All Star Game, Cozette & Co :
Monclar de la thune

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Jacques Monclar est bien une seule et même personne. Ses deux titres de Pro A lui ont ouvert les portes des médias, il n’allait quand même pas s’emmerder à continuer un métier qui ne lui a jamais plu. Manque de bol, c’était sûrement là qu’il était meilleur.

Antibes, 1991. Jacques Monclar est champion de France, il le sera à nouveau quatre ans plus tard. Patrick Montel n’est pas encore interdit de salle en Pro A que le Jack sent déjà le créneau à prendre, sa carrière est lancée. Canal et les Spécialistes basket, L’Equipe, L’Equipe TV pourquoi pas, RMC, tous les journaux de PQR, Basket News, Maxi Basket, à l’occasion RTL et Europe 1, i-Télé ça fait pas de mal, Infosport évidemment, Stade 2 si on l’invite : être spécialiste de NBA, bafouiller des termes techniques anglais et avoir une grosse voix, ça ne lui suffit pas. Jacques Monclar est indispensable à l’Euroligue, David Cozette supporte mal la solitude même sur Sport +. Le meilleur spécialiste de NBA peut-il ne rien y connaître ? Tout le monde peut-il surnommer Shaquille O’Neal HippopoShaq ? Les Spécialistes basket sont incapables de juger, seul un Américain le pourrait mais Georges Eddy ne l’a jamais été.

So briquet

« Une finale Los Angeles-Boston serait tout sauf une surprise, si El Manu Ginobili revient bien de son opération à la cheville, les Spurs seront sans doute bien là, baisse probable pour Denver. » C’était en octobre 2008, la saison de NBA allait s’ouvrir, les Lakers ont effectivement gagné, par contre, on a moins de nouvelles de Boston et des Spurs que de Denver, finaliste de conférence. En revanche, Orlando était finaliste, Monclar l’avait presque dit : « Orlando outsider également autour du totem Dwight Howard. » Les quelques autres outsiders sont Portland, Houston, Dallas, New Orleans, Boston, Atlanta, Washington, Chicago, Miami, New York, Toronto (« j’ai un petit doute sur eux mais bon« ), Indiana, Milwaukee et les Clippers. On n’est plus loin des 20, il y a 16 places en play-off, le compte est bon. Rien d’autre ? Y a qu’à demander : « Smiley David » Stern, les « 3 amigos » des Celtics, Houston et son T-Mac, le « White Chocolate » Jason Williams et « Utah fera du Utah« .

Angola gate

Pour retrouver trace d’une expérience sportive après ça, les investigations sont compliquées. Certaines sources nous ont confirmé avoir aperçu Monclar à Dijon entre 2005 et 2007, mais pas les soirs d’Euroligue et certainement pas les lendemains matins à l’entraînement. L’expérience, si elle a vraiment existé, aurait tourné court. On parle aussi de trois mois en Côte d’Ivoire, dont deux semaines à jouer la CAN en Angola, mais faut quand même pas se foutre de la gueule du monde.

En attendant, son blog d’une célèbre chaîne cryptée donne régulièrement de ses nouvelles et parfois des points de vue à contre-courant et très pertinents. Finalement, Monclar ne se sent jamais aussi bien qu’au All Star Game à la française. « La sélection française aura un joli challenge tant les « étrangers » ont belle allure. » Le favori est tout désigné. Et coup de chance, la Pro A possède aussi son « White chocolate« . Evidemment c’est Ben Woodside, associé au « Killer des playgrounds » Karim Reid. Du because à tous les étages, des MVP, des alley hoop et un « buzzer beater » que ni Stern, ni l’Académie Française n’imagineraient en rêve.

Le All Star Game c’est la fête, au moins les joueurs lui parlent, ce n’est pas du basket et en plus c’est passionnant. « Ali Traoré aura de quoi raconter après sa soirée intime avec Uche Nsonwu et Saer Séne. » Puisque on est entre amis, le pronostic un brin péremptoire sur la seconde partie de Pro A ne gâte rien : « Ce nouvel An verra-t-il le retour de Orléans, Nancy et Villeurbanne vers les hauteurs ??? Gravelines, Cholet en mode confirmation, Le Mans en leader, Paris, Vichy, Hyères-Toulon, Poitiers en franc tireur, Roanne en embuscade. » 11 équipes, il y a effectivement 8 places en play off.

Depuis 1973, chaque équipe du All Star Game de NBA dépasse les 100 points. Hier, les Français de Pro A ont battu les étrangers de Pro A 89-88, le All Star Game s’appellera désormais le trophée des champions. Georges Eddy est démasqué, et il n’est pas le seul.

ATP, Bilan : La bombe de Bâle

Quelques jours après la fin du Masters,  plus de trois mois après la fin de la saison ATP, le Vestiaire revient sur le destin 2009 des maîtres. Aujourd’hui, le numéro 1 redevenu numéro 1 : Numéro 1

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De 21 à 27 ans, Roger Federer n’a gagné que 15 des 26 Grand Chelem en jeu. Murray, Nadal et les autres n’ont pas su profiter de son déclin.

Etre le plus fort cohabite rarement avec une retraite à 27 ans. Roger Federer s’en doutait un peu, ce n’était pas le cas de tout le monde. Ses trois finales de Grand Chelem (une victoire) en 2008 avaient insinué le doute : et s’il était fini ? Rafael Nadal échappe à la sentence cette année et pourtant ses genoux, ses coudes et ses pieds aimeraient que ça se termine. En 2009, il était donc de bon ton de fermer la gueule du monde pour le reconquérir, même s’il était déjà conquis.

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Les Grand Chelem ont un fonctionnement assez simple à comprendre : quatre tournois, les plus importants de la saison, aucun Français à l’arrivée. Sur 8 places de finalistes, Federer n’en a pris que 4. Soderling, Nadal, Del Potro et Roddick se sont partagés les quatre autres tickets, mais pourquoi c’est Federer qui est redevenu numéro 1 mondial ? Contrairement à sa référence 2006 (16 finales dont 12 victoires en 17 tournois), Federer n’a pas joué tout seul contre un mur, hormis contre Nadal. Soderling, Del Potro et Djokovic sont au niveau Top 2. Murray n’est pas dans la liste, sûrement un oubli. Federer a battu tout ce monde en Grand Chelem sauf Nadal. Prévoyant, il lui a quand même infligé une fin de carrière à Madrid, juste avant Roland c’est vicieux.

Passé numéro 2, Federer est ainsi devenu un monstre. L’arrogance n’a plus de prix, ses vestons crèmes d’échauffement non plus. Les petites politesses destinées à Murray ne suffisent plus : Federer est devenu père en plein milieu de son doublé Roland-Wimbledon. Ça limite les entraînements et les tournois, Federer n’en a fait que quinze : les Grand Chelem, 8 Master Series sur 9 et trois daubes obligées : Doha pour s’échauffer, celui de son club et l’exhibition de fin de saison. Et encore, pour éliminer Murray devant son public, la défaite en 3 sets devient savoureuse. C’était contre Del Potro, ça aurait aussi pu arriver contre Tsonga, Benneteau ou Wawrinka.

Les palmarès : Les boxeurs français

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Dans un sport où il est aussi difficile de devenir champion du monde qu’en cyclisme sur piste, il ne suffit pas d’ouvrir sa gueule et de prendre des branlées pour briller. Sinon Christophe Tiozzo figurerait dans le classement. Voici les 5 meilleurs boxeurs français de ces 20 dernières années.

5. Mahyar Monshipour

Son palmarès ne mérite pas plus que celui des autres multiples champions du monde de figurer dans le classement. Mais sa lutte pathétique pour arriver au sommet, y revenir et y revenir encore, surpassent les sept triomphales années de Brahim Asloum pour parvenir à son premier titre mondial ou la nouvelle passion de Mormeck pour Holyfield.

4. Bruno Girard

Originaire de la même région que Patrick Charpentier, il aurait pu avoir la même destinée. Il eut la trajectoire inverse, s’emparant de tous les titres sur son passage avant la rencontre d’une vie. Tout s’arrêta face au premier français venu, Mehdi Sanhoune. Ça a un tout petit peu moins de gueule que de prendre une taule contre De la Hoya.

3. Fabrice Tiozzo

Tiozzo aurait pu venger son frêre en s’emparant de la première place. Mais après un parcours exceptionnel et une boxe tout aussi impressionnante, un petit péché d’orgueil lui fit oublier sa boîte de mouchoirs avant d’affronter Virgil Hill pour la deuxième fois. Du coup, 3 minutes plus tard, en plus du sang il y eut des larmes.

2. Laurent Boudouani

Boudouani aurait surement pris la première place s’il avait pu finir sa carrière en haut ou s’il s’était abstenu de monter sur le ring ce 5 octobre 1993 à Dijon. Regarder Boudouani exploser toutes les stars américaines justifiait de se taper Jean-Claude Bouttier même en différé car papa préférait Hollywood night après Jour de foot. Découvrir dans L’Equipe du lundi que Terry Norris avait mangé sa merde, laissait des regrets. Battre Castillejo, Jones, Daniels, Norris et Vazquez aussi. Mais perdre contre Razzano peut-être pas.

