XV de France (2/3) : Le Trinh soufflera 5 fois

Dans l’épisode précédent, notre spécialiste vous expliquait que nos avants connaissaient mieux les règles du free fight que celles du rugby. C’est tant mieux, l’ovalie moderne ressemble davantage à la première option. Et vous allez voir que ça peut même servir à nos centres sauf si la charnière n’est pas trop rouillée.

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Par Gilles Gros-Paquet d’Avants

Demis

« Mon sourire ? Ça va être compliqué de me le décrocher ! » C’était François Trinh-Duc, à l’annonce de sa sélection dans le groupe de 30. Il a raison François, c’est compliqué de décrocher un sourire. Surtout le sien. On a l’impression de ne jamais l’avoir vu triste. Il peut serrer 23 mains et entendre 23 fois d’affilée « Sorry, good game » après une défaite honteuse, et c’est arrivé 5 fois en 7 matchs face aux rosbifs, qu’il a toujours cette tête d’enfant de publicité Nutella qui est tout sourire au moment de se resservir une rasade de cholestérol qui le tuera bien avant l’âge de la retraite. Personne n’essaiera donc vainement de décrocher ce sourire.

En revanche, comme lui expliquera Courtney Lawes dès le premier retour intérieur, une mâchoire se décroche en entier avec une facilité surprenante. A moins bien entendu que Jean-Marc Doussain, le meilleur depuis Galthié et la première année de Michalak au Stade Toulousain, ne soit titularisé à la mêlée pour le protéger, ce qui serait au passage une évolution assez remarquable des attributions du numéro 9. On a même trouvé mieux pour protéger Trou duc : aligner le moins mauvais de nos ouvreurs avec 7 ans de moins : Jules Polisson. En plus il sait tout mieux faire et même avoir l’air moins hétéro que Steyn. Pas facile.

Centres

Depuis la disparition tragique des jambes de Ô Yannick Jauzion, survenue entre 2007 et 2009 selon les estimations des spécialistes, l’équipe de France se cherche un premier centre capable de souvent franchir les défenses adverses et de toujours faire jouer ses coéquipiers à sa suite. Marc Lièvremont, entre autres hallucinations, avait cru découvrir ce successeur tant attendu en la personne improbable de Fabrice Estebanez. Plus lucide, Philippe Saint-André sait bien que Mathieu Bastareaud ne pourra réaliser que la première moitié de la mission, à savoir faire exploser la zone du 10 adverse. Ce sera déjà pas mal, et si cette tête à percussions d’Owen Farrell est encore titulaire à l’ouverture samedi, on pourrait assister au spectacle le plus jouissif que le rugby ait jamais offert.

Il faut garder une chose à l’esprit : il peut parfois arriver que le numégro 12, dans un moment d’égarement, oublie de foncer au tas ou fasse une passe pour faire plaisir aux nostalgiques du Frèncheu Flèrre, qui selon nos comptes ne sont plus que deux, Jacques Verdier et sa grand-mère, si l’on considère que Pierre Villepreux est mort depuis longtemps et que le personnage qui squatte rugyrama.fr et y répand impunément des idées aussi rouillées que les genoux de Damien Traille est un fantôme qui cherche désespérément la machine à voyager dans le Temps d’Avant.Dans l’hypothèse fantaisiste où le ballon parviendrait jusqu’au second centre, ce dernier aura pour objectif de mettre un terme à la folle envolée de trois passes. Le spécialiste maison s’appelle Wesley Fofana. Sa mission ? Fofaner.

Et si vous voulez vraiment connaître le sens du verbe Fofaner il faudra accepter de frôler l’AVC de rire. Et cette fois sans frauder les impôts. RIP Mouss.

 

 

Ligue 1, 23e épisode : Le carnet de cheikh

L’OM veut Aliadière, Aliadière veut l’OM, mais qui veut vraiment voir Aliadière à l’OM ?

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Pendant longtemps, on a cru à une blague. Le PSG voulant recruter une superstar au milieu jetait son dévolu sur l’un des cent meilleurs. Même Blanc pensait que ça ne passerait pas, que ça serait trop gros. Et pourquoi pas Eric Carrière ?Mais non, désormais il le sait il peut faire ce qu’il veut.

Que signifie la venue de Cabaye au PSG ?

Il y a deux manières de voir les choses. La première, c’est une recrue pour jouer au milieu quand Verratti, Motta et Matuidi ont besoin de prendre un peu de repos. Certes, ça fait un peu cher la rotation, mais pas tellement plus qu’une relaxe avec Zahia. Et il y a la deuxième manière de voir les choses. Cabaye, c’est Blanc. Il l’avait installé en équipe de France, il le voulait, il l’a eu à un prix étouffant toute concurrence. Depuis, Blanc est comblé et il a vraiment des raisons de l’être. 1, Khelaifi a évidemment eu droit à la question « Ibra et Thiago Silva connnaissaient-ils Cabaye ? » et il a répondu que lui oui. 2, Khelaifi a aussi organisé une conférence de presse au Parc des Princes pour Cabaye comme pour les autres sauf Digne qui ne valait que 15 millions. 3, la Ligue a homologué son contrat en deux jours alors que c’est quatre normalement, comme ça il jouera à Bordeaux, et 4 les journaux télé en parlent. La prolongation du contrat de Blanc jusqu’en 2027 n’a jamais été aussi proche.

Hoarau jouera-t-il ce soir ?

Bordeaux et le PSG l’espèrent, mais pas pour les mêmes raisons. Ce serait triste pour Bordeaux si le club n’était pas à trois points de la 4e place.

Blanc le trouve-t-il toujours atypique ?

Plus que jamais.

Djibril Cissé va-t-il marquer un but avant la fin de saison ?

Il ne faut pas l’exclure. Il est quand même venu à Bastia au prix d’un gros sacrifice financier et sportif, car Krasnodar c’était quand même autre chose. Il est venu pour aller au Mondial donc il est motivé. Ca fait quand même de sacrées bonnes raisons de revenir à un niveau décent et d’espérer marquer un but. Ca ne s’est pas fait lors de la défaite à Valenciennes où il a été remplacé avant l’heure de jeu sans s’être créé d’occasion, ça ne s’est pas fait lors de la victoire contre Bordeaux car il était blessé, pas non plus à Lens car il était encore blessé, mais là c’est sûr ça c’est imminent. A 32 ans, il court toujours vite et s’il a choisi Bastia c’est parce qu’il y a des passeurs pour lui filer tous les ballons. A noter que les passeurs, eux, ne l’ont pas choisi.

Lyon est-il l’équipe en forme du moment ?

6 victoires de suite en 2014, ça vous classe une équipe. Ou plutôt ça vous classe 6 équipes : La Suze-sur-Sarthe 7e de la DH de la Ligue du Maine, Sochaux 20e de Ligue 1, l’OM 5e de Ligue 1, Reims 9e de Ligue 1, Yzeure 2e du groupe B de CFA et Evian 17e de Ligue 1. C’est vrai que depuis le 4-0 au Parc le système en losange ça marche bien, et Gourcuff et Grenier régalent.

Alors Lacazette va aller au Mondial ?

Sans doute, mais seulement si on ne reparle plus jamais de ses apparitions lors de la tournée de l’été 2013 en Amérique du Sud. Jamais.

Rugby, Tournoi : Le XV d’Errance (1/3)

Le Tournoi arrive pile à temps pour vous sauver d’un troisième weekend de soldes auquel vous destinait Madame. Vous êtes d’autant plus heureux que passer 5 weekends d’affilée le cul dans le canapé à regarder votre sport préféré n’est pas pour vous déplaire, cela ressemble même à votre vie rêvée. Asseyez-vous confortablement, détendez-vous, le spécialiste rugby va vous dire avec quelle équipe nous n’allons pas gagner le Tournoi. Et en plus c’est en plusieurs morceaux. Comme Maestri après un calin avec un Tongien d’1m65.

 Maestri

Par Gilles Gros-Paquet d’Avants

1ère ligne 

On a beau se rincer l’œil autant de fois que l’on veut, et au sens propre pour une fois,  la liste des 23 sélectionnés indique toujours la mention suivante : Yannick Forestier. Il faut se rendre à l’évidence, notre première ligne est atteinte du syndrome de Barcella. Une définition s’impose :

Syndrome de Barcella, n.m. : série cauchemardesque de convocations en équipe de France  d’un pilier gauche laborieux, ayant pour point de départ une sur-cotation due à une première sélection accidentellement concluante face à une nation du Sud amoindrie lors des tests de novembre. Sa cause, invariable, est un manque dramatique de densité à un poste qui fut autrefois tenu par Sylvain Marconnet ou Olivier Milloud.  Le syndrome de Barcella tire son nom du traumatisme causé par les 20 sélections dont une en finale de coupe du monde d’un atroce pilier gersois dont la rumeur dit qu’il sévirait encore dans un club de retraite basque, participant activement à précipiter celui-ci en ProD2 entre deux blessures. Sa variante, la malédiction de Brugnaut, très rarement diagnostiquée, quasiment identique mais encore plus douloureuse, se distingue uniquement par l’absence de première prestation réussie.

Le poste de pilier droit est sujet au même problème de manque d’effectif. Face à la perspective de laisser Rabah Slimani prendre sa relève, Nicolas Mas a décidé qu’il ne prendrait sa retraite que lorsque Christian Califano accepterait de revenir en équipe de France.

Les bonnes nouvelles se font rares chez les talonneurs également. Benjamin Kayser est incertain pour le premier match face à l’Angleterre : il se serait coincé les cervicales à force de se retourner brusquement pour vérifier que William Servat ne revient pas pour lui prendre sa place.

2ème ligne 

Tantôt capitaine quant Thierry Dusautoir déclare forfait pour cause de blessure annuelle, tantôt vaillant soldat quand celui-ci revient, Pascal Papé est décidément l’homme à tout faire de l’équipe de France. Sa technique de destruction des mauls adverses par étranglement du porteur de balle sera une nouvelle fois très utile. Et en plus il permet de remplir les quotas de rouquins imposés par les nations britanniques.

Yoann Maestri, à l’inverse, est homme à faire une seule chose : arriver à pleine vitesse pour mettre un coup de boule à un joueur à terre lorsque le maul est déjà gagné. Gratter des ballons au sol, faire des plaquages en avançant, c’est pas son truc. A force de frotter sa tête contre les cuisses de Fabien Barcella en mêlée, Yoann a peut-être hérité de son syndrome. Afin d’éviter que la contagion gagne le reste de la seconde ligne, il est urgent de mettre ce dangereux individu en quarantaine. Alexandre Flanquart en profitera pour essayer de lui montrer qu’un deuxième ligne moderne ne fait pas de courses en travers et ne tombe pas à genoux au moindre contact.

3ème ligne 

Louis Picamoles.

Stéphane Ougier et Fred Torossian seront-ils évoqués dans les prochaines parties ? A suivre

 

Schumacher : Un curé et des incurables

Pourquoi après avoir passionné le monde entier la bave aux lèvres, le cas de Schumacher n’interesse-t-il plus personne hormis peut-être le médecin qui essaie de le réveiller ? Est-il déjà mort ? Les médias ne sont-ils qu’une bande de suceurs de roues sanguines ? Et si au fond tout le monde s’en foutait au moins autant que n’importe quel accidenté sur le Dakar ? On ne le saura jamais. Alors un mois après le drame dont on ne sait plus trop s’il est passionnant ou non, il est temps de faire un bilan des performances : celles de Schumi dans le coma, celles des flics, des juges, des médecins et des journalistes. Un bilan pas fameux en tous points, heureusement que personne n’en a plus rien à battre.

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C’est l’histoire d’un ancien pilote automobile qui préféra se rendre en haut des télésièges, au lieu de rester sagement faire un tiercé avec un code promo Genybet comme il en avait l’habitude. Mauvaise pioche.

