Domenech/Sublet : Raymond, c’est avoue

A quoi sert de payer un conseiller en communication de crise ?

Si vous vous posez cette question c’est que vous n’êtes pas Raymond Domenech. Au delà de tout le pognon qu’il a pris au poste de sélectionneur auquel il ne s’est accroché que « parce qu’il avait l’espoir de devenir champion du monde après être passé si près« , on a toujours besoin d’un petit supplément au million pris lors de son départ de la FFF. On ne sait jamais, si Estelle se fait encore augmenter.
Mais pourquoi avoir attendu 2 ans pour publier ses mémoires ? Pour Sublet, désireuse de coincer son interlocuteur comme Laurent Weil le fait si bien quand il demande à Luc Besson s’il a conscience d’être une légende, c’est qu’il a pris le temps de la réflexion. Mais Raymond avait une meilleure explication, il suffisait de lui demander : « Car l’éditeur a choisi le moment opportun pour buzzer et faire du fric. » Non, on déconne, il a dit qu’il avait envie d’oublier tout ça. Quelle meilleure façon de le faire que de publier un livre dans un moment où l’actualité sportive est si intense qu’on ne parlera que de ça. Au coeur de cette interview magique, il fallait bien à un moment en arriver au contenu du livre : quelles explications à son manque de résultat, à son manque d’autorité ? Incompétence ? Sublet intransigeante a préféré évoquer avec lui l’anecdote qu’il a inventé où son fils lui demandait s’il allait finir en prison. N’allez pas croire à une géniale instrumentalisation du petit Merlin pour lui éviter de sous-entendre que la presse le traitait comme un criminel. A moins que ça soit finalement bien ça, mais Alessandra en était déjà à lui demander s’il cuisinait et Raymond de rétorquer sans se démonter qu’il sait faire les pates et les tomates. Abdel le cuistot un poil plus professionnel a tiqué sur le « faire les tomates » qui ne voulait rien dire. Alessandra a su lui demander s’il voulait dire qu’il avait un potager et non qu’il essayait de se rendre sympathique alors qu’il en avait rien à foutre de la question. « C’est mignon, on en apprend des choses dans cette émission. »

Merlin l’emmerdeur

On apprend surtout que Raymond est aussi gentil qu’à l’époque où il se foutait ouvertement de la gueule du monde quand Sublet lance un magneto qu’il n’a pas le temps d’écouter ni de regarder : « Ca m’intéresse, mais ça à l’air très bon ce que vous avez préparé« . Ca avait l’air très bon aussi la reprise de Véronique Sanson par une humoriste à la fin de l’émission qui voulait que Raymond chante un peu, devant l’air un brin agacé de Domenech qui aurait encore préféré nettoyer les crampons d’Anelka comme à la grande époque. A part ça, son grand regret c’est de ne pas avoir le bac et que les joueurs gagnent trop aujourd’hui pour ne pas tout se permettre. On saluera au passage l’intervention de Vernon, exhumé pour l’occasion, qui a rappelé que Domenech avait révolutionné le poste de défenseur. Le fameux Raymond Beckenbauer c’était donc lui. Le boucher aussi même si « ce sont des histoires de journalistes qui n’ont rien à dire d’autres. » Et donc ce palmarès vierge ?

Pendant ce temps-là sans Domenech et Blanc on se fait quand même bien chier. Autant se lancer dans des paris sportifs.

L’Edito : La curée de Camaret

Pour la reprise officielle de ses activités après la traditionnelle pose hivernale de 8 mois et le recyclage d’un article biathlon, le Vestiaire voulait démarrer sa saison avec le mythique épisode bonus du Domenech show diffusé sur France 5 mardi dernier, devant une Alessandra Sublet qui n’a très probablement pas inventé l’eau tiède, ni le fil à couper le beurre comme le veulent ces expressions populaires pour signifier qu’une personne pourrait aussi bien manger du foin. Finalement nous choisissions d’opter pour le service après-vente des Espoirs du foot français qui après avoir pris un taxi sur un coup de tête à minuit pour faire Le Havre-Paris à trois jours d’un match ont pris conscience qu’ils avaient des agents pour leur apprendre à parler mais pas à réfléchir. Mais dans la foulée, la justice découvrait que Régis de Camaret n’avait pas ses diplômes de Gynécologie.  Tout sosie de Brassens qu’il est il n’avait pas pour autant le droit de découvrir certaines cavités cachées de ses joueuses avec ses propres instruments, sans ordonnance même si ça pourrait faire plaisir à Tauziat.

