Tennis : Blanche-neige et set Hénin

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Le tennis français ressemble à un hôpital psychiatrique. Hénin y a largement sa place.

Notre quotidien préféré, quand il ne fait pas des sondages sans intérêt, fait sa Une en célébrant le départ d'une championne. Et quand L'Equipe est dithyrambique, il y a hélas toujours derrière un soupçon d'incompétence et une bonne dose de complaisance. Car si Hénin a gagné des titres, qu'elle est une des meilleures joueuses de l'Histoire, sa façon de prendre congé est évidemment tout sauf la marque d'une grande championne. En plus, elle a même pas donné de préavis à son entraîneur Carlos Rodriguez, qui a passé la conférence de presse à chialer son chômage soudain.

Pourquoi devrait-on se pâmer de voir partir définitivement une numéro 1 mondial de 25 ans avec sa carrière devant elle ?

1. Melon for Evert

Pas une seule raison respectable n'a été donnée par Hénin pour justifier son acte. Pour une fois qu'elle n'était pas blessée ou en dépression, elle a trouvé le moyen de se faire interner. Sa pseudo-délivrance, sa fausse sérénité sont des marques de prétention. Et ses antécédents de mauvaise joueuse sont connus : elle n'est pas la seule à avoir pensé abandonner à cause d'un match mal embarqué contre Mauresmo, mais elle est la seule à l'avoir fait. Trouver momentanément plus forte qu'elle lui a été aussi insupportable que de perdre contre Bartoli à Wimbledon. Et si Mauresmo avait arrêté fin 2006, est-ce qu'on l'aurait félicitée de partir tout en haut ?

2. Une blessure pas si Graff

Elle aurait 13 ans comme Gasquet, on dirait qu'elle réagit en enfant gâtée. Son autisme ne pardonne pas tout, ni son habitude de perdre prématurément ses proches. On ne peut pas prétendre aimer le sport et encenser ce comportement. Quand Zidane est parti au top, on lui a chié dessus à juste titre, il est revenu. Pour sauver son âme, elle n'a plus qu'à revenir et présenter ses excuses à ceux qui croyaient en elle. Une numéro un qui part à 25 ans, c'est bafouer un statut. Mais elle l'a répété souvent : « Je ne joue au tennis que pour moi. » Les rassemblements de Fed Cup devaient être festifs.

3. Seles tombée

Et puis, le très haut niveau, ce n'est pas que savoir gagner, c'est savoir se relever des périodes creuses aussi. Les grands champions, ceux qui marquent l'histoire sur le terrain, sont ceux qui confirment sans cesse et n'abandonnent pas. Elle l'avait fait jusque-là, mais son ultradomination inédite de 2007 l'a rendu inerte. « Sereine, soulagée » dirait-elle. Tsonga a rapidement et parfaitement assimilé qu'il fallait savoir perdre et il l'accepte jusqu'à en faire un principe immuable, pourquoi pas Justine la poisse ?

4. L'Effet Malisse

Si vraiment elle avait pensé arrêter en fin d'année dernière, elle n'aurait pas poursuivi pour voir si elle pouvait encore mettre des taules. Si elle avait battu Sharapov à Melbourne, ils auraient attendu un bail leur mère de substitution, les futurs Rochus. La Reine se fout du monde. Et elle ose parler de soulagement, de décision réfléchie. C'est sûr que se faire tauler toutes les semaines, ça fait réfléchir. Mais elle n'a pas 50 ans comme Mauresmo ou plus aucune chance comme Clijsters.

Justine Hénin fausse le palmarès, l'histoire et l'avenir du tennis avec une intégrité que n'aurait pas renié Lance Armstrong et ses successeurs transgéniques. Son ex-mari n'est pas en meilleur état.

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