Tout commence par un énième virage trop serré et soudain le baron rouge se retrouve enduit de sa couleur fétiche.
Voici que Schumacher se crashe à 20km/h, le caillou était sans doute plus solide que l’aileron arrière d’Häkkinnen. Mais que faisait-il hors piste? Celle-ci devait être bien mal balisé pour que l’immense Schumi confonde l’asphalte et la barrière de pneus. Takuma Sato n’ayant pas été son copilote lors du choc, la lourde responsabilité de cet accident est désormais le fardeau de la station. Protections insuffisantes, secours trop lents, neige hypothermique, les défaillances sautes aux yeux, le coupable est trouvé.
 Cependant, certains témoins sont formels, la vitesse de l’idole des chauffards était excessive et son style n’était pas assuré, heureusement pour son comptable, sa vie l’était. Loin de sa gomme tendre, le grand champion ne serait qu’un simple amateur de piètre niveau, prenant le risque inconsidéré de s’aventurer sur une piste rouge. N’a pas sa troisième étoile qui veut. Le successeur de Fangio s’est pris pour Tomba, le fautif est trouvé.
 Une vidéo surgit alors de nulle part et vient disculper le héros de Milanello. Il allait bel et bien à faible allure, sortant de la piste uniquement pour aller porter secours à un maladroit ayants croisé les skis. Usant d’un chasse neige d’école, le dieu des saint-bernard essayait, à faible allure, de se porter à hauteur de l’infortuné glisseur. Le skieur accidenté allait sans doute trop vite, il était hors piste et ne maitrisait pas suffisamment le planté de bâton. Le responsable de la chute du maitre des pistes est trouvé.
 De nouvelles voix se lèvent dans la cohue entourant le chaos, ce serait le destin qui aurait mis le pilote K.O. Si Schumacher maîtrisait parfaitement les hautes vitesse, là n’était pas son seul talent. Il n’avait pas son pareil pour forcer les portes, se creuser un passage entre un muret est une voiture, entre une chicane et un adversaire, au risque de pousser ce dernier à la faute. Mais qu’importe les soucis des autres lorsque la victoire est au bout. Pourquoi jouer la sécurité quand on peut viser le podium?
Schumi ayant causé des accidents, les dieux farceurs lui en auraient causé un en retour. Le destin et le Karma font leur entrée dans cette affaire, Alexandre d’Aphrodise et Tenzine Gyatso ont des noms assez barbares  pour qu’il ne soit pas nécessaire de pousser plus l’investigation pour prouver leur culpabilité. Les derniers rebondissements de l’enquête font apparaitre certains faits à prendre en considération. Michael Schumacher était un skieur chevronné, qui allait au moment des faits, à une allure modérée, rendre secours à un individu qui venait de chuter. La piste était bien tracée, et le hors piste délimité. Une pierre est apparu sur son parcours s’en qu’il n’est pu la voir. Le responsable est trouvé, la malchance doit être condamnée.

Champions d’Europe : Au four et Dumoulin

Il y a quelques jours, notre spécialiste écrivait : « Rosser les Danois chez eux ne sera pas facile, mais après tout, qui a battu les Croates à Zagreb en 2009 ? »  Rosser c’est combien de buts d’écart ? Faut-il procéder à un licenciement sans préavis voire à la pendaison? Ou peut-être pas, tant qu’André Garcia et Frédéric Brindelle sont en exercice. Voici les dernières volontés d’un journaliste passionné trop tôt disparu.

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Par Leo Tseu
Notre ex et nouveau spécialiste handball qui écrit à la première personne du singulier comme notre spécialiste F1

Dimanche soir. 19h. 41-32. « Je suis partagé entre la joie de la victoire et la peur de mon futur licenciement. Comment vais-je nourrir le frère aîné de mon rédacteur en chef désormais ? Les Bleus sont une fois de plus champions et ce qui fait d’eux, nous y reviendrons prochainement, des types plus forts que les XMen. Et pourtant les XMen avec leur professeur handicapé c’était quelque chose. Je suis donc heureux. Mais j’avais annoncé un match serré avec une (possible) victoire difficile à la clé. Mon article était déjà dans les cartons : un court succès de moins de 5 buts de l’équipe de France ; les encouragements des supporters qui se transforment en pression au désavantage des Danois ; la crainte de décevoir devant son public, la peur de l’échec. Bref, un scénario Zagreb 2009. Oui mais voilà, les Danois ont pris une rouste. Une vraie. Qu’allais-je devenir privé de ma grasse rémunération de 0€ en tant qu’expert handball du Vestiaire ?

On pensait que l’inconstance ne pardonnerait pas. Si tromper sa femme n’est plus un crime, l’inconstance n’a pas pardonné, mais elle était le fait des Danois. A moins qu’ils n’aient été constamment mauvais ? Car, si les Français ont été bons, ce sont surtout nos adversaires qui ont été nuls. Oublier le pivot dans son dos sur une action, ça arrive. Oublier de défendre pendant 60 minutes, c’est plus rare. Landin, qui est supposé être le meilleur gardien depuis qu’Omeyer est octogénaire, a totalement raté son match. Même en s’y mettant à deux avec son collègue Green Krejberg, ils n’arrivent que péniblement à 10 arrêts. C’est moins bien que Titi (12a). Mais toujours mieux que Dumoulin. Seul Hansen (9 buts) a assuré. Mais le handball reste un sport collectif où il est délicat de jouer à 1 contre 7. Le petit Mikkel a été retrouvé en pleurs dans les bras de sa sœur Gretel. Un raté danois qui fait figure d’exception ?

Ce serait oublier un précédent. Espagne-Danemark, 2013. Une fessée. Pire que celle de ce weekend. 16 points d’aicar. Mais c’était en Espagne. Et les Ibères avaient l’endurance de nageuses russes ainsi que la vitesse de sprinters jamaïcains. Certains journalistes sportifs avaient alors fait quelques remarques sur la domination hégémonique des sportifs espagnols et leur consommation de viande contaminée. Ne vous inquiétez pas, personne n’osera remettre en cause le régime alimentaire de nos Experts.

Le mental des vikings est donc digne de celui d’un tennisman français. Pensons donc à naturaliser d’ici la prochaine Coupe Davis. Un grand merci à Vassili Zaitsev qui nous a transmis le numéro de la cousine Danoise de Rachel. Une info comme on les aime.

La légende rugby : 10 à Lamaison

Michalak n’est toujours pas le classement malgré tous ses efforts pour prendre la place de Talès. Dans le classement des 9 il n’y est pas non plus. Mais alors il vaut quoi ce type ? Voici donc les cinq meilleurs ouvreurs tricolores de ces 25 dernières années.

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Par Peyo Greenslip Jr

5. Thomas Castaignède. Le Vestiaire lui avait déjà rendu l’hommage qu’il méritait. Etait-ce une raison suffisante pour l’écarter du Top 5 ? La concurrence est telle qu’il est indiscutable. C’est d’ailleurs sans lui que la France est allée en finale de la Coupe du monde 1999. C’est donc grâce à lui que le numéro 1 est numéro 1.

4. Christophe Deylaud. Moins doué que Castaignède, mais plus durable, à Toulouse comme ailleurs. Il a remporté la Coupe du monde 1995, mais c’est Mesnel qui a disputé la troisième place. Comme quoi, finir sa carrière à Agen, même en fréquentant Fabrice Lhoumeau et Thierry Dumas, n’ouvre pas toutes les portes.

3. Franck Mesnel. A-t-on vraiment le droit de classer troisième un ouvreur qui jouait centre aurait demandé Thierry Lacroix, absent du classement. Vingt-cinq fois numéro 10, et pas seulement contre l’Angleterre, contrairement à ce que croyaient les fils de postier ayant regardé, seuls, Racing-Agen 1990 sur leur vieille télé Thomson. La Coupe du monde 1987 est aussi la sienne. Peut-on en vouloir à quelqu’un d’avoir aimé le pognon à une époque de sport amateur ?

2. Didier Cambérabero. Ailier de la dream team de 1987, c’est sans aucun doute le meilleur 10 du classement, l’un des meilleurs de tous les temps. La première place lui serait revenue si Mesnel n’avait jamais existé, allez comprendre. C’est le seul grand buteur Français à ce poste. Savoir utiliser son pied, ça peut servir. Michalak a pris un interprète.

1. Christophe Lamaison. Avec Castaignède, le seul du classement à avoir évolué uniquement dans des équipes de merde. Il s’est donc débrouillé tout seul avec Olivier Magne pour emmener un bien vilain quinze de France en finale de Coupe du monde. 28 points en demi,face à la plus grosse équipe des Blacks jamais vue. D’accord, c’était un accident, d’accord il a connu Sébastien Carrat. Mais d’abord, vous n’avez aucun moyen de changer le classement et ensuite personne n’a jamais atteint ce niveau dans toute l’histoire du rugby.

Finale de l’Euro handball : « Allez y franco »

La France jouera donc la finale de l’euro 2014. Est-ce une raison pour que l’Equipe fasse de plus mauvais sondages que Patrick Buisson ? Plus problématique, le spécialiste handball sera-t-il obligé de dire du bien de Dumoulin ?

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Par notre spécialiste handball, têtes couronnées et dictateur mort Leo Tseu

Il est des vendredi soir ou le spécialiste handball renie volontiers ses origines espagnoles pour se réjouir d’un fumage en règle façon jambon serrano voire pata negra bellota. Tout avait bien commencé avec un gros début de match monsieur Omeyer. Mais les Espagnols se sont souvenus qu’ils avaient également le droit de jouer. Et qu’ils étaient tout de même champions du monde. Résultat : 11-7 à la 20° et 12-14 à la mi-temps. Pour ceux qui ont suivi en mathématiques, ça fait un vilain 1-7 en 10 minutes. Et en handball, ce n’est pas glorieux.

Onesta avait donc une bonne excuse pour faire ce qu’il fait de mieux : passer un savon à ses joueurs.  Au retour des vestiaires, N . Karabatic se rappelait enfin qu’il est l’un des 3 meilleurs joueurs au monde. Narcisse se souvenait qu’il avait le droit de sauter au-dessus de la défense espagnole et Abalo qu’il pouvait marquer d’à peu près n’importe où. Tout allait mieux pour la France. De quoi rappeler à l’Espagne que Sterbik était resté à la maison et que jouer à Nantes n’est pas un gage de qualité. Mais le véritable évènement aura été le début de compétition de Dumoulin.

Trop de mal a été dit en ces pages sur le petit Cyril pour ne pas en dire du bien. Plus de 40% de réussite et une belle parade sur un lob à la 56 ° : de quoi nous qualifier en finale. Mais à presque 30 ans, il sera dur de faire oublier Omeyer ou de rajeunir l’équipe de France. Valentin Porte (7 buts) est élu homme du match. Son jeune âge pourra-t-il faire oublier qu’Abalo (8 buts) a fait mieux ? Peut-on fermer les yeux sur le port du serre-tête, pratique officiellement interdite depuis 1976  ? La fratrie Karabatic, avec 5×2 minutes et un rouge obtiendra-t-elle le grand prix de la boucherie ?

En finale, l’inconstance ne pardonnera pas. Rosser les Danois chez eux ne sera pas facile, mais après tout, qui a battu les Croates à Zagreb en 2009 ?

Ligue 1, 22e épisode : Rocher à nains

 Falcao ne vous manquera pas car vous connaissiez sa véritable valeur depuis notre superbe enquête publiée en août dernier. Mais on en parle quand même et c’est de votre faute, fallait pas poser de question sur equipe.vestiaire@yahoo.fr

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Que deviens Marvin Martin ?

Il paraît qu’il a un peu mal au genou mais personne n’en est convaincu. Il paraît aussi qu’il ne joue plus et ça tout le monde en est convaincu. Le petit chouchou de Laurent Blanc en équipe de France n’a selon nos informations reçu aucune offre à 2 chiffres du PSG. Dommage car un milieu de terrain mobile, qui aime Xavi, qui fait la taille de Xavi, qui pense que Xavi passe son temps à jouer latéralement, et qui du coup pense jouer comme Xavi, c’est bien utile. Depuis que Lille a hypothéqué son stade pour le faire venir de Sochaux, il a donné 7 passes décisives en un an et demi. A Sochaux, c’était 25 en deux ans. Comme quoi, marquer un doublé pour son premier match en équipe de France, ça sert avant tout à se faire appeler Zidane le lendemain. Et à passer un mois en Ukraine à devenir un bon pote de Menez et Ben Arfa. Des types expérimentés, de bon conseil.

Falcao, c’est la tuile ?

Non, c’est le genou.

Monaco s’en relèvera-t-il ?

