Roland-Garros : Gamelle Monfils

Berdych, quel exploit quand même. Et dire que Gasquet avait failli faire la même chose contre Murray mais lui avait attrapé une angine au début du 5e set. C’était juste après les 3 nanogrammes de décalitres de coke retrouvés sur la langue de Pamela.

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Cette fois, Patrice Dominguez ne l’attendait pas. Pour autant, peut-on blâmer un ancien DTN qui attendait Di Pasquale, Chardy et Jeanpierre, d’avoir cru que Monfils revenait de blessure alors qu’il joue son 13e tournoi de l’année et qu’il reste sur deux finales sur terre battue ? Non, parce qu’il savait tout ça et pensait d’ailleurs que « Gaël allait payer l’addition des efforts consentis ces deux dernières semaines ». Est-ce parce qu’Europe 1 ne lui verse plus de pension alimentaire qu’il s’est cru obligé de rajouter que « Gaël n’avait pas une grosse préparation foncière ? » Il faut parfois savoir regretter l’absence de pelotons d’execution pour les incompétents. Mais au diable les contresens, Gaël Monfils a régalé le Central et l’Equipe a à peine attendu la fin du match pour parler de retour d’enfer. Le Vestiaire lui-même aurait été surpris s’il n’avait pas déjà tout dit sur Monfils et ce dès 2007.

Les as du Roland

Un petit rappel des faits n’est jamais inutile, notamment quand Montel commente les matchs du court n°1 à quelques mètres à peine de Monfort confortablement installé sur les genoux d’une jolie quadra du Central. La VHS bien au chaud dans l’armoire, comme on dit dans le jargon. 2008, la Monf n’est pas encore la Monf mais il va en demie à Roland en torchant tout le monde jusqu’à Federer. C’est l’acte fondateur qui détermine pourquoi il est le plus fort et pourquoi il ne le sera jamais.

2009, il paie l’addition de ses mois d’avril et de mai sans jouer par un quart de finale contre Federer, après avoir humilié Roddick à la nuit tombée.

2010, sa préparation est optimale : blessé en mars, il reprend début mai par un petit quart en Masters 1000 contre Nadal. C’est presque trop parfait à deux semaines de Roland, il préfère offrir le match à Fognini à la nuit tombée.

2011, il s’arrête deux mois en février puis tout le mois de mai ; cette fois la coupure est trop longue, il n’et pas en forme. Il n’ira pas plus qu’un quart contre Federer à Roland après avoir battu Ferrer 8-6 au 5e après 4h7 de jeu.

2012, il joue trois tournois en mai, donc déclare logiquement forfait à Roland. Putain d’Osgood-Schlatter qui l’empêche chaque année de briller.

Pendant ce temps-là, Monfils a pris Benhabiles puis jeté Benhabiles, pris Champion puis jeté Champion, pris Rasheed puis jeté Rasheed, pris Chamagne puis jeté Chamagne, pris Winogradsky puis jeté Winogradsky, pris une licence dans la team France Pokerstars, changé de coupe de cheveux, de maillot de foot et de short de NBA et invité M Pokora à Bercy. Et il a comme tout le monde un frère pro qui n’aime pas le tennis avec lequel il joue en double, quand il n’a pas un double mixte organisé avec sa meuf, quelle qu’elle soit. Comme Federer quoi.

Clermont-Castres : La gueule de Travers

Combien de profs de maths de lycée privé ont accompagné leur fils journaliste de presse locale à la Beaujoire ce week-end ?

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On ne le saura sans doute jamais, ce qu’on sait en revanche c’est qu’ils n’y connaissaient rien. Cela ne les a pas empêché de commenter tout ce qu’ils ont vu, c’est la beauté du rugby. Mais si l’inculture rugbystique était un crime, on se demanderait s’il ne faut pas rétablir la peine de mort. Heureusement, lorsque les bandas se sont mis à jouer du Lady Gaga, tout originaire de Cognac qu’il est, le prof a apprécié. Il fallait bien ça pour que père et fils supportent leurs propres remarques sur les règles du jeu, les performances individuelles de chacun, la surprise castraise, l’ambiance très sympa où on peut facilement emmener des enfants c’est sans danger, les extérieurs décevants de Clermont qui suscitaient l’admiration à l’annonce des équipes, Parra qui craque. Tout ça en affirmant que Vern Cotter pousserait une gueulante à la mi-temps.

Sur Parra il avait pas tort, et on ne comptait plus dans le stade, qui a vu évoluer Bustos et Vulic, les « Parra il nous fait chier aujourd’hui. » Mais Patrick a-t-il vraiment compris que l’humiliation clermontoise n’est pas dû qu’à son système de procréation des demis de mêlée, à un clodo en calbut avec une peluche rose ou aux procédures de recrutement des stagiaires de leur fleuron médiatique Clermont première devenu ic1. Si les 2 kops de supporters jaunards, banquiers, journalistes ou conducteurs de clio ont fermé rapidement leur gueule, c’est parce qu’ils ont compris que chanter « ici ici c’est Montferrand » alors que c’est pas vrai, ça pouvait mal finir. N’en déplaise aux bobos du SNUC, de St-Nazaire et de Trignac qui vivaient leur heure de gloire parce qu’ils jouent en Fédérale et qu’ils se rendent compte que Parra aussi.

Labit au cul

Pour tous ceux qui voudront avoir vraiment l’explication technique sur la faillite clermontoise en dehors des mêmes raisons qui ont fait de Pioline un simple double finaliste de Grand-Chelem, l’expert rugby du Vestiaire, fils d’arbitre régional, visionnant tranquillement le match en streaming du haut de ses 90kg pour 1m65 nous a transmis ce texto :  « Ils ont aligné un pack qui pesait 20kg, Fofana n’a pas réussi à faire sa première passe de la saison, ils étaient cuits, Castres jouait avec un talonneur qui a pas joué un match avec Agen l’année dernière et pour conclure, se passer de Brock James n’est pas l’assurance de gagner a tout les coups. »

Un ami du fils de Patrick le prof de match, tout aussi cultivé, a alors demandé pourquoi James avait pas joué ?

« Parce que Delany (qui n’avait pas le droit de jouer en HCup) a un meilleur jeu au pied, court plus vite et n’est pas sensé porter la poisse.
L’ironie est là, c’est l’équipe de Clermont la plus forte depuis 10 ans, sauf dans les moments important. Non, là ils avaient l’air cuit, pragmatiquement on peut penser qu’ils se la sont collée après le match le weekend dernier, ils étaient pas foutu de pousser une mêlée, ce n’est pas uniquement les cuisses d’Ibrahim Diarra qui les a éclatés en mélée. »  Envoyé de mon iPhone.

Bayern-Dortmund : Le Franck Reich

Quand Robben recevra le Ballon d’or, citera-t-il tous ceux qui l’auraient mérité à sa place ?

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Lewandowski aurait signé au Bayern la saison prochaine, et c’est peut-être la plus mauvaise nouvelle de la soirée, surtout pour lui. Qu’il se rassure, les bancs bavarois sont confortables. Pourtant il n’est pas si mauvais qu’on pourrait le penser après ses deux dernières prestations européennes. La preuve, après son quadruplé madrilène, il a récidivé hier soir mais cette fois il s’appelait Mandzukic. Robben, lui, a encore tout raté et il s’appelait bien Robben. Mais il a fini par marquer. Être enfin décisif quand il faut, c’était une surprise pour lui visiblement, moins pour son entraîneur qui a tout prémédité.

Le pic de Dante

Heynckes ne voulait pas simplement gagner la Ligue des Champions, il voulait le faire avec la même équipe de losers que l’année dernière. Il ne pouvait pas les obliger à ne pas repenser à Drogba qui danse au rythme des prédictions de ballon d’or de Christian Jeanpierre, et donc à se chier dessus. Le Bayern a fait un de ses pires matchs de la saison, mais Jupp les a obligé à devenir tellement forts qu’ils ne pouvaient que gagner. Lizarazu a cru que Dortmund a mieux réussi sa finale, que le Bayern ne développait pas son jeu et que Gundogan était le joueur du siècle. Il faudra juste expliquer pourquoi le Bayern a ridiculisé Dortmund en deuxième mi-temps, à part le penalty offert par Dante que Heynckes avait forcément prévu aussi. Peut-être même avait-il deviné qu’après le match on aurait une bande-annonce avec Laurent Ournac.

