Eurobasket 2011: Mon amant de Saint-Jean

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Personne ne l’appelait le Tony Parker du pauvre. Et pourtant. 

C’est ce que l’on appelle un miraculé. Débutant au club d’Evreux, Olivier Saint-Jean avait toutes les chances de réaliser une convenable carrière en Pro B. Seulement, voilà, la prophétie frappa une première fois le gentil Olivier. Il devait être le premier Français à intégrer la NBA. Mais tout s’arrêtera en Californie pour le jeune espoir, qui disparaîtra frappé une seconde fois par les oracles. Fred Weis et Alain Digbeu connaîtront la même carrière NBA.

Feu Saint-Jean

A sa place, un certain Tariq Abdul-Wahad utilisera leur passeport commun pour écumer les parquets. Le talent se monnaye si cher qu’à peine quatre clubs différents auront les moyens de s’offrir ses sept points par match, ses 38% de réussite au tir et ses trois rebonds. Mais, gêné par des blessures, la concurrence ou son niveau, il finira à son tour par disparaître. On n’échappe pas à son destin. Quelques années plus tard, Moïso ne connaîtra que cinq clubs aux Etats-Unis. Neuf à l’extérieur.

A part ça, pas la moindre pute américaine, la moindre bague ou le moindre tutoiement de Denisot.

Lavillénie 2011 : Mesnil montant

Jérôme Clavier l’avait prédit : « En passant 5,75m, je pense qu’à 90% c’est la médaille assurée. »

Renaud Lavillénie pourra aller voir Salim Sdiri tant qu’il veut, ça ne l’aidera pas à aller plus haut. L’homme qui a plus de javelots dans le foie que de titres mondiaux a vu comme tout le monde : à 5,65, 5,75, et 5,85 le futur champion du monde saute 6 mètres du premier coup. A 5,90, il saute aussi du premier coup mais 5,50 cette fois. La suite est cousue de fil blanc : un Polonais passe, puis un Cubain, puis Montel n’a plus le cœur à parler de Quinon et Renaud prend un coup dans les clarinettes.

En revanche, Montel parle de la statue qui attend le Cubain à La Havane, normal pour un gars qui améliore son record de 15cm à son troisième essai, le jour d’une finale mondiale. L’adrénaline ou le stress, il fallait choisir, Renaud a choisi. Les perches deviennent trop lourdes, il n’arrive même plus à taper dans ses mains pour le public, il attrape les barres en retombant lors du dernier essai, non sans sauter un mètre au-dessus puisqu’il est quand même le meilleur et de loin.

Couler deux bronzes

Mesnil, lui, avait bien essayé de toucher les barres, mais la gueule dans le sautoir on est toujours un peu court. Il pourra toujours se toucher le barreau en rentrant à la maison ou en courant à poil dans les rues de Paris, mais cette fois pas sûr qu’on le paye pour ça. Tant pis, ça a laissé le temps à Boyon de causer US Open avec Bubka. Oui, Jérôme Clavier a eu un autographe.

Lavillénie éliminé, Montel est réconcilié avec la perche, qui n’est plus en sommeil, contrairement à lui puisqu’il n’y a plus de Français. D’habitude les Slovènes c’est que pour Boyon. Une finale mondiale à 5,85m, ça valait effectivement le coup de chapeau de Monfort, ravi de réunir un champion d’Europe par équipes, sans équipe, en salle et en extérieur, et un Polonais inconnu avec un drapeau sur le dos. Lequel a eu droit à un sujet sur sa passion pour la moto ? Cocorico.

Pendant ce temps-là, Montel fait tout pour convaincre les dépressifs, les insomniaques, les chômeurs longue durée et les autistes de le retrouver à 3h du matin pour voir les séries et entendre Faure.

Champion du monde : And the Riner is

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C’est un club auquel Céline Lebrun n’appartiendra jamais, mais auquel Lucie Decosse et David Venditti auraient pu appartenir. Après un basketteur et un tennisman, voici le nouvel intouchable du Vestiaire. Il est judoka, même si Daniel Bilalian semble contester l’existence d’un tel sport.

Pour parvenir à entrer dans le cercle très fermé des intouchables du Vestiaire, il faut répondre à plusieurs impératifs, autres qu’une sexualité débridée et l’addiction aux galoches. Etre le meilleur au monde de façon incontestable peut y aider. Teddy Riner l’était, même lorsqu’il n’a fini que bronzé à Pékin. En cinq compétitions internationales disputées à déjà 22 ans, il n’a perdu qu’une fois, quand ça comptait vraiment, à peine moins que Brahim Asloum qui n’a perdu que deux fois en trois championnats du monde. L’avantage c’est qu’en boxe le tournoi commence en finale, ça évite de perdre du temps mais pas forcément d’être un gros nul.

Teddy vague

Au lendemain de son titre à Rio, notre spécialiste pensait Teddy invincible, il le serait encore s’il n’avait pas oublié d’attaquer Tangriev en Chine. David Douillet a pourtant encore deux longueurs d’avance avec ses deux titres olympiques. Teddy Riner est le meilleur, c’est un phénomène tout le monde le sait, tout a été dit. Cette semaine il sera encore chez Denisot, mais hélas, l’influence de Canal plus sport ne permettra pas que demain votre voisin Julien le banquier ou votre concierge Mme Lopes, pourtant de retour de vacances, aient entendu parler de son cinquième titre mondial, le quatrième qui compte vraiment. Teddy Riner va probablement devenir le plus grand champion de l’Histoire du sport français, juste derrière Patrice Martin mais on ne peut pas tout avoir. Il ne reste qu’à citer le prestigieux site du Vestiaire :

« Un physique idéal, une technique constamment perfectionnée et surtout un sens tactique inégalé. Finalement, s’il ne fait pas de moto et qu’il s’entraîne plus que Darcel Yandzi, son plus gros démon risque d’être la motivation. Sans adversaire à sa taille, il pourrait rapidement perdre le goût du haut-niveau. Et s’il peut encore y croire le temps d’effacer Douillet, qui certes prend beaucoup de place au moins dans les palmarès, on ne peut que lui souhaiter si ce n’est de perdre, au moins d’affronter autre chose que Mikhaylin, s’il veut encore être judoka à 27 ans. Yamashita et Douillet sont partis sans avoir trouvé leur maître. Inoue n’a trouvé le sien que chez les lourds, il s’appelait Teddy Riner. »

Judo : Audrey et Lucie désossent

On n’a pas tous les jours honte de ses élèves, ni de ses professeurs.

Elle s’appelle Martine Dupont, elle avait tout pour passer inaperçu. Un nom propre des plus communs, un physique d’Isabelle Carré négligée, un palmarès inconnu de la totalité des spécialistes. Et pourtant, le destin a voulu qu’elle devienne entraîneur national de judo pour les femmes, alors que la moto ou les camions lui auraient été comme un gant. Sur ce coup, le destin n’a pas été très sympa avec un grand nombre de jeunes filles qui se seraient bien vues elles aussi croquer ailleurs quand dans les fruits défendus de Martine. Dans de l’or par exemple comme les deux championnes du jour. Mais il serait injuste de tout mettre sur le dos de la coach, même si elle aime ça.

