OM-Bayern : La Kommandandatur

Un quart de finale sans gardien, c’est pas sérieux.

C’est donc à partir des quarts de finale que le foot redevient une affaire de technique. En huitièmes, le héros s’appelait Brandao, le doute était encore permis. Il ne l’est plus. S’il fallait encore une preuve, Ayew, peu importe lequel, peut dribbler tant qu’il veut avec son pied gauche, personne ne l’a encore surnommé Messi. Perdre tous ses ballons permet pourtant de se faire remarquer. La saison prochaine peut-être, on l’appellera Abedi, ce serait déjà pas si mal d’intéresser Niort.

Le grand OM cette saison, au-delà de ses promesses pour la prochaine coupe Intertoto, c’était donc une noble ambition. Celle de craindre tellement les contres adverses, qu’ils soient l’œuvre de Dortmund, Arsenal, l’Inter ou Munich, qu’on construit son jeu pour les éviter. Pour l’avoir oublié une fois, l’OM a été puni par l’Olympiakos, ce dont tous les quarts de finaliste ne peuvent se vanter.

Hier encore, Deschamps aura montré que le management est un art. Sa patience a été récompensée, désormais les joueurs se connaissent. Fanni ou Diawara dans l’axe, Valbuena ou Diarra capitaine, André ou Jordan titulaire, Amalfitano ou Abriel, André-Pierre ou Pierre-André, Bracigliano ou Andrade, Pintus ou Anigo chez le coiffeur : les hommes sont interchangeables sans que l’équipe n’en souffre. A part Mandanda et Rémy évidemment, quelle équipe un peu ambitieuse pourrait se passer de ses remplaçants d’équipe de France ?

La possibilité du nul

Pour synthétiser, Ribéry ne sait toujours pas faire une phrase. Pour synthétiser encore, Marseille reste une équipe défensive dont les meilleurs joueurs ne savent pas jouer au ballon. C’était le cas en poule, c’était le cas contre Ajaccio et Dijon, comment la tribune vide du Vélodrome aurait-elle pu être privée d’un nouveau match à l’extérieur de l’OM ? Deschamps a bien pensé à demander à Diarra d’animer le jeu mais comme ça ne peut pas réussir à tous les coups, il a plutôt opté pour défendre à 20 mètres de ses buts et demander à Valbuena de lancer Rémy en profondeur. Ca a failli marcher, le Bayern et même Calenge ont mis 20 bonnes secondes à décrypter le jeu marseillais. Et Deschamps, c’est la rigueur italienne : même à 0-1, même à 0-2, on reste organisé. L’OM a fini par réussir à contrecarrer les plans du Bayern. Azpilicueta, Diawara, Fanni et Morel se permettant même une petite passe à dix pendant les arrêts de jeu. Reich ou but, le troisième c’est jamais bon avec les Allemands.

Pendant ce temps-là, comme Higuain s’il était bon ou Van Persie s’il avait qualifié son équipe, Ibrahimovic aurait pu marquer en quart de finale de Ligue des Champions. Mais non, des hors-jeu et des contrôles ratés c’est plus fantasque.

La question interdite : Higuain doit-il se méfier de Benzema ?

Pipita ça s’écrit pas tout à fait comme pichichi. Pipi au lit c’est entre les deux.

Ses cauchemars se passent toujours de la même manière. Avec un maillot trop grand d’une taille. Ce grand garçon de Gonzalo démarre un match sur une pelouse un peu trop grande, marque éventuellement un but ou deux. Les tribunes sont pleines mais quand il se retourne, c’est Benzema qu’on félicite. Mourinho s’approche bien de lui mais juste pour lui demander s’il est bien né à Brest comme Maradona ou Messi.

Heureusement, ce n’est qu’un mauvais rêve. En réalité, le Brestois est né neuf jours avant Benzema, a disputé 43 matches cette saison et inscrit 22 buts, dont trois en Ligue des Champions. Personne ne songe donc à féliciter Benzema pour ses 7 buts en C1, qui font 26 en 41 matches. Pipita a retrouvé la grande forme des années 2009 et 2010 et cette année il a même marqué en huitième de finale de Ligue des Champions. Mais où s’arrêtera-t-il ?

Il y a deux semaines le cauchemar avait pris pour théâtre la liga. Sa liga où il est si difficile de marquer plus de buts que de matchs joués quand on joue à Levante : titulaire alors que Benzema revient de blessure, il ouvre le score. Après 69 minutes et autant de hors-jeu, il peut sortir sous l’ovation de Bernabeu, pas peu fier de voir entrer le numéro 9 du club. Un survêtement s’enfile-t-il en moins de 33 secondes ? Si oui, c’est au chaud que Gonzalo aura vu marquer Benzema. Un partout, la balle au centre mais une passe décisive dans les arrêts de jeu, ça vous coûte une Une de Marca.

