Van Persie : Autant en remporte le Van

Une Coupe de l’UEFA, un Charity shield, une FA Cup, on dit merci Arsène. Même si la C3 c’était pas lui.



Il y a deux ans, les adjectifs ne manquaient pas pour qualifier l’incroyable forme de Robin Van Persie : 26 matchs, 19 buts. Après 7 saisons où, plus ou moins titulaire, il n’avait rien branlé de très correct et une saison à 30 buts en 38 matchs où il a offert la troisième place à Arsenal à 19 points à peine des Manchester, le nouvel Hollandais volant, vole toujours mais l’ennemi cette fois. A 29 ans quasi 30, sa carrière est même devant lui s’il se sent de poursuivre jusqu’à 35 ans comme son illustre aîné Thierry Henry qui n’a pas été foutu dehors de Barcelone et de l’équipe de France à près de 33 ans. Contrairement à ce que pensait le Vestiaire depuis toutes ces années, Van Persie n’est pas nul, et à voir le courrier reçu sur equipe.vestiaire@yahoo.fr vous ne le pensez pas non plus. En effet, ce n’est pas à cause de la faiblesse de la Premier League que Robin parvient enfin à s’exprimer, la preuve, il a déjà disputé un Euro, 2 Coupes du Monde, plein de ligues des champions et même des matchs contre Manchester United et City cette saison. C’est d’ailleurs dans ces confrontations qu’il a donné une nouvelle acception au  mot décisif. Puisqu’à Old Trafford lors de la troisième journée, Robin montre les crocs à la 74ème minute, Walcott avait fait claquer les siens à la 45ème, encore 6 buts et Arsenal égalisait. Au retour, le 22 janvier dernier, c’est sur ses terres que Van Persie fera parler la poudre à la 71ème minute.  Sczeczny rentre avec 2 buts, Manchester avec 3 points. Entre ces deux rendez-vous, il y a eu ces matchs sans enjeu comme cette victoire 1-0 de City, ce but de Ramsey contre Marseille à la 90ème ou ce 0-0 contre les mêmes phocéens où Robin a su se faire plus discret que les années précédentes contre Barcelone.

Robin Van Persé

En 2011, il a le toupet d’accompagner Archavine dans l’humiliation infligée aux Blaugrana au match aller. Heureusement le retour ne compte pas sinon, Busquets n’aurait pas été le seul joueur à marquer pour les Londoniens. Robin brille quand même à sa façon, pas son ouïe, défaillante, pour laquelle il est dégagé du terrain à la 56ème minute.  En 2010, comme un grand joueur il est absent du match aller où Walcott et Fabregas offrent un suspense anthologique, au retour aussi, il est absent. Mais Van Persie n’a pas passé  toute sa vie à se plaindre à l’infirmerie, il a aussi joué de très grands matchs et pas que contre Manchester lors de la demi-finale de ligue des champions 2009 où Van Perso y va de son petit péno à la 76ème, Manchester ne gagnera donc pas 3-0.

Sa carrière internationale est promise à un destin aussi glorieux puisqu’en 2006, à presque 23 ans, le nouveau phénomène du foot mondial,  foule à Nuremberg une pelouse de huitièmes de finale de Coupe du monde. Il est aux environs de 23h quand Monsieur Ivanov décide de ne pas faire jouer de prolongation. La loi est la loi, comme le Portugal est le seul à avoir marqué, il poursuit sa route, pas Robin. Mais il a une nouvelle chance en 2008. Rayonnant contre la France de Domenech, Gomis et du futur prix Nobel de finance internationale Lilian Thuram, Van Persie rentre à la 46ème minute contre la Russie. Le coup de poker de son prédécesseur l’autre Van, Basten est osé, Robin va justifier sa confiance. Le 0-0 de la mi-temps se transforme très rapidement en 3-1 car Van Nistelrooy sauve l’honneur à la 86ème sur un service de Van Persie, mais Wesley. Au passage, Robin y gagne Archavine.  Wesley Van Persie va confirmer 2 ans plus tard sur les pelouses sud-africaines: il marque en huitième, en quart et en demi, parfois accompagné de l’autre Van Persie : Arjen. Heureusement qu’ils étaient là car le troisième des Van Persie, Robin, va marquer, le pas, à l’issue du premier tour où le grand Cameroun n’avait pas résisté à son coup de canon.  2 mois auparavant, ils étaient tous de la finale de ligue des champions. Tous ou presque.

Robin Van Perso

Et puis arriva l’été 2012, celui de la confirmation. Robin a changé de statut, il n’est plus cet attaquant moyen toujours blessé qui ne marque jamais, et surtout pas dans les matchs importants. Désormais Robin fait peur à toute l’Europe, il est devenu ce buteur qui marque tout le temps mais jamais décisifs dans les matchs qui comptent. Et ce statut, il compte bien l’honorer sous les yeux du monde entier. Dans quelques semaines il jouera sous les couleurs du grand Manchester, mais avant il va offrir à la nation hollandaise un titre qu’elle attend depuis 24 ans, et son prédécesseur à la pointe de l’attaque, l’autre Van : Marco Van Basten. Le joueur européen le plus efficace avec Cristiano va donc ourdir un plan machiavelique. Mais difficile de surprendre quand toute la presse n’attend que vous, tellement vous impressionnez. Mais Robin a plus d’un tour dans son sac. Il va d’abord perdre contre le Danemark en ouverture du tournoi. Il joue bien-sûr l’intégralité du match à la pointe de l’attaque, c’est sans doute ce qui explique les 0 buts marqués par les Oranje. A moins que ça ne soit les 20 tirs non cadrés, la coquetterie nous impose de ne pas dire combien Robin s’en est offert. La rencontre face à l’Allemagne lui permet de faire taire ses détracteurs : pour la première fois de toute sa carrière il est enfin décisif quand ça compte. L’Allemagne en fait les frais à la 73ème minute. Mais après vérification, l’UEFA ne considérera pas que la frappe puissante du droit de Robin comme plus importante que les deux buts de Gomez marqués en première mi-temps. Pour info Gomez est Allemand. Van Persie est Hollandais et ce n’est pas anodin pour comprendre pourquoi il lui sera interdit de disputer les quarts de finale. Accessoirement, il sauvera l’honneur à la façon d’Ibrahimovic contre la France. Ou presque, Ibra mettra un doublé, Van der Vaart ouvrira juste le score. Les grands joueurs sont quand même décisif puisque Ronaldo mettra lui aussi un doublé mais pour la qualif.