Bafé serré

Pendant que lequipe.fr déclarait la guerre à la ligue 1 en consacrant une page à Raspentino, notre spécialiste commençait à lui trouver un intérêt. A la ligue 1, pas à Raspentino. Combien de temps Marseille est son niveau ligue 2 va-t-il réussir à se maintenir dans les cinq premiers ? Réponse aisée: tant que Lille et Montpellier ne se battront pas pour la relégation. Lyon risque de bien rigoler et pas qu’à cause du niveau de Gourcuff, de la carrière de Rémy Garde, ou du professionnalisme de la presse espagnole sur Benzema. Messi remerciera longtemps les dieux du football de lui avoir permis de devenir une légende avec pour seule concurrence Wassim Ben Yedder.

Pendant ce temps-là Thierry Dusautoir a perdu son maillot bleu

Martin Fourcade : Echec Amat

Un mec qui tire à la carabine en Russie avec une cagoule est-il forcément un indépendantiste tchétchène ?

C’est de la poursuite, mais il n’a même pas de vélo. Il a une carabine à plomb par contre et elle ne lui sert pas seulement à tirer sur des pigeons. Martin Fourcade en a même laissé un bon paquet derrière lui, l’année dernière et il veut remettre ça. Pas de chance, il y a aussi Wassim Ben Yedder qui veut rejouer. Heureusement que Lequipe.fr et  Le Vestiaire sont là.

Pas grand-chose n’a changé depuis la dernière fois que notre spécialiste d’épreuves combinées a rendu hommage à Jean-Pierre Amat. Le biathlon n’intéresse que les expatriés norvégiens abonnés à Eurosport et tout l’état major de l’armée de terre française, qui se demande bien pourquoi il n’y a plus personne dans ses casernes du Jura.

Jamel et les deux bouses

Le caporal Fourcade est un Pyrénéen, lui, comme son grand frère le caporal-chef Fourcade. La hiérarchie militaire se moque bien des palmarès. La réussite du benjamin, qui s’appelle Martin d’ailleurs, n’empêche pas non plus les « brothers » de Font-Romeu de partager leur site Internet. Ca coûte moins cher en hébergement.

Ils approcheront bientôt à eux deux le palmarès de Vincent Defrasnes, mais les JO divers sont encore loin. En attendant, ces deux fans de Brad Pitt qui n’aiment ni le racisme, ni la pollution, ni la guerre en Libye, ni la fonte des neiges à Perpignan pourront se regarder les DVDs de leur comique préféré, « Jamel Debouse » (sikh).  Les bras lui en tombent.

XV de France : Le fils à Jo

C’était il y a  4 ans jour pour jour, le Vestiaire écrivait que neige de Saint-André peut 100 jours durer. Il avait raison


Saint-André est l’un des deux disciples, celui qui va trouver Simon pour le conduire au Seigneur. Serge Simon ?

Que s’est-il donc passé dans les bas-fonds de Cordoba ? Jusque-là, tout allait bien : l’équipe de France était battue par l’Argentine et Michalak effectuait tranquillement un septième retour sans lendemain. Et puis tout a basculé : Michalak a été moins mauvais que d’habitude, la France s’est mise à mettre des branlées, à l’Argentine, et puis pas qu’à l’Argentine, cinq mois plus tard. Ca n’aurait jamais dû arriver, et pourtant.

La miche à laque

De manière concomitante, Philippe Saint-André est sélectionneur. Cela aurait relevé de l’anecdote s’il n’avait pas entraîné Chabal, en Angleterre, pas sur le chemin du pognon de la lucrative ProD2. Un destin comme un autre, en tout cas pas celui de Yachvili qui n’est donc pas bon. Saint-André a fini par penser comme Deschamps : on n’entraîne jamais mieux que comme on jouait. Laporte a souffert de ce problème parce qu’il n’a jamais su à quel sport il jouait, et Lièvremont encore plus parce qu’il ne savait que trop comment il avait joué.  Pour qu’une équipe sache quoi faire du ballon il faut que l’entraîneur ait un jour su quoi faire du ballon : Fouroux le sortait de la mêlée, comme Berbizier,  Saint-André allait le foutre dans l’en-but adverse, alors ses joueurs font pareil. Il courait vite, c’est utile pour le contre, alors l’équipe de France contre. Il sanglote ses joies et ses colères, ses joueurs jouent comme des dépressifs dans un champ d’anxiolytiques. Dulin n’est pourtant pas plus prometteur que Medard, Mermoz n’est pas vraiment meilleur que Mermoz. La dernière fois que le quinze de France avait déployé autant de jeu à la main c’était en 1991 et 1994. Contre l’Angleterre et contre les Blacks: devinez qui aplatit et qui relance ? Saint-André a fait ce que Lièvremont avait rêvé. Tout est différent et rien n’est grâce à lui. A côté des test-matches de novembre, la finale du Mondial redevient la purge qu’elle a toujours été. Et les Samoa auront-ils un jour le jeu vidéo sanglant qu’ils méritent ? En rugby c’est pas sûr qu’on en est besoin, c’est comme Chabal.