1. Anaclet Wamba

Longtemps, les jeunes amateurs de boxe lecteurs des pages sport de Sud Ouest Dimanche ont cru qu’il était invaincu. Normal, Anaclet Wamba a défendu 8 fois sa couronne entre 91 et 94 pendant que Delé et Jacob tentaient d’en ramener une autre. Pourtant Wamba avait pris soin de s’assurer deux défaites en début de carrière. Insuffisant pour ne pas être le meilleur.

Ligue 1 : Le Père Noël dans les ordures

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Le Papa Noël est passé mais cette année Darcheville ne rentrait pas dans le costume.

Grenoble. Sept points avec Le Crom, Paillot, Battles, Akrour et Ljuboja, le Père Noël est passé en avance cette année. Feghouli n’y croit plus, à Noël dernier il avait commandé Chelsea, Paris, Liverpool, Lille, Bordeaux, l’Inter Milan, le Milan AC et le Real Madrid. Après tout, c’est le geste qui compte.

Boulogne. Guyot, Da Rocha et Das Neves recrutés à Nantes : le Père Noël refile à n’importe qui les cadeaux refusés. Après tout, c’est le geste qui compte.

Saint-Etienne. Le Père Noël 2008 vient de faire ses valises, c’est son adjoint qui va distribuer les cadeaux cette année. Et comme il y croit, c’est même le Pape qui régale en personne. Après tout, c’est le geste qui compte.

Le Mans. Un entraîneur qui est aussi sélectionneur du Burkina Faso remplacé par un entraîneur qui a déjà été intérimaire, faut pas prendre le Père Noël pour un con. Après tout, c’est le geste qui compte.

Nice. Maurice Cohen pensait que Loïc Rémy valait 20 millions, en fait il vaut 7 buts et une 16e place. Il ne faut pas trop croire au Père Noël, ça fait dépenser trop de pognon. Après tout, c’est le geste qui compte.

Sochaux. Stéphane Dalmat n’a pas été sage comme une image donc pas de cadeaux. Du coup, Gillot va prier pour que les autres aient des cadeaux de merde. Après tout, c’est le geste qui compte.

Lens. Akalé et Maoulida viennent d’offrir deux victoires : les contes de Noël, c’est comme les contes de la crypte, on finit toujours par y croire, qu’on soit druide ou apprenti druide. Après tout, c’est le geste qui compte.

Nancy. Le foie gras, l’huître, la bûche et le chèvre sont là pour le reveillon. Diabaté, Macaluso, Lotiès et Joël Sami voient où on veut en venir. Evidemment, tout ça à la fois ça rend malade. Après tout, c’est le geste qui compte.

Toulouse. D’une année sur l’autre, certains jouets marchent moins bien. Le Père Noël décline toute responsabilité s’il y a un défaut d’origine et puis Cavenaghi est à la portée de toutes les bourses. Après tout, c’est le geste qui compte.

Monaco. Avoir une deuxième paire de Nênê à Noël ne se demande pas. Il faudra se contenter de peu. Après tout, c’est le geste qui compte.

Valenciennes. Samassa à 6 buts, Ducourtioux à 3, Ben Khalfallah à 4, Sanchez à 3, Pujol à 4, le Père Noël ne fait pas de détail. En plus, Saez, Pieroni et Abardonado ne jouent presque plus. C’est le geste qui compte.

Rennes. Jimmy Briand revient tout juste de blessure, qui a dit que le Père Noël n’était pas généreux ? Après tout, c’est le geste qui compte.

Lorient. A quelques mois près, ils auraient pu avoir un deuxième Gourcuff à bon prix au milieu des oranges. L’an prochain certainement. Après tout, c’est le geste qui compte.

Paris. Kombouaré ne pensait pas être autant gâté dans sa nouvelle maison. Du coup, il hésite à demander un cadeau au Papa Noël. Après tout, c’est le geste qui compte.

Lyon. La femme de Fred n’est plus là pour allumer les boules, alors il y a concurrence : Gomis, Makoun, Bousmong, Cris, Pjanic, Clerc, Kallström, Lisandro, Reveillère, Ederson, ils sentent tous le sapin. Après tout, c’est le geste qui compte.

Auxerre. Noël, c’est la tradition : une défense, un attaquant. Guy Roux se gaverait bien de marrons mais le Conseil d’administration a fait une crise de foie. Après tout, c’est le geste qui compte.

Marseille. Le Père Noël est à la Desch. C’est pas avec une danseuse brésilienne qu’il va retrouver la magie de son dernier Noël marseillais. A l’époque, le Vieux Port ne jouait pas en défense centrale. Après tout, c’est le geste qui compte.

Montpellier. Cette année, le Père Noël est moins gros et n’a pas fini en taule. Ca marche pas si mal. Après tout, c’est le geste qui compte.

Lille. Frau, Gervinho, Cabaye, Dumont, De Melo, cette année tous les cadeaux étaient planqués à la cave. Après tout, c’est le geste qui compte.

Bordeaux. Se gaver de caviar pendant qu’un claudo dort sur le bord de la route, c’est ça le véritable esprit de Noël. C’est le geste qui compte.

Ligue 1, Lyon : Le sous-commandant Bastos

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85e minute, Lyon vient d’égaliser face à Montpellier. Le fighting spirit offre souvent le second but, Cris et Boumsong aussi.

La méthode est connue : Costa au coup franc, Marveaux à la réception, but. Ça marchait à chaque fois en Ligue 2, il n’y a plus aucune raison de ne pas y arriver à Lyon. Candidat au podium, comme Lille, Lorient et Auxerre, Montpellier a sauvé les meubles. Une erreur d’inattention et l’ancienne vedette de Saint-Etienne, qui n’était pas huée par le public d’un club qui n’a pas failli descendre l’an dernier, traînait par là pour égaliser. Heureusement, Costa l’ancien maître à jouer de Pau et Sète a retrouvé ses esprits. Ca faisait deux minutes que Lyon était revenu, il en restait cinq à jouer, une équipe se bat toujours jusqu’au bout aux côtés de son entraîneur. Lisandro et Gomis sur le terrain, le coup de poker Tafer n’avait rien d’un appel au secours. Aulas et les actionnaires se poseront peut-être la question quand même, la réponse vaut 72 millions, ils l’estimaient à 40. Et dire qu’à quelques kilomètres de là, on poursuit en justice les convoyeurs de fonds pour une broutille.

Veaux en vilain

Ce recrutement n’était pourtant pas si mauvais. Il a permis de découvrir les stars de demain. Le nouveau Juninho d’abord. Pjanic était déjà là, ça fait 3 buts et 2 passes. Bastos l’a rejoint, ça fait 4 buts et 1 passe. Le Vestiaire avait pourtant relevé l’excellente dernière partie de saison dernière d’un joueur meilleur passeur 2009, dont Lille a cru bon devoir se débarrasser pour être bien meilleur avec Frau aujourd’hui. Autre recrue décisive d’avenir : Lisandro, tout juste presque 27 ans, le nouveau Benzema. Ça fait 8 buts dont 2 penalties marqués dans 5 matches différents pour 6 points remportés en 14 matchs disputés, on a bien dit décisif. Décisif aussi en Ligue des Champions avec 7 matchs disputés, Anderlecht inclus, pour 5 buts dont 4 d’un coup. On a effectivement bien dit décisif.

Les autres sont connus, ils ont perdu le dernier titre. Vivement le retour des blessés, Benzema, Juninho, Essien, Diarra, Tiago, Caçapa, Cris jeune, Le Guen, Wiltord et même Abidal, ça peut toujours aider. Puel a déjà fait découvrir à ses joueurs la 3e place, et aujourd’hui il il est dans les temps pour viser bien plus haut. Alain Perrin rigole sûrement en imaginant son successeur lui succéder aussi à Saint-Etienne.

Lille aux enfants

Michel Seydoux aussi a compris, il n’en dort plus, Lille aurait dû gagner la Ligue des Champions depuis longtemps. Balmont, Mavuba et Cabaye ont appris depuis peu qu’on pouvait défendre et attaquer dans le même match, et que Lille pouvait marquer des buts. La compétence de Rudi Garcia dépasse l’entendement, ses précédents employeurs ne s’en étaient pas rendu compte. La prochaine fois, Seydoux ne se fera pas avoir, même pour le pognon Gervinho et Hazard ne mettront pas un terme à leur carrière comme Keita, Makoun, Bastos et Bodmer. Pjanic, Delgado et Ederson peuvent opposer qu’ils n’ont pas joué là-bas, le bloc-équipe de Puel ne laisse personne sur le route. Lloris n’a pas toujours eu cet air dépressif du condamné. Les titulaires lyonnais aimeraient être aussi contents de l’entraîneur que les remplaçants bordelais du leur, mais on ne peut pas toujours se forcer à être poli. Et puis Puel est un sentimental. Jamais il ne fourguerait un Fauvergue à Strasbourg, d’autant qu’à Lyon il en a une bonne dizaine.  Accuser treize points de retard sur Bordeaux, c’est grave parce qu’il n’y a que 19 journées de jouées ou pas grave parce qu’il en reste 19 ?

