Bilan Euro athlé : Billaud dégradée

On ne fait que passer, alors rien sur la nouvelle escroquerie barcelonnaise. Elle coûte moins cher qu’Ibra pour le moment mais ça va changer. Alors ça valait le coup de se taper la tronche à Diniz au premier plan au dessus des sourcils de Julian Bugier ?

devers

En passant accidentellement par la boîte mail du Vestiaire notre rédacteur en chef est tombé sur une série de messages nous demandant où est passée notre arrogance à l’heure où Martinot-Lagarde s’est encore planté dans les grandes et les petites largeurs, où Montel a encore mis sa coiffure et son hétérosexualité en jeu pour sauver la probité du mec le plus intelligent depuis Tamgho, le champion du monde pas le mec qui tabasse ses camarades filles pour en faire un mauvais rap. Du coup il va peut-être un peu fermer sa gueule maintenant. Qui ?

Vous nous demandez aussi pourquoi ne pas avoir défoncé Lemaitre, ou à la rigueur coupé le bout de sa langue en trop puisque son duvet part en lambeau comme sa carrière et son accélération magnifique. A croire qu’il utilise son coup de rein à autre chose. Patrick ? En réalité, cela reviendrait surtout à célébrer les athlètes qui ne se dopent pas, et cela ne peut pas être notre politique. Vive Mahiédine Mekhissi donc ! Vive Cindy Billaud qui est parvenue à frôler Monique Ewanje Epée partout sauf dans une minable finale européenne. On est aussi tombé sur le lien vers un vieil article où notre spécialiste athlé de l’époque expliquait que Myriam Soumaré était une vraie championne.

Pour les mêmes raison que Christine Arron elle n’aura pas l’occasion de le montrer ailleurs que contre Dafne Shippers dont les 22″03 sur 200m pourrait bien lui offrir prochainement le même appareil dentaire que les Jamaïcaines. C’est pas si dégueulasse, avant ce sont les Américaines qui le portaient. On plaisante, c’est une heptathlonienne et elle n’a gagné que 80 centièmes entre ses 21 et ses 22 ans. Un mot sur Bosse peut-être ? Finaliste. Au final d’ailleurs, les seuls qui devaient gagner, pour ceux qui n’y connaissent rien bien-sûr, les deux invités du dernier Stade2 d’avant championnat donc, ont fini quatrième et huitième. Bascou passerait presque pour un génie, mais il y avait Lavillénie, le crâneur pas son petit frère nul.

Pendant ce temps là vous auriez pu nous demander comment on avait deviné il y a 6 ans que le genou, dos, poignet de Nadal ne deviendrait jamais le plus grand malgré son potentiel qui l’y envoyait tout droit.

 

 

Zurich : Jimmy organique

« J’étais très fort, je sais que je pouvais gagner (…) Je préfère prendre du repos, terminer mes soins et partir en vacances. La saison est terminée. » Ça ressemble à un joli début de carrière, tout ça.

vic

2011, Daegu. Jimmy n’a pas 20 ans, il se retrouve en finale des Mondiaux. C’est pas mal, c’est même très bien car personne ne l’attend. 6e c’est prometteur, et même si personne ne remarque qu’il fait son moins bon temps de la semaine (10’27) et qu’avec celui des demies il aurait été sur le podium, le temps où Jimmy n’était pas attendu est révolu.

2012 est encore une année sympa, car tout le monde attend encore Lemaitre plus que lui. Ca ne durera pas, mais pour l’instant le champion de France a toujours un cheveu sur la langue. Et c’est tant mieux qu’on n’attende rien de Jimmy : il est un 2e honorable aux Europe et le 6e temps de sa demie aux JO en 10’16 passe plutôt pour une perf logique que merdique. 10’05 deux mois avant, 10’02 deux semaines après, ça veut pourtant dire merdique.

2013 va changer les choses, sauf évidemment pour son palmarès. Mais les Mondiaux c’est dur. 10’01 en demie, ça ne passe pas derrière Lemaitre (10’00), qui ne cache pas qu’il est content. Vicaut court plus vite, sa progression est plus logique que catastrophique. 9’95 un mois avant, 9’98 deux semaines après, ça veut pas dire catastrophique ?

Arrive donc 2014 et le seul véritable titre qui manque à son palmarès : la blessure en séries, après les blessures tous les deux mois. 9’95 et un 9’89 non homologué en mai à Eugene, au pays des Américains, les esprits étaient pourtant marqués. Tout le monde craint quand Jimmy accélère, même ses cuisses.

Allez, on compte : une médaille d’argent européenne en individuel, mais oui. C’est à ce prix qu’on devient le meilleur Français sur 60m.

Pendant ce temps-là, attention à Martinot-Lagarde : « Nous, Français, on est assez forts. Donc, en séries, il ne faut pas faire autre chose que se qualifier. »

100m haies : Billaud dégradable

Le nom de 100m haies ne vous dit peut-être rien. A nous non plus, alors on a enquêté.

freak4

Pour résumer sans caricaturer, l’essentiel est de savoir que pour courir en moins de 12″50, il faut en règle générale être dopée. Réaliser un tel temps à plusieurs reprises lève les derniers doutes. Comme toujours, c’est grâce à la bienveillance des athlètes de l’Est dans les années 80 que ce principe a pu être posé. Ainsi le plus joli d’entre eux s’appelait Yordanka Donkova et ses 12″21. Ensuite il y eut Ludmila Narozhilenko qui mangeait aussi vite qu’elle sautait et du coup elle ne fit pas gaffe aux stéroïdes qui composaient son assiette en 1993. Elle ne revint de pénitence qu’en 1996 , et la sanction était allée si loin qu’on l’obligea à prendre la nationalité suédoise. Elle devint Ludmila Enqvist et devinez quoi, elle était aussi forte voire meilleure. Comme quoi une fois de plus les bienfaits du dopage sont à nuancer. Durant son absence c’est un mutant, mi-homme, mi-monstre, mi-tricheuse qui avait prospéré.L’une de ces trois identités n’ayant jamais été prouvée. Et c’est ainsi que la discipline ressemble, depuis, davantage au cirque qu’à de l’athlétisme.

Malgré ces désordres de la nature, en France, c’est pourtant le 100m haies qui a accouché de deux des plus grandes championnes de l’histoire de l’athlé tricolore. La vraie championne d’abord, Monique Ewanje-Epée, qui tel Ladji Doucouré, rivalisa avec les agents tératogènes pour atteindre les 12″56 et le titre de championne d’Europe. L’autre championne, celle qui l’était pas vraiment, Patricia Girard, a tout de même décroché une médaille de bronze olympique. Ce qui est quand même un exploit car elle n’a jamais eu le niveau pour ça. Aujourd’hui la France possède toujours deux athlètes de très haut niveau dans la discipline. Enfin c’était le cas, jusqu’à début août et la découverte que dans notre pays aussi on peut se tromper de rayon en achetant son déjeuner.

Elle s’appelait Alice Decaux, avait eu une progression régulière, mais en 28 ans elle n’avait jamais atteint un niveau honorable pour figurer correctement dans une compétition. Et brutalement un jour de juillet elle a abattu de 20 centièmes son record personnel en détruisant au passage sa crédibilité. On triche, on paye, jusqu’ici rien de choquant, si ce n’est qu’elle n’est pas la seule à avoir miraculeusement découvert le talent. Cindy Billaud s’est aussi métamorphosée mais en beaucoup plus fort. Et son parcours de galérienne est encore plus étonnant. Car avant de frôler le record de France d’Ewanje-Epée, elle n’avait approché que le ridicule et les contre-performances. Alors quel accident a-t-elle subi pour devenir aussi forte ? Car il ne fait aucun doute que Cindy a désormais les moyens de rivaliser avec les bêtes de foires. Souhaitons lui d’être une championne et rien de plus. Patrick Montel se chargera du reste.

Doucouré effacé : Lagarde barrière

C’est la question qui continue de hanter vos nuits : arrêtera-t-on un jour de l’affubler des lettres PML ? Sûrement pas, et pourtant ça ne dit toujours rien au plus grand nombre, mais ça pourrait vite changer. L’année prochaine, car les Europe on s’en fout un peu.

ld2

C’était le 26 janvier dernier, une brève nous informait qu’un Français venait d’abaisser la meilleure performance mondiale de la saison. On ne savait pas trop de qui il s’agissait, ni dans quelle discipline mais on était heureux. La même mésaventure était arrivée une semaine avant à Cindy Billaud. Et puis on a commencé à décuver pour finir par se rendre compte qu’on n’était pas bourré du tout. Un certain Garfield Darien occupait effectivement le sommet de son sport : le 60m haies. Rassurez-vous un tel homme existe bien, une telle épreuve aussi. Mais vous aurez compris que si vous n’en aviez jamais entendu parler c’est bien qu’il y avait un truc. Le truc, c’est la date. Le 26 janvier. Le 26 janvier il n’y avait que lui et l’arrière-petit-fils de Ladji Doucouré qui avaient repris leur saison. Depuis, évidemment, les deux autres pratiquants du 60m haies encore en vacances lui sont passés devant. Et dans les deux il y a le fameux PML.

PML, souvenez-vous c’était le futur champion du monde et recordman de France du 110m haies avant les séries des mondiaux l’année dernière. Le corps de Ladji Doucouré ne le sait que trop, il vaut mieux faire les choses dans l’ordre : gagner avant de se blesser. Et c’est bien dommage que les tendons de Pascal Martinot-Lagarde aient l’esprit de contradiction car le potentiel de leur propriétaire âgé de 22 ans leur promettait de succéder à Ladji du vivant de ce dernier. Et pas seulement sur le billot. Sur la Billaud, on verra. Et la régularité des chronos sur 60 du déjà 27ème meilleur performeur de tous les temps annonce un été de 110 exceptionnel. Tant pis on se contentera de Garfield. L’athlète pas le chat, même si avec le chat aussi on rigole. Après tout il a bien couru en 13″15, ses 26 ans ne devraient pas forcément être le onzième obstacle de sa course. De l’athlète, pas du chat.

Pendant ce temps-là, Usain Bolt a été blanchi après son contrôle positif. Ah non c’est Veronica Campbell.

 

L’Edito Lavillenie : Renaud c’est chiant

 C’est Valentin qui prend un sacré coup dans les clarinettes.

rs

Il ne s’était pas écoulé 40 secondes depuis le record du monde de Lavillenie qu’un tombereau de conneries s’abattait déjà sur la planète sport. Évidemment Patrick Montel était persuadé d’avoir affaire à son cadeau d’anniversaire. Dans le même temps 6 statuts facebook sur 10 s’enflammaient comme s’il y avait une épidémie de ménopauses. A part ça, 3 statuts concernaient ce passionnant concours de boisson et le dernier présentait le fameux film où vous découvrez que votre arrivée avait été saluée d’un « bienvenue sur tronchebook, mec« . Bref, Lequipe.fr venait d’offrir sa homepage aux 6m16 avec le recul et l’analyse dus à son rang de journal. C’est-à-dire aucun.

Et puis tout le monde s’est demandé pourquoi Le Vestiaire, c’est-à-dire nous, n’avions pas encore célébré le plus grand perchiste de tous les temps. Enfin le plus haut disons. Nous avons alors tenté de contacter notre spécialiste athlétisme en stage à Nouméa à quelques jours de la reprise du championnat calédonien. Plusieurs questions se chevauchaient dans l’esprit de notre rédacteur en chef : La Nouvelle-Calédonie mettra-t-elle fin à l’épidémie de Zika avant début mars ? Pourquoi personne ne précise que le record a eu lieu en salle ? Qui doté d’un brin de compétence journalistique en a quelques chose à foutre d’un record en salle ? Quand Renaud Lavillenie sera-t-il enfin champion du monde ? Pourquoi Bubka se ratait aussi rarement le jour J ?

En l’absence de réponse, le Vestiaire ne jouera pour une fois pas les rabat-joie. Lavillenie est Français et comme la plupart des ressortissants du même pays il peut dominer comme jamais une discipline sans parvenir à cumuler les médailles d’or. Et dire qu’avec tout ça, l’ultime 13ème place de Brian Joubert sera passée inaperçue malgré une interview bien lèche-cul comme il faut. Si seulement il avait choisi les Echecs. Mais même là, le titre olympique aurait été difficile à décrocher.

