuté son métier, il y a bien longtemps déjà, sur nos terres hexagonales en commentant à la radio un mythique Romorantin-Sète. Après avoir été une plume assérée de Midi Olympique et de La Dépêche du midi, il a connu la consécration lorsqu'il est devenu commentateur pour la BBC.

Régulièrement, Peyo Greenslip nous livrera ses bruits de troisième mi-temps et ses analyses à la serpe des matches de la compétition.

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Rugby, Coupe du monde, XV de France : Michalak, sauce revanche

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Retournée dans l'ombre, la future ancienne star toulousaine attaque ce Mondial dans la peau d'un remplaçant. Mais il devrait vite retrouver la lumière…

Le piment d’Anelka ou la douceur de Michalak ? L’amertume du caïd (et de son frangin illettré) des bas d’immeubles de Trappes ou la fadeur du gendre idéal pyrénéen ? Manchot ou pied carré ? Foot ou rugby ? Chez Quick, on a le choix. Pour le demi d’ouverture du Stade toulousain, ce fut simple ration de ballon ovale et son jeu au pied en vomit encore. Après, entre autres Cauet et Les Simpson, ce n’est pas un hasard si Frédéric Michalak prête son nom à un hamburger qui ne désinfectera pas les gosiers rôdés aux menus XL. C’est avant tout une question de portefeuille, de QI… et d’image (imaginez juste une seconde : à quoi aurait pu ressembler le Chabal Burger ?).

Le Toulousain séduit encore. Sa côte de popularité, catapultée sur les cimes médiatiques lors de la dernière Coupe du monde, en 2003, n’est guère descendue. Contrairement à son niveau de jeu. Si l’on ne peut accabler Fred le guitariste de tous les mots, la disette traversée actuellement par son club, c’est un peu la sienne. Lui qui a laissé son génie (Salviac en avait mouillé son pantalon de laine, malgré sa Téna triple épaisseur, un soir de juin 2001 face à Clermont) sur les shortbreaks australiens, là où, pendant ce temps, Chabal se plaisait à se faire les dents et les biceps sur les requins locaux.

Aux antipodes de son talent

Comme Wilkinson, qui l’avait toréé avec maestria sous la pluie de Sydney, Michalak ne s’est jamais remis du voyage austral. Ses faiblesses au pied, déjà criardes, se sont comme alourdies dans les valises. Ceux qui encensaient jadis son génie, criblaient dès lors sa folie. Eternel incompris Michalak ? Peut-être. Sauf qu’avec quatre années de galère, le Stadiste pourrait être la bonne surprise d’un Mondial qu’il attaquera sur le banc. Après une année où il a davantage fréquenté la clinique et le banc toulousain que la pelouse d’Ernest Wallon, Fred arrive frais et sans pression. Si son entente avec les ¾ toulousains n’est pas à démontrer, celle avec David Skrela au poste de premier centre est à essayer. Une telle combinaison lui permettrait de se délester sur le Parisien pour le jeu au pied, mais aussi de lui ouvrir des brèches dans le dos de la défense comme il se plaît à faire.

Car si elle dispose de plusieurs flèches sur ses ailes, la France ne jouit pas d’autant de célérité au centre, avec des paires aussi rapides qu’une charnière Deloumeaux-Dumas. Le coulissement de Skrela, très prompt à jaillir dans le dos de la défense (jaillir par derrière, on connaît chez les protégés de Maxou…), se révèlerait ainsi une très bonne alternative. Sans parler de son rendement défensif.

Le piquant de l’orgueil

Aujourd’hui, l’émergence de Skrela contraint Michalak au mutisme. Le Parisien, impeccable en bleu depuis l’hiver, est indiscutable. Mais le Toulousain représente un atout indéniable, tant il présente un profil différent de l’ancien Columérin. L’entrée en piste du joker ne devrait tarder. Deux matches devraient suffire pour attester que Traille (au jeu au pied si lourd qu’il l’empêche de courir), n’est pas à sa place à ce niveau. Il sera alors temps pour Michalak de montrer qu’il n’est pas un fromage et que lui aussi déborde du piquant de l’orgueil.

Auto-Moto : Alonso – Rossi, même combat ?

