De Lance à Armstrong : les années EPO, monstres et compagnie

A l’occasion de la nouvelle version des aveux de Lance Armstrong, le Vestiaire se souvient qu’il était déjà là au tout début de la grande décennie EPO qu’on a eu plaisir à redécouvrir durant le confinement. Merci Patrick.

Si le dopage a toujours existé dans le cyclisme, l’EPO est parvenu à faire dans les années 90, ce que seul le docteur Frankenstein  avait réalisé jusqu’ici. Transformer Jean-Marie Leblanc le patron du Tour en hypocrite. Et un vieux Danois chauve de 26 ans, non partant lors de la 17ème étape puis 107ème l’année d’après en vieux Danois chauve de 28 ans, 5ème, 3ème puis 1er.  Le Docteur Raoult ne participait pas encore à la fête.

1. Indurain 2. Ugrumov 3. Pantani. C’est ce qu’on appelle l’E.P.Odium de rêve. Le Tour 94 fut un sommet pour toute une génération de coureurs, et la consécration de l’homme d’une époque : Michele Ferrari.  Jusque là, pour briller, les coureurs de l’Est devaient se contenter des vieilles méthodes soviétiques qui faisaient pousser des testicules aux dames. Le recours à l’érythropoïétine, qui se généralisa entre 1990 et 1991, nous offrit Piotr Ugrumov. Lorsqu’il explose cette année là au plus haut niveau, il n’a que 33 ans autant dire qu’il lui reste encore quatre bonnes années de carrière et au moins autant à vivre. Miracle, il serait toujours vivant et son taux d’hématocrite passait de 32% en hiver à 60% en été, déjà une performance en soi.

Le festival d’Avoriaz
Mais en 94 il décida de ne pas s’arrêter là, il remporta coup sur coup deux étapes de montagne dont un contre-la-montre à Avoriaz où il écrasa le roi Miguel à tel point qu’il aurait pu menacer la chaudière de Navarre. Il n’en fut rien car le Tour était déjà fini. Pourquoi la Gewiss, et son bon docteur Ferrari, n’avait-elle préparé le Letton laiteux que pour deux étapes ? On ne le saura jamais. Ugrumov termina 7e du Tour 96 puis il disparut. Gewiss c’était aussi Berzin, Riis, Gotti, Argentin ou Furlan. On vous en reparlera. Avant les Alpes, une autre équipe tout aussi piquante s’était révélée au grand jour : les Festina. Leurs plus vifs représentants, Luc Leblanc et Richard Virenque avaient survolé les Pyrénées. Notamment à Hautacam, montée, qui grace au panache de Riis, encore lui, puis Armstrong, toujours lui, deviendra par la suite, un véritable controle antidopage positif en elle-même. A Hautacam donc, Leblanc battra Indurain avant quelques mois plus tard de devenir champion du monde toujours sur grand plateau. Le lendemain Virenque montra que lui aussi n’avait rien à envier à son compère boiteux en gagnant à Luz-Ardiden la plus belle étape de sa carrière qui était aussi la première puis son premier maillot à pois. Le Tour 94 c’est aussi l’apparition de Marco Pantani qu’on ne présente plus.

Pendant ce temps-là, rappelons que la première méthode de détection antidopage à l’EPO connue fut le contrôle du taux d’hématocrite. C’était apparemment simple, au dessus de 50% le contrôle est positif. Et oui. 

2 réponses sur “De Lance à Armstrong : les années EPO, monstres et compagnie”

  1. C’est vraiment qu’il n’y avait plus aucun recours possible. Premier contrôle positif en 1999 (corticoïdes), il aura tenu 13 ans avec surement pas mal de fric englouti. Chapeau.

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