Arsalan Rezaï : « Mansour aux critiques »

En 2011 Le Vestiaire avait presque pu pénétrer, déchaussé, dans l’intimité de la famille Rezaï. Un famille comme un autre où c’est Papa qui décide que sa fille sera championne même si ça lui plait pas.

La moquette du salon est recouverte de terre battue. Dans le jardin, les chiens aboient. Et Aravane passe.

LE VESTIAIRE : Comment réagissez-vous à la plainte déposée par Aravane à votre encontre pour harcèlement moral, violences volontaires et menaces de mort ?
ARSALAN REZAI : Je crois qu’il vaut mieux être Mansour que d’entendre ça. Comment ma propre fille peut-elle m’accuser de choses pareilles ? Elle va en prendre une bonne la prochaine fois qu’elle rentre à Saint-Etienne laver ses fringues.

Vous avez dans le milieu du tennis l’image d’un père autoritaire, parfois violent…
On me fait un faux-procès en appel. Ce n’est pas parce que j’ai grandi en Iran et que je me laisse pousser la barbe que je suis un ayatollah. Je n’ai d’ailleurs jamais forcé Aravane à porter le voile, ça la génait en revers. Comme Georges Goven, j’ai beaucoup d’amour pour elle et ça fait bien longtemps que je ne l’ai plus touchée.

On raconte que vous avez eu une altercation avec son petit ami lors du dernier Open d’Australie…
Mais elle n’a que 24 ans ! C’est beaucoup trop jeune. Vous ne voudriez pas non plus qu’elle choisisse son mari ? Et ce charlot n’était même pas joueur de tennis. Comment voulez-vous que mon petit-fils gagne Roland-Garros ? Quitte à souiller la famille, j’aurais préféré qu’elle couche avec Nadal.

Comment la famille vit-elle justement aujourd’hui sans les revenus d’Aravane ?
Je n’ai plus rien. Cette ingrate ne me filait que 2.000 euros par mois alors qu’elle n’aurait jamais rien fait sans moi. Comment je vais faire maintenant pour payer l’assurance de mes trois Mercedes ? Elle ne se rend pas compte de la misère dans laquelle elle nous plonge. Je vais encore être obligé de mettre ma femme sur le trottoir.

Ne comprenez-vous pas qu’à son âge votre fille ait besoin de s’émanciper ?
Je crois surtout qu’elle a été manipulée. Et pas seulement par son kiné. Quand on a gagné les internationaux de Strasbourg et le tournoi de Bastad, on attire forcément les convoitises et pas seulement celles de Georges Goven. Ils les aime plus jeunes.

Propos (presque) recueillis par Roger Secrétain

France-Espagne : Rio veut bien répondre

Pourquoi aux abords du Stade de France sous les coups de 18h30 juste avant d’aller regarder Christophe Pacaud, Vincent Coueffé et un Japonais à la moustache blanche se gaver de sandwichs en salle de presse, notre spécialiste foot était-il persuadé de la victoire de l’Espagne avec une grosse envie d’aller aux toilettes ?


La réponse est désormais évidente. Car la France est moins forte que l’Espagne. Et pourtant à y regarder de plus près, le 2 ou 3-0 promis n’était pas si probable, il n’est d’ailleurs pas arrivé. Ceux qui veulent comprendre pourquoi il vaut mieux se farcir les bégaiements de Louis Laforge ventant son trop grand Soir 3, voire le gigantesque Soir 3 tout court et l’intervention exclusive de la grande Frigide Barjot n’avaient qu’à passer 2h devant le gros cul de Benzema. Ils auraient compris que la seule bonne nouvelle de début match était que Varane allait plus vite que Villa. Et surtout que Villa était nul à chier. On est un peu dur avec Benzema à la 15ème minute il a pris la peine de traverser son camp et une partie du camp adverse : ça veut bien dire qu’il défendait et qu’on ne doit pas être trop difficile avec sa frappe de merde sur le caviar de Jallet. Pour une fois que Jallet faisait quelque chose de bien.

Mavuba grésille

Et pourtant Benzema a fait son meilleur match de l’année, il était même presque aussi fort que Ribery et Valbuena. C’est bien la réalité du foot français d’aujourd’hui les meilleurs sont ceux qui, à défaut de marquer créent du mouvement, des situations de danger. Parfois. La star, quand Ribery et Benzema sont aux putes, c’est un mec de 28 ans, plus petit que Messi, que personne ne s’est jamais arraché ni au Real, ni au Bayern, même pas à Libourne au début. On a les vedettes qu’on mérite. La doublure mannequin coiffeur de Benzema ne joue qu’à Arsenal, Monreal aussi apparemment. L’Espagne sera probablement éliminée au premier tour en 2014, car la chance finit toujours par partir un jour, mais la France qui alignait hier son équipe type n’a  pas plus que ça à offrir à Varane et Pogba qui sont à la recherche de Zidane, Thuram et Liza pour les accompagner en finale de Coupe du monde. Car eux quand ils allaient aux putes on n’était pas au courant. Les putes ont donc bien une langue.

Pendant ce temps-là Mavuba espère que Deschamps a compris que ses milieux préférés pourraient pas visiter la Géorgie

Real Madrid : Faut-il détérer Adebayor ?

Il en est à 13 buts en C1 et il mesure 1,94m. Et Morata a besoin d’un guide.