Pendant ce temps-là, Aulas soutient publiquement le médecin et le préparateur physique. Cornillac, lui, rappelle que Lyon a gagné sept titres et mérite le respect comme Reims double finaliste de C1, le FC Nantes fils d’Arribas, Toulouse le tombeur du Naples de Maradona et le Metz de Kurbos tombeur du Barça.

Schumacher : « Un cou à jouer »

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Notre spécialiste F1 est sorti du marasme dans lequel l’avait plongé l’éviction inattendue de Seb La Bourde pour aller (presque) interviewer le prognathe le plus rapide de l’histoire.

QUESTION : Michael, votre retour à la compétition a maintenant dépassé le stade de la rumeur…
MICHAEL SCHUMACHER : Vous savez, ça fait bien longtemps qu’il n’y a plus que le Prince Albert pour croire que j’aurais pu faire carrière dans le foot. Avec le réchauffement du trou de l’effet de serre, il n’y a plus de tsunamis, comment voulez-vous que j’aille jouer des matches de charité ? Et je ne sais même pas où il est votre stade.

Remontrez-vous un jour dans une F1 ?
Il y a des chances. Renault en expose toujours une au Salon de l’Auto.

Et votre contrat avec Mercedes ?
Qu’est-ce que dit Bild là-dessus ?

Que c’est signé…
(Ndlr : Il marque une pause, prend sa respiration.) L’enfoiré de concessionnaire. Il a fuité. Je voulais pas que mes voisins l’apprennent comme ça. La honte. Vous savez, les temps sont durs en Suisse. Avec la montée du prix du baril de lessive, j’ai dû laisser mes trois Ferrari au garage. Mais la Classe A, c’est pour Corinna.

Votre retour en F1 est-il motivé par des raisons financières ?
Bien sûr que non, la F1 c’est toute ma vie. J’aurais tué Senna et ma mère pour y arriver s’ils étaient encore là. Et puis ça me faisait chier les dimanches en famille. Vous avez jamais goûté les schnitzel de Ralf.

Pensez-vous avoir encore le niveau pour rivaliser avec la nouvelle génération ?
J’ai hâte de me frotter au nouveau Schumacher. Il a l’air d’avoir la peau douce. Et puis j’ai encore plus de cheveux que Massa et Barrichello réunis. L’effet Elsève, sans doute. (Ndlr : Deux jeunes femmes en tenues d’infirmières font leur entrée dans la pièce.) Excusez moi, ce sont mes physiothérapeutes. Pour mes problème de cou…

Ces douleurs cervicales peuvent-elles handicaper votre retour ?
Au lycée, c’était plutôt mon frère qui enchaînait les mauvais coups. Mais la roue arrière tourne, disait souvent Jeannot. (Ndlr : Une des physiothérapeutes du cou vient s’assoir sur les genoux osseux du Baron Rouge.) Doucement les filles, vous pourriez au moins attendre la fin de l’interview. J’ai pas la santé de Tiger.

Tiger ?
Il a plus besoin de physios depuis qu’il a arrêté le golf. Et elles ne traitent que les sportifs milliardaires, ça ne leur laissait pas beaucoup de choix.

Propos (presque) recueillis par Roger Secrétain

Le roman du Bordeaux Blanc, chapitre 2 : Cave crème

Ecuss

L’héritier de Christian Gourcuff est tout Blanc, mais c’est papa qui se fait porter pâle. Joli coup de poker, cette fois Lionel Rosso n’y est pour rien.

A quelques jours de Noël, avant de rendre visite au meilleur buteur et ses cinq buts, c’est Lorient, son armada, son meilleur jeu de France, son meilleur entraîneur de France. C’est le piège, il est béant, Marseille a failli s’y casser les dents quelques jours auparavant. Blanc hésite sur la composition d’équipe, il finit par trancher. Ciani pas revenu de ses vacances, Henrique en période de reprise depuis fin août, on pioche en DH et au milieu : ce sera Fernando-Sané. Sinon le grand classique Ligue des Champions : Traoré, Bellion et surtout Cavenaghi de retour après sa longue blessure. Blanc aurait pu faire tourner et aligner son équipe C, mais Saint-Etienne en avait fait les frais. Pierre Ducasse revient donc en Gironde chargé d’ambitions. Pourquoi n’avait-il pas été gardé ?

Franck Sosa

Blanc n’en dira pas plus etAbdou Traoré n’aura pas le temps de chercher la réponse que Bellion aura déjà donné deux buts d’avance. Dans le foot tout va vite, c’est sûrement ce que se dit Ciani dans les tribunes, venu incognito au cas où quelques Lorientais voudraient le saluer. C’est aussi ce que se dira Sosa : comment mettre un but contre son camp sur penalty ? Cavenaghi avait laissé traîner sa carcasse. Blanc ne manquera pas de le saluer : « Il faut féliciter les jardiniers qui ont fait du bon boulot, ça nous arrange dans le jeu. » Christian Gourcuff a certainement la réponse mais il ne l’avouera pas un soir d’humiliation, même son fils a finit par marquer et celui de Chamakh aussi.

Porter Cavenaghi en triomphe n’est pas sans conséquence. On finit par se faire appeler Barcelone. La critique est-elle si injuste ? Le Vestiaire y répondra.

Ligue 2, Nantes : Gernot to be

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« Ca n’a rien à voir avec le terrible séisme qui s’était produit lorsque j’étais à Bordeaux ou à Nice. Cette fois, j’ai plus de temps, presque deux mois, pour tout mettre en place. J’ai vu Waldemar Kita, quelqu’un de franc, de bien, qui veut réussir. Quelqu’un de direct : autant de qualités qui me conviennent. Il est mal compris. » Il a été servi.

Un entraîneur confiant

10 juin : « Nous souhaitons redynamiser le club dans les deux ans à venir. Je n’ai pas l’impression d’arriver sur un champ de ruines. »
3 août : « On est déjà au fond du trou. »
2 septembre : « On est dans la moyenne pour monter. »

Un goupe soudé

30 septembre : « Nous avons trouvé la bonne carburation et un état d’esprit intéressant. La mayonnaise a pris. On peut s’appuyer sur un esprit de groupe »
10 novembre : « On doit redevenir une équipe. »
1er décembre : « Je me suis senti lâché par mes joueurs. La confiance est partie. »

Une équipe offensive

30 septembre : « On peut s’appuyer sur un esprit de groupe, sur un style de jeu fondé sur l’attaque. »
25 novembre : « Quand vous regardez l’effectif, on a huit attaquants axiaux et seulement deux joueurs capables de jouer sur les côtés. »

La force des convictions

2 décembre : « Je ne démissionnerai pas. »
3 décembre : « Je pars la tête haute. Je me suis vraiment défoncé dans un contexte pas toujours facile. Je ne suis pas aigri et je n’en veux à personne car j’ai la sensation d’avoir tiré le maximum de cette équipe. C’est un échec relatif, nous ne sommes qu’à trois points du podium. Je souhaite surtout à mon successeur de réussir la montée. Je le connais bien car j’ai joué avec lui. »

Qui a dit, le 29 août 2008 : « Ce n’est plus le même fonctionnement. Et il ne me convient plus. C’est tout » ? Celui qui avait dit, le 31 mai 2007 : « L´aventure ajaccienne me tente beaucoup car je me sens capable de relever ce challenge c´est-à-dire la remontée en Ligue 1. Tout me semble réuni pour y parvenir. »

Les bonus d’Elie Baup

1er juin 2009 : « On a décidé d’arrêter le travail en commun. Le président a accepté dans la mesure où ça ne lui coûte pas d’argent. Nantes cherche un entraîneur maintenant. »
24 mai 2009 : « Avec notre retard et notre goal average extrêmement défavorable, nous avons les deux pieds en Ligue 2. En tant qu’entraîneur, j’ai vécu une vraie aventure humaine. »
4 septembre 2008 : « Je ne me sens pas l’âme d’un retraité. Nantes est un très grand club qui a des couleurs et une histoire fantastiques. C’est un effectif intéressant, pas plus ridicule qu’ailleurs. A moi de donner le cadre pour que la compétence se traduise sur le terrain. »

Pendant ce temps-là, Jean-Marc Furlan en est déjà à deux matches sur le banc. « Je n’ai pas de reproches à faire à mes joueurs sur l’état d’esprit. En revanche, on a beaucoup de manques dans tous les autres domaines. »

ATP, Bilan : Nadal est servile

Quelques jours après la fin du Masters, trois mois après la fin de la saison ATP, le Vestiaire revient sur le destin 2009 des maîtres. Aujourd’hui, le numéro 1, numéro 2:  Numéro 2.