Pendant ce temps-là, il va falloir trouver une place au meilleur joueur du monde.

Paris-SG : Carlo en Fabio Lucci

« La Ligue 1 se déchaîne » titre un quotidien référent. Parce que Lyon leader c’est une bonne nouvelle ?

La question taraude l’esprit de tous nos spécialistes foot depuis des semaines. Ibrahimovic traverse-t-il la meilleure forme de sa vie ? Trop d’indices leur sont venus pour répondre que non, alors c’est oui. Mais la vraie réponse date de ce week-end : et alors ? Ibra a réussi son travail à Paris comme il l’a fait partout ailleurs, sauf au Barça. Il a créé la dépendance, n’hésitant ni à faire des passes décisives, ni à flatter Gameiro. Ses sbires ne se sont rendus compte de rien, et Ancelotti non plus. Même la Ligue des Champions a commencé à parler de Paris, sans se rendre compte qu’elle était elle-même à son plus bas niveau depuis des siècles. Depuis quand une équipe indisciplinée, dont trois joueurs ne défendent que les jours paires de pleine lune, gagne-t-elle la C1 ?

Suédois d’honneur

Zlatan a réussi son coup, et le génial retourné qu’il a marqué en amical avec la Suède ne changera rien au cours des choses. Il est le même : un attaquant qui prend tellement de place qu’il marque des buts et coûte des titres parce que ses équipes ne peuvent pas progresser. Paris s’est douloureusement rendu compte de trop de choses contre Rennes : que Matuidi ne savait pas créer de jeu, ce que Deschamps s’emploie à ne pas lui faire faire, que Hoarau est maladroit, que Menez n’est pas un joueur fiable, que ça fait un an et demi que Pastore ne vaut pas 42 millions et que Nene reste meilleur que beaucoup d’autres quand il joue. C’était donc Rennes en face, à neuf. Si Paris promène depuis des semaines cette habitude de se bouger juste le temps minimal pour gagner, contre Zagreb ou Reims, ce n’est pas un hasard : ça allait lui revenir dans la gueule tôt ou tard. Thiago Silva jouait pourtant. Etrange.

Pendant ce temps-là, Marseille ne se créé pas une occasion, Bordeaux et Gouffran sont 2es, Lyon et Gourcuff sont 1ers et le PSG de Kombouaré avait sept points de plus l’an passé après 13 journées.

Foutage de gueule : Le Domenech show rediffusé

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Le Vestiaire republie aujourd’hui la véritable histoire de Domenech à la tête du football français. Celle où les incohérences prennent tout leur sens, où le foutage de gueule est professionnalisé. Voici l’histoire d’un homme livré à lui-même, seul contre tous : le premier héros de téléréalité sportive.

Raymond Domenech n’en garde que des bons souvenirs. En 1999, 2006 et pourquoi pas 2008, France-Italie aura récompensé les efforts du plus grand génie du football français. Pourvu que ce nouveau grand jour ne soit pas le dernier. Si la production emmenée par le tandem Escalettes / Jacquet n’exclut pas de programmer le Domenech show encore deux ans, rien n’est encore décidé. Depuis qu’il a pris en mains les Espoirs, s’il fait n’importe quoi et ne gagne rien, il accède quand même aux plus hautes fonctions. Frappé du sceau du génie. Après tout, ce n’est que de la télé.

L’histoire commence en 1993. Domenech est répéré lors d’un casting sauvage des plus classiques par Jean Fournet-Fayard. Le président de la FFF n’en est pas à son premier coup d’excellence, c’est lui qui a mis Houiller à la tête des A. Il repartira avec au lendemain de France-Bulgarie. Ce qu’il aime chez Raymond, c’est sa moustache, et la principale ligne de son CV : fraîchement viré manu militari par son premier vrai patron, Jean-Michel Aulas. C’est un premier signe très favorable. Pas encore assez médiatique, il hérite logiquement de l’équipe de France Espoirs et sa faible exposition (le câble ou Canal+ en crypté) pour se faire les pieds ; il y restera 11 ans. Le bilan des Bleuets est flatteur : deux titres en dix ans (vainqueur du tournoi de Casablanca 1999 et du festival Espoirs de Toulon en 1997), avant la gloire de 2004 et son second Toulon. Un marche pied vers le stade supérieur : ses échecs multiples sont un gage probant, il a même flingué plusieurs générations (Henry lors du Italie-France 1999). Il est prêt pour le prime time.

