France-All Blacks : Attention Laporte

noise

32ème minute, troisième essai néo-zélandais, sur mêlée française s’il vous plaît. Ca tombe bien c’est là que les Bleus étaient le plus à l’aise. 39 points encaissés à l’arrivée, à 40 on est champion du monde ?

Quelle drôle d’idée était passée par la tête du Vestiaire pour parler d’un quinze de France parmi les plus faibles jamais vus. Les titulaires d’hier n’étaient pas des remplaçants, pourtant le doute est permis. A l’exception de Servat, tous ressemblaient à s’y méprendre à des stars du Top 14, à part Chabal peut-être qui ne ressemble à rien, a fortiori en seconde ligne. Et pourtant l’escroquerie perdure. La faute à qui ?

Chabal à blanc 

Lièvremont peut s’estimer heureux, il est moins antipathique que son prédecesseur, c’est sa principale qualité. Décidé à offrir un nouveau style de jeu aux Bleus, il en a oublié 2-3 fondamentaux au passage comme la touche, la défense, ou le haut niveau. Le lob d’Harinordoquy n’était pas anondin, les 5 essais blacks non plus. Marco voulait du jeu tout simplement, il a eu le néant; appelez le Traille, Clerc, Jauzion, Marty, Médard. Et bien-sûr Trinh-Duc, le Reichel qui n’a pas hésité à faire un en avant sitôt qu’un Black fonçait sur lui, la jurisprudence du binoclard. Le nouvel Aucagne fut rebaptisé patron, il y a une semaine, par la grâce de guerriers samoans et d’une presse avisée. Les linguistes du monde entier se sont penchés sur la question, pour une découverte peu commune: patron se dit « Dan Carter » en Maori. Son comparse Dupuy, buteur confirmé n’a pas manqué l’essentiel de ses tirs et de ses passes, mais rien d’inquiétant, il n’est que demi-de-mêlée.

Black boks

Il restait heureusement la conquête pour se refaire. Place aux avants tricolores, jamais les derniers pour balancer des clichés sur leur envie de « bouffer du black » ou de « découper du bok », héritage d’une culture où on relève les mêlées au cri de yahourt. La pratique est guillerette jusqu’à la fac, mais à l’UNSS les sixièmes sont rarement plus costauds que les troisièmes. Barcella soudainement moins souverrain a entraîné ses compagnons, la gueule écrasée sur la pelouse. Dusautoir survivra à Lièvremont, Jo Maso peut-être pas, mais est-il mortel ? Vivement que le rugby français passe professionnel.

Marc son sillon

Pourtant, le sélectionneur ne s’est pas trompé, à 2-3 près les meilleurs étaient là, sur le terrain ou le banc, par contre en tribune il y avait Jo Maso. Sa communication est exemplaire, sauf peut-être quand il refuse de commenter ses choix, qu’il dit que les Sudafs vont mettre une taule à ses joueurs ou qu’il enlève la pression de ces derniers en rappelant qu’il faut battre les Blacks. C’est le fruit de deux ans de travail pour devenir les All Blacks d’Europe, ce n’était pas une blague, même si O’Driscoll n’a pas été naturalisé. Finalement il ne lui manque qu’une chose : un club ou une reconversion sérieuse ? Pour le reste autant relire le Vestiaire,  du 16 mars dernier, du 28 février,   du 8 février , ou du 11 novembre 2008.

« Lièvremont n’a vu « aucun bémol », il est ravi d’avoir « des problèmes de riche » au moment de choisir qui jouera les Blacks dans une semaine. Comme Bernard Laporte avant les Poumasses du stade de France. L’Equipe.fr a aussi vu un Trinh Duc taille patron, dommage que la Coupe du Monde ne démarre pas maintenant, les Samoa ont évidemment leur place en finale. » C’était le 23 novembre dernier.

Canal+ aussi avait flairé l’événement, en invitant sur son plateau l’un des meilleurs joueurs du monde du Top 14, le presque champion du monde et d’Europe Byron Kelleher. « Byron, est-ce que cette victoire peut donner un ascendant psychologique aux Français sur les All Blacks, qui seront dans le même groupe en 2011 ? » Il fallait oser. « Médard et Picamoles vont devenir des piliers de cette équipe. » On va quand même pas se foutre de leur gueule à chaque fois sans qu’il réagissent. C’était le 16 juin dernier.

L’exploit sud africain était pourtant séduisant pour ceux qui n’auraient pas vu la première demi-heure, d’autant que personne ne les a battus, à part peut-être l’Irlande. Par honneteté, il faut avouer que les Boks ont gagné une fois, contre la grande Italie. Une squadra pas si nulle puisqu’elle a vaincu les terribles Samoas. Les mauvais esprits diront comme tout le monde. Même le Pays de Galles ? Même le Pays de Galles, ecrasé hier de justesse par l’Australie.

Pendant ce temps-là Bernard Laporte nous rappelle pourquoi il a réussi à remporter le titre mondial.

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