Mondiaux de Barcelone : Camomille Muffat

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« Je suis content pour le club de Nice, pour Fabrice Pellerin qui a apporté 9 médailles à la France l’année dernière. »  « Repartir sans médaille ça aurait été injuste pour lui. » Cet après-midi on aurait pu croire que le président du club de Nice ou le père de Camille Muffat avaient pris en otage l’antenne de France 2. Mais non, le supporter numéro 1 du bassin niçois était bel et bien Alexandre Boyon le Rain Man du journalisme sportif. On aurait pu croire à ses histoires d’exploit de Camille Muffat, d’orgueil de la championne, de belle médaille de bronze. Mais tout a dérapé lorsque à l’issue de la toujours excellente interview de Nelson Montfort, où il n’a pas hésité à lui mettre la tête dans son caca, Alex a conclu la séquence d’un « moi je retiens le sourire de Camille Muffat. » Or elle souriait autant que Pellerin sortant des chiottes d’Agnel un soir de gastro.

Car tout le monde sait bien, et Camille la première, qu’une médaille de bronze dans deux courses où elle avait fait or et argent un an auparavant c’est un résultat catastrophique. « C’est toujours bon à prendre » dit-elle dans un naturel digne de Pellerin la dernière fois qu’il a dit « Je t’aime. » C’était à sa grenouille, il devait avoir 6 ans et venait de lui arracher un à un tous les membres. Il l’avait appelée Camille.

Était-elle mal préparée ? A-t-elle perdu ses moyens car elle était mal préparée ? Avait-elle la tête ailleurs, car elle était mal préparée ? A moins qu’elle fut simplement mal préparée. On ne le saura sans doute jamais. Car évidemment la Côte d’Azur ne sera pas dans les jours qui viennent le théâtre d’un règlement de comptes plus vu depuis le démantèlement de la French Connection dans les années 1970. Peut-être que Pellerin lui conseillera d’écarter ses parents, d’épouser Frédéric Bousquet ou de prélever les glandes salivaires d’Agnel. En tout cas, ça ne sera pas de sa faute. Ca, c’est que quand ses nageurs gagnent.

 

 

Champion du monde : La souris d’Agnel

Une demi-longueur d’avance en méforme. En forme c’était moins d’1’42

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Il y a des gens qui préfèrent parler et d’autres qui préfèrent agir. Fabrice Pellerin la star qui entraînait le jeune Yannick Agnel a choisi de faire les deux en ajoutant l’arrogance. Pour les paroles tout le monde en a parlé, pour les actes, il a foutu la merde et sa pouliche a apprécié en se plantant dans les grandes largeurs et sur les 8 longueurs du 400. Il lui reste le 200 pour finir d’humilier Yannick Agnel. Car pour l’instant c’est l’inverse. Jusqu’ici il s’était contenté de ne pas évoquer autre chose qu’un manque de tendresse à croire que sa politesse n’allait pas jusqu’aux termes « gros connard » et « sale fils de pute« .

Yannick a fini par craquer. Il a fait sa première longueur en avance sur le record du monde, les 3 suivantes avec un seul bras, sans battre des pieds. Sans oublier de mettre le petit Ryan, onze fois médaillé olympique, qui ne venait donc pas d’apprendre à nager et tous ses amis, à plus d’une seconde comme s’il nageait contre des femmes. Non seulement Yannick Agnel s’est débarrassé de son meilleur ennemi en allant s’entraîner dans la Mecque de la natation, mais en plus il croyait modestement qu’il ne finirait que deuxième. Pellerin a de la chance en Roumanie on l’aurait pendu, en Colombie, fusillé.

Connaissez-vous l’histoire du mec qui s’entraînait dans une pataugeoire à Nice, coincé entre le cours d’aquagym du troisième âge et l’initiation à la brasse des 6/7 ans sous la coupe d’un tyran manipulateur ? A la fin on lui propose d’aller s’entraîner dans le meilleur centre de natation du monde avec les meilleurs équipement et le plus grand entraîneur.

 

 

 

 

Pellerin, Muffat : Le silence de l’Agnel

 Il y a quelques semaines, le Vestiaire vous avait présenté le fruit de sa très belle enquête sur un Pellerin dont le bâton servait surtout à rosser ses ouailles. Cet article avait provoqué une controverse plus vue depuis le fameux « Plus Joly tumeur » où notre spécialiste vélo contait la maladie la plus répandue du monde cycliste, entre la mort subite a 20 ans et l’arrêt cardiaque à 25 : le cancer à 30.

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Le Vestiaire parlait alors en des termes choisis de l’entraîneur de Yannick Agnel à qui son dauphin reprochait son manque de tendresse lorsqu’il récurait ses chiottes ou un truc du genre. Beaucoup avaient alors répondu que Yannick avait changé, mais personne n’était vraiment venu contredire le seul propos de ce papier : le comportement limite de Fabrice le guérisseur. Personne ne s’était non plus réellement interrogé sur le management et la personnalité de Pellerin en dehors de notre spécialiste et d’Agnel. Fabrice restait cet entraîneur de génie victime de la crise d’adolescence d’un de ses gosses les plus doués. On pensait la hache de guerre enterrée à jamais jusqu’à ce week-end de début de mondiaux où le fameux Fabrice, coach de l’autre star française de la natation Camille Muffat a choisi de s’en prendre à tout le monde, la fédé, Agnel et son agent qui s’occupe aussi de sa protégée. Le timing est parfait, les cibles on ne peut plus claires : ça fout la merde. Alors comment interpréter les actes de Pellerin ?

Serions-nous face à la riposte d’un homme blessé, abandonné de tous et lynché ?  Théorie séduisante. Sauf qu’il n’a été abandonné par personne à part Yannick Agnel. Et jusqu’à preuve du contraire, Agnel n’était pas le père adoptif ou le tuteur de Pellerin, ni son esclave ou sa vache à lait. Une de ses poules aux oeufs d’or tout au plus. Pellerin dont la réputation est frolée place habilement le curseur sur la fédération qui n’a pas désavoué le choix d’Agnel. Car pour Pellerin, Agnel aurait sans doute dû être enchaîné ad vitam eternam à Nice, son bassin, et ses retraités. Ou comment transformer en crise nationale, un simple conflit de personne. Pellerin est sans doute blessé mais pas davantage que Bernard Tapie qui s’étonnait que son nom soit devenue une insulte après qu’il eut passé sa vie, selon les rumeurs ou la justice au choix, à tricher, mentir et pourquoi pas voler. Pellerin n’a ni triché, ni volé, ni peut-être menti, mais il a sans doute été au minimum extrêmement maladroit pour utiliser un euphémisme. On récolte ce qu’on sème. Et s’il n’était qu’un homme blessé avec ce brin d’humanité et de professionnalisme qui le caractérise, aurait-il mis le feu au moment où sa protégée entre en lice ? On ne peut pas dire n’importe quoi, n’importe quand, au risque de finir par ressembler à ce que l’on est vraiment.

Les plus éminents psychiatres de notre temps se demanderaient ce qu’aurait fait un pervers narcissique manipulateur dont l’égo a été froissé dans un tel cas. Si Fabrice Pellerin faisait partie de cette catégorie de personnages omniprésents dans notre société comment se serait-il comporté si l’un des ses élèves avait souhaité se séparer de lui en révélant publiquement sa véritable nature ? Il aurait d’abord évoqué l’indifférence, puis il s’en serait pris doucement à son protégé qu’il aime tellement, puis beaucoup plus violemment à son protégé qu’il aime tellement car il ne supporterait pas que son image n’ait pas été lustrée et que son protégé qu’il aime tant n’ait pas été voué aux gémonies et lui réhabilité. Il ne reste qu’une seule question ? Même si Yannick Agnel avait pété les plombs ou avait été influencé pensez-vous qu’un entraîneur qui veut le bien de son élève s’en prendrait aussi violemment à lui quitte à nuire à tout le monde dont ses propres athlètes ? Ou l’a-t-il fait uniquement pour sa gueule ?

Qu’est ce qui met le plus en péril la natation française ?  Le départ de son champion à l’étranger car officiellement il ne trouve pas son entraîneur assez empathique ou l’entraîneur qui s’en prend publiquement à tout le monde car on a osé critiquer son humanité ?

 

PSG-Real : L’effet pas si beau

Ce n’est pas parce que BeIN dépense son pognon sur des matchs d’avant-saison qu’il faut y prêter de l’attention.

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La télé tournait pour elle seule en plein cœur d’une après-midi moite et orageuse. Rien ne justifiait vraiment le fait de regarder le meeting de Londres. A part peut-être les bientôt traditionnels essais à 6,16m de Lavillénie qui cette fois n’a pas encore pu hisser son énorme teston par-dessus. Ou la simple envie d’étaler son pognon à la face de Canal. BeIN avait aussi choisi d’envoyer Boumsong commenter Rennes-Nantes. Sacré derby breton. Rien ne pouvait donc laisser présager d’un papier PSG-Real sur le Vestiaire dans la fureur et l’insomnie de 1h du matin. Mais voilà, Josse a dit sa connerie. Il a pourtant attendu une bonne vingtaine de minutes. « Pas de doute ce match ressemble à de la compétition. » On pourrait en vouloir à Crevoisier de pas lui en avoir collé une si on était sûr que c’était bien Crevoisier avec lui, mais comment savoir. Et après tout, peut-on en vouloir à Josse ? Il parle avec le cœur, comme quand il faut s’insurger parce que Pastore rate ses coups de pied arrêtés alors que les tireurs du Real les réussissent. C’est un vrai problème ça.

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Il y avait alors une occasion toutes les trois minutes. C’est typique de la compétition, en particulier d’une demi-finale de Ligue des Champions puisque c’était un peu la pensée de notre pertinent confrère : les défenses centrales aiment admirer les combinaisons plein axe des attaquants adverses. Et puis physiquement quel rythme entre deux équipes qui sont à l’aube de leur premier match officiel, ou presque : deux semaines pour le PSG et trois pour le Real, pour deux équipes qui visent leur pic de forme pour le début de la C1. Rappelons qu’elle démarre cette année encore mi-septembre. Sauf pour Lyon bien sûr, ce sera en août, mais c’est déjà très bien.

Affûté et prêt à en découdre, Ibra en aurait dégueulé sur le terrain s’il avait couru, d’ailleurs il a failli. Mais il a préféré s’économiser pour tenter un lob à deux minutes de la fin parce qu’il jouait en Suède. Tout Vestiaire que nous sommes, il faut parfois savoir mettre sa fierté de côté et de reconnaître une erreur : Ibra est aussi capable d’être nul à chier en match amical. Ça ne l’empêche pas d’insulter ses jeunes coéquipiers quand ils oublient de lui filer le ballon, surtout chez lui en Suède. Eh oui, un PSG-Real en Suède ça ressemble bien à de la compétition.

Mais alors faut-il s’inquiéter que Paris se soit créé aucune occasion en deuxième mi-temps, que Motta soit toujours pas bon, que Lavezzi soit toujours mauvais, que Lucas soit toujours remplaçant même quand il est titulaire, en un mot qu’on n’ait vu que Sirigu ? Valdo, Kombouaré et Zamorano absents, ça donnait presque envie de voir Cavani. Ça fait peur, un peu comme Josse qui commenterait le Tour de France.

Pendant ce temps-là, Guardiola en a pris une comme Heynckes n’en prenait pas, et avec les mêmes joueurs plus Thiago Alcantara et une bonne gifle. Mais il était pas amical ce match-là.

Exclusivité Christopher Froome : « Une voiture ça fait Froome, Froome »

Pendant l’hibernation de Thierry Bisounours, c’est Christopher Froome en personne qui a accepté de nous éclairer sur les performances troubles et troublantes d’Antoine Vayer. 