La vraie vie de Raymond

Lors de son entretien d’embauche, Domenech oublie son CV à la maison et passe pour l’homme idéal auprès de Simonet comme d’Estelle Denis, pour le candidat de la DTN face à Tigana et Blanc. Sa première conférence de presse est déjà un foutage de gueule médiatisé. Le premier d’une longue série, le public aime, les journalistes aussi. « Quelles sont les grandes lignes de votre projet ? C’est simple : il faut gagner des matches. » A partir de là, c’est l’escalade. Avec l’équipe de France A, il trouve enfin un jouet à sa mesure. Il veut tout tenter pour ridiculiser le football français le plus longtemps possible. La production lui donne carte blanche, il ne va pas se faire prier. Landreau le comprendra un peu tard, il n’existe pas de relation filiale à la télé. Tout ça c’est du cinéma. On fait clairement comprendre à Domenech l’étendue du challenge : « Les résultats on s’en fout, seule compte l’audience. »

Il commence fort. Interdire les walkman et imposer les protège-tibias à l’entraînement, même une équipe de DH insulte l’entraîneur au bout de deux jours. Il impose une intransigeance dont il se moque éperdument. Il discute avec les joueurs un par un sans écouter leurs avis. Mais ça lui donne un côté humain pas dégueulasse. Il convoque même Luyindula. Mais Raymond veut plus. Il veut se faire tous les cadres. Thuram et surtout Zidane sont retraités. L’occasion de liquider la génération Jacquet est trop belle. Le talent et la persévérance agissent : ils cèdent aux sirènes du génie rapidement. Il fait croire à Zidane qu’une deuxième étoile ferait joli sur sa robe de chambre. En réalité, la Coupe du Monde 2006 doit être leur fiasco final, il va tout mettre en oeuvre pour y parvenir.

L’audience, pas encore la correctionnelle

Il commence donc à se priver de certains indiscutables : Pires et Giuly, notamment, sous couvert d’une banale histoire de rancune. Personne ne relève, les joueurs concernés sont inaudibles, les deux premiers devenant même des récurrents de l’antenne de RMC, il y a même un club Pires sur Europe 1. Il réinstalle les papys dans leur fauteuil, regonfle leur égo et les emmène vers la Coupe du monde. « Rendez-vous le 9 juillet. » Sa pointe d’arrogance l’avait beaucoup amusé, elle passera finalement pour de la compétence. Les matches de préparation confirment pourtant ses prédictions : Zidane et Thuram n’avancent plus, Vieira s’agace sur le côté droit, Barthez et Coupet se tirent dans les pattes grâce à lui. Mais la mécanique s’enraye une première fois avec la blessure de Cissé. Djibril, qui pourrait être plus dangereux sur une jambe, doit être écarté. L’indigne France-Suisse est une mise en bouche appétissante, le très vilain France-Corée est un régal, mais le Togo est vraiment trop mauvais, Kader Touré n’arrive même pas à prendre une fois Thuram de vitesse. Le sélectionneur s’inquiète, il a vu les matches du Brésil, ça lui rappelle furieusement quelque chose.

Et puis, la machine s’emballe. Les joueurs s’organisent sur le terrain, Zidane se remet à courir, l’équipe est solide. Les vieux ont repris le pouvoir, Domenech voit son oeuvre lui échapper. Il regrettera ad vitam eternam que Zidane ait été si poli le matin de France-Brésil. Un mot de trop et il l’envoyait avec plaisir en tribunes. Déçu, il tape quand même dans la main de Thierry Henry après le match. Heureusement, la fin est enfin à la hauteur. Vieira se blesse, l’occasion est encore trop belle, il fait rentrer Alou Diarra, la ficelle est grosse mais tient. Zidane sort expulsé, son jubilé est terni à jamais, Domenech sent que la chance tourne, c’est le plus beau jour de sa vie. Surtout qu’avec une finale, on lui offre deux ans de bonheur supplémentaires. Ca ne sera pas de trop, Thuram est encore debout.

Pour 2008, c’est donc un chapitre de Machiavel qui s’ouvre. Domenech a compris que le costume de patron resterait aux vieux jusqu’à la fin de leur vie. Il faut juste les pousser dans l’escalier. Alors, il les flatte car au fond il sait qu’il dispose de la défense la plus mauvaise de l’Histoire. Jean-Baptiste Poquelin n’aurait pas écrit meilleure pièce. Il pousse la farce jusqu’à avertir le monde de ce qui va se passer. Personne ne bronche.