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Numéro 1 mondial en début de saison, Rafa a confirmé en signant la fin de saison digne de la carrière de Tsonga. Et pas que grâce aux genoux.

Tout avait pourtant bien commencé. Nadal n’avait qu’à confirmer une saison 2008 de rêve, marquée par deux titres en Grand Chelem pour autant de finales. Federer et ses trois finales n’avaient pas fini de le faire marrer : il a remis sa peau de bête noire en finale d’Australie 2009. Qui sait si ça durera, peut-être le Vestiaire. En fait, tout ça ne l’a pas fait Murray bien longtemps. Dès Rotterdam d’ailleurs avec un 6-0 pour l’Ecossais pour boucler la finale. L’histoire n’a pas retenu qu’au cours de ce même tournoi, il a fallu trois sets à Nadal pour battre Bolelli, Dimitrov et Tsonga. Elle aurait peut-être dû. Indian Wells, Monte-Carlo et Rome entretiennent sa grande forme mais un peu moins ses genoux. Tsonga sait ce que c’est, comme une défaite en deux sets contre Federer d’ailleurs, c’est à Madrid juste avant Roland Garros. La machine est brisée, elle n’arrive plus à lifter la balle suffisamment haut pour plomber Federer, Verdasco et Gonzalez finiront même par lui donner des conseils de muscu. Soderling ne pensait pas faire de deuxième semaine à Roland, ni de Masters d’ailleurs. Les surprises frappent toujours sans prévenir, et si Mauresmo décidait de continuer ?

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Les tragédies aussi ça surprend, on ne parle pourtant pas du bilan complet de Nadal. 64 victoires pour 14 défaites c’est pas si mal, Del Potro aurait probablement signé tout de suite. Par contre une seule finale en Grand Chelem (gagnée en Australie) assortie d’un huitième (Roland) et d’une demie (US Open) où Del Potro ne lui laisse que 6 jeux, c’est plus embêtant pour un nouveau maître du monde. Federer n’a perdu ce statut qu’au bout de 5 ans au sommet, Nadal est bien sa bête noire.

On y revient toujours, il reste les trois victoires en Masters Series à Indian Wells, Monte-Carlo et Rome. Du coup, imaginer deux quarts perdus contre Del Potro à Cincinatti et Montreal serait impoli. Les retours de blessures sont parfois longs, et même très longs : comment expliquer autrement les défaites en deux sets contre Cilic à Pékin, Davydenko à Shanghaï et Djokovic à Bercy ? Le ticket Soderling-Davydenko-Djokovic au Masters est peut-être un début de réponse.

Le roman du Bordeaux Blanc, chapitre 1 : In corpo Sané

Lyon avait près de 10 points d’avance en championnat lorsqu’à quelques semaines des huitièmes de finale de ligue des champions le Vestiaire débutait le roman du perd OL. Bordeaux n’en a pas encore 7 sur son suivant, que notre spécialiste entame le deuxième volet de sa trilogie, après avoir annoncé dès le mois d’aout la domination continentale du club.

Ecuss

Qu’est-ce qui peut donc bien pousser un entraîneur de Ligue 1 à dévoiler qu’un de ses joueurs évoluait en foot corpo deux ans plus tôt, un soir de victoire ?

C’était le 25 novembre dernier. Bordeaux venait de balayer la Juventus, Blanc venait de sourire à Ciro Ferrara, certainement pour lui souhaiter bonne chance pour le dernier match. Quelques minutes plus tard, l’entraîneur cévenol, anciennement modeste, reconnaîtra qu’à la 5e journée des phases de poule, il est plus que temps de se consacrer au championnat. Le Barça, l’Inter, la Juve, le Bayern, Jean Djorkaeff, tout le monde du football a dû s’offusquer d’une telle intention : n’aligner que des remplaçants à Haifa pour la cérémonie de cloture. Pourquoi ne pas se déplacer à 15 tant qu’on y est, ça ferait jurisprudence ?

Pour le Placente

La vérité, c’est que Blanc ne se concentre pas non plus sur le championnat, puisque le titre est en poche. Les images de Brandao sans Niang, de Lisandro avec Pjanic et de Sessegnon tout seul sont des indicateurs qui ont déjà fait leurs preuves. Les matches amicaux sont toujours l’occasion de faire des essais, qu’ils se jouent après des vacances œcuméniques ou à Gerland. Comment savoir que Placente pouvait gagner un match en jouant défenseur central en Ligue des Champions si on ne l’aligne pas latéral contre Angers en plein mois d’octobre ? Comment se souvenir du prénom de Jurietti ? Les qualités de Jussiê, c’est quoi ? Traoré jouait effectivement au milieu, Blanc le Saivet bien.

Mouise Henrique

Février arrivera plus vite que prévu : pour préparer les 1/8e de C1 comme il se doit, certains postes doivent être assurés. Voilà pourquoi Henrique a subi une arthroscopie, son genou allait bien, merci. Sa phase de reprise durera peut-être bien jusqu’à la trêve, rechute prévue mi-février. Voilà aussi pourquoi Blanc a demandé à Ciani de se faire un lumbago, à l’échauffement d’un prétendu choc ça arrive tout le temps. Il ne restait que Sané : entre autres conneries il a mangé Lisandro. Ciani a donc bien un remplaçant, les buteurs sont souvent secoués en fin de saison. Sinon, on a appris que le nouveau Gourcuff s’appelait Plasil. L’ancien Plasil s’appelle aussi Gourcuff, l’un d’entre eux doit disparaître.

Pendant ce temps-là, Cavenaghi voire Bellion.

Ligue 1 : Lyon dans la fosse

Ecuss

Ciani absent, Blanc alignait une nouvelle fois son équipe réserve. Heureusement ce n’était que Lyon en face. Heureusement Gourcuff n’a joué que 4 minutes.

Le Vestiaire avait choisi ce soir d’ecrire sur Gourcuff. D’expliquer pourquoi il n’atteindrait jamais le niveau de Zidane, pourquoi il demeurerait un éternel espoir. Pour cela, il aurait fallu qu’il rate tout. Il l’a fait pendant 86 minutes, 19 ballons perdus, 12 passes ratées, des talonnades à la Ronnie, des dribbles qui ne surprennent même pas le grand Cris : le leader technique bordelais a été fidèle à ses 3 derniers mois de compétitions. Pendant 86 minutes, sa seule réjouissance portait aussi le numéro 8, mais dans l’équipe d’en face, c’est bien sûr Juninho. Son équipe s’est mise au diapason, sauf Chamakh, le grand joueur de l’équipe du jour. Allez savoir pourquoi, Plasil et Diarra n’ont perdu que 8 ballons, même Fernando et ses 14 pertes n’atteignent pas le niveau du génie. Mais voilà, en face c’était Lyon. Et Lyon c’est rien, en tout cas suffisamment pour que le duo Chamakh-Gourcuff finisse par se remettre en route. Comment une équipe qui bat Debrecen 4-0 et qui élimine Liverpool peut-elle perdre un match si important ? Quelques indices ont été éparpillés à Lille, Florence, Nice ou Grenoble. Et le nouveau Benzema, il en a mis combien hier soir ?

Nanard chie

En defense, au milieu, en attaque, Blanc n’avait rien à foutre du néant, il avait 5 points d’avance. Avec sa prétention cévenole, et au cas où les Lyonnais voudraient encore faire croire que le match n’avait rien de décisif, il rappellera que Sané était en DH il y a deux ans et qu’il n’avait joué qu’en Ligue des Champions jusque-là. On peut appeler ça du foutage de gueule, ça ne l’est pas comparé à la petite écharpe et au chewing gum au moment de dire à Paganelli que Lyon n’a pas pu reprendre confiance à Gerland. Que Blanc se rassure, la DH s’est vue sur le premier quart d’heure. Boumsong a fait le même, mais lui était déjà à Lyon. Puel va sauter comme Aulas l’a annoncé cette semaine, mais son successeur ne fera pas mieux, comme le Vestiaire vous l’avait expliqué dès mai 2008. Lacombe pourrait aussi apprendre à faire sa valise, mais ce n’est sûrement pas lui qui fait le recrutement depuis 20 ans, ni depuis 3 ans donc. Blanc finira même par faire sortir Plasil et faire rentrer Jussiê.

Pendant ce temps-là, Bordeaux a reposé ses cadres pour le vrai choc de la saison, mercredi à Montpellier. Si on ne fait pas tourner à Lyon, on fait tourner quand ?