Même une page wikipedia dit parfois la vérité, aussi dégueulasse soit-elle : « en 2006, il part pour l’Angleterre à Arsenal, où Arsène Wenger apprécie beaucoup ses qualités« . Sept ans plus tard, on ne peut pas reprocher à l’ancien bouc-émissaire de Saint-Symphorien d’avoir tout essayé : La Ligue des Champions, la Ligue Europa, quelques clubs anglais, le Real avec un catogan, d’autres clubs anglais. Mais pas moyen, il n’a jamais retrouvé la sensation de ses jeunes années. C’était donc à Metz, il ratait les mêmes occasions mais les gens étaient simplement heureux qu’il marque une fois de temps en temps. L’haleine blafarde d’un entraîneur permet bien des éclosions. Il était en pleine confiance et il a longtemps cru que les gens avaient aussi confiance en lui.

La daube ailleurs

Mais personne n’a jamais été d’accord à son sujet. Pour wiki, il mesure 1,94m, pour google 1,91m et pour l’equipe 1,90m. Est-il mauvais parce qu’il est malchanceux, maladroit ou mauvais ? Est-il très mauvais ou extrêmement mauvais ? La finale de la Ligue des Champions 2004 ne permet pas de répondre, puisque Deschamps avait préféré faire entrer Prso et le seul ligament croisé valide de Nonda en plus de Morientes. Mais au moins Manu avait eu une place gratos au bord du terrain, et derrière le but en deuxième mi-temps. Les finales suivantes n’éclairent pas tellement plus, à part celle de la Coupe du Roi 2011, son seul trophée qu’il a offert sur un plateau à Mourinho. Grand seigneur, le Portugais ne leva pas l’option d’achat, qui n’était pourtant que de 15 millions. Il s’en mordra les doigts avant de les mettre dans l’oeil des adjoints de Guardiola. C’est que 13 buts en C1, c’est quand même 3 de plus qu’Higuain. Dommage que l’option d’achat de Benzema n’ait pas été levée non plus.

Sinon, Adebayor est aussi capitaine du Togo, ou ministre, ou président de la République. Comme Eto’o, mais pas exactement comme Eto’o non plus.

Coupe Davis : Thierry tue l’âne

Avant de devenir la doublure de Richard Gasquet qui était blessé puisqu’il était en demi à Indian Wells il y a 3 jours, Gilles Simon a rencontré Thierry Tulasne. On ne sait pas très bien lequel des 3 a vraiment déjà joué au tennis.


L’inavouable vérité prend racine à une époque où Tulasne avait des cheveux et sensiblement la même coupe que Simon. Il jouait d’ailleurs le jeu de Simon. Se replonger dans le tennis de la fin de années 80 n’est jamais chose facile, ni même souhaitable. On y fait de mauvaises rencontres. Nous sommes en 1980, Tulasne n’a que 17 ans quand il remporte son premier match à Roland. Des trois vérités suivantes, seules les deux dernières seront vérifiées : Bernard Boileau est joueur de tennis, belge et il abandonne au troisième set. Une grande performance suivie dès l’année 1981 d’une victoire contre Adriano Panatta et d’un premier huitième de finale. Tulasne n’a que dix-huit ans et l’avenir devant lui.

Ivan pas terrible

Le jeune champion présente l’avantage d’être attendu, par le public évidemment, mais aussi par Lendl, Hocevar, Wilander une fois, Wilander deux fois. Une branlée à chaque fois, jamais au-delà du 3e tour. Ca vous classe un jeune espoir de 22 ans. A ce sujet, le site de l’ATP est précis : 66e mondial en juin 1985. Vient alors l’année de gloire, celle que Simon connaîtra aussi en remportant trois fois Bucarest, Casablanca ou même Metz. 1986, année despotique. A Roland, Tulasne arrive 13e mondial. Cancelotti est 109e mais au bout de cinq sets, Tulasne s’en sort. En revanche, l’autre Panatta, Claudio, est deux fois plus fort : 219e. En cinq sets, cette fois ça passe pas. La suite, ce sont les branlées numéro 2 et 3 de Lendl (il n’y en aura que sept au total), et surtout le deuxième huitième de finale, en 89, contre Jay Berger, le genre de 34e mondial que Simon n’aimerait jamais trop lui non plus. Pour l’occasion, Tulasne s’était offert Mecir, soit le top 10 le moins connu de l’histoire. Il avait aussi collé aussi deux 6-0 à Fleurian mais ça n’a jamais rien garanti à personne. Sinon Pugh et Yzaga, un Péruvien, n’auraient pas été si forts en 90 et 91. Il était alors temps de passer au coaching avant qu’il ne soit trop tard.

Pendant ce temps-là on est débarrassé de Forget, c’est déjà ça.

Coupe Davis : Virer sa Kulti



Arnaud Boetsch a 27 ans lorsque, ce 1er décembre 1996, il entre sur le court de Malmo. Il n’avait rien demandé.

17 heures. Jusqu’ici, son nom évoque vaguement le camarade de régiment de Chesterfield dans les Tuniques bleues, ou le finaliste de Lyon, double vainqueur à Toulouse, mais pas davantage. Personne n’imagine qu’il pourrait aussi être le partenaire de Robert Redford dans le rôle de Boetsch Cassidy : Paul Newman n’était pas puceau. Agassi non plus lorqu’il accepta d’echanger quelques balles avec Nono au troisième tour de Roland-Garros en 1990. Des balles peut-être trop grosses, une raquette peut-être trop lourde, peut-être pas la même catégorie d’âge : 20 ans tous les deux.