Comment osez-vous en douter. Juste parce qu’il n’a plus marqué depuis la 13e journée, et que depuis la 13e journée Monaco a pris 19 points sur 24 ? Ou parce qu’il a raté un penalty quand Monaco a perdu à domicile contre Valenciennes ? Manquer de respect comme vous le faites à un buteur de sa trempe, c’est comme répandre la rumeur qu’il ne pense qu’à se barrer de Monaco, qu’il a deux ans de plus que son âge, voire qu’il est nul à chier comparé à Ibra et Cavani et que l’Equipe nous a bien fait chier en début de saison avec ses stars de la Ligue 1. Il a quand même marqué 9 buts en 17 matchs, seul Gignac, Lacazette, Aboubakar, Cavani et Ibra ont fait mieux que lui. Mettez 100 euros sur la victoire de la Colombie au Mondial tant que vous y êtes.

Saint-Etienne va-t-il fondre sur Lille ?

Avant d’aller à Bordeaux, Sainté a effectivement la possibilité de revenir à un point de la 3e place, donc de la Ligue des Champions. C’est l’équipe en forme du moment, qui explose tout ce qui bouge, notamment Lille, et qui ne prend plus de but. Il est encore un peu tôt pour être totalement sûr qu’ils vont craquer comme des merdes, mais dans le doute mettez 100 euros sur la victoire de Bordeaux tant que vous y êtes.

Zizou veut devenir entraîneur ?

Eh oui. Vous n’avez pas vu sa belle hagiographie sur Canal où les formateurs de la FFF lui demandent de commenter l’entraînement des gamins du Real ? Il hésite à peine à choisir entre la passe dans l’espace ou dans les pieds. Après tout, Platini a bien été sélectionneur : la France a besoin de ses grands joueurs.

Et l’affaire Zahia ?

Elle a donné son tarif mais pas son âge. On oublie.

Federer-Nadal : La taule à perpétuité

Le score donne une idée des compétences respectives d’Andy Murray et Jean-Paul Loth, deux des plus grands champions de notre époque.

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Cette fois c’est sûr, Roger Federer est bien de retour à son meilleur niveau. Après avoir humilié quelques top 100, après avoir humilié Tsonga, et après Murray, il ne lui manquait plus qu’une chose : en prendre une bonne contre Nadal. C’est à ça qu’on mesure son niveau de forme. L’important n’est plus de savoir comment Federer va battre Nadal, plus du tout, mais juste s’il va l’affronter. Ca veut dire qu’il est en demi-finale, et c’est la meilleure nouvelle pour tous les amoureux du beau jeu. Federer a perdu leurs cinq derniers matchs en Grand Chelem, et il ne l’a plus battu en cinq sets depuis Wimbledon 2007. Mais aujourd’hui il monte à la volée comme un Dieu, et après sept ou huit passings gagnants de Nadal, quand Roger en dépose une ça donne envie de chialer tellement c’est beau. Edberg a bien fait de venir.

Le souci c’est qu’à côté de la putain de volée amortie, pas grand-chose n’a changé à part l’âge de Roger dans cette histoire. Nadal pilonne toujours le revers de Roger, Roger résiste souvent bien dans la première manche, et puis à un moment il explose. A deux exceptions près : quand les matchs se jouent sur herbe, et quand il a moins de 28 ans. Ca ne laisse plus beaucoup de marge. Mais heureusement le genou de Nadal peut lui filer un coup de main. Parce qu’une ampoule purulente à la main, ça empêche Nadal de bien tenir sa raquette, mais pas de gagner en trois sets. Ca faisait bien longtemps que Roger n’avait pas erré sur le court sans trouver de solution, comme s’il voyait Mirka caresser la cuisse d’Edberg. Ca faisait longtemps, ça fait plaisir.

Pendant ce temps-là, on a pu reparler pendant deux jours de la rivalité Nadal-Federer. A 23-10 pour Nadal, et 9-2 en Grand Chelem, on pourra encore parler de rivalité longtemps, mais on ne sera plus obligé d’y croire.

Medias, Eurosport : Rod Laver urina

Décidément il est éternel, encore plus quand les autres sont blessés, pas bons ou déjà éliminés. On en saura vite plus.

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Elle s’appelle Clémentine Sarlat, elle pourrait contraindre pas mal de nos lecteurs à salir leur écran, et sinon elle anime le plateau d’Eurosport. Animer n’est pas un vain mot puisqu’avec elle autour d’une table il y a Jean-Paul Loth et Christophe Rochus, et qu’il faut trouver autre chose à dire sur le jeu de Federer que tous les bons conseils de Mouratoglou pour l’améliorer. Et tout ça sans dire « transfert du poids du corps », Bartoli a explosé le quota ; à croire que le poids du corps est son obsession.

Mais parler de Federer reste encore la meilleure option parce que ça évite de parler des demi-finales féminines. Clémentine s’y est collée et a confondu Radwanska et Cibulkova. Certains rédacteurs en chef du Vestiaire s’y laisseraient probablement prendre eux-mêmes, mais jamais avec une caméra qui tourne. Ainsi va la vie de Clémentine Sarlat, qui ne comprend son erreur que cinq minutes plus tard parce que Rochus n’a pas osé la contredire et a fait comme si de rien. Dans la compétence générale, il était temps de lancer une bien sympathique rubrique baptisée « l’edito de Jean-Paul ». Une charmante pastille à peine trop longue où il dit qu’il aime les joueurs qui se motivent pour gagner et qu’il n’aime pas les joueurs qui ne respectent pas les arbitres et les ramasseurs de balle et qui se plaignent. On n’y apprend rien du tout à part qu’Eurosport a fini par demander à ses consultants un petit effort pour justifier les rémunérations. En remerciement, il a eu son jingle et personne ne l’a coupé quand il a suggéré qu’entre un joueur et un entraîneur, c’est comme dans un couple, parfois on ne s’entend plus et on va voir ailleurs. Chamou comprend mieux pour sa femme.

Mais avant que Clémentine prenne les choses en mains, ce qui a pu intéresser Loth, il y a eu un match sur lequel il faut revenir. Car là encore, Loth est intervenu. Bien conscient que Mouratoglou avait placé déjà bien haut la barre du péremptoire, et conscient aussi que tout le monde allait dire que Federer était de retour dans les secondes à venir, il n’a pas hésité. Il a donc été le premier à dire officiellement que Rodger joue peut-être mieux qu’avant car il suit ses attaques à la volée. Rochus était baisé : il ne pouvait qu’acquiescer, tentant maladroitement de faire comprendre que Federer était favori face à Nadal. Saloperie d’escalade, saloperie d’ego.

En parlant d’ego, Roger est effectivement de retour. A son niveau d’avant sa blessure, c’est-à-dire qu’il ne perd plus contre des tocards. Avant d’affronter Nadal, c’est l’heure d’un premier bilan de son Open d’Australie : il a taulé Duckworth, Kavcic, Gabashvili, Tsonga. Et donc Murray qui ne pouvait tenir que trois sets, en réussissant quatre balles de break sur 17, en se chiant dessus quand il a servi pour le match dans les 3e, et en chiant sur ses deux balles de match dans le tie break qui a suivi. Ca rappelle effectivement le plus grand Federer.

Mais ce qui impressionne tout le monde, c’est qu’il court encore, qu’il sait encore attaquer avec son coup droit, il a même bien défendu pendant plus de deux sets. Donc tout ça n’est pas simplement un regain de forme pour un joueur qui a gagné un Grand Chelem sur quinze depuis quatre ans, et sur herbe, mais directement un progrès qui fait de lui le plus grand de tous les Roger, celui qui n’a aucune pitié pour un Tsonga nul, pour un Murray convalescent, et qui s’avance vers Nadal bardé de confiance, avec une nouvelle Wilson qui déchire grave, un bandeau rose qui va aussi bien aux petits garçons qu’aux filles, et en checkant Courier qui cire ses Nike sur le court après chaque victoire. Rod Laver l’aurait bien fait, mais il a eu besoin d’une vielle dame pour le ramasser après la balle de match.

Pendant ce temps-là, Nadal a mal partout et il pense qu’il va devoir hausser son niveau pour aller en finale. Même pas sûr.

Euro handball : Les ballets Russes

La France est donc qualifiée en demi-finale. Et c’est grâce à un gardien. Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas de Dumoulin. Ni d’Omeyer. Non, notre sauveur est Polonais. Et on ne connait même pas son nom.

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En s’imposant 35-25 face à la Suède, la Pologne assure donc à la France sa qualification. 35-25, on appelle ça une rouste. Soit les Polonais s’étaient abstenus de boire, soit les Suédois ont oublié qu’ils étaient une grande nation du handball. 3ème hypothèse : T. Omeyer s’est vachement bien déguisé en gardien Polonais et est allé leur filer un coup de main.

En s’imposant 39-30 face à la Biélorussie, la France avait déjà fait beaucoup pour sa qualification. On appelle également ça une rouste. Mettre 39 points c’est bien. En manger 30 un peu moins. Valentin porte pense que :« Parfois, on a mal défendu ». C’est totalement faux. Quand on en prend 30 face à la Biélorussie, on a mal défendu un peu plus souvent que « parfois ». Dans un tel cadre, il était délicat pour un joueur Français de rater son match. On retiendra tout de même qu’Honrubia (9b), Porte (5b) et Anic (4b) ont fait le boulot. Les autres aussi, mais eux on n’avait pas de doute. Laissons le mot de la fin à Grebille : « Quand une équipe n’a rien à perdre en face, il faut toujours jouer sérieusement. » Et quand elle n’a rien à gagner ?

La France est qualifiée. Le tout est désormais de ne pas prendre de vacances lors du prochain match afin d’arriver mobilisés en demi. Lors d’un prochain article, votre serviteur vous expliquera que l’Euro est la compétition la plus relevée du handball. Mais il attendra pour cela un adversaire plus crédible que la Biélorussie. Au fait, Sławomir Szmal ça vous dit quelque chose ?

Handball : Au Balic masqué

La France a donc battu la Croatie avec la manière. Le spécialiste handball jure ne pas avoir crié sa joie comme une jouvencelle. Pour ceux qui, comme votre serviteur, n’auraient pas vu cet exploit en direct, revivez le film du match.

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1 min : Première erreur stratégique : Dumoulin commence dans les buts.

2min : But de Mathieu Bastareaud. 1-0 La France prend déjà le large !

3 min : Kopljar fait coucou à Dumoulin qui en oublie la balle. 1-1

4 min : On nous signale que le grand monsieur tout costaud et un peu rond n’est pas Bastareaud mais Sorhaindo. Le spécialiste handball s’excuse, mais envoie néanmoins une lettre de recommandation pour le petit Cédric à l’intention de Philippe Saint-André.

4 min : Après avoir perdu la boule un 7 mars 1977, Fernandez perd la balle. 1-2

7 min : Guigou se présente pour tirer le penalty. Joli se demande ce qu’il est venu faire là. 5-5

12 min : Cupic trompe Dumoulin comme François trompe sa femme. 6-9

15 min : Dumoulin se rappelle le conseil donné par Titi au début du match : « Baballe pas devoir passer ». Premier et dernier arrêt du portier.

20 min : Kopljar pilonne nos cages. Onesta demande à Omeyer de poser son déambulateur et de partir s’échauffer. 10-13

27 min : Retour 16-16. L’effet Omeyer.

27 min : Nos commentateurs favoris démontrent l’étendue de leur connaissances handballistiques : « Abalo-Karabatiiiiyyyyaaaa wow oh oh pannnaarrgggghhhh Ouille aie aie aie aie ». 17-17

30 min : La France est dominée, mais vire en tête 18-17. On ne se plaindra pas.

33 min : Karabatic revient sur le terrain avec l’intention de mettre plus de coups de pieds au coup aux Croates qu’il n’en a reçu d’Onesta pendant la mi-temps. 19-17

37 min : Igor Vori fait ce qu’il sait faire de mieux : prendre deux minutes. 20-19

38 min : Notre commentateur préféré se trompe de sport : « Allez la mobylette, Mickael est là, Mickael est là, Mickael est là, Mickael est là ». Question subsidiaire : mais où est Mickael ? 22-19

49 min : Omeyer décide qu’il n’y a pas de raisons de laisser rentrer les penalties. 23-20

53 min : Musa applique scrupuleusement les conseils de Vori. Magnifique projection ippon sur Porte. Ca fait 2 min. 24-21

56 min : Narcisse se rappelle qu’il a un gros bras. Il envoie donc une mine des 10 mètres. 26-20

58 min : Karabatic n’oublie pas qu’un peu de suspense n’a jamais fait de mal à la côte d’un match sur Betclic. Il vise donc les gradins. 26-23

59 min : Ce comportement déplaît à Onesta qui prend un temps mort afin de mettre une fessée à Nicolas. Ce dernier a compris la leçon et rentre dans le droit chemin. Il tire. Il marque. 27-25

60 min : Le spécialiste handball se demande si affirmer que la France est une grosse équipe était une bonne idée. C’est que ces barjots pourraient y croire.

