Mondiaux : Tahri beau, Mehdi cale

mehdi

« Il faut une course lente et un Mehdi hardi. Mais j’ai peur pour Mehdi car sa préparation a été insuffisante. » Bernard Faure ne se trompe qu’une fois sur deux.

C’était la grande polémique du printemps dernier sur Le Vestiaire. Notre spécialiste athlétisme avait brillamment tracé le portrait de Mehdi Baala, ce qui avait choqué beaucoup de monde. Qu’avions nous dit ?  Que notre miler n’était pas le meilleur, qu’il ne maîtrisait que modérément la tactique de course, qu’il n’avait pas remporté beaucoup de titres planétaires et qu’il n’était pas capable de courir régulièrement sous les 3’30 ». Pourtant hier, c’est un refrain collectif bien connu qu’ont entonné tous les observateurs. Comme quoi le chat échaudé est plus résistant qu’on ne le croit à l’eau froide. Ce n’était que sa septième compétition mondiale ou olympique. Avec Mehdi Baala, il se passe toujours quelque chose : la blessure, la chute, la disqualification (la sienne ou celle du vainqueur), la quatrième place, la médaille, le titre européen et l’élimination, bien sûr. Hier, il avait l’embarras du choix, il ne pouvait plus inventer grand-chose, il a choisi la septième place.

Baala mou

Comme à Pékin, la course n’était absolument pas relevée, contrairement à la rumeur qui avait été inventé pour palier la future faillite du champion pas champion. Le meilleur engagé était Lagat et sa performance datait de 2001. Ensuite, c’était Baala, en 2003. Depuis le départ d’El Guerrouj et la fin hâtive de son successeur, il n’y a plus de leader chronométrique, presque tout le monde a le même niveau et donc sa chance. On appelle ça une course dense et ouverte où Mehdi a de fortes chances de ne pas être le plus fort. Que serait une course pas relevée, Mehdi à 3’30 et les autres à 3’40 ?

Baala, à l’inverse de 2008, est arrivé moins bien préparé mais plus rapide. Sa demi-finale était claire, son finish n’existait pas. Il aurait dû tenter d’asphyxier ses adversaires dès la mi-course, et essayer de resister. 7 e ou 7e, quelle différence cela aurait-il fait, à part qu’il aurait essayé ? A quoi bon, mieux valait s’enfermer, faire des efforts pour revenir et craquer. Et surtout marquer Kiprop, le grandissime favori d’une course où personne n’est favori. Mehdi ne pouvait pas savoir que le Kenyan avait opté pour copier sa tactique de Pékin. Un classique du Mehdi loser. A quand le Mehdi courant en champion ? El Guerrouj, Lagat et Morceli commençaient-ils au fond du paquet ? Mais Baala n’est pas El Guerrouj, même si la France veut continuer d’y croire. Il fallait donc une course rapide, elle a été lente, Mehdi Baala n’avait plus aucune chance parce qu’il ne se l’est pas donnée dès le départ. Tactique de course à part, pour une fois il n’avait pas la caisse pour tenir et ça, pour une fois, ça n’était pas de sa faute.

Baala ne pouvait pas, Tamgho a du boulot, Lavanne a bien fait de venir.

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