Starsky et Boetsch

Mais en ce jour de 1996, la chance semble avoir tourné, à défaut du talent. Après la volée classique prise face à Enqvist, Arnaud devait offrir sa dernière heure de jeu à Edberg et un saladier bien assaisonné en prime. Même quasi grabataire, Stefan le volleyeur n’aurait pas renié un dernier titre, il l’avait bien fait comprendre à Pioline le vendredi précédent, mais Cedric avait vu son psy juste avant le match. Avec l’âge, on devient pudique, et humilier Nono ne lui dit rien de bon. Edberg a toujours agi ainsi avec les nuls. En 1989, il avait donné Roland-Garros à Chang, cette fois c’est la Coupe Davis qu’il offre. Jamais avare.

Fabrice cent euros

Se présente donc Kulti. Niklas, on le connait à peu près autant que son adversaire imberbe. C’est l’homme qui permit à Leconte en 1992 de faire croire qu’il n’était pas fini, avant qu’Henri ne découvre l’effet Korda. Le drogué, pas le photographe. Le Che devint une icone, pas Riton. La France va donc remporter cette Coupe Davis, c’est certain.  Mais c’est encore surestimer Arnaud Boetsch que de l’affirmer. A l’époque, il est considéré comme le second de Pioline. Loin derrière, certes, mais loin devant les autres. Et la concurrence est forte : de Raoux à Delaître, de Fleurian à Golmard.

Il y a surtout un jeune qui n’est déjà pas très bon et que chacun aimerait déjà voir à la retraite : Fabrice Santoro. Son rêve, s’en mettre plein les poches avec son éternel niveau de junior surclassé. Il le fera. Boetsch gagne le premier tie-break puis perd les deux sets suivants, même les trois. Mais le tennis aime respecter la hiérarchie et Kulti aussi. Le Suédois, dans un grand jour, loupe toutes ses balles de match. Davydenko n’y est pour rien.

Cinquième set, 7-8, 0-40, service Boetsch. Les transistors s’éteignent. Quand ils se rallument vingt minutes plus tard, Boetsch est consultant sur France télévisions.

Quinze de France : Parra pharmacie

Depuis qu’il a été viré de Stade 2, il n’est plus impossible de croiser la raie mouillée de Chamoulaud sous la pluie irlandaise. Mais sa raie était-elle plus humide que celle de Picamoles sur le premier ballon lâché du match ? C’était à la trentième seconde.


Que raconter aux médias lors de ces traditionnelles conférences de presse de semaine ? La réponse à cette question est de plus en plus difficile à trouver : les « bleus de chauffe », « le sauvetage d’honneur« , « le relevage de tête« , les « on va aller la chercher« , « l’esprit guerrier » tout ça avait déjà été éculé au cours des trois dernières branlées. Qu’importe, il faut bien remplir des pages et les avants-match de France 2, alors les joueurs se sont exécutés en venant raconter les mêmes conneries que d’habitude : à savoir ces promesses de victoires complètement farfelues. Comme si la Roumanie allait soudainement se mettre à battre l’Afrique du Sud. Mais bon ça suffisait. C’est comme ça qu’on a cru que si Michalak pouvait rattraper Camberabero c’est à cause de son talent et non parce que ça fait 15 ans qu’il joue. Ce qu’a pas fait Frédéric en 62 selections, Didier l’a fait en 36. Question prénoms ils sont à égalité, c’est déjà ça. Et Morgan alors ?

La miche à laque

Il faut croire que toute cette merde déballée devait faire chier Saint-André puisqu’il a proposé de démissionner en cas de défaite. Il serait en train de négocier son salaire avec un club anglais qu’il s’y serait pas pris autrement. Pour info on dit « resigned » ou « fired« , au choix. L’arrivée de Saint André aura eu un mérite : redonner de l’intérêt à voir l’équipe de France jouer. Après 10 ans et cette demi-finale anglaise, mouillée déjà, à supporter Laporte, Chabal et Lièvremont on avait fini par retrouver du jeu. Un régal, les blacks européens c’était nous. Et puis ce quinze est subitement devenu le plus nul de l’histoire en terme de résultat. C’est vrai que dans le jeu c’est pas dégueu non plus. Désormais on ne veut plus manquer un match de cette équipe. Les loupés aux placages, les réceptions ratées, les mauls défoncés, la vacuité du jeu et  les coups de pieds pathétiques de Michalak. Quel spectacle. On se prenait même à rêver du record de matchs perdus consécutivement. Ce sera pour une prochaine fois.

En fait, on l’a toujours dit : le haut-niveau ce n’est pas que le talent, c’est aussi le physique et le mental. Tout ça crée la régularité. Sinon c’est juste qu’on n’a pas le niveau. Et d’après vous la génération Michalak elle a le niveau ? En même temps quand son meilleur joueur est juste un bon demi de mêlée qui joue 10, ça vous classe une époque. Le reste c’est l’Irlande qui a cru les bleus si mauvais qu’ils pouvaient les écraser avec leurs propres chisteras. Ils étaient pas loin de la vérité

Nadal : Masters lexomil

Quel come-back : pas un jeu perdu à Roland-Garros.