La journée de la Jupp

Ce n’est que le moindre de ses exploits. Ribéry ne devait plus progresser, Robben jamais rejouer ni même rester au club, Müller être Ballon d’or, Schweinsteiger rester un simple milieu défensif. Mais Heynckes a décidé que tout allait devenir possible et que tout allait être interchangeable, y compris le niveau de Van Buyten avec celui de Beckenbauer le temps d’une demi-finale. Résultat, Dortmund n’a pas compris que Ribéry, Robben et Müller changent de poste en deuxième mi-temps. En voyant Ribéry lancer Robben sur le premier but ou Ribéry se retrouver en pivot à la place de Mandzukic à la 89e minute pour servir Robben plein axe qui aurait dû être Müller, les jusque-là excellents Subotic, Hummels et autres se sont brutalement souvenus que le dernier Ballon d’or de Dortmund s’appelait Sammer, et qu’aucun d’entre eux n’était rouquin ni complètement défenseur. Ce qu’on appelle avoir la Jupp baissée.

Pendant ce temps-là, « comme quoi Arsène on peut gagner la Ligue des Champions jusqu’à 70 ans ». Et ça peut même être la deuxième dans deux clubs différents.

Grand prix : Monaco et panache

Pour la première depuis son arrivée notre chroniqueur Formule 1 a subi la censure de sa hiérarchie. En effet, on peut s’attaquer à tout avec un certain talent mais pas à Monaco avec une accroche aussi naze que :  « La F1, c’est ma grande passion. Aussi, afin de justifier mes notes de frais, je suis allé faire un tour à Monaco, en direct du GP, et me voici sur l’ordi, au bord de la piscine, en train d’écrire un nouveau papier. »

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Par Henri Carl BR Driven (2)

Dans quel lieu unique peut-on se baigner, blanchir son argent, rencontrer un prince aux capacités discutables et discutées, des putes sur des yachts amarrés au port, avant d’être amarrées aux porcs et même un Grand Prix de Formule 1 ?

Alonso le sait aussi bien que moi je sais qu’il est le meilleur pilote du monde. L’ai-je assez dit et répété depuis que je vous abreuve de mon style gras et pertinent ? Vous en voulez encore ? Ca tombe bien, on m’informe que ce week-end c’est un circuit pour les pilotes, les vrais. Cela fera tout autant plaisir à Rosberg qui manie plutôt pas mal le manche en dépit d’un palmarès mince comme une feuille de papier cul. Mais ça c’est uniquement dû au fait qu’il n’arrive pas à faire autre chose que des pôle position, remerciant au passage sa Mercedes qui bouffe ses pneus comme personne. Sur un circuit aussi sélectif comment ne pas espérer voir aussi au rendez-vous derrière Rosberg,  Sutil ou son équipier Di Resta, Grosjean (s’il est bien au courant que la piste est étroite), ou pourquoi pas Button qui s’y connaît comme personne en gestion de pneus (remember son titre sur la Brown). Ca y’est j’ai cité tout le monde. Si avec ça je passe pour un con.

 Ricard à Panis

Saviez-vous que la dernière victoire française en F1 remontait à 1996 ? Saviez-vous que c’était Olivier Panis ? Et que c’était à Monaco ? Si les voies du seigneur sont parfois impénétrables, à défaut de celles de Katherine Legge on l’espère, soyez rassurés aucune chance pour qu’un Français inscrive son nom au palmarès cette année. Hormis Grosjean donc, Vergne portera un casque rendant hommage à François Cevert mais il s’agira d’un hommage purement anecdotique, de quoi dormir tranquille car aucun point n’est attendu. Bianchi et Pic se contenteront de devancer leurs coéquipiers respectifs, dans un bon jour. Car la F1 a bien changé et les nouvelles normes, la sécurité, etc rendent les courses plus prévisibles et la hiérarchie presque immuable. On se souvient avec émotion d’une époque où une Minardi pouvait enfin inscrire un point à Monaco ou Roberto Moreno qualifier sa modeste Andrea Moda pour l’unique fois de la saison. Une telle époque est révolue même si le rusé Bernie continue à faire son beurre et si Jacques Lafrite a enfin fermé sa gueule.

 Pendant ce temps là, Seb la Bourde se remet anonymement à l’IndyCar et aux 500 miles d’Indianapolis, je vous en parle bientôt, promis, surtout que la sexy Katherine Legge, nue ou pas, est qualifiée.

Roland-Garros : Le Paire d’obus

Voici comment Benoît Paire est devenu un Mousquetaire.

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Avant de lui suggérer d’aller voir quelqu’un pour parler de tout ça, les entraîneurs successifs de Benoît Paire ont toujours dit qu’il avait un talent fou. Comme quelques centaines d’autres, Patrice Dominguez en avait même fait un diamant à l’état brut. Mais Paire avait pour lui d’avoir été viré par Hagelauer. Le genre de petite différence qui peut suffire à expliquer une victoire en Masters 1000 sur Del Potro.

Pour aller en demi-finale, encore fallait-il battre un Granollers fatigué la veille par Chardy. On peut aussi simplifier la phrase : il aurait fallu être un gros con pour perdre, un peu comme si c’était Janowicz en face et qu’il était Tsonga ou Gasquet. Il n’est ni l’un, ni l’autre, d’ailleurs il a toujours perdu contre eux, mais c’est lui la star maintenant. Avec son super revers à deux mains, ce toucher de balle hors du commun, ses coups de génie, bref toutes les conneries que Chamou a dites sur un Français qu’il découvre fin mai, après avoir changé de femme à défaut de coiffure.

Benoît baise

Mais Paire n’est plus un jeune qu’on découvre, c’est un joueur qui arrive à maturité. Il casse moins de raquettes et probablement plus de culs mais il n’hésite jamais à lâcher un set pour se prendre la tête avec l’arbitre. Qui de Brabant ou Monfort dira le premier que c’est bien, que le tennis est trop aseptisé et que McEnroe manque à tout le monde ? Voilà pourquoi on aime Nadal, Djokovic et Federer : quand ils pètent les plombs en finale de Grand Chelem. Attention quand même aux « mentalement je suis solide, je reste concentré », ça reste Rome et Del Potro quand même. Son entraîneur Lionel Zimbler, ce serait pas l’ancien de Santoro dont il est précisé 10ème mondial à côté de son nom ? Alors que tout le monde sait bien qu’il n’a jamais atteint le top 10, sinon il serait autre chose qu’un célèbre joueur de double.

Pendant ce temps-là, Gasquet réalise toujours le meilleur début de saison de sa carrière, mais ça se voit de moins en moins.

Les toiles de David (3/3): 37 ans au Tibet

Les épisodes précédents sont ici et là.

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C’est en 2000 qu’on commence à comprendre. Beckham doit une revanche aux tabloids, puisqu’il n’a ni sauté de pute dans un hôtel londonien, ni mangé les couilles de son entraîneur.

S’arrêter en poule est un bon compromis, surtout après une défaite 3-2 contre la Roumanie. Manque de bol ce n’est pas la bonne Roumanie, ce qui ne l’interdisait pas pour autant de défendre un peu sur l’égalisation roumaine à 2-2. David se remet donc en cause : fini les cheveux courts. En 2002, avant tout le monde, il choisit la crête péroxydée. Les Japonaises ne sauront jamais s’il est venu pour vendre un single ou jouer au foot. Sa volée 20m au-dessus à 0-0 en quart n’aide pas à trancher, sa perte de balle à 1-0 pour l’équipe dont il est capitaine non plus. Au bout de l’action ça fera 1-1, au bout du match 1-2.

Beck dans l’eau

Il retournera bien au Japon, mais plutôt à Ginza ou Nihonbashi. Heureusement, l’Euro 2004 arrive à point nommé pour fêter dignement ses 29 ans, cette fois avec la marque de la chaussure de Sir Alex sur la gueule et un autographe des Galactiques Ballons d’or dans la poche. France-Angleterre sera son match. Une passe décisive sur coup franc, un penalty manqué, un regard envieux quand Zidane marque le sien : c’est son match. Les supporters anglais attendront pourtant son tir au but cinq mètres au-dessus contre le Portugal en quarts pour lui en tenir un peu rigueur. Heureusement David est digne : « I don’t think we’ve done as much conditioning work at Real Madrid as we used to do at Manchester United [whom he left in 2003]. I didn’t feel as fit in the second half of the season as I did in the first half. Maybe that’s the way the Spanish game is. » Ce qui veut globalement dire que tout est de sa faute enfin surtout celle du Real.

Ferme ton Beck

Mais Beckham n’est pas homme à se laisser abattre. En 2006, la trentaine tout juste dépassée, il remet le couvert au Mondial allemand. Margotton trouverait certainement qu’il ne fait pas son âge et qu’il a l’avenir devant lui s’il ne trouvait pas Coupet si beau gosse. David l’est aussi : en huitièmes de finale, il qualifie l’Angleterre. Ce n’est que l’Equateur, ce n’est que 1-0, ce n’est qu’un coup franc, mais c’est un huitième. Doit-on parler d’apogée ? Sans le savoir, il n’est qu’à trois jours de pleurer sur un banc de touche, la cheville broyée. Il n’y a pas de quoi : le Portugal élimine l’Angleterre aux tirs au but mais cette fois il n’en a pas tiré, donc pas manqué. Il ne soulève pas la Coupe du Monde mais il organise quand même une conférence de presse le 24 juillet pour dire au monde qu’il rend le brassard en sélection. Le moment est d’importance, mais les journalistes viennent quand même. Voilà qui nous conduit à 2008, sa plus belle campagne en sélection. Il n’y vient qu’une fois de temps en temps et l’Angleterre ne va pas à l’Euro.