Les GO de Munich

Ce n’était que partie remise jusqu’à hier soir à Nicosie. Nicosie ça sonne bien, quarts de finale de C1 un peu moins. Kaka le soulagera au bout de 62 minutes, mais lui ne marquera qu’un but. Normal, Kaka n’allait pas prendre la place d’avant-centre, alors Benzema s’est dit pourquoi pas, entre deux ballons de but sabotés par un extraterrestre Portugais de 27 ans qui s’approche des 36 buts en 81 matches européens. Benzema a pris place dans l’axe mais une demi-heure, c’est un peu juste pour un triplé, tant pis. Higuain lui apprendra peut-être un jour à en marquer, contre le Chili, l’Espanyol et le Betis en moins de quinze jours c’est tout à fait jouable. Pas besoin de courir ni de savoir faire des passes, encore moins de comprendre les déplacements de ses partenaires, il suffit juste d’attendre dans les six mètres, avec un peu de patience le ballon arrive. Le jour où Benzema arrivera à faire ça, on en reparlera peut-être. En attendant, qu’il se contente de passe décisive pour Higuain, comme samedi contre la Real Sociedad. Ca n’a rien d’humiliant.

Pendant ce temps-là, pourquoi Mourinho ferait un choix pour la finale de Munich puisqu’il a deux attaquants de même valeur ? Et s’il n’y avait pas eu cette hernie discale, on ne parlerait même pas de ce Benzema et Adebayor serait toujours là.

La Légende OM-Milan : Mozer fucker

bravo

Comment peut-on devenir le plus grand entraîneur du monde quand il n’y a ni joueur, ni club, ni sélection nationale dans son pays d’origine ? En rencontrant Bernard Tapie.

C’est l’histoire d’un club qui va battre en finale le Milan de Capello avec Abedi Pelé.  Un club qui va aller en finale avec Waddle et Abedi Pelé en battant le Milan de Sacchi. L’auteur de ce miracle, sans doute un des plus grands exploits de l’histoire du foot, s’appelle Raymond Goethals. Il n’est ni Italien, ni Hollandais, ni Portugais, ni même Français. Il est belge, comme les frères M’Penza. Comme Luc Nilis, tout sauf un Hazard. On peut donc venir d’un pays où le foot n’existe pas et faire deux finales de C1 en deux participations, rester invaincu, battre deux fois le meilleur club du monde tout ça sans Essien, Juninho, Diarra et Tiago. Difficile de faire mieux. Et pourtant, c’est possible : le faire avec des joueurs moyens, voire nuls, des joueurs qui auraient raté deux Coupe de monde successives, qui n’auraient pas passé le premier tour de l’Euro 1992, qui n’auraient été titulaires qu’en France, qui n’auraient rien gagné en sélection nationale ou qui ne seraient venus que pour une retraite bien méritée. Goethals aurait-il eu tout ça sous la main ? Vérification.

Amoros, par amour du flou

Le 29 mai 1991, Marseille affronte  l’Etoile Rouge de Belgrade. Une équipe de superlatifs, puisque son milieu est, avec la Suède 1994, France 1998-2000 et le trio lyonnais 2005-2006,  le meilleur quatre jamais aligné depuis 20 ans : Savicevic, Prosinecki, Mihajlovic et Jugovic. Pourtant la Yougoslavie sera privée de son doublé Euro-Coupe du monde pour des raisons qui lui appartiennent.

En face, Goethals aligne son habituel huit offensif : 1-5-2-3. Avec la défense de l’équipe de France Amoros-Boli-Casoni associée à Di Meco et Mozer. L’adjectif mauvais serait dur, mais il va si bien à Germain et Fournier alignés juste devant. En attaque, on mise tout sur le meilleur, Papin et ses adjoints Waddle qui est ailier et Abedi Pelé. Si on compte bien, on a donc, un latéral retraité de 29 ans, un bout de la charnière de l’équipe de France 1988-1993, un stoppeur brésilien de 31 ans qui n’aura jamais connu une finale de Coupe du monde, la doublure de Lizarazu, celle de Van Basten, l’ailier de Newcastle, Tottenham, Sheffield, Falkirk, Bradford, Sunderland, Burnley, Torquay et un  finaliste de la CAN sans oublier Germain et Fournier. Rappelons que cette équipe a sorti Milan en quarts de finale et pour éviter les sous-entendus, précisons le Milan de Berlusconi.