Il a des gros muscles, une raquette Head, une ITT de sept mois et trois titres de plus en quatre tournois. Il n’était même pas sûr de venir, il ne pensait pas non plus gagner, c’est venu comme ça. Il est tombé à la renverse et s’est souvenu de ces mois de souffrance. Il s’est revu serrer la main de Rosol, et c’est justement pour ne pas faire la même chose en finale qu’il a dégoté de justesse un virus gastrique avant l’Australie.

Evidemment, il devait reprendre la compétition et il savait que pour coller 6-2 en quarts à Federer, il faudrait être très méticuleux. C’est là que Nadal est redevenu Nadal : une tournée sud-américaine sans personne, c’était le choix stratégique parfait. Il fallait aussi avoir mal au genou et laisser planer des rumeurs de forfait un peu partout. La gestion était remarquable, mais il manquait encore un gros coup. Pas contre Chardy en demi-finale du premier tournoi, faut pas abuser, mais en finale contre Zeballos : une défaite en trois sets. Quitte à aller jouer dans le tiers monde, autant faire don à une œuvre de charité. Rendu indétectable, Nadal reste méfiant et laisse ensuite un set, pour plus de sécurité, à Berlocq et Alund, qu’il ne reverra jamais. Il faut alors monter en puissance. Il cherche donc un ancien pas mauvais, mais pas très bon, qui parle aux gens tout en entretenant le mystère. Ce sera Nalbandian, récompensé de cinq jeux.

Nadal pas bête

Vingt jours, huit matches, et sans doute vingt cocktails avec les sponsors et zéro entraînement plus tard, il arrive à Acapulco. Almagro et Ferrer sont venus voir, pas se faire démolir. C’est pourtant ce qui arrivera. Nadal ne perd pas un set et humilie ses partenaires de Coupe Davis, qu’il respecte, surtout le petit qui lui a pris la 4e place mondiale. 6-0, 6-2, Ferrer ne le fera plus chier une seule fois jusqu’à la fin de leurs carrières. Mais alors, pourquoi perdre 2h33 sur un court contre Gulbis au 2e tour d’un Masters 1000 ? Pour que Federer ne se doute de rien au 3e. Après ça, Berdych et Del Potro avaient compris qu’ils entendraient le dimanche soir les progrès de Nadal en anglais, qui sourit et fait l’amour au public. Mais il n’avait rien préparé, il ne pensait même pas remarcher, alors passer un tour à Indian Wells.

Pendant ce temps-là, un carton plein sur terre battue se prépare, il a donc déclaré forfait pour Miami.

PSG-Barça : Messi est-il une escroquerie ?

Que retiendra l’Histoire du football ?

Sans doute qu’un homme presque aussi grand que Valbuena a humilié ses contemporains pendant 5 ou 6 ans selon la date de péremption de Xavi. L’Histoire aura à la fois raison et complètement tort. Effectivement,  individuellement Messi aura fait passer Cristiano Ronaldo pour un métrosexuel couvert de gel, Benzema pour un délinquant routier multirécidiviste et Gourcuff pour la meilleure amie de Chamakh, Lloris et Karine Ferri puisque c’est écrit dans Closer et sur jeuvideo.com.

Effectivement, l’idée que ses jambes aient dû être retapées par un pharmacien de la Rambla pour qu’il atteigne les 90 cm de hauteur avant ses 17 ans a permis à Xavi de passer inaperçu et à Messi de ne pas être condamné à jouer avec le fils de Zidane. D’ailleurs ça lui a même permis de croiser le vrai Zidane, mais pas de lui ressembler. Car Zidane n’a jamais eu besoin d’un autre nain pour lui servir des caviars, à part du caviar peut-être. Il n’a jamais eu besoin non plus d’un petit chauve malingre pour le tirer d’un mauvais pas. Le chauve c’était lui et il a tiré tout le monde d’un mauvais pas où qu’il soit allé se gaver de caviar. Platini et Maradona pareil, nos grands-parents diraient peut-être la même chose de Cruyff et Pelé. Il y a pourtant bien un joueur à ranger avec, c’est celui qui va transformer Messi en lutin rouge et bleu ordinaire quand il partira. Celui qui, quand le blanc remplace le rouge, le transforme déjà en Ortega, D’Alessandro, Riquelme, Aimar ,Veron et tout ces lointains sosies de Diego car il n’a pas la bonne nationalité. Seul le Vestiaire l’a proclamé parmi ses intouchables : le meilleur c’est Xavi même si Christian Jeanpierre et Nathalie Ianetta vous disent le contraire. Parfois il ne faut pas croire ce qu’il y a écrit dans les journaux, sinon on pourrait tous devenir des mères porteuses.

Pendant ce temps-là, on n’attend plus que la retraite de Xavi. Et une bonne branlée pour le PSG en réversion.

Varane : Lens flemme

A 19 ans, il a déjà le record de Unes de Marca pour un joueur de 19 ans. Sacré palmarès.