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Christopher pouvez-vous arrêter de pédaler pendant quelques minutes pour répondre à nos questions  ?

Désolé mais dès que j’arrête de tourner les jambes mon sang ne coagule plus, alors je profite de ma particularité pour aider British Airways à acheminer ses usagers en cas de grève. (Il ralentit en frôlant de près un autre avion et s’excuse). Et oui, c’est dangereux de ne pas avoir de couloir aérien dédié aux cyclistes.

Vous êtes hémophile ou vous prenez de l’EPO pour avoir un tel problème de santé ?

Non je suis tombé dans une marmite de jus d’ananas quand j’étais petit.  Je le souhaite à personne

Mais c’est n’importe quoi. Votre entraîneur dit qu’au Kenya au début de votre carrière vous étiez un coureur ordinaire. Désormais la Sky dit de vous que vous êtes surdoué par rapport aux autres. Ca veut dire quoi ?

C’est lié à ma couleur de peau. Avant j’étais noir comme mes frères, du coup j’étais un excellent coureur de fond mais un piètre cycliste comme mes frères. Mais une marmite de jus d’ananas a changé mon métabolisme et mon destin à tout jamais. Depuis on m’appelle le Kenyan blanc ça a failli être le Kenyan jaune rapport à ma couleur quand je bois du jus d’ananas,mais on n’est pas sûr de la couleur de la boisson.

Vous vous foutez de nous, vous n’avez commencé à gagner qu’en 2011, du jour au lendemain, et vous avez toujours été blanc. Vous avez fini votre premier Tour 84ème, c’est un peu léger pour un surdoué. Pourquoi êtes vous devenu talentueux aussi brusquement ? 

Normal, ce n’était pas moi qui courait mais une image de moi. Dans ma religion, le cyclisme est interdit mais on peut être aligné par la force de l’imagination. Vous simples mortels ne pouvez pas vous en rendre compte.

Vous êtes immortel ?

Ben comme Bernard Hinault et Lance Armstrong. Ca vous étonne ? Laurent Fignon doit regretter d’avoir été excommunié. Il l’a payé très cher.

C’est quoi cette histoire de religion ? Pourquoi vous foutez-vous ouvertement de la gueule du monde avec des réponses aussi pourries ?

A cause de ma bilharziose. Depuis que je suis traité correctement je parviens à rouler aussi fort que les plus grands champions de l’histoire mais je n’arrive pas à dire la vérité dans une interview. Vous m’excuserez auprès de Gerard Holtz. Quand il m’a demandé si je prenais des produits j’ai dit non.

Alors que vous vouliez dire oui ?

Non, je voulais dire non. Mais je voulais aussi lui mettre une grosse claque dans la gueule.

 

L’Edito : Un toxico coco

Le mois de juillet ne sert pas qu’à faire croire aux rédacteurs en chef que Lyon-Real n’est pas forcément de la Ligue des Champions.

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Les languent se délient enfin. Dans le petit monde de la triche, qu’on appelle aussi sport à l’occasion, il suffit qu’une commission parlementaire révèle quelques noms pour que le scandale éclate. Et quel scandale : pourquoi ils ne s’occupent pas de leur cul ? Hinault est pourtant parti en vacances, mais il y a plein d’anciens amateurs de pot de confiture pour prendre le relais. L’info est d’importance : on peut avoir été français et sprinter, première chose, et s’être chargé pour essayer comme les copains, deuxième chose, et n’avoir pas tout à fait dit la même chose il y a un an et demi, troisième chose. Pourquoi accabler Moncassin, qui a donc fait comme les autres pendant sa carrière et continue après ? C’est bien connu : la vérité d’il y a quinze ans, c’est pas comme la vérité d’aujourd’hui, c’est pas bon à dire. Au même moment, Jalabert assume et Asafa Powell veut poursuivre sa carrière, comme on dit quand on rêve d’une bonne overdose de nuggets. Gasquet embrassait des sachets de coke, ça allait plus vite. Ça l’a quand même conduit à prendre huit jeux à Montanes.

Pendant ce temps-là, Roger Federer poursuit sa tournée d’adieu sur des 250 Series, en changeant de raquette pour que les journalistes viennent quand même. Et au même moment il annonce qu’il démarrera sa saison 2014 à Brisbane. Tous incorrigibles.

Foot féminin, France-Danemark : Bruno mini

Le foot féminin est bien du foot : quand un sélectionneur se plante, il charge les autres.

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26 tirs à 4, on ne va pas vous refaire l’histoire qu’on vous a déjà contée il y a deux jours, l’équipe de France a perdu pour les mêmes raisons que les fois précédentes. Dans les cénacles, depuis plusieurs décennies, la notion d’inefficacité contrecarre les desseins des plus éminents sélectionneurs de notre temps. Quasi-indéchiffrable. C’est un mystère auquel il est douloureux de se heurter. Il le faut, car le piège serait de croire qu’en fait, tout est de la faute d’un sélectionneur à l’allure débonnaire, au verbe facile qui ne parle que de projet de vie, et qui mènerait son équipe en quart de finale de l’Euro contre une équipe même pas vraiment qualifiée en changeant son équipe qui avait tout gagné jusque-là. Avant de changer au bout de vingt minutes parce que ça va pas et que l’équipe même pas vraiment qualifiée mène au score. « Quand on est coach, on pense que c’est la meilleure composition possible. On l’avait choisie ensemble, avec les cadres de l’équipe », a d’ailleurs assumé l’homme à femmes, dans un élan de courage et d’autorité. Évidemment, faire rentrer ensuite de meilleures joueuses à la place de moins bonnes n’a pas été loin d’être un coaching gagnant. Il s’en est fallu d’une quinzaine de centres de Thomis, d’une dizaine de positions de frappe de Le Sommer et d’un coup franc sur la barre d’Abily pour que ça ne paie. La faute à pas de chance comme nous l’a écrit l’un des fondateurs du Vestiaire, d’un texto à la mi-temps : « alors 4-0 pour la France ? ». La réponse fut un choc, comme le 8 avril 1994.

Délie de droit commun

Mais Bruno Bini ne mériterait pas qu’on tombe dans le piège du sélectionneur qui ne s’inquiète pas après un match à 20 face-à-face ratés contre l’Australie cinq jours avant l’Euro. Ce serait ingrat. Cette équipe, il l’a façonnée. France-Danemark a rappelé à certaines de ses joueuses le France-Pays-Bas de l’Euro 2009, un quart de finale perdu aux tirs au but après avoir tourné autour du but néerlandais pendant 120 minutes. Il y avait eu 0-0, cette fois la France a marqué et est revenue à 1-1 contre le Danemark : Bruno est un homme de progrès. Et il a réussi ça sans sa buteuse, Marie-Laure Délie. Encore la faute à pas de chance : quel autre sélectionneur dans l’histoire s’est qualifié pour une demi-finale en étant privé de sa titulaire en attaque ? Lui reprocher de ne pas avoir trouvé de solution serait proprement dégueulasse et d’ailleurs l’Equipe n’est pas tombée dans la panneau, allant jusqu’à noter que le Danemark n’avait rien à perdre comme à l’Euro masculin 1992 où elle avait éliminé la France. Bien vu.

Dans ce cas-là, pourquoi rappeler qu’il était sélectionneur à chaque fois que la France a fini 4e (Mondial 2011, JO 2012), que c’était encore lui en amical en février quand l’Allemagne est revenue de 3-1 à 3-3, puis en mars quand la France n’a toujours pas réussi à battre le Brésil, puis en avril quand le Canada a égalisé à la 95e ? Ce serait insinuer que sa France se chie dessus à la moindre occasion et que lui arrive en conférence de presse en livrant des analyses tactiques du genre « les Canadiennes n’ont pas passé le milieu du terrain ! On a eu une maîtrise totale du match », ou « Dans une société où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, où il n’y a pas beaucoup de boulot, les Français ont vu 21 filles simples se mettre minables jusqu’au bout. Ils ont vu 21 filles ordinaires avec un coach ordinaire, ça leur a bien plu. »

L’image pas Bini

Si la France a de bons joueurs mais n’en fait rien depuis dix ans, si les avant-centres françaises ne prennent pas plus de ballon de la tête que les hommes et que donc ça sert à rien de centrer, si Zidane n’a pas de sœur qui joue au foot, ce n’est pas de sa faute, pas plus que celle de Houiller ou Domenech qui a déjà joué une finale. Parce qu’au fond on s’en fout des résultats, comme des échecs retentissants. Le plus important, c’est qu’il est atypique, sympa, marrant avec la presse et qu’il cite des auteurs célèbres à ses joueuses mais aussi à la presse qui le trouve encore plus marrant. Ses joueuses trouvent les citations, mais aussi le chantage, les sélections douteuses et tout le reste un peu moins marrant à la longue. De toute façon il vaut mieux positiver parce qu’il avait négocié une reconduction de 2 ans si la France allait à l’Euro. Mission accomplie.

Pendant ce temps-là, les filles passent à la télé grâce à lui. C’est bien le plus important. Sinon à Lyon il y a un entraîneur qui a joué trois finales de Ligue des Champions féminine et gagné deux titres. Et il aurait pas fait comme Bini puisqu’il l’aime pas.

Tour de France : Une EPOque formidable

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La centième édition de feu à peine terminée, Thierry Bisounours prépare déjà la deux centième avec Christian Prudhomme et ses équipes. Froome sera peut-être toujours là, il vaut mieux s’y prendre à l’avance pour faire un Tour à sa hauteur. Une double ascension de l’Himalaya par l’Everest, l’Annapurna et le Vésuve en éruption serait envisagée. Pour la dernière fois, Thierry Bisounours répond à vos questions posées sur equipe.vestiaire@yahoo.fr

Alors Thierry, quel Tour !

Ben, le Tour de France ! Première question, première bâche, ça démarre fort ! Je mets la même dans la gueule à Vasseur tous les jours. Ça doit le changer de la coke. Et bim !

…Euh, c’est-à-dire que c’était un point d’exclamation… Quel Tour !!!

Ah oui, aucune échappée en plaine n’est arrivée au bout, même à l’époque de l’EPO on ne voyait pas ça. Le sublime tracé de Prudhomme y est sans doute pour beaucoup avec ces 15 étapes de montagne et 8 contre-la-montre.

Il n’y a que 21 étapes…

C’est vrai, c’est trop. On devrait revenir aux fondamentaux comme en 1903. 6 étapes, avec des Bordeaux-Nantes de 425km qui durent 16h, sans parler des Nantes-Paris.

Ça poserait surement un problème à France télé…

C’est vrai que les paysages de nuit ça donne moins bien, ils auraient du mal à capter 50% du public même si les gens ont toujours l’air d’apprécier les 9 passages au sommet de l’Alpe d’Huez. Du coup vous comprenez pourquoi la drogue en intraveineuse a été autorisée, sinon on aurait jamais fini avant le 20h ou Plus Belle la Vie.

Mais le dopage n’est toujours pas autorisé !..

Oh putain, faut que j’envoie un texto à Christopher alors.

Christopher…Froome ???

Ben oui, il était persuadé que vu que Contador avait encore le droit de rouler et que Bjarne Riis a toujours une licence, ça valait pour tout le monde. Moi j’en savais trop rien, ça fait 5 ans que je commentais avec Jaja et on l’a remplacé par Vasseur. On a de quoi s’y perdre. Je vais quand même vérifier l’info, j’entends dire parfois que je suis journaliste. Si c’est le cas Prudhomme est  hypocrite. Non ?

Attention pas de diffamation… Précisez votre pensée.

Ben pourquoi continuer à accepter des bagnards, des repentis, des toxicos, des chauves, des moches ou des prostituées…

Attention, les demoiselles qui remettent les maillots comme au temps où la pilule contraceptive était interdite et où les femmes n’avaient pas le droit à un compte en banque ne sont souvent que des miss locales, pas des putes…

Avouez que la confusion est facile.

