Liège-B.-Liège : Gilbert bécots

C’était un plaidoyer vivant contre le dopage, c’est devenu un plaidoyer mort, pourtant Liège-Bastogne-Liège existe encore, plus Francky. Tonton Jean-Luc espèrait que Fifi Gilbert lui succèderait, on ne lui souhaite toujours pas. Hélas, il a déjà fait mieux

Avril 1999. C’est la première année du renouveau, oubliée l’affaire Festina, le cyclisme a changé de visage. Il porte celui de Franck Vandenbroucke, un jeune belge péroxydé comme la plupart des cyclistes surdoués, et qui malgré deux chutes au Tour des Flandres a fini deuxième. Entre temps, le vélo est devenu une science exacte : il est favori, il va gagner et il annonce même comment. Par un démarrage dans la côte de Saint-Nicolas à 700 m du sommet. « C’est là que je vais attaquer dimanche et pas ailleurs. » Un peu d’arrogance n’a jamais tué personne.

Le bouffon de Liège

Pourtant, tout ne se passe pas comme prévu. Comme la plupart des cyclistes surdoués Franck ne sait pas lire et notamment les panneaux. Alors que Bartoli prend vingt mètres d’avance dans la Redoute, il décide d’attaquer et dépose le brave Michele, mais au bout de 30 secondes il stoppe son effort car Saint-Nicolas c’est un peu plus loin comme le lui indique son directeur sportif. Mais il oublie de lui dire que le dopage est interdit. La même erreur qu’avec Rinero l’année d’avant. Une pause de dix minutes sur le bord de la route et voilà que les poursuivants sont déjà là. La course arrive enfin dans la côte de Saint-Nicolas, comme promis VDB démarre à 700 m du sommet. 53×16 sur un dénivelé de 11%, Pantani a laissé une descendance.  « Je l’ai laissé prendre dix à quinze mètres exprès et je suis revenu sur lui seul pour l’attaquer là où je l’avais dit soit à 5,3km de l’arrivée. Rien ne pouvait plus m’arrêter. » Rien ou presque. Francky avait tout prévu sauf les descentes de police, les hôpitaux psychiatriques, les overdoses, les tentatives de suicides, et les hôtels sénégalais.

Pendant ce temps-là, papa Jean-Jacques joue au jeu des sept erreurs : « Deux gars qui assument leur statut au sommet de leur sport, deux Wallons qui plus est, cela fait du bien… Deux caractères d’une extrême gentillesse aussi, abordables. » Gilbert l’avait annoncé, il a gagné. Et aux mondiaux ?

Vitesse, Pervis : Laurent n’a pas Gané

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Même Daniel Morelon le dit. Laurent Gané, son début de carrière, sa pointe de vitesse, son gabarit moulé dans un costume de Superman, tout était « impressionnant ». Pourtant, son plus bel exploit restera d’être le meilleur Gané, son frère Hervé lui ayant largement facilité la tache.

Multiple champion de France de vitesse individuelle, il a été deux fois favori pour la médaille d’or aux Jeux Olympiques : à Sydney et Athènes. C’est un peu de sa faute, il avait aussi atteint les finales des Mondiaux en 1999 (titre), 2000, 2003 (titre) et 2004. Résultat, Rousseau le bat en demies à Sydney pour fêter sa fin de règne. A Athènes, c’est Bailey qui confirme l’hégémonie du nouveau roi Gané en l’expédiant 2-0. Au sommet, il honorera sa carrière d’une deuxième 4e place aux JO. Les commentaires de Jean-René Godard n’y seraient pas étrangers. Après tout, pour lui, le vélo était un sport collectif comme pour Mimo, le porteur d’eau d’Amaël Monfort.

Son talent ne demandait qu’à s’exprimer. Mais tout le monde n’eut pas la chance que son adversaire perde les pédales.

Kilomètre, Pervis : Le Tournant d’une carrière

Comme tout le monde le rappelle, l’exploit de Pervis n’en est pas un puisque tout être humain avec un passeport français est déjà passé par là. En revanche un titre olympique dans deux ans ça aura un peu plus de gueule.

Par notre consultant jumeau Jean-René Bisounours

Le kilomètre était une discipline singulière qui ne servait à rien où il suffisait d’être inscrit comme Français pour remporter le titre mondial. Et comme il y a des mondiaux tous les ans, les palmarès étaient bien garnis. Rousseau 3 titres, Tournant 4. Aux Jeux Olympiques les règlements changent : il n’y en a que tous les quatre ans, Laurent Gané s’y était frotté sans conviction mais c’était de la vitesse. Là il faut juste faire un ou deux tours de piste.