Deux ans plus tard, c’est avec presque pire mais sans Olmeta. Individuellement, les Marseillais, exceptés le gardien et Angloma, sont évidemment plus faibles à tous les postes, comme le prouveront brillamment Deschamps et Desailly en novembre 1993. En attaque, c’est 33 ans, une saison de haut niveau et donc une finale de CAN. Et pourtant, c’est suffisant puisque c’est Goethals qui entraîne.

Alain Bernard : Relais caillé

L’ancien recordman du monde du 100 mètres en combi, Alain Bernard, nous reçoit, tête baissée, à bord d’une estafette de l’escadron de gendarmerie de Montargis.

QUESTION : Alain, entre nous, envisagez-vous sérieusement de faire carrière dans la gendarmerie ?
ALAIN BERNARD : Je peux pas, j’ai pas de moustache. Et je m’épile le torse, ça faire rire les collègues dans le vestiaire.

Q. : Vous ont-ils aidé à appréhender la jeune femme qui vous a récemment harcelé ?
A.B. : Une vraie folle celle-là, j’ai reçu plus de 1.000 appels en trois jours, ça me fait un quatrième record du monde. En plus, je sais pas comment enlever le vibreur de mon portable, c’est pire que le Sport-Elec, j’ai chopé une hypertrophie de la cuisse.

Q. : Savez-vous de qui il s’agit ?
A.B. : Les gars m’ont dit qu’elle s’appelait Esther. Elle prétend être nageuse de haut niveau. Avec un prénom comme ça, ça m’étonnerait.

Q. : Votre célébrité nouvelle n’a pas que des mauvais côtés. Faire le plateau de Denisot, vous en rêviez ?
A.B. : J’en ai marre des rumeurs qui m’envoient au PSG. De toute façon, Michel m’a dit que ça serait Jean Todt l’entraîneur, avec Philippe Lucas, s’il ne va pas en prison. (Il s’arrête, pris d’une violente quinte de toux.) Voilà, je m’énerve et mon asthme revient.

Q. : La pollution ne risque pas d’arranger les choses à Pékin…
A.B. : C’est sûr, mais grand merci, j’ai toujours trois tubes de Vento® sur moi. (Il fouille le fond de sa poche pour les montrer et sort une poignée de pilules.)

Q. : C’est aussi pour soigner l’asthme ?
A.B. : Non, non, celles-ci sont pour mon anémie et les autres pour l’hypertension. Je n’aurais jamais pensé avoir tout ça, heureusement que les médecins de l’équipe de France veillent. Laure et Amaury auraient la même chose a priori. Ca doit être contagieux.

Q. : Est-ce que vous craignez Amaury Leveaux justement ?
A.B. : Bah je ne mange jamais de viande rouge, que du poulet de temps en temps. C’est un des secrets de ma réussite.

Q. : La fameuse combinaison Speedo en est-elle un autre ?
A.B. : La combi, ça change rien. Seb Bodet il a la même et il sera jamais champion olympique.

Propos (presque) recueillis par Roger Secrétain

La Légende JO : Dufour aboie

A quelques mois du jubilé de Laure Manaudou, Le Vestiaire se replonge dans les plus grands exploits des nageurs français aux JO. Honneur à Simon Dufour, qui en a disputé trois sans jamais rien gagner.

Comme Manaudou, il aimait rester des heures sur le dos à se demander si la douche serait chaude une fois tout ça fini. Il aimait tellement le dos, Simon, qu’il en a chopé une hernie discale. C’était en 2004, quelques mois seulement après avoir confirmé à Athènes sa médaille de bronze mondiale de 2003 avec la 6e place du 200m dos.

Quatre ans plus tôt, à Sydney, ses débuts olympiques s’étaient arrêtés dès les séries et une 17e place pleine de promesses. C’était une époque où les Français non naturalisés ne gagnaient encore rien. Alors, Simon a voulu pousser jusqu’en 2008 pour voir. 34e des séries du 200m dos, à cinq secondes de son record, il a surtout vu la Chine aux frais de la Fédé. Et comme les 550 euros de ses stages d’été, c’est toujours ça de pris.

L’Edito: La crise de foi

Publier un édito un mercredi, il fallait oser.