Et effectivement un seul titre à 27 ans quand on est aussi fort, ça fait un peu mal au cul. Pour le reste il suffit de relire tout ça. On vous avait déjà tout dit.

Dopage en Jamaïque : Rase ta roquette 2

Voici une question que se posent souvent les sportifs de haut-niveau : est-ce que ça vaut le coup de se mettre une poche d’urine dans l’anus ? En Jamaïque même pas besoin. Un seul test urinaire hors compétition l’année dernière. Pas le moindre test sanguin.

ubd

Par notre spécialiste athlétisme Christophe Bourrin

La Jamaïque ne serait donc pas très à cheval sur les contrôles.  La nouvelle aurait de quoi surprendre un commentateur de France Télévisions, voire un sponsor d’Usain Bolt mais qui d’autre ?  Surement pas Carl Lewis qui en connaît un rayon sur la question puisque cobaye lui-même et qui avait déjà fait part de ses doutes. Voilà qui donne un sacré coup dans les clarinettes au fameux refrain préféré des champions « Je suis le sportif le plus contrôlé au monde« .  Lance Armstrong a dû le répéter sans doute autant de fois que les seringues des contrôleurs sortaient de ses veines et que celles de ses médecins personnels y rentraient.  C’est pourtant vrai, des contrôles, il y en a partout, tout le temps et dans la plupart des sports.

En athlétisme par exemple ça faisait 10 ans qu’Asafa Powell était contrôlé 50 fois par an, 10 ans que tout le monde savait qu’il était impossible pour un être humain normal de courir régulièrement entre 9″70 et 9″80, et pourtant ça faisait 10 ans qu’il le faisait tranquilou sans qu’on le lui interdise. Il a eu pour lui la chance de se chier dessus lors de toutes les finales auxquelles il a participé comme ça le jour où on a découvert qu’il avait comme chaque dopé un nutritionniste malfaisant on s’en tapait un peu, puisque la star c’est Bolt, il court tous les ans en 9″60. Mais Bolt c’est naturel, il a des aptitudes physiques exceptionnelles qui lui permettent de le refaire sans arrêt. Armstrong aussi les avait, il travaillait même plus dur que Bolt qui passe son temps à manger des nuggets.

Quand la Jamaïque aura appris à faire des contrôle, Bolt aura eu le temps de devenir président de l’agence mondiale antidopage. Et il ne restera alors que notre grande enquête réalisée dès 2008 avec 1,2 et même 3 parties pour dire ce qu’était vraiment Usain Bolt au moment de son éclosion publique. Un type beaucoup plus fort que Tyson Gay dont les aptitudes n’étaient finalement pas si naturelles, qu’Asafa Powell dont on connait désormais les aptitudes et Justin Gatlin dont les aptitudes n’ont jamais été très naturelles mais qui est revenu plus fort qu’à l’époque où il se chargeait. Il restera aussi un entretien très intéressant mais inutile du Monde où il répond toutes les conneries qui lui passent par la tête. A-t-on déjà vu un athlète dopé répondre par l’affirmative quand on lui pose la question ?

Comme quoi, le travail il n’y a que ça de vrai comme dirait Bolt ou son entraîneur qui pense qu’on n’aime pas la Jamaïque. Plus que jamais on pense à Ladji Doucouré qui déclarait curieusement l’été dernier qu’«il y a ceux qui courent et qui galèrent, qui montent et qui descendent, qui se font mal à l’entraînement et qui essaient de revenir. Et puis il y a ceux qui braquent des banques. C’est chiant à dire mais c’est comme dans le cyclisme. On sait comment ça se passe mais les gens aiment bien fermer les yeux et regarder le spectacle.»  On serait tenté d’ajouter que le spectacle finit parfois par une mort naturelle dans un hôtel à 20 ans au début d’une affaire puis par une indemnisation de la famille du sportif à la fin de l’affaire puisque la mort était si naturelle qu’on a trouvé des responsables.

Pour résumer de façon simpliste, on peut remarquer que le plus fort est souvent beaucoup plus fort car c’est vraiment le plus fort et du coup il est très difficile à prendre. Que lorsqu’un athlète explose du jour au lendemain on peut saluer la performance de son nutritionniste. Et qu’un athlète présent chaque année au rendez-vous, au top niveau, qui ne connaît jamais de creux, est sans doute un grand champion mais avant tout un gros tricheur. Qu’un mec qui se dope n’arrête jamais même après une suspension. Que les contrôles servent à quelque chose mais pas à beaucoup plus. Mais c’est vrai qu’on se ferait grave chier avec que des Vicaut. Ou pas.

L’Edito Thuram : Lemarchand de fables

Quand une animatrice de télévision bizarre s’en prend par SMS à un citoyen à lunettes au dessus de tout soupçons. Pour une fois qu’on parle du remplaçant de Denisot pour autre chose que pour dire qu’il fait de la merde. Un petit effort et il pourra rebaptiser son émission Morandini.

tutu2

On ne saura sans doute jamais la vérité sur cette histoire de cul. Sur le fond, car sur la forme on sait :  on a affaire à ce que le système médiatique peut accoucher de pire depuis Jean-Luc Delarue et William Leymergie.  Un couple assoiffé de gloire et de notoriété qui n’existe que dans les yeux du public. Si ce règlement de compte ne regarde personne, il passionne des millions de voyeurs.  Jusqu’où iront-ils pour laver leur linge sale devant leur famille constituée d’un bon tiers des Français ? Aura-t-on droit aux prélèvements vaginaux de Karine ? Aux strings de la maîtresse de Lilian ?

Quoiqu’il en soit, l’image du pasteur Thuram en sort grandi. Lui qui se rêvait en Malcolm X, en aura au moins porté les lunettes. Martin Luther King éclatait-il la gueule de sa femme contre le frigo ?  Peut-être, mais lui ne demandait pas 20 000 euros pour aller prêcher la bonne parole dans les écoles au nom de sa fondation. Nourri, logé bien-sûr. Fondation derrière laquelle il n’a pas hésité à s’abriter face au redoutable fils de Georges de Caunes.  Depuis qu’il utilise les gonzesses comme bélier quand il ne trouve plus la clé de son réfrigérateur, certains pays hésitent à l’accueillir. Mais heureusement un SMS est venu démontrer qu’il n’avait pas pu tromper 34 fois Karine, ni lui exploser les pommettes, puisqu’il était avec sa maîtresse.

A n’en pas douter c’est bien elle qui est folle puisqu’elle a retiré sa plainte quand il a menacé de recommencer. A coups de liasses de 10 000 ? En tout cas, lui n’est absolument pas un gros hypocrite ou un opportuniste, avide de pognon et de reconnaissance, uniquement mu par la propreté de son image. La lutte antiraciste est même un combat qui en vaudrait la peine s’il en avait quelque chose à foutre.

Tamgho champion du monde : 18 jump street

Le Vestiaire vous avait dit hier qu’il s’étonnait de ne pas entendre Tamgho annoncer qu’Edwards serait bientôt une merde ou un truc du genre. Du coup le Vestiaire vous avait prévenu de ce que vous alliez voir sur cette vidéo.

tamtam

Avant de se mettre nu sous un drapeau pour faire des photos avec sa maman, Teddy Tamgho a gagné un concours dans un grand stade sans toit. Quand il fait les choses dans l’ordre, il peut réussir comme les autres. Éviter le rap de la victoire avant le début de la compétition n’était pas le plus compliqué à comprendre, mais ça a tout changé. Tout à coup, Teddy a compris ce qu’il n’avait jamais compris : mordre 4 fois pour commencer un concours en rend souvent l’issue incertaine, et tenter le record du monde quand on n’est pas encore premier c’est pas si facile à faire. Alors il a découvert un tout nouveau réflexe : assurer sa planche au lieu d’être le premier homme à 19m50 avec un beau drapeau rouge en guise de récompense. La médaille on n’est pas obligé de la rendre aux juges comme les relayeuses du 4×100, c’est quand même plus intéressant à la longue. Le plus étonnant dans cette histoire c’est que tout ça n’a rien d’étonnant : Tamgho a sauté tellement de fois 18 mètres en mordant que l’exploit n’en est pas un. Le faire le bon jour, oui.

Un sportif peut donc changer, comprendre qu’il faut fermer sa gueule au lieu de casser celles d’une athlète qui passe par là, ou qu’il faut fermer sa gueule parce que ça vaut mieux que de l’ouvrir. Et soudain, des millions de téléspectateurs ont renouvelé leur confiance à Patrick Montel, qui peut bien dire bravo à tous ceux qui ont soutenu Teddy qui est un mec en or, fin connaisseur de son sport. Des années d’hagiographie verbale lui rapportent gros en un instant, même s’il l’a fait pour Baala, Tahri, Hurtis, Pognon, Lemaitre, Vicaut et peut-être même Christophe Cheval. Annoncer que Teddy saute pour la postérité, ce n’était pas la première fois mais quand ça fait 18,04m, les vidéos restent sur le net. Boyon peut bien réciter de tête que c’est le troisième homme au-delà des 18m, on n’entend que Patrick qui dit que c’est l’exploit de ces championnats du monde. Cette bande-là, il pourra se la regarder avec Bernard Faure en sirotant un Delerm, Monfort ne lui enlèvera pas.

Est-ce de voir le joli 15,17m de Yoann Rapinier qui lui a fait dire stop aux conneries ? On ne le saura jamais.

 

Moscou 2013 : Des valses et du Tamgho

2008, 2009, 2010, 2011, 2012. Une médaille de bronze européenne et même pas en free fight. Bandeau l’artiste ! En 2013, comme d’hab il pète tout en qualifs. Alors ça sera quoi cette année en finale : un jour sans, une fracture ou le record du monde ? Hélas une compétition qui compte ça se gagne plus au mental qu’à la gueule. Pour l’instant on l’a pas trop entendu et il semble s’être assagi. Souvenirs

« Je vais essayer de poser des bombes aux moments importants. » Janvier 2011 n’est pas encore terminé que Teddy Tamgho menace déjà. Deux fois 17,92m la même journée, il a tenu parole. Plutôt que de les réserver pour juillet ou août comme les champions, il a choisi l’hiver, une salle, avec comme seuls rivaux Compaoré et des Italiens. L’exploit, un tour d’honneur en marchant, sans sourire et en toisant la foule comme un grand champion repu de titres. Les Jeux Olympiques d’Eaubonne, de Bondoufle, d’Aubiere et de Sotteville-les-Rouen lui ont déjà souri. Mais il ne faut pas réduire Teddy à son bandeau de travers, à ses chaussettes relevées, à ses bastons avec des meufs, à ses vies de ma mère sur le sautoir, aux dunks, au rap, à ces putains de Harlem globe trotters, à ses blessures qui le privent d’Eurostar en 2012 ou à cette médaille de bronze aux Jeux Olympique d’Europe de Barcelone 2010, à deux rangs près c’était lui l’Euro Star. Daeguté ! Mieux vaut-il avoir du talent quand ça ne compte pas ou ne pas avoir de talent du tout ? Finalement le seul truc qui n’a jamais déclaré forfait chez lui c’est sa grande gueule.

Edwards aux mains d’or

Tamgho a déjà 23 ans quasi 24, déjà 4 voire 5 de plus que l’année de son titre mondial junior, en 2008. Il avait explosé son record le bon jour, avec 17,33m. Le bon jour, c’est vite dit : trois jours plus tôt ça aurait valu Pékin. Tant pis, il verra d’autres JO, ceux de New York et Doha qui permettent de dépasser 17,80m en toute confidentialité. Entre temps, il y a eu sa première grosse compétition en 2009, des vrais Mondiaux du mois d’août, enfin. La troisième place n’est qu’à 17,36m et la deuxième à 17,55m. Teddy claque successivement 17,37m puis 17,58m mais en février. Il terminera donc onzième avec 16,79m. Avec la petite douleur au mollet qui va bien. Il y a aussi eu l’hiver 2010, le premier record du monde dans le réconfort d’une salle qatarie, titre mondial à la clé. Comme Pierre Camara. Et presque en direct sur Direct8, Christophe Pacaud au commentaire.

Aujourd’hui, il est enfin à Mosou. Dans Rocky IV  Stallone aussi y était allé. Mais le méchant c’était pas lui et le méchant avait perdu.