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On a souvent comparé Valentino Rossi à Michael Schumacher, tant les deux pilotes ont écrasé simultanément leurs disciplines respectives. La trajectoire d’Il Dottore ressemble pourtant davantage à celle d’un autre champion du monde de F1 : Fernando Alonso.

Les deux hommes ne s’apprécient guère, c’est le moins que l’on puisse dire. L’Espagnol n’avait pas vu d’un bon œil, l’an dernier, que le motard, mis à l’essai par Ferrari, vienne marcher sur ses plates-bandes : « On connaîtra le potentiel de Rossi lorsqu’il sera à l’arrivée d’une course. Il terminera peut-être cinquième ou sur le podium, mais tout ce qu’il fait avec une F1, je peux le faire avec une moto si on me donne autant de temps que lui pour me préparer. »

« Je pense que nous devrions disputer des courses de F1, de rallye, de MotoGP et additionner tous ces temps afin de savoir qui est le plus rapide », avait riposté l’Italien avec autant de modestie. Le projet est mort-né – « cela m’est interdit par contrat, c’est trop dangereux », s’est défilé Alonso – mais les antagonismes restent, quand bien même les deux rivaux rament cette saison dans la même galère.

Les rois précoces. Plus jeune poleman de l’histoire, plus jeune vainqueur d’un GP, plus jeune champion du monde, Fernando Alonso a longtemps collectionné les records de précocité ; comme le surdoué italien, titré sur mobylette (125 cm3) pour ses 18 ans.

Enfants gâtés. Champion du monde 125 cm3 et 250 cm3 sur Aprilia, Valentino Rossi a bénéficié dès sa première saison dans la catégorie supérieure de ce qu’il se faisait alors de mieux sur le plateau : la Honda NSR deux-temps. Après une année de purgatoire chez Minardi, le protégé de Flavio Briatore a eu très vite sa chance au volant d’une Renault.

Prise de risque. Intouchable avec la marque au losange malgré la concurrence du grand Schumi, l’Espagnol a choisi de relever le défi McLaren, terriblement attrayant financièrement. Au-dessus du lot, et du manchot Max Biaggi, avec Honda, Rossi a lui aussi viré de bord, chez Yamaha.

Plus dure est la chute

Phénomènes, prodiges, virtuoses… Les deux pilotes n’ont presque jamais connu la défaite. Alors, que Nick Hayden souffle à Rossi le titre mondial 2006 après cinq années de domination, passe encore. Mais, englué dans ses démêlés avec le fisc italien, l’égocentrique n°46 ne supporte plus de voir Casey Stoner, plus jeune que lui (21 ans), lui damner le pion au point de compter 85 points d’avance à cinq courses de la fin. « Si les choses doivent continuer comme cela, le mieux est d’arrêter. C’est dur à dire, mais, pour moi, le championnat est fini », a diagnostiqué le docteur après son nouveau fiasco de Misano, le week-end dernier.

Comme lui, le rat Alonso devrait quitter le navire McLaren alors que sa concurrence avec Hamilton tourne à l’humiliation. Son égo surdimensionné ne supporte pas que son débutant de coéquipier fasse la course en tête, au point de le retarder volontairement dans les stands pendant les qualifications du GP de Hongrie. Sanctionné par la FIA, Alonso est en net retrait depuis, résigné, impatient de poser son cul de prétentieux dans un autre baquet depuis que Ron Dennis a déclaré que McLaren ne s’y opposerait pas, malgré le contrat de cinq ans qui lie les deux parties. Si les pistes Renault et BMW se refroidissent, peut-être pourra-t-il rebondir en MotoGP. « Avec un peu de préparation », il ne peut, après tout, pas être plus mauvais que Sylvain Guintoli.

Athlétisme, Osaka, Dopage, Naman Keita : La daube et la dope

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Naman Keita est idiot, il le reconnaît lui-même. Pour autant, doit-on croire son excuse foireuse sur le complément alimentaire ?

Naman Keita n'est pas bon, on le savait déjà. Lui, a priori non, puisqu'il avoue avoir un peu déprimé à l'approche des championnats du monde d'Osaka. « Je me suis renfermé sur moi-même. » Que pensait-il alors ? Faire une finale ? Un podium? Le pauvre fou s'est vautré en beauté au pays imaginaire, emmené par un Peter Pan suicidaire en la personne de Franck Chevallier.