C’est un mois de mars hors du temps que le sport fait vivre à ses passionnés. Qui aurait cru qu’un jour on reverrait 3 Français au départ d’un grand prix de F1 sans qu’il y ait Jean Alesi et sa Japonaise dedans, ou Alesi dans sa Japonaise quand Naomi Campbell n’est pas disponible. Le reste n’est qu’une affaire de santé. Si son chirurgien n’avait pas confondu son pied avec un établi, Loïc Trebern aurait-il pu faire carrière alors qu’il ne battait même pas Olivier Delaître ? Roger Federer ne compte pas apporter de réponse, trop occupé à gagner Indian Wells, l’un des rares Grand-Chelem qu’il ne comptait pas encore à son palmarès.

Un coeur gros comme ça

Maintenant qu’on a bien pleuré, on va un peu rigoler en parlant par exemple d’Eric Abidal qui évidemment a toutes les chances de rejouer un jour au foot mais seulement si Muemba lui signe une décharge. Parfois on préférerait même qu’ils s’en sortent si on nous promettait que les 80 meilleurs rugbymen tricolores subiraient le même sort. Mais c’est impossible car les régimes protéinés sont beaucoup plus lights avec un ballon ovale c’est quand même moins lourd. Ca fait 233 mots et c’est largement suffisant.

Pendant ce temps-là Olivier Rey est parti en toute discrétion, Jean Mamère n’avait pas eu la politesse d’attendre aussi longtemps. Mon grand-père non plus mais il avait 90 ans. C’est Bernard Tapie qui doit se retourner dans sa tombe.

Gourcuff : La poule aux Seedorf

Itinéraire d’un enfant raté.


« John Mensah et Yoann Gourcuff sont toujours en phase de reprise. » Sous ses dehors de jeune loup chroniqueur à Alter éco, Rémi Garde est doté d’un solide sens de l’humour. Parler de son meneur de jeu en des termes aussi élogieux ne mange pas de pain, encore faut-il être sûr qu’il figure bien dans son effectif. Alors oui, oui, il aime les femmes et toujours avec un franc sourire, même dans une barque. Mais papa, à deux doigts de maintenir Lorient en Ligue 1, ne peut pas tout accepter.

Par exemple quand Laurent Blanc et Carlo Ancelotti s’amusent un peu. Le premier dit que pour sa liste des 23, il laisse deux places vacantes pour des joueurs offensifs qui se révéleraient en fin de saison, et cite Gourcuff. Le second pense que son ancien protégé a beaucoup de qualités sur un terrain. Les sites spécialisés ont conclu que de fils d’entraîneur lorientais, il allait se transformer en titulaire à l’Euro et vedette au PSG. Ce sont des sites spécialisés.

La sauce Bernès

Gourcuff a signé une passe presque décisive pour Ederson voici un mois, il ne peut donc être totalement exclu qu’il soit encore un joueur de foot. Pourtant, tout concordait : Bernès qui remplace Poulmaire, quatre défaites en sept titularisations, les blessures à répétition, et cette fâcheuse tendance à ne jamais prévenir quand il est rétabli. Même quand Garde lui prête un maillot, il lui rend bien vite. Question d’éducation sans doute. A Milan, Seedorf et Maldini lui ont appris les bonnes manières, comme dire oui quand un club propose 25 millions après trois buts en six mois ou mettre une serviette dans le vestiaire après la douche, comme les autres. Et surtout, ne pas dire qu’il est le meilleur et il ne l’a jamais dit, il a juste montré de temps à autre son torse nu à tout Chaban. Et qu’on ne vienne pas dire qu’il ne s’implique pas. Si Lyon en est là où il est aujourd’hui, s’il n’a plus un Euro à investir pour remplacer tout le monde, si Grenier est appelé au brillant avenir dont Malbranque et Bergougnoux ont été privés, il y est forcément pour quelque chose.

Llodra : « La coupe des vices »

Mickaël Llodra nous a donné rendez-vous dans un restaurant cambodgien du 13e. Il vient de finir sa séance de massages.

Mickaël, pourquoi avoir traité une spectatrice américaine d’origine coréenne de « Fucking Chinese » lors de votre premier tour du tournoi d’Indian Wells ?
Comment j’aurais pu voir qu’elle était Coréenne ? Ils se ressemblent tous ces gens-là.

Comment justifiez-vous de tels propos racistes ?
Mes mots n’étaient pas contre la Chine. J’aime les Chinois. Je pourrais tout à fait faire l’amour à une Chinoise.

C’est une ligne de défense un peu maladroite…
Mais il n’y a pas plus sinophile que moi ! J’y vais quatre fois par semaine grâce à la carte UGC illimitée. J’ai d’ailleurs vu tous les films de Jackie Chan.