Il marque plus que Benzema, il humilie Messi qui humilie Ramos, il saute dans les bras de Mourinho au Camp Nou,  Varane frôle le sans-faute. Le soir même, il prend conscience  qu’il n’a toujours pas connu sa première sélection en bleu, alors que même Méxès en a plusieurs. Méxès, sans doute un simple homonyme du type qui recule sur les deux buts de Messi contre Milan avant de tacler comme une merde sur le deuxième. Au ralenti on comprend mieux sa carrière. Pourtant, Varane aurait dû honorer sa première au Havre en août mais il était resté sur le banc, puis contre l’Allemagne mais il était blessé. La malédiction tombe toujours sur les champions en devenir. Décidément Varane frôle le sans-faute. Cette aptitude si jeune à ne jamais réaliser le sans-faute nous conduit tout droit sur sa page sur le site de la FFF. On peut y lire champion d’Espagne 2012 avec le Real Madrid. Pour les plus jeunes souvenez-vous, Zidane l’avait fait venir au Real alors que personne n’en avait entendu parlé. Et durant sa première saison madrilène en 2012, évidemment personne n’en a entendu parlé. Cette Liga est marquée juste à côté de « dernière sélection en Espoirs, Norvège-France 5-3 ». Il avait joué 90 minutes, les buts norvégiens n’étaient pas directement de sa faute, il marchait loin des buteurs à chaque fois. Mais lui il était pas dans le taxi.

Les cigares de la Varane

L’ombre d’un doute surgit alors et une visite de raphael-varane.net devient nécessaire. Et tout s’éclaire. L’onglet Bio est un lien vers sa page wikipedia, l’onglet Actualités un autre vers ses comptes twitter et facebook. Il y a aussi l’onglet Real Madrid qui apprend qu’en cliquant, on peut aller sur le site du Real Madrid. La négligence de son marquage sur Vidic sur tous les coups de pied arrêtés prend soudain tout son sens. Mais comment expliquer cette relance en pleine surface contrée par Nani qui a permis au Real d’être mené ? Juste pour avoir le plaisir de voir Ramos marquer contre son camp ? C’est un peu gros, mais d’un autre côté Varane lève les deux pouces sur toutes les photos. Sa ressemblance avec Méxès et Rami oblige-t-elle à conclure qu’il n’a pas le niveau ? Pour l’instant ça ne veut encore rien dire, Desailly et Deschamps aussi ont frôlé le sans faute à leur époque contre la Bulgarie, mais pour pas qu’on les fasse trop chier ils avaient remporté la Coupe des champions 6 mois avant et ils avaient déjà 25 ans.

Boli wood

Varane sait seulement  qu’il a pas intérêt à se rater cette semaine et la suivante, ce qu’il fera quand même, mais que de toutes façons il n’y a pas meilleur à son poste. Il joue au Real comme il avait fini de parler à Eric Chelle au bout de 6 mois en pro à 17 ans : avec la pointe de vitesse et de suffisance qui écrase la concurrence. Koscielny et Rami peuvent aller se faire foutre à Kaboul. Un nouveau Laurent Blanc est né et il est déjà meilleur que Blanc.

Il a tout : le démarrage, la puissance, l’agressivité et le compte Twitter. L’été avant de signer au Real, à 18 ans, il informe l’ensemble de la presse française qu’il passe quand même son bac. Nous sommes en 2011, il n’y a aucune compétition internationale, le coup d’essai est un coup de maître. Christanval était vraiment un amateur.

Varane se garde bien, à ce moment-là, de révéler qu’il est alors entraîné par Jean-Guy Wallemme, sinon comment espérer récupérer le numéro 2 dès sa deuxième saison à Madrid. Puisque Carvalho s’en est allé, c’est bien le cas. Et tant pis si un Carvalho joue encore avec le numéro 11.

Encore un ou deux mois comme ça et il sera aussi fort que Pogba.

Bayern-Arsenal : Sous la Juup des filles

Il est désormais communément admis qu’Arsenal n’est pas passé loin de la qualification hier soir. C’est évident, si le match avait pu durer 4h de plus, si la moitié des Allemands s’étaient fait exclure et l’autre moitié exécutée à Nuremberg, les gosses de Wenger auraient sans doute eut leur chance.


Mais rendons à Arsène ce qui est à Arsène en dehors d’un bon gros paquet de fric defiscalisé, hier soir Arsenal n’est en revanche pas passé loin d’en prendre 10. Pourtant, le Bayern avait tout essayé pour ne pas ridiculiser la dernière équipe anglaise à ne pas avoir remporté de ligue des champions. Pardon, encore en lice en ligue des champions. Tout essayer, c’est remplacer l’équipe B, celle sans Badstuber et Boateng comme à l’aller, par l’équipe C, celle sans Schweinsteiger et Ribery.  C’est aussi demander à Robben d’être nul à chier, de faire toujours la même chose, ses rentrées dégueulasses à l’intérieur et ses frappes molles, le tout en pensant à ne jamais faire de passe pour mieux servir sa gueule. A moins que ça soit son jeu habituel, ce qui expliquerait qu’il ne soit qu’un bon remplaçant et qu’il ait percé réellement nulle part. Enfin, pour fêter l’arrivée de Guardiola, Juup avait aussi décidé de remporter la ligue des champions avec un attaquant venu directement des Balkans pour bien montrer que même sans Camerounais on peut avoir la meilleure équipe de tous les temps.