Au moins dans le cas de Lucie Louette, qui n’a semblé à aucun moment avoir déjà eu une licence dans un club. D’ailleurs, à l’issue de son dernier combat merdique, le deuxième tour, elle est restée longtemps à genoux sur le tapis, comme si elle ne connaissait pas vraiment les règles autres que celles de Martine. En sortant, Lucie a cru bon de faire croire que son prénom n’était pas qu’une coincidence : « J’étais venu pour un podium ou le titre, c’est trop dur. »  Amusant. Car dans la même catégorie -78kg, Audrey Tcheumeo était venue pour la même chose et elle l’a fait. La différence tient à pas grand chose:  un physique, un mental, quatre combats de plus et une technique : de ashi barai. Pour info, ça s’apprend avant la ceinture jaune.

Bleu Decosse

Lucie Decosse en revanche n’aime pas les femmes. Larbi Benboudaoud, la géante hollandaise de la finale et Thierry Rey : que des mecs autour d’elle. Et quand Thierry Rey encourage Lucie on lui pardonne tout : le « cette Russe » quand il parle d’une Tchèque, le  « cette Allemande » quand il parle d’une Hollandaise. Même si cette dernière a pété le nez de Lucie Decosse. Mais cette méthode non plus ne marche pas car vos cervicales finissent inexorablement par frôler le tapis. Il y a aussi une autre technique venue des Pays-Bas : la fuite. Même quand vous mesurez 3m et que vous ressemblez à l’ennemi de James Bond dans Moonraker. En même temps elle n’a pas tort,  uchi mata, arai goshi et o uchi gari elle connaissait déjà.

Pendant ce temps-là, l’intervieweur de Canal n’a eu aucun mal à conserver son titre en félicitant Dafreville : « C’est de sa faute s’il a perdu ? » avant d’envoyer une balle dans le Buffet : « C’est le rêve de médaille qui s’envole ! »

Le grand requin Blanc : Satyre Nasri

Carte blanche au requin Blanc cette semaine, qui nous a dicté une belle légende Nasri en conférence de presse, sans un mot à changer.

Il ne supportait déjà pas ses petits sourires en coin dans L’Equipe du dimanche. Alors, voir Samir Nasri dire que Manchester City c’est « the club of the future, a big project », avec non seulement l’impression de valoir ses 28 millions, mais surtout d’être parfaitement bilingue, c’était la provocation de trop. Le requin l’avait déjà mis en garde.

Marseille, Arsenal : le requin ne lui a rien épargné. Le sens du message est assez simple : lui a joué à Montpellier, mais il s’est rattrapé. « Un grand joueur se mesure à son nombre de titres. Pour l’instant… » La Coupe intertoto n’existe plus, ça fait donc zéro en comptant les coupes des villes de foire. Il y a bien quelques finales de Coupe, mais Zidane aussi les a toutes perdues. Le « mais ça va venir… » n’a pas tardé, et il a bien été prononcé sur le ton auquel Matuidi a droit quand il tente une passe vers l’avant.

Le pince William

Zidane oblige, le Minot a un bon gros boulard, alors le requin va parler de Zidane. « En 1998, il y avait un super joueur et de bons joueurs. Ce n’est plus le cas. » Evidemment, le requin s’étonne que toutes les questions tournent autour de Nasri, c’est pour ça qu’il s’est préparé un dossier de presse. « Nasri, c’est 26 sélections je crois ? C’est vous les statistiques. Ah, 23. Bon, et combien de buts ? Deux. » Contre la Géorgie et le Maroc, la précision n’était pas inutile.

Comme ça il sera déjà content d’être convoqué pour porter les bidons de Martin, qui non loin de là s’apprête à en prendre quatre contre Karkov. Nasri est bien sûr le plus fort, mais à quoi bon si Martin marque autant en un match ? « La patience, la patience… A un moment il faut agir. » Ce genre de conneries qui n’apporte rien, c’est juste pour être humiliant.

C’est alors l’heure du grand final. Est-ce un assistant de l’attaché de presse ou une âme innocente qui ose soutenir que l’équipe de France a été dépendante de Nasri comme de Ribéry ? Peu importe, c’est le marchepied vers la gloire. « L’équipe de France dépendante de Samir ? Que lui l’ait cru, peut-être, mais c’est qu’il y a une erreur quelque part. » Au choix, cette interview commandée à L’Equipe Mag, ce brassard au Luxembourg, ce camouflet à Gallas, ce titre de champion d’Europe des moins de 17 ans avec Menez, Benzema et Ben Arfa.

Pendant ce temps-là, Hoarau « pourrait nous rendre quelques services« . Qui veut un café ?

Paris-Bercy 2011 : Ugo surdimensionné

Enfin du bronze, voilà qui doit faire plaisir à Stéphane Traineau, moins à la DTN, on vous avait prévenu.

« Dans quelques jours je serai championne du monde !  » Il y a quelques jours Morgane Ribout avait annoncé la couleur, facile à retenir, c’était la même que ses cheveux dégueulasses. Quelques jours plus tard elle avait soudainement perdu un peu de sa gueule. La faute à une Britannique et c’était même pas du cricket. Quand on a été championne du monde, arriver avec les foies sur le tapis au premier tour, ça fait toujours son petit effet. Darbelet n’a pas eu ce souci, il n’a jamais voulu goûter au métal doré. Une allergie qui ne lui passera toujours pas cette année, même si son hommage à son adversaire du second tour réexpédié dans son pays en 24 secondes laissait augurer d’une issue plus joyeuse : « Attendez c’est le Cap-Vert, il est 289ème mondial« , le brillant stagiaire de Canal attendait 8 mots de conclusion, le « fait pas chier avec tes questions de merde » n’arrivera pourtant jamais. C’est sans doute pour ça qu’il s’est ensuite rendu au chevet des parents Ribout : « Vous y avez cru à un moment ? Ca vous laisse de l’amertume apparemment… » Apparemment les larmes de la maman de Morgane l’ont empêché de formuler une réponse claire, une petite gifle n’aurait pas été superflue pour la faire articuler. Avait-elle de la rancune envers Cathy Fleury, la coach de sa fille, incapable comme à son habitude d’offrir à ses pouliches autre chose que son improbable coiffure ? L’histoire ne le dit pas.

Legrand tournoi

Elles sont belles, elles sont douées mais il manquait un détail à Pénélope Bonna, Automne Pavia ou Priscilla Gneto pour faire aussi bien qu’Ugo Legrand aujourd’hui : un bon gros boulard. Pas celui qui permet d’exploser la star coréenne en 15 secondes, mais celui qui permet de se retourner avec un petit sourire de suffisance. Celui qui aide à enflammer un palais omnisport sans ce même petit sourire. Celui qui permet de prendre un air blasé à la télé après avoir remporté la repêche par yuko. Celui qui oblige à dénoncer un vol quand tu t’es bien fait claquer la gueule par un Hollandais tout pourri. Suffisant pour émouvoir son entraîneur, Daniel Fernandes, le plus beau judoka de ces 10 dernières années. On pouvait lire dans ses yeux les félicitations du maître : « Hé coco t’as pris que du bronze alors que le Hollandais c’était pas Yamashita. » Le problème c’est qu’ à force de vouloir ressembler à Daniel Fernandes, on finit par avoir les mêmes résultats.

Pendant ce temps-là, ben c’est toujours le Japon qui a inventé le judo.

Paris-Bercy 2011 : Qui a tué paumé Larose ?

« On veut de l’or ! » clamait hier la DTN à qui voulait l’entendre. Apparemment personne n’écoutait. A moins que tout cela n’ait été qu’une manoeuvre speculatrice de plus pour faire chuter les marchés. Ça pourrait bien avoir fonctionné car après cette première journée, la seule valeur refuge de l’équipe de France semble être le chocolat.