Certes. Poursuivez…

Je disais pourquoi les organisateurs tolèrent n’importe qui alors qu’ils ont le pouvoir de les refuser comme à l’époque de Ullrich, Basso ou même Virenque. Ils n’avaient pas la peste bubonique ni même un choléra des familles, ils sentaient juste le soufre. Quand je pense à l’odeur de merde dégagée par…

Stop ! vous vous emballez…

Pardonnez-moi. Sinon on pourra toujours retenir de ce Tour la découverte d’un grimpeur colombien, ou que Jean-François Bernard n’a pas toujours été complètement à côté de la plaque. Enfin, cette année si, mais sur l’ensemble de sa vie non. En 1987 il a gagné le Ventoux. Sinon ce Tour a été celui des coups de gueule de Bernard Hinault comme tous les ans contre les questions qui parlent de dopage. Il ne s’en est pas encore pris aux coureurs français mais ça ne saurait tarder.

Justement, les Français ils sont où ?

On en trouve encore en France, même si Joey Starr pense qu’il faut se barrer. Il s’inscrit dans la lignée des Voltaire, Pascal et autres Lorie ou Ronan Pensec. Sur le Tour en revanche, c’est en effet plus difficile de les retrouver. Sans doute une des conséquences de ce beau tracé ne laissant aucune place à la récupération. Riblon s’en est tiré, il faudra donc supprimer les journées de repos l’année prochaine, ça lui fera les pieds. Je pense que c’est la fin du cyclisme à deux vitesses. Désormais, les Français font du vélo et les autres de la moto.

Mais à l’époque de l’EPO généralisée c’était déjà le cas…

A croire qu’ils sont juste plus mauvais que les autres ? C’est sans doute vrai, mais c’est plus compliqué que ça. Vous n’y connaissez visiblement pas grand chose. Prenez le fameux Tour 98, pas de Virenque, pas de Festina et 8 Français dans les 30 premiers, Robin et Rinero dans les 10. Vous y voyez une règle autre que même Jacky Durand se charge ?

Guimard dit que le classement est rationnel ça veut dire quoi ?

Ça veut rien dire. Si, ça veut surtout dire que les consultants servent à rien.

Mais vous en êtes un

Pas vraiment, sinon je vous dirais que ce Tour a permis de voir des sprinters se casser la gueule, Froome tout tordu sur son vélo et Quintana tenter d’accrocher la deuxième place. C’était pas mal. Les 5 minutes d’avance de Froome après 2 étapes ça ne changeait rien. S’il domine ça fait du spectacle, s’il est battu ça fait du spectacle, s’il est contrôlé positif ça fait du spectacle, le paysage filmé en hélico ça fait du spectacle, Des racines et des ailes ça fait du spectacle aussi. Conclusion : la plupart se branlent de la triche, dont les organisateurs et les diffuseurs. Pas moi.

 

 

 

 

 

Foot féminin, Euro 2013 : La Renard et les belettes (2/2)

Dans l’épisode précédent ici, les Françaises étaient les meilleures mais n’avaient toujours rien gagné.

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Il faut donc passer par le Mondial 2011. Le Nigéria encaisse un but sur les quinze tirs français, le Canada quatre sur dix-sept. La qualif en poche, place à l’Allemagne qui gagne encore 4-2. Les quarts arrivent avec l’Angleterre qui tient logiquement le 1-1, la France ne tirant que 32 autres fois au but. Mais cette fois les penalties sourient à la France, qui subira la loi des USA. Pas au niveau des tirs (25 à 11 pour la France), mais du score 1-3. Dans ces conditions, la Suède connaît la recette pour cueillir la 3e place : laisser tirer Le Sommer autant qu’elle veut et attendre. 1-2, la France tient donc sa première 4e place.

La Reine et ses Soubeyrand

La seconde sera donc pour les JO 2012. La branlée initiale contre les USA 4-2 reflète encore une fois la domination, 9 tirs à 8 pour la France. La Corée commence pourtant à comprendre au match suivant (5-0) que dès que Thomis accélère ça fait occasions et que si Thiney frappe à peu près correctement un coup franc Wendy Renard est trop grande pour ne pas la prendre de la tête. Juste après ça, la Colombie tire tout de même cinq fois au but en 90 minutes mais perd 1-0. Les quarts contre la Suède tissent un scénario devenu habituel : la France se fait dessus mais passe parce qu’il y a quand mêmes cinq classes d’écart (2-1). En demie, c’est la démonstration contre le Japon, champion du monde en titre : 25 tires à 6. 25 ça suffit pour en mettre 1, 6 ça suffit pour en mettre 2. La quatrième place est au bout du chemin, le Canada attendra son 4e tir à la 92e pour inscrire le seul but du match. La France n’en était qu’à 18.

On l’a compris, la France n’a jamais été dominée que par l’Allemagne durant les trois dernières compétitions internationales. Et la dernière fois qu’elles se sont jouées, ça a fait 3-3 après que la France a mené 3-1. Finalement c’est simple le foot féminin : mettre ses occasions et coller des taules dès que c’est possible, et si c’est tout le temps c’est tout le temps. C’est quand même plus simple d’y arriver avec les meilleures joueuses du monde.

Foot féminin, Euro 2013 : La Renard et les belettes (1/2)

Le foot féminin, c’est comme du foot : quand on a une défense pourrie et qu’on chie ses occasions, on peut parvenir à dominer n’importe qui, on finira quand même par perdre. Mais à un moment on finit par comprendre : dégager Marinette Pichon qui n’était pas la plus moche mais pas la plus belle non plus. Voici pour la première fois expliquée l’équipe de France féminine, et pas que dénudée comme ici.

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Le foot féminin serait-il le premier sport qui pourra défier les lois du haut niveau ? Si non, la France aura bientôt un palmarès aussi fourni que leurs copines de Clairefontaine qui ont des couilles. C’est la première remarque misogyne du papier et voilà la seconde, qui sera aussi la dernière : Wendy Renard avec des dreadlocks, ce serait le vrai Philippe Christanval. Pour comprendre la vanne, il faut cliquer sur les liens et peut-être alors vous trouverez une ressemblance entre les deux joueurs/joueuses. Ca veut pas dire que le foot féminin c’est aussi fort que le foot masculin. Mais là n’est pas le débat.

Avec la fuite des Experts et ces Braqueuses qui oublient leur butin, le foot féminin est probablement le dernier sport collectif en France à dominer autant son sport. Et si pour l’instant elles n’ont droit qu’à Delpérier pour renifler leur sueur, ça devrait changer. On ne parle pas des hôtels avec gigolos et des taxis à prostitués pendant que leurs maris gardent les gamins, quoiqu’un peu d’égalité des sexes n’a jamais fait de mal.

Veni, bini, vici

Avant cela, il faudra gagner, et c’est précisément ce qui attend les Françaises. Ce ne sera pas un hasard. Pour l’instant, ce n’est effectivement pas le haut du paquet : 4e des JO 2012, 4e du Mondial 2011, ça commence à causer. Et bien plus qu’on ne peut l’imaginer. Il suffit de regarder un peu les parcours, ils feraient pâlir le déjà très blanchâtre Barcelonais Iniesta qui du coup deviendrait soit un vampire, soit Christopher Froome.

L’histoire démarre à l’Euro 2009. C’est là que le Vestiaire a commencé à se poser la question, la seule qui vaille : qu’est-ce qu’un match de foot féminin ? Simple : un match comme un autre, où, quand la France joue, elle domine à mort son adversaire qui, à de rares exceptions près, ne sait pas quoi faire du ballon. En 2009 donc, l’Islande commence par trépasser (3-1), ce qui traduit une intéressante statistique : 15 tirs pour la France, 7 pour l’Islande. Au deuxième match, ça se corse avec l’Allemagne, l’une des deux nations majeures avec le Brésil, comme quoi c’est quand même du foot. Enfin pas complètement, les Américaines complètent le trio. Les Allemandes torchent la France 5-1, en n’ayant tiré que 10 fois au but, contre 7 pour la France. Petite précision : les gardiennes sont souvent nulles à chier. Mais 18 tirs à 7 contre la Norvège suffisent à passer en quarts, où les Hollandaises sont les plus fortes : si on compte les tirs au but qui les qualifient, elles ont presque tiré deux fois moins que les Françaises.

Cet article passionnant se poursuivra dans une deuxième partie. A suivre donc

 

 

Kremlin Biceps : Baala conmigo

A moins d’un mois des retrouvailles moscovites de nos athlètes avec le haut-niveau, la drogue et les nuggets, notre spécialiste rappelle les termes du défi qui se présentera aux meilleurs d’entre eux. Pour les autres cela relèverait d’un exploit, comme si Lemaitre se rasait correctement. Qui succèdera à Diagana, Perec, Doucouré et Barber ? On ne compte pas les titres olympiques pour cette fois.

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Teddy Tamgho : Aucune allusion à son agression de sa camarade d’entraînement dans cet article, ni à son rap tout pourri ou à sa grande gueule de crâneur. On ne parlera que de sport. 3 Cubains, 2 Américains et 1 Français. Voilà ce qui pourrait empêcher Teddy, troisième performeur de la saison, de monter sur le podium. Largement suffisant, surtout qu’il ne veut que le titre. S’il sort des qualifs c’est déjà bien tant il est régulier au delà des 17,30 depuis quelques semaines. S’il gagne, il aura triomphé du dopage, de son frêle physique, de son statut de racaille et de son mental de fillette.

Renaud Lavillénie : Il n’a plus rien à prouver, juste à empiler les titres comme il empile les démonstrations de suffisance. Il est tout seul son unique adversaire s’appelle donc Lavillénie. Mais pas Valentin qui saute presque 5m et qui sera là quand même, mais Renaud celui qui est encore capable de faire zéro. Mais bon, il est déjà champion olympique du coup il sera jamais plus nul que Galfione et c’est bien le principal.

Mahiédine Mekhissi : Il a presque réussi à tout nous faire oublier. La baston ratée avec Baala à cause de coups mal portés, le passage à tabac loupé de la mascotte car elle était en mousse et ses relations tumultueuses avec les soupçons. Finalement son déjà énorme palmarès dans une discipline dominée par des compatriotes de Froome, on parle du Kenya pas des produits, semble n’émouvoir personne. Pour y arriver, en plus de faire des câlins à Montel, il devra éviter de dire au moment d’aller chercher sa médaille d’argent que tout le monde lui a chié dessus. Car c’était plus que mérité. S’il prend l’or, c’est Fouad Chouki qui va faire la gueule.

Pascal Martinot-Lagarde : Il a intérêt à se dépêcher car son frère est déjà à 13″30. Sur ses perfs il est déjà en finale. Mais ce sont ses premiers mondiaux, il n’a couru qu’une seul fois dans un temps de médaille d’or, voire dans un temps de finaliste et là ce ne sera pas le meeting Areva. Le pic de forme devra revenir au bon moment et quand on n’est pas dopé c’est compliqué. Ça fait beaucoup, mais s’il se prend pour Doucouré il devra assumer malgré une densité rare. C’est le titre ou on lui coupe les cheveux. Pire, on les lave.

Pierre-Ambroise Bosse : Il aura une médaille, il devra en choisir la couleur. Ça c’est pour la théorie, en vrai c’est une compétition où le mental joue une place bien plus importante que le physique, maintenant qu’il a vraiment le niveau. Pas comme à Londres l’année dernière après son bronze européen. Il est champion d’Europe espoirs depuis 5 jours. Les mondiaux adultes c’est dans 3 semaines.

Myriam Soumaré : On aime la mettre dans les favoris parce que si le dopage n’existait pas elle aurait déjà un sacré palmarès sur 200m. Myriam c’est le prototype de l’athlète humaine qui alterne les hauts et les bas avec un talent naturel. Et pourtant elle a un temps absolument pas présentable à ce niveau.