Que retenir de ce match ? Les jeunes ont de nouveau brillé. M. Gigou (7 buts), N. Karabatic -7 buts), T. Omeyer (11 arrêts) : autant de nouveaux noms à retenir ! Pour leurs débuts sur la scène internationale ces jeunes pousses ont tenu la baraque et assuré la victoire de l’équipe de France. Pas une victoire de fillette hein ! Une vraie, une couillue, avec des poils ! Ca a été « un match d’hommes » certifie Titi. Qu’on ne vienne pas les prendre pour des gonzesses ! Une déclaration d’après match, que dis-je, une ode au féminisme qui sent bon Judith Butler et les gender studies. Comme le disait Serge Simon de l’abreuvoir « on ne nait pas con, on le devient. »

Les anciens savent reconnaitre la qualité de la nouvelle génération. Jérôme Fernandez (pressenti pour remplacer Michèle Delauney lors du prochain remaniement ministériel) a notamment déclaré : « Des jeunes tels que Luka, Igor ou Cyril ont fait beaucoup mieux que ce que l’on pouvait espérer d’eux. » Bilan du match : à eux trois, ils cumulent environ 1 arrêt et une exclusion de 2 minutes. Mais attention ! C’est beaucoup mieux que ce que l’on pouvait imaginer ! C’est dire la confiance qu’on leur valentin porte.

20 minutes. C’est donc le temps qu’il aura fallu à Cloclo Onesta pour se rappeler que le plus grand des gardiens de hand était assis sur le banc français, trop occupé à faire un rami avec les gens de son âge. Dinart, Fernandez et Jeanne Calment devront attendre la fin de l’Euro pour terminer la partie de carte.

Federer-Tsonga : Les francs Suisses

 Bon, Tsonga qui gagne le tournoi c’est plus possible. On va dire Federer et on verra dans deux jours.

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C’est encore un superbe duel que se sont livrés le Suisse qui parle français et le Français qui vit en Suisse. Du tennis champagne qui accouche toujours d’un futur vainqueur de Grand Chelem. L’an dernier en Australie Federer avait gagné le quart, le prélude à sa renaissance. Puis à Roland Garros Tsonga avait mis une branlée à Roger en quart, et il devenait favori face à Ferrer. Et au petit jeu de la revanche, Federer a de nouveau bombé l’ego pour torcher Tsonga, le prélude à sa renaissance mis cette fois c’est vrai. Tout a changé : cette fois c’est un 8e de finale. Et ce n’est pas Mauresmo qui le trouve fit, très en jambes et impressionnant parce qu’il n’a pas perdu un set avant son quart de finale, c’est Bartoli.

Mais revenons au match de la renaissance. Roger revient à un très haut niveau. En mettant des taules à tout le monde, y compris à un top 10 français blessé le tiers de la saison l’an dernier, il prouve qu’il est de retour. Être de retour ça veut dire qu’il est magnifique à voir jouer, qu’il sert comme un Dieu, qu’il défend super bien quand l’attaque de Tsonga passe au milieu de dix fautes directes. Être de retour ça pourrait vouloir dire qu’il va tenir l’intensité de Nadal et Djoko facilement, qu’il va défendre et jouer tous les points à fond pendant 4h, et pourquoi leur apprendre le tennis parce qu’il est meilleur que jamais. En plus son coach c’est Edberg maintenant, et tout le monde sait que les deux autres ne savent pas faire un passing.

Ou alors Edberg est pas vraiment coach, Tsonga est pas vraiment bon et Federer est simplement remis de sa blessure au dos, donc tout est normal. Mais il est toujours vieux, ce qui ne dispense pas de battre Murray en quart. Mais de nos jours personne ne peut aller en demie sans devenir le plus grand joueur de l’histoire ; ça vaudra une nouvelle photo avec Rod Laver, tout au plus.

Evidemment il y a une contrepartie à tout ça : Jo-Wilfried a été pas mal mais en retour de service c’était pas ça, et puis le jeu de jambes non plus, et puis la concentration ça aurait pu être mieux, et puis ses volées dans le bas du filet ça suffit pas pour surprendre Federer. Par contre la coupe à la Eboué c’était sympa, surtout pour balancer ses balles au-dessus du toit ou balancer sa raquette au changement de côté. Ça sent pas la victoire en Grand Chelem mais ça ne change pas l’essentiel : Tsonga reste le meilleur joueur français depuis Noah.

Pendant ce temps-là, Nadal a aussi mis trois sets à un Japonais qui avait éliminé Tsonga en 8e il y a deux ans. Mais il inquiète tout le monde.

Open d’Australie : Tu ne seras pas Monfils

Ce fut un match extraordinaire, et Monfils a pris une branlée. La même que Tsonga. Serait-ce le retour des mousquetaires ?

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Il faut se rendre compte : qui, dans le tennis mondial, est capable de se créer des balles de break sur le premier jeu de service de Nadal et de l’ennuyer pendant plus de dix minutes ? Toni Nadal avait raison, Monfils est le plus bel athlète que le circuit ait connu. Et comme le disaient les avisés commentateurs d’Eurosport durant la première demi-heure de jeu, Nadal est nerveux parce qu’il sait que Gaël est indébordable et qu’il est ultra-puissant. Attention, il ne s’agit pas d’instruire le procès de gros nuls qui n’y connaissent rien. C’est d’ailleurs plutôt vrai : Monfils est indébordable et il est ultra-puissant. Le seul hic est que Nadal a gagné 6-1, 6-2, 6-3.

A vrai dire, on l’a senti venir quand, à 4-0 dans la première manche, les-dits commentaires avaient un peu changé : « Gaël fait de supers coups mais il va falloir les enquiller pour faire un jeu ». Avec une telle clairvoyance pour expliquer le tennis, le monsieur doit avoir des diplômes d’entraîneur. Mais là encore il n’a pas tort : Monfils a proposé des points fantastiques à Nadal qui a sué beaucoup plus rapidement que d’habitude. C’était magnifique, à pleurer, d’une intensité folle, et neuf fois sur dix Monfils perdait. La clé de ce mystère porte un nom : les fautes directes. Monfils en a commis 57, Nadal 18. La différence de niveau est moins une vitesse de premier service qu’une attaque de coup droit qui est dans le court quand elle est espagnole ou deux mètres hors du court quand elle est française.

Si l’on veut résumer, il suffit de remettre la balle cinq ou six fois dans la moitié de court de Monfils pour qu’il se déborde tout seul. C’est le sens des quatre victoires de Simon en cinq duels. Quand Simon s’appelle Nadal, il tape juste un peu plus fort, un peu plus vite, un peu plus longtemps. Mais c’est vrai que Monfils en remet un paquet avant de saloper le balle en milieu de court ou de la mettre mais de ne pas monter à la volée parce qu’un pas de twist avant d’envoyer un parping dans les tribunes c’est mieux. Ca fait lever les foules, un peu moins les points ATP.

Pendant ce temps-là, Nadal est monstrueux. Le frigo était à la bonne température cet automne pour ses genoux.

Euro handball : Claude monnaie

Qui a dit que le Vestiaire manquait de moyens ? Oubliant de rentrer de vacances comme un vulgaire  footeux brésilien, le spécialiste handball s’est payé un pigiste de luxe pour couvrir les deux premiers matchs des Experts. Notre mystérieux investisseur martiniquais a donc mis la main à la poche. Comment aurait-il pu refuser d’encourager le respect des coutumes locales : le retard.

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Par notre spécialiste hand et accras de morue Leo Tseu

On ne la lui fait pas au spécialiste handball. Il sait parfaitement qu’il ne sert à rien de suivre les premiers matchs d’une compétition : un euro ne commence jamais vraiment au premier tour. Par contre il peut s’y terminer. C’est le cas pour la Serbie, le Monténégro et consorts. Maintenant que les figurants ont quitté le plateau, le vrai  tournage peut commencer entre adultes consentants.

Les pépères

Seule véritable question de ce premier tour : quel sera le prochain surnom à la con des Bleus. Les paris vont bon train. Du côté des bookmakers, « les pépères » tiennent la corde. La faute à un renouvellement sentant bon la jeunesse tardive. Remplacer des vieux par des personnes âgées n’a jamais rafraichi une équipe. Il était temps de faire confiance à la nouvelle génération. C’est ainsi que T. Omeyer et J. Fernandez ont pu découvrir les parquets internationaux à l’âge vénérable de 227 et 235 ans. Nos confrères vous parleront de nouvelles têtes, mais non, la présence de Nyokas ne suffira pas à les rebaptiser « les pré-pubères ».

Pépère, le qualificatif s’applique également au premier tour des bleus. N’en déplaise au petit Nicolas, notre groupe n’était pas le plus relevé. Russie, Pologne, Serbie : on a vu mieux en termes d’artillerie lourde. Les deux premiers sont généralement trop saouls pour ajuster leurs tirs de mortiers et les derniers préfèrent le combat rapproché au pilonnage à distance. Le corps à corps, l’éclat des couteaux, le chant des lames, le choc des gourdins et l’œil injecté de sang : voilà l’esprit juillet 95 à Srebrenica.

C’est du Joli

La France termine son premier tour avec 3 victoires en 3 matchs. Youpi ! C’est plaisant. Doit-on pour autant être totalement confiant ? Une large victoire d’un point contre la Pologne, est-ce rassurant ? Battre des Russes qui ont arrêté le handball en 2000, est-ce un exploit ? Posons les véritables questions ! Est-il nécessaire de faire un papier sur les « origines » de Karabatic avant chaque match contre la Serbie ou la Croatie ? Quand il est le meilleur joueur du monde, Nicolas est Français. Quand il parie, il est « d’origine ». Doit-on également demander immédiatement ses papiers à Igor Anic ?  Joli entrera-t-il sur le terrain pour autre chose qu’un jet de 7 mètres ? Aura-t-il l’occasion de tirer autre chose qu’un pénalty pendant la compétition ?

La peine au second tour

La France termine son premier tour avec 3 victoires en 3 matchs. Youpi bis ! Quelle machine à gagner ! Elle écrase son groupe ! Une domination ! Un exploit d’une telle rareté que l’Espagne, le Danemark et la Croatie se sont empressés de faire de même. Le commentateur sportif découvre avec émoi le concept de « favori ». Il en a des trémolos dans la voix ! L’œil qui brille, le poil lustré et la bouche baveuse, le consultant s’en donne à cœur joie. Révolution : le favori serait plutôt de type doué, pas manchot, doté d’un effectif robuste. Il peut même parfois compter sur quelques stars. Autre caractéristique : le favori a tendance à gagner régulièrement. Et à mettre des roustes aux faire-valoir. Seuls les tennismans Français font exception.

Nous retrouverons donc les Croates au tour principal, nos meilleurs ennemis. La Croatie est à l’amateur de handball ce que l’Angleterre est au rugbyman. Fourbe, mauvais joueur, un peu tricheur, pourrisseur de ballon : le joueur croate a de quoi séduire. Il a également de quoi nous en vouloir. Être la deuxième meilleure équipe de la dernière décennie et avoir un nombre de médaille d’or avoisinant le QI de Bernard Laporte, il y a de quoi enrager.

Il n’en reste pas moins que l’équipe de France a du panache et du potentiel. L’intégration de nouveaux joueurs, jeunes ou vieux est prometteuse. Reconnaissons que réunir Karabatic, Abalo et Narcisse dans une équipe, ça aide. Arrêtons de mentir : la France est une grosse équipe. C’est simplement que nous ne sommes plus imbattables. Oui, l’équipe de France est en deçà de son précédent niveau. Pourquoi ? Les cadres ont vieilli. La nouvelle génération n’est pas mauvaise. C’est la précédente qui est extraordinaire. Pendant une décennie, nous avons été l’équipe à battre. Nos adversaires nous connaissent, on ne prendra personne par surprise. Mais, surtout, les autres équipes ont progressé. Le Danemark a vu éclore Hansen et Landin-Jacobsen. Les Espagnols se contentent de manger de la viande transgénique.