C’est donc tout auréolé de son titre de co-meilleur buteur de l’Euro pour les Pays-Bas que Roa bin débarqué chez Wayne Rooney. Pourquoi a-t-il fallu que son arrivée coincide avec la descente aux enfers du club ? Un hasard sans doute.

La légende Pays-Bas : Dennis de justice

Pays-Bas 96 c’était légèrement moins faible que Pays-Bas 2014. Mais c’est pas beau quand même


Rater un tir au but quand ça compte et qu’on a encore rien fait ça fait toujours des dégâts, surtout quand on élimine son équipe. C’est arrivé à Pedros cette année-là mais on s’en fout, car c’est aussi arrivé à Seedorf. Dans cette équipe des Pays-Bas, la plus faible jamais alignée, il n’est pas titulaire contrairement à son pote de Ligue des Champions 95, Kluivert. Mais comme lui, il est la star de demain, même si pour un milieu défensif, un peu offensif,  il est toujours difficile de faire la Une du Sun même en attrapant comme tout le monde la femme de Karembeu qui ne s’occupait pas de la fille de Suaudeau, ça c’était Makelele. Si vous suivez pas c’est pas grave, ils ont tous joué au Real sauf Suaudeau.

Clarence sterling

Clarence a 20 ans quand il rentre à la 60ème minute à la place de Bergkamp, c’est ce qu’on appelle du poste pour poste. Même s’il fait n’importe quoi, Guus Hiddink a bien senti le danger représenté par l’entrée en jeu de Dugarry une minute plus tard. Jacquet aussi qui le remplacera par Pedros à la 80ème. L’équipe de France développe son jeu habituel : ne rien faire et attendre les tirs aux buts, puisque Zidane a eu un accident de voiture et un début de calvitie. Et comme la défense s’appelle comme en 98, il n’y a rien à craindre des assauts de Jordi Cruyff. Ne vous moquez pas, il y a aussi beaucoup d’autres Barcelonais. Bref, quand Seedorf écrase mollement une occasion de but sur le catogan de Bernard Lama on se dit que rien ne peut nous arriver. Seedorf écrase ensuite son penalty au même endroit. Puis Blanc fera comme toujours le sale boulot et Guérin échangera son maillot avec un homme. Participer à la rencontre de haut niveau la plus chiante de l’histoire du football a permis quand même à Clarence de foutre en l’air sa carrière. Et pourtant il joue encore pas trop mal pour son âge. Mais Milan casse pas des briques non plus.

La légende Portugal : Rui barré

La Grèce nous a toujours fait chier et ça continue.


Détrompez-vous, le Portugal a déjà remporté une grande compétition. C’était en 2004 à domicile et c’est la Grèce qui a soulevé le trophée.

Le Portugal de 2004 domine de la moustache et des épaules un Euro organisé pour eux, chez eux. Un tournoi superbe qui n’aura pas vu que les magnifiques fins de carrières de Lizarazu pris de vitesse par Amonbofis ou Zagorakis, et Desailly pris de vitesse par Santini, pas le maire d’Issy les Moulineaux quand même. Imaginez aussi un Tchèque de Lyon meilleur buteur, l’année où la République Tchèque ne joue pas la finale. Et donc le Portugal qui confirme enfin toutes les taules collées à l’Argentine en -20ans et ce titre mondial de 1991 à la maison. 2004 moins 1991, ça fait 13 ans, Figo commence à avoir les dents qui baignent, Rui Costa aussi,  meilleur buteur de l’équipe avec pas moins de deux réalisations avant le chef d’œuvre final. En 1991 il était déjà l’architecte du but de la demi-finale contre l’Australie. En finale, il se mettra sur son 31 pour offrir le 0-0 victorieux à ses coéquipiers grâce au tir au but manqué d’Elber qui a donc bien été international un jour. Il ne faut jamais insulter le passé.

En 2004, Rui Costa se met cette fois sur son 32, c’est son âge, pour montrer qu’il n’a rien perdu de son efficacité dans les grands rendez-vous, fut-ce la Grèce en face. Mais les règlements sont formels, à 0-1 on n’a pas le droit de faire comme Platini en 1984 avec la Coupe. N’y voyez pour une fois aucune allusion salace, Platini au moins était titulaire. 5 tirs cadrés, 11 non cadrés, Cristiano et Pauleta étaient apparemment en forme, sacré Guivarc’h. La Grèce aussi, puisqu’elle a cadré une fois. Pas certain que Deco soit encore là quand Mourinho prendra l’équipe, par contre Ricardo Carvalho est content, il était dans l’équipe type. Ben oui, c’est quand même un peu grâce à lui si Charisteas peut mettre sa tête. Ca ne peut toujours être de la faute à Lizarazu.

Torres : You’ll never score alone

Si Sergi Rodriguez était vraiment socio du Barça, il se poserait une question : avoir battu l’invincible Barca de Ronaldinho en 2005 garde-t-il autant de valeur quand on découvre que Ronaldinho termine danseur de Flamengo ?

Quinze minutes d’éternité, même en prolongation. Sans prendre en considération la sensation d’être le cocu de Fernando Llorente, le quart d’heure de champion du monde de la carrière de Fernando Torres doit beaucoup à Villa. Amusant, un attaquant qui rate des occasions en finale de Mondial est finalement aligné d’entrée parce que lui au moins il s’en créé.

Par le passé, Torres aussi avait éprouvé cette toute puissance. C’était à l’Atletico, à une époque où le football européen existait encore, quand Giggs, déjà trentenaire, n’imaginait pas survoler la Ligue des Champions et faire trois passes décisives en quarts après avoir été mangé par Fanni en huitièmes. Ainsi Torres marquait des buts pour une noble cause : se qualifier en Europa League, même quand la Real Sociedad de Denoueix allait en C1.

RonaldNino

Mais pour grandir, il faut viser haut, ou en tout cas un peu plus haut. Le transfert à Liverpool sonne comme une évidence, un an après un Mondial 2006 moins raté que le suivant. Gerrard, qui ne digère toujours pas d’avoir gagné la Ligue des Champions avec Cissé, veut un grand attaquant pour gagner la Premier League. 4e, 2e puis 7e, l’avenir donnera raison à tout le monde. Même à Drogba, qui non content d’inscrire onze buts de plus que Torres la saison dernière, lui cèdera sa place six mois plus tard.

Sens du but, jeu en pivot, appels : un attaquant paraissait plus vieux que les autres hier à Old Trafford et Owen ne peut pas toujours jouer ce rôle-là. Torres reste quand même vice-meilleur buteur de Premier League 2008 en titre, en compagnie d’Adebayor. Il lui est même arrivé de flamber à Old Trafford et d’y gagner 4-1, ça a permis de ne finir qu’à quatre points du champion. Liverpool n’oubliera pas à qui il doit son seul titre depuis 2007, la Liverpool Senior Cup 2009. L’Atletico se console plutôt bien avec Aguëro.