Jimmy Vicaut : On se demande pourquoi on en parle. S’il est en finale il ira sans doute chercher une médaille. Mais à quoi bon.

Christophe Lemaitre : S’il retrouve son niveau de 2011 il sera sur le podium comme d’hab. Mais il ne l’a plus et c’est sain.

Salim Sdiri : Doit-on encore attendre de lui qu’il saute un jour 8m30 quand ça compte vraiment ?

Mehdi Baala : RAS

 On fera peut-être un spécial femmes. Peut-être, si Perec ou Arron le veulent bien

Tour de France, Froome : Bordel de Merckx

 La montagne, le contre-la-montre, nier devant les médias en anglais et en français, grimper et fanfaronner comme Bjarne Riis, pisser et chier avec une oreillette comme Armstrong : il sait tout faire même tricher plus ouvertement qu’Armstrong en se ravitaillant quand il veut. Un grand champion est né, sans doute le plus grand. Humilier Evans et Contador ne pourra pas suffire à son talent.

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Le Vestiaire attendait avec impatience de voir si le Tour allait continuer après le Mont Ventoux. Puisque c’est le cas, plus rien ne s’oppose à traiter Froome selon 3 postulats: 1. il est aussi fort qu’Armstrong, 2. le dopage n’existe plus, 3. il ne peut donc pas se doper. Voici la dernière chose qu’il nous reste à faire : traiter le cyclisme comme si le mot perf n’était plus le diminutif de perfusion.

Ce n’était donc pas seulement l’orgueil qui l’avait fait attaquer Wiggins à La Toussuire l’an dernier avant de se rasseoir en montrant ostensiblement son oreillette. Ce n’était pas non plus juste une rafraîchissante arrogance qui l’avait fait terminer deuxième des deux contre-la-montre remportés par Wiggins, pas plus qu’un début de morgue quand il avait décidé d’aller gagner la première étape de montagne deux secondes devant Wiggins. Froome a surtout fait ça parce qu’il est le plus grand champion cycliste de tous les temps et il ne supportait plus de ne pas en profiter. On le comprend.

Au Lance flamme

Vu sous cet angle, le nouveau Merckx fait un Tour 2013 de merde. Lui qui est capable de gagner dans les Pyrénées, d’attaquer sept fois en haut du Ventoux sans se mettre en danseuse comme Ullrich et de gagner en étant plus laid qu’Evans et Chiappucci sur un vélo, puis de courir le contre-la-montre en freinant dans les descentes et finir par le gagner sans faire exprès trois jours après, il a quand même rendu une minute sur une bordure et fait une fringale dans l’Alpe d’Huez. Une honte.

Indurain a attendu son dernier Tour pour montrer ça, et Armstrong ne s’y est résolu que parce que Virenque était revenu propre mais un peu trop fort et que Ferrari était pas joignable. C’est d’ailleurs après cette étape que l’US Postal avait abandonné le sang de veau dans ses poubelles. Zulle (1999), Beloki (2002), Kloden (2004), Basso (2005) n’ont jamais approché plus près que 4’40 au général, sans jamais rien reprendre en montagne. Ce n’est arrivé qu’en 2003 mais Armstrong avait décidé de faire la haute montagne sans équipier pour voir. Il avait vu, et à force de se laisser emmerder pour 15 secondes par Vinokourov et Ullrich, il avait pris sa moto pour lâcher tout le monde à Luz Ardiden et régler l’affaire.

Les 5’11 d’avance de Froome sur Contador ne vont donc pas impressionner grand-monde, surtout après avoir laissé Quintana revenir à 5’32. Il vaudrait mieux leur coller 15 minutes dans le Glandon et 20 dans la Madeleine sinon Hinault lui donnera pas le Maillot Jaune.

Tour de France, Pinot : Un Thibaut, deux Thibaut, trois Thibaut

« Maintenant, on me tape sur la gueule. » Au moins Voeckler, lui, ne s’en plaint jamais et préfère parler de sa popularité. L’expérience sans doute.

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Un Tour de France démarre toujours avec un numéro de Vélo magazine. Quand ce n’était pas Jalabert le nouveau Hinault, c’était Leblanc ou Virenque. Quand Hinault n’a plus eu de successeur, sont venus les Moreau, Chavanel et Moncoutié, parfois même Casar valait mieux que Jacky Durand. Et puis l’âge d’or a sonné sans prévenir. Voeckler 4e, Rolland 10e, c’était tellement beau que Jean-Christophe Péraud (9e) est resté un simple médaillé olympique. Le troisième larron sera un jeune, et ce sera un FDJ n’en déplaise à Madiot. Il vaut parfois mieux fermer sa gueule et rester assis sur sa selle plutôt que d’attaquer en montagne, surtout quand on peut gagner. C’était en 2012, Thibaut Pinot était né avec la même 10e place que Rolland l’année précédente. Ça valait bien un site Internet avec une belle police d’écriture pour recenser les articles du Parisien, de l’Est Républicain, de l’Alsace. La rubrique actualité est moins fournie depuis deux semaines.

Quand on fait ça à 22 ans, la suite paraît évidente. Pas la 52e place au général à plus d’une heure et l’abandon avant la 16e étape, mais ce qui vient avant. D’abord Intérieur sport qui l’accompagne sur le Tour de Romandie début mai. Il grimpe comme un Dieu, il est content d’attaquer Froome qui ne lui prend qu’une minute à la fin, il aimerait confirmer son top 10 sur le Tour. Il est bien la future star, à un ou deux petits détails près : il a du mal à donner des ordres et il chie son dernier contre-la-montre qui l’éjecte du top 10. Mais ce n’est pas grave, le Tour de Suisse viendra bien vite confirmer tout ça : dans la montagne il est là, et lors de la dernière étape il foire un peu son contre la montre et le podium lui échappe.

Aller à la selle

C’est alors que Tout le sport débarque pour filmer Thibaut avec des chèvres puis avec un vélo dans le Ventoux en reconnaissance. A ce moment-là tout va bien, le Ventoux est génial, il aimerait y gagner et confirmer son top 10. Comment passe-t-on du Ventoux seul au printemps, sans Madiot qui gueule derrière, au Ventoux l’été avec une angine, des Pyrénées de merde sur le porte-bagage et une heure de retard au général ? L’explication est simple comme pour un enfant turbulent qui menace de se jeter dans le lac communal un soir de rupture amoureuse : « Dans la tête j’y suis plus, je sais pas quoi dire. Là je suis plus dans la course. L’an dernier tout le monde était là à me soutenir, maintenant tout le monde me tape sur la gueule. Ca fait un an qu’on me parle du Tour, y a pas une journée où on m’en parle pas, je suis arrivé bien cramé mentalement. Le Tour de France ça se bâche pas même si on a envie de partir. » Deux jours après il avait retrouvé le sourire, cinq jours plus tard c’était son lit.

Partir n’a pas tellement trotté dans la tête de Voeckler et Rolland. Le premier passait des coups de fil sur le vélo pour aider Jean-René à convaincre Europcar. Le second visait un podium en juin, le maillot à pois après la première semaine et d’éviter de trop faire parler de sa cortisolémie. Du coup Astana était intéressé, mais il va rester avec Jean-René.

Cavani au PSG (2/2) : Le Diego fort lent

Depuis la première partie de notre enquête, que vous pouvez retrouver ici, nous avons appris que le montant du transfert serait plutôt de 63 millions d’euros, pas 64. Amputé du PIB de la Libye, le PSG va donc pouvoir découvrir son Maradona uruguayen à partir de demain. Pour savoir si Ibra lui laissera ou non sa place de parking, voici la 2e et dernière partie de notre enquête.
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Cavani a sans doute joué de malchance pour sa première apparition à ce niveau même si ça a coûté à Naples un premier quart de finale de C1 historique et largement à sa portée. Sauf que ce n’était pas sa première apparition à ce niveau. Croyez-le ou non, si sa valeur a augmenté lors de cette légendaire prestation en 2012, tout avait commencé en 2010. Il disputait alors la Coupe du monde avec l’Uruguay. Et cette année-là l’Uruguay était en demie. Cavani avait joué parfois à gauche et parfois à droite car Suarez et Forlan ça paraissait plus costaud. Ils avaient peut-être tort puisque Cavani vaut 63 millions, mais ils étaient en demie.
En demie justement Suarez est pas là. Alors Edinson jouera devant. A ce moment-là vous imaginez sans doute que si on a fait un article en entier sur lui c’est qu’il va encore rien branler. Ça serait con que ça soit encore par sa faute que son équipe se fasse virer. Par chance, lequipe.fr avait commenté le match en direct et à la 83ème minute Thomas Rudeau notait un énigmatique  : « A noter la disparition totale de Cavani du terrain dans cette seconde période. L’attaquant de Palerme, pourtant très en jambes en début de rencontre, n’a plus rien montré par la suite ». Que voulait dire Thomas Rudeau en évoquant le début de rencontre du très en jambe Cavani ? A-t-il marqué le premier but de l’Uruguay qui avait permis d’égaliser à la 41ème minute ?
Edinson caravaning
Si c’est le cas il évolue dans un monde parallèle où un don lui permet de s’emparer de l’identité et du corps de ses coéquipiers car le buteur s’appelle encore Forlan. A moins que la réalité soit plus simple et qu’il ait été nul à chier. Difficile de trancher, les seuls indices sont cette 35ème minute où « Cavani est rapidement lancé sur son côté droit et a A. Pereira et Forlan dans l’axe. L’attaquant peine à trouver ses coéquipiers, se met finalement sur son pied droit, mais le centre du joueur de Palerme est dévié du torse par Heitinga ». Sinon Thomas Rudeau a été un peu dur avec Cavani car « à la 51ème sur une sortie anodine, Stekelenburg tacle le ballon dans les pieds de Cavani, qui le voulait lui aussi. L’attaquant récupère aux 20 mètres la sphère et s’essaye à une frappe lobée que Van Bronckhorst intercepte finalement juste devant son but.
On aurait pu remonter sur les tours précédents comme dans ce quart de finale où 20 Minutes évoque deux fois l’homme qui valait 63 millions : 47e: Cavani s’écroule dans la surface. L’arbitre ne bronche. Si faute il y a, c’est en dehors de la surface. 62e: Au milieu des Forlan et Suarez, Cavani fait un peu tache techniquement. On va dire qu’il est vaillant.
Bravo au PSG, qui rappelons-le pourra compter sur lui aussi en Coupe d’Europe. Ça vous ferait rire qu’on fasse la même avec Falcao ? Non pas Falcao quand même.

Tour de France, Froome : Ventoux l’hymne

Vêtu d’un maillot du Barça floqué Tom Simpson,  notre consultant Thierry Bisounours était dans les lacets de l’Alpe d’Huez en train d’édifier une stelle pour Marco Pantani quand on l’a retrouvé.

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Thierry, estomaqué par la performance de Paula Radcliffe ?

« J’ai toujours aimé sa musique. Reggae night, melody tempo harmony, I shot the sheriff… Ça envoie grave du début à la fin, à croire qu’il se promène sur la scène avec une perf d’amphetamines sans que personne ne le voit. »

Non ça c’est Jimmy Cliff, enfin presque. Paula Radcliffe, c’est Christopher Froome selon Christian Prudhomme.

« Ah je le savais, le farceur. Il n’est jamais là où on l’attend. La preuve, il est toujours patron du Tour, et fait exactement comme ses prédécesseurs. Dès qu’il y a un doute, il s’en branle.»

Et pour en revenir à Froome ?

