Exclue Le Vestiaire, Boxe, La légende : Patrick le Charpentier

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– Tiens, Seb, toi qui es journaliste. Marathonien ? Un seul ou deux N ? C’est pour une dédicace.
– Deux, mais pas à la suite…
– J’étais pas loin !

Du Charpentier dans le texte… Le court sur Pat’ aurait pu devenir cycliste – « mon rêve » – disc-jockey ou ébéniste. Il a fini boxeur comme on choisit un melon ; à l’odeur rancie sous la queue : « Je n’étais pas fait pour ce sport. » Sans blague. Trop petit ? Pas assez d’allonge ? « Non, franchement, sans être raciste, je m’appelle Charpentier, je suis blanc et je n’ai pas grandi dans un quartier difficile. » Bref, vraiment rien pour réussir.

Mais voilà, né en l’an de graisse 1970 à Vimoutiers – « avec un S » – il débarque à 4 ans dans les faubourgs de Fleury-aux-Choux, la barbe naissante et un QI à la hauteur des plus grands. La légende est en marche. Elle conduit le Fleuryssois vers une chance continentale, qu’il saisit en 1995 – « le 18 juillet, à 20 h 32, contre un Français avec un prénom de fille, Valéry Kayumba ». Pat’ a l’intelligence de ceux qui n’oublient pas. Surtout les trois lignes de son palmarès amateur : « 53 combats, 43 victoires, dont 37 avant la limite. » Il ponctue chaque fin de phrase d’une esquive rapide et d’un direct dans l’épaule. « Tu l’as pas vu venir celle-là, hein ? »

« Mais, Patrick, tu n’as jamais su boxer » (Acariès)

Il me reste deux doigts à la main gauche pour vous brosser ses années pros, qu’il énumère avec la même précision chirurgicale : « 33 combats, 27 victoires, dont 24 avant la limite. Quand les autres voyaient ça, ils prenaient peur. Charpentier, il allait toujours chercher le K.-O. » Il lui faut en effet moins de deux minutes pour mettre au tapis le carreleur espagnol Javier Martinez (25 novembre 1995) avant que l’arbitre ne mette fin aux souffrances du fantôme écossais Gary Jacobs, le 14 juin 1996, et n’accorde à Charpentier sa troisième ceinture continentale des welters ; bien assez pour maintenir un short trop petit pour lui.

C’est à un autre gabarit qu’il veut désormais s’attaquer : Oscar de la Hoya, « le meilleur, le plus médiatique ». Comme Brahim Asloum, l’abattage médiatique en moins, il n’avait battu jusqu’alors que des porte-serviettes. « J’ai demandé à Acariès », sous le giron duquel il était passé quelques mois auparavant, « de pouvoir l’affronter ». Réponse du p’tit Louis : « Mais Patrick, tu n’as jamais su boxer. » Qu’importe : « Je savais que j’avais une chance sur cent de le battre. J’ai voulu la prendre. »

300.000 $ les trois rounds…

Le reste n’est qu’un récit plein de bruit et de fureur : « Même si je ne l’ai pas reconnu à l’époque, j’ai été tétanisé par l’environnement du combat. » Il y avait de quoi : El Paso, Texas, 60.000 personnes. « Jamais aucun Français n’a boxé devant autant de monde. » Neuf ans après, Charpentier en mouille toujours son slip kangourou. Ce 14 juin 1998, il ne l’oubliera jamais. Enfin, surtout le début de soirée. « J’avais pour stratégie de laisser passer l’orage avant de mettre le turbo au quatrième round. Mais ça allait beaucoup trop vite. J’ai été touché très tôt dans le troisième et tout s’est enchaîné. »

Après 1 minute 56 secondes dans cette reprise fatale, Pat’ prend une droite « partie de loin. Je décide d’attaquer alors que je n’avais plus toute ma lucidité. Il se retire habilement et alors j’ai senti comme une aiguille qui me piquait. Si je la prends dans le nez, il me le casse sûrement. » Touchant de lucidité… Après, c’est le trou noir : « Je ne me rappelle plus de rien jusqu’aux vestiaires. Je crois que j’ai fini en pleurs au téléphone avec ma femme sans vraiment savoir ce qui m’était arrivé. » Humilié, mais plus riche de 300.000 dollars – De la Hoya en a pris 4.000.000 pour cette exhibition -, Charpentier rentre s’enterrer à Fleury-aux-Choux. « C’était l’aboutissement de ma carrière, j’avais pris la décision d’arrêter quel que soit le résultat. » Il n’a pas remis les gants depuis. Sauf pour faire sa toilette.