Vous avez déjà connu l’année dernière des problèmes similaires avec un arbitre marocain auquel vous aviez rappelé qu’il n’était pas « au souk » en train de vendre des tapis…
Mes mots n’étaient pas contre le Maroc. J’aime le couscous. Je pourrais tout à fait faire l’amour à une Marocaine si elle enlève sa burqa.

Ces incidents à répétition risquent de ternir votre image…
On chercher à me faire passer pour ce que je ne suis pas. Il n’y a pas plus ouvert que moi. J’aime les latinas, les noires au gros cul et les filles de l’Est aussi. Mais avec l’amende que je viens de prendre, il va falloir que j’arrête les Roumaines pendant quelque temps.

Propos (presque) recueillis par Roger Secrétain

Inter-OM : Völler de poule

Dans la cassette OM les années champion, l’OM avait besoin d’être champion pour aller loin en Coupe d’Europe ?

Aussi fière d’exhiber les plaques rouges de son décolleté, Nathalie Ianneta n’a pas fait languir trop longtemps son réalisateur préféré : un chiffre, un seul, le 19. Dix-neuf ans après, l’OM est de nouveau en quarts de finale de C1. Ca valait bien des félicitations en duplex à André Ayew, sans carte de presse bien sûr, défaite à Ajaccio oblige.

Même sur Canal, le maquillage et les synthé ne redonnent aux gens qu’une première fraîcheur toute relative. La preuve, Papin était en sur le plateau pour analyser le match de TF1. A l’époque, Biétry n’avait même pas son numéro de portable. Eh non. France football valait 12 francs et ne sortait qu’une fois par semaine avec un sujet sur Bocandé de temps en temps. Sauzée, lui, mettait des triplés, si les fractures comptaient Diawara serait le successeur. Chaque époque mérite son leader. Cette année, enfin hier, il est venu du banc : Brandao qui remplace Valbuena et Rémy, et derrière Mandanda se charge des passes : avec ça on peut voyager. C’est huilé comme une attaque Völler-Boksic avec Ferreri sur le banc. C’est beau comme à l’époque : contrôle du dos, reprise en plein milieu. Peut-être que Boksic aurait choisi la poitrine et fait exprès, chacun ses spécialités.

Produit Boksic

Le retour du grand OM, celui dont tout le monde rêve, ce n’est pas tellement d’avoir deux fils Pelé. C’est qu’on reconnaît bien l’équipe de 93, capable de transposer en Coupe d’Europe son niveau de Division 1. Et ça marche. Deschamps est toujours là bien sûr. Il n’est pas le seul à avoir vingt ans de plus et à mériter le costard et une place de choix sur le banc : Diarra, Diawara, Cheyrou et pour les quarts Bracigliano. L’épine dorsale des grands OM a toujours fait froid dans le dos, l’axe Mandanda-Diawara-Mbia-Valbuena-Rémy ressemble bien à Barthez-Boli-Desailly-Boksic-Völler.

Il y a aussi les petits jeunes qui ont une avenir international tout tracé : Marquet en 93, Morel, Amalfitano, Nkoulou, Azpilicueta, Gignac, Kaboré, Fanni, Jordan Ayew cette année. Si les petits cochons ne les mangent pas ceux-là, on ne sait pas jusqu’où ils iront. Et dans une compétition autrement relevée : Nicosie pourrait se dresser sur la route de l’Olympe en quarts. C’est vrai qu’à l’époque, y avait pas Lyon.

Pendant ce temps-là, le Bayern n’en a mis que sept. C’est en huitièmes que la compétition commence vraiment.

France-Angleterre : Un maigre Buttin

Thierry Dusautoir devrait bientôt reprendre son rôle de sélectionneur.

William Servat, Julien Bonnaire, Lionel Nallet et Julien Dupuy ne l’avaient pas invité à leur jubilé, dimanche, et pour un peu son intrusion serait passée inaperçue. La fiche technique est pourtant formelle : Maxime Mermoz a bien remplacé Vincent Clerc à la 36e minute. C’est sa grand-mère qui a dû être contente.

Celle de Wesley Fofana aussi, mais pour d’autres raisons. Le petit a marqué contre le XV de l’arrose son quatrième essai en quatre matches. Promis, il essaiera aussi de faire des passes la prochaine fois.

L’indulgence Ouedraogo

Mais ne soyons pas trop dur avec ce XV de France encore en rodage. Les deux-tiers de l’équipe ne jouent ensemble que depuis quatre ans. Comment voulez-vous qu’elle trouve des automatismes dans ses lancements avec aussi peu de vécu ?

