Les questions interdites du sport : Faut-il supprimer la jusrisprudence Jacquet ?

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Personne n’ose aborder le sujet, le vestiaire brise l’omerta.

« Si j’avais été là, il m’aurait écouté » Ainsi parle Jacques Marchand notre maître à tous au cours d’une conférence offerte à de jeunes journalistes mais aussi un futur banquier. Il a vu Spiridon Louis remporter le premier marathon Olympique, il a souvent combattu son confrère Péricles pour ses mœurs contre-nature malgré le respect sans orifice qu’il lui inspirait, il a soutenu à raison Champollion dans ses incessantes recherches « pourtant illisibles », il a enfin réalisé la dernière interview d’un Copernic à l’agonie. Pourtant, après un bail au sommet du journal L’équipe et du Tour de France, un jour, les Amaury ont décidé de se passer de lui. Etrange décision que celle de déboulonner ce petit grand-père à l’haleine incertaine. Bizarre sentiment de le voir regretter de ne pas avoir pu sortir Gerard Ejnes et Jerome Bureau de leur entreprise de démolition du futur Dieu Jacquet. Papi Marchand de cercueil a bien raison, s’il avait été là, cela aurait donné une autre tournure au traitement médiatique de certaines compétitions sportives qui suivirent 98. La Corée 2002, le Portugal 2004 mais aussi France 2007.

Un cadeau pour Lemerre Noël

2002, la France a déjà sa deuxième étoile assurée, et presque personne ne vient relever le danger représenté par un triste match face à la Belgique. Un match sans intérêt face à la Corée, une fatigue croissante, et un excès de confiance comme seul le rugby a pu en connaître un depuis. Lemerre n’est plus à sa place, les joueurs sont rois sans jouer, le desastre est gros comme l’égo d’Asloum quand il avait les cheveux jaunes. 2004, Lizarazu et Desailly font encore partie de la défense la plus forte de l’histoire. Ce qui n’a donc aucun sens. Santini est depassé. Personne ne bouge, la France se plante. Ne revenons pas sur le cas Laporte maintes fois commenté dans nos colonnes.
Un évidence s’impose: la presse a évidemment une influence inévitable, plus ou moins importante, sur les choix sportifs des uns des autres. Elle se doit d’en jouer avec doigté et sincérité. L’affaire Jacquet, devenue jurisprudence, empoisonne les commentaires et analyses depuis maintenant 10 ans, entraînant une gestion des carrières et compétitions plus qu’approximatives au point que François Clerc s’est retrouvé en équipe de France, que Laporte est resté 8 ans, et surtout que Fred n’a rien su de la générosité horizontale de sa femme. Il faut cesser d’avoir peur qu’un soir de victoire de l’an 2000, au micro de Pascal Praud ou d’un de ses con frêres lêche-cul, Deschamps fasse dans le réchauffé en s’en prenant au même journal mis en cause 2 ans plus tôt. Traumatisant.

Trop Praud, pas assez Pro

Praud ne sévit plus mais surtout, Deschamps était vraiment fini. De surcroît, nous l’avons déjà dit ici, la critique des années Aimé, aurait été justifiée si elle avait été légèrement plus mesurée. Une gestion catastrophique, cruelle et insensée de la liste des 28 devenue 22. En effet, personne n’a oublié que Martin Djétou et Pierre Laigle faisaient partie du club des 6 (avec Ba, Lamouchi, Anelka et Letizi). Des matchs et résultats très plats. Un seul paramêtre avait été omis, hélas pas le moindre, cette équipe de France ne perdait quasiment jamais, grâce à une défense aussi solide et dure qu’une queue de loth consommée par la femme à Chamou. Et ne pas perdre, ça peut être utile quand on veut être champion du monde. A L’euro 96, l’équipe perd, en demi-finale aux tirs au but après un 0-0, une compétition qu’elle aurait sans doute gagnée. Un brin de compétence supplémentaire aurait suffit à une analyse plus juste. Quelques mois après la vengeance médiatique de Jacquet, Jerôme Bureau avouait d’ailleurs en off à un de nos journalistes qu’il ne pensait pas s’être trompé. En réalité, il avait en partie raison, en partie seulement et ce n’est pas toujours suffisant.

Toujours est-il qu’après un France-Allemgne 3-0, en 2003, Vincent Hardy, décidé à caresser voire à lécher le torse et les mollets de Thierry Henry, lui adressa un somptueux:  » Vous êtes un esthète! ».

Une réflexion au sujet de « Les questions interdites du sport : Faut-il supprimer la jusrisprudence Jacquet ? »

  1. Excellent article ! Merci de mettre en avant le maître de tous les journalistes sportifs, feu Jacky. Votre article est une nouvelle fois d’une pertinence incroyable, néanmoins, une question me taraude depuis la lecture de ce papier génial : comment peut-on passer du journalisme à la banque? Serait-ce un exploit aussi grand que d’être à la fois journaliste et superhéros paraplégique?

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