Patrick Montel : « Mahiédine mais c’est qui ? »

Il fête ses soixante ans dont 30 à commenter l’athlétisme en nous faisant vivre des émotions qu’une sexualité digne de ce nom ne remplacerait pas. Et pourtant il n’y connait toujours pas grand chose, voire à peu près rien du tout. Est-ce réservé à son sport favori ou à la vie en général ? Enquête.

montel2

Qu’a voulu dire Patrick Montel en inscrivant « #Sotomayor rayé des tablettes ce soir?«  sur son statut Facebook ? Serait-ce à demi-mot un aveu attendu depuis si longtemps sur son inculture, son incompétence voire tout simplement son ignorance dans ce sport qui l’a fait Roi. Même si comme il l’a dit et répété « tous les spécialistes sont d’accord » était-ce une raison pour répéter bêtement une ânerie? Le rôle du journaliste n’est-il pas d’être un filtre d’analyse, d’expertise et de vérification de l’information. Pourquoi parce que Bondarenko dit qu’il vise le record faut-il forcement croire qu’il va y arriver ? Pourquoi à la vue des ses essais alors qu’il était évident qu’il ne franchirait pas 2,46 m, Montel a-t-il continué à affirmer qu’il allait battre le record du monde, obligeant presque Boyon à faire allégeance à ses bêtises.

La réponse, il nous l’avait donné durant tout l’après-midi en répétant à l’envi que Mahiédine Mekhissi était un grand homme et qu’il pouvait devenir champion du monde. Comment, un type qui n’a pas battu son adversaire du jour une seule fois en à peu près 1000 confrontations se mettrait subitement à gagner ? Rassurez-vous, ça n’était pas une vraie question, tout le monde sait très bien que Mekhissi n’avait aucune chance, même Montel, encore que sa naïveté atteigne des records du monde, cette fois c’est vrai. Mais à quel moment se comporte-t-il en journaliste ? Quand il dit ça ou quand il dit à Boyon de ne plaisanter avec la fois où il a démonté la gueule d’une mascotte ? Ou peut-être quand il se demande pourquoi Mahiédine est tellement sous-coté en France, alors que le mec a quand même construit à longueur d’années son image de bad boy sans cervelle mêlant l’arrogance à la violence. Pour ne pas dire le dopage puisque des soupçons n’ont jamais fait un drogué.

Si les extraordinaires performances de Mekhissi ne font pas de lui le plus grand athlète de notre époque, il le doit uniquement à lui-même et pourquoi pas un peu à Mehdi Baala qui a su parfaitement esquiver ses directs du gauche et du droit. Il a un palmarès sportif conséquent, il a aussi hélas un palmarès médiatique tout aussi chargé et il n’appartient pas à Patrick Montel de le réhabiliter parce qu’il lui a taillé une pipe ou je n’sais quoi. Ca c’est une connerie, pas une information. Pas vrai Patrick.

Moscou 2013 : Bosse démâte

Parfois les journalistes disent des conneries et parfois Montel raconte des bêtises, l’un dans l’autre ça ne donne pas une très belle image du monde médiatique. Heureusement il reste le Vestiaire pour vous aider à vous faire une idée sur ce qui est nul et ce qui l’est moins après 4 jours de compétitions. Yalouz, par exemple, c’est nul. Mais c’est pas de sa faute, ça serait de la lutte on trouverait à qui parler.

tamtam

Ils sont fidèles :

P.-A. Bosse : Le Vestiaire vous avait prévenu il y a quelques semaines. Les mondiaux c’est autre choses que les championnats mini-poussins où Pierre-Ambroise baladait son improbable prénom, et son insondable talent. On ne connaît pas encore l’étendue de ses possibilités mais se qualifier pour la finale même à l’arrache c’est déjà pas mal. En finale, il n’avait aucune chance au vu de son état de forme même si Montel disait le contraire. Il dit souvent le contraire de ce qu’il se passe. Mentalement, il a un peu craqué. Physiquement, beaucoup. Il n’aura jamais de médaille d’or hors dopage, mais s’il grandit un peu, le podium sera accessible et pas que sur un coup de bol parisien comme Baala. Mais on en est pas encore là, on vous préviendra.

A. Nana-Djimou : Le 800 c’était pas sa course, mais elle finit encore une fois dans les huit. Elle espérait mieux, pas nous.

K. Mayer: 8446 points pour une première fois c’est pas mal. La prochaine fois il enlèvera la capote et tant pis si ça fait mal.

P.-Martinot-Lagarde : Notre spécialiste avait, comme d’habitude, flairé l’arnaque. On ne se rate pas par hasard avant chaque compétition. Le haut-niveau c’est physique et mental, rien de plus. Et quand on a tout ça on peut prétendre à passer un an dans la peau de Ladji Doucouré. Pour lui ce sera zéro.

On est cocu:

R. Lavillenie : On vous a tout dit hier, on vous l’avait dit avant : il n’est pas fiable. Comme pour Benzema, la suffisance n’est pas toujours suffisante.

J.Vicaut : Pour l’éternité, il restera la grosse plantade de ces mondiaux. Ca laisse songeur pour des lendemains qui déchantent. Au revoir Jimmy.

On les attendait pas, ils n’ont rien fait

C. Lemaitre : Il n’a pas tout à fait rien fait puisqu’il a volé sa place en finale pour s’y vautrer lamentablement sur une civière. Factuellement il n’a rien volé du tout mais quand on ne progresse plus, il faut changer de méthode, sinon la vie se rappelle à vous.

M. Hanany : Un jours il faudra mettre les minima à 2m35, comme ça on ne verra plus Hanany aux mondiaux.

Et Robert-Michon alors ?

Lavillenie: Docteur Renaud, mister tocard

Vous connaissez l’histoire du Français qui se la raconte grave, qui domine toute la saison et le jour où il faut gagner il perd. C’est un malheureux concours de circonstance ou une histoire française ?

bck

On pourrait croire qu’à part 11 kilos de muscles, 7 cm, une trentaine de records du monde, 6 titres de champion du monde et probablement quelques compléments alimentaires il n’y a plus guère de différence entre Bubka et Lavillenie.  On aurait pu croire aussi que Renaud allait trouver toutes les excuses du monde pour expliquer qu’il était « le meilleur perchiste du monde » comme l’a surnommé Patrick Montel et qu’il devait gagner. Renaud s’est contenté d’accuser la piste, l’organisation et les conditions. On aurait pu penser qu’il allait modestement rappeler que depuis 2009 il est sur tous les podiums mondiaux. Il ne s’en est pas privé car reconnaitre sa défaite contre plus fort que lui est sans doute encore trop difficile.

Et malgré ce bulbe incroyable qui gonfle sans même qu’on l’arrose, Lavillenie ressemble de plus en plus à un sosie de Galfione et Mesnil et de moins en moins à Bubka. Car Bubka qu’on qualifiait aussi de meilleur perchiste du monde, mais lui l’était vraiment, avait lui aussi au début de sa carrière fait une série similaire mais avec une médaille jaune autour du cou : Helsinki, Rome, Séoul, Tokyo avant le zéro de Barcelone à 29 ans. Les cocos l’avaient même privé des Jeux 84. Putain de Guerre froide. Lavillenie, notre grand champion a donc un palmarès moins honteux que celui de Galfione et son titre olympique et moins ridicule que celui de Mesnil et ses happening nu ou à poil, mais eux ne prétendaient pas dominer la planète. C’est un vieux rêve inaccessible sur lequel les adversaires de Goldorak, Bioman, Inspecteur Gadget et Sergueï Bubka se sont cassés les dents.

La différence c’est aussi que pendant que ses adversaires sautaient, Bubka gardait son survêtement. Il ne l’enlevait qu’après au moins deux heures de concours quand tout le monde ou presque était éliminé. Il se mettait alors à courir, plantait sa grosse perche dans le butoir et franchissait la barrière. A ce moment là, croyez le ou non, mais la légende raconte que ceux qui restaient en lice prenaient un sacré coup dans les clarinettes.

Christophe Lemaitre : Un diamant, zéro Carraz

Diagana et Doucouré doivent doucement rigoler dans leur barbe. Hélas comme disait Pagnol, ils n’ont pas de barbe et ne rigolent pas du tout.

clem

 

Pourtant ils ont longtemps hésité entre le rire et les larmes face à la blessure de PML. Eux aussi ont connu ça dans leur temps mais ils avaient déjà pris l’habitude de figurer dans quelques finales mondiales et olympiques dès leur plus jeune âge. On va finir par croire que les analyses du Vestiaire sont pertinentes et qu’ils existe vraiment des lois du haut-niveau et qu’il n’est pas permis à tout le monde de les franchir. S’il ne faut pas accorder plus d’importance que ça à l’accident Lemaitre une nouvelle fois finaliste (c’est bien ça l’accident), certains l’imaginaient plus régulièrement bronzé lors de ses débuts il y a 3 ans déjà. Côté bronzage, Jimmy Vicaut n’aurait rien à apprendre de Silvio Berlusconi mais son plantage est extrêmement inquiétant pour la suite. Il était le plus fort depuis le début de saison, il est hyper musclé, et même pas qu’en salle. Et puis le jour J plus tant que ça. L’essentiel c’est qu’il se trouvait détendu avant la course.

Tout ça était avant la vraie blessure, celle du champion. Ce n’est pas donné à tout le monde : sauter de joie pour un centième dans la gueule de Vicaut à 18h, sauter sur un brancard à 19h50, faire sauter le pacemaker de Pierrot à 21h au moment d’annoncer qu’il a foutu en l’air le 200, le 4×100 et la durée de vie de son entraîneur. Pourtant Lemaitre avait tout pour lui : des départs pourris, des temps pourris et une confiance pourrie. Du coup en finale il a pris un départ pourri, il a fait un temps pourri et il avait tellement confiance qu’il a forcé sur ses ischios ou son quadri, enfin un muscle qui pète. Peu importe, tant que Bolt et Gay continuent à dire que s’il travaille bien et qu’il reste compétiteur il sera un redoutable concurrent dans les années à venir. Pour ceux qui ont vu l’Intérieur sport encore remarquablement senti sur la langue au cheveu d’or, qui venait de battre Gatlin à Rabat ou un truc comme ça qui a de la valeur, Pierrot disait aussi que si la saison se passait mal pour la deuxième fois de suite, il faudrait songer à changer quelque chose. Ce quelque chose s’appelle-t-il Pierrot ? Vicaut, lui, est dégoûté : être sorti de la finale pour un centième c’est cruel. Espérons que Pessonneaux et Sangouma se soient mieux échauffés.

Pendant ce temps-là, Robert Michon nous a fait rêver même si Montel ne croit toujours pas Boyon sur le jet à plus de 65m, c’est vrai qu’elle donne pas envie d’y croire. Une médaille à Lesueur de son front. Bosse sera-t-il le Mayer ? On n’espère pas pour lui.

Mondiaux 2013 : Martinot toilettes

A priori, il n’aura pas la peau de David Oliver demain soir. Ni l’année prochaine non plus. Jamais en fait.

martyn

Les plus grands champions de l’histoire ont bien de la chance de ne pas être blessés pendant les grandes compétitions. Pascal Martinot-Lagarde fera donc partie de l’autre catégorie : les champions olympiques du mois de mai. Ou plutôt ceux de juillet, puisque son retentissant 13’12 date d’il y a un mois. Il n’avait jamais fait autre chose que 13’28 avant, il espérait bien faire mieux après mais c’est déjà raté. A 13’33 en juin, Patricia Girard parlait déjà de Doucouré, de 12’97, de finale mondiale alors que, quand on y pense, 2015 c’est dans longtemps, surtout pour une paire d’ischio-jambiers. Il ne faut surtout pas qu’il apprenne que Liu et Robles n’étaient pas là, il risquerait de s’empiffrer de compléments alimentaires pour oublier.

C’est toujours la même chose : après de tels mots, on a beau claquer 13’12 en meeting, les lombaires ne tiennent plus longtemps. Et puis l’autre erreur a été de répondre à Rue89 qui n’a pas toujours le bon diagnostic : lui faire avouer qu’il aime le show, les manchons fluos, qu’il faut prononcer Pi-ML à l’anglo-saxonne, qu’il appelle Patricia Girard « Mamoune » et qu’il a envie de bouffer la gueule de tout le monde et de se la raconter autant qu’il peut, c’est bien. Titrer « Martinot-Lagarde, avenir de l’athlétisme« , ça l’est moins. Pi-ML a aussi dit qu’il n’allait jamais chez le kiné l’an dernier mais qu’il s’y est mis cette année. Il reste de la place cette semaine.