Contre les athlètes écossais, nos Bleus ont d’abord appris l’endurance. Puis la conservation du ballon contre l’Irlande et les coups de pied de plus dix mètres contre l’Angleterre. A Cardiff le week-end prochain, Philippe Saint-André leur montrera peut-être comment taper un drop. Les placages attendront la tournée d’été. Chaque chose en temps.

Fritz au four

Le moustachu sans moustache est toujours aussi sympathique avec les journalistes et c’est surtout ça qui compte. Pour leur faire plaisir, il a même été jusqu’à reconnaître ce lundi qu’il lui avait fallu un mois et demi pour se rendre compte que certains de ses joueurs n’avaient pas le niveau international. Patience, le jour viendra peut-être où il offrira à Rougerie la même sortie grandiose qu’à Lionel Nallet.

C’est à se demander ce qui est le plus inquiétant aujourd’hui. Que Clément Poitrenaud soit le meilleur arrière depuis deux matches ? Que les Anglais sachent jouer au rugby quand ils ne finissent pas leurs concours de lancers de nains à cinq du mat’ ? Que même Rhys Priestland est meilleur que Trinh-Duc au pied ? Ou que sept millions d’imbéciles continuent à regarder de telles daubes chaque week-end ?

Pendant ce temps-là, Yachvili se demande quelle excuse il va bien pouvoir trouver cette fois pour retourner sauver Biarritz.

Ligue des Champions, Lyon : La Garde exclusive

Lyon est toujours en C1 au printemps, mais avec Puel c’était moins sympa. Maintenant, il y a du beau jeu et une prometteuse 7e place à seulement trois points de Toulouse et Saint-Etienne. Et encore, tout ça sans Gava.

Dans le plus grand secret, le Vestiaire enquête depuis la victoire sur tapis vert de Zagreb. Plus difficile est le challenge du printemps : pour se qualifier pour une nouvelle C1, il faudra la gagner. En même temps, les preuves s’accumulent : Rémi Garde n’est pas ce qu’on appelle un bon entraîneur.

L’honnêteté intellectuelle du Vestiaire, jamais mise en cause même par les plus grands apôtres de Babak Amir Tamasseb, nous commande de nous taire. Relever aujourd’hui que la huitième défaite lyonnaise en douze déplacements, alors même que Jean-Michel Aulas négocie une prolongation de contrat avec son entraîneur, qui s’appelle Rémi Garde, serait injuste. Déplacé après tout ce qu’il a accompli depuis son arrivée. Lyon, 3e, payait les années Puel, ce traître même pas capable de prendre moins de cinq points de plus que Garde après 26 journées. On comprend mieux pourquoi il était détesté de tout l’effectif. Même la star Lisandro, sans parler un mot de français à part lésion, contracture et déchirure, n’en pouvait plus.

Cris d’adolescence

Rémi Garde est différent : humble, comme tous ceux qui portent des cravates sans avoir l’air de le mériter. Pas le genre à réclamer cinq millions pour licenciement abusif, ni à garder pour lui deux buts d’avance contre le PSG. Jamais un mot plus haut que l’autre, le sens de la mesure et cette autorité naturelle qui sied aux grands meneurs d’hommes. La main de velours dans un gant de fer, qui maintient le capitanat à Cris, un peu plus fini qu’hier mais moins que demain. Les deux hommes marchent main dans la main pour la reconstruction après l’exode de l’été : Toulalan, Pjanic, Delgado, Diakhaté. A deux éléments près, l’épine dorsale du huitième de finaliste de Coupe de la Ligue de la saison dernière, excusez du peu. Garde n’a hérité que de Lloris, Cris, Cissokho, Réveillère, Lovren, Kallström, Gourcuff, Gonalons, Bastos, Briand, Ederson, Gomis et Lisandro. Plus du tout la même équipe, mais avec ça, les gens voudraient qu’ils fassent au moins aussi bien que son prédécesseur. Allez expliquer à Cris que courir reste important pour un joueur de football quand vous vous prénommez Rémi. Puel, il s’appelait Claude et il avait l’air méchant quand le public l’insultait. C’était quand même plus facile de ne pas perdre contre Caen, à Valenciennes et à Nancy.

Pendant ce temps-là, Garde aimerait être à la place de Koscielny ce soir pour que Dominique Armand déchire devant lui sa deuxième carte de presse. Merci un soir d’élimination, ça aurait de la gueule.

France-Irlande : Maestri sans maestro

Encore un France-Irlande annulé, la malédiction ne quitte plus Saint-André.


