Ligue des Champions, OL : Gones and rossés

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Lyon s’est largement imposé hier contre les Féroé, avec Coulibaly devant. Un des défenseurs s’appelle Bodnar. Mathieu ?

Comme d’habitude, quand Lyon n’a personne devant, c’est Kallstrom qui marque le premier. Gomis est offusqué, il est l’homme des deuxième mi-temps, c’est déjà ça, le plus dur reste Tafer. Kalltröm, donc, marque au bout de deux minutes, Josse n’en revient pas on lui avait pourtant dit de se méfier. Pjanic, promu Juninho contre les Belges et les Hongrois de la Fiorentina, progresse de semaine en semaine. Les coups francs, tout est dans la barbe. 2-0, deuxième coup de pied arrêté en moins de vingt minutes, ça frôle l’insolence.

Debrecen, c’est non pas un mais trois autheniques exploits cette saison : Kalmar grâce au but à l’extérieur, le Levadia Tallin et le Levski Sofia de Cédric Bardon au dernier tour de qualifications. Avant limiter la casse face aux Hongrois de Liverpool battus par les Hongrois italiens. Comme le disaient les arbitres, on n’a pas la même passion, mais on a le même maillot avec un drapeau hongrois dessus. Ca effraierait presque Anderlecht.

Hugo Lloritz

« Rien à redire, ils sont largement au-dessus les Lyonnais. » Une telle supériorité, Josse la voit d’ailleurs en championnat. Le troisième but de Govou sur corner a beau être accompagné par le gardien hongrois dans son but, il compte quand même. L’UEFA n’a pas prévu de Ligue des Champions avant le printemps cette saison. Jusqu’à Noël, Josse en est sûr, Lyon fera le métier en championnat de Hongrie. C’est efficace et suffisant, l’adversaire rappelle plus Anderlecht que le PSG.
Dominique Armand a un doute : verrait-il un autre match que Josse ? « Ils ont un vrai souci de construction. » Peut-être parlait-il de Debrecen, personne ne le saura jamais. En 45 minutes en tout cas, la seule occasion dans le jeu est pour Debrecen, Lloris veille et ça ne sera pas la dernière fois. Clerc est milieu droit, ça sera la dernière fois ?

C’est un peu pareil pour Gomi. Son but ne sera pas le dernier, son talent saute aux yeux, surtout ceux de ses partenaires qui attendaient des passes réussies en première mi-temps. Un ballon de Kallström, un lob pour le 4-0, vivement qu’il puisse profiter des mêmes largesses du Barça, de Liverpool ou de Chelsea. Josse ne boude pas son plaisir, Puel non plus : 4 buts d’avance, c’est le signal pour faire entrer Ederson.
 

« Du suspense ? On va pas vous mentir, ou alors on va assister à un match d’un autre monde ? » Le supporter est souvent fanfaron. « Ils sont cuits les Hongrois, ils ont tout donné hier à l’entraînement. » Et le PSG, c’était le Barça ?

Le Bad Gone

« Il faut pas négliger cette équipe qui n’a pris qu’un but à Liverpool. » 3 min, 1-0, ça veut dire que Debrecen rate son match ou que Liverpool était nul ? »

« Il fait un énorme début de saison ce Chellstreume. Il a un super pied gauche, c’est un super passeur, un super tireur de coup de pied arrêté et puis c’est un bel athlète, il est charmant en plus, ça fait beaucoup pour un seul homme. » Denoueix hésite, puis se lance. « Et voilà pourquoi il est toujours à Lyon. » Pas mieux.

« Ils se font plaisir là les Lyonnais, ça se voit. Avec beaucoup de rigueur, on ne prend du plaisir que dans la rigueur. »

« Delgado, Lisandro, Bastos, tous des internationaux. » La Pologne recherche toujours de nouveaux Obraniak.

Willy et compagnie

Willy: « Laisser un joueur à 18 mètres, ça ne pardonne pas. »

Pjanic, nouveau Juninho demande Margotton ? « Oh, la position du pied est différente mais l’efficacité est la même, c’est bien ça le plus important. »

Willy a une question pour vous, Sydney. « Oui, que tu joues à gauche, c’est un choix du coach dû aux absences de Lisandro et… et… et autres ? »

Houiller : « Comme on dit en Angleterre, game over. » Et week-end, c’est en quelle langue ? « Moi j’ai beaucoup aimé le 4e but. » « Vous étiez pas convaincus et j’avais dit que Pjanic pouvait être la révélation. » Il se marre, il sait même pas lequel c’est.

Carte blanche : Evra naissant

A l’occasion de la sortie du Hoodie AW77, le Vestiaire vous retrace l’itinéraire d’Ulis. Nono le petit robot aura de quoi s’habiller en plus c’est du Nike.

Patrice Evra n’est pas seulement un héros de jeu vidéo. Super Patrice est joueur de foot, là où Super Mario n’était que plombier. Son destin est exceptionnel dès sa naissance: aux Ulis comme Thierry Henry.

A 16 ans, comme il est ciblé par tous les grands centres de formation français, il signe à Marsala. Puis direction Monza, toujours en Italie, et il n’aime pas la F1. Thierry Henry, comme Bernard Pardo avant lui, ont montré la voie, il faut rejoindre la côte d’Azur. OM ou Monaco : il opte pour Nice en D2. Patrice a de la suite dans les idées et il rejoint Henry à Monaco, sauf que Titi y passe seulement les week-end avec une Coupe du Monde sous le bras et pas mal d’autres trophées de meilleur buteur.

En 2004 c’est la consécration, Evra fait mieux, il est finaliste de Ligue des Champions, et sélectionné en Equipe de France. Il faut un nouveau modèle, Sagnol est dans la chambre d’à côté, il décide de l’ouvrir bien grande.

Autoproclamé meilleur latéral gauche, il part à Manchester, évidemment c’est l’enterrement. Puis la résurrection. Heinze signe, Evra joue et devient même indiscutable. En équipe de France c’est pareil, le meilleur joue, c’est lui, Abidal ou Clichy, qui a dit choix par défaut ? Certainement pas son ami Thierry Henry qui se régale de ses passes décisives comme du temps de Zizou. La partie peut donc durer jusqu’au dernier match.

Enfin, la carrière de Pat croisera la route de Nike, de Blogrider et du Vestiaire et vous connaissez la suite.

Gasquet : Héro malgré lui

La justice est formelle : la nuit agitée du jeune Richard à Miami n’aura pas de suite. Pamela est défoncée de chagrin.

Si ce n’est pas la grande forme, ça y ressemble. Après avoir écourté son US Open, le Biterrois a profité de la trêve que lui a imposé le haut niveau pour bosser. Coup droit, revers, service, volée, si seulement le mental était un coup. Il a fini son stage commando par un week-end chasse en baie de Somme qui s’est avéré plutôt fructueux. Le circuit national des grands tournois, ça sonne bien, la dernière fois qu’il s’était amusé comme un petit fou c’était les Petits As. Tarbes ? Nadal ne sait plus trop situer sur une carte : c’est près de Roland Garros, Melbourne, New York ou Londres ?

Gasquet s’est donc présenté à Metz frais et dispo, Eric Deblicker aussi, ça faisait pourtant que trois mois. La désintox provoque parfois des changements d’humeur. Par contre, dans ces cas-là, Tony Montana est toujours de bon conseil, et même quand c’est quelqu’un qui ressemble à Bob Marley qui dit de trouver un entraîneur étranger, il faut foncer. Pourvu que Federer ne mette pas une perruque de rasta pour lui dire que sans coach la vie est cool man, Ritchie ne s’en relèverait pas, l’Equipe Mag non plus.

Berrer basque

Cette semaine, c’est d’abord Michael Berrer qui ne s’en est pas remis. C’est souvent dans le tie break de la dernière manche que les grands joueurs font parler leur talent, rien à voir avec une victoire de merde contre un joueur de merde dans un tournoi de merde où Mahut joue Berrer et Grosjean sans gagner un set. Une victoire modifierait peut-être le jugement, Monfils est là. Et De Bakker ?

En attendant, Gasquet a réussi l’inévitable test de Rochus, le Christophe qui plus est. Les statistiques du Belge sont étourdissantes : 50% de réussite sur balles de break, 6 aces, 73% de premières balles dont 91% dans la dernière manche. Comment Gasquet et ses 21 aces sur 47 premières balles a-t-il pu gagner 6-2 dans la troisième manche ? Les premières balles à 130 à l’heure de Rochus ne sont pas en cause. Justine Henin a toujours rêvé de Coupe Davis.