Pendant ce temps-là, son frère aîné est en demi-finales alors qu’il est théoriquement un bon gros nul. Mais 13’33 ça suffisait. « Pour Pascal ça m’attriste un peu. Mais ça ne va pas changer ce qui se passe pour moi. » Le show c’est de famille.

Kremlin Biceps : Baala conmigo

A moins d’un mois des retrouvailles moscovites de nos athlètes avec le haut-niveau, la drogue et les nuggets, notre spécialiste rappelle les termes du défi qui se présentera aux meilleurs d’entre eux. Pour les autres cela relèverait d’un exploit, comme si Lemaitre se rasait correctement. Qui succèdera à Diagana, Perec, Doucouré et Barber ? On ne compte pas les titres olympiques pour cette fois.

mb

Teddy Tamgho : Aucune allusion à son agression de sa camarade d’entraînement dans cet article, ni à son rap tout pourri ou à sa grande gueule de crâneur. On ne parlera que de sport. 3 Cubains, 2 Américains et 1 Français. Voilà ce qui pourrait empêcher Teddy, troisième performeur de la saison, de monter sur le podium. Largement suffisant, surtout qu’il ne veut que le titre. S’il sort des qualifs c’est déjà bien tant il est régulier au delà des 17,30 depuis quelques semaines. S’il gagne, il aura triomphé du dopage, de son frêle physique, de son statut de racaille et de son mental de fillette.

Renaud Lavillénie : Il n’a plus rien à prouver, juste à empiler les titres comme il empile les démonstrations de suffisance. Il est tout seul son unique adversaire s’appelle donc Lavillénie. Mais pas Valentin qui saute presque 5m et qui sera là quand même, mais Renaud celui qui est encore capable de faire zéro. Mais bon, il est déjà champion olympique du coup il sera jamais plus nul que Galfione et c’est bien le principal.

Mahiédine Mekhissi : Il a presque réussi à tout nous faire oublier. La baston ratée avec Baala à cause de coups mal portés, le passage à tabac loupé de la mascotte car elle était en mousse et ses relations tumultueuses avec les soupçons. Finalement son déjà énorme palmarès dans une discipline dominée par des compatriotes de Froome, on parle du Kenya pas des produits, semble n’émouvoir personne. Pour y arriver, en plus de faire des câlins à Montel, il devra éviter de dire au moment d’aller chercher sa médaille d’argent que tout le monde lui a chié dessus. Car c’était plus que mérité. S’il prend l’or, c’est Fouad Chouki qui va faire la gueule.

Pascal Martinot-Lagarde : Il a intérêt à se dépêcher car son frère est déjà à 13″30. Sur ses perfs il est déjà en finale. Mais ce sont ses premiers mondiaux, il n’a couru qu’une seul fois dans un temps de médaille d’or, voire dans un temps de finaliste et là ce ne sera pas le meeting Areva. Le pic de forme devra revenir au bon moment et quand on n’est pas dopé c’est compliqué. Ça fait beaucoup, mais s’il se prend pour Doucouré il devra assumer malgré une densité rare. C’est le titre ou on lui coupe les cheveux. Pire, on les lave.

Pierre-Ambroise Bosse : Il aura une médaille, il devra en choisir la couleur. Ça c’est pour la théorie, en vrai c’est une compétition où le mental joue une place bien plus importante que le physique, maintenant qu’il a vraiment le niveau. Pas comme à Londres l’année dernière après son bronze européen. Il est champion d’Europe espoirs depuis 5 jours. Les mondiaux adultes c’est dans 3 semaines.

Myriam Soumaré : On aime la mettre dans les favoris parce que si le dopage n’existait pas elle aurait déjà un sacré palmarès sur 200m. Myriam c’est le prototype de l’athlète humaine qui alterne les hauts et les bas avec un talent naturel. Et pourtant elle a un temps absolument pas présentable à ce niveau.

Jimmy Vicaut : On se demande pourquoi on en parle. S’il est en finale il ira sans doute chercher une médaille. Mais à quoi bon.

Christophe Lemaitre : S’il retrouve son niveau de 2011 il sera sur le podium comme d’hab. Mais il ne l’a plus et c’est sain.

Salim Sdiri : Doit-on encore attendre de lui qu’il saute un jour 8m30 quand ça compte vraiment ?

Mehdi Baala : RAS

 On fera peut-être un spécial femmes. Peut-être, si Perec ou Arron le veulent bien

Mondiaux d’Athlé : Lagarde alternée

Au regard du nombre de messages reçus sur equipe.vestiaire@yahoo.fr la question qui hante les nuits de tout amateur de sport qui se respecte concerne l’avenir de celui que l’on aime déjà appeler PML. Et pourtant ça ne dit rien à personne.

ld2

Si on l’appelle PML ce n’est pas seulement parce que son nom fait pas très classe, mais sans doute surtout pour ça. Pascal Martinot-Lagarde a donc pour la deuxième fois les honneurs d’être cité sur www.le-vestiaire.net. Alors pourquoi un tel intérêt si soudain ? D’abord parce qu’il nous est vendu comme la nouvelle vedette du sprint. Visiblement les médias ont eu leur dose du défaut de prononciation de Christophe Lemaitre et de son duvet de barbe. Bien que lui n’ait pas eu sa dose, ceci expliquant sans doute cela. Quand ils ont compris que la seule ombre qu’il ferait à Bolt serait dans les startings blocks, les commentateurs ont cherché une nouvelle cible. Le prétentieux Lavillénie c’est sympa, il arrive à gagner à peu près tout le temps mais c’est pas bien compliqué quand Bubka n’est plus là. Mesnil et ses chaussettes non plus n’est plus là et c’est tant mieux. Mekhissi est encore un peu trop infréquentable comme Tamgho. Finalement le seul qui n’ait pas encore tabassé sa copine, une mascotte ou son concurrent c’est Jimmy Vicaut, donc c’est PML. Car personne n’aura jamais de médaille sur 100m.

La PNL de PML

PML a donc des dreadlocks, court vite en sautant et connaît Patricia Girard sans la sauter. Ces raisons ne seraient pas suffisantes si le garçon ne tentait pas de faire oublier Ladji Doucouré et serait même en train d’y parvenir. Avec deux blessures en deux ans il est même largement en avance. Côté chrono, Coco-Viloin, Bascou et Darien commencent sans doute à comprendre pourquoi on s’est autant foutu de leur gueule quand ils avaient le même objectif. Pour autant il ne faut pas vendre la peau de PML avant qu’il ait tué David Oliver et qu’il soit sorti de l’infirmerie. Car Ladji Doucouré est quand même avec Diagana et Perec le plus grand champion français de tous les temps. Parce qu’il n’a pas toujours été blessé et qu’un bon chrono ne suffit pas, sinon on se souviendrait de Mehdi Baala pour autre chose que ses esquives face aux directs gauche-droite de Mekhissi. Les 13″12 de PML dans cette jolie ville d’Areva le classent donc comme 32ème meilleur performeur de tous les temps, à presque 22 ans. Environ au même âge Ladji était à 13″06 en demi-finale à Athènes. On en reparlera donc le 12 août à 19h05. Si le temps effectué ne signifie rien, le lieu et le contexte veulent dire beaucoup, pour Doucouré pas pour PML. C’est dans les grands rendez-vous que l’on découvre le vrai visage des champions. Avant que Tamgho se plante partout et qu’il se blesse tout le temps, on pouvait penser qu’il écraserait sa discipline. En 2005, Ladji écrasait Liu et les restes d’Allen Johnson pour s’offrir le titre suprême même si c’est à Angers qu’il fit tomber au plus bas son record de France et qu’il entra dans le top 12 toutes époques et dopés confondus. Ensuite il écrasait pour toujours son tendon d’Achille.

Pour mémoire, à Areva en 2005 Doucouré finissait en 13″02, la piste fut donc curieusement encore plus rapide pour lui. Dans des conditions identiques, Diagana n’a connu qu’une seule fois les joies d’aller trop vite : c’était à Lausanne le 5 juillet 1995 où il battit le record d’Europe qui lui aurait permis de tout gagner. Mais il n’en remporta qu’une ce qui est déjà pas mal. La majeure partie du temps restant, il était comme Doucouré en rééducation. Et pour l’instant Martinot-Lagarde a préféré commencer par là. Mais après tout il n’a loupé qu’une olympiade, pas plus que Tamgho.

Moscou 2013 : Kremlin biceps

Comme avant chaque compétition planétaire, le Vestiaire accompagnera les meilleurs athlètes français dans leur voyage aux pays des soviets. Si seulement Teddy Tamgho savait lire.

atmek

Teddy la vérité. «C’est énervant… La faute vient du début de ma course. Je suis peut-être un peu ample.» Heureusement que ses marques ne sont pas ses copines sinon il se les découperaient au cutter. C’était en tout cas l’explication donnée par Tamgho pour expliquer ses 5 essais mordus sur 6 tentés il y a quelques jours. 17m10 en assurant ça envoie quand même en finale aux Mondiaux et ça place devant Compaoré. Par contre ça envoyait pas encore aux Mondiaux. Dimanche c’était 17m30, c’est costaud, comme d’hab puisque c’est le meilleur. Comme d’hab il visera l’or, comme d’hab il l’aura pas, sinon il l’aurait déjà eu.

Lemaitre et la détresse. On se demande encore pourquoi Lemaitre ne prend pas la nationalité jamaïcaine. Sans doute parce qu’il serait obligé de prendre les hormones de croissance qui vont avec. Ah ces chocapics Ben Johnson. Avec 20″17 il est de retour à son meilleur niveau pour un début de saison, il sera à 19″90 mi-août en demi-finale. 20″10 en finale. Peut-être que les huit premiers seront médaillés mais peut-être pas. Sur 100 c’est pas la peine d’y aller tant que Vicaut et les Américains sont là, même si on a l’impression que Gatlin est propre. Impression ça veut pas dire que c’est vrai. C’est comme si on on voyait pas que c’est en Jamaïque que l’on trouve le plus de cas positifs. Ah ces produits pour pisser, difficile de s’en passer.

Renaud freine. Que dire sur le Bubka sans éphedrine ? Qu’avec des muscles normaux il saute un peu moins haut ? Ou que 5m95 en juin, c’est 5m95 en juillet et en août. Il faudra quand même gérer le melon même si c’est un fruit de saison.

Blaze Pascal. En attendant que Doucouré réussisse à finir une course. Pardon, en attendant que Doucouré réussisse à tenir debout comme il y a 10 ans, le nouveau Dan Philibert s’appelle Martinot-Lagarde. Il fait 13″30 en juin à 21 ans, il est déjà qualifié mais ça lui fera pas aller plus vite en août. On le verra sans doute quand même en finale sur un malentendu même si son entraîneur fait croire n’importe quoi. C’est qui déjà Patricia Girard ? Et dire qu’au même âge Ladji était déjà autour des 13″. Et quasi champion du monde. Comme quoi c’est pas interdit.

Ça fera quand même deux médailles, on va pas cracher dessus.

La légende Christine : L’occasion fit l’Arron

sprinteusechristinearron1204238838.jpg

Griffith Joyner était sur le point de finir de digérer toute la merde avalée durant sa carrière lorsque se présenta Christine Arron en finale du 100 m des championnats d’Europe de Budapest. 10 secondes et 73 centièmes plus tard, elle venait de réaliser la course la plus rapide de tous les temps, un chrono qui ne sera sans doute jamais battu par une athlète normale, comme Marion Jones ou Christophe Cheval.

Quelques jours plus tard, elle réedita sa fabuleuse accélération en finale du relais, où elle revint sur la casaque bleue Irina Privalova, qui avait pourtant 60 mètres d’avance. Puis plus rien. Entre changement de mari, d’entraîneur, relais exceptionnels et relais exceptionnels, elle trouva le temps de se reproduire, mais ni de voir un psy, ni apparemment de se doper. Favorite de la majorité de ses finales, elle ne fit plus une seule course correcte. Incapable de réussir ses départs, toujours un pet en travers, Caristan fut le seul à profiter à nouveau de son fabuleux coup de rein. Au final, elle glana autant de titres mondiaux et olympiques individuels que Fred Bangué. Devant un tel affront, au bord du précipice, elle alla chercher deux médailles à Helsinki. L’orgueil des champions.

