Federer : Le fils aux JO

Dans le fils à Jo, au restaurant face à son faux fils Tom qui joue délicieusement la comédie, Lanvin ne se démonte pas et récite le texte onctueux raturé par Guillard. Avec ses rouflaquettes du sud-ouest, il prend la salade de gésiers puis la cote de bœuf pour deux avec les pommes de terre salardaises, parce qu’on est au pays du rugby. Federer, c’est comme Jo : quand il faut faire le job pour un peu de gloire et de pognon, il fait le job.


Mettre ou ne pas mettre un terme à sa carrière, telle était la question. Depuis Roland-Garros 2010, le maître n’a plus envie de jouer au tennis, hormis quelques demi-finales de Grand Chelem. Elles ne sont plus un dû et généralement il y parvient mal préparé, mais des conférences de presse pour comparer la taille de son palmarès et de son boulard à ceux des autres, c’est trop peu pour préparer son objectif inavouable parfaitement avoué, les JO de Londres. Le maître le sait, et il a une telle confiance en lui pour gagner l’or qu’il a même demandé à Hingis si elle pouvait l’aider en double mixte. Avec Wawrinka, ça ne marque décidément personne.

Pour garder la forme, Roger fait le minimum syndical : il colle encore quelques branlées à Tsonga entre deux changements de couches à l’automne, il s’économise désormais en Masters 1000 toute l’année et une fois par saison, il revient sur un cours énervé. C’était Djokovic l’an dernier, ce doit être à Londres en 2012. Pas pour Wimbledon, on ne va pas vendre dix dimanches dans sa vie le tournoi mythique, le rêve d’une vie et toutes ces conneries à une Reine qui ne sait même pas faire un chip de revers correct. Sinon autant laisser gagner Murray, lui il y croit vraiment.

Dip purple

Les JO, pourtant, tous les joueurs le savent, c’est comme la Coupe Davis : quand on veut faire carrière, on s’en branle tout à fait sérieusement. Mais Federer ne veut pas faire carrière, il veut juste reprendre à Nadal et Djokovic ce qu’ils lui doivent. Nadal a l’or, Djokovic le bronze en simple. Le bronze, Roger l’avait coulé, c’était en 2000 contre Di Pasquale à Sydney. Au terme d’un duel accroché 7-6, 6-7, 6-3. On pourrait dire un duel de légende, mais c’était Di Pasquale juste avant une finale Kafelnikov-Haas et dans son tableau Safin avait été sorti au 1er tour par Santoro. Une légèreté qui rappelle un numéro un mondial suisse-allemand déjà vainqueur de deux Grand Chelem en 2004 et qui part préparer son sacre à l’US Open dès le 18 août grâce à Berdych, ou ce numéro un mondial suisse-allemand qui laisse son quart à Blake pour préparer un sacre à l’US Open 2008.

Pendant ce temps-là, Federer établit un record de quart de finale consécutifs en Grand Chelem. Djokovic commence à devenir un vrai trou du cul de prétentieux. En plus maintenant il pense à la Coupe Davis, l’ambition ne se perd pas aussi facilement.

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