Le coup parfait pour se rendre indispensable pour le Mondial 2010, à un tendon d’Achille prêt, qui se rompt à trois mois du premier match. Il en pleurera bien entendu, Capello aussi mais de joie. Ca on vous l’a déjà raconté.

F1, Barcelone : Comprenne qui pneu

Troisième article à la première personne du singulier de notre nouveau chroniqueur F1, qui l’est de moins en moins, nouveau, pas chroniqueur. Du coup il va sans doute bientôt devenir drôle. Le contraire serait fou et contraire aux statistiques des 3 derniers siècles.

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« Depuis que le Vestiaire m’a embauché à titre gratuit, je me suis contenté d’analyses qui ne valaient pas beaucoup plus et pourtant Alonso que j’avais osé surnommer meilleur pilote de F1 a encore gagné. Pour autant cela en fait-il le futur champion du monde ? La réponse est dans l’article ou peut-être pas. »

Par Henri Carl BR Driven (2)

 

S’il avait suffi d’être le meilleur, Senna n’aurait pas eu besoin d’aller mourir chez Williams pour essayer de battre Schumacher qui n’était pas Schumacher. Damon Hill et Jacques Villeneuve n’auraient jamais été champions du monde et Prost aurait fait autre chose de sa Ferrari. Sa Formule 1, pas celle qu’il gare dans le parking de Canal+ en rayant celle de Gaccio. Le problème c’est qu’Alonso en a une aussi et qu’elle est plus proche de celle d’Alesi que de Schumi. Mais elle progresse et l’écart entre Alonso et Vettel se réduit mais ce n’est pas encore suffisant pour tirer des plans sur la comète. Raikkonen pourrait également jouer les troubles-fêtes avec ses 4 podiums en 5 courses et ses 4 petits points de retard sur Vettel, mais ça, pas besoin d’avoir fait Normal Sup Auto pour le constater.

Button de roses

Chez les autres, on a vu que Mercedes devait apprendre à ménager ses pneus car deux pôles consécutives pour récolter 20 points, ça frise le ridicule. Chez Force India, Paul Di Resta semble avoir pris le pas sur Sutil, puisqu’il y a 20 points d’écarts entre les deux. Après un tel niveau d’analyse, ajouter que Grosjean a plutôt fait un bon début chez Lotus peut me faire entrer direct comme ingénieur chez McLaren pour fêter le retour de Honda, puisque Newey se drogue désormais au Red Bull ou chez Red Bull on sait plus trop. Car chez McLaren justement, rien ne va plus, Button et Perez se tiennent tellement qu’ils vont finir par s’accrocher voire davantage avec la nouvelle législation. Chez Sauber, c’est suisse, comprenez très discret et effacé. Cahuzac pourrait vous en parler mais il est occupé à se représenter. Comment aurait-on pu échapper à ce genre de vanne politisée de merde qui n’a rien à voir avec la ligne éditoriale du Vestiaire ? Je m’en fous, je suis même pas déclaré.

Tomber à Pic

Un article ne serait pas complet sans évoquer la razzia des Français : Jean-Eric Vergne (1 point) se fait distancer par Ricciardo (7 points) chez Toro Rosso. S’il veut succéder à Webber chez Red Bull, il va devoir se sortir les doigts et les utiliser au bon moment car Danica Patrick nue ou pas n’aime pas les losers. En fait on n’en sait rien, mais elle a divorcé d’un mec qui pouvait être son père pour coucher avec un collègue. Donc Chilton et Van Der Garde qui s’améliorent lentement mais sûrement, enfin très lentement surtout, ont leur chance. Quant à Pic, l’Olivier Panis du pauvre, la saison va être longue et il s’est même fait distancer par Van Der Garde en qualif à Barcelone. C’est dire sa vélocité. Enfin un petit point financier pour finir, inutile d’acheter des actions Williams, vous pouvez sagement garder vos eurotunnels. Maldonado a gagné une course par accident l’année passée, cela ne devrait pas se reproduire et vu qu’Hugo Chavez a fini sa chimio pas sûr que son protégé puisse à nouveau se payer un volant l’an prochain.

Pendant ce temps-là on attend Danica Patrick en F1, à poil ou pas.

Paris truqués Montpellier : Cesson l’hypocrisie

Peut-on faire confiance à un expert qui a mis 2 mois pour regarder une mi-temps de 30 minutes ?

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Une enquête de notre expert handball Leo Tseu

Le verdict est tombé un mardi matin alors que deux frères qui ne s’étaient pas vu depuis 6 ans allaient se retrouver. S’ils avaient su, les frères Karabatic se seraient fâchés il y a bien longtemps, ça leur aurait permis d’éviter de foutre leur carrière en l’air pour le sourire de connasses refaites de partout sauf du cerveau. « Eventuelle carence volontaire intra et/ou interindividuelle du niveau de jeu pendant la première période de cette rencontre« , c’est donc sous cette étrange formule que Pierre Sallet a qualifié le foutage de gueule des joueurs montpelliérains. Avant on appelait ça une tricherie mais la langue française évolue. Pour autant Pierre Sallet a-t-il raison de penser que Mickaël Guigou est le seul joueur de handball intelligent depuis Philippe Gardent ? Pour le savoir le Vestiaire s’est farci, en un tout petit peu moins de temps, la demi-heure de mi-temps où Luka Karabatic a été moins nul que d’habitude car il ne jouait pas.

Une addition Sallet

Ce qui saute aux yeux de prime abord, ce n’est pas le jeu de Montpellier mais bien le niveau effarant de Cesson qui mérite plus que jamais sa 9e place sur 14 avec seulement 3 points d’avance sur le dernier. Car si la version officielle dictée par la Pravda indique que Cesson voulait se mettre à l’abri de la relégation contre Montpellier, quelques secondes de réflexion seulement suffiraient à se demander si en Ligue 1 il viendrait à l’idée de Brest d’espérer assurer son maintien contre le PSG. Mais admettons que les brêles bretonnes aient brûlé des cierges avant le match assortis de quelques biftons et d’un préservatif pour le curé et que Dieu était dans un bon jour. Manque de chance, Cesson était dans un mauvais. Pour éviter les confusions, on parle de mauvais jour car des mauvais il y en avait partout et pas qu’à Cesson. La palme ne sera pour une fois pas pour Haneke mais pour William Accambray qui a donc attendu que ses coéquipiers parient 90 000 euros sur la défaite de son équipe à la mi-temps pour réaliser la plus mauvaise mi-temps de sa carrière. William a 24 ans, il est comme tous ses copains, 6 fois champion de France, parfois du monde et un peu olympique aussi, il a même été élu meilleur joueur français en 2011. Le genre de tocard à tirer à côté après 4’42, sur le gardien après 13’08, à faire un passage en force à 15’37, à faire la passe à l’adversaire à 17’20, et échapper la balle à 22’35.

La Française des gueux

Mais logiquement Accambray est un des rares à ne pas avoir été mis en examen. Sa performance a été éclipsée par celle de son coéquipier slovène mis en examin : Gajic. Gajic, un Djokovic du pauvre, n’est pas le plus grand joueur du monde mais il est assez fort pour manquer un penalty, « ce que le gardien de Barcelone n’avait pas été capable de provoquer » rappelle le commentateur. Nicolas Lemonne, celui de Cesson, est sans doute un sacré gardien mais Gajic un sacré plaisantin qui aurait ramené son équipe à 11-9 s’il n’avait pas tiré sur le mec au milieu des cages. Mais si on avait encore un doute, Gajic a attendu, après son tir à coté à 26’26, la toute dernière seconde de la première mi-temps pour faire du zèle en ratant un face-à-face seul en contre-attaque, se payant le luxe de tirer au dessus. « Un immanquable manqué c’est rare » a fièrement lancé le commentateur. Primoz Prost, son compatriote et gardien remplaçant qui a misé 3000 euros sur la victoire de Cesson à la mi-temps a dû apprécier. Au moins autant que le titulaire mis en examen Mickaël Robin qui a eu à s’employer pour encaisser les 15 buts promis devant la maladresse ahurissante des Cessonnais, n’hésitant pas chacun leur tour à tirer à côté une fois sur deux, sur un gardien pourtant immobile. A se demander s’ils n’étaient pas au courant des 200 000 euros de gains potentiels de la famille Karabatic et consorts.