Les palmarès athlé : Ca tourne Arron

88

Détrompez-vous, Svetla Dimitrova et Maria Mutola auraient pu concourir si elles avaient été françaises. Voici les 5 meilleures athlètes femmes tricolores de ces vingt dernières années.

5. Muriel Hurtis

Elle n’aurait pas dû intégrer le classement mais c’était elle ou Patricia Girard. Du coup, avec un simple titre individuel de championne du monde non validé par le KGB ou la justice américaine, des temps bien inférieurs à ceux de Perec, et un niveau jamais retrouvé, on ne peut lui offrir que la cinquième place.

4. Monique Ewanje Epée

Elle n’a pas les titres relais de ses collègues, mais les titres mondiaux individuels c’est pas si courant. Elle a obtenu le sien à Tokyo comme Pérec. En plus elle est aussi championne d’Europe et toujours recorwoman de France. Le KGB et Bob Kersee aimeraient pouvoir valider  tout ça.

3. Christine Arron

Championne d’Europe en 98, championne du monde en 97, toujours recordwoman du monde. Qui aurait pu lui voler sa place ?  Son mental, Jones, Thanou, Miller, Griffith-Joyner ? Pas cette fois. Et tout ça a déjà été validé.

2. Eunice Barber

Or et Argent mondiaux validés, sa santé mentale sur tout le reste de sa carrière n’entre pas dans nos calculs.

1. Marie Josée Perec

Le scoop est énorme, autant que sa carrière. La plus rapide de tous les temps sur 400, tous les titres remportés, voire toutes les finales. La Stasi et le KGB aimeraient pouvoir valider tout ça. Si sa santé mentale lui avait permis de courir en 2000 elle aurait encore gagné. Et pourtant Cathy Freeman a quasiment égalé en finale le temps de Perec en demie à Atlanta. Mais ça ne veut sans doute rien dire.

L’Edito: Plein les Bolt

Pas un mot sur les paralympiques en un mois, mission accomplie

C’est l’équation moderne du sport de haut-niveau : vaut-il mieux se charger, tout écraser quitte à un jour se faire prendre ou pas ou faut-il garder son honneur et sa dignité coûte que coûte même si on n’approche qu’une seule fois le record du monde durant tout sa carrière ? Ladji Doucouré, plus fort potentiel jamais vu sur une piste pensera souvent à Usain en vieillissant blotti contre sa médaille. Aurait-il dû poursuivre en décathlon ? Il fut un temps en tout cas où la crinière dégueulasse de Christian Plaziat permettait de ne pas oublier le grand rendez-vous athlétique de l’année: le Decastar de Talence. On finissait même par savoir que Talence était situé dans la banlieue de Bordeaux et que de nombreux étudiants y perdirent un jour leurs tripes et leurs boyaux à défaut de la vie comme c’est désormais coutume près de la Garonne. Tout ça non pas car Nana Djimou nous a demandé de préciser qu’elle avait fini deuxième ou parce que Dan O’Brien y venait aussi à l’époque se moquer de William Motti mais surtout car la terreur des bacs à sable est de retour.

Teddy’s lexique

Pas la grenade dégoupillée Compaoré qui a atteint 17,17m cet été quand les 5 premiers ont cru bon de faire un peu plus, mais l’ado perturbé qui avait juré de battre le vrai record du monde du triple avant ses 20 ans. Après des blessures, des dérapages et des échecs, Teddy Tamgho avoue que cette fois ça sera long. Déclaration teintée d’une nouvelle maturité bienvenue ou connerie de circonstance servie aux journalistes pour se refaire une virginité ? Ben Arfa a sans doute la réponse. Les conditions sont donc réunies pour qu’il explose en vol ou au moins la gueule d’un journaliste puisque sa copine c’est déjà fait. La nouvelle génération est décidément prometteuse peut-être même qu’un jour elle apprendra à lire.

Pendant ce temps-là, l’histoire retiendra que Stepanek 33 ans, 40 ème joueur mondial pourrait remporter la Coupe Davis. Ca aurait aussi pu tomber sur Berlocq ou Querrey. Mais il faut croire que de posséder 4 joueurs dans le top 20 mondial quand Monfils n’est pas blessé interdit de rêver. C’était ça Guy Forget.

Bolt/Lewis : Rase ta roquette

A l’occasion des surprenantes accusations de Carl Lewis à l’encontre des Jamaïcains et de la réponse très argumentée d’Usain Bolt, le Vestiaire s’est souvenu qu’il a été le seul à livrer une enquête digne de ce nom et très controversée sur les performances de la foudre. D’ailleurs la foudre ne devrait même pas être autorisée à participer c’est pas un être humain. Sinon on pourrait aussi  faire participer la lumière, le vent, le soleil et pourquoi pas la marée. Alors pour le plaisir republions les deux volets de ce travail et rappelons que Lewis s’y connaît en la matière comme nous le racontions il y a quelques années. Précisons également que c’est pour lutter contre ce genre d’escroquerie et contre les conneries qu’on essaye de nous faire ingérer, digérer et chier que le Vestiaire existe. Mais cela n’expliquera pas pourquoi la moitié des sprinters jamaïcains ont été contrôlés positifs depuis 5 ans et que les autres courent le 100 et le 200 en moins de temps qu’il  en a fallu à Armstrong pour remporter 30 Tours de France avec la bénédiction de chacun. Amen.

Article publié le 15 septembre 2008 sous le titre Rasta Rocket : la vérité.

« Rarement un athlète n’aura suscité autant de commentaires, de débats. C’est bien légitime, personne n’avait jamais fait ce qu’Usain Bolt a fait. Le Vestiaire vous livre l’analyse vérité sur le parcours d’Usain Bolt, surdoué et un peu plus que ça.

Patrick Montel est rassuré, beaucoup le sont avec lui : la progression de Bolt est régulière. Un gars qui approchait les 20 secondes à 15 ans atteint logiquement 19″30 à 22 ans. Deux arguments solides qui expliqueraient le naturel des performances du Jamaïcain. Encore faudrait-il que ces affirmations soient vraies. Ce n’est pas le cas, nous allons y revenir. Devant une telle difficulté apparente pour expliquer son talent autrement que par le dopage, certains préfèrent y croire tout simplement, croire à l’exception, même si cette exception ressemble à tellement d’autres exceptions sales. Mais Bolt ce n’est pas pareil, il est sympa, pas trop musclé, grand, parfait techniquement, avantagé physiologiquement, un peu dilettante, mange des nuggets, a très jeune couru vite, plus vite que tout le monde à son âge, plus vite que ses aînés au même moment. Bref, au format adulte, il sera le meilleur, et courra très très vite. Mais voilà, il court tellement vite, qu’il est encore plus rapide que tous les gars dopé d’hier et d’aujourd’hui et efface tous les records précédents à chacune de ses courses. Est-ce si normal ?

Pour répondre, il est inutile d’aller chercher dans les études biomécaniques qui se contredisent les unes les autres et qui ne sont ni unanimes ni objectives car fondées sur de l’abstrait. Il convient davantage de se pencher en détail sur son parcours et de le mettre en perspective avec celui d’autres athlètes, qu’ils soient propres ou non. Cela s’appelle une enquête, la voici.

Bolt a-t-il explosé du jour au lendemain ?

La réponse ne peut être aussi simple. Bolt réalise depuis ses 15 ans (âge de ses premiers temps officiels) des performances exceptionnelles. Cela exclut l’hypothèse de l’athlète limité qui explose subitement. Sa progression, jusqu’à cette fameuse année 2008, n’est elle non plus pas plus suspecte que ça, dans tout ce qu’elle a d’extraordinaire, si l’on tient compte du fait qu’il a été supérieur très jeune au commun des coureurs, même plus âgés que lui. Cependant, l’analyse de l’année en cours est, si ce n’est beaucoup plus cruelle pour la santé d’Usain Bolt, en tout cas plutôt intrigante.

Mythodologie

Avant d’entamer le passage en revue de ses performances, il est utile de préciser que cette évolution, depuis les 15 ans de Bolt, part du principe subjectif et stupide qu’à 15 ans on n’est pas chargé, comme veulent le faire croire certains. Hors, en principe, à 15 ans, on ne dispute pas non plus des championnats du monde ou alors c’est que l’on fait du sport de haut niveau. Et déjà chez les juniors, il y a des contrôles, et déjà, il y a des athlètes positifs et exclus. Bolt, à 15 ans, était déjà athlète de haut niveau. Il a très bien pu se doper dès cette époque, ce qui justifierait ses temps. Soyons indulgent, laissons cette part de rêve, qui veut qu’il soit né avec un don pour le sprint. Ce qui est possible.

Analyse du rythme : Bolt/face

A 16 ans, son meilleur temps sur 200m était de 20″58 (+1,40 m de vent favorable), il avait réalisé 20″61 en finale des Mondiaux juniors. Ce temps est un très bon temps de juniors, un temps presque surhumain à 16 ans, mais un temps qui reste crédible si on admet une supériorité naturelle. Sans ajout, on peut donc considérer qu’il a deux ans d’avance sur sa classe d’âge. Ses temps seraient encore les meilleurs s’il avait 18 ans. En comparaison, Christophe Lemaître, champion du monde en juillet dernier, a couru 20″83 avec 0,9 m de vent négatif, ce qui l’envoie à environ un dixième du Jamaïcain, il a 18 ans. Il a gagné deux dixièmes en un an par rapport à son record de France cadets. Ces deux dixièmes, qui après étude de dizaines d’athlètes moyens, semblent être, compte tenu du vent, la progression maximale d’un sprinter adulte par année. C’est ce que l’on peut objectivement appeler la norme. Mais Bolt n’a pas encore son morphotype d’adulte et il est explicable qu’il puisse exploser cette norme l’année suivante, il a 17 ans et passe à 20″13 (vent nul). Gagner entre quatre et cinq dixièmes est énorme, mais possible à cet âge là, et déjà vu, nous allons y revenir.

Ce n’est pas fini. Si l’on admet qu’il a trouvé la bonne technique et qu’il évolue encore physiquement, on n’est guère surpris par ses 19″93 (+1,4) de l’année suivante. Il a 18 ans et semble atteindre son meilleur niveau. En effet, jusqu’en 2007, c’est à dire pendant 3 ans, finies les progressions annuelles météoriques, la croissance semble terminée, il reste constant à presque deux dixièmes de secondes près, la nuance de la progression logique peut-on penser. Il a pris le temps pour corriger ses imperfections techniques et de s’entraîner un peu plus sérieusement. Il démarre donc l’année 2008 avec 19″75 dans la musette. Un record exceptionnel que seuls dix coureurs, pas forcément des exemples, ont au moins égalé, mais un record peu choquant encore une fois au regard de ses qualités naturelles, de ses performances antérieures, de sa technique et de ses 17 ans.

Il y a aussi une partie 2 à lire ici et encore depuis, il y a eu l’année 2009 et ce n’est pas fini. C’est quand même cool de pouvoir donner une amplitude de près d’une seconde sur 200 et de 50 centièmes sur 100 d’une semaine sur l’autre, d’un mois sur l’autre ou d’une année sur l’autre c’est au choix. Lemaître aimerait bien aussi mais il arrive pas à faire autre chose qu’être régulier, genre 10 centièmes sur 100, 40 centièmes sur 200. C’est bizarre. Ou il s’entraîne très mal ou il est juste nul. Ou alors… non rien.

Lemaitre : La feuille de Marie-Rose

« Notre champion Teddy Tamgho ne s’était pas trompé en pronostiquant Taylor dès cet après-midi. » Bravo Teddy.

On ne savait pas trop si sa moustache était une coquetterie ou une négligence : on sait. Luyat a vite repris la main car la jeune Harnois disputait le bronze en taekwondo : ainsi s’est terminée l’aventure olympique de Christophe Lemaitre, puisque le relais ne sera comme d’habitude qu’une histoire de Pognon. Les longues secondes passées avachi sur le tartan à hausser les sourcils sans respirer et à demander son temps à son ami imaginaire, qui était juste là à côté sur la piste, ont eu raison du cheveu sur la langue. Qui sert toujours à dire « j’ai pas tout mis en demi-finale, j’ai eu ce que je méritais », et qui décomplexe aussi Montel au moment de dire « connaissant Christophe il est très déçu mais parler comme ça à Nelson c’est une attitude très digne ». Et plus ou moins obligatoire aux JO : ça vous classe un gentleman.

