Coupe Davis : Une lutte sans Bercy

Le choix va être cornélien.

tennis

Jean Gachassin, qui ne dit pas toujours des conneries quand il parle de rugby, le dit à chaque début de saison : la Coupe Davis, c’est aujourd’hui ou jamais. Ensuite il parle des Mousquetaires, d’étranges personnages qui s’appellent Ritchie, Jo ou Gilou. Un Mousquetaire peu importe comment ça s’appelle vraiment, au fond ça a des bottes qui peuvent être léchées, c’est bien là l’essentiel.

Et il a bien raison le rugbyman : c’est l’année au jamais. Les Français n’ont jamais été aussi forts, ils réalisent tous leur saison la plus accomplie depuis longtemps. Gasquet en est le meilleur exemple. Dans la foulée de sa demie à l’US Open 2013, il a consciencieusement et patiemment travaillé pour redescendre de la 9e à la 23e place mondiale. Et le travail porte ses fruits : il n’en finit pas de trouver des nouveaux joueurs imbattables. A force de ne pas s’étonner qu’untel et untel soient top 10, on en oublierait presque que le top 10 n’est réservé qu’à 10 joueurs. Il y a deux mois il détruisait Berdych, il y a un mois Berdych le détruisait. Et cette semaine, c’est Bautista Agut qui était trop fort. Enfin trop fort pour lui parce qu’il a perdu au tour suivant. Heureusement Lionel Roux ne s’inquiète pas outre-mesure de cette défaite car Richard est enfin revenu à 100%. Mais 100% de quoi ?

Et l’avantage de la France, c’est qu’elle possède un sacré vivier. Simon a réussi son tournoi de l’année à Shanghai, c’était beau, et comme d’habitude il a enchaîné par plusieurs de ces défaites qui n’inquiètent pas Lionel Roux. Et puis c’était la faute des balles : il est en grande forme.

Au besoin, on peut toujours s’appuyer sur la Monf. Tant qu’il y a du public, ou Lionel Roux dans les tribunes, il saura enthousiasmer les foules avec ces mites en coups droit qui débordent même Djokovic. De quoi écoeurer le numéro un mondial, au moins jusqu’à sa balle de match, celle du numéro 1 mondial, parce que celle de la Monf c’était au tour précédent . Peu de joueurs savent le faire.

Au pire, on peut toujours rappeler Tsonga. Il est mauvais, il n’est plus top 10 depuis un an et à force ce n’est plus à cause des blessures, son revers est pire que jamais, et maintenant on sait qu’il ne sait toujours pas mieux jouer au tennis que Nishikori. Mais pourquoi ça inquiéterait Lionel Roux ? Il a de quoi avoir le moral : Benneteau a été pas mal, Chardy aussi, et il ne faut pas oublier Lucas Pouille. A trois semaines de la finale, ça valait le coup de demander à un grand quotidien sportif d’écrire que ça commence à frémir.

Au fait, Lionel Roux n’est pas sélectionneur, c’est Arnaud Clément, mais Lionel Roux il est aussi consultant et il donne son avis. On aurait tort de lui demander ?

Ligue des Champions : Forçat Italia

Aurait-on, à l’époque, ne serait-ce que suggéré qu’une équipe de Ligue 1 alignant Pjanic, Gervinho et Yanga Mbiwa pourrait battre le Bayern ?

rudi

Quand un match se termine à 7-1, il faut un coupable. Scolari ne peut pas toujours être celui-là. David Luiz plaide non coupable, ce coup-là il atomisait Nicosie 1-0 en compagnie de Bahebeck, Chantôme et Thiago Silva. La branlée s’est produite en Italie, au pays où on encaisse 7 buts à domicile. Le Scolari du jour a déclaré il y a une dizaine de jours que sa Roma terminerait devant la Juve parce qu’elle est meilleure. Le pire est-il d’avoir dit ça, ou que ce soit possible ? L’avenir le dira peut-être. Ce que le passé dit, comme le Vestiaire, c’est que le Calcio n’est plus tout à fait ce qu’on appelle le meilleur championnat du monde. Entre deux ou trois entraîneurs, Milan tente parfois d’atteindre les huitièmes de finale pour faire croire à tout le monde qu’il peut éliminer un club espagnol.