Au coup de sifflet final Mathieu Lartot avait du mal à retenir ses larmes. Il allait enfin pouvoir pisser après s’être retenu pendant près de 40 minutes. C’est sans doute ce que Galthié retiendra du match puis qu’apparemment il ne l’a pas regardé. On ne peut pas lui en vouloir. Sinon comment expliquer le « match parfait de Clément Poitrenaud en attaque comme en défense. » En attaque pourquoi pas, si la France avait marqué 3 essais, peut-être en aurait-il mis deux. En défense aussi pourquoi pas, s’il n’est pas le Clement Poitrenaud de la 38ème minute, celui qui se fait lober, puis déposé par Bowe avant d’aller tranquillement se replacer entre les poteaux pour attendre la transformation.

Saint-André priez pour nous

Mais Galthié était assez lucide pour ne pas réclamer le talent d’or pour Blanco. Philippe Lafon aurait pu. Loin de son IUT tourangeau il s’est permis quelque libertés avec sa carte de presse qui pourrait terminer au même endroit que les reste du banquet de troisième mi-temps. Cette fois, il n’a pas servi la soupe salée à Marc Madiot mais s’est permis une offensante question à Maestri la star d’un jour : « Yoann vous avez été énorme aujourd’hui« . Que pouvait répondre Yoann qui lui se souvenait encore du score final même 15 secondes après la fin du match : « Si on avait été énorme on aurait gagné. » Le journalisme est un métier, rugbyman aussi. Officiellement, en tout cas, c’est celui de Morgan Parra et François Trinh-Duc. Désormais la touche, la possession et la mêlées sont bleues. Saint-André a une semaine pour leur apprendre à boire sans sans s’en foutre partout. Les attaques placées et le décalage ça peut attendre. En même temps, on ne peut pas leur en vouloir:  le « Première passe, tu percutes », marchait bien dans les bordels néo-zélandais. Ah, le french flair.

Mormeck et la littérature : Le retour du Comte démonté Tiozzo

Les plus grands auteurs sont morts, mais des intellectuels sont parfois tentés de rajouter un chapitre à leurs oeuvres les plus dramatiques.

comte

Il portait un joli nom pour donner des coups mais aussi pour en prendre. Et pourtant, ce n’était pas qu’un homonyme de Christophe Tiozzo : c’était son frère. Il était moins bon, se tapait beaucoup moins de gonzesses, gagnait moins de fric, en perdait moins aussi, prenait moins de coke et était moins connu. Mais il perdait autant.

12 rounds et une défaite aux points

Le 3 avril 1993, Fab n’a que 24 ans et les hanches lestées d’aucun titre lorsqu’il est cueilli à froid par le redoutable Virgil Hill, champion du monde en titre, après douze rounds très disputés. La défaite est amère mais elle est logique. Pourtant, pendant sept ans, Fabrice va ourdir la plus terrible des vengeances.
Très méthodique, il apprend à lire et se plonge dans le roman immoral d’Alexandre Dumas. Emprisonné injustement dans une image de nul, Fabrice, pour une fois très inspiré, change son identité en écrasant tous ceux qui se mettront sur son chemin. Son Abbé Faria sera Don King qui, croyant avoir affaire à un vrai champion, lui offre du pognon. La mystification est parfaite, la littérature a parfois bon dos.

1 round et une branlée aux poings

McCallum, Branco et Miller payent leur irrévérence.
Le 9 décembre 2000 est la date choisie pour mettre un point final à son immonde machination. Virgil Hill ne se doute de rien. Il a 36 ans. Quasi grabataire, pour lui la boxe n’est qu’un lointain souvenir. Pourtant, des liasses de papier de marque dollar vont avoir raison de sa retraite. Virgil peine à marcher, mais Fabrice se répand quand même dans la presse et lui promet un calvaire abyssal. Mais une agonie rapide. Les victoires sont toujours plus belles quand elles sont annoncées même si elles sont écrites à l’avance:  « Ce combat (de 1993, ndlr), je l’ai revu des centaines de fois … Je me souviens de tout. Il m’a hanté des nuits entières… Cette fois, j’ai de l’expérience. Je vais gagner et je vais adorer cette victoire. »

Jean-Claude Bouttier n’avait pas prévu qu’il serait couché à minuit, Fabrice Tiozzo non plus. Deux minutes et 59 secondes plus tard, il n’a utilisé que trois fois le tapis comme matelas. Déjà une petite victoire, il l’avait dit. Pourtant, il pleure.