Canal + avait mis les petits plats dans les grands pour couvrir le plus grand événement sportif de ces trois derniers jours. Des costards bon marché sans cravate, des coupes de cheveux à la tondeuse et des pigistes qui ont au moins passé leur ceinture bleue. Bref, Cyril Linette n’ayant pas jugé bon de diminuer le salaire de Pierre Menes, il faut faire avec. Faire avec, c’est voir Pierre Duprat, bien loin du petit dojo à côté du centre médico-social, qui se fait cartonner par un Vénézuélien au nom colombien d’ancien footballeur montpelliérain. Décidément la Paillade a le vent en poupe en ce moment. C’est pas si mal, Duprat est jeune disent les plus grands dentistes. C’est moins vrai pour Jossinet qui aurait bien eu besoin d’un dentiste après le passage sur le dos de son adversaire américaine en hutièmes. Ça lui a donné des idées pour la suite de l’après-midi qu’elle passera dans la même position. De quoi galvaniser les bleus et les gamins de Canal qui n’hésitent plus à pénétrer sur le tapis pour réaliser l’interview d’après combat. Leur principale victime fut le brave Sofiane Milous.

L’imposant c’est pas Larose

 Si sa  journée de compétition ne restera pas dans les anales des championnats, on peut quand même lui poser la question, en mettant les formes : « Sofiane, ça doit faire mal de se faire éclater comme ça, non ? »  Issam Nour a eu plus de chance, lui a été bon. Jusqu’à un certain point, le ippon que lui collera un japonais à 10 secondes de la fin du plus beau combat de la journée. Alors qu’il menait à l’aise, c’est le moment qu’avait choisi le commentateur pour dire : » Allez Issam ne gère pas. »  Issam l’a peut-être entendu puisqu’il s’est à nouveau lancé dans son o soto gari fétiche,  pour la onzième fois en moins de 5 min. On appelle ça un spécial. Derrière Hiraoka lui a montré le sien, ça valait le déplacement. Ne rien branler du combat, attendre la faute et le contre. Le fameux algorithme japonais quand ils tombent contre des Français plus forts. Ça avait moins bien fonctionné avec Koga contre Bouras en finale à Atlanta. Ça c’était pour la matinée car vers 13h30, Thierry Rey a daigné levé son cul d’ancien champion olympique pour rejoindre ses collègues. Mal reveillé, il a à peine fait sentir que ça le faisait chier de venir aussi tôt. Surtout pour voir l’année Jossinet. Disons la 35ème. Et David Larose. Les miracles ne font pas partie du judo à part si vous êtes Ouzbek.

Pendant ce temps-là, Traineau n’était pas loin, tant mieux, la France pourrait avoir besoin de lui si elle veut des médailles même si ce sera alors surtout du bronze.

Paris-Bercy 2011 : La Jossinet empoisonnée 3

En 2008, Le Vestiaire avait célébré la fin de carrière de Frédérique Jossinet, avec les honneurs dus à son rang. Ses trois ans de tournée d’adieu vous offrent aujourd’hui un nouveau chapître additionnel.

Cécile Nowak disait à son propos qu’elle était la seule à pourvoir battre Ryoko Tamura, devenue Tani, la judokate la plus titrée de tous les temps. Tani lui colla une branlée en finale des JO d’Athènes. Elle, c’était Frédérique Jossinet et ce que Nowak ne disait pas, c’est qu’en finale à Barcelone la fille qui levait les bras à côté de Tamura s’appelait Cécile Nowak. Elle ne disait pas non plus que Jossinet n’avait jamais rien gagné sortie du continent européen, Tani oblige ou pas. Quatre ans après les mêmes étaient toujours là, à Pékin. Et comme d’habitude Jossinet et Tani étaient favorites. Cette fois, Nowak n’a rien dit, elle n’en a pas eu le temps. Jossinet, peut-être effrayée par la perspective de retrouver Tani en finale, préfèrera finir sa carrière en beauté : prendre un pion au premier tour en 25 secondes par une Kazakhe. Ça fait beaucoup. Si elle avait su que Tani perdrait en demie contre une Roumaine.

Ride de passage

Frédérique n’a donc pas tout à fait les 35 ans de Tani lorsqu’elle se propose gagner la seule victoire qui manque encore à son palmarès : une victoire. C’est à Tokyo, en 2010, que la judokate la plus douée de sa génération, mais pas la plus désinteressée, va faire mentir les études physiologiques les plus poussées. A 34 ans, on est trop vieux pour garder une vigilance intacte plus de 4 minutes et 53 secondes en quart de finale. A 34 ans on est trop vieux pour imaginer que votre adversaire, aussi lente soit-elle, va peut-être essayer de vous attaquer pour monter sur le podium en finale de repêchages. Même après quinze ans de carrière, le judo peut surprendre. La preuve en 2011, les -48 kg font dans l’inédit en inscrivant une certaine Frédérique Jossinet aux mondiaux. Le réservoir français est décidément d’une profondeur insondable. Au moins autant que la lenteur de l’uchi mata de Fred qui l’enverra une nouvelle bonne fois pour toutes à la retraite. Finir contre une Japonaise avec un mouvement japonais presque réussi, ça a de la gueule. En route pour Londres.

Euro 2011 : Laurent fini

Si un jour le monde entier a pu imaginer que la France pouvait devenir championne d’Europe voire du monde ces dix dernières années c’est bien-sûr grâce ou à cause de Parker, Rigaudeau, Dacoury ou même Dubuisson. Mais à 4 vous pouvez faire un 2 contre 2, pas forcément un 5 majeur.

 Comme le veut la tradition à l’approche d’une compétition internationale, le Vestiaire vous présente ceux qui font, ont fait ou défait le basket français. Aujourd’hui, on se souvient du prénom le plus célèbre. Gadou c’est un nom.

2 juin 1995, Villeurbanne. Dans 28 jours, la France du rêve Gomez se fera exploser par le rêve yougoslave, en quarts de finale de l’Euro. En attendant, elle affronte la Lituanie et le public découvre effaré deux jeunes joueurs de 22 ans qui s’appellent pareil. Quatorze ans, est-ce si long ? Dubuisson s’appelait-il Laurent ? Cinq ans plus tard, le 1er octobre 2000, les deux Laurent sont pourtant encore en vie et pratiquent  le même sport. Mieux, il assistent à la finale des JO. Mieux, ils n’ont même pas payé leurs places. Meilleur marqueur du match, Sciarra finit par ramener la France à quatre points des Etats-Unis. Pendant ce temps-là, Foirest achète des pop corn, 3 en 16 minutes pour être précis. La NBA les attend, elle aura un peu Rigaudeau, même si ce n’est pas la même discipline. 27 mois ont passé lorsque le 25 janvier 2003, Sciarra s’offre la Lettonie pour tirer sa révérence. Il lui est arrivé de marquer 26 points en un seul match, mais qu’attendait la NBA ? Le 2 septembre 2006, la Turquie se rend au Japon pour le jubilé Foirest, tout un symbole.

Le 20 juin 2009 les frères Laurent sont en finale des play-offs, chacun à la tête de leur franchise. Foirest a encore été le meilleur Villeurbannais avec Jeanneau. Parker demande du temps, il vient juste d’investir. Ils ont à peine 36 ans, surtout Sciarra. La NBA peut attendre, Risacher joue encore dans son Châlon.