L’Inter s’y refuse depuis que Mourinho a senti qu’il était temps de foutre le camp de là, six mois avant deux taules contre Schalke en quarts. Après avoir sagement abandonné les recours à la Fiorentina ou la Lazio il y a quelques saisons déjà, le Calcio a tenté l’impossible : inscrire Naples, et même oser l’Udinese en barrage, ce qui n’a pas marché deux fois de suite. C’est pathétique, mais une vertu est au bout de ce douteux chemin : faire de la Juventus la superstar d’Italie. Il fait bon être multi-champion d’Italie ces soirs de décembre sur les bourbiers turcs qui promettent des printemps en Europa League, enfin jusqu’à la demi-finale contre le Benfica. Mais putain, Pogba-Vidal, ça envoi grave et ce Pirlo quel joueur.

Voilà donc qui épargne un peu Rudi Garcia. Mais ça ne veut pas dire non plus qu’il n’est responsable de rien. Sacré Rudi, lui a senti quelle était la bonne heure pour pénétrer les Alpes. Lécher le cul de Totti sans lui faire sentir qu’il faut s’arrêter à un moment, même lui, ce n’est pas plus dur que de maintenir Le Mans.

Pendant ce temps-là, Thiago Silva ne parle toujours pas un mot de français. Mais cette fois il a joué, sans prendre de but ni pleurer sur le terrain. Merci Cavani et merci ce grand PSG qui continue de mettre des branlées à tout le monde en phase de poule. Impressionnant.

Légende F1 : Et Senna s’Imola

Senna est mort sur TF1, Prost sur Canal. Pourquoi Schumi a-t-il attendu que les cameras s’éteignent ? On ne sait même pas si Vettel sait skier.

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1er mai 1994, Saint-Marin accueille la troisième manche de la saison, chorégraphiée par Franck Williams. Un spectacle rôdé.

Tout commence le vendredi 29 avril, durant la première séance d’essais qualificatifs, lorsque la Jordan de Barrichello décolle à 225 km/h sur un vibreur que la plupart des femmes et maîtresses de pilotes auraient évité, puis décide de rendre un hommage déjà posthume à Surya Bonaly en réalisant  plusieurs tonneaux avant d’atterrir renversée. Il s’en sortira aussi indemne (nez et bras cassé) que Yohan Diniz.

Hélas, il y a toujours des enfants qui veulent faire comme ils ont vu à la télé. Et le lendemain, c’est Roland Ratzenberger qui s’y colle. Il n’épargnera ni sa Simtek, ni son crâne. Mais Bernie Ecclestone ne veut pas en rester là. « A l’entraînement c’est bien, en course c’est mieux », glisse-t-il malicieusement à Eric Comas pour qu’il soit à la hauteur de son patronyme. Mais, pour lui, piloter c’est déjà bien compliqué et il ne prendra pas le second départ. Et c’est finalement Pedro Lamy qui sera le suivant à tenter sa chance, parti prudemment dernier, comme à son habitude, son permis karting ne fut pas suffisant pour éviter Lehto qui avait calé au feu vert, ni pour trouver la route du cimetière. Des spectateurs jaloux eurent même la bonne idée d’être blessés par des débris. Grandiose.

Schum péteur

Six tours après le second départ, Senna attendit 14h17 pour mettre un terme définitif à sa trop longue carrière dans la courbe de Tamburello. Jamais avare de surprise, le Brésilien n’avait prévenu personne. Briatore en chiale encore aujourd’hui, lorsqu’il évoque, entre deux putes sénégalaises, l’absence de champagne sur le podium. Mais désormais la Formule 1 n’aura plus la même gueule, Lauda non plus. Schumacher l’emporta comme un passage de témoin, mais curieusement, Larini n’atteignit plus jamais la seconde place. Il loue encore chaque 1er mai la générosité d’un pilote samba qui lui offrit le seul moment de gloire de sa carrière.

Pendant ce temps-là, Bianchi a imité Schumacher pour fêter comme il se doit les 20 ans du départ de Senna.