Rugby, coupe du monde, France-All Blacks: Le pied à l’étrier

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Bernard Laporte a choisi d'innover pour affronter les Blacks. Etait-ce seulement le moment?

Par Peyo Greenslip 

Encore une fois, Bernard Laporte a réitéré son appel du pied aux gros portefeuilles. « J'ai hâte de commencer la politique » annonce-t-il aussi fièrement que naïvement. Qu'il se rassure, il n'en a plus pour très longtemps. Deux semaines à tout casser. Alors sa méthode Coué pour se prémunir d'un éventuel revirement élyséen n'aura plus lieu d'être. Aujourd'hui, l'annonce du XV tricolore pour défier les Blacks samedi à Cardiff reflète bien de ce refus de l'immobilisme, élevé au rang de devise de l'actuel gouvernement. Innover pour innover. Etre partout et nulle part à la fois (tiens, tiens, ça nous rapelle le parcours de  ce XV de France, absent à Saint-Denis, retrouvé en province puis exilé outre-Manche).

 Les Gunners de Cardiff

Aujourd'hui, le looser tarnais a pris des risques. Enfin, diront certains. Avait-il seulement le choix? Le niveau des Bleus en poule ne leur permet pas de prétendre rivaliser avec les Blacks. Si défensivement la France dispose d'un rideau hermétique emmené par une défense individuelle agressive et performante (un seul essai encaissé contre l'Argentine et l'Irlande, et encore sur interception), son jeu offensif pauvre, prévisible et truffé de maladresse, combinée à un déficit de puissance physique réduisent comme peau de chagrin les opportunités de faire plier une défense néo-zélandaise dont le talon d'achille (s'il en est un) réside dans les tatonnements au centre et à l'arrière. Dans cet optique, Laporte, qui n'est tout de même pas maso, a choisi d'opter pour une ligne de trois-quart bombardier. L'artillerie lourde autour de l'axe Beauxis-Traille aura en charge de laisser aux Blacks le moins d'opportunités de contre-attaque. Un tel choix implique cependant une réduction considérable de la vitesse et de l'opportunisme de la ligne de trois-quart. Autant dire que les attaques tricolores ne devraient pas être légions.

 

Thion, le nez dans la Pelous

Concernant le pack, la première ligne intouchable (le manque de piliers compétitif est même très inquiétant pour l'avenir des Bleus) est reconduite. Nallet le besogneux est prié de ne pas enfiler le bleu de travail samedi. Chabal le fantasque aura tout juste droit à celui de joker. Pourtant cet attelage aurait été le seul, par sa mobilité, sa disponibilité et sa puissance, a pouvoir soutenir le défi physique néo-zélandais. Que restera-t-il de Pelous et Thion lorsque les temps de jeu assénés par la troisième-ligne  se multiplieront? La troisième-ligne aura elle-aussi le souci de défendre avant d'attaquer. Dans cet optique, l'abattage de Dusautoir a été préféré aux jambes (trop) frêles de Nyanga. Martin paye encore son fiasco argentin, même si son énergie aurait pu-être intéressante.

Enfin dernier point, le banc qui présente un profil radicalement plus joueur que le XV titulaire. Des fois que les choses déraillent…

 

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