La légende Angleterre : Nottingham Forest Gump

L’Angleterre a enterré Steven Gerrard alors qu’il arrivait encore à pisser tout seul. Rooney c’est pas sûr. Le Vestiaire se souvient de la dernière fois où une génération est morte. Ils n’avaient pas tous les oreilles écartées.



Un Euro ou une Coupe du monde sans l’Angleterre, c’est presque comme un Euro ou une Coupe du monde sans la France ou Gourcuff dans un bateau avec une fille. Ca n’a pas de sens. Et pourtant c’est arrivé, pas très souvent ces dernières années on vous l’accorde, mais c’est arrivé. C’est arrivé à l’Angleterre à l’issue d’une période magique où elle avait possédé pendant 10 ans une génération sans égal au niveau gonzesses tarifées comme dans le jeu ou le nombre de rouquins. Ferdinand, Campbell, les Neville, Terry, Gerrard, Lampard, Beckham, Shearer, Rooney et même Owen ou  Mc Manaman. Le prénom Paul qui était encore toléré à l’époque permettait aussi à Ince, Gascoigne et Scholes d’en faire partie.

On peut même ajouter Southgate pour les nostalgiques d’Hartley. Avec ça difficile de comprendre qu’après 1996 il n’y ait même pas eu la moindre demi à défaut du moindre demi car Sheringham a aussi le droit de vivre. Tout ça pour finir face à la Croatie sans Suker, coaché par un type nommé comme une voiture de course qui n’a même pas tué Senna. Ils peuvent toujours dire que c’est la faute à Torres et Malouda, ils ont quand même eu leur chance. Après ça rien de tel qu’une bonne taule contre la France.

Brésil 2014, Espagne : Poubelle Xavi

Tous les trophées espagnols viennent de signer un pré-contrat au Qatar. C’est un peu décevant qu’ils aiment tant le pognon, mais tout est dit.

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Une génération qui a régné, c’est comme une mauvaise feijoada, ça finit aux chiottes sans laisser de trace propre. La France avait connu ça en 2002, l’Espagne vient de bâcler la fin de carrière de plusieurs de ses génies immémoriaux. Qui appartiennent désormais au passé. Comment l’Espagne a-t-elle pu emmener Xavi si c’est pour le laisser sur le banc dès le deuxième match ?

Il faut toujours que les champions ne sachent pas partir à temps. Et que personne ne sache leur dire que dégager serait mieux pour tout le monde. Au lieu de ça, il reste des photos humiliantes en une de Marca. Xavi sous sa serviette en train de regarder Cazorla essayer de marquer deux buts au Chili. Iniesta en train d’appeler Xavi à l’aide. Ramos qui se demande où est passé Casillas depuis deux ans. L’Espagne a été frappée du même syndrôme que tous les autres avant elle : elle a fait confiance à ses héros jusqu’au bout, et le bout c’est le mur. En 2002 et en 2008 aussi, on croyait au sursaut d’orgueil, et puis on s’est mis à prendre des buts alors qu’on n’en prenait pas, sans en marquer alors qu’on en marquait. Avec évidemment comme dernier match, une défaite annoncée et la certitude qu’on ne va ni gagner, ni marquer, même si on a des occasions.

Inutile de le rappeler, c’est un triomphe de plus pour le Vestiaire. Car entre la fin de l’Espagne, annoncée à travers la fin du Barça, et l’absence de relève, annoncée à travers les papiers sur le baby Barça, tout a été minutieusement décrit. De ses quatre mi-temps du Mondial, l’Espagne n’en aura joué qu’une à sa façon, en gardant la balle, ce qui était devenu sa façon de défendre. A une minute près, cela lui permettait de mener 1-0 à la mi-temps contre les Pays-Bas et d’espérer ne se faire humilier qu’en 8e. Mais quand le bourreau s’appelle Van Persie, qu’ensuite Robben fait passer Ramos pour Christophe Cheval et qu’à la fin il y a 5-1, c’est que le bourreau n’était pas vraiment Van Persie, ni même un quelconque Chilien. Les Espagnols ont compris trop de choses au pied de l’échafaud : il ne servait à rien de naturaliser Diego Costa, il eut été utile de naturaliser Torres, et Xavi méritait une bonne demi-douzaine de Ballons d’or. Dans l’urgence, l’Espagne a cherché à faire ce qu’elle ne sait plus faire : accélérer le jeu. Elle a au moins réussi à accélérer les jeux néerlandais et chiliens en leur rendant la balle.

Pendant ce temps-là, l’Allemagne a réinventé Gerd Müller.

Thierry Roland : Thierry pimpon

Thierry Roland nous manque. Comment remplacer un commentateur franchouillard un poil méfiant envers l’étranger mais grand amoureux de son sport et avant tout bon vivant, surtout mort désormais.

Oui, c’est une légende. Ses 270 Coupes de monde ont fait de lui la voix du football et il est parvenu à devenir l’un des Français les plus populaires sans pourtant être l’un des plus aimés, le tout en prônant le retour à l’Algérie française avec ses potos de l’OAS. Il aurait sans doute préféré débuter à 20 ans dans les Aurès en hésitant entre le derrière d’une chèvre ou d’un mouton avant d’aller torturer le petit Saïd, mais on ne le saura jamais, il a emporté son secret dans la tombe avec Vincent Hardy. Si ça se trouve, c’est là-bas, la gégène à la main, qu’il aurait connu la famille Zidane avant qu’elle lui rende l’appareil un soir de juillet 1998.

A bas Mako

Personne n’oubliera jamais non plus ce rire si communicatif qui venait ponctuer les généreuses saillies de Vincent Perrot sur les superhéros méditerranéens ou une blagounette sur le tailleur de Marianne Mako dont certains auraient aimé prendre la température avec leur instrument. Mais il serait injuste pour rendre hommage à l’un des plus grands journalistes français, de sans cesse rappeler qu’il a douté du potentiel des deux femmes qui se sont risquées à parler foot à ses côtés, qu’il était pour le rétablissement de la peine de mort ou que tous ses collègues le détestaient à part le lendemain de sa disparition. Sauf peut-être Hervé Mathoux qui a réussi à s’enfuir sur Canal avant qu’il ne l’oblige à lui prêter sa femme. Car, quand on le connaissait un peu, c’était un type bien, comme Jean-Michel Larqué a pu le vérifier un beau jour de 2002.