« Ça fait pas deux questions qu’on en parle déjà ? On peut aussi parler d’Armstrong : « L’année dernière, j’étais de ceux qui s’étaient insurgés contre la suspicion qui avait entouré Armstrong. Je le répète : j’avais déjà compris et admis la métamorphose qui a été la sienne à la fois sur le plan physique et sur le plan psychologique. Cela a été dit dans tous les journaux, et c’est pour moi une évidence. Alors, cette année, on reparle du  » surhomme « . Mais soyons sérieux : l’année dernière à Sestrières, il avait gagné avec 30 secondes… et cette année, avec combien d’avance gagne-t-il à Hautacam ? Pas grand-chose. En tous les cas bien moins que MM. Hinault, Fignon et d’autres… » C’est marrant ce jeu non ? »

C’est du Prudhomme ?

« Non du Jean-Marie Leblanc en 2000. Vous saviez que comme Froome son lieutenant était un Dr Porte ? »

Oui, on s’en souvient. Et ?

« Pas grand-chose de nouveau, Pantani et Armstrong avaient déjà tout raconté en 2000, même si Virenque a voulu le dire à sa façon en 2002. Une étape de 242,5km avec le Ventoux à la fin, à 41,7 km/h de moyenne, sept ou huit accélérations sans lever le cul de la selle dans la montée finale et quelques gouttes de sueur pour les caméras. Mais s’il faisait 34° au pied du Ventoux, il ne faisait que 20 là-haut. Ça rafraîchit l’ambiance. Vous saviez sans doute qu’Iban Mayo détenait le record de la montée mais que c’était en contre-la-montre. »

Pantani, Armstrong, Virenque, Mayo, ça va, on a compris où vous vouliez en venir.

« Non vous ne savez pas. A quoi ça rimerait de comparer le taux de réussite du Ventoux et celui de Walter Godefroot ? »

Mais pour Froome, Holtz a dit qu’il avait été placé sous oxygène et que Quintana a fait un malaise.

« Vous n’en feriez pas un après 55 minutes d’apnée ? »

C’est une blague ?

« Il faut demander à Holtz. »

Non, a priori il le croit.

« Et il a raison. Vous avez des preuves de dopage pour les 150 premiers du Tour vous ? Moi non. De toute façon, pourquoi polémiquer ? En 1998, les contrôlés positif niaient en pensant que le système les protégeraient. Des pionniers. Les suivants, après 1998, ont nié jusqu’au moment en se disant qu’il fallait amasser du pognon jusqu’au contrôle positif et essayer de ne pas se faire prendre, tout en craignant que moralement un contrôle positif pourrait détruire leur image et leur vie. Ils ont considéré que le gain surpassait le risque mais leur sacrifice n’a pas été en pure perte. La dernière génération de positifs a pu constater que ça ne détruisait rien à part le palmarès dans quelques cas. Donc ils nient encore. »

Vous voulez dire que les mots n’ont plus aucune valeur et que rien n’a changé ?

« Si, Jean-Paul Ollivier Chêne et Thévenet sont partis (NDLR après vérification Paulo est bien vivant même s’il n’est plus en très bon état) même si Thévenet pas completement. Sérieusement, vous voudriez que tous les autres suspects soient aussi exclus sous prétexte qu’ils ont été suspendus ou que nos hélicos n’arrivent pas à les suivre dans les cols ? Donc je continue de venir et de regarder le Tour, même quand ça me fait bien marrer comme aujourd’hui. Vous avez entendu Vasseur râler parce que les motos n’avançaient pas assez vite devant Froome ? »

Oui, mais le public devant ne se poussait pas.

« Na na na, le public se pousse pas, les pentes à 20% ça fatigue, le suivi longitudinal il est méchant ! (il se lève brusquement, fait mine de se couper un testicule avec une photo dédicacée de Tyler Hamilton et brandit un doigt menaçant) Au moins Armstrong il s’emmerdait pas à perdre une minute sous prétexte d’une bordure la veille du Ventoux. »

Il reste les Alpes. Tout peut changer ?

« Pour Europcar ? (il explose de rire et imite grossièrement Jean-René Bernaudeau au volant d’une voiture en train d’encourager Pierre Rolland). Allez Thibault ! Il est pas bon mon Pinot ? (il se met à uriner en direction d’un camping-car immatriculé aux Pays-Bas stationné non loin de là) »

Les Français n’ont pas gagné d’étape, mais Péraud et Bardet font un beau Tour.

« Bravo ! Vous voyez qu’on peut tous faire un quotidien où on donne l’impression de parler de cyclisme. J’en ai un autre pour vous : la Sky est-elle en train de flancher ? »

On l’a lue partout celle-là depuis une semaine.

« Super. Combien vous avez perdu d’argent dans l’affaire ? De toutes façons Froome on s’en fout il a la bilharziose. Ce qui me choque le plus c’est que Contador soit encore là. Ce simple fait justifie tous les doutes sur la volonté et l’hypocrisie des suiveurs ou organisateurs.»

Donc tout peut changer ou pas ?

« Contador est pas mal même s’il a plus le droit qu’à des portions limitées de carpaccio. Il est dans le coup ? »

Troisième à 4’25.

« Merci, j’achète même plus l’Auto journal alors je suis ça de loin. Et le deuxième ? »

Un Hollandais, Mollema, à 4’14.

« Laissez-moi deviner : formé à la Rabobank, bon en montagne, bon en contre-la-montre, et pas loin de la trentaine ? »

Vous êtes mauvaise langue : il n’a que 26 ans.

« (livide, il se saisit d’un téléphone à cadran) Je vais appeler Prudhomme pour m’excuser. »

Moins de 20 ans : Arrêt oh là !

Il y a ceux qui, comme 1 243 000 branleurs, ont regardé la finale sur TMC alors que sur France 3 il y avait Le silence de l’épervier avec Line Renaud et Florence Thomassin. Il y a ceux qui étaient en vacances dans la super municipalité de Guérande. Enfin il y a ceux qui bouffaient des tapas assis à Barcelone et qui se sont aperçus que la Sexta diffusait un match entre deux équipes d’inconnus presque mineurs où il n’y avait pas le moindre espagnol hormis par colonisation. Le foot c’est trop génial comme disait le philosophe Van Nistelrooy.

87

Il faut donc bien en conclure que ce mondial des moins de 20 organisé en Turquie, avec l’Irak, l’Ouzbékistan et la Corée du Sud comme favoris, a intéressé bien au delà de la famille Mankowski ou du crew de Florian Thauvin. Et pourtant, on ne retiendra qu’une seule chose : qu’après la détestable génération 87, 88, 89, 90, la génération 93 est fréquentable. Mais qui se souvient si les 87 au moment de leur titre européen se tapaient des putes, prenaient le taxi pour  faire 300 km et aller se taper des putes dans la nuit parisienne ou ne fréquentaient que des fils de pute. Donc en vrai on s’en fout, il n’y a rien à en tirer. Pourtant quoiqu’il en soit l’espoir fait vivre, le football français n’est donc pas encore mort, même si Voller, Klinsmann et Weah ont été remplacé par Ibra, Falcao et peut-être Cavani.

Avant la génération 93, il y a la 92, celle de la nouvelle star du sprint français, sans haies cette fois, Jimmy Vicaut. Si le dopage n’existait pas il serait sans doute sur le podium à Moscou comme son prédécesseur de la génération 90. Mais comme l’IAAF tolère encore les Jamaïcains et les Américains, on va dire comme Patrick Montel, bravo Jimmy. Et dire que Jimmy n’avait que 6 mois quand Christie apprenait à Lewis que le bodybuilding avait aussi ses avantages. On serait tenté de dire la lecture aussi mais Tamgho imagine sans doute ne pas en avoir besoin pour fracasser la bouche de ses collègues ou sauter les 17m49 qui lui auraient souvent valu une médaille de bronze un peu partout mais l’Or un peu nulle part. Il peut toujours faire des tours de terrains en gueulant qu’il revient de loin.

Vivement le départ du Tour de France, parce qu’à part s’enflammer pour la prolongation de contrat de Wenger… Va-t-on s’enflammer autant sur les championnats du monde cadets de Judo ?

Cavani au PSG (1/2) : Montevideo gag

Sa biographie wikipedia passe brusquement de son recrutement en 2007 à Palerme à son arrivée à Naples en 2010. Pourquoi un tel vide ? Faut-il y voir un rapport avec les 64 millions prévus par le PSG pour s’attacher non pas Zidane, Figo ou Ronaldo mais Cavani. Qu’a-t-il fait de si mal pour avoir droit un traitement aussi infâme ? Le Vestiaire a enquêté sur la plus grande star du football depuis Ibrahimovic, Lavezzi, Pastore et Dely Valdes.

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C’est le meilleur buteur du Calcio 2013 et pourtant la concurrence était féroce face à Cristiano Ronaldo, Messi et Falcao. Heureusement pour lui, ils jouaient en Espagne pour l’occasion. Et comme Ibrahimovic avait préféré marquer en France, Cavani a enfin pu triompher. Cavani a d’ailleurs un autre point commun avec Ibra, son staff aimerait qu’il fasse remporter une Ligue des champions. Et ça tombe bien, contrairement à Ibra, Van Persie ou Higuain, il coute cher, très cher. Normal, ce qui est rare est cher. Il serait difficile d’imaginer qu’en payant autant les recruteurs parisiens, dont Laurent Blanc à qui on n’a pas du tout imposé un mec dont il ne voulait pas, ne se soient pas renseignés sur le parcours d’un joueur de 26 ans qui n’a joué qu’à Naples et un peu à Palerme. Un cumul de Lavezzi et Pastore en somme. Le problème quand on cumule le talent de deux joueurs pas très bons c’est qu’on finit par leur ressembler. Vous nous voyez venir et vous avez raison : Cavani a joué deux matchs qui comptent dans sa carrière et il les a foirés tous les deux. Et si personne n’en a voulu avant ou n’a pas souhaité comme Abramovitch aligner autant de biftons c’est peut-être parce que le 14 mars 2012 le grand Edinson a joué contre Chelsea un retour de huitièmes de finale de C1.

Edinson avanie

Mais commençons par le commencement, le 21 février 2012, Naples qui est sorti juste derrière le Bayern du groupe de la mort débarque en huitièmes comme favori face à un Chelsea qui n’est alors qu’un club vieillissant. A la pointe de son attaque, Cavani bien sûr, révélation italienne depuis 5 saisons. 25 ans au compteur il est dans la fleur de l’âge et s’il n’a jamais rien prouvé ce n’est qu’un accident. Le stadio San Paolo se souvient qu’avant Cavani il a aimé un nain argentin, il se souvient aussi que Cavani a planté 4 buts durant les 3 premiers matchs. Stratosphérique. Le cinquième sera pour la 45ème minute. C’est le troisième napolitain, les deux premiers sont l’oeuvre de Lavezzi, les canonniers ont frappé, Juan Mata n’a pas tué*, Chelsea est mort. Du moins le croyait-on avec un duo d’attaquants aussi affuté. Le site de l’UEFA le croyait aussi. Sauf que dans un match aller- retour c’est surtout le retour qui compte. Le 14 mars 2012, quand Ivanovic marque le quatrième but anglais à la 105ème minute tout le monde se demande pourquoi Naples est éliminé. Cavani jouait-il ? Si oui quelle loi lui a interdit de marquer hormis celle du haut niveau ? A-t-il vraiment eu 8 occasions franches ? Peut-on légitimement affirmer que Cavani a éliminé Naples à lui tout seul ? Le fameux site de l’UEFA donne quelques éléments de réponse.

A la 12ème minute, Cavani (Napoli) manque le cadre, à la 13ème minute Cavani (Napoli) manque le cadre. Edinson Cavani tire dans le petit filet sur un excellent service au second poteau de Christian Maggio !  A la 25ème minute Cavani (Napoli) manque le cadre : frappe lointaine de Edinson Cavani suite à un ballon récupéré dans les pieds de Michael Essien. Sa tentative est largement hors cadre. 30ème minute, l’arbitre signale une position de hors-jeu de Cavani (Napoli). 32ème minute Cavani (Napoli) manque le cadre : Edinson Cavani croise trop sa frappe et manque de conclure une contre-attaque éclair du Napoli, qui se présentait à 3 contre 2.

