Paris-Roubaix : Franco de porc

On aurait pu raconter l’histoire de Duclos-Lassalle. Un cycliste prénommé Gilbert qui remporta au siècle dernier deux fois à la suite l’Enfer du Nord. La première fois en solitaire, la deuxième fois en humiliant un certain Ballerini, coutumier du fait. Voici son histoire et un peu celle de Paris-Roubaix. Une certaine histoire du dopage.

1993 est une époque où on se passionne encore vraiment pour la bicyclette car Willy Voet n’a toujours pas été arrêté à la frontière franco-belge avec de quoi soigner la moitié de la population occidentale.

Une époque où on aime voire Indurain hisser majestueusement ses 90 kg à 40 km/h sur grand plateau sur les hauts plateaux. Une époque où se cotoient  Armstrong, Virenque et Pantani et plein d’autres junkies qui s’ignorent.  Mais à l’époque on sait pas, alors on suit même les classiques pendant quatre heures surtout pour Patrick Chêne au commentaire avec ce qu’il reste de Robert Chapatte. 

Le 4 avril 1993, Franco Ballerini est resté bien caché dans l’ombre de son capitaine Johan Museeuw dont il vient de contribuer au succès sur le Tour des Flandres. Sixième, l’Italien sait que son équipe lui rendra la pareille une semaine plus tard sur les pavés du Nord.  Une course qui lui semble promise. A l’arrivée sur le vélodrome de Roubaix il lui semble même qu’il a gagné si l’on en croit ses bras levés en franchissant la ligne d’arrivée après un sprint maîtrisé. En 1810, il aurait surement gagné mais depuis la photographie a été inventée. A croire que Niépce, Daguerre, Talbot, Edison et compagnie se sont ligués contre lui.

Balle masque

C’est pas grave, Franco aura sa revanche et la prochaine fois il ne passera pas un con c’est promis. La consécration arrive deux ans plus tard. Après un nouveau podium, il remporte enfin la course de ses rêves en 1995. Manque de pot, à une époque où tout le monde se charge impunément, devinez qui est controlé positif et suspendu en 1996 ?  Cette fois même ses grosses lunettes de craneur italien n’y changeront rien. Il remonte sur son vélo, dose correctement son éphédrine, remporte son second Paris-Roubaix deux ans après et n’est cette fois même pas déclassé pour dopage à l’arrivée. Sauf qu’on est en 1998, une  année faste pour le vélo propre où on ne retrouve des traces d’EPO que dans 44 échantillons sur les 103 analysés sur le Tour de France, dont certaines dans le pipi de son dauphin roubaisien Andrea Tafi. Le troisième, Peeters devint ensuite directeur sportif de l’insoupçonnable Quick Step. Formation dont le leader s’appelait alors Tom Boonen quadruple vainqueur de Paris-Roubaix.  Manquerait plus qu’on accuse aussi Cancelara, triple vainqueur.  Mais Franco, lui, a fini par être relaxé, preuve qu’il n’est pas ce loser dont l’image lui colle à la peau. Mais alors comment expliquer que contrairement à Pantani, Jimenez, ou Vandenbrouke tous morts comme des toxicos, Ballerini ait trouvé le moyen de décéder dans un accident de voiture ?

 

 

 

 

 

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