Ligue 1, 21e épisode : Le bide Grenier

Saint-Etienne a relancé la course à la 3e place. Tout le monde peut y croire. Peut-être pas tout le monde quand même.

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Gourcuff mérite-t-il de retourner en équipe de France ?

Il n’y a pas de question sotte, quand bien même elle fleurirait dans tous les quotidiens sportifs de référence. Mais celle-là est quand même complètement stupide. Qu’a donc fait Yoann Gourcuff pour être de retour aux affaires ? Il a marqué contre Sochaux et fait trois passes contre Saint-Etienne, Marseille et Lorient, sans oublier ses deux buts en Coupe de la Ligue contre Reims et l’OM. Lequel de ces matchs ressemble le plus à un match de Coupe du Monde ? Statistiquement, sa saison est tout à fait intéressante : 14 matchs, 5 buts, 5 passes, auxquels il faut ajouter ce qui se rapproche peut-être d’un Mondial, au moins d’un match de qualification en Géorgie, l’Europa League : 3 matchs, 0 but, 1 passe. Surtout, le Gourcuff 2013-2014 possède un gros avantage : il en est déjà à deux come back : en août il avait atomisé Sochaux et Nice et Deschamps avait eu droit à la petite question à l’annonce de sa liste. Dans la question n’étaient toutefois pas mentionnés l’impact de Yoyo contre la Real Sociedad (0-2, 0-2). Et puis bon, ensuite, il s’était blessé. Mais cette fois c’est différent, ce n’est pas le come back de mars 2011, d’octobre 2011, ou celui de mai 2012, ou celui de novembre 2012. Sans doute le système en losange ou le fait d’avoir eu 27 ans, ou peut-être d’avoir embrassé Karine Ferri sur la bouche.

Gourcuff va-t-il retourner en équipe de France en mars ?

C’est fort probable en effet. Après tout il assiste Grenier dans un très grand club 9e de Ligue 1, c’est un poste exposé.

Djibril Cissé va-t-il revenir en équipe de France ?

Si Bastia était la meilleure piste pour lui après les séjours en Grèce et en Russie, entrecoupés du Qatar, il faut peut-être y voir une raison, et pas simplement le bon coup de Bastia. Ou alors c’est justement un superbe coup parce qu’à Al Gharafa et à Krasnodar, Cissé a justement comblé ses lacunes techniques, qu’il est devenu un joueur de remise et de combinaisons. Ou alors entre temps le foot de très haut niveau est devenu un monde où les défenseurs jouent à 50m de leurs buts et laissent les attaquants rapides filer dans leur dos dès qu’ils le souhaitent.

Un Rémois va-t-il bientôt aller en équipe de France ?

Bon allez, ça suffit, merde à la fin. Kopa n’est plus très en forme, Justo a préféré aller voir Blanc qui s’est retenu de le traiter de vieux débris ; non il n’y a plus de Rémois sur le marché. Aujourd’hui, être à égalité de points avec l’OM ouvre la porte à n’importe quelle connerie.

Handball, Euro: Le Barbier de Silésie

Après une flagrante prise de pouvoir de la jeune génération lors du match d’ouverture face à la Russie, l’allant de la jeunesse continue de pousser les bleus. Avec une large victoire 28-27 face à la coriace Pologne, les juvéniles bleuets ont fait preuve d’une grande maîtrise contre un adversaire de haut niveau. Onesta songe a rappeler Omeyer dès le prochain match.

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Omeyer des trois manches

Pour les gardiens, le schéma reste le même que contre les Russes, sauf que là, l’adversaire rentrait ses tirs. Comme face à la Russie, Cyril Dumoulin a montré une nette supériorité face à son concurrent Vincent Gérard qui, lui, n’a encore une fois rien montré du tout. Ce coup-ci, il est excusé, il n’a pas joué. Il risque d’ailleurs de prendre goût à ce temps de jeu jusqu’à la fin de la compétition, puisque Claude Onesta songe à rappeler Omeyer dès le prochain match.

Un barbu barbant

La défense a excellé dans son objectif de faire briller Cyril Dumoulin. 17 arrêts sur 44 tirs Russes pour ce dernier, il peut notamment féliciter la bienveillance de Luka Karabatic qui laissa rapidement, et à deux reprises, l’équipe à un de moins. En difficulté face aux assaillants polonais, Onesta, pour qui, malgré son jeune âge, ce n’est pas la première bataille, mitonna une recette défensive de son cru. Le filou surpris son monde en plaçant Nicolas Karabatic au centre de la défense, en alignant Nicolas Karabatic sur les ailes gauche et droite, tout en confiant les relances à Nicolas Karabatic. Cette savoureuse plâtrée ne fut guère au goût des estomacs poméraniens.

Onesta n’étant pas du genre à servir deux fois le même plat, il songe à rappeler Omeyer dès le prochain match.

Un barbu sort du bourbier

En attaque, avec 4 buts, Anic a remercié son coach de la confiance aveugle qu’il lui accorde depuis de nombreuses années. Qui ne croirait pas en un joueur qui avait déjà joué trois finales de ligue des champions à 23 ans?

Pour le reste, lorsque l’attaque fût en difficulté, chef Onesta a ressortit la toque, ce qui ne fait pas pour autant de cette équipe une bande de toqués. Il mijota un menu d’attaque comportant du Karabatic (le vrai) en entrée, plat, dessert. 8 buts pour celui-ci et une prestation digne d’être servie par toutes les tables étoilées du guide rouge.

La mauvaise nouvelle de la rencontre est sans doute la blessure du trinitéen Cedric Sorhaindo. Pour pallier une éventuelle absence, Onesta songerait à rappeler Thierry Omeyer dès la prochaine rencontre.

A force de n’utiliser que de la vieille carne, Claude Onesta risque de ne devoir servir plus que des ragoûts, plat populaire chez les entraîneurs. Les vieilles recettes ont beau être les meilleures, elles sont aussi souvent les plus lourdes, gare à l’indigestion.

Rugby, HCUP : Ruck and roll circus

Il paraîtrait que Montpellier et Perpignan jouent la coupe d’Europe cette année. Il paraîtrait qu’ils la jouaient aussi les années précédentes. Les personnes détenant des preuves vidéo susceptibles d’étayer ces théories fantaisistes sont formellement priées de transmettre ces documents au spécialiste rugby du Vestiaire, qui jure en retour qu’il s’agit simplement de curiosité morbide et qu’il n’écrira jamais au sujet des horreurs qu’il risquerait de voir. En attendant, on va vous parler de l’affiche de cette 5ème journée de Coupe d’Europe.

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Par notre spécialiste rugby musical Peyo Greenslip Jr

Dans le coin noir et rouge, les Sarrasins, club le plus friqué d’Angleterre, équipe dont l’ossature est constituée de Sud-Africains et de quelques-uns des internationaux anglais les plus mal coiffés et les plus détestables de leur génération, un des favoris de l’épreuve, bref, l’ennemi juré de tout amateur de rugby qui se respecte.  Dans le coin rouge et noir, Toulouse, club le friqué du monde (quoi qu’en croie Mourad B.), équipe bâtie autour d’un entraîneur-gourou-à-vie, de Sud-Africains et d’internationaux français aux goûts capillaires tout aussi discutables, favori à vie de la H Cup, bref l’ennemi juré de tout amateur de rugby qui se respecte.

Vous l’avez compris: si une bombe doit péter au milieu d’un stade de rugby, c’est aujourd’hui ou jamais.

La première explosion de l’après-midi est celle de la défense toulousaine. Ça sentait la poudre : dès la 7ème minute, les Anglais franchissent la ligne blanche sur une inspiration de l’ailier Chris Ashton, qui maitrise le geste à la perfection depuis que Matt Stevens a rejoint l’effectif des Saracens. Autre école, autre style: après ce retard à l’allumage, Toulouse remonte à petit feu et l’avantage des Anglais s’envole en fumée. L’esprit de Rupeni Caucaunibuca plane encore sur la ville.

La seconde explosion est celle de Joe Doussain au poste de demi d’ouverture. On le savait très bon défenseur, il a confirmé ce statut en retournant allègrement les 120 kg lancés du deuxième ligne Alistair Hargreaves. Et le prochain qui dit que Morgan Parra ne défend pas si mal a droit à la télécommande dans la gueule. On sait maintenant que Joe est capable d’attaquer la ligne en position 10, de faire 7/8 aux pénalités et de distribuer les ballons d’attaque avec brio dans un match de très haut niveau. Ces trois qualités ressemblent étrangement à la description d’une offre d’emploi parue dans les petites annonces de l’équipe de France il y a plus de 10 ans et qui n’est toujours pas pourvue. Le Tournoi 2014 approche, il est temps pour Jean-Marc Doussain de postuler. Le présent paragraphe constitue une lettre de recommandation à l’attention du DRH du XV de France : il ne faut plus donner les clés du jeu à n’importe qui, alors comme dirait Mylène, pourvu qu’elles soient à Douss’.

Les trois quarts toulousains n’ont jamais vu autant de ballons depuis la blessure de Luke Mc Allister, ils se demandent si les ramasseurs de balles n’ont pas fait une blague en introduisant 2 ballons de plus sur le terrain. « Passez la balle, osez agir ! » , leur hurle le vieux Guy. Yoann Huget acquiesce, se recoiffe le frisottis et lève le pouce en direction de son entraineur. « Mais non pas à toi, Princesse Sissi ! Je sais bien que j’ai un accent de merde en anglais, mais j’ai dit donnez-la à Gear !». Ce qui semble en effet plus logique lorsqu’on voit les ravages que fait le néo-Zélandais dans la défense anglaise.

La première mi-temps nous offre donc un scénario que l’on n’avait pas vu depuis de nombreuses années: la France a l’initiative du jeu et l’Angleterre résiste tant bien que mal, dominée qu’elle est dans tous les secteurs. Tous ? Non ! Car une mêlée peuplée d’irréductibles frères tonguiens déguisés en anglais résiste encore et toujours à l’envahisseur toulousain, dont le pilier gauche est pénalisé 142 fois en 40 minutes.

A la pause, c’est la coutume, Jean-Marc L’Henoret laisse trainer les caméras de France 2 dans les vestiaires et nous propose des images dont rêveront toutes les jouvencelles du monde Ovale et Matthieu Lartot, la nuit entre leurs draps roses. C’est la troisième explosion.

LARTOT – Raphaaaaaaa regarde le torse de Yoann Huget, ses poils sont aussi bien taillé que sa barbe !! Et Census Johnston avec son caleçon rayé, il est trop chou !!

IBANEZ –

LARTOT – Dis Raphou, avec autant de beaux mecs nus autour de toi…dans les douches…tu n’a jamais pensé…

IBANEZ – Okay Lartouze tu te calmes, le match redémarre dans 5 minutes, tu vas encore avoir le souffle court au moment de reprendre l’antenne. Et tu vires ta main de ma cuisse avant que je la brise.

LARTOT – Rah mais j’en peux plus Raphie, je sais pas ce que j’ai je suis chaud en ce moment, on est que le 12 janvier et j’ai déjà collé toutes les pages de mon calendrier des Dieux du Stade…

IBANEZ – Je connais un remède. Tiens, regarde cette photo. Il s’appelle Graham Rowntree, et si t’es encore excitée après ça je vais vraiment commencer à m’inquiéter.

Au milieu de cette atmosphère moite de joyeux voyeurisme et de fantasme, on aperçoit toutefois une image bien triste. Celle de Clément Poitrenaud, étendu au sol, les jambes surélevées, qui tente d’apaiser sa phlébite et d’oublier qu’il aura bientôt 32 ans. Visiblement en souffrance, il attend le dernier moment pour remonter péniblement sur son fauteuil roulant et rejoindre le terrain pour la seconde mi-temps.

Clément court moins vite qu’un arbitre de touche de 4ème série après les fêtes, c’est une évidence. La bonne nouvelle pour lui, c’est que Yann David, son compère au centre, a décidé de plaquer, détruire, fracasser, malaxer de l’Anglais pour deux. Bonne nouvelle pour Damien Chouly également : la forme étincelante de Louis Picamoles lui offre 5 semaines de vacances à Clermont pendant le Tournoi. Le reste du match, c’est la domination toulousaine qui se renforce suite au carton jaune récolté par Mako Vunipola pour l’ensemble de son œuvre de pourrissage des rucks. On notera simplement, le léger moment de doute lors de la rentrée de Yoann Montès, qui devait probablement chercher le match des espoirs du Stade.