Si Fabrice Santoro avait le niveau actuel de son jeune protégé, il continuerait volontiers quelques décades de plus histoire de mettre un peu de foie gras dans les épinards.

Ligue 1 : Juni gnôle

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Giuly échappe à Bodmer et on n’est pas à Lille. Giuly dribble Cissokho et on n’est pas à Gueugnon. Giuly centre par-dessus Clerc et on n’est pas en CFA. Giuly reprend la frappe manquée d’Hoarau et on n’est pas au Havre. Giuly marque un but à Lyon et on n’est pas en Ligue des Champions.

La Ligue 1 entre dans une phase active, les favoris se dévoilent, Grenoble en tête. Les européens sont bien évidemment de la partie. Avec l’interrogation de saison : comment bien digérer une semaine européenne le week-end qui suit ? Marseille attendait une confirmation, Belhanda et Camara l’ont apportée, à moins que ça ne soit Diawara et Heinze.

Flamboyants contre l’ogre florentin, qui a perdu les armes à la main contre l’ogre romain aujourd’hui, lui-même tombé dans la semaine par l’ogre bâlois qui n’est pas Federer, les Lyonnais sont tombés contre le grand nom du foot français, pourtant privé de Weah, Ginola, Raï, Valdo, Ricardo et Guérin. C’est sûr, le PSG ferait des ravages en Europa League s’il s’était qualifié à la place de Toulouse, Lille et Guingamp, c’est sûr l’absence de Sessegnon coûte beaucoup de points à son club, c’est sûr aussi Lloris aurait moins de boulot s’il signait dans un grand club.

Chier lito Delgado

Toulalan-Makoun-Kallström-Delgado au coup d’envoi ça avait pourtant de la gueule, finalement c’est le nouveau Benzema qui l’a faite dès la demi-heure. Au moins, Pjanic et Gomis même hors-jeu sont officiellement devenus indispensables, on peut pas tout avoir le même soir. Delgado, lui, a eu 45 minutes pour s’adapter encore un peu plus au championnat de France, promis il rejouera au Camp Nou avant 2015. Claude Puel sera peut-être parti depuis 4 ou 5 ans. Deux points de perdus en ayant l’impression d’en voler un, la nouvelle philosophie d’Aulas prend forme, il peut adresser ses remerciements à son recruteur en chef. Lyon, Debrecen, Fiorentina, Anderlecht, Bordeaux : les différences s’affinent, il n’y aura pas de place pour tout le monde en Jupiler Pro League. Attention, il y a un intrus et il a lui aussi connu des lendemains de Champions League douloureux à Boulogne.

Une douche à Puel

Quel est le point commun entre Lisandro et Niang ?  Beaucoup répondraient qu’ils sont parmi les meilleurs attaquants du championnat de France, ils auraient raison. Ils sont si forts que ni l’un ni l’autre n’ont marqué en C1 mais heureusement l’ancienne star de Porto avait eu le temps de briller contre Nancy, Le Mans, Anderlecht et Anderlecht. Une rumeur nauséabonde prétendrait que la nouvelle star du championnat n’en serait pas le meilleur buteur.  Mais pourquoi donc Lisandro a-t-il attendu 26 ans pour être remarqué par un grand club  ?  L’Argentin qui s’est permis de ne pas refuser Real, Barça, MU, Chealsea, Inter ou  Juve,  symbolise le stratosphérique recrutement Lyonnais, enfin armé pour aller au bout en ligue des champions avec le remplacement de Juninho par l’expérimenté Bastos, et celui de Piquionne par l’ancien buteur des bleus Gomis.  

 Pendant ce temps-là, Paris livre une prestation remarquable et prend un point puis se qualifie en Coupe de la Ligue malgré Hoarau. Bordeaux n’a que 5 d’avance.

WTA : Le virus H.E.N.1

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C’était en mai 2008, le Vestiaire livrait l’un des diagnostics dont il a le secret : « Le tennis français ressemble à un hôpital psychiatrique. Hénin y a largement sa place. » Moins d’un an et demi après : Monfils a perdu contre de Bakker, Gasquet s’est drogué avec des galoches et Justine Hénin est de retour.

En mai 2008, le quotidien de référence faisait sa Une en célébrant le départ d’une championne. Le Vestiaire, loin d’être arrogant de compétence, rappelait que le départ du sanglier des Hardennes était tout sauf la marque d’une grande. Notre spécialiste tennis ne manquait pas d’ajouter que son come-back ne tarderait pas, arguments d’expert à l’appui.

Comment prévoir le retour d’une numéro 1 mondiale partie à 25 ans avec sa carrière devant elle ? Flash-back.

« 1. Melon for Evert

Pas une seule raison respectable n’a été donnée par Hénin pour justifier son acte. Pour une fois qu’elle n’était pas blessée ou en dépression, elle a trouvé le moyen de se faire interner. Sa pseudo-délivrance, sa fausse sérénité sont des marques de prétention. Et ses antécédents de mauvaise joueuse sont connus : elle n’est pas la seule à avoir pensé abandonner à cause d’un match mal embarqué contre Mauresmo, mais elle est la seule à l’avoir fait. Trouver momentanément plus forte qu’elle lui a été aussi insupportable que de perdre contre Bartoli à Wimbledon. Et si Mauresmo avait arrêté fin 2006, est-ce qu’on l’aurait félicitée de partir tout en haut ?

2. Une blessure pas si Graff

Elle aurait 13 ans comme Gasquet, on dirait qu’elle réagit en enfant gâtée. Ses malheurs ne pardonnent pas tout. On ne peut pas prétendre aimer le sport et encenser ce comportement. Quand Zidane est parti au top, il n’a pas vraiment été encensé, il est revenu. Pour sauver son âme, elle n’a plus qu’à revenir et présenter ses excuses à ceux qui croyaient en elle. Partir à 25 ans, numéro un, c’est bafouer un statut. Mais elle l’a répété souvent : « Je ne joue au tennis que pour moi. » Les rassemblements de Fed Cup devaient être festifs.

3. Seles tombée

Et puis, le très haut niveau, ce n’est pas que savoir gagner, c’est savoir se relever des périodes creuses aussi. Les grands champions, ceux qui marquent l’histoire sur le terrain, sont ceux qui confirment sans cesse et n’abandonnent pas. Elle l’avait fait jusque-là, mais son ultradomination inédite de 2007 l’a rendu inerte. « Sereine, soulagée » dirait-elle. Tsonga a rapidement et parfaitement assimilé qu’il fallait savoir perdre et il l’accepte jusqu’à en faire un principe immuable.

4. L’Effet Malisse

Si vraiment elle avait pensé arrêter en fin d’année dernière (2007), elle n’aurait pas poursuivi pour voir si elle pouvait encore mettre des taules. Si elle avait battu Sharapov à Melbourne, ils auraient attendu un bail leur mère de substitution, les futurs Rochus. La Reine se fout du monde. Et elle ose parler de soulagement, de décision réfléchie. C’est sûr que se faire tauler toutes les semaines, ça fait réfléchir. Mais elle n’a pas 50 ans comme Mauresmo. »

Rien ne tenait dans le départ de Justine Hénin, a fortiori pour une fille que l’on disait championne. Ce n’était que le caprice passager d’une sportive dépressive qui ne supporte pas d’avoir des rivales. Les analyses du Vestiaire triomphent une nouvelle fois et ce n’est pas tout. Notre spécialiste tennis dressait également le même jour, le portrait d’un autre ancien joueur de tennis :

« Gasquet, le benêt du tennis français. Son problème n’est pas qu’il est immature, mais qu’il le restera. Il n’est pas un champion, il n’est pas très malin, il pense que faire un break de dix jours avant Roland Garros n’empêche pas une bonne surprise. Et pourtant, il est le plus doué de tous. Arrêtera prochainement le tennis, peut-être sur ses meilleures vannes. » A l’impossible nul n’est tenu, pourtant il l’a fait et même davantage.

Les questions interdites :
San Pellegrini a-t-il ressuscité Benzema ?

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Y-a-t-il déjà eu un joueur comme Karim Benzema ? Le talent de Ronaldo, le boulard d’ Henry, le club de Cristiano. Pourtant, tout ça aurait pu s’arrêter dimanche soir. Tout ça ?  Pas son boulard, et heureusement pour lui.