Barça-Real : On prend les brèles et on recommence

Pour la 24ème fois en 6 mois, le championnat espagnol nous a donc offert ce qu’il sait faire de mieux.

Des defenseurs qui ne défendent pas, des apendicectomies sans anesthésies, des stars en méforme et des buts. Il n’en fallait pas plus pour que Josse, jamais avare de poncifs à la con pour vendre sa came, rappelle qu’on avait hâte d’aller se farcir la Supercoupe d’Europe car on aimerait voir le Barça tout le temps. Celui de Messi, Eto’o et Henry pourquoi pas, celui de Xabi Alonso et Khedira c’est moins sûr. Car hier soir, les Blaugrana jouaient en blanc, en terme de domination en tout cas. En face, les joueurs avec un maillot coloré n’ont eu que quatre fois le ballon, ils ne l’ont mis que trois fois dans le dos de Casillas qui a eu la bonne idée de mettre son corps en opposition sur la quatrième. Le reste ne fut qu’ une succession d’attaques ratées du futur champion d’Europe. Et le festival Benzema.

Kaka crémeux

Avant  il était gros et ne foutait rien. Désormais il est maigre et ne fout rien. On exagère, il a eu une bonne quinzaine d’occasions de briller mais les cages étaient ou un peu petites pour lui, ou Dani Alves est devenu un excellent défenseur, ou bien encore ses partenaires ne se souvenaient plus qu’il avait signé à Madrid il y a 3 ans. Bref tout a changé, Benzema aura quand même le Ballon d’Or à la fin de l’année puisqu’il a provoqué trois des quatre derniers buts du Real. Mais si Mourinho avait eu les mêmes couilles qu’en avril dernier, il l’aurait sorti comme d’habitude à la 65ème minute, instant que le Lyonnais a choisi pour errer comme au bon vieux temps d’août 2009 à janvier 2011. Mais Özil, Di Maria et Savio Coentrao ont été une fois de plus si convaincants que c’est presque passé inaperçu. Cristiano en méforme c’est moins grave, c’est que la supercoupe et il marque quand même. Heureusement pour le spectacle, la tradition a été respectée, Pepe et Marcelo ont tout fait pour ramener un os à leur chien, Higuain a été solidement hors-jeu comme dans un grand match et Özil, comme les 23 autres fois, n’a existé qu’à la 93ème minute, au moment de sortir des vestiaires pour se battre avec David Villa. C’est dans les grands moments qu’on reconnaît les grands joueurs. Mais bon si Canal le dit c’est que ça devait quand même être un match de rêve, d’ailleurs ils avaient invité le Zidane des années 1991 pour l’analyser, celui qu’on appelait JPP : « On n’est jamais blasé de gagner des titres, ils vont continuer jusqu’à ce qu’il n’aient plus faim. » Pour ceux qui auraient l’impression qu’il dit tout et son contraire dans la même tirade, c’est peut-être vrai. Mais de la part d’un mec qui a autant gagné on peut comprendre.

Pendant ce temps-là, on se demande toujours si Fabregas n’est qu’un coup marketing ou si Guardiola va modifier son système rôdé depuis 4 ans, qui n’ a remporté que 2 des 3 dernières Ligues des Champions,  juste pour intégrer un gars qui n’est pas non plus titulaire en équipe d’Espagne. 6 minutes en deux matchs n’est qu’un tout petit élément de réponse.

Lyon-Rubin Kazan : La roupette russe

 

« Kazan est une équipe qui prend plaisir à défendre ensemble. » Après tout, il n’a pas dit qu’elle aimait bien défendre ensemble.

Même avec Elie Baup, même en août, une soirée de Ligue des Champions reste une soirée de Ligue des Champions. On est à Lyon, Josse sort les diminutifs pour Lisandro et Houiller se félicite d’avoir retrouvé son poste. Cette fois, il n’est plus le DTN qui vante l’opportunité fantastique offerte par Aston Villa. « A 3-1 ça devrait passer », a-t-il pronostiqué, en bon vieux routier de la Coupe d’Europe, à la mi-temps sifflée à 2-1. Lyon ne se créait que deux occasions par minute, Kazan n’avait pas le niveau depuis à peine les 42 dernières. Il fallait oser. Il fallait aussi oser comparer Kazan à Ajaccio et Garde l’avait fait, en ajoutant qu’il avait du respect pour Ajaccio. Méfiance, Guardiola a aussi une voix douce, un look de jeune premier et des costumes sur mesure quand il balance des saloperies comme ça sur Arsenal.

Corses et Russes partagent donc quelques luxes, comme lâcher Lisandro au marquage dans les vingt derniers mètres ou défendre à six contre Bastos sans l’arrêter. En plus d’être le pire tirage possible depuis deux semaines, Kazan est aussi la seule redoutable équipe russe à jouer avec des Russes et non des Brésiliens. Ils sont quatrièmes d’un championnat avec seulement six points de retard sur la victime d’Auxerre il y a tout juste un an. Ca pue l’exploit lyonnais à plein nez.

Rubin sur l’ongle

D’ailleurs, L’Equipe ne s’est pas retenue de dire à Garde qu’il avait transmis de l’enthousiasme à ses joueurs. Effectivement, Lisandro, Gomis et Bastos marquaient déjà avec Puel, mais ils le font avec plus d’enthousiasme. Lyon savait contrer les équipes qui improvisent leur repli défensif, mais il le fait avec plus d’enthousiasme. Gonalons court encore plus partout pour récupérer les ballons que lui et Kallström viennent de perdre avec enthousiasme. Lovren haissait déjà le marquage dans la surface, mais il est encore plus enthousiaste à laisser passer l’attaquant devant. Koné est nouveau mais Diakhaté avait au moins eu la décence de ne pas venir de Guingamp. Et Lloris continue ses trois arrêts miracles par match avec un bel enthousiasme. Garde aurait-il sorti Cissokho au bout de 52 minutes avec enthousiasme ? Patience, Kolodziecjak revient bientôt du Mondial des 20 ans.

Il faut quand même le reconnaître : Lyon est dans sa meilleure forme depuis un an, presque aussi fort que quand le pire tirage possible belge en avait pris 5 il y a deux ans. Il y a forcément un déclic à 25 millions pour expliquer tout ça.

Du coq au vain (5/5) : Le talent dort

Octobre 2007. En tuant le jeu à la française, en s’appuyant sur une seule et même génération, un ancien demi de mêlée béglais laisse un champ de ruine et Jo Maso. Il aurait juste laissé le champ de ruine, on n’en serait peut-être pas là. La suite, c’est un encadrement de juniors qui va faire n’importe quoi avec ce qu’il peut.

Quelle mouche avait donc piqué Le Vestiaire pour oser demander la tête de Lièvremont il y a trois ans ?