Ne pas finir comme Jacquet

Alors il met les pieds dans le plat. Il convoque Thuram à chaque fois, en fait un indiscutable, comme Sagnol. Ils ne jouent pas de l’année, peu importe, il continue de louer l’importance des cadres, dans une France en pleine confiance. Et quand Sagnol fait chier, c’est lui qui prend les remarques d’Escalettes. Sa liste est finalement peu décriée, il s’est pourtant fait très plaisir. Trezeguet n’est pas là et tout le monde invoque la logique. Il convoque Mandanda mais laisse Coupet sur le terrain. Malouda est intouchable, il n’a fait qu’un bon match en club, celui qu’il a joué. Entre Benarfa, Cissé et Gomis, il prend Gomis, et la presse jubile. Entre Clerc, Sagna et même Clichy il n’hésite pas une seconde non plus. Cette fois, la presse a quelques doutes, mais les garde pour elle. Les matches amicaux sont encore très mauvais, les attaquants se marchent sur les pieds, Thuram prend un grand pont contre l’Equatorien Tenorio et Wenger salue « son sauvetage sur la ligne, un modèle pour les jeunes ». Domenech sourit, et persuade David Astorga qu’il pourra bien reluquer les hôtesses autrichiennes les 29 juin à Vienne.

France-Roumanie arrive, la France est toujours nulle, ne se crée pas d’occasion. Des 16 équipes, elle est la seule à faire jouer un infirme, Sagnol, et un dépressif chronique, Malouda. Mais Domenech doit patienter. Les Roumains se rendent compte à la fin du match qu’ils ont laissé passer l’opportunité de leur vie en n’attaquant pas. La France n’est pas éliminée, et elle peut même aller en quarts. Domenech joue banco et tente le tout pour le tout : il se prive de Benzema pour les Pays-Bas, et maintient les vieux comme titulaires. Il a fait sa meilleure équipe possible, comme ça pas de regret. Ils ne le décevront pas. 1-4, Coupet est un Marraud, Thuram et Sagnol sont lents comme Diniz dans un 100 mètres. La France entière se moque de ses anciens, qui ne comprennent pas l’évidence : ils sont cramés. Domenech a réussi, son plan est un triomphe, l’audience au top.

La Légende Invictus (2/2), Lomu : Le café des dialyses

1 530 591 entrées en deux semaines. Le baltringue n’est pas forcément celui qu’on croit. Ou peut-être qui si quand même

lemou

Il aurait pu être Tongien, comme le coiffeur de Finau Maka, et servir tous les 4 ans à faire le nombre en poules. Le sort et les flux migratoires pacifiques en ont décidé autrement : ses parents s’arrêtent à Auckland, la plus néo-zélandaise des villes asiatiques. En 1994 à Christchurch, il démontre une aptitude interessante à passer au travers contre les Français. On ne lui dira pas, mais Thierry Lacroix et Jean-Michel Gonzalez étaient sur le terrain, Delaigue entrera même en jeu.

Jonah l’homme mou

Mais le ridicule ne tue pas si souvent, puisque sa jeunesse et ses quatre essais en demi-finale du Mondial vont faire de l’autobus la première superstar du rugby pro. Son compteur reste pourtant bloqué en finale. La faute à une compétition trop bien organisée et une quinzaine d’oeufs trop frais. 4 ans plus tard, Bernat-Salles et Dourthe gâchent encore la fête,quand bien même l’ailier maudit sort ce qu’il fait de mieux : courir tout droit avec 8 mecs accrochés à son short. Chabal n’a rien inventé à part les cheveux dégueulasses peut-être. Cavenaghi veut comparer les dates. Le charges taurines lui valent quand même un jeu vidéo que son rein droit, son passage aux Cardiff Blues et Catherine Mégret ne pourront jamais lui enlever.

130 kg et une moitié de rein suffiront-ils à placer Vitrolles sur la carte du rugby provençal ?

Italie-France : Les gens bons de Parme

Ibrahimovic a inscrit un quadruplé, dont un retourné de l’extérieur de la surface. Dommage que les matches amicaux ne comptent pas, comme ceux où la Suède est éliminée ou ceux de Ligue 1 avec le PSG.

Le Toulouse football club est une vénérable institution, fondée en 1937. Un club sans histoire, sans titre et dont la seule légende s’est longtemps résumée à une agression de Deysperoux sur Maradona, au bout de deux secondes d’un match de Coupe d’Europe qui n’était pas vraiment fait pour lui. Il y a aussi eu Pickeu, Bancarel, Soler et Calderaro. L’équipe de France, c’était pas pour les Toulousains. Même avec un stade tout neuf, le Mondial passait plutôt par Lyon ou Lens.

