Football, Domenech show : Trappe de fin

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Thiriez ne parle plus, Escalettes est introuvable, même la buvette du FC Port-Feugarolles n’a plus de nouvelles. Le feuilleton le plus médiatisé de l'histoire du PAF pourrait bientôt une nouvelle fois prendre fin, la faute à une cinquième saison un peu faiblarde. La production ne sait plus quoi inventer. L'acteur principal non plus.

On imagine déjà Christophe Rocancourt ému sur un plateau en voyant son idole, face à un Christian Jeanpierre qui n’en a rien à foutre, comme de Gilardi et Albaladejo. La soirée d’adieux à Raymond Domenech est déjà dans les cartons. Mais les réjouissances seront pour plus tard. La fin de cycle avait été baclée par Roger Lemerre : courser les journalistes sans fusil, c’est une faute de goût. Santini était définitivement une erreur de casting. Avec Domenech, le foot français retrouve son lustre d’antan : Houiller attend de remettre son survet' dédicacé par Kostadinov depuis 15 ans déjà, l'encre n'a pourtant pas encore fini de sécher.

L’autre triche

La difficulté quand on est au sommet, c’était d’y rester. En Autriche, Domenech a prouvé aux rares sceptiques que l’Euro n’était pas un hasard. Et ce, sans Thuram, qu’il aurait volontiers convoqué s’il n’avait pas déclaré forfait à la dernière minute, pour le reste de sa carrière. Fort heureusement, le successeur est là. Pas Rod Fanni, l’autre. Raymond n'a pas eu à chercher longtemps, des nuls il y en a dans tous les clubs. Il fait le tour des candidats, et envisage même une nouvelle fois Boumsong. Les running gags ça peut finir par être lourd et en plus, il lui reste un brin de lucidité, prendre dix buts par des Autrichiens pourrait lui coûter assez cher. Et puisque tout le monde réclame Mexès, c'est lui qui jouera. Là encore, ce n'est pas un hasard : le Romain est aussi en forme que Thuthu et il le déteste. Pour équilibrer le tout, notre héros ajoute une touche très personnelle, Diarra est titulaire. Trois buts encaissés sur coup de pied arrêtés, Gallas plus autoritaire que jamais sous la douche et Nasri le nouveau Zidane : la nouvelle équipe de France a fière allure. Domenech peut taper dans la main de Philou à sa sortie. Enthousiaste, il manifestera à son égard une loyauté que seul Giuly jalousera.

L'alphabet en Rothen

Il sera moins heureux le mercredi suivant. La mécanique est un peu rouillée. Pour preuve, il avait préparé un sabotage en règle pour Gourcuff, le nouveau Zidane. La victoire est obligatoire, le Bordelais en sera le meneur, il a tout pour se griller et en plus, le modèle Nasri est tout frais. Sur les conseils de René Girard, qui ne le titularisait même plus en Espoirs, ça doit passer. Mais l’improbable se produit, Ancelotti en claquera Seedorf : le petit se débrouille plutôt bien. La France gagne avec un nouveau but de Govou. L’ingrat. L’apaisement guette, il faut agir. Des prostituées ? Trop classique et Simonet est en retraite. Il faut faire vite.

Les anciens s’activent. Le front 98 contre Domenech s’organise, Ginola est toujours le seul à penser à Bogho. Lizarazu, Dugarry, Zidane et surtout Candela, tout le monde met les pieds dans le plat. Guivarc’h est recherché, mais il n’a pas laissé d’adresse. Il faut autre chose, plus léger, pour détourner l’attention : Rothen a le profil. Il ne sait pas écrire mais Degorre, oui. En plus, il a beaucoup de conneries à raconter. Gallas en prend plein la gueule, Zidane aussi, pas un mot sur Govou, c’est voyeuriste et bien senti. Mais surtout ça n'a aucun intérêt. Le jubilé roumain se rapproche, il faut en remettre une couche. Un schyzophrène, ça émeut : Coupet s’en chargera, il balance tout après 20 ans de déclarations merdiques.

Mentor, mentor

Aujourd’hui, Raymond prépare le terrain pour son ultime représentation. Johnny pourrait faire du saut en parachute à moto, il passerait pour un puceau. Domenech a soigneusement entretenu le mystère. Il reste invisible en conférence de presse, Mylène Farmer peut se rhabiller. La presse est en émoi, Télérama prépare les superlatifs. Oui, il rencontre des gens dans la rue, et non il n’en a toujours rien à cirer de l’équipe de France. En coulisses, on s’active : Diarra est blessé, son mentor s’en frotte les mains. Il ne convoquera personne, Lassana est devenu indispensable. C’aurait pu être Alou, mais il n’a pas signé à Portsmouth. Escalettes n’est pas loin d’y voir le nouveau capitaine. Anelka est en forme, Domenech appelle Briand et ses 9 buts en deux saisons. Et Boumsong ressort du chapeau. Le décor est prêt, l’éclairage de Constanta c’est moins sûr.

Houiller sans ses lunettes fumées arrivera-t-il à convaincre Ginola d’être son adjoint ?

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