Une formalité pour le double champion du monde en titre Arnaud Tournant, ultrafavori à Sydney. Il ne se fait pas prier et remporte la médaille d’or. Mais c’est en vitesse par équipes. Sur le kilomètre il réussit à entrer dans le top 5, pas si dégueulasse. Arnaud est jeune et ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Dans la foulée il conserve son titre mondial et en rajoute même encore un autre. Les Jeux ne sont donc qu’un accident de parcours, il en disputera d’autres à Athènes 4 ans plus tard mais il va changer de méthode. Au lieu d’arriver archifavori, il ne va rien gagner ni en 2002 ni en 2003, s’offrant au passage argent et bronze mondiaux. Ainsi ses adversaires ne le verront pas venir. Et ça marche, il gagne. 4 places. Tout auréolé de cette médaille d’argent, il rajoute le bronze en vitesse par équipes, rien que ça.

Dans la foulée, le kilomètre sera supprimé des JO, si ça sert qu’à humilier les Français. Quel bel athlète que ce plus grand spécialiste de l’histoire du kilomètre. Plus grand champion c’est plus compliqué à affirmer car même Florian Rousseau y a glané une médaille d’or olympique. Bon d’accord son adversaire avait déchaussé.

Les années EPO (2/3) : Berzin patron

Si le Tour 94 marqua l’arrivée à son paroxysme de l’inhumanité des perfomances cyclistes à l’EPO, le symbole le plus éclatant se matérialisa dans les résultats de l’équipe Gewiss. La Gewiss et son fabuleux mage Michele Ferrari.

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Un médecin pourrait passer son temps à soigner, certains choisissent de le passer à tuer. Ferrari débute sa carrière de sorcier, comme il se doit au début des années 80 à Ferrare, au centre de préparation de Merlin l’enchanteur.  Pour l’occasion il prend les traits du Dr Conconi, déjà bien connu des services de pharmacologie puisqu’il prépara Francesco Moser, 33 ans, lors de ses deux records de l’heure à Mexico. En 1993, le petit Michele, élève très appliqué, entre dans le « vif » du sujet en prenant en charge, seringues à la main lors de fascinants stages en altitude, la destinée de Tony Rominger. Et quelle destinée.

L’insupportable gentilhomme suisse remporta presque tout ce qui s’offrit ensuite à lui, n’échouant dans le Tour de France que sur le célèbre coéquipier espagnol de Gérard Rué chez Banesto. L’insatiable hélvète bat surtout deux fois, en deux mois, en 1994, le record de l’heure. Ce qui aujourd’hui n’a plus aucun intérêt mais qui à l’époque était gage de « très bonne préparation ». 1994 fut donc l’année où le docteur Ferrari prit en main la Gewiss. Il innocenta alors à tout jamais, ou presque, Lance Armstrong, Alexandre Vinokourov et des dizaines d’autres patients : « l’EPO n’est pas plus dangereuse que 10 litres de jus d’orange. » Après ça tout le monde fut rassuré et la Gewiss put tranquillement prospérer à l’aide de sa potion magique.

Le directeur sportif de la Gewiss, Emanuele Bombini possédait dans son effectif, au début de l’année 94, une majorité d’inconnus, au palmarès vierge. Ils s’appelaient Berzin, Gotti ou Furlan, étaient encadrés par un coureur danois très moyen déjà âgé de 30 ans, qui ne comptait alors dans son palmarès rien de très glorieux hormis une calvitie. Se trouvait aussi là, un élève de Ferrari ancien champion du monde : le vieux Moreno Argentin. Sous les yeux complices des mondes cycliste et médiatique, cette équipe sans prétention allait tout simplement réinventer le vélo en raflant presque tout. Les spectateurs ébahis voyaient tout, mais ne devinaient rien.

A chaque course son exploit sponsorisé Gewiss. Furlan gagna Milan-San Remo, le Russe Berzin remporta Liège-Bastogne-Liège. On disait de lui qu’il était le coureur le plus doué du peloton. Et si on remplace le u par un p ça donne quoi ? Une étape fut franchie dans la démesure à la Flèche Wallonne lorsque les trois premières places furent offertes à Argentin, Furlan et Berzin. Un exploit inédit qui fut salué avec l’agrément de l’UCI par Ferrari en personne qui en profita pour évoquer publiquement les merveilleuses vertus de l’EPO dans la préparation de ses poulains. Pourquoi alors s’arrêter là ? Berzin remporta le Tour d’Italie en dominant tranquillement… Miguel Indurain. Puis Ugrumov eût sa part du gâteau au Tour de France.