Karim Benzema a 21 ans, bientôt 22. Il porte des petits pulls noirs de lover, serre tout ce qu’il peut et ne doute jamais. Pourtant, après avoir gagné sa place de titulaire en match amical, il aurait dû la perdre dimanche soir. Mais il n’en avait pas envie, et a soufflé l’idée à Higuain.

En deux matchs de Liga, Benzema n’avait pas planté. Ce qui serait pardonnable de la part de la terre entière, ne l’est pas pour le numéro 11 merengue. Car même si le Real joue pour isoler ses avants-centre, il n’a pas de temps à perdre : il lui faut le Ballon d’or dans les 2 prochaines saisons, être pichichi dans le même temps et remporter la Ligue des Champions. Papin a joué plusieurs finales de Coupe des Champions mais pour la première milanaise il était le remplaçant de Van Basten, pour la deuxième Cappello a pas pensé à lui. Madrid n’a pas Van Basten et Benzema n’a pas été volé à Marseille ni à Lyon mais à Manchester.

Papin le bref

Lors d’un match capital de C1 face au grand Zürich, Pellegrini ne fait jouer qu’Higuain, qui en plus s’impose et marque. Il devient alors si indispensable que le dimanche suivant, il n’est pas là, au contraire du pauvre Benzema. Titulaire, encore, pour la troisième fois consécutive. Son acolyte portugais, âgé d’à peine deux ans de plus, brille. Les minutes passent. Les journalistes les plus pertinents pensent que Pellegrini va imiter Domenech, que ses premiers contacts nocturnes vont condamner le prodige. La deuxième mi-temps débute, Karim n’est toujours pas là. Il s’en branle, quand les autres marquent c’est grâce à lui, comme il le rappelera juste avant sa dédicace à l’Equipe du dimanche, dans un rap qui n’est pas sans rappeler un autre boulard du sport français. Les remplacements se succèdent, quand l’entraîneur va-t-il le sortir ? La carrière de Karim Benzema fut belle, un peu plus que celle d’Ibrahim Ba, un peu moins que celle de Cantona. Mais à la 80e minute, le miracle se produit, Van Nistelrooy, avant de s’arrêter quelques semaines, prend le troisième strapontin à Cristiano ovationné. Diarra était aussi parti s’echauffer.

Cantona que Guti

Pour la première fois, Karim va finir un match (72e, 65e) . Comment remercier son mécène ? Il faudra attendre la 83e minute pour le savoir. La solide défense de Xérès n’a pris que 3 buts dont 2 en quelques instants, quand Benzema reçoit un ballon. Comme au collège il a 3 défenseurs face à lui, mais ils ont appris à jouer en observant Boumsong et Cris l’année dernière, avec une touche de Diawara. Personne ne bouge, Benzema ne peut rien faire d’autre que tenter sa chance. Mais c’est trop facile pour lui. Deux matchs et 80 minutes sans marquer quand CR en a mis 4, autant attendre un peu. Il emmène son ballon, fait 2-3 passements de jambes comme Denilson au tournoi de France en 97 avant de se mettre sur son mauvais pied pour tirer. Aucun sourire, pas de temps à perdre. Avec un tel but, il aurait pu se la raconter, il préfère se la péter avec une fausse mitraillette. Personne ne dira que la frappe n’aurait pas été cadrée si elle n’avait pas été contrée. Même pas son auteur au moment de préciser en toute modestie qu’un but en deux occas’ c’est pas mal, qu’il a créé des espaces pour les quatre autres buts et qu’il va en marquer 32 autres. Il a aussi prévenu qu’il serait en finale de Ligue des Champions, il croyait aussi que Lyon serait champion de France 2009. Mais est-il vraiment reconnu pour ses dons de voyance ?

Ligue 1, Girondins : Cave au grenier

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Comme à l’époque lyonnaise, la LFP a choisi d’aider Bordeaux à aller loin en ligue des champions. Après Grenoble : Boulogne, Saint-Etienne, Auxerre, Le Mans, Nancy,  Lyon ou encore le PSG seront sur la route des Girondins. C’est quand même cool la ligue 1.

En devenant champion de France après avoir écrasé la fin du championnat, Laurent Blanc ne pouvait pas deviner qu’on lui déroulerait à ce point la tapis rouge Bordeaux.

Lolo en Ferrari

Tout a commencé en Ligue 1 lorsque les hasards du calendrier ne lui ont offert que 19 relegables à affronter. Du coup Lolo a pu finir de récurer ses vieux ustensils. Henrique ne sait pas s’il est vieux ou sale, les lentes de Cavenaghi sont probablement fixées. Le patron a même pu en acheter de nouveaux et essayer de cuisiner avec. Comme quand l’école voisine venait avec un de moins on prêtait une fille, Plasil a fait le nombre.  Blanc a même eu le temps de bizuter. Faire croire à Chamakh qu’il pourra rejoindre sa penfriend à Londres, ou répéter le nom de Ciani dans toutes les ITW pendant deux mois.

Pisse and love

Tout aurait pu s’arrêter là, mais Bordeaux s’est retrouvé miraculeusement engagé aussi en Ligue des champions. Et surprise, encore trois relégables et cette fois il y a même pas Cluj. Du coup Blanc s’est organisé pour n’humilier personne. Ciani face à Marseille avec un seul match dans les jambes, la Juve avec trois. Une impressionnante domination, la rentrée de Ramé, et un but de Plasil pour finir, tout est permis même de ne faire jouer que 10 minutes à Gouffran.

Bellion rugit

Le boss va maintenant pouvoir reprendre ses cours de solfège en refoutant Henrique et pourquoi pas Sertic, Jussié, Traoré et Bellion, voire Cavenaghi pour rigoler un peu face à Boulogne. Après tout personne n’a rien promis. Il ne restera qu’une inconnue pour Laurent Blanc, la même que tout le monde : Platini Zidane et Chamakh viendront-ils piger au club avant les huitièmes ? Et même avant Arsenal et le Real. Adversaires ou coéquipiers ?

Pendant ce temps-là Deschamps cherche à savoir si on s’est foutu de sa gueule ou si Diawara, Heinze et Taïwo font partie de sa défense. Puel a d’autres soucis, la presse lui a fait croire que son équipe actuelle était meilleure que la précédente.

Tennis : Fed coupe

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Roger Federer s’est permis de ne pas gagner sa troisième finale de Grand Chelem. Vexé, il s’est auto-sélectionné pour la Coupe Davis.
Pourtant le numéro 1 mondial ne s’inquiète pas. Il a tort, voici pourquoi.

Parce que c’était lui le plus fort

En finale contre Del Potro, Federer a commis une grosse erreur : ne pas se répéter que c’était une finale. Des occasions gâchées, des coups de merde sur les points décisifs, une supériorité foutue en l’air, un adversaire pas très bon qui reprend confiance, même Tsonga en a profité il n’y a pas si longtemps. Dans le deuxième set il rate des balles de break, dans le troisième aussi, dans la quatrième aussi. Dès que Del Potro breake, il revient. En regardant le score avant le cinquième set il croyait jouer Karlovic, il ne s’est pas méfié. Après la cinquième manche, il ne se méfiait d’ailleurs toujours pas.

Parce que Del Potro c’était Federer

Après avoir humilié Soderling, Djokovic, mais aussi Murray en conférence de presse, Federer était au top de sa forme. Arrogant, prétentieux, mais toujours plus sympa, il avait même traité Del Potro de finaliste avant la finale. Bien vu, ça a failli marcher sauf que l’Argentin est aussi persuadé d’être le meilleur. Gagner les deux derniers sets après avoir craqué dans le troisième : Murray a désormais la confirmation que ça peut se faire. Il a même fini par taper dans les mains des spectateurs en plein match après avoir mis Federer à deux mètres de la balle, un récital.

Parce que c’est pas bon de jouer tout seul

A force de ne pas avoir d’adversaire à sa mesure, Federer ne différencie plus l’entraînement, des matches. Surtout qu’avec les gamines, il ne dort plus mais la situation d’avant US Open n’exigeait pas d’être en forme. Personne ne l’a prévenu qu’un bon joueur était aussi dans le tableau, on ne lui avait parlé que de Murray ou Nadal blessé, en finale. Les journalistes les plus vicieux avaient même évoqué un Français sur son passage. Son dernier grand match remonte à Roddick en finale de Wimbledon, mais ça ne compte pas : l’autre a fait le match de sa vie. Le dernier adversaire à la mesure de Federer est un jeune espagnol originaire des Baléares qui, aux dernières nouvelles, aurait perdu ses genoux et ses pieds à force de se déguiser en taureau castré.