8 réflexions au sujet de « Exclue Le Vestiaire, Boxe, La légende : Patrick le Charpentier »

  1. pour connaitre personnellement Patrick, je trouve que tu le descend pas mal dans ton article…
    J’habite moi meme a « fleury aux choux » comme tu dit (sauf que c’est fleury les aubrais mais bon on dira rien…)
    enfin meme si en 98 il a perdu contre De La Hoya, c’est déja bien d’avoir fait tt ce chemin je trouve…

    a toi de voir mais stp ne juge pas sans connaitre ^^

  2. Cher Cocarcon,

    On ne peut rien te cacher, nous avons nous aussi l’impression de descendre pas mal « Patrick » comme tu dis. Au moins autant que
    De La Hoya l’a descendu ce fameux jour de 98. Par contre, nous ne voulons pas faire injure à ton génie mais permets nous de te dire que pour le reste tu dis des grosses conneries. Tu te ventes de vivre à Fleury et tu ne sais même pas que cette ville ne s’est pas toujours appelée ainsi. Avant de venir te ridiculiser sur un forum, pense à te renseigner. Il ne t’auras pas echappé non plus que ce récit est réel comme tout ce que nous écrivons d’ailleurs. Pour ajouter une ligne à ton savoir apparemment infini, nous t’offrons un petit scoop. Sache que le journaliste auteur de cet article est un intime de la lumière Charpentier. Sinon effectivement, c’est pas mal d’être arrivé jusque là sauf qu’il se voyait gagner…

  3. bonjour le vestiaire,
    Et oui, moi aussi je connais Pat la charpente aux doigts de fer et malheuresement mon visage se souvient de sa foudre. En effet tenir plus de 15 secondes face à lui sans partir en courrant relève de l’exploit ou du désir de perdre la vie. Toi qui est si prompt à le défier, vient quand tu ve et tu verra ce que signifie l’art noble de la boxe, du fair play et surtout l’art de te laisser en vie.

  4. Bonjour Ian la Torpille,

    Notre journaliste a effectivement payé de sa personne sa rencontre avec Pat la Charpente, qui a pris la mauvaise habitude de lancer un direct du droite dans le vide toutes les 35 secondes. Pourtant, lui, n’a jamais reculé, même sur le carrelage glissant de la piscine des Jacobins.

    Mais avec un tel discours, pétri de courage, vous avez peut-être bien fait de préférer la course sur route à la boxe. Gilles Blanchet confirmera.

    L’équipe du Vestiaire

  5. Le vestiaire, je souhaite seulement apporter quelques corrections à votre article rempli d’expressions humoristiques déplacées !!
    Que le fantôme Écossais se prénomme Gary et non Gareth !! Je l’ai rencontré le 14 juin 1996 et non le 18 juillet 1996 !!
    Je n’apprécie pas que vous écriviez que « Charpentier rentre s’enterrer à Fleury-aux-choux », car d’une part cette ville a évolué et se nomme depuis de nombreuses années Fleury-les Aubrais, avec une population de 22000 habitants, alors un peu de respect !! D’autre part, je suis désolé de vous décevoir, mais je vous informe que j’ai quitté les « terres Fleuryssoises » !!
    Vous faîtes de drôles de jeux de mots dans ce laborieux article, mais la discipline sportive que j’ai pratiqué à haut-niveau, avec beaucoup de rigueur et de sacrifices, demande tout de même un peu de respect !! Les boxeurs qui ont réalisé progressivement une bonne carrière sont des « artistes » pas des clowns, alors étant donné que vous êtes journaliste, je crois que le style de vos articles ne sont pas adaptés pour ce genre de sports…!!
    Prenez mieux en notes vos infos pour informer correctement les lecteurs !!
    Sortez un peu de votre « vestiaire » pour mieux ressentir la réalité !!
    Till next time !!

  6. Euh… l’article a été publié septembre 2007, c’est écrit dessus comme le … et notre journaliste vous a vraiment rencontré à Fleury à l’époque… De plus c’est vous qui avez fourni les dates et les noms.
    On en rirait si on n’avait pas autant de respect pour vous.

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