Assuré naïf

Le problème avec les athlètes dopés, c'est qu'ils sont trop naïfs. Un copain, certainement un dealer repenti devenu son manager, lui conseille un complément alimentaire pour reprendre des vitamines. Naman, qui ne pense pas, trouve l'idée séduisante. Après tout, manger, il a le droit. « J'ai commis une grosse connerie. Après les championnats de France, je me suis fait un peu mal aux abdos. On m'a conseillé un complément alimentaire pour aider à régénérer le muscle et je l'ai commandé sur internet. » Sûr que de la vitamine C, ça reforme les abdos. Internet, ce n'est décidément pas pour les enfants. Heureusement que les autorités ont fait éclater l'affaire, sinon bientôt, avec d'autres copains, il aurait réussi à enlever la sécurité -18 ans installée par les parents Keita.

Mais Naman jette le trouble. Pas sur son intelligence, qu'on parvient à évaluer à peu près. En même temps que d'avouer sa connerie, il donne toutes les clés d'un candidat au dopage réfléchi. « Ce n'est ni mon entraîneur, ni mon agent, ni quelqu'un de la Fédération qui me l'a conseillé. La connerie, je l'ai faite moi-même. Après les championnats de France, je ne voulais parler à personne. J'étais en plein doute. » Keita a très bien pu se doper consciemment – enfin, autant qu'il peut. Mais cela ne change rien au problème : comme le dirait Patrick Chêne, il faut être idiot pour se doper aussi visiblement et se faire prendre.

Amsalem, hémato-hypocrite ?

Le président Bernard Amsalem, qui a l'art de défendre sa Fédération avant ses athlètes, en peste encore. Bien sûr, il n'était au courant de rien. « Il est essentiel que les athlètes ne se laissent pas conseiller par n'importe qui, aucun produit ou complément alimentaire ne doit être pris s'il n'est pas vérifié par les médecins fédéraux. » On peut le croire : au moment où l'affaire de dopage a éclaté, soit deux jours avant la révélation, Amsalem a juré n'être au courant de rien et qu'il ne s'agissait donc pas d'un Français.

Si la contre-expertise confirme la première la première analyse, Naman Keita risque une suspension de deux ans, qui le priverait des JO de Pékin. De toute façon, personne n'avait prévu qu'il y aille.

Basket-Ball, Euro : Une leçon à apprendre Parker

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Deux matchs, deux victoires. Face à des adversaires inégaux, la France n’a pas encore craqué. Avec ou sans la manière, le résultat est là, le meneur des Spurs aussi. Pourvu que ça dure.

Nous vous le disions avant le début de cet Eurobasket, la France a la meilleure équipe de son histoire. Pour ceux qui n’auraient pas encore compris pourquoi, le match d’hier soir contre l’Italie a apporté une réponse cinglante. Tony Parker, un des 15 meilleurs joueurs du monde, MVP de la dernière finale NBA, est en forme. Et il se trouve, hasard incroyable pour notre pays, qu’il évolue en équipe de France. Seul, face à de relativement solides Italiens, il a écrasé la rencontre de son talent. Avec 36 points, il a même battu son record en sélection et a surtout marqué plus de la moitié des points de son équipe. Une performance tout simplement énorme. Beaucoup parlent aujourd’hui de Parker-dépendance (il est intéressant de remarquer que seulement six joueurs ont marqué hier) et s’inquiètent. Il faudrait plutôt s’en réjouir.

Château Pietrus

Posséder un tel joueur est une opportunité formidable qui a trop souvent manqué aux Bleus. Même Rigaudeau, tout surdoué qu’il était, ne pouvait pas gagner un match à lui tout seul. Ce phénomène permet aux tricolores d’entrer fermement dans le cercle des équipes à stars, en capacité de remporter un grand titre. La présence d’une énorme vedette, très nettement meilleur que ses propres coéquipiers, dans son effectif au niveau international, n’est pas chose rare dans le sport. Cela existe en foot ou en hand aussi. Les équipes qui gagnent sont très souvent portées par un joueur en particulier. Le basket plus qu’un autre n’échappe pas à cette règle. Gasol en Espagne, Nowitzki en Allemagne, Ginobili en Argentine, Sabonis à l’époque en Lituanie pour ne citer qu’eux … Seuls les USA et l’ex-Yougoslavie font exception avec leurs effectifs assez homogènes. Evidemment, sur toute une compétition, il est important de posséder autre chose que des Sacha Giffa derrière. Et ça tombe bien, Boris Diaw joue lui-aussi en équipe de France.