La suite on vous l’a déjà raconté en détail dans la Française dégueue.

Palmarès (2/3) : Rudi sur l’ongle

Plusieurs équipes classées ont fait la Coupe du monde 90, connue comme la plus chiante. On dit ça quand on n’y connaît rien. C’était chiant parce que c’était du haut niveau, solide comme on n’en voit plus. Voici le classement le plus attendu de toute l’histoire du Vestiaire : les 15 meilleures équipes nationales de ces 25 dernières années.

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On continue toujours avec la France et même le Brésil. Il manque quelqu’un ?

7. Suède 1992-1994

Si la Suède est aussi bien classée c’est qu’il y a forcément une raison. Les kanelbullar, le pytt i panna et le smörgåsbord ? La défaite contre la France en éliminatoires 94 ? La raclée collée à la Bulgarie pour la troisième place 94 ? Les demis 92 et 94 ? Peut-être mais c’est sûrement pas pour Brolin, Dahlin et Andersson, car c’est surtout pour Thern, Limpar, Schwartz et Ingesson. Vous en avez jamais entendu parler ? 4 milieux suédois dans les meilleurs clubs du monde sans jouer dans Millenium vous y croyez pas ? L’un jouait à Arsenal avant Wenger et à la Fio d’après Baggio, le suivant au Naples d’après Maradona et à la Roma d’Aldair, le troisième Arsenal aussi et le quatrième a fini à Marseille. Et ça donne la 7ème place. Faut juste nous croire sur parole.

8. Italie 1994

Prenez le Milan AC ajoutez Roberto Baggio et vous comprendrez pourquoi seuls des tirs aux buts pouvaient les empêcher d’être champions du monde. Jerome Gnako a des regrets.

9. France été 2006

Rappeler Zidane sous le commandement de Domenech, c’était un peu rappeler Jacquet. Mais Thuram et Gallas c’était pas Blanc et Desailly, donc les corners italiens en finale ont fait aussi mal que les centres coréens au premier tour. Petite différence, mais différence quand même. A l’arrivée Zidane a le palmarès de Maradona une panenka ratée en plus. C’est quand même autre chose que Messi.

10. Brésil 2002

Sur le papier, une finale Brésil-Allemagne ça a de la gueule. Sauf que c’est l’Allemagne de Jeremies, Schneider, Bode et Neuvillle, même si Bierhoff et Ziege rentrent à la fin. Sauf que c’est le Brésil de Rivaldo, Ronaldo, Ronaldinho et Roberto Carlos, et Denilson à la fin. La Coupe du Monde était promise à la France alors les autres ne sont pas venus, à part Ronaldo. Dans ces éditions-là, c’est toujours une bande de Brésiliens qui gagne et il y a toujours un Kleberson qui en profite pour signer à Manchester mais pas longtemps.

Les toiles de David (2/3): Beck et ongles

Lire la première partie ici

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Avec cette relation David Beckham devient tout à coup connu et sa coiffure intéresse qu’elle soit longue, courte, en crête ou en mousquetaire.

Grâce à ses fréquentations on commence même à croire que c’est un grand joueur, parce que de temps à autre il croise des sportifs et tape fort dans le ballon, et parce que souvent il apparaît en public avec Victoria. Mais hélas il est moins influencé par Ferguson, que par sa femme. Du coup il devient une pancarte publicitaire.

Car, si pour être un grand joueur il suffit d’être considéré comme tel dans le monde d’aujourd’hui,  en vrai il faut faire deux ou trois trucs en plus, même si on obtient jamais le ballon d’Or. Par exemple briller avec sa sélection nationale comme  Zidane, Pelé, Platini, Maradona, Ronaldo, Romario, Luis Figo, Ballack, Xavi ou Baggio. Sinon on finit comme Ibrahimovic à devoir pratiquer des arts-martiaux pour se faire remarquer ou comme Messi à ramasser 4 ballons d’Or sans avoir mis un pied en demi-finale de Coupe du monde.

David et John attendent

Et pour ça il faut au moins être sélectionné. A l’Euro 1996, David n’est pas de la partie, il est vrai qu’à l’époque Manchester United n’envoie que deux joueurs, les frères Neville. Mais Phil a quand même deux ans de moins que David, sans doute trop jeune pour la sélection à 21 ans. L’Angleterre ne va qu’en demi-finale, il lui manque encore ce petit quelque chose, peut-être blond, qui sait.

En 1998, David est blond et il marque un coup franc somptueux contre la Colombie. Le mythe est né, plus rien ni personne ne l’empêchera d’être décrit comme un grand professionnel, ni Hoddle qui le prive des deux premiers matchs parce que « Beckham n’est pas concentré », ni le carton rouge pour « acte de brutalité envers Diego Simeone ». Un grand professionnel.

A suivre…là

 

Palmarès (1/3) : Noël aux Balkans

Plusieurs équipes classées ont fait la Coupe du monde 90, connue comme la plus chiante. On dit ça quand on n’y connaît rien. C’était chiant parce que c’était du haut niveau, solide comme on n’en voit plus. Voici le classement le plus attendu de toute l’histoire du Vestiaire : les 15 meilleures équipes nationales de ces 25 dernières années.

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On commence avec les 5 derniers. Qui devinera les 10 premiers ? equipe.vestiaire@yahoo.fr ?

11. Danemark 1992

On ne les connaissait pas avant, à part Michael Laudrup et quelques harengs. On ne les connaîtra pas après, à part Brian Laudrup, les étudiantes erasmus du monde entier et quelques harengs. Entre temps ils vont battre tout le monde mais ça ne durera qu’un mois. Et si tout ça était de la faute au gardien de Manchester ?

12. Bulgarie 1992-1994

En réalité Ginola n’était pas un criminel et Houiller un nul. Car Stoichkov et ses gardiens de brebis ne savaient pas que fabriquer des yaourts. Personne n’aurait parié sur la Bulgarie en demi 94. 10 chèvres sublimées par un bouc, ça peut faire un bon porno mais ça fait surtout un grand joueur. Et pour l’instant ça fait pas Messi. Mais pour Houiller c’était sans doute vrai quand même

13. Roumanie 1994-1996

La Roumanie on en a déjà parlé c’est Hagi. Hagi ça finit aux tirs aux buts contre la Suède. Aucune vanne à ajouter sur Dracula ou le Maradona des Carpates. C’est quand même autre chose que Messi.

14. Croatie 1998

Prosinecki, Suker, Jarni, Boban, ils ont presque tous été du Mondiale 90 mais personne ne reconnaît leur nouveau maillot quand ils débarquent en France en 98. A peine aurait-on pu reconnaître quelques-uns des quarts de finalistes de l’Euro 96. Ils, ce sont des tueurs à gages, prêts à tout pour faire mieux que les Yougos qu’ils ont été obligés d’être trop longtemps. Ils vont y parvenir tranquillement, laissant même à Vlaovic le soin d’humilier l’Allemagne au passage, mais ils ont un défaut : ils ont déjà tous trente ans, à part Asanovic qui en a 32. Alors quand Suker termine meilleur buteur et qu’il marque le premier but contre la France, il ne manque à Stimac que quelques années de moins pour briser la carrière de Thuram sur son côté droit, puis celle de Ronaldo en finale. Pas grave, Bilic se fera celle de Blanc une fois la défaite consommée. Putain de guerre.

15. France 1991-1994

Cette France là avait plus de talents que toutes les autres. Malgré Roche, malgré Christian Perez. Mais elle n’avait pas de tête et ne s’est jamais remise de l’Euro Espoirs 88. Celui où il y avait Sauzée et Martini. On aurait dû s’en douter quand Paille est parti à Porto mais on pensait que Xuereb pouvait mettre la moustache à la mode pour une décennie. Sauf qu’il était ni blond, ni Allemand. Du coup Papin, Canto et Gino ont tout éclaté sauf quand ça comptait vraiment. A l’Euro 92, puis contre Israël en 93. Au Mondial 94 elle aurait été incroyable avec la fusion, entre les vieux et Zidane, qu’aurait réalisée Houiller. Sauf que dans Houiller, il y a Houiller. Et que Jacquet c’est que son adjoint. Du coup la réalité qui fout les boules fut Jerome Gnako titulaire pour battre l’Italie le 16 février 1994. 5 mois plus tard, Jacquet était à jeun, l’Italie en finale et dans le top 10 de notre palmarès.