Lahm de rasoir

Le Bayern a donc préféré l’humiliation. Durant 93 minutes Arsenal ne va rentrer que deux fois dans la surface de réparation allemande. 21 tirs contre 6, c’est ce qu’on appelle être éliminé de justesse ou gagner miraculeusement ? Tout Munich a sans doute tremblé à partir de la 86ème, durant plusieurs secondes même. Puisque le Bayern n’a plus jamais perdu le ballon. La peur est sans doute devenue de l’effroi durant les arrêts de jeu quand Muller, Gomez et Robben se sont installés pendant 2 minutes sur 3 possibles, devant le poteau de corner anglais. L’exploit des héros d’Arsenal aurait sans doute été de réussir à leur reprendre le ballon dans les pieds au lieu de le pousser sans arrêt en touche comme des élèves de cinquième face à des terminales. Ils ont donc bien frôlé l’exploit. Bravo Arsène.

Pendant ce temps-là toute la Bavière se demande ce que leur équipe va bien pouvoir inventer de nouveau pour ne pas en mettre 2 ou 3 à tout le monde jusqu’en finale. Couper les cheveux à Muller ou coiffer Kroos comme un garçon ?

Arsenal, Wenger : Le dernier vol d’Arsène Rupin

Peut-on sérieusement ne rien gagner pendant dix ans, se prendre des volées régulières par ses principaux concurrents et faire croire à tout le monde que l’on est un grand entraîneur? De moins en moins. Retrouvez toutes les autres gentillesses que l’on vous a contées ici. Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.


Le profil Wikipedia d’Arsène Wenger est formel : « Considéré comme l’un des grands entraîneurs de son temps. » Arsène est persuadé qu’on trouve tout et n’importe quoi sur Internet, il a tout fait pour le prouver.

Bouffé par la modestie et un brin d’antipathie, son amour des livres siglées sterling le conduira à tous les sacrifices. Capable de dîner avec Charles Villeneuve, directeur des sports de TF1, rue François Ier un jour, puis de pointer le bout de son minois désintéressé à Angers pour les 90 ans d’un club dont il ignore probablement l’existence, le lendemain. Toujours avec Villeneuve, ancien président du PSG, bien sûr.

Mais il ne faut pas s’arrêter à de vulgaires détails matériels, car Arsène a su rester simple et accessible, se prêtant gentiment à toutes les interviews : « La presse locale ? Non, plus tard. » Plus tard signifie jamais, car Arsène est occupé, tellement à l’aise sous tous les domes sauf celui de l’Emirates apparemment.

Ian Wright or wrong

Mais Wenger, ce n’est pas qu’un bandit manchot programmé pour gagner à chaque coup, c’est aussi un manager à l’anglaise qui sait perdre. Une grosse liasse de papier de marque  pound et les pleins pouvoirs lui suffiront largement, surnommé au hasard sans doute « consultant de luxe« . Le luxe c’est pouvoir passer quinze ans à glaner tous les titres majeurs possibles : trois fois champion d’Angleterre, trois fois champion d’Angleterre et surtout trois fois champion d’Angleterre. Un homme, mais aussi un formateur de talent. Capable de monter avec juste un canif et 150 millions d’euros de remarquables équipes de jeunes pour gagner la Champion’s League. Ça prend du temps, alors pourquoi ne pas le prendre.

Un entraîneur peut aussi se juger sur sa capacité à inverser le cours des grands matches. Mais les finales sont-elles des grands matches ? Il se posera la question pendant 120 minutes face à Galatasaray en 2000, et pendant 75 minutes face à Barcelone six ans plus tard.  Un but en deux finales, l’aboutissement du jeu offensif prôné par le trader d’Highbury, qui n’hésite pas à mettre le paquet sur des stars mondiales.

Wreh ou faux

Pour 13 millions Andreï Archavine, Ballon d’or après l’Euro 2008 ou plutôt avant les demies, pour 3,5 millions Robin Van Persie qu’on vous a déjà présenté, et Park, l’homonyme d’un joueur de Manchester, c’est déjà pas si mal. Son chouchou reste Fabregas, ça coûte rien à former et ça peut t’emmener à Barcelone plusieurs fois par an faire du shopping. Ou à Madrid puisqu’il a déjà remplacé Shuster, Ramos, Queiroz, Capello, Del Bosque Pellegrini et Mourinho. Place à Ancelotti désormais, puisque Deschamps n’est pas dispo avant au moins 1 an et qu’il y a pas mal de pognon à la clé. La rançon du talent sans doute.

Peut-être aussi la consécration de l’obstination du gentleman cambrioleur à lancer ou relancer des joueurs perdus pour le haut niveau. Ljunberg, Adebayor, Gilberto Silva, Rosicky, Nasri,Van Persie et Chamakh lui disent merci. Mais de quoi ? Koscielny ne lui dit rien. Cette année, comme en 97, 98, 99, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011, 2012 et 2013,  il y croit plus que jamais. Après tout, Ferguson n’a obtenu que 15 titres en vingt ans.

On dit aussi qu’il a perdu le truc pour dénicher les nouveaux talents. Mais si Vieira, Henry et Pires n’avaient jamais existé, il aurait perdu un autre truc un peu avant : son poste.

Barça – Milan : Mbaye aux corneilles

Pendant que Dujardin se faisait défoncer la gueule sur M6, Milan le faisait sur BeIN. Y aura pas d’Oscar pour tout le monde.