Athlétisme, dopage : Keita est-il le cousin de Chouki ?

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Toute l'équipe du Vestiaire ne peut que s'associer à la Fédération française d'athlétisme en adressant à son tour ses plus vives félicitations au plus beau représentant de son élite : l'intellectuel Naman Keita. Controlé positif à la testostérone à Osaka, il n'avait même pas passé les demi-finales. Une nouvelle carrière débute désormais pour lui. Finira-t-il  dans un foyer de jeunes travailleurs, dans la rue ou en prison ?  Les paris sont ouverts. C'est son ami Diagana qui doit se retourner dans sa tombe. 

Tennis, US Open : Les French chient

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La belle forme de Wimbledon a vécu. A l'US Open, où les Français brillent rarement, c'en est déjà terminé pour les 28 tennismen et women nationaux. La deuxième semaine peut commencer…

A y regarder de près, le constat est affligeant. De loin aussi. Car aucun Français en seconde semaine, cela ressemble à un Roland Garros du pauvre. D'autant plus que, comme sur la terre battue française, les engagées français étaient très nombreux : 15 hommes et 13 femmes au sortir des qualifs. Et à regarder les identités des tricolores admis au 3e tour, on s'inquiète encore plus.

Super Marion

Marion Bartoli est certainement la plus « grosse » promesse. En 1/8e, elle s'est inclinée contre la vraie Serena, sèchement cependant. Elle semble avoir retrouvé la forme qui lui avait permis d'aller en finale contre l'autre Williams sur le gazon londonien. Cela ne fera pas d'elle la meilleure joueuse du monde, mais contrairement à Mauresmo, elle ne le pense pas. Amélie, elle, sirotait une Margharita sur son yacht, histoire de décompresser. Elle pense certainement revenir aux Masters, mais il faut lui expliquer qu'en ne jouant pas, on n'a aucune chance d'être qualifiée.

The Tsonga of freedom

Chez les hommes, on ne sait pas de qui peut venir la lumière. Rendez-vous compte : Tsonga et Grosjean sont les deux plus en jambes, avec Santoro qui a eu le malheur de tomber sur Blake. Soit deux vieux et un Monfils du pauvre. Grosjean a prouvé au passage qu'il n'était pas (encore) en retraite et s'est donné un sursis. S'il retrouve sa mobilité perdue depuis trois ans, peut-être pourra-t-il revenir dans les 20. Sur ce qu'il a montré contre Haas, son coup droit a le mérite de tenir encore la route. Mais son physique l'a trahi au 5e…

Tsonga, lui, est le prototype du joueur qui ne saisit pas sa chance. Contre Nadal, il aurait pu remporter le 1er set et se mettre en route pour l'exploit. Il l'a perdu et s'est fait laminer. Donc, on l'oubliera, comme on a perdu Patience après sa défaite contre Djokovic à Roland. Cela dit, même quand on est Français et qu'on bat Nadal, on peut devenir un fantôme deux mois plus tard (Mahut, battu 6/0, 6/4, 6/2 par Del Potro au 1er tour). Mais, si la performance de l'Angevin est en tout point remarquable, la palme revient incontestablement à un autre Nicolas, Devilder, proprement balayé par Youzhny au 1er tour : 6/0, 6/1, 6/2. A croire qu'il voulait apprendre à compter.

Heureusement, la relève est là. Sidorenko est arrivé en demie et surtout Eric Prodon a réussi la perf « atomique » de se hisser en finale à Freudenstadt (Allemagne), battu par Ivo Minar (286e mondial) 7/5, 6/3. A 26 ans, tous les espoirs lui sont permis pour un 1er tour à Roland.

Athlétisme, Mondiaux d’Osaka : Autopsie d’un carnage annoncé

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« On le sait Bernard, c’est un peu le baromètre de la santé de tout l’athlétisme du pays. Quand un relais 4x400m marche, c’est que ça va bien. » Ainsi parle le prophète Patrick Montel quelques minutes avant que Fadil Belaabouss et son équipe de tocards ne passent le témoin à Leslie Dhjone avec 15 secondes de retard sur les autres.

Ils étaient 50 au départ. Aujourd’hui ils ne sont plus que deux : Yohan Diniz et Romain Mesnil ont donc été les deux seuls médaillés français de ces championnats du monde d’athlétisme. Il y en aura toujours pour dire qu’on a déjà fait pire et même Patrick Montel pour parler de résultats pas si catastrophiques, voire même porteurs d’espoirs. Hélas, le bilan est là : il est désastreux. Même Bernard Amsalem, le président, et Franck Chevallier, le DTN, le reconnaissent, le négatif l’emporte sur le positif. En effet il est difficile de nier l’évidence : la France est 24e nation mondiale. D’aucuns diront qu’elle est devancée par des nations mineures et ils auront bien tort. La réalité est que la France est une nation mineure de l’athlétisme. Dans une telle situation, on cherche toujours les coupables. Les deux patrons de l’athlétisme ont donc livré leur analyse. Selon eux, c’est la faute à des athlètes trop peu performants qui ont manqué de sérieux et de rigueur. Autant dire un véritable scoop.

Mais au fait, ces athlètes, s’ils étaient si mauvais, que foutaient-ils au Japon ?

Si l’on se base du strict point de vue des critères, ils avaient leur place. Hélas, ces critères ne sont pas assez selectifs. Selon les disciplines, les minima devraient être durcis et associés avec des résultats en championnat de France ou en meeting, un peu comme les trials américains, en quelque sorte, avec possibilité de repêchage. Ainsi ne se présenteraient que les athlètes en forme et pouvant espérer « faire quelque chose », comme le rappelle Amsallem. Celui-ci n’hésite d’ailleurs pas à révèler que plusieurs membres de l’équipe de France n’avaient aucune chance et qu’on les a emmenés faire du tourisme. Pour les JO, ça ne se passera pas comme ça nous promet-on. C’est sûr, il sera difficile de faire pire. Mais qui pouvait sérieusement croire que Doucouré allait conserver son titre, que Baala allait enfin régner sur le monde, que Keita n’est pas une escroquerie, que les relais sont encore compétitifs, que Barber retrouvera un jour son niveau d’antan, que Kapek est bon et que dire de Montebrun qui, finalement, ne gagnera sans doute jamais rien ? La plupart de ces athlètes n’auraient jamais dû ne serait-ce que fouler la terre nipponne.

Qui les a selectionnés ?

Le président et le Directeur technique national, qui n’ont pas demissionné alors qu’en reconnaissant la faillite des athlètes qu’ils ont choisi, c’est leur propre echec qu’ils mettent en lumière.

Génération M’Bandjock

La France a le potentiel, mais sa politique de détection et de préparation est en faillite. Et ce n’est pas seulement une question de culture de l’athlétisme, qui est moins populaire chez nous que le foot ou le judo. Car évidemment, on ne sera jamais comme les Etats-Unis. Et si vraiment il n’y a personne, alors mieux vaut laisser un vide plutôt que de combler artificiellement un déficit de talent par une brêle quelconque selon la bonne vieille charité française qui depuis Coubertin laisse croire à ses athlètes que l’important est de participer. Pour bien comprendre où pèche l’athlétisme français, on peut évoquer l’opération « Destination Athlé 2012 » consistant à aguérir de jeunes athlètes prometteurs en vue des JO de Londres. C’est une noble idée, encore faut-il qu’ils soient vraiment prometteurs. Qui peut croire que Dossevi, qui n’est pas capable de passer 5m40, sera un jour, ne serait-ce que le nouveau Galfione ? Mesnil lui même, s’il a mis du temps à confirmer en compétition sénior, n’avait que 22 ans lorsqu’il devint champion d’europe espoir avec un saut à 5m93 ; une autre planète.

Au rang des satisfactions, en plus des médaillés, évoquons Djhone, qui se prépare à collectionner les finales ; Barras qui avec une première journée moins catastrophique peut espérer beaucoup ; Boslak qui a réussi enfin une performance de premier plan en competition et Skotnik qui, comme le veut sa discipline, essaie de sauter haut. Pour les autres, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.