La dernière marche pour accéder au panthéon du cyclisme à moteur fut franchie en 1995 lors du contre-la-montre par équipe. L’équipe Gewiss écrasa l’étape à la vitesse de 54,943 km/h de moyenne. La légende raconte que les motos suiveuses n’arrivèrent qu’1h et demi après. Riis finit 3e de ce même Tour et termina sa carrière comme l’on sait. Gotti se plaça 5e puis augmenta les doses et remporta deux Tours d’Italie. Pour Berzin et Furlan, la fin ne fut pas aussi rose. Le premier porta brièvement le maillot jaune en 96 avant, ironie du sort, de laisser à Riis l’honneur de se faire rayer du palmarès, puis il disparut à tout jamais. La preuve que l’EPO ne suffit pas toujours. Le second dut stopper sa carrière victime d’une vilaine thrombose à la jambe, sans doute un des effets bénéfiques du jus d’orange.

1995, marqua également la miraculeuse résurrection de Laurent Jalabert, qui passa de très bon sprinter se cassant la gueule à Armentières en 94 à rouleur-grimpeur en 95, menaçant Indurain sur le Tour (finissant finalement 4e, faut pas exagérer quand même) et surtout grand vainqueur de la Vuelta et de tant d’autres courses.

Pendant ce temps-là, un coureur ancien champion du monde de cyclisme, très moyen sur le Tour de France (1993, abandon 12e étape; 1994 abandon 15e étape; 1995, 36e du classement général; 1996, abandon 6e étape) s’apprète à débuter son chemin vers l’au-delà… Il s’appelle Lance Armstrong.

Les années EPO (1/3) : Monstres et compagnie

A l’occasion de l’opération linge sale de l’UCI, le Vestiaire republie son enquête explosive qui vous a fait tant fait trembler. Mais moins que Vandenbroucke ou Pantani en pleines convulsions 10 minutes avant de trépasser.

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Si le dopage a toujours existé dans le cyclisme, l’EPO a tout changé dans les années 90. Un vieux Danois chauve non partant lors de la 17ème étape puis 107ème l’année d’après pouvait devenir un vieux Danois chauve 5ème, 3ème puis 1er. Le recours à l’érythropoïétine se généralisa entre 1990 et 1991. La première méthode de détection connue, aussi hypocrite soit-elle, fut le contrôle du taux d’hématocrite. C’était apparemment simple, au dessus de 50% le contrôle est positif.

1. Indurain 2. Ugrumov 3. Pantani. On appelait ça L’E.P.Odium de rêve. Le Tour 94 fut sans aucun doute le sommet pour toute une génération de coureurs, et la consécration de l’homme d’une époque : Michele Ferrari qu’on ne présente plus qui officiait à l’EPOque à la Gewiss. Au delà de Miguel qui ne fut jamais pris à l’EPO ou de Pantani qui fut tout le temps pris à l’EPO, la vraie attraction de la cuvée EPO 94 fut un coureur de l’est sorti de nulle part qui y retourna tout aussi rapidement non sans fait flancher toute la banque Banesto de son niveau stupéfiant.

Des coureurs de l’Est, il y en eut un bon paquet et Piotr Ugrumov, plus que Rumsas en est certainement l’archétype. Lorsqu’il explose cette année là au plus haut niveau il n’a que 33 ans autant dire qu’il lui restait alors 20 bonnes années à vivre. Son taux d’hématocrite passait de 32% en hiver à 60% en été, déjà une performance en soi. Mais en 94 il décida de ne pas s’arrêter là, il remporta coup sur coup deux étapes de montagne dont un contre-la-montre à Avoriaz où il écrasa le roi Miguel à tel point qu’il aurait pu menacer la chaudière de Navarre. Il n’en fut rien car comme d’habitude le Tour était déjà fini.

Pourquoi la Gewiss, et son bon docteur Ferrari, n’avait-elle préparé le Letton laiteux que pour deux étapes. On ne le saura jamais. Ugrumov fit 2ème puis par miracle 7e du Tour 96 avant de disparaitre. Gewiss c’était aussi Berzin, Riis, Gotti, Argentin ou Furlan. Dont on va reparler dans les années à venir. Avant les Alpes, une autre équipe tout aussi piquante s’était révélée au grand jour : les Festina. Leurs plus vifs représentants, Luc Leblanc et Richard Virenque avaient survolé les Pyrénées. Notamment à Hautacam, montée qui grâce au panache de Riis puis Armstrong deviendra par la suite, un véritable controle antidopage positif en elle-même. A Hautacam donc, Leblanc battra Indurain avant quelques mois plus tard de devenir champion du monde toujours sur grand plateau. Le lendemain Virenque montra que lui aussi n’avait rien à envier à son compère boiteux en gagnant à Luz-Ardiden la plus belle étape de sa carrière (la première) puis son premier maillot à pois. Le Tour 94 on vous l’a dit c’est aussi la naissance de Marco Pantani.