ATP, Bilan: Mamie Novak

Quelques jours après la fin du Masters, trois mois après la fin de la saison ATP, le Vestiaire revient sur le destin 2009 des maîtres. Aujourd’hui, le numéro 1 derrière le n°1 et le n° 2 :  Numéro 3.

c-fou

En 2008, il avait un titre de Grand Chelem mais il lui manquait la constance.  Cette année tout a changé pour Djokovic, il est même redevenu numéro 1 mondial derrière les grands joueurs.

Peut-on rêver d’être numéro 1 et faire des imitations ?
Peut-on battre Federer en finale mais seulement à Bâle ?
Peut-on avoir le plus grand nombre de victoires cette saison (78) et faire une saison dégueulasse ?
Les paradoxes sont parfois cruels, mais personne n’a forcé Novak Djokovic à jouer Pékin, Halle, Belgrade, Marseille et Dubaï. Deux d’entre eux suivent des Grand Chelem, les Top 5 s’y présentent rarement, les Top 2 jamais, épais mystère. En voilà un autre : n°3 mondial et abandon en quart de finale en Australie, branlée au 3e tour contre Kohlschreiber à Roland, défaite contre Haas en quart à Wimbledon. Il restait un Grand Chelem à jouer pour ne pas être confondu avec Tipsarevic. Ljubicic, Ball, Witten, Stepanek et Verdasco ont eu la bonne idée de s’inscrire aussi à l’US Open, ça fait toujours une demie de plus, une branlée de Federer en plus aussi.

Good Djok

Soderling, Roddick et Del Potro finalistes, les Grand Chelem étaient trop relevés cette année, il restait les Masters 1000. Deux quarts (Indian Weels, Montreal), deux demies (Madrid, Shanghai) et cinq finales (Miami, Monte Carlo, Rome, Cincinatti et Bercy), belle constance. Un seul titre lors du dernier, Monfils passait par là en finale. En revanche, Belgrade et Bâle n’ont pas échappé à sa domination. Et Djokovic a été l’homme de la fin de saison avec Del Potro. Il s’est même offert Nadal avec ses cannes dans les mains et Federer avec ses jumelles dans les bras en demies à Miami, Rome et en finale à Bâle. En finale de Masters 1000 de Cincinatti et en demie de l’US Open, c’était légèrement plus compliqué. Il sait le battre mais choisit quand. Et si c’était l’inverse ? Belle constance

Il aurait pu naître français, ça lui aurait épargné un titre en Grand Chelem à défendre, c’était en Australie 2008. Murray n’en a pas.

Ligue des Champions : Ibracadabra

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Samuel Eto’o toujours introuvable, le Barça a encore joué sans avant-centre. Pourtant Victor Valdes empile les buts.

93e minute. Messi se fait démonter par un défenseur ukrainien, coup franc à 20 mètres, plein axe. Parfois on appelle ça un penalty. Blessé, le Ballon d’Or ne tirera pas, pas grave il y a le 7e du classement. Il est Suédois, grand, personne ne le sait vraiment mais il déteste marquer en Ligue des Champions. C’est en tremblant qu’il s’avance et pose le ballon, comment réussir à ne pas le mettre au fond ? Sa frappe fera taire tous les sceptiques, le gardien aussi qui le prendra en pleine gueule. L’arbitre peut siffler, Ibra peut lever les bras, le 17e but en 65 matches de C1 n’est pas pour ce soir.

Le Dynamo kiffe

Il peut d’autant plus lever les bras qu’il n’a pas réussi que ça de son match. Trois tirs, dont trois cadrés, Eto’o accepterait probablement de lui serrer la main s’il y avait un but à la clé. 2 coups francs obtenus, 0 ballon gagné, 15 ballons perdus dans une équipe qui a 77% de possession : on n’a vu que lui. Après dix ou quinze redoublements de passes, vingt fois par match, ses partenaires ont encore le réflexe de chercher Eto’o. C’est à leur plus grand ravissement que le nouveau Eto’o ne se contente pas d’une simple remise, il perd le ballon. Talonnades, balles piquées, centres, une-deux sans contrôle, frappes en angle impossible : Barça est un collectif, Ibra est un soliste, il invente, il crée et les Ukrainiens n’ont jamais eu autant de touches à jouer. En revanche, quand Abidal a centré dans les six mètres pour l’avant-centre, il était petit, Espagnol, milieu de terrain et meilleur joueur du match. Ibra a apprécié le spectacle barcelonais, ça lui a rappelé la saison passée. Il était à quelques centaines de mètres de l’action, qu’est-ce que ça veut dire ?

Pendant ce temps-là, le Ballon d’Or a marqué un but sur un coup franc à la Maradona, mais celui d’aujourd’hui. Merci le gardien. Sinon, c’est trois face-à-face ratés. Xavi, il a fini combien au classement ?

Bonus

Ianetta : « Zinedine,  nous on connaît les résultats du groupe de Barcelone et de l’Inter. Vous n’imaginiez pas l’élimination du champion d’Europe, pourquoi ? » Zidane : « Parce que le Barça maîtrise son sujet, on va le voir sur les images. »

Ligue des Champions : Sans Ciro

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Déjà qualifié, Laurent Blanc a envoyé un de ses petits pulls à Didier Deschamps. Mais il était évidemment trop grand pour lui. Ferrara reste en T-shirt.

Bordeaux a-t-il joué avec son équipe B ?

16 points sur 18.

Mais quand même, c’était bien une équipe B ?

Du calme, Blanc est foutu de les aligner en finale pour prouver que non. Mais dans le fond, vous n’avez pas tort, Hoffenheim cherche effectivement des attaquants pour sa réserve.

Blanc n’avait pas l’air surpris ?

Il a révélé qu’il regrettait la difficulté du groupe de l’OM.

Vous voulez dire qu’il se fout de la gueule de tout le monde ?

Il a mis une cravate satinée.

L’OM pas bon, l’OM mené, l’OM revient, l’OM y croit, l’OM en prend un deuxième. Est-ce une soirée cauchemar ?

Vous n’aviez pas vu Marseille-Milan AC, Real-Marseille, Milan AC-Marseille ?

Est-ce le pressing du Real qui a mis à terre l’OM ?

C’est probablement une erreur d’options de jeu. Arroser la tête de l’avant-centre, faire des passes en touche et laisser le surnombre aux Madrilènes sur chaque contre, Almeria n’avait pas osé le week-end dernier.

Brandao a-t-il marqué sur un superbe enchaînement contrôle frappe à la 15e ?

C’était absolument somptueux. Il était bien sûr hors-jeu.

Arbeloa et Ramos pris de vitesse par Taiwo, Abriel et Bonnart ?

Le Real avait effectivement son équipe type.

On a l’impression qu’Higuain n’a posé aucun problème à la charnière Diawara-Heinze ?

Vous oubliez Bonnart, qui allait trop vite pour son appel à la 19e et qui a taclé trop fort pour son contrôle à la 42e.

A quoi a servi le dernier quart d’heure ?

Ce n’est pas parce que Koné se fait manger, que Lucho ne réussit plus une passe, que Morientes a oublié d’enlever son survêtement et que Valbuena plonge dès qu’il peut qu’ils n’ont pas le droit de jouer.

Edouard Cissé ?

Non, lui il ne jouait pas.

On a l’impression que Marseille aurait pu jouer 3 heures, il n’y aurait pas eu plus d’occasions ?

Vous êtes dur. L’OM a quand même imposé au Real une pression terrible de la 10e à la 15e minute.

L’OM ?

Pardon, Niang.

Pour qui étaient les sifflets lors du remplacement de Brandao par Morientes ?

Parler de démission de l’entraîneur alors qu’on ne l’entend même pas, c’est tout bonnement dégueulasse.

« Après Niang, Pepe rentre avec un bandage sur le crâne. On aura donc deux pirates des Caraïbes ce soir sur la pelouse. »

Thierry Roland n’aurait pas fait mieux.

« A mon avis, ce match ne se terminera pas à 11 contre 11. Il reste une heure à jouer. »

Bien vu. Christian avait un indicateur infaillible : il y avait zéro carton à ce moment-là.

Mandanda : Consonne : L, voyelle : A, consonne : M, voyelle : A. Il y avait aussi Martini en 7 lettres.
Bonnart : Le meilleur marseillais, et il en est dégoûté.
Diawara : Blanc aime de plus en plus la qualité de relance de Ciani.
Heinze : La saison dernière, il jouait dans l’équipe d’Higuain à l’entraînement, ça aide à ne pas paniquer.
Taiwo : Pas si mauvais mais, fait étonnant, il est là depuis des années et l’OM prend des buts depuis des années.
Abriel : Le nouveau Cheyrou, surtout dans les grands matches.
Cissé : Après 90 minutes à Milan, il n’en a joué que 60 hier. Et si c’était lui la botte secrète de Deschamps ? Et si Milan n’avait pas pu battre Zurich ?
Lucho : Deux buts, un peno foiré et le néant, c’est toujours un but de plus que Brandao. Il est venu à l’OM pour quoi déjà ?
Cheyrou : Il a fini capitaine. C’est déjà ça.
Niang : Ca fait bien longtemps qu’il a perdu ses illusions, cette fois il a laissé l’épaule. Koné va être content, Deschamps c’est moins sûr.
Brandao : Cissé si facile, tout le monde peut le faire.
Koné, Valbuena, Morientes : L’Europa League arrive à grands pas.