34ème minute, Faute de Cavani (Napoli) sur A. Cole (Chelsea). 44ème minute Faute de Cavani (Napoli) sur Lampard (Chelsea). 94 Prol.  Cavani (Napoli) se trouve en position de hors-jeu : Edinson Cavani est signalé hors-jeu alors qu’il filait droit au but. Naples n’a pas dit son dernier mot ! 108 Prol L’arbitre signale une position de hors-jeu de Cavani (Napoli). 120+1 Prol.L’arbitre signale une position de hors-jeu de Cavani (Napoli).
Cavani a sans doute joué de malchance pour sa première apparition dans un match décisif de ce niveau même si ça a coûté à Naples un premier quart de finale de C1 historique, largement à sa portée. Sauf que ce n’était pas sa première apparition dans un match décisif de ce niveau. Aurait-il déjà coûté à un pays entier une finale de Coupe de monde ? Pas impossible. A suivre ici.
*Jeu de mot basé sur la traduction du mot matar qui signifie tuer.

France-Uruguay : Thauvin des bois

Si l’on s’en réfère à ses prédecesseurs, il est à l’aube d’une très grande carrière.

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Un Mondial U20, c’est comme un Mondial mais avec l’Irak en demi-finale. Si jamais cette vanne ne fonctionne pas au prochain repas de famille, on peut toujours tenter sa chance avec le co-meilleur buteur de la dernière édition, Alexandre Lacazette. Du coup, ça donnerait un Mondial U20, c’est comme un Mondial mais avec Lacazette meilleur buteur. Mais la moquerie ne vaut pas quand on se trouve au pied de l’Histoire. La France se hisse pour la première fois en finale et toutes les radios en profitent pour les appeler les Bleuets. Les U17 sacrés champions du monde en 2001 avaient sans doute eu droit à l’honneur eux aussi, et on peut dire que ça a bien servi à Le Tallec et Sinama Pongolle pour la suite de leur carrière. D’un autre côté, le troisième buteur en finale contre le Nigeria s’appelait Pietre, et le Pologne n’en finit pas de le découvrir.

 Thauvin de Metz

Voilà qui nous ramène à Thauvin. Il a du talent le salaud. Un pied gauche plaqué or, un melon pas possible au service d’une humilité de champion : « Je ne sais pas si ma prestation de ce soir va augmenter ma cote, mais ce sera le cas si on gagne en finale samedi ». Il ignore qu’en réalité on en a rien à branler. Le titre de meilleur joueur du tournoi n’est pas loin. C’est aussi ça un Mondial U20 : il suffit de tomber sur un défenseur ghanéen qui préfère défendre sur le pied droit d’un gaucher et le tour est joué. C’est aussi un peu grâce aux méthodes défensives ghanéennes que la France peut aujourd’hui vanter son « mental incroyable » d’équipe « qui ne lâche jamais rien ». Le lexique est fourni, le jeu collectif aussi. Rien à voir avec les gestes techniques à répétition, les redoublements de passes inutiles pour humilier l’adversaire et épater les 30 spectateurs qui hurlent leur admiration dans les stades en fusion.

On pourrait aussi citer Bahebeck qui pousse son ballon et court, Kondogbia qui essaie de dribbler la moitié de l’équipe adverse quand Pogba lui laisse le ballon parce qu’il a fini de dribbler la première moitié, mais à quoi bon continuer à perdre notre lectorat en parlant de gens que personne ne connaît ? Babak est toujours là pour ça. Mankowski aussi. C’est le sélectionneur, et son heure de gloire le conduira à laisser les Espoirs à Sagnol. C’est ce qu’on appelle marquer les esprits. Pourtant, ce Mondial U20 est un vrai laboratoire : en 2001 Cissé alignait les triplés avant que Saviola ne s’y mette la veille du départ, Domenech n’a jamais aimé s’éterniser. Et en 97 Houiller avait joliment atteint les quarts mais l’Uruguay était déjà plus fort qu’Henry, Anelka, Trezeguet, Gallas et Sagnol.

A croire que c’est une compétition qui ne sert qu’à humilier le tiers monde.

Leonardo dégage : Leo messie

Quand Leonardo débarque à Paris en 1996, il a trois avantages sur Rai. Un, il n’est pas Rai. Deux, il réussit sa première saison. Trois, son frère ne portait pas barbe et moustache quand Maradona jouait encore. Et quatre, il peut se faire un Kanak à mains nues. 

Leonardo était l’archétype du meneur de jeu moderne : ni très rapide, ni très décisif, ni très technique, il jouait même latéral dans l’équipe de Romario. Ce n’est pas un problème, il est gaucher et surtout élégant. Elégant comme un voyou tabassant un Américain en pleine Coupe du monde. Lors de sa première journée sous le maillot de Toko et Dely Valdes, il marque mais est remplacé par Allou, le destin est parfois rieur. La D1 est quand même son jardin, il en mettra six de plus jusqu’en octobre, zéro de plus jusqu’en mai. Mais il ressemble à Laurent Fournier, ce qui permet de croire que parfois il est bon. Heureusement, Leonardo était gaucher et élégant. Il avait déjà cette belle gueule de directeur sportif qatari. Déjà, le costard lui va mieux que le maillot du PSG, même s’il y a Opel marqué dessus à l’époque où il n’en a que 14 dans son garage. Le goût prononcé pour les vêtements qatari viendra un an plus tard et cette fois il y aura Porsche marqué dessus.

Un an, ce n’est pas neuf mois, sinon le PSG aurait battu Barcelone en finale de Coupe des coupes et Leonardo aurait égalisé sur cette frappe à 10 mètres du but vide. L’histoire a préféré laisser Ronaldo marquer un penalty, sans un regard pour celui qui fut aussi champion du monde 1994 et qui en plus était titulaire, lui. C’était la belle époque, celle où il mettait des coups de coude dans la gueule et signait au Japon.

Le foie gras de Qatar

Il prendra sa revanche l’été suivant contre le Steaua Bucarest. Ce soir-là, Leonardo est tellement partout qu’il est déjà à Milan. Une raison suffisante pour sortir le seul vrai bon match de sa carrière. Le Milan AC ne s’y est pas trompé : un titre de champion en cinq ans plus un futur entraîneur au style offensif. Manchester en prend deux en huitièmes de C1 et ne doit son salut qu’à ses sept buts inscrits. L’Inter y gagnera aussi un successeur de Benitez, porté vers l’offensive. Schalke en prend deux en quarts de C1 et tremble jusqu’à son septième but.

Devinez qui jouait milieu gauche en jaune le 12 juillet 1998 ?  Un type suffisamment élégant pour déboiter un homme en jaune au nom de dictateur dans un couloir. Si ça se trouve il l’a confondu avec Mazinho. Là on aurait compris qu’il le défonce.

Mondiaux d’Athlé : Lagarde alternée

Au regard du nombre de messages reçus sur equipe.vestiaire@yahoo.fr la question qui hante les nuits de tout amateur de sport qui se respecte concerne l’avenir de celui que l’on aime déjà appeler PML. Et pourtant ça ne dit rien à personne.

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Si on l’appelle PML ce n’est pas seulement parce que son nom fait pas très classe, mais sans doute surtout pour ça. Pascal Martinot-Lagarde a donc pour la deuxième fois les honneurs d’être cité sur www.le-vestiaire.net. Alors pourquoi un tel intérêt si soudain ? D’abord parce qu’il nous est vendu comme la nouvelle vedette du sprint. Visiblement les médias ont eu leur dose du défaut de prononciation de Christophe Lemaitre et de son duvet de barbe. Bien que lui n’ait pas eu sa dose, ceci expliquant sans doute cela. Quand ils ont compris que la seule ombre qu’il ferait à Bolt serait dans les startings blocks, les commentateurs ont cherché une nouvelle cible. Le prétentieux Lavillénie c’est sympa, il arrive à gagner à peu près tout le temps mais c’est pas bien compliqué quand Bubka n’est plus là. Mesnil et ses chaussettes non plus n’est plus là et c’est tant mieux. Mekhissi est encore un peu trop infréquentable comme Tamgho. Finalement le seul qui n’ait pas encore tabassé sa copine, une mascotte ou son concurrent c’est Jimmy Vicaut, donc c’est PML. Car personne n’aura jamais de médaille sur 100m.

La PNL de PML

PML a donc des dreadlocks, court vite en sautant et connaît Patricia Girard sans la sauter. Ces raisons ne seraient pas suffisantes si le garçon ne tentait pas de faire oublier Ladji Doucouré et serait même en train d’y parvenir. Avec deux blessures en deux ans il est même largement en avance. Côté chrono, Coco-Viloin, Bascou et Darien commencent sans doute à comprendre pourquoi on s’est autant foutu de leur gueule quand ils avaient le même objectif. Pour autant il ne faut pas vendre la peau de PML avant qu’il ait tué David Oliver et qu’il soit sorti de l’infirmerie. Car Ladji Doucouré est quand même avec Diagana et Perec le plus grand champion français de tous les temps. Parce qu’il n’a pas toujours été blessé et qu’un bon chrono ne suffit pas, sinon on se souviendrait de Mehdi Baala pour autre chose que ses esquives face aux directs gauche-droite de Mekhissi. Les 13″12 de PML dans cette jolie ville d’Areva le classent donc comme 32ème meilleur performeur de tous les temps, à presque 22 ans. Environ au même âge Ladji était à 13″06 en demi-finale à Athènes. On en reparlera donc le 12 août à 19h05. Si le temps effectué ne signifie rien, le lieu et le contexte veulent dire beaucoup, pour Doucouré pas pour PML. C’est dans les grands rendez-vous que l’on découvre le vrai visage des champions. Avant que Tamgho se plante partout et qu’il se blesse tout le temps, on pouvait penser qu’il écraserait sa discipline. En 2005, Ladji écrasait Liu et les restes d’Allen Johnson pour s’offrir le titre suprême même si c’est à Angers qu’il fit tomber au plus bas son record de France et qu’il entra dans le top 12 toutes époques et dopés confondus. Ensuite il écrasait pour toujours son tendon d’Achille.

Pour mémoire, à Areva en 2005 Doucouré finissait en 13″02, la piste fut donc curieusement encore plus rapide pour lui. Dans des conditions identiques, Diagana n’a connu qu’une seule fois les joies d’aller trop vite : c’était à Lausanne le 5 juillet 1995 où il battit le record d’Europe qui lui aurait permis de tout gagner. Mais il n’en remporta qu’une ce qui est déjà pas mal. La majeure partie du temps restant, il était comme Doucouré en rééducation. Et pour l’instant Martinot-Lagarde a préféré commencer par là. Mais après tout il n’a loupé qu’une olympiade, pas plus que Tamgho.

L’Edito : Pierre gros lent

Abidal signe à Monaco. Le cyclisme a vraiment changé alors ?

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On le sait depuis peu : autrefois pour un coureur, une journée de repos sur le Tour de France se passait entre la chambre d’hôtel, le frigo de la chambre d’hôtel et les poubelles de l’hôtel. Un médecin, un directeur sportif, un vigile, un patron de l’UCI : vous montiez une équipe cycliste avec des bouts de ficelle ou de cordon à perfusion. C’était à l’époque où les machines étaient au-dessus de la selle et elles avaient justement peur d’aller à la selle. En plein débats sur les manipulations génétiques et le nucléaire, une diarrhée aurait été malvenue.