T’es fessé

Et puis Italie-France est arrivé et le modèle toulousain a fait des petits, plutôt costauds et pas trop bons techniquement. Jusque-là, le bleu avait hésité entre les deux, ils ont fini par jouer tous les deux ensemble : Moussa Sissoko et Etienne Capoue ont livré une grande performance défensive, ce qui veut bien sûr dire qu’avec le ballon c’était effrayant. Ont-ils mérité leur sélection ? Le football français n’en est plus à ces questions-là. Il n’en est pas non plus à ne pas féliciter Gomis d’avoir inscrit le but de la victoire sous prétexte qu’il a rendu tous ses autres ballons aux Italiens. Sinon Matuidi est bien indispensable, ce qui est une excellente nouvelle et une très mauvaise. Valbuena a été le meilleur, Evra a fait une passe décisive, Ménez a pu dribbler un peu plus qu’en Espagne mais Deschamps s’en branle si l’Italie n’a rien foutu du match : personne n’avait réussi autant de miracle avant lui, même pas Gasset. Jacquet avait gagné avec Di Meco, Gnako et Le Guen en Italie en 94, c’était pas plus dur.

Pendant ce temps-là, TF1 se vante d’avoir une fiction avec Vincent Elbaz. Qui pourra empêcher Gourcuff de revenir ?

L’Edito du Vestiaire: Cesare prend des lits

F1, natation, foot, rugby, ski, handball, athlétisme, judo, basket, volley, cyclisme, tennis ? Passionnant. Et si on parlait de nous ?

Pourquoi le Vestiaire n’écrit plus ? Cette question revient de plus en plus souvent dans tous vos commentaires et vos messages envoyés sur la désormais fameuse adresse equipe.vestiaire@yahoo.fr. En effet nous ne recevons pas que des appels à l’aide venus de Côte-d’Ivoire pour récupérer la fameuse mallette de 25000 dollars, ni des courriers de Guy Patrice du service juridique de l’Euromillion, basé au Mali, chargé de recueillir toutes nos informations personnelles afin de procéder au versement du gain sous deux semaines.  On ne parle évidemment pas des équipes de Yahoo Mail domiciliées au Nigeria qui nous menacent de fermeture de compte si on ne livre pas notre mot de passe qui est « filsdesalope » ou un truc du genre. Bref, le Vestiaire n’écrit plus.

Cesari Maldini

Est-ce seulement à cause d’un emploi du temps limité qui ne permet à son spécialiste foot que de torcher son Enzo, de visiter son ami en HP, et de téléphoner à son autre ami qui mériterait d’y être ? Ou est-ce parce que le spécialiste cyclisme est accessoirement le larbin de 4 ou 5 producteurs de télévision qui lui font tout faire sauf baiser leur femme qu’ils ne baisent plus eux-même ?  Un peu de tout ça pourrait servir d’excuse mais la réalité oblige à reconnaître qu’après 5 ans d’existence, le Vestiaire a tout dit sur tout le monde et que rien ne bouge. Qu’attendre ?  Que Federer arrête le tennis qu’il a arrêté il y a 2 ans ? Que Gourcuff devienne Zidane, Michalak Castaignède et Ibra un joueur de foot ? Car Doucouré qui dégage Longuèvre, c’est déjà fait. Allez, il y a Italie-France ce soir.

Pendant ce temps-là Gégé et HulkMusclor

Michalak/Castaignède : Le petit Boni menteur

Voici pourquoi l’équipe de France n’a plus été la meilleure depuis 1995 et pourquoi un vrai 10 a un Michalak dans chaque cheveu peroxydé.

Par Peyo Greenslip notre spécialiste rugby
« C’est le petit prince du rugby! »  20 Janvier 1996, Thomas Castaignède est assassiné par Pierre Salviac. Sa seule erreur : avoir battu les Anglais en tapant dans un ballon ovale qu’il venait de faire rebondir. Un instant funeste pour le rugby français qui perd à cette instant sa dernière véritable star. Son dernier prodige. Galthié était plus laborieux et Chabal un gros tas de pognon. Nos plus jeunes lecteurs auront du mal à le croire mais le succès du Vestiaire n’a pas toujours été dû à des filles à poil. Pardon, nos plus jeunes lecteurs auront du mal à le croire mais Michalak n’a pas été le premier joueur survendu. Sauf que Castaignède savait faire autre chose que des pubs à la con en bouffant d’excellents hamburgers. Une technique, une vista, une vitesse et une explosivité sans pareille mesure et des pieds. Ce n’était pas un demi de mêlée dévoyé mais le demi d’ouverture de la décénnie, peut-être un des plus grands de tous les temps. C’était ou plutôt il aurait dû être. Ou comment prendre une douche avec Aucagne quand on devrait cotoyer Gareth Edwards .