Pendant ce temps-là, Gasquet est la tête d’affiche à Metz et Chardy a un costume de Coupe Davis. Dominguez se marre, Forget est toujours là.

Ligue des Champions, OL : Bron à rien

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Pour la première fois dans l’histoire des coupes d’Europe une même équipe est engagée trois fois dans la même compétition. Les trois Debrecen peuvent-ils être exclus du groupe E ?

Face au grand nombre de questions reçues sur equipe.vestiaire@yahoo.fr, le Vestiaire a décidé de consacrer l’intégralité de l’article aux réponses de notre spécialiste.

Lyon est-il plus fort collectivement que l’équipe de l’an dernier ?

Effectivement. L’an dernier, Benzema et Juninho se démerdaient tous seuls en Ligue des Champions, cette année Lyon est enfin débarrassé de ces joueurs qui font la différence et tout le monde peut mettre la main à la pâte en totale liberté.

La Fiorentina a-t-elle la meilleure défense de l’histoire ?

Pjanic a marqué, Delgado a passé deux joueurs sur l’aile droite, Govou et Toulalan hommes du match, ça répond à la question ?

Lisandro Lopez a-t-il fait de la merde tout seul face au but à la 69e minute ?

Ne soyez pas trop dur, le défenseur a touché le ballon devant. De surcroît, le stade a retenu ses « Darcheville !, Darcheville ! ».

Ne manquait-il que Benzema à Lyon hier soir ?

Non il était sur la pelouse, avec un bouc de chanteur de reggae, pas Lavilliers, les autres. Mais il manquait qui alors ?

Pjanic a-t-il volontairement filé le ballon aux Italiens en courant vers son gardien dans son propre camp à la 42e minute ?

Difficile d’en être sûr. Le nouveau Juninho est attiré vers le but, mais il est encore jeune et ne sait pas toujours lequel.

Aly Cissokho possède-t-il une technique des plus dégueulasses ?

Pertinent. N’oubliez pas que le stade Jean-Laville n’est pas la plus belle pelouse de France. Mathoux a sa petite idée.

Les Italiens ont-il décidé de tous se faire expulser ?

Coups de coude, tacles par-derrière, fautes d’anti-jeu, coups de crampons sur les tendons, rien n’arrête le réalisme à l’italienne.

Faut-il Bafé Gomis ?

Truculent, comme dirait Jean-Pierre Castaldi. Christophe Josse ne s’y est pas trompé en l’appelant Gomi dès le début du match.

Les Lyonnais ont-ils passé leur temps à centrer sans viser ?

Vous êtes injuste. A la 72e, Delgado a bien vu le latéral droit italien esseulé au second poteau. Avec la même méthode, l’équipe de France n’est pas loin de se qualifier pour le Mondial avec la meilleure attaque du monde.

Delgado aurait-il pu se blesser sur la volée manquée à la 79e minute ?

Effectivement, c’est dommage.

Combien de buts a marqué le nouveau Benzema ?

Si on se base sur celui de Madrid, celui de Lyon a au moins eu le mérite d’être aligné. Sinon il n’a curieusement et effectivement pas marqué, ni même eu une occasion. Mais il était pas meilleur contre Manchester, donc les 25 millions c’est surement pour assurer le tour préliminaire 2009 et 2010.

Anderlecht était-il si costaud que Josse a bien voulu le croire ?

A l’évidence n’importe quel club Belge est supérieur à la Fiorentina. Mais ça n’en fait pas pour autant des équipes invincibles

Le recrutement Lyonnais est-il enfin payant?

Depuis 5 ans, Aulas recrutait pour la Ligue 1. Avec la démonstration florentine on peut clairement penser que cette année peut être la bonne. D’ailleurs Govou et Delgado ne sont-ils pas rentrés en cours de jeu ?

Pour Josse, Lyon a réussi un authentique exploit à 11 contre 10. Mais qui a été expulsé coté Gones ?

Après vérification, c’est la Fio qui jouait à 10.

Donc Lyon ne vaudrait pas grand chose ?

Le Vestiaire s’est déjà exprimé sur la question.

Si Lyon est nul pourquoi n’ont-ils pas encaissé de buts ?

Rien ne vos echappe, il se dégage une sérénité inédite de cette équipe. Cris n’est pas fini depuis trois ans. En face, Debrecen s’est retrouvé muselé sur chaque attaque.

Vous voulez dire la Fiorentina ?

Oui, c’est ça.

Combien Ibrahimovic a-t-il raté d’occasions ?

Le principal c’était de se débarasser Eto’o. C’est comme au golf , il faut jouer avec des handicaps

Combien de temps Henry va-t-il rester titulaire ?

Très bonne vanne, mais on ne nous la fait pas. Henry a pris sa retraite en fin de saison dernière, s’il revient un jour c’est pour aider l’équipe de France, comme Zizou. On a peu de chance de le revoir  au Barça.

Ligue des Champions, OM, Bordeaux : Pour le Plasil

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Se faire éliminer de la Ligue des Champions sur un doublé d’Inzaghi et deux passes décisives de Seedorf n’est plus un luxe des années 90. L’Equipe ne s’en remet pas, le demi-finaliste annoncé a déjà un pied dans la tombe. Ironie du sort, c’est un zombie qui l’a poussé.

C’est un soir de surprises. La titularisation de Kaboré n’est pas loin d’être la première, celle de Cissé pas loin d’être la deuxième, celles de Heinze et Diawara finiront par en être. Brandao ne se sent pas concerné, pourtant surprise il ne s’est pas créé une seule occasion du match. Un jour peut-être il ne débutera pas, pourquoi pas avant l’UEFA. Moi vivant, jamais répète régulièrement Sacco à sa bande. Deschamps répète à son Brésilo-Camara qu’il faut fuir le marquage, du coup il fuit le but, sûrement un problème de syntaxe, les cours de langue ne sont pas facultatifs. Deschamps a voulu lui coller un chien d’aveugle, c’était ça ou Morientes. Pas con sauf que Niang sert à autre chose d’habitude, par exemple marquer ou donner des buts. Résultat, les autres sont jaloux, pourquoi ne pas rien foutre tous ensemble ? Une mi-temps foutue en l’air et la vraie confirmation tombe à la pause : « Je crois qu’on est capable de faire mieux », Deschamps est presque aussi convaincu que convaincant. A force de répéter à ses joueurs que pourtant Milan est nul à chier, ils finissent par comprendre, sauf Lucho qui continue d’alimenter Brandao en bons ballons. Storari n’a jamais tiré autant de 6 mètres. Heinze égalise pour faire oublier qu’il est défenseur, malheureusement Diawara n’aura pas l’idée d’aller doubler la mise pour se faire oublier lui aussi.

Super pipot

Les frappes au-dessus, c’est sympa, les supporters apprécient toujours de ramener un ballon Ligue des Champions à la maison. Après l’heure de jeu, les Milanais abandonnent l’idée de courir, c’est l’heure de l’arthrose. Lille et Kader Keita se remémorent le souvenir ému de Milan, c’était à San Siro et ils avaient réussi un truc de plus que leur adversaire, c’est peut-être ça la clé. Niang enrhume la défense pour centrer en touche, Cheyrou se régale au milieu de terrain mais à chaque accélération c’est la tuile, Brandao est toujours planté là, tout seul devant. Lizarazu aiguise sa réplique, le temps pour la défense marseillaise de s’éxécuter et la sentence tombe. « C’est dur, on ne peut pourtant rien leur reprocher sur les intentions. » Bien entendu Milan mène, l’OM se doit de réagir. Dans ces cas-là, y a rien à faire, Taiwo se démerde toujours pour prendre le ballon et frapper de 40 mètres. Connerie de réalisme à l’italienne, ça n’a pas empêché Houiller de féliciter Deschamps à la fin du match, à croire qu’il le fait à tout le monde ou qu’il y connaît rien.