Mais de Thierry Roland, c’est Thierry Roland qui en parle le mieux au bout d’1 min 14 de l’infâme clip de Laurent Luyat.  Apparemment hôtel, cigare et canapé ça suffit pas toujours quand on est vieux.

Allemagne : Low et caetera

Ca faisait plus d’un siècle que se farcir une confrontation avec l’Allemagne pouvait rapidement devenir embêtant. Parfois ça finissait à Nuremberg, parfois à Séville. Mais c’était jamais vraiment sympa.


Depuis l’été 2010, on ne zappe plus lorsque Canal + sport diffuse un match de la Mannschaft même quand Frédéric Lopez vient nous inonder de bonheur. Car depuis 2010, l’Allemagne qui gagne ce n’est plus seulement, Beckenbauer, Goebbels, Brehme ou Sammer. A la défense en barbelés, même rouillée par quelques joueurs de Bundesliga, a succédé une autre vieille méthode : une guerre éclair, sauf que cette fois ils ne resteront pas plus d’une nuit et ne ramèneront personne à part peut-être le titre de champion du monde. Mais doit-on leur en vouloir pour ça ? On ne va quand même pas se plaindre, en plus cette fois les meilleurs éléments de notre nation ne seront pas obligés de se mettre à leur service pour qu’ils gagnent. Tant pis pour la défense, et tant pis si Mertesacker est parti à Arsenal. En temps de conquête, la meilleure défense c’est l’attaque. On voit déjà le tableau : des adversaires tétanisés qui restent bien sagement dans leur camp.
Brême catalane
Muller non plus ne se plaindra pas, s’il ramasse un jour un ballon d’Or en ne jouant même pas contre Getafe et Bilbao tous les week-end. Et dire qu’il doit se cogner la tronche de la moitié de l’équipe de l’Allemagne tous les jours à l’entraînement, plus celle de Tymoschuk, en faisant bien attention : le soviet ça résiste bien à l’hiver.
Pour Müller, être né un 13 septembre n’a donc pas que des bons côtés. Ca oblige parfois à faire reposer le sort d’un match sur Robben, heureusement en sélection il passe à l’orange. Du coup dans la Mannschaft c’est Götze qui joue les Robben. Enfin, jouera : pour l’instant, le petit génie du Borussia est blessé, encore un coup des maquisards. Ils ont aussi eu Schweini. L’aîné Mesut, comme Khedira, a beaucoup progressé depuis qu’il joue avec Benzema, pas celui de l’équipe de France. On pourrait presque croire qu’il sera capable de supporter la pression des grands matchs contrairement au pipi de la demi-finale sud-africaine.
On peut traduire leur nom en Xavi et Iniesta mais ça pourrait leur porter malheur pour les récompenses. Ajoutez n’importe quel attaquant plus ou moins mobile et un tant soit peu capable de s’imposer au Bayern et vous obtiendrez la plus puissante armada depuis mai 1940. Même privée de Ballack, Effenberg et Stauffenberg.
Et si leur entraîneur se laissait pousser la moustache, par superstition ?

La Légende Brésil : Fred is dead

Allez savoir pourquoi, le 2 septembre 2008, le Vestiaire avait consacré Fred comme escroquerie du siècle de la ligue 1, Piquionne n’était que 2e. Une escroquerie du siècle, c’est du sabotage, du melon, le tout dans un grand club qui le présente comme une star. Six ans après en découvrant la composition de l’équipe du Brésil contre la Croatie on a eu comme un doute. Puis on a vu le match, c’était bien le même Fred, toujours nul à chier et capable d’escroquer cette fois un pays entier qui le prend pour une star. Souvenez-vous.

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 La Ligue 1 a souvent eu le chic d’attirer des noms glorieux, souvent survendus. Padovano avait l’excuse de l’âge, Adailton celle d’une réputation chez les espoirs. Pour Fred, l’histoire commence à l’été 2005, d’abord par un prix : 15 millions d’euros. Aulas ne le sait pas encore, c’est à peu près ce qu’il lui coûtera en Ligue des Champions les trois saisons suivantes. Pendant que sa femme fait son trou à Lyon, lui s’investit dans la médecine, entre blessures et nez cassés, mais jamais le sien. Dès que le niveau s’élève, qu’il n’a plus Sammy Traoré au marquage, l’avant lyonnais – comme l’appelle encore Aimé Jacquet – démontre son savoir-faire : plus une remise potable, des pertes de balle dans ses 30 mètres, un travail défensif qui rappelle la bande annonce de Fight Club et des choix judicieux. A côté de lui, même Djibrill Cissé passerait pour un apôtre du collectif.

Mais le benêt chevelu est malin, il sait se rendre indispensable aux yeux de son président, qui n’a peut-être pas compris que son départ l’est. Il a réussi sa première saison en championnat, avec 14 buts marqués. De quoi soigner sa réputation de buteur. Il s’y tient jusqu’à ce quart de finale à Milan, son premier chef d’oeuvre : priver le club d’un titre européen largement à portée, parce qu’on est un buteur qui ne marque pas. Premier doute, mais pas suffisant : Aulas veut le revendre cher et le croit encore bon.

Seconde saison, Fred se blesse mais garde son ratio avec 11 buts en 20 matches de L1. Il participe activement à l’hiver meurtrier 2006-2007 avant son second chef d’oeuvre, plus poétique que le premier, Lyon-Roma.  Il devient remplaçant de Benzema et se blesse. Le coup de génie arrive à son retour de blessure : il marque en Coupe de France puis en championnat, devient ami avec Benzema en lui faisant quelques passes et convainc Perrin que le petiot n’est pas si mauvais à gauche.

Le retour sur investissement tombe contre Manchester. Même s’il n’est pas titulaire, il offre l’égalisation à l’aller et plombe les chances lyonnaises au retour. Au passage, il arrive à passer de rumeurs qui l’envoient en Russie voire à Paris qu’il traitera de prolétaire, à une demande de prolongation de contrat, qu’il obtient. La suite on la connaît, des buts au Brésil dans un championnat tout pourri, puis des buts avec l’équipe du Brésil quand ça compte pas, puis la Coupe du monde. Du grand art. Et s’il se présentait à la présenter à la présidence des Etats-Unis ?

Lyon aurait pourtant dû s’en méfier. Quelques semaines avant son arrivée, le joueur avait failli signer au grand FC Nantes de Le Dizet et Roussillon.

Espagne : A Xavi à la mort

C’était le meilleur joueur de tous les temps.