Ecosse-France : Poitrenaud faut

Que mangera Maxime Médard en famille dimanche ?

C’est un phénomène étrange, qu’on avait déjà semblé voir contre les Tonga en Coupe du monde. A chaque fois que le XV de France est sur un terrain, son adversaire hausse tellement son niveau de jeu qu’il lui est impossible d’en développer. Contre l’Italie, déjà, nos Bleus n’avaient pas le touché le  ballon pendant une demi-heure. Mais Saint-André, lucide, avait clairement identifié les lacunes de son équipe : « On a pu voir chez les Italiens la marque de leur nouvel entraîneur français. » On l’a un peu moins vue ce week-end en Irlande.

Pareil contre l’Ecosse. Pour éviter d’en perdre, la France n’a pas gardé le ballon. Il faut dire que les Ecossais, éliminés au premier tour de la Coupe du monde, sont devenus la référence internationale en quelques mois à peine. Saint-André : « S’il sont capables de tenir comme ça durant 80 minutes, ils vont être champions du monde. » Ne les confondez surtout pas avec ce vulgaire XV du Chardon qui avait déjà perdu contre l’Angleterre et le pays de Galles. Non, celui que Picamoles et Swarzeski ont regardé joué dimanche était sur une autre planète physiquement. « On va peut-être d’abord chercher des athlètes et ensuite leur apprendre à jouer au rugby. » Dommage que Dwain Chambers soit Anglais.

L’infériorité physique des Français n’a absolument rien à voir avec la moyenne d’âge d’un groupe qui regardera la prochaine Coupe du monde devant la télé. La preuve : Trinh-Duc n’a pas 26 ans et il a réussi à être un peu plus mauvais que Rougerie à Murrayfield. C’est fort. Médard ne craint plus les placages depuis qu’il suit le même régime que Poux et Clerc sait qu’il n’a plus le droit de marquer un essai s’il veut continuer à être appelé chez les Bleus. Il a toujours le droit de faire des placages, mais c’est un geste devenu tellement accessoire dans le rugby moderne que les Français ont commencé à s’en passer contre l’Ecosse. Prudence tout de même : si l’Irlande est capable de courir pendant 80 minutes sans faire tomber un ballon, ils seront certainement champions du monde en 2015.

Allemagne-France : Le Werder de brêles

Wiese n’a rien arrêté, Klose n’a rien marqué, Ozil s’est contenté de dribbler Cabaye : le Werder n’avait même pas eu besoin d’eux pour battre Monaco.

Un match en Allemagne, en dehors du fait que les Français le gagnent toujours si l’Allemagne n’est ni fédérale, ni démocratique, ni national-socialiste, est toujours du plus vif intérêt. Le premier enseignement de ce match vient comme d’habitude de Ribéry, qui n’aime jamais tant les pelouses de Bundesliga que quand elles sont piétinées par des équipes de Bundesliga, voire quand elles montrent leurs nibards en plastiques à la une de Paris match. Ce n’était pas le cas hier, Ribéry a été à chier, mais il avait une béquille. Ca fait deux ans et demi qu’il a une béquille.

Le requin marteau

Il faudrait donc songer à le remplacer, et ça tombe bien, il y a désormais du monde pour faire son boulot. Menez a l’avantage de courir vite et de manquer les passes les plus simples, c’est tentant. Malouda, lui, a marqué mais il joue toujours à Chelsea. Inutile d’être blessant, Nasri joue à Manchester City et Cabaye à Newcastle et ça ne les empêche pas d’être titulaires. La nouveauté, c’est qu’ils n’ont pas été plus mauvais que ça, si le ça est une défense Hummels-Badstuber. Tiens, Badstuber, c’est de lui dont le Vestiaire parlait quand le Bayern en prenait 5 au Camp Nou ?
Pour aller loin dans une compétition, il faut bien sûr avoir une défense ou quelque chose qui y ressemble. Lloris par exemple, ça évitera à trop de monde de dire que M’Vila et Cabaye se sont fait marcher sur la gueule. M’Vila avait tellement envie d’aller au petit coin qu’il a inondé ses chaussures. Impossible dans ces conditions de faire une passe correcte, mais ce n’est pas Diarra qui va lui faire la leçon. En plus on s’en fout, puisque maintenant la France est favorite pour l’Euro et que c’est Debuchy le meilleur. Si l’Allemagne voulait l’être, elle n’avait qu’à aligner Neuer.


Pendant ce temps-là, il y a Giroud. Donc il n’y a plus Hoarau ni Gameiro. Mais qui c’est le champion de France ?