Euro handball : Claude monnaie

Qui a dit que le Vestiaire manquait de moyens ? Oubliant de rentrer de vacances comme un vulgaire  footeux brésilien, le spécialiste handball s’est payé un pigiste de luxe pour couvrir les deux premiers matchs des Experts. Notre mystérieux investisseur martiniquais a donc mis la main à la poche. Comment aurait-il pu refuser d’encourager le respect des coutumes locales : le retard.

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Par notre spécialiste hand et accras de morue Leo Tseu

On ne la lui fait pas au spécialiste handball. Il sait parfaitement qu’il ne sert à rien de suivre les premiers matchs d’une compétition : un euro ne commence jamais vraiment au premier tour. Par contre il peut s’y terminer. C’est le cas pour la Serbie, le Monténégro et consorts. Maintenant que les figurants ont quitté le plateau, le vrai  tournage peut commencer entre adultes consentants.

Les pépères

Seule véritable question de ce premier tour : quel sera le prochain surnom à la con des Bleus. Les paris vont bon train. Du côté des bookmakers, « les pépères » tiennent la corde. La faute à un renouvellement sentant bon la jeunesse tardive. Remplacer des vieux par des personnes âgées n’a jamais rafraichi une équipe. Il était temps de faire confiance à la nouvelle génération. C’est ainsi que T. Omeyer et J. Fernandez ont pu découvrir les parquets internationaux à l’âge vénérable de 227 et 235 ans. Nos confrères vous parleront de nouvelles têtes, mais non, la présence de Nyokas ne suffira pas à les rebaptiser « les pré-pubères ».

Pépère, le qualificatif s’applique également au premier tour des bleus. N’en déplaise au petit Nicolas, notre groupe n’était pas le plus relevé. Russie, Pologne, Serbie : on a vu mieux en termes d’artillerie lourde. Les deux premiers sont généralement trop saouls pour ajuster leurs tirs de mortiers et les derniers préfèrent le combat rapproché au pilonnage à distance. Le corps à corps, l’éclat des couteaux, le chant des lames, le choc des gourdins et l’œil injecté de sang : voilà l’esprit juillet 95 à Srebrenica.

C’est du Joli

La France termine son premier tour avec 3 victoires en 3 matchs. Youpi ! C’est plaisant. Doit-on pour autant être totalement confiant ? Une large victoire d’un point contre la Pologne, est-ce rassurant ? Battre des Russes qui ont arrêté le handball en 2000, est-ce un exploit ? Posons les véritables questions ! Est-il nécessaire de faire un papier sur les « origines » de Karabatic avant chaque match contre la Serbie ou la Croatie ? Quand il est le meilleur joueur du monde, Nicolas est Français. Quand il parie, il est « d’origine ». Doit-on également demander immédiatement ses papiers à Igor Anic ?  Joli entrera-t-il sur le terrain pour autre chose qu’un jet de 7 mètres ? Aura-t-il l’occasion de tirer autre chose qu’un pénalty pendant la compétition ?

La peine au second tour

La France termine son premier tour avec 3 victoires en 3 matchs. Youpi bis ! Quelle machine à gagner ! Elle écrase son groupe ! Une domination ! Un exploit d’une telle rareté que l’Espagne, le Danemark et la Croatie se sont empressés de faire de même. Le commentateur sportif découvre avec émoi le concept de « favori ». Il en a des trémolos dans la voix ! L’œil qui brille, le poil lustré et la bouche baveuse, le consultant s’en donne à cœur joie. Révolution : le favori serait plutôt de type doué, pas manchot, doté d’un effectif robuste. Il peut même parfois compter sur quelques stars. Autre caractéristique : le favori a tendance à gagner régulièrement. Et à mettre des roustes aux faire-valoir. Seuls les tennismans Français font exception.

Nous retrouverons donc les Croates au tour principal, nos meilleurs ennemis. La Croatie est à l’amateur de handball ce que l’Angleterre est au rugbyman. Fourbe, mauvais joueur, un peu tricheur, pourrisseur de ballon : le joueur croate a de quoi séduire. Il a également de quoi nous en vouloir. Être la deuxième meilleure équipe de la dernière décennie et avoir un nombre de médaille d’or avoisinant le QI de Bernard Laporte, il y a de quoi enrager.

Il n’en reste pas moins que l’équipe de France a du panache et du potentiel. L’intégration de nouveaux joueurs, jeunes ou vieux est prometteuse. Reconnaissons que réunir Karabatic, Abalo et Narcisse dans une équipe, ça aide. Arrêtons de mentir : la France est une grosse équipe. C’est simplement que nous ne sommes plus imbattables. Oui, l’équipe de France est en deçà de son précédent niveau. Pourquoi ? Les cadres ont vieilli. La nouvelle génération n’est pas mauvaise. C’est la précédente qui est extraordinaire. Pendant une décennie, nous avons été l’équipe à battre. Nos adversaires nous connaissent, on ne prendra personne par surprise. Mais, surtout, les autres équipes ont progressé. Le Danemark a vu éclore Hansen et Landin-Jacobsen. Les Espagnols se contentent de manger de la viande transgénique.

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