Il est petit, pas très rapide, pas charismatique et quand il a commencé à jouer au foot c’était avec des Hollandais. Ça n’aide pas à avoir du charisme, d’ailleurs il n’en a pas, ce qui fait pourtant de lui un modèle de sex appeal pour Iniesta. Mais là n’est pas l’important : à une époque où son club formateur lui mettait des Hollandais partout pour lui apprendre à jouer au foot, il a quand même appris à jouer au foot.

Son premier match pro, il ne l’a joué qu’à 18 ans. Tous les prodiges du baby Barça qui jouent les matches amicaux de poules de Ligue des Champions pourraient le prendre de haut, pourtant aucun n’y pense. C’est peut-être pour ça que Guardiola ne l’a pas fait lui non plus, ou alors c’est parce que Xavi l’a foutu dehors en 2001. Mais là n’est toujours pas l’important.

Xavi consultatif

Xavi a gagné avec tous les entraîneurs. Sans insulte en catalan, il a joué avec Ronaldinho comme avec Rivaldo. Il n’a que rarement marqué les buts, il a fini par laisser Iniesta être le sauveur. Il a fait les mêmes passes à Ibrahimovic que celles qu’il faisait à Eto’o. Il n’a jamais changé de coupe de cheveux, il ne parle pas moins à la presse depuis que la fondation du Qatar sponsorise son club si différent. Il n’a sans doute jamais perdu un ballon, et sans être entraîneur, sans même un mot, il a vivement indiqué à Fabregas qu’il serait sans doute meilleur avant-centre, en tout cas qu’il ne serait pas meilleur que lui à son poste. Ce qui revient à conseiller à Wenger de changer de métier, la BNP et ses marketeurs recrutent n’importe qui.

Voilà le plus important : le Barça et l’Espagne n’ont pas gagné grâce à un style de jeu, ils ont gagné grâce à un joueur qui à lui seul est un style. L’équation est sous nos yeux : le Barça a une défense de merde, l’Espagne a une défense de merde, et pourtant les deux ont les meilleures défenses. Faut-il disserter jusqu’au Brésil 2014 pour y voir l’œuvre du plus grand cerveau de l’histoire du foot ? Sa science du déplacement, ses contrôles orientés, sa prise d’information, son jeu de passes courtes et longues, ses dribbles pivotants pour échapper au pressing, personne ne fait ça aussi bien. S’il se trouve que l’Espagne entière n’est pas nourrie aux steaks de clenbutérol, ça en devient même prodigieux.

Avec Xavi, tout est plus facile, surtout quand il fait des petits comme Iniesta ou Busquets. Busquets est-il aussi fort pour autant ? Rien ne permet de l’affirmer. On saura ça bientôt, Xavi a 32 ans. Comme tous les grands joueurs, il enterrera sa carrière et le succès de ses équipes le même jour. Ca n’empêchera pas les observateurs de continuer à affirmer que si le Barça gagne, c’est grâce à Messi : on a encore vu la Messi-dépendance avec le Barça en maillot rouge. Le jury du Ballon d’or est souverain.

Et puis, il y eut la Coupe du monde de trop.

Brésil 2014, Equipe de France : Zinedine aux aurores

Devant l’optimisme ambiant, et avant que Ribéry ne provoque un clash, il est plus que temps de mesurer le pedigree des nos onze futurs champions du monde. 

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Lloris : Il convient de rester juste : la 6e place de Tottenham et les 51 buts encaissés en 38 matchs ne sont pas entièrement de sa faute. Maintenant c’est vrai qu’à bien y repenser, qui se souvient d’un de ses arrêts en 2010 et en 2012 ?

Debuchy : Sur son flanc droit, il a trois manières de s’en sortir indemne contre les grandes nations : ne pas révéler qu’il joue à Newcastle, jouer comme un ailier parce qu’on dit qu’il est meilleur contre-attaquant que défenseur, ou laisser Sagna se démerder.

Varane : Dans toute l’histoire, la Coupe du Monde a-t-elle déjà tenu à un genou ? Elle lui a déjà coûté sa saison, hormis la finale de Ligue des Champions et France-Ukraine, ce qui est déjà mieux que Koscielny qui n’a qu’une Cup.

Sakho : Il est à peine plus titulaire à Liverpool qu’à Paris. Ca suffit pour jouer en bleu. Ca suffit pour gagner le Mondial ?

Evra : Il s’en sort toujours par une flou juridique. Il est pas bon mais il est capitaine à Manchester. Il était capitaine à Knysna mais Deschamps l’a eu à Monaco et les autres l’aiment bien. La faille des Français ce sont les latéraux mais Debuchy est à droite. Donc en fait on sait jamais rien sur lui à l’avance. A part qu’il est cramé.

Cabaye : Xavi lui enviera sans doute son statut de remplaçant en club : il sera frais.

Pogba : La pépite. Le phénomène. S’il réussit son Mondial, il découvrira peut-être les quarts de finale de C1 la saison prochaine, et des matchs contre des grandes équipes.

Matuidi : Il présente au moins l’avantage de ne pas jouer à la Juve. Et grâce à Cavani, il a pu se reposer depuis fin avril. S’il pouvait marquer des buts et couvrir Sakho, Evra et Debuchy, il serait l’homme parfait.

Valbuena : Le meilleur, et de loin. Il a déjà réussi son Mondial en empêchant Nasri de venir. Le reste, ce sera du bonus.

Benzema : Toute nation prétendant au titre a besoin d’un buteur de classe mondial à 0 but en 2 phases finales.

Ribéry : Si personne ne lui dit qu’il ne pourra pas gagner le Ballon d’or même en cas de victoire finale, ça peut passer. D’ailleurs il a déjà rempli une part de son contrat en déclarant forfait. La suite c’est le petit Griezmann qui s’en chargera et quoi qu’il advienne il ne méritera pas ça.

Pendant ce temps-là, juste au cas où, s’ils la gagnent, Ruffier aura droit de la toucher ?

La légende Brésil : Le petit prince du Raï

Les plus jeunes ne s’en souviendront pas, les plus vieux ont des problèmes rénaux mais en ce 12 décembre 1992, l’actualité n’est pas uniquement dominée par les colis de Sarajevo de Patrick de Carolis ou les anniversaires de Flaubert, Ozu, Sinatra ou Jennifer Connelly. C’est qui ce Ozu ?


60 000 Japonais qui ne connaissent absolument rien au foot assistent à la naissance du plus grand joueur de l’histoire. Et comme tous ceux de cette catégorie il est brésilien et comme tous ceux désignés comme tels par les recruteurs du PSG il a du souci à se faire. Mais pour l’instant tout va bien ou presque car il a déjà 27 ans et avant ce jour personne ne le connaît à part les recruteurs du PSG bien sûr. Parfois il faudrait faire fusiller Gérard Houiller mais là il y est pour rien.