Pendant ce temps-là, l’engouement croissant pour le rugby ne se dément pas. Il commence même à gagner des cercles qui n’ont a priori pas vocation à s’y intéresser, comme par exemple la magistrature: au rugby, on sait se salir, mais on sait aussi blanchir.

Handball : Un Euro dateur

Un euro de handball n’étant pas qu’un inutile rassemblement bisannuel d’armoires normandes aux jointures pleines de colle et à l’étagère du haut pleine de vide, il y a sans nul doute des enseignements à tirer du premier match de cette palpitante compétition.

Onesta

 

Par notre spécialiste hand Leo Tseu

35-28 face aux Golgoths venus du froid, le résultat est sans doute très appréciable. Si ces derniers avaient eu la gentillesse de gagner quelque chose durant les dix dernières années, cela aurait même été très encourageant. Le bilan de ce premier match a tout de même son importance, il permet de commencer à entrevoir les prémices d’un éventuel renouvellement de l’effectif. Onesta serait-il un brin immobiliste?

Tiens voilà dumoulin

Ce grand chambardement d’effectif commence par le poste de gardien. Puisque le révolutionnaire Claude Onesta a courageusement décidé, en accord avec son médecin, son kiné, son rhumatologue et son légiste, de se passer du fringant Thierry Omeyer, 37 ans, pour les trois ou quatre prochains matchs, c’était l’occasion de donner de l’expérience aux  futurs postulants. Les prépubères Vincent Gérard (28 ans) et Cyril Dumoulin (30 ans), se partagent donc la vétuste chasuble de l’impotent Titi.

A ce jeu, le second s’en tirera mieux que le premier, les arrières russes eux, tireront tous aussi mal. A croire que sans la générosité de Rachel Weisz, les snipers soviets ont bien du mal à atteindre leur cible.

Anic aime les sucettes

Lorsque L’Equipe titre « l’heure de Gérard et Dumoulin«  cela veut-il dire qu’il faudra désormais jouer avec deux gardiens pour combler les errements défensifs du Karabatic du pauvre?

La défense a tenu bon grâce notamment à Igor Anic, premier choix de Claude Onesta au poste de pivot depuis de nombreuses années comme l’attestent ses neuf sélections depuis 2009. Sorhaindo et Karabatic² ont bien fait leur boulot sur le plan défensif, l’indigent niveau des shooters russes a fait le reste.

Ce n’est sans doute pas le match face à la Pologne qui permettra de dire si Nikola Karabatic est assez fort pour jouer une compétition internationale en tenant son petit frère par une main et en cochant une grille de la FDJ de l’autre. Face à une telle adversité, ce sera chose aisée pour lui.

Nyokas la baraque

Concernant l’attaque, la défense russe étant aussi solide que les plaques de givre de la Bérézina en début d’hiver, tout les français ont pu y aller de leur coup de mousquet. Là encore, c’est un espoir de 28 ans pour onze sélections, qui montrait à Claude le révolutionnaire qu’il avait raison de mettre la jeunesse au pouvoir. En mettant neuf plombs dans la peau du vieil ours russe, Kevynn Nyokas a rappelé à Barachet que l’alternance blessures/méformes n’est pas la garantie suprême pour être l’éternel choix par défaut au poste d’arrière droit.

L’allant et la jeunesse de cette équipe de France sont certainement de bonne augure pour les grandes échéances à venir, à commencer par les JO 2016. Après tout, pourquoi une équipe qui a 29 ans de moyenne d’âge en 2014 serait-elle un EHPAD ambulant en 2016?

L’Edito CR7 ballon d’or : Melon au porto

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Il n’y avait guère que Ribery qui y croyait et les médias français qui le souhaitaient. Et évidemment ça ne s’est pas réalisé. Même les bidonnages habituels du Ballon d’or n’ont pas suffi, même les déguisements à la con du CFC, même les nouvelles règles créées pour faire croire que Messi est supérieur à Maradona. Au final, Messi n’est pas supérieur même s’il finira peut-être dans une chambre supérieure d’appel d’un tribunal correctionnel. Ce qui fait de lui un grand.

Tout cela fut vain, Ribery n’est pas devenu meilleur que Cristiano Ronaldo, ni cette année, ni jamais. Et pour que ça arrive un jour il faudra que CR prenne sa retraite avant Francky ou que Ribery s’exile sur une autre galaxie sans être suivi par Messi, Robben, Muller, Schweinsteiger ou Alcantara. Il y a une vanne dans la phrase précédente. Si Ribery avait gagné, ça n’aurait fait qu’un scandale de plus car s’il fallait choisir un Munichois autre que Daladier ou Chamberlain, Robben était certainement plus indiqué, on va y revenir.

Pour ne pas trop abimer la fierté dégoulinante et mal placée de Ribery, il ne faut pas trop s’étendre sur le comparatif des deux carrières. Il ne s’agit pas ici d’affirmer qu’il existe deux Eric Carrière, ça ferait beaucoup, mais plutôt de rappeler qu’un joueur marque l’histoire en gagnant des titres certes mais dans un sport collectif on est rarement seul à porter un gros palmarès. En revanche être décisif dans les grands moments de ces compétitions à tendance à singulariser l’exploit.

Depuis 10 ans, à moins d’avoir été piraté par le Darknet, l’Histoire du foot n’a retenu pour Ribery qu’un but contre l’Espagne lors du mondial 2006. S’il avait poursuivi à ce rythme le débat serait différent mais depuis il a fait mieux, un Euro 2008 ridicule, une Coupe du monde 2010 pathétique, un Euro 2012 exécrable. Mais si l’on s’en tenait aux grandes compétitions internationale, Cristiano Ronaldo n’aurait guère plus d’arguments à faire valoir hormis un bon Euro 2004 où il envoie les siens en finale, et un très bon Euro 2012 où il ne s’arrête de jouer qu’en demi-finale. Plus quelques buts par-ci et par-là, et finalement ça fait quand même beaucoup si on compare à Ribery qui n’a absolument rien foutu en bleu depuis l’été 2006.

Ses plus fidèles lécheurs répondront alors qu’il a quand même claqué un de ces buts contre la Finlande. Et oui, l’année internationale de Ribery se résume à ce but contre la Finlande. Quand Ronaldo en met 3 lors du barrage décisif contre la Suède, Ribery n’offrant en supplément que zéro passe décisive à l’aller et au retour contre l’Ukraine. Score qui s’ajoute aux zéro passe toutes compétitions confondues. CR n’a donc rien gagné cette année mais il s’est payé seul, et sans même utiliser 0,03% de son salaire, son voyage au Brésil. Ribery a beau être impliqué dans 60% des buts en éliminatoires, il n’a rien branlé quand il le fallait vraiment hormis cette demi-volée ratée et ce centre qui permettent à Sakho de se souvenir deux fois de sa quenelle.

Sa carrière en club se résume donc à cette année puisque tout le monde sait qu’il n’a pas gagné la Ligue des champions avant, malgré une finale où il n’a pas pesé au contraire de Müller. Est-ce que Ronaldo fait presque à lui seul une équipe forte ? Oui. Est-ce que le Bayern était une équipe monstrueuse l’an dernier grâce à Ribéry ? On pourrait mentir et répondre oui. Le problème de Ribery et de son milliard de passe décisives c’est une nouvelle fois le collectif. Car il ne méritait pas plus que les autres membres du carré magique de figurer en finale du Ballon d’or. On attend encore ce Ballon d’or collectif déjà promis au Barça. C’est bien Robben qui a remporté la Ligue des champions, c’est bien Ronaldo qui a marqué le but mancunien en 2008.

Open d’Australie : Ibère aux points

Et si pour boucler notre présentation de l’Open d’Australie que va remporter Tsonga on faisait un bilan Ferrer pour parler de Nadal ?

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Par notre spécialiste tennis Titi lardé

Faire un bilan de la saison de David Ferrer, c’est faire un bilan de ses cinq dernières saisons. Ce sont les mêmes. Il faut regarder deux choses. D’abord son parcours aux Masters. Cette année, il a perdu ses trois matchs de poule. L’excuse de la fatigue tiendrait s’il avait déjà été fatigué dans sa carrière, même après un match de 15h. Ça fait de lui un médiocre n°3 mondial qui a bien mérité de pleurer sur le terrain l’an dernier à Bercy parce qu’enfin il gagnait un Masters 1000.

L’autre aspect à prendre en compte, ce sont ses confrontations avec les meilleurs, que l’on peut aussi appeler les meilleurs que lui. Djokovic ? Deux matchs, deux défaites, et cette belle branlée en demi-finale de l’Australie : 6-2, 6-2, 6-1. Nadal ? Il ne mène plus que 21-5 à cause de ce petit exploit de Ferrer en demi-finale de Bercy, ce qui lui fait finir l’année en n’ayant gagné que cinq de leurs six confrontations. Federer ? Ils ne se sont pas joués cette saison, on reste donc à 14-0. Murray ? Leur finale à Miami fut épique. Ferrer a eu les balles de match et sur la dernière il a challengé, sauf qu’elle était bonne. C’est donc Murray qui a emporté le trophée dix minutes plus tard, laissant à Ferrer ses récompenses habituelles : les regrets, les larmes, et pour une fois des crampes.

Voilà qui nous conduit, sans trop savoir pourquoi, à la 3e place mondiale de Ferrer. Comme d’habitude, il n’a raté aucun tournoi, et si on pouvait en disputer deux d’un coup il le ferait. En Grand Chelem, il a fini sur deux quarts, ce qui n’est pas bon parce que d’habitude en dehors des tops 4 il torche tout le monde, une demi-finale contre Djoko et un acte de présence le dernier dimanche de Roland contre Nadal. Mais qu’on se rassure : c’est juste parce qu’il y avait Tsonga à dégraisser sur le Central deux jours avant en demie.

Pendant ce temps-là, Murray et Federer sont passés derrière au classement. Pour comprendre, il faut relire ici et ici. Et Del Potro, Berdych, Wawrinka et Tsonga sont restés derrière. Il faut bien que quelques-uns admirent le petit David.

Ligue 1, 20e épisode : « José ? Un nigaud »

 Comme chaque semaine vous avez chatté, chaté ou fait un un chat, avec notre spécialiste animaux de compagnie sur equipe.vestiaire@yahoo.fr. Voici le compte-rendu de cet échange enrichissant surtout pour nous. Lisez jusqu’à la fin, le nom du ballon d’or y est révélé

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Quand il dit que l’objectif de l’OM est la 3e place, Anigo doit-il croire à ses propres conneries ?

Vous touchez là la difficulté du métier d’entraîneur. Sans doute, dans un monde parfait, devrait-il plutôt parler de l’identité de son latéral gauche, de l’investissement défensif de Payet, de l’âge de Cheyrou et de Diawara, ou du véritable niveau au Scrabble de Thauvin. Mais le monde n’est pas parfait et son métier consiste à faire croire qu’il croit à ce qu’il fait. Il parle donc de 3e place, de la perspective du Mondial pour plusieurs de ses joueurs, et il le fait assez bien puisque personne ne trouve ça choquant, pas même Deschamps. Un jour pourtant, il faudra comparer les carrières de Gignac et de Baup. Les deux hommes s’apprécient beaucoup.

Nice, ça joue bien, non ?

Vous avez reconnu la patte Puel. Quand son équipe a une gueule de 15e en fin de saison, il en fait quelque chose. Quand elle a une gueule d’européen avec un stade flambant neuf, elle redescend à la 15e place. Et il en refait quelque chose.

Alors ce derby de la Garonne, énorme non ?