16. Pays-Bas 1994-2010, Angleterre 1996-2006, Portugal 2000-2004

On a créé une 16ème place sur 15 possibles pour saluer la performance de ces 3 pays qui n’ont jamais rien gagné et qui ne feront probablement jamais mieux. Pourtant c’est toujours la même histoire  avec eux ; on vous la raconte avec les Pays-Bas : Rijkaard et Bergkamp se souviennent encore de ce quart de finale du Mondial 94. Revenus de 0-2 à 2-2 contre les Brésiliens, ils sont alors à deux doigts de réaliser l’impensable. L’impensable ? Être autre chose que le favori d’une compétition, le vainqueur par exemple. Mais puisque Bebeto et Romario leur en ont déjà mis un, c’est Branco qui met le troisième. Depuis, l’impensable ne s’est jamais produit. Ni en demi-finale en 98, ni en finale en 2010, ni en demi-finale de l’Euro 2004. Et encore moins en 2000, mais c’était chez eux. Pourtant, ce sont pas les Van qui manquent. Pour les Anglais et les Portugais c’est pareil, avec des Mac et des Rui. Favoris.

Beckham : Les toiles de David (1/3)

 Cette fois, ce n’est plus un papier pour expliquer que Beckham est vieux, juste qu’il est nul et qu’il l’a toujours été. On parle de foot bien-sûr

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Le foot perd un monsieur. Il va nous manquer. A peu près autant qu’il manque à Manchester depuis 2003 et à l’équipe d’Angleterre depuis toujours. Mais comment un joueur qui ne savait que tirer des corners et des coups francs, et encore, moins bien que Juninho, a-t-il pu autant marquer les esprits par son jeu ? Comment un joueur qui n’a jamais marqué un but décisif ni même gagné un ballon d’Or a-t-il réussi à se faire surnommer galactique ? Comment un joueur qui s’est fait expulsé à la suite d’un mauvais geste en Coupe du monde, qui se fait virer par son sélectionneur pour son mauvais comportement durant la même Coupe du monde et qui a accusé son club d’être responsable de sa méforme à l’Euro peut-il être considéré comme un grand professionnel, roi du fair-play ?  Facile, grâce à Victoria.

Voici la vérité sur un joueur qui à part poser en slip, sauter sa baby-sitter et coucher avec une ancienne popstar n’a pas fait grand chose de notoire. L’histoire de la plus belle prostituée de l’histoire du ballon rond. La mèche qui a fait définitivement passer le football dans le show-business et le marketing. Ginola n’a décidément pas de chance car lui aussi faisait la Une de Tétu à poil.

Une légende sur le-Vestiaire.net, c’est pas compliqué à faire. Il suffit de trouver le fait marquant d’une carrière de merde et le raconter de manière objective, c’est-à-dire pas très valorisante. Pour Beckham, c’est moins simple, et pas seulement parce que Margotton continue de parler d’une immense carrière ; Praud, Delperier, Clopeau et Balbir  de dire qu’il manquera au foot. Ca fera toujours quelques clics de plus pour cette discussion pourrie hébergée par Yahoo et produite par Clopeau contre un bon paquet de fric. Mais qui cracherait sur un peu de pognon ? Pas grand monde à part Victoria, car elle en voulait beaucoup. Qui ?

Space girl

Il était une fois un groupe de demi-putes comme il y en a eu des dizaines. Sauf que dans les années 90, avec la mode des boys band et des girls band préfabriqués et marketés pour faire cracher leur oseille aux ados, arrivent les Spice Girls. De 96 à 98 les Spice Girls deviendront le plus puissant d’entre tous et repartiront aussi vite qu’elles sont venues. Cette histoire là, tout le monde la connaît : Posh, la fille la moins identifiable du groupe, celle censée incarner la snob va prendre son rôle très à cœur et séduire comme dans une série à la con d’M6, un joueur de foot. A cette époque le monde entier se fout des 22 ans du milieu de terrain de Manchester récemment élu espoir de l’année. Ca va changer.

A suivre…ici et

 

Ferguson : La poupée de Sir

Quatre finales européennes, deux titres en C1 et 13 Premier league depuis 1986 : il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Un Alsacien, peut-être. Et un Alsacien qui a fait  3 finales européennes dont une en C1, un titre de Champion de France et 3 de champion d’Angleterre depuis 1986, on lui fait quoi?

wen

Ca devait finir par arriver. Après 18 ans de harcèlement incessant, Arsène Wenger est parvenu à ses fins : faire partir Alex Ferguson. Pourtant les oiseaux de mauvais augure n’y croyaient guère lorsque le futur milliardaire a débarqué sur les rives de la Tamise tout auréolé de son titre de meilleur entraîneur de Japan League. Il faudra d’ailleurs se demander un jour ce qu’il est allé foutre là-bas. L’amour du foot sans doute, sonnant et trébuchant. La presse demandait même déjà sa tête, elle aurait peut-être dû insister un peu.

United esthète

L’été 96 est donc en train de doucement prendre le large, le seul club anglais qui compte s’appelle Manchester mais ça ne va pas durer. Le seul entraîneur qui compte s’appelle Ferguson qui vient de se taper 3 titres en 4 ans. Mais ça ne va pas durer. La première année ça dure un peu avec un quatrième titre pour Fergie. Mais la deuxième marque le triomphe de Wenger. Rien à voir avec Bergkamp, Overmars, Vieira, Petit, c’est Arsène qui devient d’un coup le plus grand entraîneur du monde, Ferguson est désormais sur la sellette. Combien de temps va-t-il tenir face à l’humiliante domination des Londoniens et de leur manager ?

La réponse est connue, à peine 13 ans, pas le temps de se gaver de titres, juste de résister comme il peut. Alors Alex résiste et parvient tout juste à remporter 9 titres de champions supplémentaires. Il a une excuse, le talent de Wenger qui parvient à finir 13 fois sur 13 dans les 10 premiers dont deux fois encore sur la première marche. Et personne n’a oublié cette saison 2003-2004, Arsenal champion invaincu pendant 38 journées. On les appelait les Invincibles, sauf en Coupe bien sûr puisque Sir Alex leur avait emprunté la victoire au Charity shield et en demi-finale de Cup, un peu comme Chelsea en quart de finale de C1. Ah les Invincibles. Si on avait dit à Sir Alex qu’ils ne gagneraient plus que la Cup 2005, il n’aurait certainement pas attendu 2009 pour arrêter de détester Wenger comme Mourinho ou tous les entraîneurs de Chelsea ou City qui n’allaient pas être sympas avec son armoire à trophées.

Cup cake

Mais au bout de la deuxième finale européenne perdue, il a fini par comprendre. La mégalomanie de Wenger est sans limite, puisqu’il veut également dénicher les plus grands joueurs avant tout le monde et les faire joliment jouer ensemble, à base de passes redoublées et de puberté inachevée. Henry, Vieira, Pires et Petit c’est lui et un peu Aimé Jacquet. Aliadière, Anelka, Ljunberg, Gallas, Adebayor, Gilberto Silva, Rosicky, Nasri,Van Persie, Koscielny, Fabregas, Archavine, Gallas, Denilson, Diaby, Giroud et Chamakh c’est lui tout seul. C’est grâce à ce sens du recrutement hors pair, celui qui lui fit remplacer Fabregas par Arteta comme on remplace Van Nistelrooy par Rooney, qu’il fera de Ferguson un double vainqueur de Ligue des champions assortie de deux finales. Une finale de plus que Wenger donc. Rooney, Beckham, Ronaldo, Schmeichel, Van der Sar, Barthez, Giggs, Scholes et Keane auraient peut-être aimé jouer à Highbury eux aussi. Mais enterrer Parlour dans son vieux stade pour mieux le quitter et aller faire admirer Walcott devant 60 000 personnes, c’est le management de demain.

Pendant ce temps-là, Wenger a redit non au PSG.

L’Edito : Ibra veau

C’est beau une émotion spontanée. Et encore, attendez qu’ils réussissent le doublé.
ok

Beckham qui enlace Sakho à la sortie du vestiaire, suivis de près par Jean-Claude Blanc : vraiment, ce PSG-là fait rêver. Paris champion, c’est l’orgueil d’un futur champion qui se relève d’une défaite contre 9 Rennais au Parc. C’est la joie chronométrée de Beckham, c’est Armand, Gameiro, Douchez et Chantôme qui ressortent du vestiaire pour aller saluer les supporters pendant que Beckham atterrit à Heathrow, c’est Tallaron qui apprend à Ancelotti qu’il a la voix qui tremble et qui cherche le scoop comme s’il s’adressait à un enfant de 8 ans. C’est ce beau groupe champion de France qui chante campeone ou campione, on en perd notre latin.

Et c’est évidemment ce vestiaire hurlant sa joie pour couvrir les insultes en italien d’Ibra à Leonardo, fâché qu’il l’oblige à être content. Ca et l’ordre de Khelaifi de fermer la porte, au moins c’était spontané. Mathoux a essayé de faire traduire les insultes à Bravo qui bien sûr pense qu’il ne faut pas retenir ça mais plutôt l’émotion d’Ancelotti. Et pourquoi pas cette belle image des Français seuls dans le rond central avec des bières trente minutes après le match ? Ancelotti en a fait entrer un maximum avant le coup de sifflet final, mais il n’y a pas à se sentir coupable de ne susciter aucun enthousiasme. Vivement qu’on sache où chacun d’entre eux signera la saison prochaine.