FRANCE-ECOSSE, 5 fevrier 2011. Ceux qui arrêteront cette équipe de France ne sont pas encore sortis des bourses écossaises. C’est simple, elle n’a plus perdu un match dans le Tournoi depuis le 15 mars 2009. C’était en Angleterre (34-10) et Le Vestiaire avait alors été bien dur avec Marc Lièvremont et ses deux faire-valoir. Notre spécialiste sports régionaux doit aujourd’hui se faire une oraison : le tryo de Marcoussis a accouché d’un rouleau-compresseur taillé pour l’hiver. Si la Coupe du monde se jouait en février ou en mars, Yoann Huget verrait sûrement que Webb-Ellis n’est pas qu’une marque de chemises. La grande Ecosse, celle-là même qui n’avait pris que 49 points contre la Nouvelle-Zélande, à l’automne, avant d’en coller 3 aux Samoans, n’a pas existé dans le chaudron de Saint-Denis. Tout juste a-t-elle pu marquer trois essais ; une première sur ses dix-huit dernières sorties internationales. Il faut dire qu’elle avait en face une formidable machine offensive, qui a marqué en un seul match autant d’essais que sur tout le mois de novembre. Fidji compris.

Guilhem le suive

Comment donc expliquer une telle montée en puissance ? Palisson, Estebanez, Andreu et Porical n’ont pas trouvé de réponse, samedi soir, devant leur télé. Ca aurait peut-être été plus simple si Huget, Mermoz et Traille avaient pu se joindre à eux. On est en tout cas rassuré sur la capacité de nos Bleus à jouer sans ce dernier à l’ouverture. Le réservoir de talents est tel dans le Top 14 qu’on pourrait aussi sans doute s’en passer à l’arrière.

Parce que le XV de France aujourd’hui, ce n’est pas qu’un ouvreur champion de Tomate ou une demi-douzaine d’avants qui ne tiennent pas un ballon. C’est aussi des remplaçants si solides que toute l’équipe du Vestiaire est allée pour la première fois à la messe, dimanche, prier pour que Servat soit épargné par les blessures jusqu’en octobre. Soyons juste, quand même, avec Guilhem Guirado : il n’a pas fait une plus mauvaise entrée que Chabal ou Ducalcon.

ANGLETERRE-FRANCE, 26 février 2011. Toute la Nouvelle-Zélande tremble déjà et la Ceinture du feu du Pacifique n’y est cette fois pour rien. Même si sa belle série de deux matches sans défaite a pris fin dans le jardin anglais, la France a envoyé un message on ne peut plus Clerc à son futur adversaire du Mondial : elle peut rivaliser avec n’importe qui pendant 40 minutes. Ferme et tenace, la bande à Lièvremont prend du volume : pathétique contre l’Australie, en novembre ; ridicule contre l’Ecosse, pour l’ouverture du Tournoi ; à la rue, il y a deux semaines, en Irlande ; elle a cette fois sorti son « match le plus abouti » depuis des mois. Et dire que Médard n’était pas là.

Au Trinh où vont les choses, c’est simple, il faudrait un séisme pour que cette équipe-là n’aille pas jusqu’au bout en Nouvelle-Zélande, sur Stewart Island. Les motifs de satisfaction sont nombreux après ce France-Angleterre. D’abors, les Bleus n’ont pas attendu, cette fois, d’avoir pris trois pions pour se mettre à défendre. Ils ont su sans jouer sans Parra, sans Poitrenaud et sans ailier droit et Marc Lièvremont a vu à la vidéo « des choses intéressantes dans l’animation offensive ». Il n’a pas précisé, par contre, s’il pensait aux zéros franchissements ou aux zéros essais.

La clé sous le Palisson

Notre ancien chroniqueur Peyo Greenslip, depuis sa lune de miel à Rome, nous a aussi confié par sexto avoir vu des choses moins intéressantes, comme ces Français revenus des vestiaires avec les mêmes intentions qu’en début de match contre l’Irlande. Si Wayne Barnes avait été là, les champions d’Europe en titre n’auraient pas regretté aussi longtemps leur seule occasion d’essai, sur un jeu au pied. Mais Wayne Barnes n’était pas là, Chris Ashton a fait son saut de l’ange dans le vide et on va nous faire croire qu’il n’y aucune raison de s’inquiéter à six mois de la Coupe du monde.

Incapable, en trois ans, de pondre un plan de jeu cohérent, Marc Lièvremont masque son impuissance derrière une irascibilité nouvelle en conférence de presse. Ca nous rappelle curieusement quelqu’un. Ses joueurs ont donné à Twickenham l’image d’un groupe en autogestion à qui seul l’orgueil a permis de sauver les apparences en première mi-temps. A part ça, Chabal ne fait plus peur qu’à la femme de ménage du musée Grévin ; Huget, comme tous ceux qui le regardent jouer, ne sait pas vraiment ce qu’il fait là ; Palisson non plus ; les rhumatismes de Jauzion ne supporteront pas 25 h d’avion jusqu’à Auckland et Guirado n’a toujours pas compris pourquoi Crunch sponsorisait le match sans offrir une seule tablette.

ITALIE-FRANCE, 12 mars 2011. On se doutait bien que cette équipe-là allait finir un jour par rentrer dans l’histoire. Ca n’était pas passé loin, en novembre, contre l’Australie (16-59), mais une équipe de France avait déjà eu l’idée de prendre une valise encore plus grosse (61-10 contre la NZ en 2007). Les salauds. Aucune équipe de France n’avait par contre jamais encore perdu dans le Tournoi contre l’Italie. Et ça, personne ne pourra plus l’enlever à Lièvremont.

Il faut dire que le frère de Thomas Lièvremont avait bien préparé son coup en titularisant Chabal pour faire souffler Harinordoquy, qui n’avait pas joué en club la semaine d’avant. On est jamais trop prudent. Servat, lui, n’a pas eu le droit aux mêmes états d’âme, mais on a vite compris pourquoi après l’entrée en jeu de Guirado. Se faire prendre en photo par Midol devant son centre de rééducation permettra-t-il à Swarzeski de guérir plus vite ? Pas sûr. Regardez Marconnet : voilà quatre ans maintenant qu’il s’est pété le tibia au ski et il court toujours sur une jambe.

Welcome to Parisse

Heureusement, Huget a fait fumer les siennes pour marquer un essai d’anthologie, sur 80 mètres. C’était une semaine trop tôt. Et contre Toulouse. Mais comment voulez-vous qu’il s’y retrouve avec tous ces doublons et Bayonne qui joue aussi en bleu ? Afflelou aurait pu lui offrir une paire de Tchin-Tchin ou une copie des règles du rugby pro. Au choix. Amener volontairement un ballon en touche dans ses 22 à dix minutes de la fin pour donner le lancer aux Italiens, même Traille et Poitrenaud n’y auraient pas pensé. Mais de quoi pouvait donc bien parler Lièvremont quand il soulevait la gestion catastrophique de ses Bleus contre l’Ecosse et l’Irlande ?

Cette défaite à Flaminio, c’est d’ailleurs bien de leur faute à ces jeunes cons. Lui ne s’est « pas passé aujourd’hui de joueurs providentiels ». C’est son boulot. Il ne va pas en plus se faire chier à expliquer à ceux qu’il a pris la façon de jouer ensemble. Ils sont bien assez grands pour ça. Et puis, après tout, les Français ne sont pas passés si loin de l’exploit à Rome. A deux points près, ils étaient encore en course pour le gain du Tournoi, mais Rougerie a cru bon devoir montrer à ses potes pourquoi Clermont s’y est repris à quinze fois avant de gagner le championnat. L’absence de seconde ligne, Chabal, la vitesse d’exécution de Parra, Chabal, les 32 ans de Jauzion et Chabal ont aussi rasuré les Tonga et le Canada sur leurs chances de jouer un jour les quarts de finale d’une Coupe du monde. Nos Bleus ont au moins eu une chance dans leur malheur : le match n’a pas été diffusé au Japon.

