Handball : Omeyer des cinq manches

Voilà près d’une semaine que la rédaction me réclame mon papier handball. Fin calculateur, j’avais pourtant prévu de faire ma feignasse en période d’actualité sportive internationale faste, entre match de foot gagné que nous devions perdre et matchs de rugby perdus que nous ne pouvions pas gagner . Ma baisse de productivité aurait donc dû passer inaperçue. À moins que ce ne soit simplement parce que personne n’en a rien à taper du handball, pas même les lecteurs du Vestiaire ? Puis bon, certes, j’avais promis un article, mais la LNH avait aussi promis que le championnat serait intéressant. Reste à voir si ma parole est moins Salles que celle de Bernat.

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Par Leo Tseu

Il n’y a pas si longtemps que ça, le Vestiaire faisait preuve de son manque d’enthousiasme à l’égard du Hand Star Game. Plus largement, l’idée défendue était que les multiples compétitions annexes, en plus d’être inutiles, mettaient le corps des handballeurs à rude épreuve, pour un intérêt sportif discutable. Bref, c’est de la merde. Mais le spécialiste handball avait eu la décence de le dire en plus de mots. On nous a traité de rabat-joies, on nous a dit que nous ne savions pas apprécier ces tentatives de médiatisation, qu’il fallait enjoyer le spectacle. On pourrait même faire du mauvais esprit et laisser sous entendre que l’augmentation du nombre de matchs et de leurs intensité favorise les blessures, voire peut encourager le recours à des produits peu recommandés. Mais les fidèles lecteurs savent que ce n’est nullement le style de la maison. Non, on préfèrera lister les possibles forfaits français pour le mondial 2014. Rien à voir avec le fait qu’ils se soient tous blessés récemment évidemment. Ils doivent simplement peur de se geler les ballons au Danemark.

Thierry Omeyer, blessé au coude, ne paye évidemment pas l’enchainement des matchs et son grand âge, pardon, sa carrière bien remplie.

Bertrand Gille, indisponible pour au moins un mois, n’est pas du tout un exemple de blessures à répétition. Ça ne traduit donc nullement l’importance des débats auxquels sont exposés les corps des internationaux.  Guigou non plus d’ailleurs. Oui mais voilà, les deux, même sur une jambe, restent parmi les meilleurs choix à leur poste. On continuera donc de les surexploiter jusqu’à la moelle. Puis Bertrand Gille qui défend à genoux, ça sera toujours plus crédible au mondial qu’un journaliste du Vestiaire.

Xavier Barachet, qui joue-actuellement-à-Saint-Raphael-mais-est-en-réalité-joueur-du-PSG (mais on vous l’a déjà expliqué), s’est pété le poignet. Pour faire bien dans les diners mondain, vous pouvez également dire qu’il s’est fracturé le scaphoïde. Si vous fréquentez les diners mondains, vous pouvez également quitter immédiatement ce site. Heureusement, Barachet ne perdra pas son temps hors des parquets et pourra encourager la consommation de produits hautement recommandables.

Jérôme Fernandez, le meilleur d’entre-nous, s’est blessé à la main. Une spécialité chez lui : en 2008, il se fracture la main en phase de poule et manque la fin des JO. En 2000, à défaut d’avoir inventé l’eau chaude, le petit Jérôme s’amuse avec le robinet rouge sous la douche : brulure au 3ème degré, privé d’Euro. Cette fois, c’est en allant combattre l’axe du mal faire une pige à Doha qu’il s’est fait un beau bobo et pourrait rater les mondiaux 2014. Plutôt que de retenir que Toulouse était privé de son joueur clé ou que l’équipe de France pouvait perdre un de ses (vieux) cadres, les journalistes on surtout retenu le lieu de la blessure. Au Qatar, en jouant pour une équipe n’étant pas directement la sienne, à laquelle il a été « loué » afin de remplir les caisses du club de la ville rose. Ramassis de râleurs ! Bande de Guy Novès du pauvre ! Vous pourriez plutôt vous réjouir, pour une fois que des travailleurs étrangers sont payés au Qatar ! Et puis Fernandez a pu rentrer, contrairement a certains footballeurs.

Onesta, ne pleure pas. Sa voix est ferme (contrairement à celle de Saint-André me souffle mon camarade spécialiste rugby). Pas de langue de bois. Pas de reproche au président du Fénix de Toulouse qui n’a pas envoyé son joueur au Qatar par plaisir, mais pour pouvoir boucler son budget. Mais on ne va pas non plus dire que le handball manque d’argent, ça serait déplacé. Et surtout, Onesta, lui, est lucide : « A chaque fois que je me suis retrouvé devant des forfaits de joueurs dont je savais pertinemment que c’était sûrement parce qu’ils avaient insisté malgré une blessure. Je reconnais d’ailleurs volontiers qu’il m’arrive moi aussi de temps en temps de rendre à leurs clubs des joueurs en situation délicate. »

Mais, le véritable mérite d’Onesta, c’est qu’il rend également tous les adversaires de l’équipe de France en situation délicate à leurs équipes nationales et clubs respectifs. Claude, c’est un modèle d’égalitarisme républicain. Presque aussi égalitaire que les tongiens quand il s’agit de distribuer des baffes, répartir les gnons et attenter à la vie d’autrui sur l’aire de jeu. Oui, dans jeu de massacre, il y a jeu.

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