La scène est devenue classique : Cluzet aime le pognon, Lafitte aime l’insignifiance, Lellouche aime les gonzesses, Magimel un peu moins et Cotillard aime essuyer des larmes et du sperme de guitariste paroissial. Toute la recette d’une bonne soirée émouvante est là. Le film a beau être très mauvais, en tout cas inégal, il séduit large. Il y a de mauvais acteurs, de très mauvais, et un ou deux bons qui ne se voient pas mais qui sauvent le film en faisant bien jouer les autres, il suffisait juste de les faire souffler. Le tout se passe dans une Villa pas très belle, mais c’était le bon choix à faire. A la fin, tout ne finit pas bien, il y a des drames et des surprises qui n’en sont pas, sinon Canet ne serait plus Canet. On se repasse aussi des vieux films en se souvenant des jours heureux, parce qu’on sent la fin approcher plus vite qu’on ne le croyait. Mais à l’enterrement de Dujardin, tout le monde pleure un coup et rit de bon cœur parce que c’est la vie qui reprend le dessus. Et qu’on n’en a rien à foutre de Mexès, de Constant, de Mbaye Niang, de Flamini parce qu’ils n’ont rien à faire en quarts de finale. Mais ça on le savait avant que le film ne commence, il fallait juste pas aller pisser à la mi-temps ou écouter Josse.

Il y a même un clodo qui ressemble à Tiburce Darou. Comme quoi Lorient et Gourcuff ne sont jamais loin de la vérité.

Messi : Le Blau crâna

Une fracture du Xavi, ça prend du temps à cicatriser.


Depuis un mois, les dribbles du meilleur joueur du monde ne dribblent plus Mexès, ni Constant, ni Varane. Même Pepe a fini par lui prendre le ballon, sans emporter les ligaments des deux genous en caution. Alors, deux choix s’offrent aux très compétents experts médiatiques : soit la solution a été trouvée, tout à coup, pour savoir de quel côté il allait déclencher son dribble. Soit on ne peut pas, en fait, dribbler onze adversaires tout seul, juste parce qu’on a toujours le ballon collé au pied, que c’est magnifique, qu’on est inarrêtable. Même trois, c’est compliqué : un devant, un à gauche, un à droite, Gourcuff lui-même serait le premier à repasser par-derrière.

Xavi de bohème

Mais pourquoi n’y a-t-on pas pensé avant ? Ils étaient où, ces trois mecs, avant ? Occupés à autre chose peut-être. Comme éviter que Xavi ne voie Iniesta, éviter que Xavi ne pivote pour changer l’orientation du jeu, éviter que Xavi ne vienne s’insérer à côté de Messi après avoir vu un espace libre, éviter que Xavi ne fixe les cinq milieux adverses dans l’axe pour ouvrir vers Alves parti en diagonale dans le dos de la défense. A force de chercher la parade à tout ça, parce que Xavi ne perdait jamais un ballon, il y avait toujours la place, à un moment, pour qu’un nain argentin se retrouve face à un seul adversaire, et lancé, en plus. Il était quand même fort ce Messi.

Comme le Vestiaire l’explique depuis toujours, Lionel Messi n’est pas celui que vous croyez. Il n’a pas 25 ans mais 33, ne joue pas attaquant mais milieu de terrain. Et il ne s’est pas gavé d’hormones de croissance durant toute sa jeunesse donc ses tendons d’Achille ne témoigneront pas au procès Puerto.

L’Edito : La revanche d’une ancienne blonde

Qui est le dernier club anglais encore en lice en Ligue des Champions ?


Il faut en profiter, c’est la dernière semaine, peut-être même la dernière année d’un grand self-made manager alsacien. C’est bientôt l’heure du bilan et il est sans équivoque : une finale de C1, quelques matchs gagnés, deux ou trois titres en 17 ans. Pas mal du tout. Et une révolution grassement financée : des grands joueurs dans un petit stade ont laissé leurs places à des petits joueurs dans un grand stade. Son club a fini par lui filer tellement mal au crâne qu’il se gave de tous les cachets que les télévisions de l’Europe entière lui prescrivent. La fin de Wenger, c’est comme quand votre femme vous surprend pisser la porte ouverte, c’est un peu de magie qui s’en va.

Benz aima

Avant cette semaine décisive pour Arteta, Vermaelen et tous les autres que la Premier League ne s’arrache pas pour ne pas aller en quarts de finale de C1, il y a eu tout un week-end de revanches. Celle de Marion Bartoli, qui si elle continue à tout déballer de la sorte jouera bientôt sur un court, mais en anglais ça veut dire tribunal. Elle ne veut plus d’entraîneur masculin parce qu’après son père elle ne pourra faire confiance à personne. Du coup elle l’a remplacé par deux mamans. Attention, ça suffit à des parties civiles, Tauziat elle-même a bien dû appeler De Camaret papa. Un lapsus. En revanche, quand Simon dit à son entourage de dégager du court, ce n’en est pas un :  » je joue mieux quand je suis seul sur le court. » Tulasne avait compris. S’allonger sur sur le divan ne résout pas tous les problèmes, surtout que ni Loth ni Dominguez ne sont psy. La revanche, c’est aussi ce que Benzema doit à tout le monde. Mais comme il ne doit rien à personne, il a encore préféré tirer sur le gardien du Celta Vigo. Œil pour œil, dans les dents : Higuain a fait pareil. On la lui fait pas.