Le cas Castaignède

Tout s’arrêta à la Coupe du monde 99. Castaignède est attendu tel le messie, il jouera quand même un match face au Canada avec notre héros à l’ouverture. Celui qui était surnommé le « petit Boni » par ceux qui sont assez jeunes pour avoir connu les Boni, aura fait une Coupe du monde c’est déjà pas mal. La suite est belle comme un film de Yamina Benguigui, Sofia Essaidi en moins :  il se blesse durant un entrainement qui suit, sa carrière est terminée. Ou presque car d’autres blessures, succéderont à de douteux choix de clubs dont le fameux pont d’or de Saracens duquel son niveau se suicida. Le petit Prince de Salviac s’appelait désormais Frédéric, c’est pas très classe Frédéric. En 2003, il fut logiquement écarté par un Bernard à lunettes, d’une Coupe du monde, lamentablement perdue par l’équipe de France en demi-finale. Avec Frédéric à la baguette.
Thomas le moyen se reconvertit alors à l’arrière, Dourthe avait bien fait trois quart centre. En fait c’est qu’il était devenu trop mauvais pour postuler à d’autres postes plus naturels que ses cheveux et Sadourny n’était plus là. D’ailleurs il n’est toujours pas là.

Pendant ce temps-là Frédéric refuse toujours de retourner à la mêlée

La légende Costantini : Pas de costard pour les costauds

Costantini aime pas Onesta, il aime plus Karabatic, ni l’équipe de France. Heureusement il s’aime lui-même et il a bien raison.

Aujourd’hui, le deuxième épisode que tout le monde a oublié.

Il s’appelait Charles Biétry. C’était un individu étrange qui avait révolutionné le traitement médiatique du sport à Canal+ avant de l’enterrer sur France Télévisions. Il fut le premier à ouvrir la brèche de l’incompétence sur le fauteuil de directeur des sports avant de laisser s’y engouffrer Frédéric Chevit puis Daniel Bilalian. Qui ?

En 2001, l’équipe de France de handball réalisa le plus grand exploit de l’histoire des sports collectifs tricolores en remportant un deuxième titre mondial. Le service public décida de ne pas diffuser les matches d’un championnat du monde qui se déroulait pourtant en France. Décision logique, car le hand on s’en branle. TF1 aurait pu dire ça effectivement.

Anquetil, la poulie d’or

Lorsque les hommes de Costantini parvinrent en quart de finale, le grand Charles décida par hasard de diffuser enfin des matches des Costauds. Jusqu’à la finale, où les partenaires de Michael Jackson Richardson réalisèrent ce fabuleux match face à la Suède, qui possédait une nouvelle fois à cette époque la meilleure équipe.

Et pourtant, Greg Anquetil surgit d’outre-tombe et envoya les Bleus en prolongations. Euphoriques, ils écrasèrent la fin du match. Tout ça pour que trois minutes après le coup de sifflet final, France Télévisions rende l’antenne là où pour le football, on aurait vu Lizarazu sauter Deschamps sur la pelouse. Trois jours après, la presse se foutait éperduement du titre. Et tout le monde les oublia. D’ailleurs, on a aussi oublié Biétry.

La légende Costantini : Des Barjots sans cervelle

Costantini aime pas Onesta, il aime plus Karabatic, ni l’équipe de France. Heureusement il s’aime lui-même et il a bien raison.

Premier épisode : le jour où les plombs ont sauté.

1995, Reykjavik. La France fête un titre de champion de monde ultramérité tant les Tricolores ont dominé leur sujet. Comme d’habitude, les hasards du tirage au sort ont été très favorables aux Bleus, évitant les grosses équipes, donc la Suède. La finale contre la Croatie ne sera qu’une formalité. L’apothéose de 50 ans de hand international dans l’Hexagone, même Asloum n’a pas mis autant de temps à confirmer. Ils ont gagné, mais rien ne sera plus jamais comme avant. En novembre de la même année, Eric Quintin va tester la résistance de son front contre le nez de son coéquipier, Philippe Schaaf. Ce dernier, déjà privé du mondial en Islande, confirmera définitivement la définition du mot loser. Pour Quintin, c’est un an de suspension. Pour les Barjots, c’est la fin.

Crétins dauphinois

Richardson continuera avec quelques autres, mais le fiasco des JO de 1996 servira d’enterrement à cette génération. Ils finiront quatrièmes d’une compétition qu’ils ne pouvaient pas perdre, les chevilles grosses comme le palmarès de Patrice Martin ou l’égo de Daniel Bilalian. Auparavant, il y avait eu l’aventure modeste de Barcelone 1992 et la médaille de bronze acquise par une bande de jeunes cons talentueux comme Marconnet ne l’a jamais été. C’est en Suède, au pays des jeunes filles nues et des meilleurs joueurs de la planète, que cette équipe réalise, en 1993, son exploit le plus retentissant et pourtant sans presqu’aucun écho médiatique, déjà. Les partenaires de Volle, ce grand imbécile comme aimait le taquiner Costantini, finissent seconds en perdant face à la Russie de l’immense futur Espagnol Duchebaiev. Les locaux, pourtant sans égal, terminent à une pauvre troisième place.