Rasta moustache

Mais le cheveu a ses limites. Cette fois, Bolt n’est pas venu déconner, on n’a pas eu de plan sur le sémillant Pierrot Carraz et son pote, car c’est seulement aux Europe. Jimmy Vicaut n’a pas pu montrer à la télé à quel point ses yeux sont asymétriques pour célébrer la course du grand Maitre. 20’’19 en finale après son 20’’03 en demie, ça fera au moins plaisir à la DTN : Lemaitre a tellement de prédécesseurs que le sprint français a, en fait, formé des dizaines de phénomènes du sprint français. Une vraie fabrique de nuggets mais les nuggets ça a jamais été français. Et quand on sait comment les manger sans que tout le monde ne voie la tache de sauce, on peut même faire 19’’84 en finale et finir devant ce nul de Spearmon. Mais Lemaitre ne saurait se moquer de celui qui lui a volé la 2e place de la demie. Elle était relevée, la demie, et puis le choix de ne pas doubler 100 et 200 était le bon, et puis des échos qu’on avait il était en super forme Christophe. L’Equatorien n’a pas résisté à sa dernière ligne droite.

On a quand même pu découvrir que le consultant taekwondo de France Télé s’appelle Vo. Ou Romera ?

JO: Londres d’eux-mêmes

Comme à l’occasion de chaque grande compétition, le Vestiaire dresse les tendances de l’équipe de France d’Athlétisme. Cette semaine on a même eu droit à un voyage à Helsinki, les valises sont pleines mais Darien gagné.


Les gros cas d’or

Darien : Depuis le temps qu’on se fout de sa gueule, il faut savoir reconnaître une progression, voire une erreur. Garfield est donc devenu le second de Doucouré et n’aura plus jamais à supporter le poids de Dan Philibert sur ses épaules, comme Christine Arron en somme. Pour le reste, il a battu son record personnel en demi-finale dans un temps qui a offert le titre à un Russe en finale. Avec un peu de chance les Russes, les Américains, les Jamaïcains et les Cubains ne feront pas le déplacement dans un mois.

Lavillénie : S’il se dopait, la comparaison avec Bubka ne serait pas usurpée. S’il avait déjà gagné quelque chose dans un vrai grand championnat aussi. Gagner ça veut dire battre tous les autres. Se doper ça veut dire passer 6m14.

Mekhissi : Après les 4 esquives à Baala à Monaco, il a changé de méthode et de catégorie en écartant parfaitement l’attaque de la serviette géante avant de verbaliser une mascotte qui ne parlait pas correctement le finois.

Tamgho : Teddy aurait sans doute lui aussi aimer affronter une Finlandaise de 14 ans car en France à 19 ans on raconte tout à la presse quand on se fait démolir la gueule.

Arron : C’était pour rire mais elle va quand même aussi vite que Soumaré.

Lemaître : Sur 100m, il peut oublier la finale même si Powell est qualifié. C’est dommage car Sangouma et Pognon ne sont plus là. Sur 200, il lui reste un mois pour gagner autant de centièmes que Doucouré.

Doucouré : Quand un athlète dit qu’il est en forme avant les demi-finales, c’est que Longuèvre a fait son oeuvre. Il entraîne aussi Lesueur.

Soumaré : Les appareils dentaires jamaïcains sont parfaitement ajustés.

Pendant ce temps-là Carvalho et Mayer Bosse

Trilogie de l’érable (1/3) : Carre la Bruny

Ils étaient 3, la vie ne leur avait pas offert grand chose à l’exception d’une pointe de vitesse inhabituelle pour un Canadien. Ça ne leur a pas suffi.


On a longtemps entendu parler du gentil Bruny Surin. Un homme exquis car il répondait en français aux questions d’un autre vrai gentil, Nelson Montfort. On ne l’a pas su tout de suite car il a d’abord collectionné les médailles en grand championnat, hésitant entre la quatrième et la huitième place. Il lui manquait quelque chose pour progresser. Surin va trouver ce quelque chose au milieu des années 90. En 1993, Bruny a 26 ans, il plafonne à 10’02 comme Daniel Sangouma quelques années auparavant. Ce n’est pas une excuse, à cette époque il n’y a que Raymond Stewart le Jamaïquain qui a du mal avec les chronos avec deux 9 dans les deux premiers chiffres. Un Jamaïquain comme c’est amusant. Bref, Bruny restera pour toujours un coureur moyen et même, pourquoi pas, un coureur propre. Au moins l’un de ces qualificatifs ne lui convenaient sans doute pas car en 1995, il descend enfin à 9″97. Il a donc 28 ans, l’âge de raison dans le sport de haut-niveau, le pic d’une carrière. Mais Bruny est décidément un phénomène car à Goteborg comme à Atlanta il reprend ses bonnes vieilles habitudes. A croire que seuls les championnats du Canada autorisent à courir vite voire autre chose. Mais son camarade Bailey y arrive, pourquoi pas lui. C’est en se posant les bonnes questions qu’on trouve les bonnes réponses. Après une nouvelle raclée à Athènes, Bruny prend les choses en main et revient plus fort que jamais à 32 ans. Même si du coup il est moins gentil, en 1999, il devient, avec ses deltoïdes tout neufs en finale des mondiaux de Séville, le deuxième performeur mondial de tous les temps en 9″84 à égalité avec Bailey. Manque de chance, Greene avait John Smith comme entraîneur. Bruny n’était pas tout à fait Français, ni Américain quand même.

Montel : « Les excuses c’est pas Monfort »

On aime ou on aime pas, mais ça casse vraiment les couilles.


Qui est vraiment Patrick Montel ?

Un génial touche-à-tout ?  Un génial penseur des lumières ? Un génial abruti sans aucun recul ? Un génial commentateur de sport, un brin naïf  mais très philanthrope, voire un peu trop ? Et s’il était tout ça à la fois. Pour comprendre Patrick, il a fallu à notre spécialiste média, plusieurs années d’enquête, d’analyse de ses directs, de relecture attentive de chacun de ses mystérieux posts facebook, jusqu’à hier et le fameux « mon collègue est un délinquant ordinaire » assorti d’un billet d’humeur sur sa vie privée.

Fabuleux foutage de gueule ou simple neuneu ? Il y a quelques semaines tout s’est éclairci lors du week-end du premier tour que Patrick ne s’est pas privé de commenter en exclu. En une demi-journée, il est parvenu à faire chier la terre entière avec ses statuts, tous plus mignons les uns que les autres, à faire frémir la tribu des lèche-cul qui lui servent d' »amis ».  A lui seul, Patrick veut éditorialiser le monde entier. Avec talent, toujours. « La guèpe pique encore ! Respect. » Suivi d’un magnifique @JO #Flessel.

Parfois il se livre à un très bien senti: « Usain Ronaldo« , après une victoire du Real sur le Barça. Alain Rey et ses amis linguistes se demandent encore ce qu’il veut dire par là, Olivier Rey a laissé tombé.  Heureusement Pat sait être pertinent : « Alexis. Le coaching gagnant? « , quelques secondes avant le but de Cristiano. A croire que son Iphone a su remplacer la cuisse de Bernard Faure. Sans oublier son « Pays-Bas-Hongrie, choc au sommet ». Ce qui n’était évidemment pas la phrase la plus rebattue sur Internet depuis 3 jours et l’exclue révélée par Morandini entre « Mouss Diouf à l’agonie dans le lit de Cecile de Menibus qui fond en larmes » et « Amélie opérée d’urgence à cause de ses prothèses« . Tout est vrai, évidemment.

On est surpris que Montel n’ait pas encore commenté les déboires de l’ex de Senna. Pas le cadavre déséché, mais le mec qui s’est marié devant les cameras d’Endemol. Et que dire de « L’OL version to loose sur sa lancée de la coupe de la ligue ? » L’anglais devait être une LV4, ça pourrait même permettre de pas laisser Monfort causer avec Bolt.  Et toujours ce trait d’humour si malicieux : »Evian devant l’OM au classement ! Une incongruité ? C’est comme si on mettait l’eau dans un verre avant d’y verser l’anisette ! ». On aurait parfois bien besoin d’apprendre le Montel en LV4.

Car Patrick est commentateur au plus profond de lui-même, alors il commente tout, quitte à devenir parfaitement ésotérique avec cette étrange histoire de chien et d’happy hours. Il n’a pas particulièrement pété les plombs, il dit juste ce qui lui passe par la tête sans retenue, sans réflexion particulière, sans en mesurer les conséquences comme quand il parle de tous les frères de Bob Marley : les athlètes jamaïcains. Et ça finit par lui revenir dans la gueule. Car parfois il faut laisser Nelson Monfort te pourrir la vie, même s’il n’a jamais fait de reportage, même s’il pistonne sa bonasse de fille sur toutes les chaînes de la tnt, même s’il est moins avenant et raffiné qu’il en a l’air. Sinon le Nelson en question en profitera pour t’écraser la gueule en bon gentleman, en plus de te demander de lui apporter un café tous les jours, quand ce n’est pas toutes les heures pour ses autres collègues.

Faure de café

Hier, Montel a connu l’humiliation de trop. Lui, le plus brillant et vibrant commentateur de l’histoire du sport n’en pouvait plus de n’être considéré que comme l’assistant du service des sports. Il  l’a écrit sur Facebook :  il est rédacteur en chef adjoint. Alors pourquoi ne décide-t-il jamais de rien ? Pourquoi Monfort a-t-il le droit de foutre ses  affaires à la poubelle ? Cette fois s’en est trop, il va se servir de son parloir public. Sur Facebook c’est bon, c’est presque privé, mais il a oublié que le blog était hébergé par France télé et que dans le cadre de son travail on se doit parfois de laver son armoire sale avec sa gentille famille. Montel a aussi oublié qu’il s’attaquait à Monfort. A côté de Nelson, les Albanais de la rue Saint-Denis sont de gentils romanichels.

Car Monfort a fini par parler à sa façon après avoir été présenté sur Europe 1 comme une personne connue, mise en cause par un journaliste de france télé : « Faudrait vraiment être le dernier des méchants pour faire ça. » « Le bureau était un peu dégueulasse », « j’avais jamais ouvert cette armoire, il fallait la dégager » « avec la numérisation on retrouve tout » « Laurent, vous me connaissez, j’ai des défauts et des qualités, mais je ne suis pas cruel. » Le Laurent en question se faisait sans doute trop dessus pour avoir l’idée de contredire Nelson. Montel a retiré son billet, peut-être que Nelson passera l’éponge sur son front avant de lui mettre une balle. Patrick est sauf, il garde ses cordes vocales.

Nelson n’est donc pas un connard. Non, non.

Pendant ce temps-là Bilalian vient de découvrir cette jolie future Une de TV MAG où Nelson masse le dos de Patrick en guise de réconciliation. Sinon Boyon pourrait bien faire des aller-retour entre le stade, la piscine et Trinity, la remplaçante de Maï la chinoise, et Lou la coréenne.

Londres 2012 : Ci-gît Doucouré

Qui est au courant qu’il y a aussi des championnats d’Europe cette année ?


C’était en 2005, la France découvrait qu’on pouvait être Français, courir chez les garçons et champion du monde d’athlétisme en même temps. Le tout dans sa première compétition du genre à 22 ans, désolé Stéphane on ne parlait pas de toi. On se mettait même à rêver que Stéphane n’ait été qu’une exception et qu’en vrai un champion qui ne se dope pas ne passe pas toute sa vie strappé et sa retraite, défiguré. Mais les années qui ont suivi nous ont rappelées à la réalité: un champion qui ne se dope pas, n’est pas obligé de payer Renaud Longuèvre à rien foutre mais il passera quand même plus de temps en cabine tout habillé avec Montel, que sur le tartan à moitié nu.