La vile lumière

Mais Margotton, avant de moduler sa voix au coup de sifflet final comme un grand professionnel, avait tout dit : « Ce Paris-là fera un champion magnifique. Potentiellement, ils peuvent atteindre 83 points, seul Lyon avait fait mieux. » L’exploit est à la hauteur de l’investissement, Aulas n’allait-il pas chercher à Lille ce que Paris est allé chercher à Milan. D’ailleurs Garde n’a pas manqué de faire entrer Martial et Bahlouli pour faire honneur au champion. Mais ça n’a pas suffi à empêcher Menes de dire que le fait d’être sacré à Lyon c’est un vrai symbole. Et un Suédois qui termine meilleur buteur sauf en quarts de finale de C1, c’en est pas un beau ça aussi ? Sinon, un autre mercenaire a été ovationné par un stade à Manchester, ça faisait à peine plus de bruit.

Pendant ce temps-là, le direct Lequipe a écrit que Nadal mettait une raclée à un Suisse en finale. Mais quel Suisse est le plus humilié ?

PSG, Beckham : Spice Mountain

Juste au moment où le PSG n’est toujours pas champion, c’est le moment de faire le bilan. Après Thatcher et Ferguson, qui est le prochain à dégager ?

bec

Tout avait débuté comme dans un conte de fée. Un an après sa première arrivée, un an après ses 36 ans et demi donc, David Beckham s’offrait enfin à la boutique du PSG. Il le savait, il fallait assurer sur le terrain. Et tout avait sublimement démarré : quelques minutes seulement après avoir envoyé chier Tallaron avec flegme pendant qu’il s’échauffait, il entrait en jeu et participait vaguement au deuxième but d’Ibra contre Marseille. Le fait du prince : grâce à ça, il pouvait lui sauter dans les bras et les deux hommes se souriaient de n’avoir plus à sourire à Chantôme en une des journaux. Un grand joueur ne meurt jamais, même quand son volume de jeu chope la mucovisidose aux Etats-Unis.

Raide de ville

Deux mois et demi plus tard, c’est par sa seule photo en mouvement, un corner tiré contre Nancy en page 12, que les journaux dévoilent que Beckham ne va sans doute pas être prolongé jusqu’à ses 52 ans. Toutefois, la révélation ne s’accompagne pas de la mention erratum, car alors il aurait fallu écrire un peu plus tôt que Beckham était vieux et rôti. Mais comment deviner à l’avance qu’il serait titulaire trois fois sur huit, dont deux en Coupe de France, dont un soir d’élimination à Evian ? A croire qu’en short ou en costard c’est le même tarif.

Il restera quand même ce beau souvenir de PSG-Barça, qui justifierait pleinement de remplacer un entraîneur cet été. Beckham pourra dire j’y étais, comme au Camp Nou en 99 et au mariage de Churchill. Mais après tout Mc Cartney fait encore des concerts et pourtant lui il ne prend plus soin de sa mèche ni de celles de ses nounous.

Pendant ce temps-là, l’Equipe Mag s’intéresse aux blessures intimes de Lavezzi. Patience, le bilan n’est pas fini.

Tour de France : L’EPO d’echappement

Alors qu’il était mort depuis près d’un an, Thierry Bisounours a profité de la résurrection de Nadal et de la naissance de Froome à 28 ans pour faire son retour. Par contre toujours aucune nouvelle de Salanson et du cyclisme crédible. Mais de Bernaudeau pourquoi pas ?

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N’hésitez pas à poser vos questions sur equipe.vestiaire@yahoo.fr

Salut Thierry, pourquoi avoir choisi de redevenir consultant sur www.le-vestiaire.net alors que tout le monde vous croyait décédé ? Pensez-vous que ça va aider à redorer l’image du vélo ?

Pourquoi Thierry Adam aurait le droit de continuer et pas moi ? Plus sérieusement, j’étais tranquillement en train de cuisiner des sucettes d’andouilles grâce à la recette de l’excellent Norbert de Top Chef (il émet alors un rire gras en se remémorant les fameux « inébranlable », mauvaise imitation de Jim Carrey dans The Mask, du cuistot qui fait chier tout le monde) quand j’ai vu l’image de Gérard Holtz sur le plateau de Denisot. En tripotant ma télécommande je suis parvenu à monter le son en moins de 12 minutes. J’avoue que j’avais un peu peur qu’il soit venu pour à son tour jeter le trouble sur Froome, qui n’a pourtant pas plus de raisons d’être soupçonné que les frères Schleck, Contador, Rasmussen, Wiggins, Nibali. Le passé c’est le passé.

Mais Contador, Nibali et Schleck courent encore…

J’ai effectivement relevé, comme vous, ce détail. C’est comme le jeu des 7 erreurs organisé chaque année par Christian Prudhomme. Gérard perd à chaque fois mais on a été moins dur avec lui qu’avec Fignon et Salanson.

C’est-à-dire ?

Ben ils sont morts vous êtes pas au courant ? Et Gérard, il est ….

Vivant…

Vous voyez, vous y arrivez tout seul. J’ai cru aussi qu’il allait mettre en cause ce pathétique mouvement pour un cyclisme crédible en disant qu’il n’a été créé que pour offrir un alibi aux uns et aux autres, afin de se doper tranquillement.

Qu’est ce qui vous permet d’affirmer ça ?

Je n’affirme rien, j’ai eu peur que Gérard Holtz en parle. Imaginez les conséquences s’il avait par exemple évoqué Rabobank, l’un des cofondateurs du mouvement en 2007. Si ça se trouve c’est pas le même Rabobank qui se défonçait entre 1996 et 2012, mais si ça se trouve c’est le même.

Et les corticoïdes de Pierre Rolland ?

On va rebaptiser le groupe : « mouvement pour un cyclisme pas du tout crédible ». Je plaisante. Bernaudeau ça fait longtemps qu’on sait, mais on sait pas s’il se fournit chez Fuentes.

On sait quoi ?

Que Voeckler est imbattable en un contre un, il doit avoir du bon matos.

Vous plaisantez ou vous vous foutez de notre gueule ?

Je me posais la même question pour Holtz quand il défendait Armstrong alors que les preuves s’accumulaient. Mais là il sort un bouquin pour dire que le Tour c’est chouette et la femme à Fignon aussi mais pour dire le cancer c’est pas chouette mais que Fignon il l’était.

Quel est le rapport ?

Ben Fignon il se chargeait, il a chopé un cancer et pourtant Jalabert il est pas sûr que les soins chez Once étaient délictuels.

Vous ne nous apprenez rien là. Ça sert à quoi votre retour ?

A faire un article sponsorisé.

Mais c’est scandaleux !!!

Et ça ? (il présente son majeur, se le met dans le nez, dans l’oreille puis dans la gorge. Il se met ensuite à émettre des sons qui rappellent étrangement l’hymne espagnol).

Vous êtes doué…

Est-ce qu’on se demande si c’est scandaleux que le Tour serve à occuper les gens entre deux pages de publicité ou à voir la gueule de Cornillac partout ?

 

Nasri : Ex in the City

Insulter tout le monde, faire une saison de merde et recommencer à ouvrir sa gueule pour postuler. Aucun doute, il est le meilleur des 87.

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Qui a dit, il y a quelques semaines sur BeIN sport, avec un accent marseillais et le sourire arrogant de tout repentant sincère, « il y a beaucoup de talent dans la génération 87, mais il faut que la tête suive » ? La réponse ici.

Trop souvent, tout commence à Châteauroux. C’est là-bas, le 15 mai 2004, que Nasri a été pour la première fois un joueur hors du commun, capable de faire avec un boulard ce que Maradona faisait avec un sachet de sucre en poudre. Il avait 17 ans, son permis ne lui avait pas encore été retiré, il ne devait pas d’argent à la fédé et aux sponsors de l’équipe de France, aucun fils de pute de l’AFP n’était dans les tribunes. Il n’y avait guère que Bergeroo sur le banc pour le faire chier, et encore : « Je me rappelle que Nasri avait dit que la Coupe était pour nous. » A la 78e minute, d’une frappe de 20m, la Coupe était à eux, et surtout à Nasri. Comme quoi, il aura réussi à faire vibrer Marseille une fois.