Infra veineuse

Aujourd’hui, une journée de repos c’est Voeckler qui s’offre un hangout de l’équipe.fr avec Stéphane Garrabed, pour répondre à 6 geeks dont une qui n’a pu s’empêcher de mettre un maillot à pois, après 10 minutes de retard parce qu’il essayait des lunettes avec ses gamins au Super U de la Chapelle Basse-Mer. Vous ne comprenez pas un mot de cette dernière phrase ? C’est pourtant plus simple à expliquer que Pierre Rolland 26e à 12 minutes 34 ou ce même Voeckler 94e à 1h03. Soit Bernaudeau ne nous vend effectivement que des bagnoles de location vertes depuis deux ans et demi après ses brioches, ses téléphones et ses box, soit Thibaut Pinot a grimpé plus de gonzesses et de journalistes que de cols cet hiver, pendant que Froome enchaînait le Kilimandjaro et l’Annapurna avec le dérailleur de Boardman. Quand il y a de la neige c’est joli, ce n’est pas le médoc mais ça y ressemble. Un peu comme Bernaudeau et Bernard Hinault, ça fait presque un anagramme mais pas complètement.

Pendant ce temps-là, Blanc pense que Cavani et Ibra sont compatibles. Il n’est plus consultant pourtant, alors pourquoi il parle de ça ?

Wimbledon, Murray : Le retour d’Andy manché

77 ans après Fred Perry, il rejoint Bruguera, Kafelnikov, Rafter, Hewitt et Safin.

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Le jour de gloire a fini par arriver : Andy Murray a donc sauvé trois balles de break après trois balles de match ratées. C’est un grand jour. Ce soir, maman lui enlèvera donc la couche avant de dormir, pendant qu’elle fera des calins à la Coupe dans la chambre d’à côté. Son Andy dort désormais paisiblement et sans veilleuse, il est relax, il s’est coupé les cheveux et même si sa dentition n’est pas celle de Djoko, il a quand même trouvé une gonzesse pour jouer au docteur, il en a souvent besoin à cause de son dos, sa meilleure excuse quand il rate un point ou qu’il s’oublie dans son froc. Désormais, il pense à mettre sa Rolex après les victoires, il fait quelques blagues à la presse qui font oublier qu’il appelle encore le kiné quand il perd.

Andy capé

Pour dépasser le stade anal sans aller se faire ponctionner par un psy, qui peut s’appeler préparateur mental, qui peut s’appeler Lendl, il faut passer par toutes les étapes que connaissent les grands garçons. Mais comme le fait souvent comprendre Rufo, tout dépend toujours de son propre trou du cul. L’US Open avait débouché sur le malentendu de quelques fractures : celle du cœur du grand-père Djoko, celle de la carrière de Federer et celle des anti-inflammatoires de Nadal. Andy ne joue pas si différemment et son jeu n’a jamais vraiment été le problème. Il n’a jamais eu de coup faible, il a toujours couru partout, il évite soigneusement les risques et les fautes directes. A choisir, il va plutôt slicer et gagner un Masters 1000 plutôt qu’un Grand Chelem. Il aurait déjà pu gagner quand Federer et Nadal étaient au top mais il a attendu de les voir disparaître pour espérer une rivalité avec le Djokovic des mauvais jours. Il l’a, et c’est sa plus grande victoire, avec ce marathon sur herbe contre Verdasco dont ce n’est absolument pas la spécialité bien sûr.

Il évite encore de faire des fautes mais il n’est plus aussi sûr qu’avant que c’est forcément lui qui la fera au mauvais moment. C’est une différence majeure qui permet à Djokovic de tranquillement laisser filer un Grand Chelem sur trois. Ca fait deux de suite face à Murray après l’US Open, on pourrait même croire à un syndrome. Mais faut quand même pas déconner.

Johansson, Stich, Ivanisevic, Roddick, Chang et Gaudio sont définitivement lâchés. Plus que un Grand Chelem et il sera Kuerten. Et avec deux, Courier. Ça commence à causer.

Tour de France : Panic Froome

La nuit dernière Thierry Bisounours s’est réveillé en sueur. Pas qu’à cause d’un brutal onanisme nocturne ou parce qu’il rêvait que les réserves d’andouilles du monde entier avaient été vidées par Goldman Sachs mais surtout parce qu’il avait l’impression que le monde médiatique n’était plus aussi crédule ou hypocrite qu’avant. Du coup il se demandait si son contrat de consultant délirant sur le Vestiaire allait être renouvelé. Puis il s’est dit que Thierry Adam était toujours là alors pourquoi pas lui ?

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Alors Thierry, les soupçons sur Froome c’est une petite victoire après 6 ans d’interventions farfelues dans nos colonnes pour tourner en dérision cette grande farce ?

En effet, je suis surpris par les torrents d’injures qui s’abattent sur Froome. Personne n’avait osé en 1998 quand Pantani montait plus vite qu’il ne descendait les 2 Alpes, en 1999 et 2000, quand un ex cancéreux qui ne passait pas un col de 4ème catégorie deux ans auparavant roulait à 52 sous la pluie de Sestrières et de Lourdes, quand Hamilton a couru 200 km devant en montagne avec une clavicule cassée, quand Landis a mis 16 minutes au peloton après en avoir perdu 8 la veille, quand Contador s’est aperçu que que c’est son boucher qui lui permettait de gagner, quand David Millar a couvert Ricco, Rasmussen, Vinokourov, l’US Postal et les 80 coureurs propriétaires d’une carte de donneur chez le docteur Fuentes.

Il dit quoi maintenant David Millar sur la Sky et Froome ?

Son twitter a sans doute été piraté, il serait incapable d’une telle niaiserie  : « Well, rode a perfect race, and for the record, I believe they are clean and they deserve respect and admiration for it. »

Vous pouvez traduire ?

Grosso modo : « ce n’est parce qu’il atteint des performances physiologiques sans précédent pour un humain après 5h de vélo dont une bonne partie en pente, qu’il va plus vite que le meilleur Ullrich de ces 15 dernières années, qu’il était nul à chier durant les 5 premières années de sa carrière, qu’il a, à 28 ans,  une trajectoire à la Riis, qu’il nous prend pour des cons, que personne ne le croit et qu’il n’y a que Prudhomme pour ne pas stopper le Tour immédiatement qu’il faut le condamner ».

Ça dit quoi de David Millar, le chevalier blanc ?

Personne ne peut le dire. David c’est un exemple. Rendez-vous compte il fait ses débuts sur un vélo à la fin des années 90, chargé comme un cycliste des années 90, c’est un espoir, tout le monde voit en lui l’un des grands du futur. En fait il s’avère qu’il est pas génial mais c’est pas le propos. En 2004, on découvre que comme la plupart de ses collègues il n’aime pas la couleur naturelle de son sang. Il avoue, il fait amende honorable et promet de ne boire que de l’eau ou des boissons gazeuses. Chaque année, il se met en 4 pour faire passer ses messages de propreté, rappelant qu’enfin le vélo est clean, comme il dit avec son accent qui fait chier tout le monde.

Ça fait donc 9 ans que tout va bien. Alors pourquoi on a emmerdé Armstrong et consorts puisque Millar, le fameux cycliste repenti, disait le contraire ?

Peut-être parce que personne n’a relevé que Millar avait 37 ans et qu’il continue de se taper 3 semaines de Tour de France chaque année. Et que ces mêmes années, il a collectionné quelques jolies victoires de prestige face à des champions moins repentis que lui. Mais « Contador fait du bien au vélo«  dit-il à la fin de cette interview.

Voulez-vous dire que le vélo est une famille consanguine et mafieuse qui se protège de génération en génération ?

Je n’ai rien dit de tel. Vasseur a remplacé Jalabert au commentaire. Comment s’appellent les directeurs sportifs sur le Tour cette année ? Madiot, Bernaudeau, Baldato, Riis, Blijlevens, Dekker, Van Poppel, Zabel, Konyshev, je ne vais pas citer tout le monde mais il faudrait le faire. Amusez-vous à jouer au jeu du qui ne s’est jamais dopé et vous comprendrez peut-être que ce n’est pas parce qu’on dit qu’il ne faut pas faire quelque chose qu’on ne l’a pas fait soi-même en conscience et qu’on ne recommande pas à ses poulains de faire de même. Et c’est bien naturel puisque les autres le font.

Mais c’est quoi la solution ?

Tout arrêter. Allez je retourne dormir, sinon je vais finir par révéler que le dopage est toujours généralisé et non pas à la marge. En tout cas je ne m’en fais pas pour mon personnage, on ne risque pas de revoir un article sérieux sur le vélo avant un moment.

Mais les autres sports ?

Commençons par celui-là. Comment voulez-vous nettoyer les autres sports alors qu’on y arrive pas avec celui dont on connaît le mieux les pratiques.

Bartoli gagne Wimbledon : Super Marion rosse

Faut-il vraiment être blonde, avoir un regard de pute, de longues jambes et un nom qui se termine en ova pour être considérée comme une grande championne ou même être respectée tout court. Personne n’a été aussi dégueulasse avec Williams. Comme quoi quand on est une femme et qu’on ressemble à un homme, pour être considérée, il vaut mieux être noire. Sauf en athlétisme.

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Marc-Olivier Fogiel avait beau la trouver grosse, personne ne contestera avoir été ému par sa victoire. Personne n’aura été surpris non plus, à part peut-être tous les parieurs puisque Lisicki était donnée favorite sur chaque site. En effet, après avoir battu péniblement Williams et Radwanska, il ne faisait aucun doute qu’elle torcherait Bartoli qui avait mis deux sets à tout le monde. Le Vestiaire avait donc choisi de ne miser que 50 euros pour le 2,40 de Marion. Ca s’est joué à rien, elle a quand même perdu le premier jeu du match. Deux sets et une douzaine de jeux plus tard, elle était prête à servir le fromage à Mauresmo sur ce beau plateau argenté et sans doute à le manger. Le tout sous les yeux pas du tout mouillés de son papa adoré, qui n’aura donc été pour rien dans le premier titre de sa fille. On pense tous à nos gros cons de pères dans ces moments-là, Marion a cru bon de le remercier, elle n’a pas précisé si c’est pour lui avoir pourri la vie ou l’avoir obligé à  jouer au tennis. Les 174 psychologues fréquentés durant ces 10 dernières années ne sauront jamais vraiment pourquoi Bartoli a enfin joué à son niveau du premier au dernier tour. Mais elle a l’a fait. Malgré son acné d’adolescente mal dégrossie, malgré ses 63 coups droits simulés en direction des bâches, malgré ses 82 gestes parasites représentant un tunnel. La carrière de Bartoli se résume sans doute à ce dernier jeu de son Wimbledon où un bout de banane s’était malicieusement glissé sur ses lèvres.

Doit-on se féliciter qu’une sportive au père toxique ait fini par gagner ? On ne peut qu’espérer qu’elle ait au moins ressenti un vraiment moment de plaisir. Rien n’est moins sûr, mais heureusement son nouvel entraîneur lui en avait peut-être donné avant.

 

Marion Bartoli : Poids et Walter

C’est l’article le plus lu de ces deux derniers mois et pourtant il date du 2 juin 2011. Notre spécialiste tennis vous racontait Marion Bartoli, la numéro dix mondiale au jeu et au physique de numéro 1 mais à la névrose de numéro 152. Et tout ça, comme beaucoup de gamins sportifs : uniquement grâce à papa. Souvenez-vous en avant de la voir remporter Wimbledon sans papa.

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Qui oserait passer un quart d’heure seul dans un ascenseur avec Marion ? Et pourtant, si c’est son père qui vous l’ordonnait, vous préféreriez épargner vos enfants.