Le duel ?

Benzema : 1 tir en 30 minutes.
Higuain : 2 tirs en 66 minutes.

Donc Higuain en est toujours à 1 but tous les matches contre Zurich en Ligue des Champions ?

On n’entraîne pas Madrid.

Pellegrini non plus.

Pardon ?

C’était pas une question.

Ligue 1, OL : Puel à mazout

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Titulariser Gassama pour un penalty et le remplacer par Clerc pour le but de la défaite. L’ANPE propose désormais des cours pour rédiger une lettre de démission.

Lloris qui a quelques doutes sur l’effectif, les joueurs qui critiquent les entraînements, une recrue qui se fait démonter pour avoir tout révélé. Ça ressemblerait à un début de crise si le préparateur physique était un peu tancé par la moitié des adducteurs de l’effectif. Ça pourrait même ressembler à une bonne grosse crise si les recrues avaient coûté un bon paquet de pognon pour amoindrir l’équipe. Même celles à 8 buts en 11 matchs ?  On ne parle même pas de la plus grosse crise de la décennie simplement à cause de 23 tirs à 11, 14 cadrés à 3, 9 corners à 2 en faveur de Lille, qui feraient suite à deux nuls contre Grenoble et Rennes. Rien de tout ça heureusement, le club est en 8e de Ligue des Champions avec un bilan qui frôle la perfection face à 3 Debrecen : 3 victoires, 1 nul, 1 défaite. Lyon n’est donc pas mort.

Un Policier criblé de Bastos

C’était à Milan, le 10 avril 2006. François Clerc se faisait chiper le ballon par Shevchenko, le meilleur Lyon de l’Histoire était éliminé en quart de C1. Trois ans et demi plus tard, quelques sélections aussi, il a accompli d’énormes progrès, c’est un Lillois qui lui fait le coup, pas vraiment un Hazard. « Clerc a été pris par la fraîcheur de Hazard », a hurlé Dugarry de joie. Hazard n’était rentré que 20 minutes plus tôt. A cette heure-là, Lloris n’avait remporté que 6 duels, il terminera à 11, la montée en puissance pour le Mondial est en marche. 5-3 à Bucarest, 2-3 contre le Bayern, 2-5 à Barcelone la saison dernière, 1-4 à Nice, 5-5 contre Marseille et maintenant 3-4 à Lille : Claude Puel entraîneur défensif, le procès était décidément injuste. Mais la vérité finit toujours par éclater, un peu comme Bousmong et Cris quand Gervinho accélère en sens inverse. Gervinho a terminé à quelle place au Ballon d’Or ?

 Juninho avait-il l’humilité de laisser sa place à 3-3 quand il faut être décisif ? Le nouveau peut-être.

Real Madrid : Le Kaka de l’Higuain

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Très bon Madrid, CR9 remuant, le Clasico a porté ses fruits  : le grand Real renaît de ses cendres sans Benzema. Quelqu’un aurait-il le score final ?

Madrid a donc réalisé le week-end dernier son meilleur match de la saison malgré la rentrée de Benzema. La presse salue unanimement l’exploit, quand la France faisait match nul avec la Roumanie et la Serbie c’était aussi le cas. Le Vestiaire s’est donc trompé sur toute la ligne. Benzema n’est pas indispensable au Real. Le Real ne perd pas quand Benzema ne joue pas l’essentiel du match. Le Real ne  perd pas quand Raul joue en même temps que Benzema. Higuain est impressionnant même quand l’adversaire n’est pas Zurich. Ibrahimovic marque aussi contre les grandes équipes. Pellegrini est la hauteur de sa fonction et ne fait jamais jouer que des milieux et attaquants axiaux ensemble. La défense du Real n’est pas catastrophique et Pepe ne commet jamais d’erreur de marquage. Barcelone n’est pas devenu une équipe quelconque du haut-niveau européen. Débriefing.

Le résultat

Selon nos informations, Barcelone l’aurait emporté 1-0. Madrid aurait cadré 2 frappes. Majestueux. Le Vestiaire ne maîtrise pas vraiment son sujet.

Le duel

Higuain : 0 tir, 0 passe, 12 ballons perdus, en 94 minutes.

Benzema : 3 tirs, 1 passe, 1 ballon perdu en 27 minutes.

Higuain est majestueux, Benzema n’existe plus. Le Vestiaire ne maîtrise pas vraiment son sujet.

Pellegrini

Benzema, Higuain, Raul, Kaka, 4 joueurs axiaux pour finir le match. Higuain titulaire plutot que Benzema qui rentre à la 70ème, et encore il garde le futur pichichi dans les pattes. Cristiano qui joue une heure en cadrant une frappe. Le Real qui perd le match le plus important de la saison face à un Barça fantomatique qui n’a tiré que 8 fois. Pellegrini a été majestueux. Le Vestiaire ne maîtrise pas vraiment son sujet.

Bonus

Les statistiques de Cristiano Ronaldo qui n’a pas pris la place de n’importe quel joueur en forme : 4 tirs, 1 cadré, 0 passe, 14 ballons perdus en 66 minutes, des chiffres que seul Higuain peut envier. Très en forme, au moins autant que Pellegrini qui a décidé de le remplacer au moment où il commençait à se sentir bien. Heureusement que le Real n’était pas mené et que l’entraîneur a la main sur son équipe, son staff et ses médecins. Le Vestiaire ne maîtrise pas vraiment son sujet.

« Le Classico de ce week-end prouve que vous n’maîtrisez pas vraiment votre sujet. Le poker peut-être ? »

ATP : En Murray vivant

Quelques jours après la fin du Masters, trois mois après la fin de la saison ATP, le Vestiaire revient sur le destin 2009 des maîtres. Aujourd’hui, l’ex futur numéro 1:  Numéro 4.

c-fou

Pour passer n°2 mondial, Andy Murray savait qu’il fallait faire encore mieux que la saison passée. C’est réussi.

C’était le 13 avril 2009 , notre spécialiste tennis un brin moqueur tournait en dérision d’autres spécialistes, ceux de l’Equipe et de Canal+. Leur crime, avoir fait de Murray le nouveau maître du tennis mondial. Federer sur le déclin, Nadal aurait du mal à rivaliser avec le nouveau monstre.

« De l’avis de tous, il est devenu l’homme à battre, pour ne pas dire l’homme battu tant son parcours en Grand Chelem est éloquent. Sa saison 2009 est époustouflante avec en point d’orgue un inoubliable huitième en Australie. Sur la terre battue, il sera à coup sûr imbattable, son deuxième tour à Barcelone parle pour lui, son troisième à Roland promet beaucoup. Après vérification, il se pourrait même qu’il ne soit pas Top 3. Etonnant, mais la compétence médiatique n’atteint pas le nombre des années. » Le Vestiaire

Le 4 mai, notre spécialiste allait plus loin, consacrant un article entier au phénomène: Un superbe portrait du futur numéro 1 mondial. Et pourtant nous étions une fois de plus loin de la vérité, Murray allait devenir numéro 2 mondial.

Ca a duré trois semaines, les trois plus belles de sa vie.
Enfin n°2, parfois tête de série n°1 de gros tournois, Andy Murray en a bien profité. Un Masters 1000 à Montreal en battant les meilleurs, ou au moins Chardy, Davydenko, Tsonga et Del Potro en finale, ça n’arrive pas tous les jours aux plus grands joueurs. Ensuite, Cincinatti et la montée en puissance, deux sets secs en demie contre Federer. Pas de finale, ça laisse plus de temps pour préparer au mieux l’apothéose : une extrémité de tableau de Grand Chelem à l’US Open.
Ca offre un parcours tranquille et la tête de série n°16 en 8e de finale. Confortable pour confirmer son statut, Cilic ne gagnera d’ailleurs que 7-6, 6-2, 6-2. Contrait de décompresser, parce que tout a été trop vite, il reprend à Valence en novembre et pas de surprise, il s’impose en battant quand même Verdasco. Suffisant pour aborder Stepanek en toute décontraction à Bercy la semaine suivante : le Tchèque ne lui mettra pas de branlée. La deuxième place mondiale attendra l’an prochain, rien ne presse Djokovic ne lui a repris que 1300 points à l’ATP et il n’est que 3e.

Ca Andy long

De toute façon, Murray ne va pas changer de méthode. Son début de saison lui a permis de devenir numéro 2, pas de raison de changer. D’ailleurs, il ne l’a pas fait : Vainqueur à Doha comme des magiciens par le passé, il fait 16e en Australie (battu par Verdasco), quarts à Roland (battu par Gonzalez avec un 6-0 à la clé) et 1/2 chez lui à Wimbledon, pas si mal contre le nouveau Sampras, favori incontournable du tournoi. La constance n’a pas de prix, et puis zéro finale ou une branlée contre Federer (US Open 2008), c’est pas si différent.