Juve d’instruction

Le premier tour de la Ligue des champions ne devait pas réserver beaucoup de surprises. Toutes les grandes équipes européennes jouaient des petits. Toutes ont gagné excepté la Juventus, tombée sur un nouveau venu dans le club des gros. Petit rappel : la Juve est favorite du groupe, en tête de la série A, et elle évolue à domicile. Le monde du football a enfin compris ce soir pourquoi Bordeaux écrase le championnat de France. Les Girondins ont joué à 77%, suffisant pour dominer la Juve, insuffisant pour coller une raclée. Gourcuff et Chamakh n’ont toujours rien prouvé, s’ils pouvaient démarrer leur carrière avant les huitièmes. 0-0 à la mi temps ça ressemble à 2008, 1-0 à la 66e ça ressemble à 2007, 1-1 à la 77e ça ressemble à 2009.  On va finir par croire que Blanc ne recrute pas aus hasard.  Bordeaux n’est pas terminé, mais Bordeaux est en route, Cavenaghi fait d’ailleurs du stop depuis bientôt deux ans, sans shampooing ni rasoir bien sûr. En plus, peut-être qu’un jour Gouffran sera là. Blanc a remis son petit pull, il demande du Manchester depuix deux ans, ça commence à rentrer. Si Ramé et Carrasso pouvaient décider lequel est le meilleur ça gagnerait du temps. L’Equipe.fr aimerait résoudre le même dilemme entre Henrique et Planus, on leur laisse encore un match pour comprendre, un conseil il suffit de regarder les feuilles de match.

Jeanpierre Mariole

Christian s’est enflammé devant l’oubli des dirigeants du Bayern qui ont laissé partir Oddo. Liza l’a rassuré, Oddo est un gros nul. On a l’impression qu’il n’est pas le seul. Christian a vu Milan hausser le niveau persuadé qu’ils en étaient capable. Jean-Mi supplée Liza et rappelle que Marseille à le droit de défendre à gauche aussi de temps en temps.
Centre raté de Kaboré, Larqué lance Lizarazu sur le rôle du latéral: « C’est vrai que quand on joue milieu on a moins de lucidité pour centrer. »
Christian a l’oeil. « Storari joue son premier match européen, il me semble pas d’un calme olympien. » Sûrement vexé par le jeu de mot, Larqué lui suggère d’en ouvrir un des deux. « Oui enfin il a pas été sollicité. »
L’amoureux du beau jeu fulmine devant l’antijeu. « Bien sûr qu’il y a carton pour Zambrotta. » Flamini salope les genoux de Mbia. « Des cartons, M. l’arbitre, c’est une honte. Je veux voir le ralenti. Pour moi c’est rouge. » Flamini se replace, le jeu reprend.

Pendant ce temps là Benzema endosse les habits de Papin. Les bleus pourraient bientôt récupérer leur buteur.

Ligue des Champions : Un Pelé et trois tondus

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A l’occasion du grand retour des clubs français en ¼ de finale de la Ligue des Champions, le Vestiaire se souvient. Djibrill Cissé n’est déjà plus concerné, personne ne l’a obligé à aller se faire voir chez les Grecs.

Beetle Juve

Diego n’est ni Maradona, ni apte à jouer contre Bordeaux. Ca laisse le champ libre à Chalmé pour ne pas provoquer de penalty, mais il a bien appris son métier. Trezeguet, Iaquinta ou Amauri feront l’affaire, même Grosso lancé mais il faudra bien viser. Ca laisse aussi le champ libre à Gourcuff pour faire gagner son équipe dans un grand match. Si on compte bien, il lui en reste quatre, plus il commencera tôt, plus cher il vaudra en fin de saison. Attention quand même, il débute en Ligue des Champions. Ca vaut aussi pour Chamakh, évidemment. Ca laisse surtout le champ libre à Bordeaux pour montrer sa supériorité à la Juventus comme ils le font à tout le monde depuis six mois. Blanc n’est pas trop inquiet, il a même mis un petit pull pour narguer les Italiens.

Milan à chier

Et si Ronaldinho faisait un match de merde ? Osé, puisque le Ballon d’Or a retrouvé l’intégralité de ses moyens physiques, d’après les barmaids italiennes. La charnière Diawara-Heinze a une occasion en or de prouver sa valeur. La tâche n’est pas aisée, il faut qu’elle résiste aux assauts d’Inzaghi, Zambrotta, Seedorf, Oddo, Nesta, Ambrosini, Pirlo. Cafu, Serginho, Maldini et Shevchenko ont failli se joindre à la fête, mais l’équipe est déjà bourrée d’expérience, surtout si Ronnie débute. Attention, un intrus se cache parmi ces jeunes joueurs. Deschamps, qui ne se fout pas de la gueule du monde, croit à l’exploit et avec un peu de chance et un grand Ronnie, l’OM pourrait même être taxé d’avoir gâché des points s’il n’y a pas 3-0 à la mi-temps.

Florence Achtung

Lyon monte en puissance. Lloris a battu Lorient et l’OL confirme qu’il n’a pas joué que des équipes de merde depuis le début de saison. Anderlecht deux fois, Nancy, Valenciennes, Auxerre, ça n’avait rien d’une heureuse coincidence et Lyon n’est pas aussi tributaire de Lisandro que le retour en bleu de Gomis. Il y a sûrement cru et Faubert ne lui jettera pas la pierre. Coup de chance, Lyon affronte encore une grande équipe pour son entrée en lice et Lisandro devrait être là. L’ancien Benzema avait bien battu les Italiens tout seul l’an dernier, le nouveau fera évidemment beaucoup mieux. Ou alors c’est à n’y rien comprendre et Bodmer-Cris ça empêchera pas Gilardinho de marquer. Une source anonyme nous précise que c’est arrivé l’an dernier, et que Piquionne avait égalisé à 2-2 sur un but scandaleux.

Pendant ce temps-là, Roger Federer s’emmerde à l’entraînement et attend avec impatience que l’US Open commence.

La Légende : Henno le gai

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Ce n’est pas la première finale de l’équipe de France et pourtant, au-delà du lycée George Sand de Nérac et du parrain du Vestiaire déguisé en Superman un jour où la rue du Pont-Volant avait relâché son cruel étau, personne ne connaît le sport préféré de Loïc de Kergret ni Loïc de Kergret lui-même. Pourquoi un type qui se lave pas les cheveux, qui va voir Franck Dubosc au Vinci et qui n’a même pas d’abonnement au cinéma Studio dans une euphorie presque aussi intense qu’un soir de Beaujolais nouveau n’intéresse-t-il personne ?

Chris Vadeleux

Peut-être parce que les plus grand joueurs de l’Histoire du volley national s’appellent Blain, Tillie, Bouvier, Fabiani, Dujardin, Constantin, Faure et Arroyo. Peut-être parce que personne n’est capable de citer un membre de la dernière équipe championne du monde. Peut-être parce que personne ne comprend ce qu’est la Ligue Mondiale par rapport au championnat du monde. Peut-être parce qu’au collège, même les garçons ne comprennent pas les règles, qui doit servir et dans quel sens on tourne. Peut-être parce que Daniel Bilalian doit déjà se farcir du hand, alors du volley. Peut-être parce que la seule star qui ait posé les pieds dans l’Hexagone s’appelle Glenn Hoag. Même pas, c’est juste son nom qui fait un peu vedette. La vérité est détenue par la famille Granvorka : Frantz est plus connu que Severin alors que papa était le meilleur.

Un succès ce soir et Loïc de Kerget regoûtera à la liesse de la Ligue des Champions 2005. Sinon, il y a Florence Foresti la semaine prochaine au Vinci, le Touraine primeur en novembre et Vitiloire en mai.

Les Palmarès du Vestiaire : les Gardiens

Devant l’absence d’actualité sportive ce week-end, et l’insoutenable demande de nos lecteurs, voici le tant attendu classement des meilleurs gardiens de ces 20 dernières années.

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Darui, Gilmar et Bertrand Demanes ont inventé le poste, Ettori et Castaneda la moustache. Et Gregory Wimbée ?

5. José-Luis Chilavert

Méritait sans doute mieux, mais il a joué en France, pire, à Strasbourg. Kopke aussi ?

4. Oliver Kahn

Pas mauvais sur sa ligne, pas mal décisif avec une C1 où il gagne la séance de tirs au but, c’était bien parti. Gourmand, il a fallu qu’il joue en plus une finale de Coupe du Monde contre Ronaldo. Qui a fini par se trouer ? On se souvient bien de ses arrêts mais on se rappelle encore mieux de ses boulettes. Et la tendresse bordel ?

3. Gianluigi Buffon

La Coupe du Monde c’était lui. Mais la Juve a rien gagné. Même s’il est le meilleur gardien d’Italie, on entend souvent dire que Frey n’est pas loin, même tapi dans l’ombre d’un pylone ukrainien. Ca suffit pour coûter les deux premières places.

2. Peter Schmeichel

Un Euro où il jouait seul derrière, une C1 où il jouait seul derrière. C’est Kahn en meilleur. Sinon il n’a pris qu’un seul but dans le jeu de la meilleure équipe de France de l’Histoire. Chilavert est déjà dans le classement, pas Pagliuca.

