XV de France : Le fils à Jo

C’était il y a  4 ans jour pour jour, le Vestiaire écrivait que neige de Saint-André peut 100 jours durer. Il avait raison


Saint-André est l’un des deux disciples, celui qui va trouver Simon pour le conduire au Seigneur. Serge Simon ?

Que s’est-il donc passé dans les bas-fonds de Cordoba ? Jusque-là, tout allait bien : l’équipe de France était battue par l’Argentine et Michalak effectuait tranquillement un septième retour sans lendemain. Et puis tout a basculé : Michalak a été moins mauvais que d’habitude, la France s’est mise à mettre des branlées, à l’Argentine, et puis pas qu’à l’Argentine, cinq mois plus tard. Ca n’aurait jamais dû arriver, et pourtant.

La miche à laque

De manière concomitante, Philippe Saint-André est sélectionneur. Cela aurait relevé de l’anecdote s’il n’avait pas entraîné Chabal, en Angleterre, pas sur le chemin du pognon de la lucrative ProD2. Un destin comme un autre, en tout cas pas celui de Yachvili qui n’est donc pas bon. Saint-André a fini par penser comme Deschamps : on n’entraîne jamais mieux que comme on jouait. Laporte a souffert de ce problème parce qu’il n’a jamais su à quel sport il jouait, et Lièvremont encore plus parce qu’il ne savait que trop comment il avait joué.  Pour qu’une équipe sache quoi faire du ballon il faut que l’entraîneur ait un jour su quoi faire du ballon : Fouroux le sortait de la mêlée, comme Berbizier,  Saint-André allait le foutre dans l’en-but adverse, alors ses joueurs font pareil. Il courait vite, c’est utile pour le contre, alors l’équipe de France contre. Il sanglote ses joies et ses colères, ses joueurs jouent comme des dépressifs dans un champ d’anxiolytiques. Dulin n’est pourtant pas plus prometteur que Medard, Mermoz n’est pas vraiment meilleur que Mermoz. La dernière fois que le quinze de France avait déployé autant de jeu à la main c’était en 1991 et 1994. Contre l’Angleterre et contre les Blacks: devinez qui aplatit et qui relance ? Saint-André a fait ce que Lièvremont avait rêvé. Tout est différent et rien n’est grâce à lui. A côté des test-matches de novembre, la finale du Mondial redevient la purge qu’elle a toujours été. Et les Samoa auront-ils un jour le jeu vidéo sanglant qu’ils méritent ? En rugby c’est pas sûr qu’on en est besoin, c’est comme Chabal.

Pendant ce temps-là, il va falloir trouver une place au meilleur joueur du monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *