Cyclisme, Tour de France : Bjarne Riis aux éclats

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Notre consultant Thierry Bisounours, en larmes après l'abandon de Jimmy Casper, son favori pour le Tour, a quand même pris le temps de vous répondre.

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Carlos Sastre est-il le successeur de Riis ?

Je suis heureux pour lui. C'est un champion racé, comme on dit dans le jargon, au-dessus de tout soupçon, et qui a connu des épreuves terribles comme la mort de son beau-frère de la Banesto Jose Maria Jimenez, en cure de désintox à la cocaïne. Son heure est enfin venue : n'oubliez pas qu'il était le seul à pouvoir suivre Armstrong pendant deux minutes dans les cols ! C'est le vainqueur du renouveau, et cela fout un bon coup de pied dans la fourmilière des tricheurs, comme on dit dans le jargon. Un podium avec Sastre, entraîné par un des grands bonhommes du Tour comme Bjarne Riis, c'est une victoire pour le vélo.

Peut-on voler le maillot jaune à son équipier trois jours avant Paris sans passer pour un traître ?

Franck Schleck n'a rien pu faire, mais soyons indulgents. Il était encore à l'UC Châteauroux en 2002, inconnu du grand public, aujourd'hui il est un vainqueur potentiel. C'est une trajectoire unique, comme celles de Vandevelde, Efimkin, Kohl, Kreuziger, Nibali et Schumacher. Tactiquement pour la CSC, c'était le coup parfait. Ils ont réalisé un chef d'oeuvre. Monter les cols à 75 et lâcher les adversaires, c'était finement joué. Trois CSC dans les cinq premiers, ça rappelle les Saunier Duval de la grande époque, comme plaisantait Gérard Holtz avec Bjarne Riis tout à l'heure. Moi, je n'avais pas vibré comme ça depuis les Festina.

Evans peut-il encore voler le Tour ?

Je vous trouve un peu dur. Sastre est un grand champion, mais que dire d'Evans. C'est le coureur dans toute sa splendeur, un super suceur de roue comme dit Prudhomme. Rendez-vous compte, à 31 ans, Cadel sort enfin de son image de loser chronique, alors qu'il est toujours le même ! C'est ça la magie du vélo. Il est très bas sur sa selle, puissant, toujours en embuscade. En contre la montre, c'est le plus grand attaquant qu'il m'ait été donné de voir. S'il gagne, je suis sûr qu'il fera un champion charismatique. Bilou, mon patron, fait même de lui le nouvel Oscar Pereiro.

Les Français font-ils exprès d'être nuls ?

Vous faîtes sûrement allusion à Sylvain Chavanel. Honnêtement, son début de Tour l'a plombé, même s'il ne le reconnaît pas parce que son frère, lui, a fini 2e au moins une fois cette année. Mais sa fin de Tour est superbe, et ce n'est pas parce qu'il n'a jamais été aussi mal classé (68e) qu'il faut le prendre pour un nul. Il excelle comme lieutenant de Amaël Monfort pour le classement du meilleur jeune, lui qui a toujours couru après. C'est l'ironie du sort, comme on dit dans le jargon. Ce farceur de Claude Eymard l'a félicité pour ses jambes de feu, ça veut tout dire. Il est comme ça, Claude, il dit que des conneries, comme quand il interviewe Casar en le prenant pour Dessel.

Rémy Di Gregorio a-t-il bien fait d'attaquer hier ?

Vous savez, il se remet à peine de sa chute du Tour 2007. C'est facile de critiquer.

Une réflexion au sujet de « Cyclisme, Tour de France : Bjarne Riis aux éclats »

  1. Sacré Thierry Bisounours! L’analyse toujours fine et juste! Du grand journalisme sportif dans la ligné des Gérard Holtz et compagnie! Bref, du bonheur!

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