Pourtant Raï est petit frère d’alcoolique et accessoirement meneur de jeu des Auriverde et du grand Sao Paulo où Cafu est attaquant. Ca lui fait une belle jambe. Ce 12 décembre il joue la finale de la Coupe intercontinentale et fait passer Stoichkov et Laudrup pour des chorégraphes de la nouvelle Star Academy. De la merde donc.

A la Moura la mort

Rarement un joueur n’atteindra ce niveau sur un match, on aurait peut-être dû lui dire qu’il restait des rencontres à disputer, le PSG peut se réjouir. Raï un tout petit peu moins. Il débarque au Parc des Princes 6 mois plus tard, pour une jolie saison d’adaptation. Suffisant pour que Valdo et Ginola lui ajoutent une ligne de champion de France sur son CV. Il fallait bien ça, parce que les 6 saisons suivantes le palmarès de Pouget n’aura rien à lui envier. A part peut-être une victoire contre le Rapid de Vienne et les 3 premiers matchs de la Coupe du monde 1994. Il est capitaine. En finale, 2 semaines plus tard capitaine Dunga soulève le trophée. De son banc, Raï est content pour ses coéquipiers sauf qu’il est pas entraîneur. En 6 ans il glanera pas moins d’une sélection supplémentaire. On dit merci qui ?

Raï s’en fout, il a été élu meilleur joueur de l’Histoire du PSG, tout le monde le détestait, il a fondé Gol de letra et depuis, la Coupe intercontinentale s’appelle Coupe du monde des clubs. Et Cafu a fini défenseur.

Basket : Money Parker (2/2)

Dans la première partie, vous avez pu vous rendre compte que Tony Parker est non seulement le plus riche mais aussi le plus grand joueur français de l’histoire. L’un des meilleurs européens et un bon Américain. Alors pourquoi serait-il plus l’égal d’un Mugsy Bogues ou d’un Grant Hill  que de Jordan, Spiderman ou Ken le survivant ? La réponse se situe dans son jeu et cette fois il ne s’agit pas de jeu sexuel. Voici la deuxième partie de notre enquête.

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Par Djelil Adjaho

Si l’on demandait à n’importe quel fan de NBA, équipé d’un cerveau, de citer les 20 meilleurs basketteurs de tous les temps ou de ces 30 dernières années, aucun ne donnerait le nom de Tony Parker. Pourtant les joueurs seraient nombreux à accepter de crever pour posséder trois bagouzes et un titre de MVP des finales comme Tony. A commencer par Shawn Kemp. Aujourd’hui les moins de 20 ans se torcheraient avec son image panini alors que les collégiens des années 90 auraient rêver de se doucher avec. J’ai bien dit doucher. Au final, comme on dit d‘Hakeem Olajuwon qu’il est l’un des meilleurs pivots, guère plus, on dira de Parker qu’il est l’un des 20 meilleurs meneurs voire des 10 ou mieux encore comme l’affirmeraient certains fous.

Alors pourquoi un basketteur aux performances aussi probantes finira-t-il dans les oubliettes du web ? La première explication se situe dans son placement sur le terrain. Car un meneur gagne rarement un trophée tout seul. Il a souvent besoin d’un arrière, un ailier ou un pivot dominant. La plupart des grands meneurs ont brillé parce qu’ils avaient de bon intérieurs : Magic- Jabbar, Parker- Duncan, Stockton- Malone… On pourrait citer plein d’autres exemples parfois contradictoires mais vous n’êtes sans doute pas venus pour qu’on vous fasse chier encore une fois avec Gary Payton, Jason Kidd et Chris Paul. D’ailleurs il y en a un qui a failli réussir tout seul c’est Allen Iverson, mais il était aussi arrière et avait de vilain tatouages. Du coup, c’est même souvent le pivot, avec son grand corps tout dégueulasse qui ramasse les lauriers juste parce qu’il marque, qu’il prend plus de rebonds et que la défense repose sur lui. Il sert le café avec ça ?

Mais si Parker n’aurait pas eu ce palmarès sans Duncan et Ginobili, son manque d’envergure n’est pas dû qu’à une simple histoire de position, nuptiale ou pas. S’il n’est une megastar que d’un côté de l’Atlantique ce n’est pas non plus qu’une question de goûts musicaux que ni Bryant, ni James ni même Iverson n’oseraient revendiquer. C’est son style qui est en cause, pas assez de tatouages certes mais un jeu un peu trop académique aussi en dehors de quelques pénétrations acrobatiques, on ne donnera pas de prénom cette fois. Pour le dire clairement on s’emmerderait presque à voire jouer Parker. Rien d’exceptionnel, pas de jump shots contestés, aucun fade away quant aux tirs ouverts c’est moitié moins que les plus gros craneurs NBA.

Lui-même le sait et jamais il n’a cherché à revendiquer un statut qui n’est pas le sien. Mais il faut quand même reconnaître que sans lui les Spurs ne seraient sans doute plus dans le top 4 de la ligue. Et même en Europe, il est en dessous de Pau Gasol, Dirk Nowitzki ou Juan-Carlos Navarro et pas qu’au niveau gabarit ou de l’originalité du nom.  Ils sont juste plus complets sans même avoir fait une seule fois la couv de Paris Match. Ils ont un jeu extérieur, à mi distance et au poste. Maintenant vous savez.

Il ne vous reste plus qu’à relire la première partie,  découvrir nos autres articles basket, ou Et lui à travailler ses tirs loin du cercle car à 31 ans il ne progressera plus.

 

Finales NBA : Money Parker (1/2)

La France est donc enfin devenue le meilleur fournisseur de basketteurs en Europe. Ca valait bien la peine d’attendre 10 ans pour se farcir Tony Parker matin, midi et soir et encore si on était Axelle on y aurait droit la nuit aussi et même dans les toilettes d’une boîte à la mode. L’histoire ne dit pas si on parle d’Axelle. Alors quelle est réellement la place de Tony Parker dans le sport français et mondial. Est-il l’égal des plus grands juste parce qu’il ramasse autant ou plus de pognon qu’eux ?  Que lui reste-t-il à accomplir à part un bon disque de rap ? Sa carrière est-elle terminée ?

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Une enquête de Djelil Adjaho.

