Formule 1, GP de Singapour : Vol de nuit

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Alors, bien sûr, la nuit a été belle comme une photo de Stéphane Mantey. Noyée sous les feux de 2.500 projecteurs, Singapour a offert aux téléspectateurs européens le spectacle grandiose d’une toute puissance technologique. La F1 en avait-elle vraiment besoin ?

Max Mosley avait confié il y a dix jours ses états d’âme à Anne Giuntini. Elle en a pris plein les lunettes. Le président de la FIA, qu’on ne présente plus, s’était dit favorable à l’instauration d’un moteur commun à toutes les écuries, question de coût : « Dans une période où l’économie mondiale est en récession, la F1 gaspille du temps et de l’argent. » Si peu…

La facture de la sauterie singapourienne n’a pas dépassé 150 millions de dollars faibles, dont un tiers pour le seul système d’éclairage. Et pendant que la France des sports mécaniques découvrait que Guy Lux lui-même avait servi la science, plus de 3 millions de Watts étaient générés jours et nuits pour la beauté du sport, n’en déplaise à Max l’écolo. Le fils d’Oswald Mosley avait osé brocarder dans la même interview de nos confrères monopolistiques « l’urgence de progresser sur les problèmes d’environnement ». Ca attendra un peu, Kuala Lumpur et Shanghaï veulent aussi leur nocturne.

No Newman, no cry

Bien que Kubica ne l’ait pas terminée dans les points, il y avait une course, dimanche, après le JT de Claire Chazal. Renault n’a pas eu cette fois à virer 2.000 de ses ouvriers pour faire parler d’elle. L’écurie française a même redonné ses lettres de noblesse à l'art du sacrifice cher à Nakajima : Piquette dans le mur, Alonso s’est arrêté juste au bon moment. Avait-on déjà vu stratégie plus audacieuse ?

Pendant ce temps-là, Hamilton a récupéré les points que la FIA lui avait retirés en Belgique. Le pompiste de Ferrari a le sens de la justice, Massa ne passera plus aux stands par hasard. Avec sept points de retard, le Brésilien n’a plus que son volant entre les mains. Il doit gagner les trois dernières courses et espérer que quelqu’un puisse s’intercaler au moins une fois entre lui et le fan des Pussycats. C’est pas gagné, les stats de Raikkonen parlent pour lui.

Le Finlandais n’a pas pris un point en quatre courses. Force India à part, seuls Piquette, Rubinho et Button ont fait aussi bien. Ca classe une performance, le toujours champion du monde a envoyé dans le mur plus de voitures que le crash test de Guyancourt (photo). La main sur le cœur à l’arrière du garage, Bourdais a savouré lui sa première Marseillaise en F1. Les larmes ont coulé derrière son masque de ski : Paul Newman n’a même pas attendu la fin de la saison.

Une réflexion au sujet de « Formule 1, GP de Singapour : Vol de nuit »

  1. Je retiendrai de ce grand-prix que Renault a réussi à placer la tactique du sacrifice de pilote à la première tentative, alors que Ferrari la tente sans succès depuis le début de la saison. Pourtant ils ont mis de lourds moyens en oeuvre : moteur à la fiabilité aléatoire, système de feu qui fait partir le pilote avant la fin du ravitaillement…
    Les français abandonnent mieux que les autres, il est temps que le monde de la F1 en prenne conscience.

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