Daniel Costantini, le grand artisan des victoires, la principale victime des défaites, n’aurait jamais réussi à apprendre à lire à Laurent Munier, ou les tables de multiplication à Denis Lathoux. Cette équipe, qui alterna le jaune capillaire et le crane rasé, était constituée de crétins géniaux, immatures et ingérables. Des idiots pareils, on n’en reverra sans doute jamais. C’est cela qui faisait leur force, c’est ça aussi une légende.

Prix Nobel : M’Vila au bord de la merde

Il était une fois Yann M’Vila, joueur de Rennes entraîné par Guy Lacombe. Ca commençait mal. Mais Antonetti et Laurent Blanc sont arrivés. Ca tombait bien la France recherchait un joueur d’avenir, alors on a convenu qu’il était mature, même si l’image laissée dans la banlieue d’Amiens le rendait plus proche d’un consanguin voire d’un con sanguin. Des gains il lui en a fallu pour offrir à des putes Montpellier-Rennes sa jolie montre un soir de France-Chili. Devenu indispensable grâce à sa qualité de première passe et sa relance perforante dans les bordels et ailleurs, c’est à ce moment là qu’il met une première fois sa carrière au service des médecins, pas encore psychiatriques. Il revient pour faire un Euro merdique mais il va mettre la manière en ne serrant pas la main de Blanc et Giroud. Même si Giroud on peut comprendre. Mature, il fait des photos avec des gamins le lendemain mais il est suspendu quand même. Selectionné en Espoirs, il fait le job et dit que ca fait plaisir. Tellement qu’il prend le taxi au Havre car Paris c’est quand même la classe. Mature.

On se souviendra qu’il avait marqué contre l’Albanie.

L’Edito : Kaka cocu

1ère minute: Higuain déserte déjà la pointe de l’attaque et tente de provoquer Piszczek dans son couloir. Le latéral a le dernier mot.

2ème minute: Dans la foulée Higuain, alerté à la limite du hors-jeu, peut jouer un premier duel face à Weidenfeller qui s’interpose devant lui.

Il fallait bien finir par écrire et même par écrire sur du rugby. C’était ça ou des voitures un peu déformées conduites par des millionnaires qui tournent en rond devant des milliardaires. Souvenez-vous, on avait laissé le dernier quinze de France un peu valable éliminé par Nelson Mandela en demi-finale de la Coupe du monde. Depuis Bernard Laporte a fait comme divers chefs d’entreprise, députés, plombiers-chauffagistes, diplomates : il a connu une ministre. En banlieue on appellerait ça une pute. Philippe Saint-André n’a pas eu cette chance, même s’il lui aussi à écumé les pelouses des uns et des autres pour le plus grand bien de son portefeuille. Charge à lui désormais d’apprendre à une horde de jeunes stéroïdés à se servir d’un ballon ovale. Tsonga a bien fini par réussir à apprivoiser une raquette. On déconne. En revanche Karabatic a glissé une douzaine de mots supplémentaires dans son vocabulaire, ça fait 18. 16 de plus que la gonzesse de son frère.

Pendant ce temps-là Benzema n’a pas trop manqué au Real, Higuain non plus.

La légende Canal : L’Eddy de Nantes

Si un jour le monde entier a pu imaginer que la France pouvait devenir championne d’Europe voire du monde ces quinze dernières années c’est bien-sûr grâce ou à cause de Parker, Rigaudeau, Dacoury ou même Dubuisson. Mais à 4 vous pouvez faire un 2 contre 2, pas forcément un 5 majeur.

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Puisque la NBA péfère les petrodollars et les Petro dollars, place au doyen, l’ancien double meilleur marqueur du championnat ProB, le méconnu prédécesseur de David Cozette.

Avec Jean-Louis Legrand, Jean-Claude Bouttier, Jean-Luc Arribard, et même Brahim Asloum, George Eddy fait partie de cette longue lignée de sportifs de haut-niveau trop insignifiants pour exister dans leur discipline si vous n’avez pas connu le mur de Berlin. Mais ils ont réussi la prouesse de devenir des consultants très écoutés, au moins pour certains, sur une petite chaîne de télévision payante. Insignifiant, le mot est faible pour qualifier le basketteur George Eddy.  Le moindre coup d’oeil sur sa carrière ferait penser à Jim Bilba qu’il était le meilleur joueur de tous les temps. Après être passé par les prestigieux clubs de Caen, Troyes ou Chalons-sur Marne, ce Franco-Américain voulait devenir entraîneur. Mais son niveau l’enverra plutôt sur les banquettes tout cuir de Canal+. Il y trouvera sa vraie place, le succès et Michael Jordan.