Heureusement, il reste Rotterdam et quelques Masters 1000 pour se faire du pognon et des trophées. Miami et Montreal, en fait il n’y en a pas tant que ça. Indian Wells ne compte pas, Nadal ne lui a laissé que 3 jeux en finale, le Queen’s non plus, Mahut a été au 3e tour. 66 victoires, 11 défaites, c’est quand même mieux que Del Potro. Et si c’était moins bien ?

19 tournois joués, comme Federer et Nadal, Andy fait partie du gotha. Del Potro (5e) et ses 22 tournois ne sont qu’à 245 points.
Il y en avait bien un qui était d’accord avec nous.

J’ai juste entendu parler d’un petit quelque chose. Il trouvait que j’avais un manque de respect vis-à-vis de lui. Cela me surprend. Il y a certains matches où je n’étais pas à 100% comme à Shanghaï, où j’étais malade et j’avais mal au dos. C’était visible. Je ne vais pas dire que c’est le meilleur joueur de tous les temps si j’ai mal au dos. En plus, sur ce match, j’arrive presque à le battre. Je suis toujours très honnête. J’ai dit 100.000 fois que c’est un joueur exceptionnel avec beaucoup de talent. Je pense qu’il va gagner des Grands Chelems un jour. Je pensais qu’il allait avoir du succès plus vite, je me suis peut-être montré trop sévère avec lui et il l’a pris trop personnellement. C’est dommage pour lui, mais je m’en fous un peu de ce qu’il dit parce que j’ai toujours été très correct avec lui. » Roger Federer.

L’homélie Mauresmo

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Puisque nous ne reparlerons jamais de la meilleure joueuse de l’histoire du tennis français, voici l’itinéraire d’une enfant gâteuse depuis son vrai départ début 2007 en passant par le départ de son redoutable coach. Le Vestiaire l’avait dit.

17 juillet 2007 : Le fabuleux declin

16 août 2007 : La disparition

21 septembre 2007 : L’âge de raison

« Amélie Mauresmo est revenue victorieusement au tennis, après une parenthèse de deux mois. Elle ne pense pas participer au Masters de fin d’année : aurait-elle enfin compris ? »

Amélie Mauresmo est sur la bonne pente. Elle a bien pris le temps de se ressourcer, deux mois à s’amuser avec madame sur un yacht en Sardaigne. Cette parenthèse digne d’un chef d’Etat lui a visiblement éclairci les idées. Finies les ambitions démesurées, les dépressions après avoir été sortie par n’importe quelle fille de l’Est plus jolie qu’elle dans un 3e tour de Grand Chelem. Elle sait désormais que son niveau est inférieur. « Je n’envisage pas de disputer les Masters, estime celle qui est sortie des 8 meilleures mondiales. C’est tant mieux. Comme ça, j’arrêterai la saison un peu plus tôt. Je pourrai bien bosser et être à 100% à l’Open d’Australie.» Et 100%, cela peut la conduire en quart de finale, avec un peu de chance. Avant, elle pourra remporter (comme Santoro à Dubaï) les tournois de Auckland, Gold Coast, Sydney ou Hobart, en janvier quand aucune autre joueuse n’est prête. En plus, ça fait des sous pour les vacances d’été (juste après Wimbledon) : un bateau, ça coûte cher.

Emploi à mi-temps

Car pour Mauresmo, les vacances passent désormais avant tout. Quitte à prendre des volées, autant ne jouer que quand on a un niveau potable pour gagner les premiers tours. La mâturité l’a enfin gagnée. Qu’est-ce qui a changé notre championne ? D’avoir frôlé la mort avec son appendicite ? Est-elle jalouse de Gasquet qui se tape Noah ? Hingis lui manque-t-elle ? Toujours est il qu’aujourd’hui, elle est davantage à l’écoute de son corps de feignasse. « La motivation, je l’ai retrouvée, enfin. J’ai attendu que ça me démange, que ça me titille. » Ca n’a pris que deux mois. Le temps de retrouver un niveau physique et la saison sera finie. Courage Amélie, plus que deux gros mois. »

15 octobre 2007 : Save the last chance

« Amélie Mauresmo dispute ce mardi le match le plus important de sa carrière. Un échec et c’est l’hospice… avec Tauziat.

Amélie Mauresmo a l’art de se mettre la pression. Battue depuis deux semaines au premier tour par des Russes (Dementieva et Zvonareva), la Française a soudain pris conscience de sa nullité actuelle. « Je suis une joueuse lambda » a-t-elle avoué avec l’éclair de lucidité que Cécillon regrette encore. A son échelle, elle connaît actuellement la chute de tension de l’Equipe de France de rugby. Sa Nouvelle-Zélande, c’était Wimbledon, elle avait même battu une Russe, Sharapov’. Et depuis, avec son physique de deuxième ligne, elle prend des vestes et n’arrive plus à rien. Même Camille Pin retourne ses premières balles.

La vachette dans l’arène

Son premier tour de Zurich est donc une finale de carrière. A 28 ans, elle pense toujours avoir fréquenté les cimes du tennis féminin et désespère de les (re)trouver. Contre la vachette du Péloponnèse « Dani Danilidou Daniladidou », la défaite est interdite, encore plus que contre Ivanovic au 3e tour de Roland en 2005. Une défaite et elle se fera bizuter par Sandrine Testud pour entrer au club des retraités du TC Looser. Et Chamou rangera pour de bon son millésime 2002 de Moët et Chandon à la cave, qui aurait été jadis inaugurée en grande pompe par sa femme autour d’une queue de Loth. »

20 octobre 2007 : Retour de flemme

« Amélie Mauresmo a conclu la pire saison de sa carrière sur une défaite contre l’un des frères Bondarenkov. Deux victoires en six matches, elle a bien fait d’ajourner sa retraite. Elle part en vacances épuisée mentalement.

Avec Amélie, l’histoire est un TOC. Mais au lieu de prononcer des noms d’organes sexuels, elle se contente de mauvaises blagues. Cela commence par la lassitude de cette saison. N’oublions pas qu’en plein été, après un catastrophique Wimbledon où ses rivales étaient juste à leur niveau – ce qui suffit pour la sortir -, notre Jennifer Lopez des salles de muscu a déjà plaidé la fatigue sur un yacht en Méditerrannée. Après un mois de reprise, elle vient de passer du « je ne suis pas encore revenue au top, c’est physique » à un « j’en ai marre de cette saison, je ne suis pas fâchée que 2007 se termine ». Du grand art, aussi limpide que la carrière de Di Pasquale. Sait-elle que faire du tennis est un métier ?

Ô rage, ho des espoirs

Mais le second balbutiement est plus inquiétant. Mauresmo, après son éclair de lucidité – « je suis devenue lambda » – a repris du poil de lavette. Comme au bon vieux temps, elle voit des signes, les mêmes que Chamou cherche dans les allées de Roland Garros. Son jeu serait mieux en place. « J’ai joué mon meilleur tennis depuis longtemps », a-t-elle avoué après son 1-6 dans le 3e set contreBondarenkov. « J’ai besoin de travailler. Je reste avec Loïc Courteau. » On se demande qui est l’homme dans leur couple. Si un jour, il veut réentraîner une autre joueuse, le maître psychologue qu’est Courteau ferait bien de se barrer. Car l’histoire (drôle) risque de se répéter de plus en plus souvent : « Je fais un break », annonce Mauresmo dans la foulée. »

30 Aout 2008 : « Le retour au plus haut niveau de Mauresmo est à prendre au sérieux. Les meilleures sont là, en pleine forme et Amélie est toujours en lice. Après avoir sorti deux outsiders (Dechy et Kanepi), son troisième tour face à la numéro 1 mondiale sera un vrai test. Si elle passe, la voie des quarts de finale sera grande ouverte pour la première fois en Grand Chelem depuis l’US Open, déjà, c’était il y a un siècle, en 2006. Une performance qui fera enfin fermer sa gueule au Vestiaire.
C’était une blague, les numéros 1 et 3 mondiales ne sont déjà plus là et Amélie pourrait bien annoncer sa retraite si elle ne réussit pas à passer le terrible obstacle Julie Coin, qui ne devrait en principe pas prendre la tête du classement WTA lundi prochain. »

4 septembre 2008 :  « Mauresmo : Cyrulnik lui avait déjà casé un rendez-vous pour lui expliquer qu’elle n’était pas concernée. Après deux demi-finales quand tout le monde était à Pékin, elle a frôlé les quarts en Grand Chelem. Heureusement, la terreur Penneta est passée par là. »

13 septembre 2008: Le hic Courteau

9 janvier 2009 : « Une journée après avoir failli aller au Coin, Amélie Mauresmo a signé son grand retour. En Australie, d’où elle avait ramené deux titres du Grand Chelem, une fois avec la petite coupe, une fois avec la grande. A chaque fois, elle avait presque battu la numéro 1. Cette fois-ci, c’est fait, ou presque, à cinq places près, elle l’a même torchée en jouant mieux au tennis. »

27 janvier 2009 : « Il paraît que Jankovic était numéro 1 mondiale, mais Mauresmo sait bien que ça veut rien dire. »

16 mai 2009 : Question réponse

mauresmo

perdu

8 septembre 2009:  « Pendant ce temps-là, Clijsters revient et bat tout le monde. Hénin aura bientôt envie de revenir, Mauresmo a déjà envie de partir. »

Ping pong : Les trois vermeils du monde

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Le tennis de table français est frappé d’un étrange syndrome d’homonymie. Il y a quinze ans, les trois meilleurs portaient le même nom. Dynastie ou coma ?