 

Exclusivité Christopher Froome : « Une voiture ça fait Froome, Froome »

Pendant l’hibernation de Thierry Bisounours, c’est Christopher Froome en personne qui a accepté de nous éclairer sur les performances troubles et troublantes d’Antoine Vayer. 

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Christopher pouvez-vous arrêter de pédaler pendant quelques minutes pour répondre à nos questions  ?

Désolé mais dès que j’arrête de tourner les jambes mon sang ne coagule plus, alors je profite de ma particularité pour aider British Airways à acheminer ses usagers en cas de grève. (Il ralentit en frôlant de près un autre avion et s’excuse). Et oui, c’est dangereux de ne pas avoir de couloir aérien dédié aux cyclistes.

Vous êtes hémophile ou vous prenez de l’EPO pour avoir un tel problème de santé ?

Non je suis tombé dans une marmite de jus d’ananas quand j’étais petit.  Je le souhaite à personne

Mais c’est n’importe quoi. Votre entraîneur dit qu’au Kenya au début de votre carrière vous étiez un coureur ordinaire. Désormais la Sky dit de vous que vous êtes surdoué par rapport aux autres. Ca veut dire quoi ?

C’est lié à ma couleur de peau. Avant j’étais noir comme mes frères, du coup j’étais un excellent coureur de fond mais un piètre cycliste comme mes frères. Mais une marmite de jus d’ananas a changé mon métabolisme et mon destin à tout jamais. Depuis on m’appelle le Kenyan blanc ça a failli être le Kenyan jaune rapport à ma couleur quand je bois du jus d’ananas,mais on n’est pas sûr de la couleur de la boisson.

Vous vous foutez de nous, vous n’avez commencé à gagner qu’en 2011, du jour au lendemain, et vous avez toujours été blanc. Vous avez fini votre premier Tour 84ème, c’est un peu léger pour un surdoué. Pourquoi êtes vous devenu talentueux aussi brusquement ? 

Normal, ce n’était pas moi qui courait mais une image de moi. Dans ma religion, le cyclisme est interdit mais on peut être aligné par la force de l’imagination. Vous simples mortels ne pouvez pas vous en rendre compte.

Vous êtes immortel ?

Ben comme Bernard Hinault et Lance Armstrong. Ca vous étonne ? Laurent Fignon doit regretter d’avoir été excommunié. Il l’a payé très cher.

C’est quoi cette histoire de religion ? Pourquoi vous foutez-vous ouvertement de la gueule du monde avec des réponses aussi pourries ?

A cause de ma bilharziose. Depuis que je suis traité correctement je parviens à rouler aussi fort que les plus grands champions de l’histoire mais je n’arrive pas à dire la vérité dans une interview. Vous m’excuserez auprès de Gerard Holtz. Quand il m’a demandé si je prenais des produits j’ai dit non.

Alors que vous vouliez dire oui ?

Non, je voulais dire non. Mais je voulais aussi lui mettre une grosse claque dans la gueule.

 

Tour de France : Une EPOque formidable

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La centième édition de feu à peine terminée, Thierry Bisounours prépare déjà la deux centième avec Christian Prudhomme et ses équipes. Froome sera peut-être toujours là, il vaut mieux s’y prendre à l’avance pour faire un Tour à sa hauteur. Une double ascension de l’Himalaya par l’Everest, l’Annapurna et le Vésuve en éruption serait envisagée. Pour la dernière fois, Thierry Bisounours répond à vos questions posées sur equipe.vestiaire@yahoo.fr

Alors Thierry, quel Tour !

Ben, le Tour de France ! Première question, première bâche, ça démarre fort ! Je mets la même dans la gueule à Vasseur tous les jours. Ça doit le changer de la coke. Et bim !

…Euh, c’est-à-dire que c’était un point d’exclamation… Quel Tour !!!

Ah oui, aucune échappée en plaine n’est arrivée au bout, même à l’époque de l’EPO on ne voyait pas ça. Le sublime tracé de Prudhomme y est sans doute pour beaucoup avec ces 15 étapes de montagne et 8 contre-la-montre.

Il n’y a que 21 étapes…

C’est vrai, c’est trop. On devrait revenir aux fondamentaux comme en 1903. 6 étapes, avec des Bordeaux-Nantes de 425km qui durent 16h, sans parler des Nantes-Paris.