Toute l’histoire de la famille Bartoli est résumée  dans cette savoureuse anecdote. Une petite centaine de gifles et un bon millier de poignées de cheveux plus tard, Marion était devenue une grande joueuse. Ne vous risquez pas à critiquer la méthode ou à imaginer que ces charmants boutons d’acnée ont un lien avec, car avouez-le, au fond, vous aimez votre famille. Et oui, les mots peuvent parfois dépasser la pensée, les gestes aussi disait toujours Walter. Après tout, ça peut même rapporter du pognon, à croire que messieurs Pierce, Rezai, Graf ou Gasquet n’aimaient pas que le tennis. Pas de quoi devenir dingue quand même, quoique.

Walter égo

Marion a donc 26 ans et porte à merveille ses 63 kg de vie qui lui donnent un charme fou. Celui du monstre hybride capable de sourire et l’instant d’après d’envoyer son oeil droit à l’arbitre pendant que le gauche compte les points. Réduire Marion à une insupportable fillette sympa qui fout les jetons serait réducteur, car elle sait avant tout jouer au tennis. Fabrice Santoro sait désormais qu’avec un peu de volonté, il aurait pu percer chez les filles. La preuve, non seulement Marion joue des deux mains de chaque côté, mais en plus elle réside à Genève. Une riche idée.

Mais il faut le savoir, Marion pèse beaucoup plus lourd que ce que l’on croit : une finale à Wimbledon quand même et une défaite contre Emilie Loit à Auckland. Difficile d’expliquer si grand écart, surtout qu’elle n’est pas vraiment gymnaste. Mais Marion c’est aussi ça : un mental à toute épreuve, deux coups droit les bons jours et deux revers les mauvais. Dans le doute, elle répète toujours les deux coups face aux bâches entre les points. Quand on s’investit, c’est à fond, donc elle y joint le jeu de jambes et la traversée de balle. Tant pis si ça fait autiste, même mort de peur le spectateur a payé sa place, il restera.

Bloody sundae

Le tennis est une école de tolérance, on peut bien rebondir les jambes écartées avant de servir, faire le crabe qui se balance à droite et à gauche au retour ou attendre le service adverse le nez collé dans le filet. Elle aurait aussi pu se coiffer ou ne pas suer au bout de trois jeux, de toute façon personne ne se moquera jamais d’une 11e mondiale. C’est donc en pleine confiance désormais que Marion joue à Roland, portée par le public et fière de ses coups gagnants.

Quand elle en fait un, elle ne manque jamais de chercher le regard approbateur de papa derrière elle. Elle doit en avoir un dans chaque tribune, puisqu’au tennis on change de demi-terrain tous les deux jeux, sans parler de ceux qu’elles fixent sur les côtés ou au ciel. Quoiqu’il en soit, mieux vaut plusieurs papas, même s’il y a en a un plus violent que les autres qui ressemble à Francis Heaulme, que pas de papa du tout. Quoique.

Pendant ce temps-là toujours aucune trace de Marion Bartoli nue sur le Vestiaire. Mais est-ce si désagréable ?

Silverstone : Cale Lewis

Retour en grande forme pour notre chroniqueur F1 même si ça veut pas dire grand chose vu d’où il part. En fait c’est pas vrai, c’est pourri, comme d’hab. L’ex meuf d’Hamilton en prime quand même.

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Par Henri Carl BR Driven (2)

« Ça faisait un petit moment que je n’avais pas écrit sur mon sport favori. Faut dire quand même que j’avais quelques arriérés de salaire même s’il est vrai que la qualité de ce que je produis ne donne pas forcément envie de me payer mais plutôt de me foutre des coups de genou. Cela étant dit qu’est ce que j’aurais pu raconter ? Peut-être les mêmes conneries que d’habitude :  que Pirelli faire des pneus de merde. Qu’Alonso est le meilleur pilote du monde et que finir 3ème à Silverstone lorsque l’on part de la 9ème position est une bonne perf’. Que Pirelli fait des pneus de merde. Que Webber raccroche, ce dont personne n’a rien à cirer hormis Raikkonen, Vergne et Ricciardo qui lorgnent déjà avec envie sur la Red Bull. Et enfin que Pirelli fait des pneus de merde.

Mais l’info la plus intéressante était dans le pieu d’Hamilton ce week-end ou pas dans son pieu justement. C’est là que son autre manche préféré s’est retrouvé seul avec sa main préférée. En l’espace d’un week-end et d’une course, il aura donc perdu près d’une dizaine de points presque gagnés d’avance suite à sa pole, mais aussi Nicole Scherzinger, la pétasse chanteuse des Pussycat Dolls. Le mariage était déjà prévu, ils revenaient de voyage pour fêter leur 5ème année de liaison, c’est beau et déchirant comme une chanson de Jean-Luc Lahaye. Ne me rentrez pas dans la gueule pour cette référence naze, tout le monde sait que mon humour n’a rien à foutre sur le Vestiaire.

Joindre Sutil à l’agréable

Plus sérieusement, Sutil et Ricciardo que personne ne connait, peuvent dire merci à leurs pneus et à la voiture de sécurité. On ne sait pas trop pourquoi mais si c’est écrit c’est que ça doit être vrai. D’ailleurs Franck Montagny aimerait bien faire un tour dedans nous a-t-il dit lors de l’avant Grand Prix sur Canal, ce dont on se fout éperdument.

Pour ceux qui ne l’auraient toujours pas compris, au championnat l’étau se resserre entre Vettel (la meilleure voiture) et Alonso (le meilleur pilote). Raikkonen, actuel 3ème, aura fort à faire avec une voiture un ton en dessous. Si ça c’est pas de l’expertise je rends les zeros euros de mon salaire mensuel.

Côté français, à l’heure d’un premier bilan, Jean-Eric Vergne ne démérite pas mais Ricciardo s’accroche comme un morpion, et d’ici à ce que l’éventualité d’un poste chez Red Bull leur fasse faire n’importe quoi …  Pour Grosjean, après une rechute monégasque cela fait maintenant 4 courses sans points. C’est déjà une performance : le fait que je sache compter en est une bonne mais pour lui c’est plutôt une mauvaise, d’autant que Raikkonen l’enrhume sévèrement au classement. Bianchi domine toujours assez facilement Chilton décidément aussi mauvais que fortuné et c’est pas peu dire. On a les adversaires qu’on mérite. Pour Pic, le changement de Marussia vers Caterham est pleinement couronné de succès. Merci Panis, bravo Lagardère. Une voiture peu véloce en dépit du moteur Renault, il fallait le faire … et ils l’ont fait. Van Der Garde qui n’est pas vraiment encore Verstappen a tout de même devancé deux fois Pic en qualifs, ce qui n’augure pas vraiment de bonnes choses pour l’avenir de Pic. Et pic et colegramme.

Si vous avez appris quelque chose, revenez la prochaine fois, sinon revenez quand même, on ne sait jamais.

La légende: Le casus Boli

Ce n’est pas parce que la justice a puni la bande à Basile que le Vestiaire doit s’en priver.

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C’était dans les faubourgs d’Abidjan dans les années 60. Un sort fut jeté sur la famille Boli par des voisins malfaisants. Mais lequel ?
Basile fut le premier Boli à se faire remarquer. Auxerre, Marseille, quelques larmes, le 17 mai 1993 et la génération bleue 87-93. S’il n’y avait pas eu cette 43ème minute on aurait sans doute fini par l’appeler Roger. Il s’appelait Basile et c’était déjà pas mal, ça permet de faire une fondation en Afrique, le con avec Roustan, parler du loto et presque finir en prison. Une carrière bonne mais pas géniale donc, ça tombe bien le génie c’est Roger.
Il a longtemps hésité à jouer pour la Cote d’Ivoire et la France. Mais personne ne l’a forcé à choisir. Malin, Roger a gardé sa double nationalité.  Pourtant la Cote d’Ivoire aurait bien eu besoin d’un tel joueur en 1992 au moment de remporter la CAN haut la main. La légende raconte qu’une malheureuse selection chez les espoirs a condamné sa carrière. Pourtant ses stats sont remarquables, 93 buts en 374 match. Il est évidemment attaquant. Soit un but toutes les 273 minutes à peine plus qu’Higuain en ligue des champions. Ses 20 buts en 94 l’envoient presque vers la gloire mais il est à égalité avec Ouedec et Djorkaeff.   Roger attendra sa fin de carrière pour réaliser son exploit en refourgant Aly Cissokho à Lyon après avoir fait croire qu’il irait au Milan AC. Domenech le prendra à son propre jeu en le selectionnant.

Il y a eu un autre Boli, Yannick.

 

Brésil : La république de Neymar

L’allusion à l’Allemagne dans le titre n’est pas complétement fortuite mais qui la comprendra avant 2014 ?

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Après dix ans passés à comprendre que le Brésil éternel n’est qu’une vaste connerie, l’année 2013 remet le foot dans le sens de l’histoire. Avant de parler de quelques phénomènes brésiliens, il faut rappeler qu’un Mondial organisé au Brésil  aura le Brésil en finale.

A partir de là, la question n’était déjà plus pourquoi, mais comment. Avec le Brésil, c’est simple : le sélectionneur importe aussi peu que le gardien, pourvu qu’il révèle un Pelé. Avant Scolari, Menezes en a essayé une cinquantaine et il a compris ce que Laporte, Lièvremont, Saint-André, Domenech et  Blanc ont sans doute compris, fini par comprendre ou pas : quand une génération est nulle, elle reste nulle si on a pas la star, même si on a trois ans pour travailler, quels que soit ses défauts d ‘entraîneur.

Scolari s’est posé moins de questions depuis novembre. Neymar joue à chaque fois, il a marqué 13 buts, de toute façon ça ne pouvait pas être quelqu’un d’autre. Autour, il fallait essayer de trouver ceux qui lui étaient le plus utiles. Il fallait s’appeler Jacquet pour penser à Guivarc’h, Scolari, pour penser à Fred. Benzema avait pourtant laissé un indice en répétant qu’il avait aimé jouer avec lui, mais il a aussi répété que Houiller était un grand entraîneur ; dans le doute, personne n’a rien retenu. Mais voilà, ce que Milan n’a pas vu en 2006, le Brésil le découvre : Fred marque des buts, et pour être plus précis il ne rate aucune occasion.

Luiz fait flipper Scolari

Pour trouver le bon système et la bonne place du Pelé à crête, Scolari a sorti les grands moyens : Ronaldinho, Luis Fabiano et Kaka ont été successivement convoqués. C’est vrai qu’il ne restait qu’un an et demi à Neymar pour apprendre ce qu’il faut faire ou absolument pas faire pour être Pelé. Robinho aussi était dispo, mais le gamin n’est quand même pas un abruti. Mais il reste un gamin, qui est émerveillé de jouer avec son Hulk en plastique. Le reste était déjà en boutique : des défenseurs qui s’arrachent à prix d’or et qui font parfois des passes décisives aux attaquants uruguayens, ce qui peut arriver n’importe quand durant un Mondial contre n’importe qui, un milieu de terrain pas connu qui joue au pays et dont le nom finit en inho. A côté de lui, il suffit juste de mettre un joueur qui décide de tout, donc qui ne soit plus Zé Roberto.

Décider de tout, c’est filer le ballon à Neymar quand il faut. Ca demande pas de dominer tout le match, mais le Brésil l’a jamais fait, juste d’accélérer de temps en temps et d’en mettre entre deux et quatre à tout le monde. Scolari a un an pour ne pas faire oublier le mot pressing à Neymar et interdire à Robinho d’emmener ses jeunes successeurs faire des passements de jambes avec les copines de Ronaldinho. Müller l’apprendrait, Xavi aussi, et ça les arrangerait beaucoup.

Pendant ce temps-là, Neymar n’a jamais eu un match important à jouer et Scolari envoie un à un tous ses titulaires en Europe. Sans doute un hasard. Parce qu’évidemment la Coupe des confédérations on en a rien à foutre, ça sert juste à dire que la grande Espagne est morte mais ça le Vestiaire l’avait dit il y a plus d’un an.