1. Fabien Barthez

Un gros doute sur sa carrière à l’étranger sinon c’est le patron partout. Transcendé par les grands matches, il n’en a jamais raté un. A moins de 22 ans, il remporte la Coupe des Champions. Entre 98 et 2000, il appartient à l’invincible défense tricolore. En 2006, il est toujours aussi impérial.

Egalement cités

Goycochea : Une finale de Coupe du Monde, Brest et deux clubs au Paraguay, Chilavert avait donc un guide ;  Illgner : Schumacher a Bodo ; Rossi : Milan, assez ; Taffarel : le plus proche de la 5e place mais Parme et Galatasaray ; Dida : dirladada ; Lama : il était vraiment plus fort que Barthez en 96 ? Martini : le meilleur, mais s’Auxerre à quoi ?  Toldo : un Euro à marcher sur l’eau et Wiltord a tout détruit, Fred a un avocat ;  Pagliuca : pas trop de fautes de mains, mais une faute de goût ; Van Breukelen, Preud’homme : Pourquoi pas aucun des 2? Casillas : à force d’être cité comme le meilleur gardien du monde, le Real va acheter des défenseurs ; Zubizaretta : pas de faute de goût mais des fautes de main ; Vitor Baia : Rustu et Dutruel n’ont pas fait pire au Barça ; Higuita : il était gardien ou attaquant comme Campos ? Kopke : ça n’est jamais venu ; Lloris, Mandanda : ça va venir ; Gilmar : qui l’a vu jouer ? Ravelli, Van der Sar : jouer longtemps ne change rien ; Grobelaar : prix spécial de la meilleure moustache ; Cech : les gros titres comptent moins que les vrais.

US Open : Andy cap international

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Il faut toujours se méfier des classements qui ne veulent rien dire. Murray était persuadé que la mise en garde concernait Cilic. Au moins, cela lui aura permis de pas prendre, au jeu près, la branlée que Federer avait mis à Robredo la veille.

A priori, le match avait tout du cadeau. Un cadeau que le redoutable Andy Murray s’était offert à la force du poignet, en l’absence de la femme de Chamou. La faute à une accumulation de points ATP entre une finale, une demie, deux quarts et quatre huitièmes, tout ça en Grand Chelem. Un palmarès de champion qui lui offrit naturellement la seconde place mondiale. Derrière lui se battaient en duel 6 victoires de Nadal ou même le titre, la finale et les quatre demies de Djokovic. Mais n’allez pas croire que Murray est mauvais en dépit d’une rime troublante car dans les Masters 1000 Andy ne s’en laisse pas compter. Il en a gagné 4, à peine 1 de moins que Djokov, à peine 11 de moins que Rafa. N’allez pas croire non plus que Nadal mène 7-2 dans leur face-à-face et Djokovic 4-3. Federer a bien perdu 6 fois contre lui, à Dubai et Doha surtout. La finale de l’US Open, ça ne comptait pas vraiment. Mais n’allez pas croire qu’Andy Murray est un imposteur.

Marin d’eau douce

Marin Cilic était venu à Flushing chargé, à 20 ans, de ses victoires à Chennai et Zagreb et d’une belle vingtième place mondiale et il n’avait encore pris de taule face à Del Potro. Mais n’allez pas croire qu’Andy Murray est un cas désespéré. Il n’a que 22 ans et ce n’est pas trop tard pour espérer un jour triompher en Grand Chelem. Pas faux, Novak aura attendu 21 ans, et Nadal 19. Et pour passer les huitièmes ? De toutes façons les palmarès, ça veut rien dire non plus. Mais si on considère que Federer a gagné le sien à 22 ans aussi, il faut donc qu’Andy s’impose dimanche à l’US Open. Aux dernières nouvelles seul Escalettes y croirait encore.

Pendant ce temps-là, L’Equipe.fr ne comprend pas trop ce qui est arrivé à Murray. Et si lire le Vestiaire en avril dernier aurait évité à bien des gens de dire bien des conneries.

Domenech show saison 6 épisode 3 : Yougo delire

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Le miracle s’est produit, la France a enfin gagné un match à sa portée. La Serbie s’est subitement transformée en équipe de France et la France en Roumanie. Un match nul qu’on peut gagner ça rapporte deux points ? Papy Courage se réjouit déjà après un prodigieux, « on va gagner les 4 », il s’est laissé allé à un délicieux « on va gagner les 2 » .

Les scénaristes du septième épisode du Domenech show nous ont enfin offert de l’inédit. Après les équipes nulles, les équipes moyennement nulles, cette fois les telespectateurs ont eu droit aux bonnes équipes qui en vrai sont nulles. Comme d’habitude notre héros avait livré son équipe type, celle qui prend des buts parfois et qui en marque parfois : à part une charnière qui avait fait ses preuves à l’Euro 2008 face à l’Italie, Benzema était bien sur le banc. Petite perversion des producteurs, l’arbitre était italien,  Domenech pourra toujours rappeler son dégoût des pâtes, si ça jamais ça tournait bien.

 Zigic, il s’appelle Zigic

Mais Raymond n’a pas son texte, du coup il ne sait pas trop comment participer à la défaite du jour. Mais ‘il sait que chaque joueurs connaît parfaitement sa partition pour éviter la victoire. En 13 minutes, ils vont plier le match. Gourcuff  qui écrit Zidane « Ziani » cherche la tête de Toulalan dans la surface, Gignac retrouve ses vieux réflexes de fêtes foraines et plaque un Serbe, Gallas prend l’eau, Lloris est suffisament serein pour passer le ballon à la tribune présidentielle. Puis bizarrement le score affiche soudainement 1-0, Mandanda se retrouve sur le terrain, la charnière est nulle. Dans le temps additionnel de la première demi-heure, Henry ne fait que ce qu’il sait faire : être décisif dans les matchs importants. C’est l’instant que choisissent Ribéry et Gignac pour apprendre la victoire des Feroés sur la Lituanie. Puis la Serbie cède sa place au Montenegro. L’inquétude grandit alors chez Domenech : « et si ses joueurs réussissaient à en planter un de plus ».

Marakaka

Face à d’aussi transparents adversaires tout est possible. Un fois de plus le doute est vite chassé par les frappes d’Anelka. Mais Domenech n’est pas complètement rassuré et  une bonne douzaine d’occasions plus tard,  Henry quitte le terrain, le Ribéry actuel fait son entrée. L’arbitre siffle, Raymond est soulagé les trois points sont évités de justesse. « Il y avait tout! » s’écrie-t-il au micro d’ Astorga persuadé comme toujours qu’un match nul, ça vaut une victoire. « Après ça il ne peut plus rien vous arriver ». Gagner peut-être ?

Le cours Florent

Lloris : Coupet compatit. Expulsé avant la fin de l’échauffement, il a pu apprécier la belle performance de Mandanda.

Sagna : Son problème n’est pas de défendre contre la Serbie mais d’attaquer contre la Moldavie.

Gallas : Au marquage d’Abidal, il a pris l’eau dès le début du match. Malin, il se baisse régulièrement sur les coup francs pour surprendre l’attaquant seul face au but.

Abidal : Aligné pour la première fois à son vrai poste depuis France-Italie, il a tout de suite retrouvé son niveau. Mais pourquoi donc ses entraîneurs de club s’obstinent-ils à le faire jouer sur un côté ?

Evra : Les Serbes avaient promis l’enfer, ils ne pensaient pas à ses dribbles et à ses centres.

Diarra : Il ne savait pas combien de temps Toulalan jouerait à côté de lui, il est donc rentré dans la gueule d’un maximum de Serbes. C’est pas mal. But ou passe décisive ?, demande Vieira.

Toulalan : On l’a vu frapper et centrer, ce n’est jamais bon signe pour le niveau réel de l’adversaire. Evidemment, ça a fait deux fois 6 mètres.

Gourcuff : Cramé, il avait évidemment sa place dans le onze de départ, pardon le dix. Un sacré milieu défensif. Préservé en fin de match pour assurer la victoire.

Anelka : Une frappe cadrée, un but, heureusement que Stojkovic et Henry l’ont aidé. Beaux crochets, frappes hors cadre ou positions de hors jeu, Nico n’aime pas choisir.

Henry : On avait un doute sur Stankovic, mais il y avait bien un seul grand joueur sur le terrain hier. Une star, ça se préserve dans le dernier quart d’heure, surtout quand c’est le seul joueur qui peut faire gagner l’équipe.