Ladji Ladji Ladji ? Aïe Aïe Aïe

On s’est alors résolu à suivre les exploits retentissants des successeurs de Mathieu Jouys et Cedric Lavanne : Samuel Coco-Viloin, la relève : 25 ans à peine et déjà 13″46 dans les pattes. Garfield Darien 25 ans à peine, notre champion d’Europe junior national, son record à 13″34 et sa chance de médaille à Daegu s’il avait pas été blessé rappelle Wikipedia. Et bien-sûr the star Dimitri Bascou, 25 ans à peine, la dynamite antillaise et ses 13″62 en demi-finale à Daegu, le nouveau Ladji et ses 13″26 aux France avec 4 m de vent favorable. Et bien-sûr son record personnel de 13″37 à peine plus élevé de 40 centièmes que celui du Ladji en question. C’est quand même pas mal 13″37, Doucouré 29 ans à peine, vient de les réaliser en plein mois d’avril après 6 saisons blanches.  Ca vous classe un champion, mais où ?  Qu’ils se rassurent, ça arrive aussi à Ladji de terminer 6ème d’un meeting à Sotteville-lès-Rouen en 13″73.

Et puis est arrivé le mois d’avril 2012, Ladji Doucouré est entré directement dans le top 5 mondial des performeurs, Patrick Montel s’est fendu d’un très subversif  « Come on Ladji » et l’espoir est revenu. Théoriquement il sera champion olympique. Mais s’il n’y avait que de la théorie, Stéphane Diagana se serait aussi tapé une ancienne miss France et pas Odile Lesage.

Pendant ce temps-là Wariner a perdu l’adresse du médecin de Michael Johnson. Pas Walter Dix mais ça lui servira à rien.

Daegu 2011 : Dernier Tamgho à Paris

2008, 2009, 2010, 2011. Une médaille de bronze européenne et même pas en free fight. Bandeau l’artiste !

« Je vais essayer de poser des bombes aux moments importants. » Janvier 2011 n’est pas encore terminé que Teddy Tamgho menace déjà. Deux fois 17,92m la même journée, il a tenu parole. Plutôt que de les réserver pour juillet ou août comme les champions, il a choisi l’hiver, une salle, avec comme seuls rivaux Compaoré et des Italiens. L’exploit, un tour d’honneur en marchant, sans sourire et en toisant la foule comme un grand champion repu de titres. Les Jeux Olympiques d’Eaubonne, de Bondoufle, d’Aubiere et de Sotteville-les-Rouen lui ont déjà souri. Mais il ne faut pas réduire Teddy à son bandeau de travers, à ses chaussettes relevées, à ses bastons avec des meufs, à ses vies de ma mère sur le sautoir, aux dunks, au rap, à ces putains de Harlem globe trotters, ou à cette médaille de bronze aux Jeux Olympique d’Europe de Barcelone 2010, à deux rangs près c’était lui l’Euro Star. Daeguté ! Mieux vaut-il avoir du talent quand ça ne compte pas ou ne pas avoir de talent du tout ? Finalement le seul truc qui n’a jamais déclaré forfait chez lui c’est sa grande gueule.

Edwards aux mains d’or

Tamgho a déjà 23 ans quasi 24, déjà 4 voire 5 de plus que l’année de son titre mondial junior, en 2008. Il avait explosé son record le bon jour, avec 17,33m. Le bon jour, c’est vite dit : trois jours plus tôt ça aurait valu Pékin. Tant pis, il verra d’autres JO, ceux de New York et Doha qui permettent de dépasser 17,80m en toute confidentialité. Entre temps, il y a eu sa première grosse compétition en 2009, des vrais Mondiaux du mois d’août, enfin. La troisième place n’est qu’à 17,36m et la deuxième à 17,55m. Teddy claque successivement 17,37m puis 17,58m mais en février. Il terminera donc onzième avec 16,79m. Avec la petite douleur au mollet qui va bien. Il y a aussi eu l’hiver 2010, le premier record du monde dans le réconfort d’une salle qatarie, titre mondial à la clé. Comme Pierre Camara. Et presque en direct sur Direct8, Christophe Pacaud au commentaire.

Daegu 2011 : Marrie Myriam

Ce ne sont pas les pires championnats du monde depuis la création (1983 ans après JC), mais ce ne sont pas les meilleurs non plus.

C’est un peu comme Diagana. Il y a six mois, il faisait très peur. Désormais, on sursaute dès qu’il apparaît, mais pas davantage que lorsque Boyon déclame, sans notes, le bulletin de notes d’une athlète polonaise à l’université. Si Nikki Lauda et Yohan Diniz avaient la bonne idée d’aimer l’athlé, Wes Craven serait surement déjà en Corée. Mais le film d’horreur le plus réussi cette année est sans aucun doute celui de Ghani Yalouz, qui ne perd jamais une occasion de passer à la télé pour venir expliquer à Montel que l’athlétisme c’est un sport universel et que les journalistes français ne gagnent pas non plus à chaque fois le Pulitzer. Il a raison.

Aristophane Diagana

Myriam Soumaré ne peut pas courir toutes ses courses à fond, autant choisir de le faire en série quand les 5 premières places sont qualificatives et que la dernière qualifiée s’appelle Fukushima, « ce qui nous rappelle la folie des hommes« . C’est vrai que des Japonais qui font du sprint, ce n’est pas très responsable.  Ce fut un tremblement de terre lorsque Myriam fit en demi-finales 30 centièmes de plus que son temps du premier tour qui  lui aurait offert le 5ème temps des engagées en finale. Pour résumer, elle a merdé, même si Patrick Montel a réussi la prouesse de s’interroger sur la forme des Américaines et des Jamaïcaines sans prononcer une seule fois le mot dopage.

La transition vers le steeple est toute trouvée pour conter la fabuleuse histoire du fair-play à la Française. Quand Mekhissi comme d’habitude bien supérieur à Tahri est venu arracher le bronze, Montel n’a cessé de réclamer la disqualification du Kenyan car il se trouvait devant Mahiédine. Diagana est parvenu in extremis à lui expliquer que finir en tête ou deuxième d’une course n’est pas toujours éliminatoire. Si Mehdi Baala pouvait comprendre ça maintenant qu’il a compris qu’on pouvait être sympa et modeste en même temps. Il paraissait même presque sincère quand il a parlé de ses potes Mahiédine et Bob. En tout cas pour la première fois depuis ses quatre esquives de juillet si on parle Ultimate fighting et depuis 2003 si on parle de 1500m, l’ancien futur El Guerrouj a semblé facile quand il s’est agi d’enlever son survêtement. Et remonter tout le peloton pour passer en finale aussi. Borzakovskiy a du apprécier, Bernard Faure on ne sait pas trop.

Lavillénie 2011 : Mesnil montant

Jérôme Clavier l’avait prédit : « En passant 5,75m, je pense qu’à 90% c’est la médaille assurée. »

Renaud Lavillénie pourra aller voir Salim Sdiri tant qu’il veut, ça ne l’aidera pas à aller plus haut. L’homme qui a plus de javelots dans le foie que de titres mondiaux a vu comme tout le monde : à 5,65, 5,75, et 5,85 le futur champion du monde saute 6 mètres du premier coup. A 5,90, il saute aussi du premier coup mais 5,50 cette fois. La suite est cousue de fil blanc : un Polonais passe, puis un Cubain, puis Montel n’a plus le cœur à parler de Quinon et Renaud prend un coup dans les clarinettes.

En revanche, Montel parle de la statue qui attend le Cubain à La Havane, normal pour un gars qui améliore son record de 15cm à son troisième essai, le jour d’une finale mondiale. L’adrénaline ou le stress, il fallait choisir, Renaud a choisi. Les perches deviennent trop lourdes, il n’arrive même plus à taper dans ses mains pour le public, il attrape les barres en retombant lors du dernier essai, non sans sauter un mètre au-dessus puisqu’il est quand même le meilleur et de loin.

Couler deux bronzes

Mesnil, lui, avait bien essayé de toucher les barres, mais la gueule dans le sautoir on est toujours un peu court. Il pourra toujours se toucher le barreau en rentrant à la maison ou en courant à poil dans les rues de Paris, mais cette fois pas sûr qu’on le paye pour ça. Tant pis, ça a laissé le temps à Boyon de causer US Open avec Bubka. Oui, Jérôme Clavier a eu un autographe.

Lavillénie éliminé, Montel est réconcilié avec la perche, qui n’est plus en sommeil, contrairement à lui puisqu’il n’y a plus de Français. D’habitude les Slovènes c’est que pour Boyon. Une finale mondiale à 5,85m, ça valait effectivement le coup de chapeau de Monfort, ravi de réunir un champion d’Europe par équipes, sans équipe, en salle et en extérieur, et un Polonais inconnu avec un drapeau sur le dos. Lequel a eu droit à un sujet sur sa passion pour la moto ? Cocorico.

Pendant ce temps-là, Montel fait tout pour convaincre les dépressifs, les insomniaques, les chômeurs longue durée et les autistes de le retrouver à 3h du matin pour voir les séries et entendre Faure.

L’Edito : Tu te fous de la gueule Drummond ?

A force de jouer au con, on finit par lui ressembler.

Le nouvel amant platonique de Patrick Montel, Christophe Lemaitre, était bien au rendez-vous hier de la finale du 100m des Mondiaux. Comme d’hab, il y avait un couloir aménagé pour les gamins avec un très léger défaut de langage, 3m de cheveux en suspension, une belle allure d’Asperger. Ça ne pouvait pas être Boyon, il venait de donner le point culminant de la Belgique en direct de la tribune de presse. D’habitude, une fois ses deux-trois phrases dictées façon débile profond, la nouvelle star des lignes droites enquille sa course en moins de 10 secondes. Mais là, il a poussé son personnage de retardé au bout, en arrivant une bonne minute après Collins, troisième d’une course que Totophe devait évidemment remporter. Ça s’appelle courir comme s’il avait un ssfeux ssur la langue. Montel promet qu’on ne l’y reprendra plus, on peut lui faire confiance, il avait fait la même promesse pour Christine Arron.

Usain du nez

Pourtant, vers 11h40, à l’issue de la demi-finale, Christophe avait oublié quelques instants ses manies de triso spontané pour menacer Monfort s’il le gardait trop longtemps. Ça n’a pas suffi pour gagner sa place chez les Enfoirés, mais le 200 c’est pour bientôt. L’autre phénomène de foire s’est distingué lui aussi. Vous savez le mec qui s’entraîne avec huit des quinze derniers champions suspendus pour dopage. Le mec qui passe sa vie à crâner, enfin à respecter comme dit Montel. Ben oui, pointer du doigt ses adversaires en leur promettant la défaite avant d’utiliser un rasoir imaginaire, ça s’appelle le respect. Tenter 9 »40 en volant le départ c’est de la modestie. Ne plus vouloir s’exprimer une fois qu’on s’est vautré, ça s’appelle l’humilité, pardon l’humiliation. Cette fois Bolt aurait pu se montrer lui-même du doigt car le starter coréen a fini par lui demander de sortir. Comme disait Diagana, le haut-niveau c’est être présent dans les grands rendez-vous. Il n’y avait ni Gay, ni Powell, ni Bolt, ni Lemaitre et on a enfin pu voir de l’athlétisme humain même si c’est Blake qui a gagné. Vous savez le mec qui s’entraîne avec huit des quinze derniers coureurs suspendus pour dopage.

A force de jouer au con, on finit par lui ressembler.

Mekhissi / Baala : Mes directs du droit

C’était le 19 août 2008. L’intrépide Mehdi, qui n’a pas encore rencontré Mike Tyson termine quatrième du 1.500 m pékinois dans le retentissant chrono de 3’34″21, à peine cinq secondes au-dessus de son record personnel. Ce temps lui offrira même une médaille de bronze un an et demi plus tard. Plus que deux tricheurs à débusquer et il deviendra le premier champion olympique français du demi-fond. Le jeune homme, d’à peine 31 ans, présenté depuis 2000 comme espoir, depuis 2002 comme successeur d’El Guerrouj, depuis 2003 comme principal adversaire du même Hicham et depuis 2006 comme le patron du 1.500, est enfin à la hauteur de son statut de favori. Voici les 3 conditions sine qua non pour devenir le meilleur miler du monde et avant de se faire humilier un vendredi soir à Monaco.