Ça poserait surement un problème à France télé…

C’est vrai que les paysages de nuit ça donne moins bien, ils auraient du mal à capter 50% du public même si les gens ont toujours l’air d’apprécier les 9 passages au sommet de l’Alpe d’Huez. Du coup vous comprenez pourquoi la drogue en intraveineuse a été autorisée, sinon on aurait jamais fini avant le 20h ou Plus Belle la Vie.

Mais le dopage n’est toujours pas autorisé !..

Oh putain, faut que j’envoie un texto à Christopher alors.

Christopher…Froome ???

Ben oui, il était persuadé que vu que Contador avait encore le droit de rouler et que Bjarne Riis a toujours une licence, ça valait pour tout le monde. Moi j’en savais trop rien, ça fait 5 ans que je commentais avec Jaja et on l’a remplacé par Vasseur. On a de quoi s’y perdre. Je vais quand même vérifier l’info, j’entends dire parfois que je suis journaliste. Si c’est le cas Prudhomme est  hypocrite. Non ?

Attention pas de diffamation… Précisez votre pensée.

Ben pourquoi continuer à accepter des bagnards, des repentis, des toxicos, des chauves, des moches ou des prostituées…

Attention, les demoiselles qui remettent les maillots comme au temps où la pilule contraceptive était interdite et où les femmes n’avaient pas le droit à un compte en banque ne sont souvent que des miss locales, pas des putes…

Avouez que la confusion est facile.

Certes. Poursuivez…

Je disais pourquoi les organisateurs tolèrent n’importe qui alors qu’ils ont le pouvoir de les refuser comme à l’époque de Ullrich, Basso ou même Virenque. Ils n’avaient pas la peste bubonique ni même un choléra des familles, ils sentaient juste le soufre. Quand je pense à l’odeur de merde dégagée par…

Stop ! vous vous emballez…

Pardonnez-moi. Sinon on pourra toujours retenir de ce Tour la découverte d’un grimpeur colombien, ou que Jean-François Bernard n’a pas toujours été complètement à côté de la plaque. Enfin, cette année si, mais sur l’ensemble de sa vie non. En 1987 il a gagné le Ventoux. Sinon ce Tour a été celui des coups de gueule de Bernard Hinault comme tous les ans contre les questions qui parlent de dopage. Il ne s’en est pas encore pris aux coureurs français mais ça ne saurait tarder.

Justement, les Français ils sont où ?

On en trouve encore en France, même si Joey Starr pense qu’il faut se barrer. Il s’inscrit dans la lignée des Voltaire, Pascal et autres Lorie ou Ronan Pensec. Sur le Tour en revanche, c’est en effet plus difficile de les retrouver. Sans doute une des conséquences de ce beau tracé ne laissant aucune place à la récupération. Riblon s’en est tiré, il faudra donc supprimer les journées de repos l’année prochaine, ça lui fera les pieds. Je pense que c’est la fin du cyclisme à deux vitesses. Désormais, les Français font du vélo et les autres de la moto.

Mais à l’époque de l’EPO généralisée c’était déjà le cas…

A croire qu’ils sont juste plus mauvais que les autres ? C’est sans doute vrai, mais c’est plus compliqué que ça. Vous n’y connaissez visiblement pas grand chose. Prenez le fameux Tour 98, pas de Virenque, pas de Festina et 8 Français dans les 30 premiers, Robin et Rinero dans les 10. Vous y voyez une règle autre que même Jacky Durand se charge ?

Guimard dit que le classement est rationnel ça veut dire quoi ?

Ça veut rien dire. Si, ça veut surtout dire que les consultants servent à rien.

Mais vous en êtes un

Pas vraiment, sinon je vous dirais que ce Tour a permis de voir des sprinters se casser la gueule, Froome tout tordu sur son vélo et Quintana tenter d’accrocher la deuxième place. C’était pas mal. Les 5 minutes d’avance de Froome après 2 étapes ça ne changeait rien. S’il domine ça fait du spectacle, s’il est battu ça fait du spectacle, s’il est contrôlé positif ça fait du spectacle, le paysage filmé en hélico ça fait du spectacle, Des racines et des ailes ça fait du spectacle aussi. Conclusion : la plupart se branlent de la triche, dont les organisateurs et les diffuseurs. Pas moi.

 

 

 

 

 

Tour de France, Froome : Bordel de Merckx

 La montagne, le contre-la-montre, nier devant les médias en anglais et en français, grimper et fanfaronner comme Bjarne Riis, pisser et chier avec une oreillette comme Armstrong : il sait tout faire même tricher plus ouvertement qu’Armstrong en se ravitaillant quand il veut. Un grand champion est né, sans doute le plus grand. Humilier Evans et Contador ne pourra pas suffire à son talent.