Gignac : La mauvaise pioche. Domenech comptait sur 90 minutes pleines pour confirmer la Roumanie, il n’a pu que le flinguer au bout de 5.

Benzema : Domenech regrettera longtemps de ne pas l’avoir aligné d’entrée.

Malouda : Il a eu un maillot et s’est échauffé à la mi-temps.

Christian Jeanpierre

Lazovic expulsé rejoint le tunnel et se retourne pour voir le match. Christian, qui connaît bien les règlements internationaux, bondit. « Il a pas le droit de rester là. Il a pas le droit ! »

Domenech tripote son SFR. Du jus de citron dans les yeux, un merci au comité de soutien et c’est dans la poche jusqu’aux Féroé. Pour une fois, pas d’arrogance ? « Quand on répète les matches à ce niveau-là, ça veut dire quelque chose. »

Serbie-France : L’ablation des Abidal

A l’occasion du jubilé Eric Abidal, le Vestiaire vous permet de redécouvrir les exploits historiques de l’autre Sydney Govou.

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Le jour où Lyon devait entrer dans l’Histoire du foot européen, il était là. Le jour du premier enterrement des Bleus de Domenech, il était encore là. Le jour où le plus grand Barça de l’Histoire a failli passer à la trappe, il était toujours là. Si la carrière d’Eric Abidal était un match, les « il s’est troué » de Jean-Michel Larqué ne dureraient qu’une heure et demie.

23’31

La plus rapide, et peut-être la mieux construite de toutes ses oeuvres, à un poste d’arrière central qu’il estime le sien, contrairement à l’ensemble de ses entraîneurs. Le chrono affichait déjà 3’42 qu’Abidal lançait Luca Toni de la tête. L’Italien avait prouvé tout son goût pour le haut niveau à Munich, à moins que ce ne soit à la Fiorentina. Il confirme : seul face à Coupet, il se permet la gourmandise de tirer comme une merde à deux mètres du poteau, ce que tout bon avant-centre aurait fait à sa place. Mais, comme le dit le proverbe, si c’est dedans, c’est pareil, même si pour Maurice il faut nuancer. Alors, vingt minutes plus tard, la flèche Toni le prend de vitesse. Rapide, Abidal peut encore le rattraper pour l’empêcher de passer. Par la droite, par la gauche, les pieds d’Abidal choisissent les deux. Penalty, carton rouge, Boumsong rentre, l’Euro est fini. Colleter et Blondeau ont gardé la VHS.

66’

Ce n’est pas parce que Sagnol continue de donner des conseils en costard à la télé, à l’aise comme Marc Cecillon à une réunion de parents d’élèves, qu’il faut toujours l’écouter. Déjà pris dans son dos tout au long de la première mi-temps, Abidal s’accorde une pause pour admirer le jeu de tête de Drogba. Rattrapé par la réalité, dépassé par Anelka, il le colle, l’autre tombe tout seul, carton rouge. C’est cruel, mais le haut niveau c’est pas courir toujours derrière son attaquant. Heureusement, le miracle se produit pour le Barça : Seydou Keita est rapatrié sur le côté gauche de la défense. Chelsea finit par craquer quand Abidal est déjà douché. Déjà privé d’Alves pour la finale, Guardiola peut jubiler.

76’13

La plus récente, pas si éloignée de celle de Chelsea puisque seulement quatre jours plus tard. Surtout, la seule qui manquait à son palmarès : l’expulsion à la maison. Un match pour le titre, le plus grand stade d’Europe plein à ras bord fêtant déjà son équipe qui mène 3-1 à 15 minutes du titre. Quelle meilleure minute pour venir provoquer un penalty, doucher l’enthousiasme des supporters et relancer un adversaire qui finalement égalisera à la dernière seconde et obligera le Barça à fêter son titre à l’extérieur ? Abidal, lui, est rassuré : il s’évite la finale de la Coupe du Roi et verra très probablement le match du titre dans un bar du Barrio Chino. Qui pourrait le reconnaître ?

87’27

Chronologiquement, le premier drame de sa carrière, si l’on met de côté sa saison 2000-01 à Monaco. Il reste quelques secondes à jouer, Lyon tient sa première demi-finale de Ligue des Champions. Fred mis à part, on ne voit pas qui pourra empêcher la meilleure équipe d’Europe d’aller en finale. A cet instant, pourtant, personne ne comprend ce qui passe par la tête d’Abidal. En revanche, tout le monde voit bien que le ballon passe au-dessus de sa tête avant d’atterrir dans les pieds de Schevchenko, seul face à Coupet. Les analystes du monde entier sont formels : l’Ukrainien n’a donc pas pu sauter, Abidal était tout seul pour faire une tête. Farceuses, les caméras du monde entier ne manqueront pas de montrer qu’Inzaghi, dans son sprint de joie, croisera sa victime, les bras ballants. Comme si numéro 20 dans le foot, ça voulait encore dire pas titulaire.

Trois expulsions, une élimination, des moments clés où le talent compte, mais se voit moins que les conneries. Pour Domenech, une seule question : stoppeur ou latéral ?

France-Roumanie : Escudé du peu

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S’il fallait un match référence, il est arrivé. Un but encaissé, un marqué, face à la Moldavie. La finale de la Coupe du Monde n’est plus très loin, les barrages encore moins. L’Espagne malgré ses cinq buts enfilés aux Belges seront-ils au rendez-vous ?

Une fois n’était pas coutume, production et réalisation s’étaient chargées main dans la main du teasing. Papy Courage avait promis de l’épouvante, Raymond des occasions manquées. Tout avait été dit en conférence de presse, il ne manquait que le titre de la pièce. Les plus optimistes se prenaient à rêver, et si Israël jouait en jaune ?

Le défi était toujours le même : mal jouer avec les meilleurs joueurs du monde et si possible ne pas gagner. Comme d’habitude l’adversaire avait été choisi avec minutie : une fois de plus les Iles Féroé. Pourquoi changer un scenario qui marche,  les téléspectateurs ne s’en lassent pas encore. Du classique donc, mais si la machine est rôdée, le direct peut toujours apporter des surprises.

Cluj on est de fous

Raymond Domenech savait donc ce qui l’attendait. Un an qu’il préparait ce rendez-vous si crucial. Tout le monde se doutait et lui le premier que la Roumanie au Stade de France serait le point d’orgue de la qualification directe. Il avait même eu cette subtile reflexion qui ensuite lui avait semblé absurde : « Si on gagne pas, le vieux est capable de me foutre dehors. » En effet c’était absurde, d’une part le vieux est gâteux, d’autre part pourquoi virer un type incompétent, détesté de tous, qui ne respecte rien ni personne, qui se fout de la gueule du monde, qui n’a aucun résultat sur le terrain et qui surtout n’en a jamais eu.

Raymond en personne ne comprend pas bien cette attitude de Papy Courage à son égard, qui le maintient coûte que coûte. Mais la question ne se pose plus, mieux, Papy Courage à son tour se fout de la gueule du monde. Il faudra gagner les 4 avait-il clamé, avant de remplacer le « il faudra » par un « on va » il y a deux jours. La voyance aussi est art difficile. Il y a un an, il lui fallait 5 points en 3 matchs, Domenech en avait 4. Pas grave, rater les objectifs c’est ce qui fait le charme de Domenech. L’humiliation de l’Euro ? Echouer c’est aussi ce qui fait le charme de Domenech. Les meilleurs joueurs du monde qui ne savent pas jouer ensemble et faire la différence ? Savoir mettre mal à l’aise et faire n’importe quoi c’est ce qui fait le charme de Domenech. La France absente de la Coupe du monde 2010 ? C’est ce qui fait le charme de Domenech mais ça faisait moins celui de Houiller, Platini et Michel.

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Le doute chassé de son esprit moqueur, Domenech pouvait filer le coeur léger vers le deuxième épisode de la sixième saison de son show. Gagner de justesse face à des équipe de merde, il l’avait déjà fait plusieurs fois. Faire match nul, il n’avait plus connu ça depuis la Roumanie. Le destin est parfois malicieux. Mais attention, un match nul doit se faire avec la manière car cette fois on ne pourra pas se cacher derrière le bilan comptable qui est le plus important, ou derrière le public qui n’est pas gentil. Cette fois avec un seul point et une qualif directe enlevée, il faudra retenir le positif.

