Tennis : Pénétration Nadal

Qu’est-ce qui est là depuis des années, qu’on finit par ne plus reconnaître et dont on se dit qu’il n’a joué qu’un rôle dans sa vie ?

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Amélie Poulain est un chef d’œuvre, certes, mais Rufus c’est bien autre chose. Un palmarès long comme le bras, des années d’une carrière démarrée très tôt. Une jeunesse de morfale, insouciante, à tout engloutir pour ne rien laisser passer. Et puis un jour déboulent les films de Gérard Pirès, et on se dit qu’il est trop tard. Même le festival de Gérardmer oublie le carton d’invitation, de toute façon personne ne sait où est Gérardmer.

Rufus Nadal

Malgré Amélie Poulain, pour lesquels il avait ressorti ses plus beaux favoris, Jacques Narcy n’a jamais eu la chance qu’a eue Rafael Nadal. Gagner à nouveau Monte-Carlo, puis Barcelone. Comme si Mocky avait convoqué un casting fait pour Rufus : Laspallès et quelques comiques encore plus branchés, Jean-François Balmer bien sûr, et puis Robin Renucci (le film s’appelle Colère mais ce n’est pas un Masters 1000). Les réflexes reviennent, il se dit qu’il sait jouer comme avant, peut-être même que ses ligaments ont retrouvé leur forme de cartilage de sanglier. Même Monfils et Nishikori ont trépassé : c’était tellement émouvant qu’il en trinquerait avec Toni autour d’un bon verre de sang de porc. Il en aurait même proposé à Bachelot. Bachelot ou Bachelot ?

Sousa moustache

Alertée dans son coma artificiel prolongé, la rédaction tennis du Vestiaire, cette belle endormie qui évite toujours les sujets Nadal dans L’équipe, a bondi sur le premier match venu. Et pour cause : c’était Nadal-Sousa. A peine moins intriguée par un 6-0 dans le premier set que par le retour d’un mot dont on parle du retour : l’ogre. C’était un vendredi après-midi sans prétention, comme le neuvième jeu de l’ogre, à 4-4 dans la deuxième manche. 0-15 sur une merde. 15A et le commentateur de BeIN, le pauvre, qui annonce que l’ogre ne veut pas gaspiller d’énergie et qu’il allait donc serrer le jeu. Cinq minutes et une bonne poignée de fautes directes pas vraiment obligatoires plus tard, Sousa avait serré le jeu, 6-4. Le temps de se souvenir que les Sousa ne sont bons qu’au foot, et l’ogre rugissait d’un soulagement plein de suprématie, à 6-3.

Murray sur le côté

Il fallait donc une confirmation à ce retour, dès le lendemain. Un choc, à vrai dire le premier vrai de sa saison sur terre puisque Monte-Carlo ne comptait pas : Djokovic n’avait pas eu envie de le jouer et Murray avait été assez mauvais pour donner le match à Pouille, qui avait été assez mauvais pour ne pas le prendre, ce qui ne change rien : il avait aussi laissé un set à Herbert, et pire, il en avait quand même pris un à l’ogre. Cela dit, le choc n’en était un que pour le Vestiaire, car ce que le monde du tennis compte d’experts n’attendait que la finale contre Djokovic. Pour savoir. Ils savent. Là encore, la vérité est simple comme un coup, en l’occurrence un amorti sur un point décisif pour éviter que l’échange ne dure. Dans ses plus belles années, l’ogre n’y pensait même pas. Mais puisque certains ont encore un doute, voilà l’ultime signature de l’ogre : un débreak pour revenir à 5-4 dans une ambiance de corrida, et le break de Murray à suivre. Un signe qui ne trompe pas. Mais peut-être que Murray a changé et qu’il va ajouter plusieurs Roland à tous ceux qu’il a déjà gagnés.

Pendant ce temps-là, Rufus n’est pas mort. Eh non.

2 réflexions au sujet de « Tennis : Pénétration Nadal »

  1. Surprise, Le Vestiaire est toujours ouvert! Je n’y croyais plus, je n’étais pas passé depuis des mois…
    Avec l’été copieux qui arrive, j’espère qu’on aura quelques articles.
    Salut amical d’un vieux fidèle (le dernier?).

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