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Le Vestiaire attendait avec impatience de voir si le Tour allait continuer après le Mont Ventoux. Puisque c’est le cas, plus rien ne s’oppose à traiter Froome selon 3 postulats: 1. il est aussi fort qu’Armstrong, 2. le dopage n’existe plus, 3. il ne peut donc pas se doper. Voici la dernière chose qu’il nous reste à faire : traiter le cyclisme comme si le mot perf n’était plus le diminutif de perfusion.

Ce n’était donc pas seulement l’orgueil qui l’avait fait attaquer Wiggins à La Toussuire l’an dernier avant de se rasseoir en montrant ostensiblement son oreillette. Ce n’était pas non plus juste une rafraîchissante arrogance qui l’avait fait terminer deuxième des deux contre-la-montre remportés par Wiggins, pas plus qu’un début de morgue quand il avait décidé d’aller gagner la première étape de montagne deux secondes devant Wiggins. Froome a surtout fait ça parce qu’il est le plus grand champion cycliste de tous les temps et il ne supportait plus de ne pas en profiter. On le comprend.

Au Lance flamme

Vu sous cet angle, le nouveau Merckx fait un Tour 2013 de merde. Lui qui est capable de gagner dans les Pyrénées, d’attaquer sept fois en haut du Ventoux sans se mettre en danseuse comme Ullrich et de gagner en étant plus laid qu’Evans et Chiappucci sur un vélo, puis de courir le contre-la-montre en freinant dans les descentes et finir par le gagner sans faire exprès trois jours après, il a quand même rendu une minute sur une bordure et fait une fringale dans l’Alpe d’Huez. Une honte.

Indurain a attendu son dernier Tour pour montrer ça, et Armstrong ne s’y est résolu que parce que Virenque était revenu propre mais un peu trop fort et que Ferrari était pas joignable. C’est d’ailleurs après cette étape que l’US Postal avait abandonné le sang de veau dans ses poubelles. Zulle (1999), Beloki (2002), Kloden (2004), Basso (2005) n’ont jamais approché plus près que 4’40 au général, sans jamais rien reprendre en montagne. Ce n’est arrivé qu’en 2003 mais Armstrong avait décidé de faire la haute montagne sans équipier pour voir. Il avait vu, et à force de se laisser emmerder pour 15 secondes par Vinokourov et Ullrich, il avait pris sa moto pour lâcher tout le monde à Luz Ardiden et régler l’affaire.

Les 5’11 d’avance de Froome sur Contador ne vont donc pas impressionner grand-monde, surtout après avoir laissé Quintana revenir à 5’32. Il vaudrait mieux leur coller 15 minutes dans le Glandon et 20 dans la Madeleine sinon Hinault lui donnera pas le Maillot Jaune.

Tour de France, Pinot : Un Thibaut, deux Thibaut, trois Thibaut

« Maintenant, on me tape sur la gueule. » Au moins Voeckler, lui, ne s’en plaint jamais et préfère parler de sa popularité. L’expérience sans doute.

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Un Tour de France démarre toujours avec un numéro de Vélo magazine. Quand ce n’était pas Jalabert le nouveau Hinault, c’était Leblanc ou Virenque. Quand Hinault n’a plus eu de successeur, sont venus les Moreau, Chavanel et Moncoutié, parfois même Casar valait mieux que Jacky Durand. Et puis l’âge d’or a sonné sans prévenir. Voeckler 4e, Rolland 10e, c’était tellement beau que Jean-Christophe Péraud (9e) est resté un simple médaillé olympique. Le troisième larron sera un jeune, et ce sera un FDJ n’en déplaise à Madiot. Il vaut parfois mieux fermer sa gueule et rester assis sur sa selle plutôt que d’attaquer en montagne, surtout quand on peut gagner. C’était en 2012, Thibaut Pinot était né avec la même 10e place que Rolland l’année précédente. Ça valait bien un site Internet avec une belle police d’écriture pour recenser les articles du Parisien, de l’Est Républicain, de l’Alsace. La rubrique actualité est moins fournie depuis deux semaines.

Quand on fait ça à 22 ans, la suite paraît évidente. Pas la 52e place au général à plus d’une heure et l’abandon avant la 16e étape, mais ce qui vient avant. D’abord Intérieur sport qui l’accompagne sur le Tour de Romandie début mai. Il grimpe comme un Dieu, il est content d’attaquer Froome qui ne lui prend qu’une minute à la fin, il aimerait confirmer son top 10 sur le Tour. Il est bien la future star, à un ou deux petits détails près : il a du mal à donner des ordres et il chie son dernier contre-la-montre qui l’éjecte du top 10. Mais ce n’est pas grave, le Tour de Suisse viendra bien vite confirmer tout ça : dans la montagne il est là, et lors de la dernière étape il foire un peu son contre la montre et le podium lui échappe.