Fous ta cagole

De ce jour, Nasri a toujours voulu être devant les autres, à part Golovin. C’était normal, il était Zidane en plus jeune, en plus marseillais, en plus beau, et puis Zidane il savait pas garder la balle aussi longtemps sans la passer aux autres. Le foot, c’est beau comme une profonde amitié pour Djibril Cissé. Avec Malouda, c’était différent : il voulait sa place et se prenait pour Pelé juste parce que la Guyane c’est pas loin du Brésil. C’était au sélectionneur de lui faire comprendre, mais il a préféré dire que « Nasri, il a gagné quoi ? » C’était quand même pas futé à dix mois d’un premier match d’Euro, où les caméras peuvent facilement filmer les doigts d’honneur et lire sur les lèvres. D’un autre côté, le méchant article de presse avait ému maman Nasri. Tout s’explique : conduire dix ou vingt fois au-dessus de la limite autorisée, c’est la même chose, pourvu qu’on ne paie jamais l’amende. C’était sans doute la bagnole de Menez, de Ben Arfa, ou d’Alou Diarra : il avait pas été très bon contre la Suède lui non plus.

Après l’Euro, il était temps de fermer sa gueule, donc Nasri n’allait pas se priver de twitter quelques conneries. Mais en constatant que Deschamps n’en avait rien à foutre d’un remplaçant à Manchester City, il a consenti à préparer son come back. Tous les agents le savent, surtout Abd Al Malik : sans l’équipe de France, t’es personne. A part Cantona. Dans le doute, Nasri a tenté un truc sur le front d’un joueur de Norwich, mais un bon vieux plan media était plus sage.

L’école de conduite française

Pour une interview en avril, Bernès prévoit toujours une phrase fin décembre : « Je l’ai moins au téléphone, il s’est un peu isolé. Il peut ressentir des sentiments de souffrances intérieurs, parce que les critiques ne sont pas justes. Il ne faut pas être excessif, dans un sens ou dans l’autre. » Il avait aussi écrit la suite à Nasri. « J’aurais dû sortir de mon silence plus tôt. Au lieu de m’ouvrir et de faire mon mea culpa, j’étais dans un esprit négatif, je me disais : « Ils sont tous contre moi. » » On n’en fait jamais trop, surtout au cas où Ruiz ne comprendrait pas pourquoi il est venu : « Venir ici est un soulagement, c’est la preuve que j’ouvre mon esprit. »

On peut aussi retenir  de ce beau moment de vérité qu’Askolovitch était là, et pas uniquement pour se faire Nasri d’un violent « Mancini veut te coller des baffes parce que tu es le meilleur et que tu ne l’es pas tout le temps. Toi-même, quand tu vois ta dernière partie en Angleterre, tu te dis que tu es un bouffon de pas le faire tout le temps. » Sur ce terrain miné, Nasri a donc fait amende honorable. « Un journaliste m’a dit casse-toi, j’ai réagi et je n’aurais pas dû. » La fierté dans les yeux ne veut pourtant pas dire qu’il cartonnera la première salope venue dans un hôtel, ou qu’il insultera prochainement un arbitre. Mancini a d’ailleurs confirmé que Nasri entendait la critique : « Parfois un joueur pense qu’il en a fait assez l’année précédente et ne comprend pas qu’il doit progresser chaque jour. Parfois, vous avez des joueurs qui pensent que ce n’est pas important de travailler, c’est la pire des erreurs. J’aimerais lui mettre des baffes. »

Pendant ce temps-là, Menez continue à jouer en bleu. Pour une fois, il a été plus malin : il a commandé un Téléfoot dès septembre. Et Riolo enfonce les portes ouvertes. Si au moins elles pouvaient se fermer sur sa tronche en lui pétant la mâchoire.

La Légende : Poudrier déballe quand ?

Comme chaque année, commémorons ensemble le souvenir de l’un des trois Canadiens à avoir fait le hockey français.

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« Alors, on va se repoudrier le nez ? » Canteloup n’aurait pas renié cette bonne vanne, Philippe Bozon la pratiquait plusieurs fois par an. Serge Poudrier l’acceptait, sans broncher. C’était de bonne guerre, son partenaire lui épargnait les moqueries sur son accent ou son niveau de jeu. Car si l’érable a quitté le Canada, c’est peut-être parce qu’il était trop fort, mais étrangement, Wayne Gretzky n’a jamais joué à Anglet. Mieux, il n’a pas eu l’idée d’enchaîner Bordeaux et Rouen. En France, Poudrier est à l’aise, il est surtout très fier. Fier de s’imposer dans une terre de hockey (sous son règne, la France ne fera jamais mieux que 8e toutes compétitions confondues, avec une constance qui l’honore). Dans un championnat parmi les plus faibles d’Europe, qui change de nom toutes les semaines pour faire bien, Serge s’épanouit et commence sa collection de coupes Magnus. Ambitieux, en 1996, il part s’enterrer à l’étranger pour voir si la glace est plus froide. Il n’en saura pas plus, les Allemands, croyant à un canular, vont se venger en l’envoyant finir ses jours en Suisse. Une punition un peu sévère pour le pauvre Serge, emprisonné durant dix ans à Lausanne. Il alternera entre Ligue A et Ligue B avant de retrouver son billet d’avion retour pour le Canada, qu’il avait perdu en 1985.

Federer : Je, set et bâche

Il fut un temps où on se serait bien marré à regarder ou lire l’interview de Federer après une défaite. C’était rare, et on était toujours impressionné par sa capacité à mépriser son vainqueur d’un jour. A le renvoyer à son piètre niveau, faisant passer sa performance pour un accident s’approchant de l’exploit du siècle. Roger était imbuvable et prétentieux à souhait mais il était le meilleur.

tennis

Depuis 3 ans qu’il est revenu parmi les mortels il était redevenu un peu plus modeste, oubliant parfois qu’il était le plus grand de tous les temps. Mais à l’époque il ne s’était jamais permis de se faire torcher par un Japonais en huitièmes de finale à Madrid en promettant qu’il visait la victoire finale. C’est pourtant cet après-match qu’il a choisi pour annoncer enfin ce qu’il aurait dû faire depuis longtemps : sa retraite. Comme contraint par les humiliantes circonstances qui font qu’un adversaire provenant d’un pays où le tennis n’a pas encore été inventé ou alors simplement dans Prince of tennis (le petit chef de la balle jaune pour ceux qui ne connaissent pas), Federer a cru bon devoir redevenir aussi puant qu’il l’était du temps de sa splendeur. Mais cette fois ça sonnait faux pour ne pas dire pathétique.

Roger par la dépression

C’est ainsi qu’après les habituelles justifications sur son jeu « J‘ai manqué de contrôle depuis la ligne de fond », dont on se fout royalement, il s’est d’abord cherché des excuses comme tout numéro 2 mondial digne de ce nom : « Il y avait du vent et aussi évidemment le soleil et l’ombre« , il ne manquait plus que la pluie. Le premier compliment pour son valeureux sparring partner jap est venu ensuite « je ne suis même pas sûr que Kei ait eu besoin de jouer à son meilleur niveau aujourd’hui, ce qui est encore plus décevant. » Ou comment rappeler à Nishikori qu’il l’a trouvé nul à chier. Au cas où le Nippon n’aurait pas compris Roger s’est permis de lui redire à quel point il le trouve mauvais quelques secondes plus tard : « Il faut féliciter Kei. Il a mieux joué que moi. Il était le meilleur joueur aujourd’hui, aucun doute là-dessus ». Aujourd’hui, pourquoi pas demain et après demain aussi ? Mais l’ancien numéro 1 mondial qui ne le sera plus jamais a gardé le meilleur pour la fin : « Kei a gagné un tournoi déjà je crois. »  Et oui c’est pas mal un tournoi quand on en a presque 1000 à son palmarès. Puis toute la violence sauvage de Federer finit par s’exprimer comme un point final à une carrière qui n’en finit plus de terminer. Comme si plus aucune règle de bienséance ou de politesse ne comptait, comme si il n’y avait plus aucune loi dans ce bas-monde, comme si la jungle avait élu domicile au sein du circuit ATP, il s’est permis de comparer Nishikori à Raonic et « d’autres gars à peu près du même âge qui progressent. » Et Federer de conclure baigné d’aigreur et de méchanceté :  « C’est excitant et bon pour ce sport que de jeunes joueurs, moins connus, battent les meilleurs. »  2009 c’était il y a 4 ans. Il faut parfois savoir partir et fermer sa gueule.

Pendant ce temps-là Wawrincka a battu Dimitrov qui a battu Djoko qui a battu Nadal. Un Suisse gagnera-t-il quand même Roland-Garros ? Et dire qu’ils n’ont jamais gagné la Coupe Davis et qu’ils ne savaient pas que les Nazis étaient méchants.