Et le positif c’est un gardien serein. Après Landreau, mais c’était pour rigoler, après Frey, Coupet et Mandanda, Lloris pouvait à son tour  confirmer qu’être le meilleur gardien français ne suffit pas pour le haut-niveau made in Domenech. La charnière avait été reconduite pour la première fois depuis cinq matches. Rappelons qu’il y a Gallas dedans, et qu’il ne sera pas le plus nul. Au milieu comme d’hab, la star madrilène associée à un Roumain ou quelque chose du genre, quoiqu’il en soit un type pas très bon. Devant, après avoir echafaudé son schéma tactique avec Benzema toute la semaine, l’avant-centre du Real est allé rejoindre le banc de touche. Les Chypriotes qui avaient prévu un plan anti-Benzema en ont eu pour leur argent. La presse locale avait prévenu que leur principal allié serait Domenech. En même temps c’était pas dur à deviner. Le reste c’est Henry qui arrêtera quand il l’aura décidé, Gourcuff, Gignac auréolé de ses deux bonnes perfs contre l’Azerbaidjan, et Anelka qui n’a plus joué en bleu depuis l’Euro 2000. Au final, hormis l’attaque, le milieu et la défense, la formation de départ est ce qu’il pouvait faire de mieux. Domenech est confiant, comment une équipe qui ne fout rien depuis 2 ans pourrait-elle écraser la Roumanie ? La première mi-temps aurait pu lui faire peur. Onze joueurs seuls sur le terrain pour une attaque défense, ça rappelle beaucoup de mauvais souvenirs à Raymond. Il sait que ça finit toujours par marquer. Il n’a pas tort.

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Anelka rate tout en un quart d’heure, l’histoire ne peut pas mieux commencer. En mal de stars, Domenech a invité Gignac en guest-star, il ne le décevra évidemment pas. La fin de saison approche, l’intrigue est touffue : on sent de la nouveauté, il y a des occasions avec le consentement des Roumains battant pavillon maltais. Tout n’est pas nouveau, Sagna et Evra s’échangent des ballons au-dessus de la surface roumaine, Anelka multiplie les centre tir, ses partenaires et le tableau d’affichage ne sauront jamais vraiment si c’est l’un des deux. Le gardien arrête tout, la transversale s’en mêle, Domenech prépare déjà son « Comment peut-on faire pour arriver à les mettre au fond ? » pour Astorga à la mi-temps voire mieux si affinités. La loi des séries, elle dure depuis le début des éliminatoires. Rassurant, l’inefficacité chronique est la marque des grandes équipes. Le public est captivé, il oublie même de siffler à la mi-temps, Domenech et Gignac sont pourtant sur la pelouse. Les joueurs de Cluj et Timisoara rentrent au vestiaire en riant.

0-0, plus que 45 minutes à tenir, Raymond revient sur le terrain avec le sentiment du travail bien fait, d’ailleurs il le dit. Il rit d’Astorga, Astorga rit de lui, et Gignac est toujours là. Manque de bol, Malte craque sur un corner, Henry rappelle soudainement qu’il ne joue pas en Ligue 1 depuis une décennie. Il faut un héros, Domenech croise les doigts, Escudé les pieds et le miracle se produit. Les premiers sifflets empêchent Papy Courage de ronfler, Ginola hurle sa joie. Il reste pourtant 40 minutes, il va falloir tenir bon. C’est l’heure du coaching.

Gignac sort, Ribéry entre et pousse Anelka dans l’axe. Il ne paraît pas vraiment meilleur mais mieux vaut s’assurer qu’on ne le verra plus jusqu’à la fin, Benzema rentre et Anelka repasse à droite. Gourcuff sort, c’est bien connu, la France est toujours meilleure sans vrai créateur. Ribéry coulisse en numéro dix, il a passé son été à dire que ça l’emmerde, les quinze dernières minutes sont garanties à vie. L’armada est enfin au complet, elle n’était pas titulaire. Benzema a une occasion en or de se révéler, mais le scénario est trop bien ficelé. Il n’aura pas une seule occasion, la France et quelques téléspectateurs l’entendront dire que les occasions il faut les mettre, mais de qui parle-t-il donc ?

« Ce n’est pas une desillusion, c’est une déception. Comment on peut faire pour arriver à les mettre au fond ? Ca va finir par arriver, c’est pas possible. » Astorga a beau repasser la bande, Raymond est bien en train de sourire.

Finalement, le monde est unanime, le monde français du moins. 35 minutes correctes sur 90 minutes durant lesquelles aucun but ne sera marqué. Un match nul désastreux pour l’avenir, et la Roumanie qui aurait même pu plier le match. Tout va bien, il faut retenir le positif car les trois points sont pas là. Mais pour Papy aucun problème « si on joue comme ça, les barrages c’est gagné« . Personne ne lui a dit que 1-1 ça compte pas pour une victoire.

Titi et Camara

Lloris : Toujours aucun but encaissé par les adversaires. Il aurait dû se méfier, à l’entraînement Escudé joue avec les remplaçants

Sagna :  On attend toujours sa première passe décisive en équipe de France.

Escudé : On a jamais su lequel de Julien ou Nicolas était le joueur de foot.

Gallas : Son meilleur buteur ne dépasse jamais la ligne médiane, Wenger doit halluciner en observant le coaching de Domenech.

Evra : Lizarazu lui a pas dit qu’on pouvait travailler les centres.

Toulalan : Blanc pourrait bien s’en passer pour les barrages.

Diarra : Gourcuff était là pour l’empécher de tirer.

Gourcuff : Encore un match décisif où il ne l’est pas.

Gignac : On sait pourquoi il a rendu Elmander indispensable.

Anelka : Contrasté contre les Féroé, nul samedi soir, place à la Serbie. 

Henry : Il accepte encore de venir, c’est déjà bien. Le seul à continuer à jouer malgré Domenech.

Escalettes:  «Et je répète que même s’il faut qu’on se qualifie par les barrages, c’est la mission de Raymond Domenech et il faut qu’il aille au bout et il ira au bout». On a lui a toujours dit qu’il fallait croire le plus possible à ses rêves pour les voir se réaliser.

Ligue 1, Lyon : Les héritiers de grand-père Nambucano

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Un mois après la fin de la génération Juninho, Lyon récolte les premiers fruits de son changement d’ère, contre Auxerre, Anderlecht et Valenciennes s’il vous plaît. Plusieurs génies se battent pour chiper le brevet de la nouvelle génération, sinon il restera à Toulalan.

1. Miralem Pjanic

Contrairement aux apparences, il est là depuis un an déjà. Il a pu côtoyer le maître et a choisi de lui lécher le cul. Pas une titularisation volée à Papy, une saison de CFA avec le sourire, une référence à Pépé à chaque interview, un coup de fil pour récupérer le n°8 et quelques coups francs dans le lot. Ca marche, il a marqué le premier et tout le monde est tombé dans le panneau.

2. Michel Bastos

Juninho ne s’emmerdait pas à frapper comme une brute à chaque fois, il préférait plutôt les coup francs et n’avait pas la tête de Ronaldinho. Mais après tout il n’y a pas de mauvaise méthode. Quand il a le ballon sur son pied gauche dans les 30 mètres, il fait peur et contrairement à Toulalan ce n’est pas à ses partenaires. Il lui manque encore le but de 45 mètres, mais patience son horoscope prévoit une conjoncture favorable dans trois semaines.

3. Ederson

Le successeur de l’an dernier est Brésilien, il pensait que ça suffisait. Il a surtout un gros défaut : il ne croit que ce qu’il voit. Il n’a vu Juninho qu’une saison, l’année de ses 55 ans.

4. Sydney Govou

Il a pris le problème dans l’autre sens que Pjanic. Il chie sur Papy depuis un an pour récupérer uniquement le brassard, les coup francs ne l’ont jamais vraiment intéressé. Si Juni avait prolongé, son accent y serait passé. Cris a les boules, Govou a réussi. Effronté mais pas caïd pour autant, même Portsmouth ne s’y est pas trompé.

5. Lisandro Lopez

Fausse alerte, c’est le successeur de Benzema.

6. César Delgado

Fausse alerte, c’est le successeur de Kader Keita.

7. Kim Kallström

Il n’avait pas mal débuté en pré saison, l’équipe se reposait sur lui pour marquer. Mais Juninho ne jouait pas si souvent arrière gauche, ça doit cacher quelque chose, Abidal et Malouda ont une petite idée, Grosso une grosse, Cissokho pas encore.

Pendant ce temps-là, Anthony Mounier s’est retiré du concours pour s’inscrire à la recherche du nouveau Loïc Rémy.