Flash back durant la saison 2008-2009. Bordeaux finira champion, Toulouse 4e. Jamais un derby de la Garonne n’aura autant suscité d’attention. Il y avait des stars partout, et comme souvent dans les grands matchs, elles décideront du destin de ce festin. Les Girondins s’imposeront 2-1. A la 29e minute, un très beau jeune homme à tête de Merlu surgit et ouvre le score, précipitant la chute de Toulouse comme celle de Lyon plus tard. A la différence qu’il ne portera jamais le maillot de Toulouse. Puis à la 40e minute, un attaquant formé à Cannes et à Manchester United va prouver qu’il ne méritera pas d’être aujourd’hui un cadre de la réserve bordelaise à 31 ans. Bordeaux est souverain, et le but tardif du Téfécé, grâce à l’un de ses futurs internationaux qui sera pisté par le Barça et acheté par Tottenham où il ne jouera pas, n’y changera rien. Il y avait 27 000 personnes en extase dans les tribunes, Chaban peut en accueillir 34 000.

Sochaux s’est-il renforcé avec Jordan Ayew ?

Poser la question, c’est déjà y répondre.

Alors ils sont foutus ?

Pas forcément. Si Lyon ne prend pas plus de deux buts d’avance ce soir, rien n’est perdu. Lorient et Marseille l’ont fait.

Lyon joue le samedi soir maintenant ?

Pas mieux.

Paris va-t-il remporter la Ligue des Champions ?

Vous le saurez sans doute en lisant les compte-rendus du match pourri qu’ils feront contre Ajaccio. Petit conseil : lisez attentivement la presse spécialisée : elle parlera sans doute du meilleur duo d’attaquant du monde, ou de Rabiot en équipe de France, ou du Ballon d’or de Thiago Silva. A moins que Schumacher n’en décide autrement. Ne nous quitte pas Michael.

Pendant ce temps-là Ribery va dégonfler un peu son boulard d’or. Pas CR qui s’est contenté de qualifier tout seul le Portugal. La côte cassée de Francky et les quenelles de Sakho n’ont donc pas suffi.

Open d’Australie : Comment devenir un champion Andy leçon

Alors cette saison de la confirmation, bien ou bien ?

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Tout démarre souvent par une fiche wikipedia, mais cette fois non. Ça commence par une phrase de John McEnroe : « Murray est le futur numéro 1 mondial. » Encore une provoc à la con du du vieux Johnny. Il aurait presque pu être pris au sérieux s’il avait dit ça en janvier dernier, avant l’Open d’Australie. Murray était le dernier vainqueur en titre d’un Grand Chelem, l’US Open 2012. Mais non, il a fallu qu’il annonce ça juste avant l’US Open 2013. On en savait déjà beaucoup : une finale perdue en Australie contre Djoko qui n’était pas redevenu Djoko, un Masters 1000 (Miami), pas mal de défaites en quarts, un forfait à Roland-Garros, une finale gagnée à Wimbledon contre Djoko qui n’était toujours pas redevenu Djoko. Un deuxième Grand Chelem qui suit un bilan sur terre battue qui dépasse tout ce qu’il a pu ne pas accomplir par le passé : trois victoires, trois défaites. La saison de la confirmation confirme donc quelque chose : pas grand-chose n’a changé. Car au bout de cette saison qui devait sceller son avènement, il lui reste un titre du Grand Chelem, un titre au Queen’s, des défaites en gueulant, un abandon, et une opération qui lui offre un forfait au Masters. Il pense vraiment qu’il est devenu Nadal ?

Et puis fin septembre, est venu l’opération chirurgicale du dos. La fameuse, celle après laquelle Federer, Djokovic et Nadal courent encore. Ca veut dire beaucoup un tweet. Il suffit juste de tous les lire ici. Le 23 septembre il se fait opérer et il écrit, photo de la salle de réveil à l’appui : « la première chose que j’ai demandé à mon réveil : ai-je gagné ? » Sympa ce Murray. Le 24 il écrit qu’après deux jours à l’hosto il réalise à quel point il aime son métier. Le 26 il présente la couverture de son livre Seventy-seven, my road to Wimbledon glory. Le 29 il félicite son frère Jamie qui a gagne en double à Bangkok. Le 2 octobre il poste des photos d’Arsenal-Naples. Le 4 il regarde le dernier épisode de Dexter, le 6 il revoit le chirurgien et le soir il commence la saison 3 de Homeland. Il est devenu un putain de champion.

A New York, Murray avait offert à Big John un quart de finale en guise de confirmation. Wawrinka aurait pu lui laisser un set, mais non.

B.Laporte : Oh capitaine, mes capitaux !

Entre Bernard, le rugby, Frédéric Michalak et les déclarations à l’emporte-pièce, l’histoire est un éternel recommencement.

Personne n’a jamais vraiment été capable de dire qui était Bernard Laporte. Un joueur moyen, un sélectionneur incompétent ? Un ministre incompétent ? Un escroc incompétent ? L’entraîneur du champion d’Europe en titre le plus riche de l’histoire du Top 14 ? Difficile à définir, mais une chose est sûre, il est Bernard Laporte et tout le monde a entendu parler de lui.

Tout part souvent d’une notice Wikipedia. Joueur, entraîneur, dirigeant, homme d’affaires : le monde du rugby lui a tout donné, il a tout pris. Médias, affaires, politique, humanitaire, quand on est bon nulle part, on peut quand même être nul partout. Partout sauf dans les démêlés judiciaires. Là, une fois n’est pas coutume, il est champion du monde. Il serait caricatural de réduire Bernard Laporte à des têtes de chapitre, car à 20 ans il a eu un accident de voiture. Le tournant de sa vie, dit-il. Sans cet épisode, aurait-il connu avarice, colère, luxure, envie, orgueil, gourmandise et paresse ? Les sept techniques de pêche aux capitaux. Sans cet épisode, serait-il devenu un homme honnête, discret, humble et généreux ? Aurait-il eu ne serait-ce qu’une sélection en équipe de France de rugby quand ses partenaires girondins les plus célèbres se paraient de bleu pour vivre les fins de semaine printanières.

Laporte de sortie

C’est le premier exploit de Bernard : porter un bout de bois en triomphe sans que personne ne s’intéresse à lui et finir plus célèbre que le Christ, en tout cas que Gimbert, Simon et même Moscato. Vincent Moscato, son ami comédien, animateur radio et humoriste qu’il retrouvera au Stade Français pour sa deuxième vie. Celle du fric tout puissant, le monde pro. Ou comment un club moribond devient la meilleure équipe d’Europe grâce à son centre de formation : NRJ. C’est donc fort logiquement que 10 ans plus tard, Bernard Laporte portera plainte pour escroquerie. Personne ne l’avait prévenu qu’on ne joue pas au rugby qu’avec des billets.

C’est ça, de mal connaître ses fondamentaux : on se retrouve à la tête de l’équipe de France pendant 8 ans et on fait d’un finaliste de Coupe de monde explosant les Blacks sur le terrain du jeu, un double demi-finaliste de Coupe du monde dont la phase de jeu la plus connue restera le décrochage de la mâchoire d’un Néo-zélandais par le joueur que Laporte détestait le plus. Son principal concurrent marketing. C’est son deuxième exploit. S’il n’a pas su aligner d’arrières, il a pris soin d’assurer les siens. Avant de rejoindre Toulon sans arrières pensées, il est devenu Secrétaire d’Etat, un poste qui peut aider par ses fréquentations à maîtriser le vocabulaire technocratique de la justice : « tentative de racket », « présomptions de détournements d’actifs », « dissimulations de recettes d’établissements », « majoration artificielle des charges », « double comptabilité », « travail au noir ».

Ne pas savoir jouer au rugby c’est parfois plus utile qu’une école de commerce. Ca peut même conduire à parler de foot et d’Evra à la radio. C’est vrai qu’il n’a jamais rien à faire de plus important.

Les années EPO (2/3) : Berzin patron

Si le Tour 94 marqua l’arrivée à son paroxysme de l’inhumanité des perfomances cyclistes à l’EPO, le symbole le plus éclatant se matérialisa dans les résultats de l’équipe Gewiss. La Gewiss et son fabuleux mage Michele Ferrari.

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Un médecin pourrait passer son temps à soigner, certains choisissent de le passer à tuer. Ferrari débute sa carrière de sorcier, comme il se doit au début des années 80 à Ferrare, au centre de préparation de Merlin l’enchanteur.  Pour l’occasion il prend les traits du Dr Conconi, déjà bien connu des services de pharmacologie puisqu’il prépara Francesco Moser, 33 ans, lors de ses deux records de l’heure à Mexico. En 1993, le petit Michele, élève très appliqué, entre dans le « vif » du sujet en prenant en charge, seringues à la main lors de fascinants stages en altitude, la destinée de Tony Rominger. Et quelle destinée.

L’insupportable gentilhomme suisse remporta presque tout ce qui s’offrit ensuite à lui, n’échouant dans le Tour de France que sur le célèbre coéquipier espagnol de Gérard Rué chez Banesto. L’insatiable hélvète bat surtout deux fois, en deux mois, en 1994, le record de l’heure. Ce qui aujourd’hui n’a plus aucun intérêt mais qui à l’époque était gage de « très bonne préparation ». 1994 fut donc l’année où le docteur Ferrari prit en main la Gewiss. Il innocenta alors à tout jamais, ou presque, Lance Armstrong, Alexandre Vinokourov et des dizaines d’autres patients : « l’EPO n’est pas plus dangereuse que 10 litres de jus d’orange. » Après ça tout le monde fut rassuré et la Gewiss put tranquillement prospérer à l’aide de sa potion magique.

Le directeur sportif de la Gewiss, Emanuele Bombini possédait dans son effectif, au début de l’année 94, une majorité d’inconnus, au palmarès vierge. Ils s’appelaient Berzin, Gotti ou Furlan, étaient encadrés par un coureur danois très moyen déjà âgé de 30 ans, qui ne comptait alors dans son palmarès rien de très glorieux hormis une calvitie. Se trouvait aussi là, un élève de Ferrari ancien champion du monde : le vieux Moreno Argentin. Sous les yeux complices des mondes cycliste et médiatique, cette équipe sans prétention allait tout simplement réinventer le vélo en raflant presque tout. Les spectateurs ébahis voyaient tout, mais ne devinaient rien.

A chaque course son exploit sponsorisé Gewiss. Furlan gagna Milan-San Remo, le Russe Berzin remporta Liège-Bastogne-Liège. On disait de lui qu’il était le coureur le plus doué du peloton. Et si on remplace le u par un p ça donne quoi ? Une étape fut franchie dans la démesure à la Flèche Wallonne lorsque les trois premières places furent offertes à Argentin, Furlan et Berzin. Un exploit inédit qui fut salué avec l’agrément de l’UCI par Ferrari en personne qui en profita pour évoquer publiquement les merveilleuses vertus de l’EPO dans la préparation de ses poulains. Pourquoi alors s’arrêter là ? Berzin remporta le Tour d’Italie en dominant tranquillement… Miguel Indurain. Puis Ugrumov eût sa part du gâteau au Tour de France.

La dernière marche pour accéder au panthéon du cyclisme à moteur fut franchie en 1995 lors du contre-la-montre par équipe. L’équipe Gewiss écrasa l’étape à la vitesse de 54,943 km/h de moyenne. La légende raconte que les motos suiveuses n’arrivèrent qu’1h et demi après. Riis finit 3e de ce même Tour et termina sa carrière comme l’on sait. Gotti se plaça 5e puis augmenta les doses et remporta deux Tours d’Italie. Pour Berzin et Furlan, la fin ne fut pas aussi rose. Le premier porta brièvement le maillot jaune en 96 avant, ironie du sort, de laisser à Riis l’honneur de se faire rayer du palmarès, puis il disparut à tout jamais. La preuve que l’EPO ne suffit pas toujours. Le second dut stopper sa carrière victime d’une vilaine thrombose à la jambe, sans doute un des effets bénéfiques du jus d’orange.

1995, marqua également la miraculeuse résurrection de Laurent Jalabert, qui passa de très bon sprinter se cassant la gueule à Armentières en 94 à rouleur-grimpeur en 95, menaçant Indurain sur le Tour (finissant finalement 4e, faut pas exagérer quand même) et surtout grand vainqueur de la Vuelta et de tant d’autres courses.

Pendant ce temps-là, un coureur ancien champion du monde de cyclisme, très moyen sur le Tour de France (1993, abandon 12e étape; 1994 abandon 15e étape; 1995, 36e du classement général; 1996, abandon 6e étape) s’apprète à débuter son chemin vers l’au-delà… Il s’appelle Lance Armstrong.