Parker est-il l’égal de Zidane ? Ca dépend de quoi on parle. Côté gonzesses, en dehors des prostituées de rigueur, l’un ne serait capable de baiser que des vedettes locales de RNB, si ce n’est sa femme, quand l’autre n’a pas hésité à serrer américain. Côté sport, évidemment non. Zidane était le meilleur joueur du monde et a tout gagné. Parker n’est que le meilleur européen et un bon Américain. Côté business et merchandising c’est une autre histoire. Zidane fait grassement payer ses interviews, sert d’affiche publicitaire à tout ce qu’il peut même au Qatar mais ne s’est jamais compromis musicalement. A l’arrivée c’est un peu plus que le smic quand même. Parker,lui, se débrouille comme il peut : Kinder, Nike puis Peak, Renault sans parler des skateboards et bien-sûr les assos comme Zizou.

 Premier Français à gagner plus de 10 millions de dollars, Premier Français à sélectionné pour un All Star Game, premier Français champion NBA, premier Français MVP des finales, il serait aussi le premier Français à avoir culbuté Eva Longoria. Avec tout ça Tony Parker finira comme Pau Gasol ou Dirk Nowitzki au Hall of Fame en plus d’avoir choppé all of femmes.

Après, il faut se rendre à l’évidence, si en Europe son salaire et sa carrière font rêver, côté américain Tony Parker est loin d’avoir inventé le basket, on reparlera dans la seconde partie de mon enquête.  Mais vous pouvez jouer toutes vos économies sur pariermieux-gagnerplus.fr, je vous promets qu’il ne sera jamais MVP de saison régulière. Sauf bien-sûr si Lebron James, Kevin Durant, Carmelo Anthony, Dwight Howard  et Chris Paul montent dans le même avion dans les jours qui viennent, que le pilote de cet avion soit bourré, que dans le même temps son co-pilote soit en train de troncher une hotesse ou un stewart selon son orientation sexuelle et que cet avion se crashe. Mais pas de regret si ça ne se produit pas, car sur l’ensemble de sa carrière il n’a jamais été mentionné dans le All NBA first team (meilleur 5 de saison régulière) et c’est pas avec l’âge que ça va s’améliorer malgré tout son talent et son expérience.  De plus, si la France devait jouer les USA au Championnat du monde ou aux JO, on prendrait une bonne taule. Car même diminué comme des Espagnols leur collectif est supérieur. Mais on en reparlera dans la décénnie à venir. Puisque un jour notre équipe nationale ne parlera plus qu’américain. Espérons qu’ils éviteront l’effroyable accent du Massachusset.

Mais ne tirons pas sur l’ambulance friquée, il peut encore remporter quelques titres NBA avec San Antonio, briller au prochain mondial ou au prochain Euro s’il veut bien les jouer après il débarrassera les parquets pour faire place à la génération Batum. Alors que restera-t-il de Tony Parker en Europe qu’il aura dominé de la tête, des épaules et du portefeuille ?  1 ou 2 titres en Euroligue complèteraient parfaitement son palmarès. Mais l’Euroligue après la NBA, personne n’y croit, car les dollars chinois seraient plus confortables pour le dos. De plus, étant déjà propriétaire d’une franchise en France, on imagine parfaitement sa reconversion une fois sa carrière terminée. Il ne va quand même passer sa retraite à ouvrir des night-clubs de merde pour qu’ils ferment aussitot.   Comme quoi il ne suffit pas d’avoir du blé pour pour savoir le faire pousser.

En attendant la suite consacrée à son jeu, les trainings camp NBA ont ouvert, on peut déjà voir apparaître les nouvelles paires de basket. Business is business.

 
Retrouvez tous nos articles basket ici,dont la deuxième partie de l’enquête ici. Vous pouvez même twitter.

Roger Federer : « On m’a pris pour Annacone »

Ca aurait pu être à Melbourne, New York, Paris ou n’importe où ailleurs puisqu’il n’est plus capable de jouer à son niveau, mais c’est dans les faubourgs de Shanghaï  en octobre dernier que notre spécialiste tennis avait retrouvé Roger Federer tentant de vendre ses autographes aux petits fabricants de ses raquettes. Mais personne ne s’est laissé avoir par la contrefaçon. On s’est quand même laissé tenté par une contrefaçon d’interview.

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Le Vestiaire : Alors Roger, comment s’est passé cette semaine à Shanghaï ?

R. F. :  « Je ne comprends pas, une rumeur a circulé comme quoi Federer aurait perdu contre Gaël Monfils au deuxième tour. C’est parfaitement ridicule, jamais un truc comme ça n’aurait pu se produire. Du coup, dans la confusion plus personne ne m’adresse la parole. Même Mirka a préféré baiser avec Julien Benneteau. Heureusement ça fait toujours des jumeaux.

Les jumelles l’appellent papa ?

Je sais pas je n’ai plus la garde depuis que les services sociaux ont appris j’ai perdu contre Delbonis en demi à Hambourg (Roger a eu de la chance, ils ne savaient pas encore pour Gulbis NDLR).

Heureusement que personne n’est au courant pour Stakhovsky, Brands et Robredo alors

C’est qui les deux premiers ? Robredo je le connais, je lui ai mis 10 roustes du temps où il jouait encore. Il doit plus être tout jeune. Ca lui fait combien ?

31 ans…

Je pense que tout joueur de tennis devrait s’arrêter à 30 ans. Passé ce cap ça devient un peu pathétique. Sauf quand on reste au sommet comme Connors. A 35 ans, il atteignait encore les demies de Wimbledon et l’US Open.

Vous avez 32 ans et vous avez été viré au deuxième tour à Wimbledon et en huitièmes à l’US Open… (quelques mois plus tard il perdra en demi à Melbourne et en huitièmes à Roland).

Et donc ? D’une part je parlais pour des grands joueurs comme Federer par exemple qui a su s’arrêter de gagner à temps. D’autre part, Bjarne Riis a remporté son Tour de France au même âge en 1996. L’important c’est de prendre du plaisir. Après si c’est pour finir comme Sampras non merci.

Sampras a arrêté à 32 ans, à 31 il gagnait encore à Flushing… Vous venez de vous séparer de votre entraîneur Paul Annacone, qu’est ce qui n’a pas fonctionné ?

On m’avait dit que c’était l’entraîneur de Sampras et Federer, mais j’ai été roulé. J’ai à peine réussi à gagner Halle , vous imaginez…. J’ai vraiment l’air con maintenant. (Et encore, il a gagné Dubaï en 2014).

Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération Nadal, Djokovic,  Murray ou Del Potro ?

Je ne les connais pas encore bien. Mais tant que Federer sera là vous aurez du mal à les connaître vous aussi (il se dirige alors vers un court de tennis et commence à échanger quelques balles avec une Chinoise de 6 ans. 25 minutes plus tard le score affiche 6-1, 6-2. Roger revient vers nous). Vous voyez je suis loin d’être fini, je lui ai pris 3 jeux. On dit pourtant que c’est un prodige. (Richard Gasquet, envieux, était dans les gradins).