FRANCE-PAYS DE GALLES, 19 mars 2011. Tremblez moutons, brebis et agneaux ! Fuyez mécréants à barbe ! L’Ecosse, l’Irlande et le Pays de Galles ont vu chacun leur tour de quelle cuillère en bois cette équipe de France pouvait se chauffer contre les Celtes. Si Marc Lièvremont parlait Anglais sans accent sénégalais, il aurait même coiffé cette année la Triple Crown et la Calcutta Cup. Mais il parle Français avec un accent auvergnat et on a lui piqué la semaine dernière l’infâme Trophée Garibaldi.

Quelle belle réaction d’orgueil en tout cas que celle de ses hommes au Stade de France. Totale fierté ! Respect et pénitence. Il fallait les voir enchaîner les temps de jeu et courir partout comme des Springboks en chaleur. Le premier essai est d’ailleurs venu d’une erreur de défense galloise, au terme d’une superbe action conclue en puissance après zéro passe.

Notre envoyé spécial rue Saint-Denis en a vu une sur le deuxième, amené avec la même intelligence de jeu : coup pied de contré, récupération et accélération sur trois mètres. Pourquoi faire compliqué quand James Hook a décidé de montrer à Warren Gatland qu’il pouvait aussi bien jouer au centre que sur le banc perpignanais ?

Nallet pas par là

Parlons-en, justement, du banc perpignanais et de tous ces méchants journalistes qui se demandaient comment on pouvait bien lancer un ballon en touche avec du scotch devant les yeux. Guilhem Guirado, après avoir beaucoup essayé ces dernières semaines, y est enfin parvenu samedi soir. Comme le symbole d’une équipe à qui personne n’a laissé le temps de se construire. Rendez-vous compte, l’héritier de Bernard Laporte, qui n’est pas le fils de Rachida Dati, n’a eu que trois ans et demi, à peine, pour imaginer un plan de jeu et écrire son petit livre bleu. Il a dû renvoyer chez eux tous ceux qui ne savaient pas lire et on ne risque plus de les voir avant un sacré bout de temps à Marcoussis. Enfin, on ne sait jamais. Peut-être que si… Il ne faut pas parler trop vite, après tout. Mais quand même, l’Italie… A quoi bon ? Le rétropédalage dans la semoule est un art depuis longtemps partagé à la table des Lièvremont.

Retrouvez ici les 5 dernières années de Marc Lièvremont.

Euro-2011 : La main au Collet 3

Les matches amicaux, c’est pas leur truc, aux stars NBA. Les stars NBA, c’est pas son truc, à Vincent Collet. Ca l’a jamais été.

A l’occasion de l’Euro dont Boris Diaw est comme d’habitude favori, le sélectionneur français a pris 24 points en Espagne. Ca ne lui était plus arrivé depuis que Parker l’a viré de Villeurbanne.

Antoine Rigaudeau le sait bien : c’est toujours quand on est au sommet de sa carrière qu’on fait ses preuves. A 48 ans, Vincent Collet a déjà tout connu et on commence à y voir plus clair. En 2010, l’Asvel éliminée par Le Mans en tour préliminaire d’Euroligue, c’était déjà ironique mais les clubs c’est de l’histoire ancienne.

Pas de jugement hâtif, la double casquette entraîneur de l’ASVEL-sélectionneur se méritait pourtant. C’était à force de travail, d’années à former des jeunes et surtout d’un titre de champion de France avec Le Mans une fois en huit ans qu’il y est parvenu. Collet rêvait des plus grandes compétitions : l’Euroligue et le Mondial, qui rêvaient un peu moins de Collet.

TP, la taxe professionnelle

Peu importe, le basket français a ceci de passionnant qu’il retient moins volontiers ses erreurs que ceux qui les ont commises. Michel Gomez fut rappelé au secours quinze ans après son fiasco, Vincent Collet a logiquement droit à une deuxième vie de sélectionneur après un Mondial retentissant que le seul jeu de maillots d’Ali Traoré ne suffit pas à expliquer.

Collet avait une circonstance atténuante : sans les stars, c’est difficile. D’un autre côté, ça évitait de se faire humilier par Parker à l’entraînement. Dans le basket français, c’est toujours celui qui a la casquette NBA qui a le dernier mot, voire le pognon pour investir dans l’Asvel, devenir le patron de son sélectionneur et le virer de son club. Maintenant, si Collet veut sa casquette, il peut toujours se la payer. Au-dessus de son blaser trop grand, ça lui donnera un peu de charisme en conférence de presse, pour prêcher les consignes du coach qu’il a apprises Parker.

Au besoin, Collet peut aussi demander à Noah les recettes de Papa.

La légende division 1 (4/5) : Echec et Dalmat

Du stade Gaston-Petit, les supporters de Châteauroux se souviennent de la saison 1996-1997. La Berrichonne, Tonton et Tata à Vicq-Exemplet, la Division 2, et un sentiment que le petit jeune a enfin trouvé un chez lui. C’était avant une irrésistible ascension : trois ans, trois présences en tête de gondole du France Football spécial transferts : voilà comment on devient Lensois, Marseillais et Parisien. Il côtoie pourtant Peter Luccin, mais rien n’y fait, il sait qu’il est unique. L’Inter Milan le réclame. Au bout de trois saisons, il jurera qu’il tutoie Ronaldo, mais la sanction tombe : l’Inter l’envoie à Tottenham en 2003/2004. Ni l’OM, ni Paris, ni l’Inter ne lui ont ouvert les portes des Bleus. Il entre dans l’histoire par la grande porte. Son secret ? « L’année dernière, Jacques Santini est venu me voir à Milan contre l’Ajax d’Amsterdam et Lyon en Ligue des Champions. Je n’ai pas été bon lors de ces deux matches. Après, je n’ai plus eu de nouvelles. »

Le roi chez les Lions sots

Il choisit logiquement Toulouse à l’été 2004. Un mois d’août de feu lui offre un nouveau départ, en l’occurrence, ce sera pour le Racing Santander dès le mois de juin 2005. 13 matches, 0 but, la sélection se rapproche. C’est pourquoi il réédite cette performance en 2006-2007 à Bordeaux. Orphelin d’Oruma, Sochaux se tourne vers lui et lui offre un challenge qu’il relève : être le premier club français à le retenir deux ans. Ce sera 3. Rennes en est déjà à 1.

Du coq au vain (4/5) : Le Crabos pince et dort

Octobre 2007. En tuant le jeu à la française, en s’appuyant sur une seule et même génération, un ancien demi de mêlée béglais laisse un champ de ruine et Jo Maso. Il aurait juste laissé le champ de ruine, on n’en serait peut-être pas là. La suite, c’est un encadrement de juniors qui va faire n’importe quoi avec ce qu’il peut.

noise

Le Super 14 est finalement un tout petit peu plus fort que son homonyme français, pourtant au Top. Les champions d’Europe sont finalement un tout petit peu plus nuls ques les champions du monde 2007, 2003, 1999, 1995, 1991, et 1987.

France-Afrique du Sud (17-42), juin 2010. Quarante-neuvième minute, le nouveau petit prince du rugby français, accessoirement demi d’ouverture, assure parfaitement sa passe dans les mollets de son capitaine, qui rate de peu son aile de pigeon, mais parvient quand même à servir un ailier sud-africain, qui n’a alors que 90 mètres à parcourir. Poitrenaud, bien placé en couverture, peut tranquillement admirer la fréquence de son vis-à-vis qui dépose le ballon dans l’en-but tricolore. Quel plus beau symbole que les trois meilleurs joueurs français donnant leur pleine mesure à l’unisson ?