Pendant ce temps-là, les Ducs doivent se débarrasser des Brûleurs de Loup dans un cinquième match décisif. Ce n’est pas un film des Coen, c’est la Magnus. Toujours pas ? Et Ogier qui rafle tout ? Attention si personne ne fait d’effort on va reparler vélo.

Indian Wells/Miami: Paire de boules

Il est juste derrière Simon, autour de Benneteau mais devant Llodra. On l’appelle communément top 40 et pourtant il détruit plus de raquettes que de top 10. Mais il n’a que 23 ans et de mange-merde à petit merdeux, il y encore une branlée contre Llodra


Benoît Paire est un beau gosse d’1,96m, qui s’était fait remarquer pour la première fois à l’US Open. Pas par la finesse de son analyse au micro d’Agathe Roussel, mais en sortant des qualif, aux dépens de Stadler, Krajinovic et Sisling, quand même. De quoi impressionner Rainer Shuettler au premier tour, mais pas suffisant pour ne pas perdre après avoir mené deux sets à un contre Lopez, 25e à l’époque, au 2e tour. Parfois il n’est pas inexact de dire perdre comme une merde.

La suite est classique : il faut lui trouver un coup de génie, et si possible le qualifier de meilleur du circuit. Ce sera le revers à deux mains, même si la tentation est forte de louer son toucher de balle. Bref, tout ça lui permettra de gagner le challenger de Brasov un an plus tard. Exact au rendez-vous. C’est donc en 2012 qu’il explose. Il commence par exploser à Belgrade, avant d’exploser en finale. Puis ses amortis émerveillent Roland-Garros au premier tour mais pas Ferrer au second.

Destination finales

On le dit inconstant et con comme un balai, il prouve partiellement le contraire : dès qu’il rencontre un top 20, il perd, parfois en prenant un set, souvent sans. Un métronome.

Pourtant tout change en 2013. Il s’offre Cilic à Chennai et confirme le lendemain en prenant un set à Lu. On aurait juré que Santoro sanglotait dans les tribunes. A Montpellier, il bat Simon et explose encore en finale, enfin c’est Gasquet qui l’explose. Suffisant pour parler de Coupe Davis bien sûr et de se faire exploser par Llodra. Ca sent la merde.

Pendant ce temps-là, Federer qui lui a déjà collé deux branlées avant de dire que « Paire n’avait pas la bonne attitude ». Une référence aux volées dans le filet, aux retours amortis et peut-être même aux coups droits annoncés out parce que le terrain ne déborde jamais sur les gradins. Gueuler sur l’arbitre n’y change rien. Mais ça veut quand même dire qu’il a rencontré Federer deux fois.

PSG, Beckham : 37 ans au Tibet

C’est à Adidas et Denisot qu’il a réservé le scoop : il est à Paris pour jouer au foot. Pourquoi ne pas le croire ? Il est là, il est extrêmement séduisant et il a déjà envoyé chier Talaron.

Dit-on d’un bon milieu de terrain qu’il peut jouer partout ? Le débat a animé la carrière des frères Da Rocha sans jamais trouver de réponse. Bons, ils ne l’étaient pas. Mais milieux de terrain, oui. Beckham l’est aussi, il n’est ni rapide, ni costaud, en revanche on a passé sa jeunesse à lui apprendre à centrer. Et sa jolie petite gueule a fait le reste ; elle lui a valu de se faire envoyer des photos de rouquines nues et une paire de crampons de Ferguson. C’était à l’époque dorée de Manchester, qui ne l’a pas cédé à 28 ans pour 35 millions d’euros au Real parce qu’il n’était plus assez bon et que Cristiano arrivait le même été. Non bien sûr, c’était parce que sa polyvalence était un tel atout qu’il pouvait jouer partout, surtout en Espagne, et menaçait tout le monde.

Le Becks de lièvre

Le Real a donc essayé de le faire jouer partout, avec à la clé un quart, trois huitièmes de Champions League et ce geste technique qui n’appartient qu’à lui : le catogan de mousquetaire, qui lui donnera plus tard l’idée d’une moustache. Remarquable. Beckham est au sommet de son art quand il cède aux sirènes des Los Angeles Galaxy. Trop fort pour le championnat américain, il est élu une fois sur cinq dans l’équipe-type. Difficile de ne pas convaincre le monde entier qu’il a encore le niveau. Et il l’a encore : en quatre jours et deux matches contre l’OM, il a réussi une transversale pour Lavezzi et bien frappé ses coups de pied arrêtés. Ferguson ne lui a jamais demandé autre chose, et surtout pas d’aller vite. Ça c’était à Giggs, il lui demande encore, d’ailleurs ceci explique peut-être cela. Margotton, lui, ne demande pas pourquoi les gens sourient dans les tribunes du Parc en voyant Beckham, il constate juste et il sourit aussi. Souriront-ils encore quand Beckham prendra la place d’un mec qui met moins de 37 secondes au 100m ? Peut-être, parce qu’il y a 14 ans, c’est quand même lui qui a frappé les deux corners qui ont offert à Manchester sa 2e Ligue des Champions, et à lui-même sa seule. Il a toujours joué comme un vieux, il est donc plus jeune que jamais.

Pendant ce temps-là, depuis dix ans c’est toujours la même qualité que les autres voient en lui : son grand professionnalisme.