Et maintenant vous allez faire quoi ?

Je vais me regarder un petit DVD : « Shutter island« . Vous connaissez ? C’est l’histoire d’un flic qui mène l’enquête dans un asile et à la fin, on l’accuse d’être lui-même fou et de n’avoir jamais été flic. Pourtant il est flic, c’est pas possible de se prendre pour ce qu’on est pas.

Ben si justement c’est possible, il est fou et dans le deni.

C’est nul cette histoire, tant pis je regarderai « Sixième sens« .

Ah oui l’histoire d’un type qui ignore qu’il est mort.

Ah bon il est mort ? »

                            Propos presque recueillis par notre spécialiste tennis Titi Lardé

Roland-Garros : Gamelle Monfils 2

C’est un peu comme Gasquet : il aime donner des leçons de tennis au petit Andy, mais à la fin il le laisse gagner pour l’encourager à continuer.

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Puisque c’est la journée des enfants, Arnaud Clément s’est invité sur le plateau de Luyat. Il n’avait pas grand-chose à dire de spécial, alors il a simplement raconté qu’il avait vu Gaël Monfils s’entraîner. Et qu’il était bien, très bien même, relaché. Pour quelle sombre raison s’est-il senti obligé de dire ça ? Est-ce un coup de l’ATP ? Du grand lobby médiatico-politique ? La Fédération le manipule-t-il ? Etait-ce dans son contrat de capitaine de Coupe Davis ? Un capitaine de Coupe Davis a-t-il vraiment un contrat ?

On n’aura jamais les réponses. Clément pourra toujours se dire qu’au fond, il avait raison : prendre 6-0 dans une cinquème manche et dire « je ne sais pas encore ce qui s’est passé, je ne me sentais pas mal dans le cinquième set, j’ai eu un moment sans, c’est passé super vite », ça sort de la bouche de quelqu’un de très relâché.

Et avec le temps, Pioline a désormais suffisamment d’éléments pour savoir qu’avec Monfils, ce n’est pas pareil, ce n’est pas un relâchement des sphincters. La Monf est chez lui à Paris, tellement qu’au bout de tant d’années, il ne sait plus si son père s’appelle Rufin ou Nelson. Ca se passe toujours pareil : il est blessé avant, il vient sans se préparer, il gagne des matchs en cinq sets, il arrive en quarts ou en demies après un super match, et c’est à ce moment-là que ça se finit très mal. Il y a bien longtemps une taule contre Federer, plus récemment des taules contre Federer, et puis depuis deux ans il remonte deux sets pour chier un cinquième. Il est fun Gaël, on sait jamais quand il déconne et quand il est sérieux, même avec son coup droit.

Ca ne change donc pas grand chose à sa carrière, ni au papier daté du 28 mai 2013 que vous pouvez relire ici si vous voulez savoir qui est Daryl. Gaël Monfils est toujours le plus fort des joueurs français depuis Noah mais ça ne se saura probablement jamais. Si seulement Gasquet avait son talent. Le jeu, Tsonga n’en a rien à foutre, il a toujours le meilleur classement, les meilleurs résultats, et lui est pas obligé de jouer au poker ou de se faire appeler Sliderman pour mettre une Rolex. Monfils fait peut-être peur à Ferrer, mais il fait que des pubs de merde.

Pendant ce temps-là, à 27 ans Gaël est 28e mondial comme à 20 ans. Mais il paraît que Ferrer a toujours peur de l’affronter. Que de chemin parcouru.

Le palmarès des 10 : Jonny s’en va se faire

Qu’y a-t-il de plus con qu’un classement des ouvreurs de l’histoire ? Richard Escroc peut-être. Il y a quelques années alors que le rugby avait déserté depuis longtemps les pelouses françaises le Vestiaire avait dressé avec une extrême rigueur le classements des meilleurs 10 français de ces 25 dernières années. Lamaison l’avait emporté grâce à son Twickenham 99, sera-t-il assez fort pour déstabiliser Dan Carter dans le classement mondial de ces 20 dernières années ( on a mis 20 sinon on était obligé de faire gagner Grant Fox ou de classer Lynagh) ?


5. Dan Carter

Énorme surprise, ce classement risque de pas mal scandaliser mais nos palmarès comme leur nom l’indique se basent avant tout sur le palmarès puisque à un certain niveau tout le monde se vaut. Et lui il a rien gagné et fait aucune finale. Carter est certes un peu plus génial et complet que les autres, en tout cas que Michalak. En plus c’est quand il est sorti que  les Blacks ont pris l’eau en 2007. Alors on le classe quand même et il pourrait gagner des places s’il veut bien continuer encore 3 ans. Il y aura même peut-être encore la France en quarts et son Michalak de Carter.

4. Christophe Lamaison

Qui l’eut cru, Lamaison n’a toujours pas fini de payer les dégâts de 1999, le spectacle qu’on vous a déjà raconté 10 fois. Mais si vous n’êtes pas d’accord sortez-nous un match où un 10 a autant pesé, avec une équipe aussi forte en face, au cours d’une demi-finale. D’accord il a rien fait d’autre. D’accord il n’y aura évidemment aucun autre All-Black classé sinon on passerait encore plus pour des cons. A part ça c’est l’arbitre qui a surtout gagné en 2011 et un peu McCaw. Sacré Merhtens.

3. Rob Andrew

Ils vont pas nous mettre 2 Anglais dans les 3 premiers quand même ? Mais si. Comme ses collègues, à part Larkham et un peu Lamaison, Rob était un joueur magique. Avec ses pieds entendons-nous bien mais c’est ce qu’on attend d’un ouvreur en plus de faire des passes correctement, enfin mieux que Philippe Carbonneau pour être exact. Il a joué la finale 91, c’est-à-dire il y a plus de 20 ans, mais c’est pas vraiment Lynagh qui l’a gagnée.

2. Stephen Larkham

Ce Larkham n’a jamais été très beau à voir jouer, ni très efficace mais si on l’a laissé à ce poste en d’autres circonstances qu’un entraînement c’est qu’il devait apporter quelque chose. Mais quoi ? On veut bien le mettre 1er si on nous explique.

1.Jonny Wilkinson

Même si personne n’aime Wilkinson il est difficile de ne pas fermer sa gueule devant son palmarès. On peut même lui pardonner de ne pas trop savoir courir. Avec un autre pack il aurait peut-être gagné quand même, son pack avec un autre Wilkinson sans doute pas. Désolé Dan, mais Jonny aussi a été blessé.