Aller à la selle

C’est alors que Tout le sport débarque pour filmer Thibaut avec des chèvres puis avec un vélo dans le Ventoux en reconnaissance. A ce moment-là tout va bien, le Ventoux est génial, il aimerait y gagner et confirmer son top 10. Comment passe-t-on du Ventoux seul au printemps, sans Madiot qui gueule derrière, au Ventoux l’été avec une angine, des Pyrénées de merde sur le porte-bagage et une heure de retard au général ? L’explication est simple comme pour un enfant turbulent qui menace de se jeter dans le lac communal un soir de rupture amoureuse : « Dans la tête j’y suis plus, je sais pas quoi dire. Là je suis plus dans la course. L’an dernier tout le monde était là à me soutenir, maintenant tout le monde me tape sur la gueule. Ca fait un an qu’on me parle du Tour, y a pas une journée où on m’en parle pas, je suis arrivé bien cramé mentalement. Le Tour de France ça se bâche pas même si on a envie de partir. » Deux jours après il avait retrouvé le sourire, cinq jours plus tard c’était son lit.

Partir n’a pas tellement trotté dans la tête de Voeckler et Rolland. Le premier passait des coups de fil sur le vélo pour aider Jean-René à convaincre Europcar. Le second visait un podium en juin, le maillot à pois après la première semaine et d’éviter de trop faire parler de sa cortisolémie. Du coup Astana était intéressé, mais il va rester avec Jean-René.

Tour de France, Froome : Ventoux l’hymne

Vêtu d’un maillot du Barça floqué Tom Simpson,  notre consultant Thierry Bisounours était dans les lacets de l’Alpe d’Huez en train d’édifier une stelle pour Marco Pantani quand on l’a retrouvé.

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Thierry, estomaqué par la performance de Paula Radcliffe ?

« J’ai toujours aimé sa musique. Reggae night, melody tempo harmony, I shot the sheriff… Ça envoie grave du début à la fin, à croire qu’il se promène sur la scène avec une perf d’amphetamines sans que personne ne le voit. »

Non ça c’est Jimmy Cliff, enfin presque. Paula Radcliffe, c’est Christopher Froome selon Christian Prudhomme.

« Ah je le savais, le farceur. Il n’est jamais là où on l’attend. La preuve, il est toujours patron du Tour, et fait exactement comme ses prédécesseurs. Dès qu’il y a un doute, il s’en branle.»

Et pour en revenir à Froome ?

« Ça fait pas deux questions qu’on en parle déjà ? On peut aussi parler d’Armstrong : « L’année dernière, j’étais de ceux qui s’étaient insurgés contre la suspicion qui avait entouré Armstrong. Je le répète : j’avais déjà compris et admis la métamorphose qui a été la sienne à la fois sur le plan physique et sur le plan psychologique. Cela a été dit dans tous les journaux, et c’est pour moi une évidence. Alors, cette année, on reparle du  » surhomme « . Mais soyons sérieux : l’année dernière à Sestrières, il avait gagné avec 30 secondes… et cette année, avec combien d’avance gagne-t-il à Hautacam ? Pas grand-chose. En tous les cas bien moins que MM. Hinault, Fignon et d’autres… » C’est marrant ce jeu non ? »

C’est du Prudhomme ?

« Non du Jean-Marie Leblanc en 2000. Vous saviez que comme Froome son lieutenant était un Dr Porte ? »

Oui, on s’en souvient. Et ?

« Pas grand-chose de nouveau, Pantani et Armstrong avaient déjà tout raconté en 2000, même si Virenque a voulu le dire à sa façon en 2002. Une étape de 242,5km avec le Ventoux à la fin, à 41,7 km/h de moyenne, sept ou huit accélérations sans lever le cul de la selle dans la montée finale et quelques gouttes de sueur pour les caméras. Mais s’il faisait 34° au pied du Ventoux, il ne faisait que 20 là-haut. Ça rafraîchit l’ambiance. Vous saviez sans doute qu’Iban Mayo détenait le record de la montée mais que c’était en contre-la-montre. »

Pantani, Armstrong, Virenque, Mayo, ça va, on a compris où vous vouliez en venir.

« Non vous ne savez pas. A quoi ça rimerait de comparer le taux de réussite du Ventoux et celui de Walter Godefroot ? »

Mais pour Froome, Holtz a dit qu’il avait été placé sous oxygène et que Quintana a fait un malaise.

« Vous n’en feriez pas un après 55 minutes d’apnée ? »

C’est une blague ?

« Il faut demander à Holtz. »

Non, a priori il le croit.