Spring boxe

Il ne faut pas s’y tromper, à une grosse quinzaine de conneries près, les Français ont joué à leur meilleur niveau, le même qui leur fit dominer les grosses équipes européennes quelques mois auparavant. Irlandais, Anglais et Gallois auraient d’ailleurs encore pris une volée par ces Bleus, pour la simple raison que ces nations ne valent plus rien ogive entre les mains. Fallait-il vraiment se réjouir d’un Grand Chelem acquis contre personne par une équipe sans âme et autant de joueurs valides ? Qui se souvient qu’il y a longtemps, un homme que l’Hexagone a oublié malgré ses lunettes, bâtissait des murs avec les paupières de Betsen et la prostate de Pelous. Ça jouait pas, ça gagnait peu, mais ça évitait les branlées. Désormais, ça essaie de jouer, mais c’est naïf comme Bastareaud dans une soirée table de nuit. Puisque conquête, défense et discipline sont des concepts aussi tabous qu’en 1992, peut-être que le Midol n’aurait pas dû faire croire que les Bleus étaient une grosse équipe. Ça aurait évité aux tricolores de se Reichel, mais au moins Lièvremont n’est pas dépaysé et continue d’entraîner les moins de 21 ans.

France-Fidji (34-12), 13 novembre 2010. Les Néo-Zélandais étaient déjà pris, les Sud-Africains on avait déjà pris. Pas de chance. Il ne restait ce week-end plus que les Fidji pour jouer au rugby et ce n’était même pas à l’extérieur. Ce premier test d’automne avait décidément tout du match piège : un public habitué à la médiocrité, les cendres de Gareth Thomas sur la pelouse et une pluie à ne pas sortir Dussautoir de Marcoussis.

Difficile, dans ces conditions, d’espérer beaucoup du XV tricolore. On savait en plus les Fidjiens mieux préparés au crachin atlantique : la moitié d’entre eux jouent à La Rochelle. Les autres sont à Castres ou à Agen, on a d’ailleurs pu s’en rendre compte, par moments, sur les remises en jeu, les mêlées, les touches, les placages, les ballons portés, les passes sautées, le jeu au pied et quelques autres petits détails.

Good Traille

Encore fallait-il à nos Français prendre le match par le bon bout de la lorgnette. Ce qu’ils ont fait, avec courage, en ne lâchant rien d’autre que le ballon après avoir été menés au score (3-6). C’est dans ces moments-là qu’on voit les grandes équipes et Marc Liévremont a assurément couché des géants sur le papier à l’heure de faire sa liste. Lui seul pouvait avoir, à dix matches de la Coupe du monde, l’inspiration géniale de redonner une douzième chance à la doublette magique d’Aguilera, Yachvili-Traille.

La Nouvelle-Zélande est encore loin après tout. A quoi bon se trouver une équipe-type quand on peut faire plaisir à tous ses joueurs ? Les nouveaux ont en tout cas appliqué les consignes tactiques à merveille : multiplier les en-avants pour récupérer des mêlées, il fallait y penser. Ca s’appelle jouer sur ses points forts. Et Météo France est formelle : il pleut aussi parfois à Montpellier. Les avants argentins sont prévenus.

France-Argentine (15-9), 20 novembre 2010. Et une semaine plus tard à Montpellier une équipe naissait et Galthié n’y était pour rien. A force de voir arriver chaque semaine des joueurs dont on n’avait jamais entendu parler,  on avait fini par croire que Marc Lièvremont ne savait pas où il allait. C’était avant la Mosson et le récital argentin : zéro essai à zéro. Mela culpa. Le staff tricolore a donc trouvé son XV idéal. La preuve : « Les approximations des Français face à l’Argentine ont poussé les entraîneurs à miser sur la stabilité et la continuité pour préparer la réception de l’Australie ». Les stagiaires Internet du Midol sauraient-ils aussi écrire au second degré ?

Clerc obscur

A dix mois de la Coupe du monde, tous les voyants sont ovaires. On attendait de voir jouer nos Bleus au sec, on n’a pas été déçus : ils ont fini juste en-dessous de leur moyenne d’un essai par match contre l’Argentine. Pas mal, quand même, en ayant joué 80 minutes sans demi d’ouverture. Avec un peu plus de réussite, de créativité, de mouvement, de percussion, de vitesse et d’automatismes, la France aurait même pu humilier davantage les Fidjiens hispanophones. Mais ne faisons pas la fine bouche : peut-on demander à un joueur qui apprend un nouveau poste tous les trois jours de penser en plus à ne pas échapper le ballon sur les placages ? Aurélien Rougerie, son Talent d’or sous le bras, nous souffle d’autres questions : Un mec qui a pris deux intervalles peut-il être l’homme du match ? Qui de Marc Andreu ou de Vincent Clerc est le plus grand ? Damien Traille rêve-t-il encore de Josh Lewsey la nuit ?

France-Australie (16-59), 27 novembre. Les Fidji et l’Argentine n’avaient été qu’une gentille mise en bouche. Un amuse-gueule, on le savait bien : le XV de France, à part en touche, se met toujours à la hauteur de son adversaire et nos tauliers bleus avaient gardé sous la semelle plus que le gazon abîmé de la Beaujoire.

Promis juré, les Australiens et leur mêlée de tarlouzes allaient remonter dans leur Airbus Qantas le slip kangourou détrempé par quatre-vingt minutes en enfer. On allait voir ce qu’on allait voir : quinze mecs en jaune piétinés comme des Aborigènes, étouffés par les placages hauts et abasourdis par la rumeur fracassante de tous les costume-cravate du Stade de France. Avec un peu de chance, on verrait aussi du jeu et des essais, mais il ne faut jamais vendre la peau du koala avant de l’avoir plaqué.

Au Bonnaire d’édam

Ces salauds de sudistes ont pourtant gâché la belle année du rugby tricolore et son Grand Chelem triomphal. Mais avait-on déjà vu manœuvre plus fourbe ? Les Français s’attendaient à jouer les derniers vainqueurs de la Nouvelle-Zélande. Ils ont vu débarquer l’amicale des gendarmes du sud-ouest. Comment voulez-vous qu’on s’y retrouve ? Ajoutez à cela un froid polaire auquel les moustachus sont évidemment beaucoup mieux préparés et vous comprendrez pourquoi Le Vestiaire, après avoir émis quelques doutes depuis trois ans, refuse aujourd’hui de tirer sur le corbillard.

Il préfère retenir les coups de pieds variés de Morgan Parra au-dessus des regroupements : une fois en touche, l’autre à cinquante mètres. Les Wallabies n’ont pas su comment s’y prendre pendant trois minutes. Et quand bien même ils marquaient leur premier essai sans avoir à se soucier de passer par les ailes, nos Bleus, héroïques, répondaient de la plus belle des manières : personne dans cette équipe si soudée n’avait envie de se mettre en avant, alors, la mêlée s’est chargée de gratter cinq points sans même entrer dans l’embut. Ca évite les fautes de main.