Les années EPO (1/3) : Monstres et compagnie

A l’occasion de l’opération linge sale de l’UCI, le Vestiaire republie son enquête explosive qui vous a fait tant fait trembler. Mais moins que Vandenbroucke ou Pantani en pleines convulsions 10 minutes avant de trépasser.

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Si le dopage a toujours existé dans le cyclisme, l’EPO a tout changé dans les années 90. Un vieux Danois chauve non partant lors de la 17ème étape puis 107ème l’année d’après pouvait devenir un vieux Danois chauve 5ème, 3ème puis 1er. Le recours à l’érythropoïétine se généralisa entre 1990 et 1991. La première méthode de détection connue, aussi hypocrite soit-elle, fut le contrôle du taux d’hématocrite. C’était apparemment simple, au dessus de 50% le contrôle est positif.

1. Indurain 2. Ugrumov 3. Pantani. On appelait ça L’E.P.Odium de rêve. Le Tour 94 fut sans aucun doute le sommet pour toute une génération de coureurs, et la consécration de l’homme d’une époque : Michele Ferrari qu’on ne présente plus qui officiait à l’EPOque à la Gewiss. Au delà de Miguel qui ne fut jamais pris à l’EPO ou de Pantani qui fut tout le temps pris à l’EPO, la vraie attraction de la cuvée EPO 94 fut un coureur de l’est sorti de nulle part qui y retourna tout aussi rapidement non sans fait flancher toute la banque Banesto de son niveau stupéfiant.

Des coureurs de l’Est, il y en eut un bon paquet et Piotr Ugrumov, plus que Rumsas en est certainement l’archétype. Lorsqu’il explose cette année là au plus haut niveau il n’a que 33 ans autant dire qu’il lui restait alors 20 bonnes années à vivre. Son taux d’hématocrite passait de 32% en hiver à 60% en été, déjà une performance en soi. Mais en 94 il décida de ne pas s’arrêter là, il remporta coup sur coup deux étapes de montagne dont un contre-la-montre à Avoriaz où il écrasa le roi Miguel à tel point qu’il aurait pu menacer la chaudière de Navarre. Il n’en fut rien car comme d’habitude le Tour était déjà fini.

Pourquoi la Gewiss, et son bon docteur Ferrari, n’avait-elle préparé le Letton laiteux que pour deux étapes. On ne le saura jamais. Ugrumov fit 2ème puis par miracle 7e du Tour 96 avant de disparaitre. Gewiss c’était aussi Berzin, Riis, Gotti, Argentin ou Furlan. Dont on va reparler dans les années à venir. Avant les Alpes, une autre équipe tout aussi piquante s’était révélée au grand jour : les Festina. Leurs plus vifs représentants, Luc Leblanc et Richard Virenque avaient survolé les Pyrénées. Notamment à Hautacam, montée qui grâce au panache de Riis puis Armstrong deviendra par la suite, un véritable controle antidopage positif en elle-même. A Hautacam donc, Leblanc battra Indurain avant quelques mois plus tard de devenir champion du monde toujours sur grand plateau. Le lendemain Virenque montra que lui aussi n’avait rien à envier à son compère boiteux en gagnant à Luz-Ardiden la plus belle étape de sa carrière (la première) puis son premier maillot à pois. Le Tour 94 on vous l’a dit c’est aussi la naissance de Marco Pantani.

 

XV de France: Le calice jusqu’à Chouly

Un mois après l’une des tournées les plus meurtrières de l’Histoire, Saint-André a donc décidé de se débarrasser des lâches et des encombrants sans pour autant féliciter les héros. Il a donc jeté Trinh Duc dans les toilettes et tiré la chasse une bonne fois pour toutes. Et comme le veut la tradition c’est avec des jeunes qu’il partira à la guerre se faire massacrer par les Pictes. Avant de prendre ses 3 semaines de vacances mensuelles notre spécialiste avait laissé à PSA ses ultimes recommandations.

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 Par Peyo Greenslip Jr

Le spécialiste rugby reprend peu à peu conscience, il a l’esprit embrumé, séquelles des combats et de ce qui s’en suit pour les oubliés. Il réussit à s’extirper du charnier, cet amas de chair, boue, de molaires et de la pelouse, continuellement  dégueulasse depuis 16 ans, du Stade de France. Il s’interroge, combien faut-il perdre de batailles pour enfin perdre la guerre?  Il en profite pour méditer sur le Sens de la Vie d’un international français de rugby. Le brasier est encore fumant, mais l’ennemi est heureusement déjà loin.

Les images des trois matchs de cette désastreuse tournée de Novembre, repassent en boucle dans la tête du rédacteur traumatisé. Son état psychologique, déjà instable depuis quelques semaines, s’est rapidement dégradé pour finalement sombrer dans l’hystérie la plus totale. Refusant de s’alimenter, de sortir de sa chambre et d’écrire un article tant que Pat Chouly aurait le droit de faire des passes 4 mètres au dessus de Brice Dulin et de rester sur le terrain, il n’a finalement consenti à regagner la civilisation qu’en échange de la promesse de son rédacteur en chef de ne plus lui donner à commenter autre chose que la Fédérale 3, niveau à partir duquel de tels gestes anti-techniques sont tolérables.

On a chargé. On a morflé. On s’est fait éparpiller façon puzzle pendant 80 minutes. Tous nos joueurs sont vivants et on sait même pas si c’est une bonne nouvelle. Ne vous laissez pas abuser par le score relativement serré des Boks (10-19), c’est une illusion digne des plus grands prestidigitateurs. Il faut en déduire que M. Ian Ramage, l’arbitre vidéo de la rencontre, a fait du music-hall dans sa jeunesse : à deux reprises en 10 minutes, il a réussi à faire croire à son chef que l’essai des Boks n’était pas valable. Ce tour de magie a des effets extrêmement puissants car Thierry Dusautoir arrive à se convaincre qu’il y a du positif dans cette défaite particulièrement désespérante. Pire, il a l’impression qu’on progresse. Avis à ceux qui pensaient que seul Florian Fritz jouait raide bourré, ils se sont bien trompés.

Avants de partir:

Les problèmes sont partout mais il va bien falloir commencer quelque part. En rugby, en général, on commence devant, alors allons-y. Nicolas Mas est le prototype du pilier français: athlète complet, il sait faire des mêlées, des mêlées mais aussi des mêlées. Yannick Forestier, moins fort en mêlée que son compère, est quant à lui un excellent joueur de ProD2. A la vitesse à laquelle progresse le rugby français, il y a fort à parier qu’avant la coupe du monde 2027 au Kenya, nous parvenions à former des piliers qui ne soient pas complètement inutiles sur les phases offensives.

Yoann Maestri, quant à lui, est le joueur le plus lourd du XV de France et il recule à chaque impact. Cherchez l’erreur. Il joue au rugby depuis 22 ans et il n’a pas encore compris que la dernière chose qu’on lui demande de faire sur un terrain, c’est prendre la balle et se lancer dans une course en travers en offrant ses côtes à la défense adverse qui n’en demandait pas tant.  Dans n’importe quelle école de rugby digne de ce nom, un gosse de 9 ans fait une charge aussi ridicule se prend une torgnole par son entraineur. Je suggère donc que Yannick Bru cède sa place à Thomas Lolo, qui sait visiblement y faire avec les grands deuxièmes lignes. Personne n’ira jamais traiter Pascal Papé de virtuose du rugby, mais il réussit davantage de gestes techniques en un match que Maestri en deux carrières.

J’ai déjà les larmes aux yeux, faut-il vraiment parler du cas de Damien « Gaston Lagaffe » Chouly ? Ce qu’on demande à un troisième ligne centre, c’est de l’assurance, de la constance. Avec Damien, on est servi : par des gestes techniques approximatifs savamment distillés, il gâche avec une régularité remarquable tous ses efforts pour dynamiser les phases offensives. J’ai le souvenir d’un temps lointain, où le poste de numéro huit était occupé par un Picamonstre qui mettait à lui tout seul le pack français dans le sens de la marche. C’était il y a une éternité.

En Arrières tous:

Si les avants n’ont pas réussi à donner de l’élan à l’attaque française, on ne peut pas dire que les arrières aient fait mieux dans ce domaine. Jean de Villiers rigole encore des charges furieuses du petit zébulon bleu qui portait le numéro 13. On aurait dit une mouche qui essayait de briser une baie vitrée. Quand on lui a dit que Florian Fritz est considéré comme une terreur en championnat de France, Jean a cru à une farce. Mais le clown de l’histoire, c’est bien Philippe Saint-André : choisir d’utiliser Fritz pour briser la défense sud-africaine quand on a Mathieu Bastareaud sur le banc, c’est quand même une belle blague.

Mais au fond, me direz-vous, est-ce vraiment si grave de ramasser nos dents face aux nations du sud ? Après tout  il en a toujours été ainsi, on prend régulièrement des branlées lors des tests,  et ça nous empêche pas de sortir un gros match tous les 12 ans en coupe du monde pour éliminer les All Blacks. Et je serai d’accord avec vous : vu le niveau de jeu actuel de l’équipe de France, il n’y a pas de raisons pour qu’on arrête de réaliser de rares exploits sans lendemain au milieu de cruelles désillusions sous la pluie face aux Anglais.

Bref, là tout de suite j’ai envie de me flinguer, mais je le ferai plus tard parce que d’abord je dois flinguer Morgan Parra. Rien de personnel dans tout ça : j’admire son courage en défense, il a fait de son mieux pour diriger un pack plus faible que celui d’en face et ce n’est pas de sa faute si Philippe Saint-André n’arrive pas à voir que Doussain lui est supérieur dans tous les domaines. Mais c’est la seule façon de l’empêcher de devenir le nouveau parrain du rugby français et de s’auto-nommer titulaire à vie.

Pendant ce temps-là, les Irlandais ont fait mieux que nous face aux Blacks. Pour la prochaine charge, on est mal. On est très mal.

Djokovic 2014 : Gold Novak go

A 10 jours du plus palpitant Open d’Australie de ces 20 dernières années, notre spécialiste a passé au scanner les derniers superhéros de notre temps. Tsonga a-t-il raison de s’afficher aux cotés d’Alizée Cornet avant de remporter son premier grand Chelem ? Federer a-t-il le niveau pour s’aligner avec Mahut ? Murray a-t-il fini de se moucher ? Ferrer est-il aussi espagnol que Nadal ? Il n’en restera qu’un. Aujourd’hui voici le numéro 2 mondial, qui va chercher du fric dans les Emirats et qui a été nommé champion du monde ITF, mais on ne sait absolument pas ce que c’est.

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Comment un joueur de tennis peut-il décider, tout d’un coup, de gagner 26 matchs de suite en fin de saison alors que jusque-là il ne réussit qu’un match sur deux ? Les Yougos sont tous les mêmes, quel que soit le sport qu’ils pratiquent. S’ils n’ont personne à leur hauteur, ils finissent vite par tourner en rond et parfois la seule solution pour retrouver la flamme est de devenir un dirigeant, si possible le plus corrompu de tous.

Djoko manquait simplement d’un défi. Ou plutôt d’une défaite en finale de Grand Chelem contre meilleur que lui. Parce que ça lui posait un problème : que quelqu’un soit plus fort que lui. Le défi ne s’appelait plus Federer qui vient de se débarrasser de Chardy en perdant moins de deux sets, il ne s’est jamais appelé Ferrer ni Del Potro. Il avait fini par s’appeler Murray mais combien de temps peut-on se mentir à soi-même ? Le temps d’un titre à l’Open d’Australie, deux maximum. Et puis les matchs reviennent inlassablement : du fond de court, des courses, des balles molles, et c’est à qui fera le plus de fautes.

Tout ça pour quoi ? Alors que quelque part, un gaucher capable de frapper comme dix Becker existe. Il suffisait juste d’attendre qu’il revienne mettre plusieurs branlées à tout le monde, y compris à lui. Et d’un coup tout revient : se jeter dans un revers pour contrer un lift, faire des échanges à 40 coups sans avoir la certitude que c’est l’autre qui fera la faute, serrer une main au filet en ayant sué. Le sens de la carrière de Djoko est en train de se jouer : s’il veut gagner 20 Grand Chelem, il peut. Mais il n’a peur que d’une chose : que ça soit trop facile.

Pendant ce temps-là, Djoko a pris Becker pour l’entraîner. Il n’a plus besoin de personne mais un peu de buzz ne fait jamais de mal.