 

Lorient, Gourcuff : Christian dort

Alors Yoann ça te plaît ?
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Il y a mille façons d’être une star, et s’appeler Gourcuff en est une. Même sans jouer, même sans marquer, même sans sauter une présentatrice télé en écoutant Wham. On peut juste se prénommer Christian, entraîner Lorient et considérer qu’avec tous ces titres accumulés, on est un bon entraîneur voire une équipe de Coupe. Pouliquen l’avait compris avec la Coupe de France qu’il avait ramenée au Moustoir. Apparemment c’est pas encore cette année qu’il sera égalé. Et si on relisait l’enquête que le Vestiaire lui avait consacré en 2012. On comprendrait peut-être pourquoi ça fait 25 ans qu’il s’occupe de Lorient. En cumulé bien-sûr puisqu’il n’était pas l’adjoint de Pouliquen. Il finissait 12ème avec Rennes. Pouliquen 18ème.

La légende Girondins : Planus troué

Il n’a que 31 ans, mais depuis combien de temps ?


Mercredi 7 avril 2010, l’ex Parc Lescure est plein comme Jacques Chaban-Delmas au soir de la Liberation. Bordeaux, meilleure équipe du monde depuis 6 mois, dispute le match le plus important de son Histoire post  escroquerie et autres recel de faux. Même le but de Didier Tholot en 1996 comptera moins que la prestation du seul homme qui compte désormais sur les bords de la rocade. Il n’est pas attaquant, il est défenseur et sera même sélectionné un jour par Domenech : Marc Planus, dont le frère Pierre a écumé les pelouses de National avec le souvenir d’avoir été le meilleur des deux gamins. Marc porte un beau maillot rouge et le public applaudit à tout rompre l’annonce de son nom juste après la petite musique qui disait que dans 2h on pourra mettre Canal et voir le résumé du match de Manchester.

Planus atrophié

Il devait être le héros, il le sera, mais comme Bordeaux va se faire éliminer tout en enterrant définitivement Lyon, ça ne servira à rien. C’était pourtant sa soirée. Dans les jours précédents, la presse suit minute par minute la possibilité de son retour, Blanc n’est interrogé que là-dessus, même la sexualité de Gourcuff ne pose plus question. Planus va-t-il revenir ? Les experts se battent : il est la seule solution, il est le plus fort, comme si Chamakh avait déjà marqué plus d’un but par match. On croirait même entendre qu’il est rapide et technique ; à en faire gerber l’ensemble de ses formateurs au Haillan. On sussurre aussi qu’il serait le cerveau de la défense. Mais Planus s’apercevra trop tard que c’est pour mieux parler de celui de Ciani. Ce soir-là, il signe un match énorme, en réussissant deux ou trois tacles sur des attaquants lyonnais qui passaient un soir de quarts de finale de Ligue des Champions retour, sans trop savoir pourquoi. Depuis, personne n’a jamais eu confirmation que cette soirée avait existé. Par contre, Planus continue à jouer à Chaban, c’est jamais plein et c’est jamais un quart de finale de C1. Qu’importe, il a fait virer Tigana et pour ça il mérite le respect éternel.

Au départ pourtant, il n’était que remplaçant, comme Sahnoun, Meriem et Frédéric Roux. Mais sur le banc, il y avait aussi Savio. Ce jour-là, il croyait de tout son être qu’Elie Baup ne finirait pas consultant sur Canal Plus avec une casquette de l’OM. Pendant ce temps-là, Ciani  joue  parfois à la Lazio.

Barça – Bayern : Le bon Arjen

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Il n’a que 29 ans et pourtant on a l’impression qu’il a déjà raté deux ou trois carrières. Le Bayern est donc une sacrée équipe, capable de tout transformer.

Il était une fois un joueur né aux Pays-Bas. A peine un modeste début de carrière à Groningue et soudain c’est l’explosion. Il ne s’appelle pas Van, il est gaucher et joue à droite. Personne n’a le temps de retenir son nom qu’il est déjà parti, parfois en touche, mais le plus souvent pour envelopper son ballon pas très loin de la lucarne. Parfois c’est dedans, mais pas assez souvent apparemment : le PSV, Chelsea, le Real, tout le monde le veut jusqu’à ce que plus personne n’en veuille, ce qui arrive en général assez vite. Vient alors le Bayern, qui cherche des joueurs pas grands mais néerlandais, et pas que des Van.

Cela tombe bien, pendant trois saisons Robben va être extrêmement néerlandais. Des crochets de génie, des buts en demi-finale, des occasions et des penaltys manqués en finale, l’étendue de son talent offre une nouvelle virginité au palmarès du Bayern. Un kaiser qui ne se peigne pas les couilles en public est-il un kaiser ? Robben, lui, perd ses cheveux. Et puis, vient cette saison 2013. Sans qu’il en ait conscience, autour de lui se bâtit l’équipe la plus forte jamais vue au Bayern. Une équipe où chaque joueur aide son partenaire, par un appel, un replacement, un scheiße Robben ou une bonne claque dans la gueule. A force, Robben, habitué depuis 28 ans à tenter le crochet pour frapper du gauche plutôt que le crochet pour centrer du droit, va finir par comprendre : courir pour rattraper le latéral adverse ce n’est pas lécher le cul de l’entraîneur, c’est lécher celui de Schweinsteiger. Il est toujours plus important de désigner un tireur de coup franc que de travailler des mises en place.

Schweinsteiger éclair

A-t-il fallu que Müller prenne la place de Robben pour qu’il se rende compte de tout ça ? Est-ce parce que Ribéry défend en Ligue des Champions mais jamais en championnat ni en équipe de France ? Lui a-t-on traduit la phrase « den couilles zerbrechen » ? Le mystère reste entier. Mais au milieu d’une vingtaine de dribbles en trop et d’un quasi 100% des trois ballons perdus par le Bayern pendant le match, Robben a marqué, à l’aller comme au retour. Sur le coup, ses partenaires avaient même l’air plus content pour lui que quand il a annoncé que le club ne proposait pas de prolonger son contrat qui termine en juin. Mais ça ne reste qu’une demi-finale, rien n’a encore vraiment changé. A part que Van Buyten n’en a pas pris 4 au Camp Nou.

Pendant ce temps-là, Xavi et Iniesta ont vite rejoint Messi sur le banc. Mais ils y croyaient parce que c’est le Barça quand même, d’ailleurs L’Equipe avait prédit que tout dépendrait de Neuer. Pourquoi le Vestiaire avait-il donc misé 80 biffetons sur le Bayern ?

Real-Dortmund : Mais zut Ozil

Bravo Higuain et bravo Le Vestiaire.

benz02bis

53 minutes et 20 secondes : c’est le temps qu’il a fallu à Bernabeu pour siffler son équipe. C’était après un contrôlé manqué d’Higuain. Il ne faut pas accabler ce Brestois, fils d’ouvrier du football : lui au moins n’avait jamais menti sur son réel niveau, ni cette saison, ni les quatre dernières. Cela n’a pas empêché Mourinho de le remplacer dans la foulée, avec cette même colère froide qui avait valu au frère jumeau obèse de Benzema de démarrer sur le banc. Mourinho est bien le special one.

Il avait décidé d’offrir à Benzema le jubilé qu’il méritait. Un soir à sabrer le melon entre amis. Mais c’est toujours celui qui jubile qui a la plus grosse. A court de forme, de confiance, Benzema ne pouvait absolument pas faire la différence. Sauf que Mourinho s’est foutu de sa gueule une fois de trop. Sauf que Higuain a brillé une fois de trop. Sauf que Dortmund a trop montré pendant 82 minutes que le foot ce n’est pas faire des différences individuelles mais faire des déplacements et des passes en fonction de ses partenaires. Ca s’appelle de la technique collective, un concept ignoré depuis 1960 dans la communidad de Madrid. Et pour cela, il faut être bon techniquement, et savoir ce que l’on va faire avant de le faire. Pas comme Di Maria, pas comme Higuain, même pas comme Cristiano, plutôt comme les Allemands. Ceux en jaune, pas celui en blanc dont la Bundesliga ne veut plus. On conseillerait la Low machine de faire pareil.

Karim aux dieux

Mais à cette 54e minute, Mourinho n’a pas uniquement décidé d’offrir 30 minutes de fitness à son gros lard lyonnais. Il a aussi fait entrer Kaka pour un autre jubilé. Toujours beau comme un Dieu, il chérit tellement le seigneur qu’il répand la pitié aux quatre coins du terrain. Kaka, c’est la preuve vivante qu’une accélération peut être trop lente. Le Ballon plaqué or brésilien a ajouté au catastrophique une pathétique envie de bien faire. Et une avant-dernière passe décisive, pour saluer Mourinho le soir de son jubilé.

Pendant ce temps-là, à chaud, Papin loue le coaching gagnant de Mourinho. Ce matin il doit sans doute savoir. On comprend mieux le 17 novembre 1993 maintenant.