L’USAP le moral

Et puis, la belle mécanique tricolore s’est enrayée après la pause et la cabane est tombée sur Médard. On a alors compris pourquoi l’USAP et sa première ligne destructrice pointaient à la dixième place du Top 14. Guirado aurait par contre peut-être dû ne pas mettre son strapping devant les yeux avant de remplacer Servat. Il aurait sans doute pu lancer un peu plus droit et apprécier le récital offensif du triangle d’or Huguet-Palisson-Porical, dont les automatismes étaient parfaitement huilés après zéro match ensemble et deux jours de boulot dans la salle télé de Marcoussis. Vincent Clerc et Clément Poitrenaud ont aussi apprécié leur sens du placement défensif sous le jeu au pied australien.

Mais était-ce bien là l’essentiel ? Lièvremont, le cœur grand, a pu faire plaisir à tous ses joueurs. Même Ouedragogo, puni devant ses parents à Montpellier, a eu cette fois l’occasion de passer à la télé sur une chaîne même pas câblée. Encore eut-il fallu qu’il porte un ballon. On a beaucoup vu Traille, en revanche, et le score s’en est ressenti. La Trinh-Duc-dépendance est de plus en plus criante en équipe de France, qui finit quand même ses tests d’automne sur un bilan positif : deux victoires, une seule défaite. Ca sent encore le Grand Chelem. Vivement le tournoi 2011.

Retrouvez ici le premier opus de 2010, les années 2009, 2008 et 2007.

La légende division 1 (3/5) : Simba do Brasil

A deux jours de la reprise, le Vestiaire continue de suivre la trace des 5 plus grands gâchis de ces 20 dernières années. Manque de chance ou manque de talent : à vous de juger.

Que penser d’un attaquant qui en 14710 minutes de championnat a marqué 49 buts ?

Les jugements hâtifs sont souvent corrompus : à 29 ans personne ne connaissait Amara Simba, à part Gérard Houiller. Hasard ou coincidence ? Puis ? il y eut le Top but de Frédéric Jaillant et Jean-Claude Dassier. Il y eut aussi Jules Bocandé, France-Pologne, et pas l’Euro 92. Même Christian Perez et Pascal Vahirua se l’offrirent pourtant. Papin et Cantona ne parlèrent plus à Fabrice Divert ; Jérôme Gnako, Stéphane Paille et Jean-Claude Nadon firent de même avec Amara. Ensuite il y eut 7 clubs mais difficile d’en citer un seul. Ceux qui trouveront cet article trop court se demanderont s’il y avait vraiment autre chose à dire sur lui. Mais le titre est pas mal.

La légende division 1 (2/5) : Thétis, 5-2, balle de match

Après plusieurs mois d’enquête, le Vestiaire a retrouvé la trace des 5 plus grands gâchis de ces 20 dernières années. Manque de chance ou de talent: à vous de juger.

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« J’aurais dû ! » S’il vous est arrivé de croiser Jean-Manuel Thétis des les travées de la Mosson ou dans un bistrot, vous avez sans doute entendu cet entêtant refrain. Oui, il aurait dû.

Mercredi 29 novembre 1989, il est à peine plus de 15 heures lorsque Jean-Manuel connaît le moment de gloire de sa carrière. Il a 18 ans et joue déjà aux côtés de Zidane et Dugarry. Ce qu’il oublie de préciser c’est qu’il y a aussi Nouma et Serredzum. L’équipe de France junior perdra ce jour-là 1-2 contre la Grèce. Mais cela n’empêche pas Jean-Manuel de poursuivre sa formation au sein du Racing Paris 1, le fameux RP1. En 1990, il aurait même dû y remporter sa première Coupe de France, mais pour cela il aurait fallu déjà jouer à Montpellier. Ça fait rien, il a cotoyé Olmeta, Ginola et même Jean-Pierre Bade et surtout il a vu Cantona. Il a vu aussi Laurent Blanc qu’il retrouvera à la rentrée suivante dans l’Hérault, car le Racing fait faillite. Jean-Manuel continue de fréquenter les stars même quand elles le sont pas encore ou qu’elles ne le seront jamais. Valderrama, Guérin, Colleter, avec eux, il aurait dû remporter la Coupe des Coupes. Après Eindhoven et le Steaua, il ne manque que Manchester et deux tours. A l’époque il n’y a ni Cantona, ni Giggs, ni Cristiano Ronaldo à Old Trafford. Pas grave, Hugues, Sharpe et Mc Clair battront Montpellier en quart, et Barcelone en finale.

Ere de D2

Mais Jean-Manuel est toujours jeune, il peut encore rêver et ne s’en prive pas. Il rêve donc au Festival de Toulon, 1992. A ses côtés, Dutruel, Blanc, Rabesandratana, Ziani, Llacer, Thuram, Dugarry encore, Ouedec et bien sûr Vairelles. Il y aura du déchet mais pourquoi en ferait-il forcément partie ? En 1994, c’est la consécration, le plus grand club français fait appel à lui : l’OM. Il aurait donc dû être champion de France. Il le sera, mais le légendaire club évolue cette année-là en D2. Pas grave, il sera champion d’Europe. C’est sans compter avec le FC Sion, un peu trop fort pour un deuxième tour. Pas grave, Jean-Manuel sait rebondir, l’Euro approche, il lui faut gagner des titres. En 1996, il aurait dû brandir la Coupe de France avec son Montpellier de coeur. Mais Nîmes fait un Ramdane d’enfer. En 1998, il aurait dû jouer la Coupe du Monde puisque ses partenaires de toujours la jouent. Disons qu’il aurait pu. Il aurait tout aussi bien pu finir ailleurs qu’en D2 espagnole ou qu’à Ipswich.

La légende division 1 (1/5): La mort erra

Après plusieurs mois d’enquête, le Vestiaire a retrouvé la trace des 5 plus grands gâchis de ces 20 dernières années. Manque de chance ou de talent: à vous de juger.

Il a volé aux riches pour terminer sa carrière chez les pauvres. Il a longtemps été promis à l’équipe de France, il a préféré rester un bleu. Les petits clubs aussi ont le droit d’attirer les vedettes.

Le jeune Daniel Moreira n’a que 19 ans lorsqu’il débute en Division 1, à Guingamp. Un but en 26 matches, il n’est pas défenseur. L’alerte est donnée, mais personne ne la reçoit. Les antennes relais des Côtes-d’Armor y sont sûrement pour quelque chose. Transféré à Lens, Moreira y alterne le pas très bon pendant trois saisons et le meilleur de sa carrière pendant une saison, nous sommes en 2001-2002. 12 buts en 31 matches, Hoarau en ferait des cauchemars. Mais les promesses sont entachées d’une cruelle suspicion : El-Hadji Diouf a aussi marqué dix buts cette saison-là. La culpabilité est établie deux ans et 17 buts plus tard. Il met quand même ses deux premières sélections chez les Bleus avec Santini dans la balance au moment de partir. Lens croit bon de ne pas le retenir et cède, la bonne fortune sourit toujours aux audacieux. Toulouse tente de monter un grand club sur les ruines de pas grand-chose. A partir de là, Daniel mort errera. Deux ans dans le sud pour un montant de 21 buts TTC, ça rapporte une sélection avec Domenech. C’était évidemment contre Chypre mais c’était juste pour faire chier Pirès. Rennes flaire le bon coup et ne le regrettera pas. 39 matches, 0 but, il se hisse au niveau des tous meilleurs en obtenant une proposition de Grenoble, promu en Ligue 1 par hasard. 4 buts en 31 matches, ça s’appelle de beaux restes. C’était juste avant d’offrir un but à Bologne. Non, Boulogne.