La valeur n’attend pas le nombre des années. Emmanuel Lebesson l’a sûrement compris, lui qui a été sacré champion de France de tennis de table en mai, évidemment dans la plus stricte intimité puisque la finale était retransmise sur Sport +. A 21 ans, il aurait pu se demander ce que son adversaire en finale faisait en face, mais il n’y avait pas de quoi : Damien Eloi n’a que 40 ans et 11/4 11/8 11/5 11/3 ça laisse pas énormément de temps pour réfléchir. Pour l’anecdote, c’était beaucoup plus dur en demi-finale contre Patrick Chila, tout juste 40 ans, qui a gagné deux sets. Heureusement, Gatien a déclaré forfait au tout dernier moment, en 2004, 36 ans à peine après sa naissance.

La symphonie de Waldner

Chila, Eloi, les années 1969, et Christophe Legoût dans tout ça ? Quatre ans de moins, un quart de finale aux Europe 2009 et toujours ce plaisir à arpenter les salles pas si remplies que ça de Pro A avec l’équipe surprise du début de saison, Istres. Malgré sa grande expérience, il apprend encore, par exemple à perdre le dernier set du match décisif en foutant en l’air 5 balles de set. C’était à Angers, Wosik et Monteiro étaient vraiment très forts, mais ça ne change rien : Legoût est toujours n°1 français, pas d’inquiétude ce n’est que la 51e place européenne. Evidemment le numéro 2 est Damien Eloi (n°64 mondial), il joue à Chartres et a cumulé lui aussi pas mal de quarts de finale européen dans une obscure catégorie appelée « double ». Pas loin derrière, Patrick Chila (n°71). Levallois profite de sa grande forme : une demie en 1994 et surtout ce 16e de finale à Atlanta 96. D’ailleurs, lors de la 3e journée, Chila a battu Legoût. On en est à combien combien ?

Pendant ce temps-là, Jean-Michel Saive est toujours 24e meilleur joueur européen. Et s’il était né en 1969 et n°1 belge depuis 85 ?

Ballon d’Or, Messi : El otro Pipe de Oro

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Le nouveau Pibe de oro est Ballon d’Or aujourd’hui, avec suffisamment d’avance pour faire oublier qu’il est celui qui le méritait le moins.

Après Cristiano Ronaldo Ballon d’Or pour sa demi-saison 2008, il paraissait difficile de trouver un nouveau lauréat qui méritait aussi peu la récompense. Pourtant France Football l’a fait. Il devait forcément finir à Barcelone, meilleure équipe de clubs de tous les temps. Yaya Touré et Xavi avaient déjà renoncé, bien que sans eux le grand Barça n’eut pas existé. Mais Christian Jeanpierre ne les connaît pas. Piqué aurait pu, mais ça faisait rire Puyol qui observait Valdes. Henry, Eto’o et Iniesta sont les meilleurs sur le terrain, c’est donc Messi qui l’a eu. Le meilleur dans l’imaginaire médiatique au moins. C’est déjà ça, en plus il fait parfois de beaux gestes.

Il est presque le meilleur buteur de son équipe

Pour être Ballon d’Or, il faut marquer beaucoup de buts. Messi l’a fait, un peu moins qu’Eto’o, l’année dernière, un peu moins que Henry l’année d’avant, un peu moins qu’Ibrahimovic cette année. C’est pas grave, il fait parfois des beaux gestes.

Il est presque le meilleur passeur de son équipe

Pour être Ballon d’Or si on est pas le meilleur buteur, il faut au moins faire des passes importantes voire décisives. Messi l’a fait, un peu moins que  Xavi l’année dernière, un peu moins qu’Henry l’année dernière, un peu moins qu’Iniesta l’année dernière, autant que Eto’o l’année dernière. C’est pas grave, il fait parfois des beaux gestes.

Il est presque le joueur décisif de son équipe

Pour être Ballon d’Or, si on n’est pas le meilleur buteur ou le meilleur passeur de son équipe, il faut au moins être décisif. Messi l’a été. Un peu moins que Henry qui a égalisé contre Lyon à l’aller. Beaucoup moins qu’Iniesta le seul joueur vraiment décisif. C’était à la dernière seconde du seul match important que le Barça aurait pu perdre, à Chelsea. Pendant ce temps, Messi était aussi sur la pelouse, comme à l’aller, au sommet de sa forme. Légèrement moins en réussite que d’habitude, il a sûrement profité des ses pertes de balle pour espérer que les défenses de Bâle, de Donetsk, du Sporting Lisbonne, du Bayern, de Lyon et du Real soient quand même prises en compte par le jury dans l’attribution du Ballon d’Or. Le concours de circonstance ne devait pas s’arrêter là, il a presque changé le cours de la finale en marquant le but important de la finale contre Manchester puisque c’est Eto’o. Mais c’est pas grave, il a au moins mis le deuxième et fait parfois des beaux gestes.

Il est presque le joueur le plus important de son équipe

Pour être Ballon d’Or, il faut que son absence se remarque à tel point que son équipe joue moins bien quand il est pas là. Cette année, le Barça marque moins. Bizarrement Messi est toujours là, Eto’o et Henry plus vraiment. L’année dernière le niveau du Barça baissait quand Iniesta jouait ailier ou pas du tout. Mais ça les stats ne le disent pas, il faut juste regarder les matches, en plus ça permet de voir Messi faire parfois de beaux gestes.

Il impressionne presque en équipe nationale

Pour être Ballon d’Or, il fallait aussi espérer que le jury ne regarde pas trop les matches internationaux. Trois buts en neuf matches, dont un contre la France en amical, ça n’impressionne pas toujours. Heureusement pour lui, Henry n’a pas qualifié la France à lui tout seul à presque 50 ans et Iniesta n’est pas avec Xavi la pierre angulaire des vainqueurs de l’Euro 2008. Ou au moins l’Espagne n’est pas cette sélection intouchable facilement qualifiée pour la Coupe du Monde. C’est pas grave, Messi fait parfois de beaux gestes avec le Barça.

Il fait presque un bon début de saison

7 buts marqués en championnat, 1 seul enC1 , plus aucun dribble qui passe même contre Bilbao. Le Barça a fait son meilleur match sans lui contre l’Inter. Le jury a bien fait d’arrêter comme d’habitude son verdict au mois de juin.

Il aurait presque mérité le Ballon d’Or

Le Ballon d’Or récompense le meilleur joueur du monde. La précision est utile puisque cette année, le jury a logiquement décidé de le remettre à n’importe quel joueur de la meilleure équipe. Le hasard ne fait pas toujours bien les choses. Il est petit, a été formé dans son club actuel et essaye de dribbler tout le temps et ne réussit plus beaucoup de beaux gestes. C’est pas grave,  il n’est pas non plus le meilleur joueur de son équipe et n’a jamais rien gagné en équipe nationale. Il y aurait bien eu un autre candidat hormis Xavi : le meilleur joueur du monde. Mais Iniesta qui s’est contenté d’être le meilleur toute la saison en maître à jouer du Barça et de marquer le seul but capital. Rien à voir avec une définition de star, c’est pas lui qui fait la jaquette de PES. Ronaldinho ne voit pas le rapport, Gerrard si.

Il est presque le nouveau Maradona

Messi est un génie presque hâtivement comparé aux plus grands. Les plus grands ont presque marqué l’histoire grâce à leur parcours de club. Ainsi Maradona a presque gagné deux Coupes du monde, Zidane a presque gagné deux Coupe du monde, Pelé en a gagné 3, Même Henry en a presque gagné deux. Cruyff en a presque une. Platini a remporté un Euro, et fait deux demi-finales de Coupe du monde. Messi n’en a presque pas encore disputé. C’est pas grave, il fait parfois de beaux gestes.

Le Ballon d’Or 2008 avait la particularité d’être le meilleur de son équipe en 2008, même quand il était mauvais. Messi ne l’était pas même quand il était bon. Unique.