Cyclisme, Nécrologie : Cancer de la selle en phase terminale

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Un fameux sport à deux roues, historiquement malade, s'est un peu trop soigné. Va-t-il succomber à ses piqûres ?

L'affrontement actuel entre l'UCI et ASO ressemble beaucoup au dernier combat entre Freezer et Sangoku. Si ce dernier veut gagner, il va devoir se sacrifier. L'heure du jugement dernier est arrivée. Pat Mac Quaid, tel la femme à Chamou dans une boîte échangiste, a tombé le masque. Il est bien le grand promoteur du cyclisme sale et joue son rôle avec passion. Jusqu'à menacer les coureurs de suspension s'ils font leur métier. L'enjeu n'est évidemment pas Paris-Nice, une course sans intérêt qui a seulement permis à Jalabert de compenser son incapacité à remporter le Tour de France malgré des batteries bien chargées durant l'âge de plomb du vélo. L'enjeu est symbolisé par Astana. Cette équipe cristallise toute la merde qui dégueulasse le cyclisme, depuis toujours sans doute, mais surtout depuis les vingt dernières années et l'arrivée du dopage criminalisé. Bruynel, coureur chez la Once de Saiz, avant de devenir le manager d'un américain sang-gain. Contador, le vainqueur du Tour par exclusion des deux autres lauréats. Et bien sur la marque Astana elle-même, que l'on ne présente plus.

Affreux et à sang

ASO, organisateur de la Grand boucle, ne veut pas de cette petite vérole. Prudhomme a de la mémoire. Il sait qu'en son temps, c'est elle qui mit fin au règne de Louis XIV. Mais a-t-il assez de mémoire pour se souvenir que pendant longtemps, ASO et l'UCI avançaient main dans la main, avec une dignité semblable aux plus belles collaborations. Et c'est bien ça que la bicyclette est en train de payer, mais cette fois peut-être définitivement. Le fils reconnu de Verbruggen et celui illégitime de Leblanc se livrent donc une bataille apparemment totalement opposée mais pour la même finalité : le pognon. L'un veut sauver l'héritage et les méthodes de papa sans se rendre compte que s'il gagne, il aura perdu. L'autre fait l'inventaire de la pharmacie pour tout liquider, ou au moins l'essentiel, car il ne pourra jamais nettoyer totalement certaines parties intimes : torcher les participants n'a pas encore été autorisé. L'équation est simple, mais trop compliquée pour Mac Quaid, gangréné par une éducation insalubre. Quand on a été nourri aux excréments globuleux toute sa vie, il est difficile de passer au steack bio.

Le dopage va tuer le cyclisme, c'est inévitable. ASO, propriétaire et organisateur de la seule épreuve d'envergure, l'a visiblement compris, certes seulement l'année dernière, mais mieux vaut trop tard que jamais. Il faut donc tout faire pour rendre le vélo crédible, et ça passe forcemment par des décisions coup de poing, même si elles sont très risquées.

Au final, ou l'UCI l'emporte et c'est fini, ou bien ASO et les coureurs eux-mêmes tiennent bon, quitte à tout faire exploser, pour mieux repartir. C'est en tout cas la fin d'un monde.

Une réflexion au sujet de « Cyclisme, Nécrologie : Cancer de la selle en phase terminale »

  1. Bonjour le Vestiaire!
    Avez-vous lu l’article « iné-pui-sables! » dans l’Express la semaine dernière? on y apprend que des chercheurs américains ont mis au point une pilule contre la fatigue musculaire. Testée sur des souris, elle augmente leur endurance de 10 à 20%!!
    Question:quand cet espèce de super-super-EPO arrivera sur les stades et dans les pelotons?
    Cette année? L’année prochaine? Où l’année dernière (et si c’était déjà la potion magique de Contador et Rasmussen?)…
    C’est pas fini le dopage, on va pas s’ennuyer cet été sur le Tour et à Pekin.
    Et pendant ce temps on met Marion Jones en prison… Celles à qui on a donné ses médailles doivent bien rigoler, notemment la Grecque Thanou…

  2. Cher M.Balbir,

    Il est évident que nous n’en n’aurons jamais fini avec le dopage qui est inhérent à l’espèce humaine. Mais, puisque le vélo a décidé depuis longtemps d’être le pionnier et le leader en matière de lutte, il se doit d’aller aussi loin qu’il le peut malgré l’obstacle UCI. Par exemple, surveiller les cyclistes comme des criminels, jusque dans leur vie privée. Et instaurer des limites physiologiques humaines et de performances qui si elles sont franchies signifieront tricherie.

    Par rapport à ce nouveau dopage auquel vous faîtes référence, vous pouvez lire aussi cet article troublant de fin 2007:
    http://www.cyberpresse.ca/article/20071101/CPSCIENCES/711011251/1020/CPSCIENCES

    Quant à Marion Jones, nous nous sommes exprimés sur le sujet à plusieurs reprises, et nous ne sommes pas loin d’avoir le même avis que vous.

    Merci de votre participation

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