Courir régulièrement au dessus de 3’30 »

Entre 2000 et 2011, Baala n’est parvenu que lors de la fameuse saison 2003 à descendre sous les 3’30 », ce que l’on pourrait arbitrairement et injustement qualifier de limite du top niveau. Poussé par un public, aspiré par un lièvre et en forme, il est donc capable de courir en 3’28″98 maxi. C’est pas mal, mais certains, grâce au dopage ou au talent, comme on veut, seraient capables d’un tout petit peu mieux, un tout petit plus souvent. Comme Morceli et El Guerrouj pour n’humilier personne, ou Lagat. Certains osaient même le faire pour gagner.
Désormais, il est 22ème performeur mondial, Florian Carvalho est devant lui et Mekhissi ne l’a pas touché une seule fois en 4 tentatives.

Ne pas remporter de titres planétaires

En Europe, Medhi Baala était le boss. Le premier continental des bilans derrière lui s’appellait Juan Carlos Higueiro, il avait le même âge et beaucoup de mal à descendre sous les 3’32 ». Sans même avoir recours à une tactique monstrueuse, Mehdi n’avait qu’à avoir la forme et courir vite, il finirait toujours premier. Lorsqu’il a fallu affronter le niveau mondial, être favori fut un statut plus difficile à assumer quand on est moins rapide que les autres et que l’on ne gagne quasiment jamais de meeting ou de compétitions officielles. Parfois, c’est la stratégie qui flanche, sans doute la faute au dopage, parfois il est en finale quand même mais le dopage le coince, parfois il peut aussi monter sur le podium, le rôle du dopage est plus difficile à circonscrire dans ce cas-là. Faut-il le montrer du doigt ou s’en réjouir ? Souvent aussi il est juste nul.

Ne pas trop réfléchir

Avant lui, Jan Ullrich et Hicham El Guerrouj, de temps en temps, usaient de la même tactique : ne pas en avoir. Après lui, Andy Schleck a repris le flambeau. Baala a professionnalisé la méthode au point de construire sa saison au diapason. Peu de meetings, impasse sur les championnats de France, quatre courses suffisent largement. La Fédé, habituée à ses non-résultats, lui fait confiance et c’est parti.  En course, il ne court donc jamais comme un favori mais davantage comme un débutant avec une confiance équivalente, ce qui lui permet de se faire parfois sortir en demi-finale. Et quand il est en finale, on cherche toujours le patron, mais le patron a pris sa retraite.

Mondiaux 2011 : Le Daegu des autres

Commenter les résultats à plus d’un mois d’une compétition a-t-il un intérêt ? On le fait quand même.

Les vieilles gloires

Christine Arron : La sprinteuse la plus rapide de tous les temps vient de battre  le record du monde du 200m mais c’était sur 100m.

Ladji Doucouré : Malgré un temps supérieur à Coco-Viloin cette année, le champion du monde 2005 détrône désormais Stéphane Diagana avec une sixième saison blanche consécutive. Il finira peut-être un jour par se débarrasser de ce qui ne fonctionne pas : son corps c’est difficile, mais le type qui passe son temps à parler dans un micro subventionné par Vivendi pourquoi pas ?

Muriel Hurtis : Elle n’a pas couru un 200 en moins de 23″ depuis 3 ans, mais elle en parcourt 400 en moins d’une minute. Hélas ce n’est pas de la natation.

L’autre galaxie

Teddy Tamgho : Raconter qu’on peut frôler les 18m quand on veut n’interdit pas de passer les 17m le reste du temps. Quand on n’est pas blessé bien sûr.

Christophe Lemaître : Pognon a montré que les noms de famille ne prédestinent pas toujours. Pas toujours.

Renaud Lavillénie : Galfione était souvent le meilleur, Mesnil ne l’était jamais, 4 médailles planétaires quand même à eux deux. Lui en plus il saute le plus haut.

Mahiedine Mekissi : Courir comme un Kenyan et faire un temps de Kenyan sur une discipline de Kenyan, mais quel est le métal préféré des Kenyans ?

Les Européens

Myriam Soumaré: Elle ne demande qu’à appartenir à l’autre galaxie.

Garfield Darien et Dimitri Bascou. Etre 21ème ou 22ème mondial dans les bilans n’interdit pas de rêver de demi-finale car il n’y aura pas 14 Américains. Peut-être même qu’un jour ils descendront sous les 13″30. Philibert y est bien parvenu.

Véronique Mang: Privée de finale, elle pourra tout miser sur le relais. En plus cette fois, Arron ne viendra pas tout foutre en l’air.

Romain Barras : Il se croit le plus nul, il avait raison il y a 5 ans, désormais il peut être le meilleur. Le plus dur sera de le convaincre. Insurmontable ?

Kafetien Gomis: Il en a bien profité l’année dernière. On l’espère pour lui en tout cas.

Yoann Kowal: Dans le 1500 actuel, même Mehdi Baala pourrait viser une médaille mondiale. Florian Carvalho le fera mais en 2014.

Championnats d’Europe, Barcelone :
Le Daegu des autres

Ils sont les nouveaux maîtres de l’Europe. Avec combien d’entre eux Bolt partagera ses médailles et ses nuggets aux Mondiaux l’an prochain ?

Christophe Lemaitre. Ses temps ne lui auraient pas donné de médaille à Berlin, mais l’année prochaine, c’est en Corée.

Martial Mbandjock. La star de ces championnats est entrée dans le panthéon très fermé des coureurs moyens multimédaillés. Voire très moyens ? Moyen.

Garfield Darien. Il faudra qu’un jour quelqu’un se dévoue pour lui dire que le record de France, c’est pas 13″30.

Dimitri Bascou. Il faudra qu’un jour quelqu’un se dévoue pour lui dire qu’il ne suffit pas de courir plus vite que Samuel Coco-Viloin.

Ladji Doucouré. C’est Ladji Doucouré, c’est donc aussi un peu Renaud Longuèvre.

Véronique Mang. Le jour où les contrôles seront autorisés en Jamaïque et aux Etats-Unis, elle pourra s’intéresser à ses propres performances. Les contrôles de quoi ?

Myriam Soumaré. Et si on arrêtait le 100 mètres ?

Christine Arron. Courir à 37 ans est une chose pas banale, coûter l’or en relais l’est devenu.

Yoann Kowal. C’est une vanne.

Renaud Lavillénie. Le Mesnil du riche.

Romain Mesnil. Romain Mesnil ou presque.

Damiel Dossevi. Jérôme Clavier espère aussi passer un jour 5m80.

Romain Barras. Blondel non plus ne ramenait jamais de médailles quand ça comptait vraiment. Mais il avait quand même Heike Dreichsler.

Teddy Tamgho. Edwards, Harrison, Quesada ou Idowu préféraient tous attendre les grands rendez-vous pour aller plus loin que d’habitude. Chacun son truc.

Leslie Djhone. C’est la première fois qu’il fait preuve de suffisance, mais il promet le podium à Londres. On peut bien continuer à lui faire confiance.

Mahiedine Mekissi et Bouabdellah Tahri. Les deux Kenyans font des courses de Kenyans et des temps de Kenyans. Ca émeut suffisamment Monfort pour en appeler un Bob.

Kafétien Gomis. Enfin la consécration de Sdiri.

Hind Dehiba. On n’est pas obligé d’écrire une ligne sur chacun ?

Yohann Diniz. Toujours postier.

Pendant ce temps-là, Alexandre Boyon n’est toujours pas patron du service des sports. Ça ne l’empêche pas de connaître la date de naissance de Romain Barras.

Championnats d’Europe, Barcelone : Bondé Barras

Que retiendra-t-on de Barcelone 2010 ? Que la France a figuré comme à chaque fois depuis 20 ans, excepté 98, dans les quatre meilleures nations du continent ? Que même l’Azerbaïdjan a chopé du bronze ? Que Patrick Montel est capable d’attendre les 10 derniers mètres d’un 200 pour apercevoir qu’il y a quelqu’un au couloir 8 ? Ou rien du tout car rien n’a changé, si ce n’est le DTN qui a su faire oublier qu’il n’avait pas été le plus grand lutteur de l’histoire.

8 médailles en 2006, 18 en 2010. Cherchez l’erreur. On dirait plus du double et pourtant c’est pareil. Comme d’habitude à l’issue des championnats d’Europe d’athlétisme, la France repart avec ses plus fols espoirs. Comme d’habitude, les dix médailles étaient l’objectif, comme d’habitude en faire moins de quinze eut été un échec. Cette année, ç’aurait même été carrément scandaleux. D’ailleurs, à part les deux ou trois surprises, chaque médaillé devait l’être, même Gomis. En 2008 et 2009, la France n’avait pas réussi à faire rentrer ses espoirs en Chine et en Allemagne, et ce même si l’espace Schengen est aussi en vigueur à Berlin. L’athlétisme tricolore va donc plutôt bien, surtout quand un 200m se court en plus de 20 secondes, ou qu’un décathlon se gagne à 8400 points. Ce monde merveilleux est un continent qui s’appelle l’Europe.

Le Diagana du vide

D’aucuns concluraient que c’est tout de même un vrai championnat et que la gagne s’apprend partout. Mehdi Baala le croyait aussi en son temps, sa fonderie d’or a depuis fait faillite. A croire que le plus haut niveau n’est pas qu’une question de performance mais aussi d’attitude. De là à dire que les Europe ne servent qu’à garnir des palmarès qui autrement seraient aussi fournis que les sauts de Dossevi au dessus de 5,80m, ce serait abusif. Car Diagana a été champion du monde, Pérec aussi. De là à dire que les Europe ne préparent absolument pas aux compétitions planétaires autrement plus difficiles à appréhender sur tous les plans, le serait un peu moins. A Berlin 2009, seuls la Russie, la Pologne, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Norvège, l’Espagne et la Croatie avaient devancé  la France. Ah oui, la Slovénie était aussi devant.

Le championnat d’Europe n’a jamais été aussi fort et le niveau mondial aussi faible. Perche, Soumaré, 3000m steeple, relais, Diniz, Tamgho : ça fera dix médaillables possibles au Mondiaux, donc six maximum. Vivement la nouvelle ère, se disent Arron, Pérec, Diagana et Doucouré.

Championnats d’Europe de Barcelone : Papa, Tamgho, Charlot

Août 2009, le spécialiste athlé du Vestiaire prononce une sentence aux allures définitives : son chouchou ,Teddy Tamgho, ne sera jamais en or dans un championnat planétaire. Il ajoute : « ces choses-là, ça se décide très jeune et sans douleurs au mollet « .

Mea culpa. L’optimisme avait à l’époque pris le dessus comme rarement, puisqu’il semble subitement devenu difficile de gagner même un championnat continental, voire européen. Et cette fois, pas qu’à cause de son physique, mais aussi de son niveau. Heureusement, ces critères ne sont pas essentiels pour devenir un champion puisqu’il faut juste avoir le boulard. Tamgho l’avait bien compris, en tout cas jusqu’au premier saut. Puis l’orgueil a pris le dessus, Teddy n’était déjà plus premier. Pas le genre à craquer sous la pression, à réaliser ses meilleurs sauts en meeting ou dans des compétitions sans intérêt en salle. Teddy, la grenade dégoupillée, va exploser, mais en vol. Frôlant parfois les 17m40, taquinant même les 17m50.

Triple sot

Le destin est parfois farceur, ses concurrents avaient choisi le même jour pour aller un peu plus loin, être au top. Du coup, il aurait pu demander à sauter la semaine prochaine, ou des adversaires un peu moins bons voire l’interdiction du bandeau sur cheveux rouges. Il s’est rêvé joueur de NBA sur un playground, il a vu débouler Dennis Rodman, comment ne pas perdre ses moyens ? Mais il a préféré crâner en qualifs, puis crâner en finale. Sinon, il peut toujours continuer à crâner, puisqu’il reste le meilleur dans cette discipline annexe qui consiste à faire des chorégraphies ridicules avec son pote Compa, qui consiste  aussi à raconter que les 18m seront en danger grâce à son pote Compa.

Il avait pas tort là-dessus, les 18m étaient pas loin, mais Compa avait mal aux pieds. Blessé en 2009, troisième en 2010, champion du monde en salle, ça doit être ça, assumer son statut de favori quand ça compte vraiment. Après tout, la Roumanie a toujours été une grande nation du triple-saut. Se faire planter au cinquième saut quand notre spécialiste est le 6e, ça peut rendre fou. Ou modeste. Comment s’écrit humiliation ?