Open d’Australie : Private Djok

Il a passé des années à se foutre de la gueule des autres joueurs pour le compte de Youtube. Maintenant, il se fout de la gueule de tout le monde. Voici pourquoi il n’a plus le droit de perdre.


Parce qu’il feint la fatigue

Le coup de moins bien contre Hewitt, passe encore, on ne peut pas être concentré deux semaines. Le cameraman de la Rod Laver, qui lui aussi savait à l’avance le résultat du match et que Djokovic dirait de toute façon à la fin que Lletyon est un combattant fabuleux, a lui aussi passé sa soirée à mater Rebecca Cartwright. Mais Djokovic a décidé de ne plus respecter personne : contre Murray, mené deux sets à un après 3h20, il boîte bas. L’abandon se profile, mais Nole choisit une alternative : coller 6-1 7-5 à Murray en une heure et demi. On comprend mieux pourquoi il boîtait quand il l’explique : une allergie, mais il n’a pas précisé si c’était seulement à cause de la tronche de Murray. 4h50, avec un jour de moins pour récupérer que Nadal qui n’a eu qu’à sortir Federer, ça sent le match à sens unique. Mais il peut aussi gagner en 6h20, puisque comme il l’expliquera, il a été « se baigner une fois dans la mer avant le match ».

Parce qu’il feint de perdre

Il faut que ça reste crédible, Mahut n’a donc marqué que deux jeux. Murray, lui, a eu un set d’avance, des balles de break et une gros calin de maman à la fin. Le coup du 7-5 au 5e, il l’a aussi fait à Nadal en finale, pourtant cette fois il avait été mené 4-2. Djokovic  ne respecte décidément plus personne, comme on laisserait Haas à deux points du match l’année où Nadal se fait sortir par Soderling à Roland-Garros. Juste pour s’amuser un peu parce que sinon c’est trop facile.

Parce qu’il feint de craindre Murray

Quand on est numéro un mondial, on sait facilement trouver les maux pour réconforter un demi-finaliste cocufié : « Andy était plus confiant cette année sur le court que l’an passé. Il a saisi ses chances en étant plus agressif et en jouant bien mieux. Cela aurait facilement pu basculer en sa faveur. Il n’était qu’à quelques points de l’emporter. Il est très proche de gagner un tournoi du Grand Chelem. Il est l’un des meilleurs joueurs au monde, ça c’est sûr. » Le tout dit au sujet d’un Ecossais qui sert des secondes moyennes à 139km/h, enfin pas la dizaine qui n’ont pas franchi le filet. Djokovic a dû déployer des trésors de concentration pour se rappeler qu’il est le meilleur retourneur du monde et qu’à ce titre, prendre le service de Murray quand il en avait besoin était une simple formalité. De toute façon, sur les points importants, Djokovic a pu s’appuyer sur son meilleur coup : les revers dans le filet de Murray.

Parce qu’il feint de craindre Nadal

Deux jours plus tard, un numéro un sait aussi reconnaître les mérites d’un finaliste valeureux. « Rafa méritait que le match continue dans un cinquième set. Vraiment, chacun de nous deux aurait pu l’emporter. J’ai senti mon corps faiblir, mais, d’un autre côté, j’étais conscient que lui non plus n’était plus aussi fort et frais sur le court. » Bel hommage à toute la filière médicale espagnole. On peut donc courir dans tous les sens pour en revenir exactement au même point : le coup droit de Nadal ne gêne pas le revers de Djoko comme celui de Federer. Quelques retours bien sentis, une ou deux montées à la volée et le tour est joué : c’est Nadal qui fait le plus de fautes directes.

Parce qu’il feint de faire de Roland sa priorité

Djokovic peut en vouloir à Federer pour deux raisons : avoir repoussé son Grand Chelem à 2012 et n’avoir gagné que seize titres majeurs. Ca va l’obliger à jouer encore au moins quatre ans, et dieu sait que combattre l’allergie au gluten est un traitement contraignant. Mais quand ton préparateur physique t’impose trois iron man par séance de deux heures, a-t-on le choix ? La rançon du succès, qui permet de courir six heures d’affilée sans suer et de frapper des smashs en bout de course. A ce prix-là, gagner Roland sera un minimum. Wimbledon et l’US, ce sera juste pour que Nadal et Federer le vouvoient.

Pendant ce temps-là, Djokovic n’a pas de marge : il n’a gagné que quinze points de plus que Murray et Nadal. Djoko est encore un gros cachottier : il faudra aussi qu’il explique pourquoi Federer arrive toujours à le battre.

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