France-Espagne : La sangria coule dans Cévennes

Le requin Blanc aurait-il dû se retenir de rire quand Hugo Lloris a dit que le groupe vivait bien ?

C’est un grand match comme il en a longtemps voulu, et pourtant le requin a très peur de regretter la soirée Simpson sur W9. Il n’avait quand même pas quitté Bordeaux pour se farcir une soirée tapas avec Boghossian mais cette fois, Le Graët tient à ce qu’il soit sur le banc un samedi soir. Et Le Graët, c’est lui qui paie son contrat de 35h mensuelles et l’abonnement Canal pour superviser les internationaux qui passent tous par la Gironde le week-end, une chance.

L’Espagne, il n’était pas contre, on peut même penser qu’il prépare minutieusement le branlée qu’il va coller au Barça depuis le titre de champion d’Europe 2010 des Girondins. Il a tout anticipé : que Ménez soit nul, que Ben Arfa soit nul, que Nasri soit nul parce qu’il est bon et que Benzema soit bon, mais pas assez, donc nul. Il a beau retourner ça dans tous les sens, parler de la masse grasse de Mexès, dire que Rami est un nounours, rappeler que Koscielny a joué en Ligue 2, il ne voit toujours pas comment les Espagnols pourraient aller en demi-finale. « Il n’y a pas photo entre eux et nous. Avec eux, tu t’adaptes parce qu’ils ont le ballon les deux tiers du temps. » On aurait presque cru à une capitulation si Pétain avait été dans la salle ou si Blanc n’avait pas ajouté que « la Croatie a eu sa chance ». Ca tombe bien, il avait justement prévu de longue date un larynx croate pour la messe noire.

A Xavi, à la mort

Devant un parterre de journalistes larmoyants, qui ont vu dans ses mots la morgue du futur éliminé, le requin a pourtant fait éructer ses branchies mais il fallait tendre l’oreille. Pas pour râler après une question sur le clash du vestiaire contre la Suède, il n’en a rien à foutre d’en reparler puisque c’est lui qui l’a provoqué : Diarra et Nasri échangeaient poliment quand Blanc est entré pour féliciter ses remplaçants, avant de s’étonner que Ben Arfa n’appelle pas ses parents pour raconter sa soirée chez les grands. Il a raté le début mais ce n’est pas de sa faute, la télé lui demandait de remercier Mexès pour le service rendu. « Des choses ont été dites et acceptées. » Une vraie approche de requin, indirecte et sournoise : les joueurs ont fini par admettre que s’ils perdaient, ce serait uniquement de leur faute et à cause de leur niveau de merde. « Cabaye est devenu un joueur indispensable, oui. »

« Des grands matches, j’en ai joués », aime rappeler le requin quand on lui demande ce que vaut son équipe. En revanche, le prédateur cévenol garde sa retenue cévenole quand il parle de l’adversaire, toujours avec classe. « Ils ont une ossature de super joueurs du Barça et du Real. » Mata a donc gagné la Ligue des Champions avec Chelsea et il pue du cul, et d’ailleurs Del Bosque n’est pas loin d’être d’accord. « L’Espagne a tout le temps eu de supers joueurs. Mais avant ils ne gagnaient pas. » Avant, c’était quand Blanc était dans le circuit.

Pendant ce temps-là, l’Allemagne se promène en quarts de finale avec ses remplaçants, dont Ozil. Dommage d’être si fragile en finale.

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