Rugby, France-All Blacks, Colonel Fabien, acte 5 : Wallis au pays des merveilles

Qui saurait placer Dumbéa sur carte du monde ? Sacré James Cook. Et la Nouvelle-Zélande c’est lui aussi.

La question était encore en suspens depuis le dernier épisode. Le Colonel donne-t-il plus de plaisir à son public que n’en prend Aaron Smith dans les aéroports ? Le débat semble clos.

Le malaise créé par le magicien Eric Antoine lorsqu’il parle ou esquisse un sourire ne parviendra jamais à égaler les tours du Colonel. Faire disparaître Anthony Bouthier de la surface de la Terre n’était déjà pas chose aisée, mais supprimer Brice Dulin pour le remplacer par un joueur de Pro D2 prénommé Melvyn tient du prodige. A Salem on l’aurait brulé vif. Que faire d’Eric Antoine ? Gardons la résolution de ce problème pour plus tard et enquêtons plutôt sur l’effroyable carnage réalisé par le Boucher de Montgesty qui n’a reculé devant rien pour détruire, ce qui était encore samedi matin, la plus belle équipe du monde. Car il ne faut pas s’y tromper, ce n’est pas un attentat isolé. Il s’agit clairement d’une déclaration de guerre à large échelle. Peal-Harbor 1941 sera désormais qualifié d’amateurisme face l’organisation paramilitaire mise en place par Galthié pour remporter la Coupe du monde.

Tout est parti d’un rêve. En 1995, celui qui n’est pas encore Colonel connaît une retraite en Nouvelle-Calédonie. Là-bas, il goutte à la complexité d’un pays qui n’en est pas tout à fait un. Constitué de peuples divers, kanaks, polynésiens, vietnamiens et ou encore européens réunis sous un double drapeau. Il comprend même qu’un Wallisien d’origine, né en Nouvelle-Calédonie, doit être nommé Calédonien. Enfin, il découvre le rugby local. De robustes joueurs de 7, médiocres quinzistes mais redoutables mangeurs de cochons et de poulets. C’est à la lumière de ce voyage que l’on peut comprendre qu’il ait réussi à transformer un jeune joueur de l’URC Dumbéa en machine à tuer, bien aidé par les mercenaires du Stade Toulousain. Galthié aurait même pu s’offrir le luxe de tenter un dernier essai pour calmer l’impulsivité de Vahaamahina, mais la cause lui semblait probablement trop désespérée pour risquer de jouer à 14, même si le résultat est le même quand Willemse dispute tout un match. Et puis un attelage avec le seul Woki paraît suffisant dans l’état actuel du rugby et de Retallick.

Si on voulait être pointilleux, on rappelerait que Gabin Villière n’a évidemment pas le niveau et qu’à ce rythme il sera bientôt temps d’essayer Sefo Siega, encore un Dumbéen. Imaginez un peu la gueule du XV de Calédonie post indépendance. Et encore, Suta a pris sa retraite, et les fils Tolofua et Taofifenua sont tous nés en France. Il leur faudrait quand même un demi de mêlée et un ouvreur car si Jalibert a lui aussi commencé à Nouméa, c’était juste à cause de son père militaire. Une époque où les paternels de Penaud et N’Tamack jouaient déjà avec un ballon ovale. Ce qui explique sans doute que leurs rejetons soient capables de remporter le titre mondial. Même si Penaud père ne s’est lui pas fait voler le Trophée Webb-Ellis par Nelson Mandela.

Pendant ce temps-là il faudra justement croquer les Boks à l’occasion. Mais pour l’heure, le Colonel veut tout faire pêter au Six nations.

Retrouvez ici les précédents épisodes du Colonel.

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