« Et il a raison. Vous avez des preuves de dopage pour les 150 premiers du Tour vous ? Moi non. De toute façon, pourquoi polémiquer ? En 1998, les contrôlés positif niaient en pensant que le système les protégeraient. Des pionniers. Les suivants, après 1998, ont nié jusqu’au moment en se disant qu’il fallait amasser du pognon jusqu’au contrôle positif et essayer de ne pas se faire prendre, tout en craignant que moralement un contrôle positif pourrait détruire leur image et leur vie. Ils ont considéré que le gain surpassait le risque mais leur sacrifice n’a pas été en pure perte. La dernière génération de positifs a pu constater que ça ne détruisait rien à part le palmarès dans quelques cas. Donc ils nient encore. »

Vous voulez dire que les mots n’ont plus aucune valeur et que rien n’a changé ?

« Si, Jean-Paul Ollivier Chêne et Thévenet sont partis (NDLR après vérification Paulo est bien vivant même s’il n’est plus en très bon état) même si Thévenet pas completement. Sérieusement, vous voudriez que tous les autres suspects soient aussi exclus sous prétexte qu’ils ont été suspendus ou que nos hélicos n’arrivent pas à les suivre dans les cols ? Donc je continue de venir et de regarder le Tour, même quand ça me fait bien marrer comme aujourd’hui. Vous avez entendu Vasseur râler parce que les motos n’avançaient pas assez vite devant Froome ? »

Oui, mais le public devant ne se poussait pas.

« Na na na, le public se pousse pas, les pentes à 20% ça fatigue, le suivi longitudinal il est méchant ! (il se lève brusquement, fait mine de se couper un testicule avec une photo dédicacée de Tyler Hamilton et brandit un doigt menaçant) Au moins Armstrong il s’emmerdait pas à perdre une minute sous prétexte d’une bordure la veille du Ventoux. »

Il reste les Alpes. Tout peut changer ?

« Pour Europcar ? (il explose de rire et imite grossièrement Jean-René Bernaudeau au volant d’une voiture en train d’encourager Pierre Rolland). Allez Thibault ! Il est pas bon mon Pinot ? (il se met à uriner en direction d’un camping-car immatriculé aux Pays-Bas stationné non loin de là) »

Les Français n’ont pas gagné d’étape, mais Péraud et Bardet font un beau Tour.

« Bravo ! Vous voyez qu’on peut tous faire un quotidien où on donne l’impression de parler de cyclisme. J’en ai un autre pour vous : la Sky est-elle en train de flancher ? »

On l’a lue partout celle-là depuis une semaine.

« Super. Combien vous avez perdu d’argent dans l’affaire ? De toutes façons Froome on s’en fout il a la bilharziose. Ce qui me choque le plus c’est que Contador soit encore là. Ce simple fait justifie tous les doutes sur la volonté et l’hypocrisie des suiveurs ou organisateurs.»

Donc tout peut changer ou pas ?

« Contador est pas mal même s’il a plus le droit qu’à des portions limitées de carpaccio. Il est dans le coup ? »

Troisième à 4’25.

« Merci, j’achète même plus l’Auto journal alors je suis ça de loin. Et le deuxième ? »

Un Hollandais, Mollema, à 4’14.

« Laissez-moi deviner : formé à la Rabobank, bon en montagne, bon en contre-la-montre, et pas loin de la trentaine ? »

Vous êtes mauvaise langue : il n’a que 26 ans.

« (livide, il se saisit d’un téléphone à cadran) Je vais appeler Prudhomme pour m’excuser. »

Tour de France : Panic Froome

La nuit dernière Thierry Bisounours s’est réveillé en sueur. Pas qu’à cause d’un brutal onanisme nocturne ou parce qu’il rêvait que les réserves d’andouilles du monde entier avaient été vidées par Goldman Sachs mais surtout parce qu’il avait l’impression que le monde médiatique n’était plus aussi crédule ou hypocrite qu’avant. Du coup il se demandait si son contrat de consultant délirant sur le Vestiaire allait être renouvelé. Puis il s’est dit que Thierry Adam était toujours là alors pourquoi pas lui ?

dm

Alors Thierry, les soupçons sur Froome c’est une petite victoire après 6 ans d’interventions farfelues dans nos colonnes pour tourner en dérision cette grande farce ?

En effet, je suis surpris par les torrents d’injures qui s’abattent sur Froome. Personne n’avait osé en 1998 quand Pantani montait plus vite qu’il ne descendait les 2 Alpes, en 1999 et 2000, quand un ex cancéreux qui ne passait pas un col de 4ème catégorie deux ans auparavant roulait à 52 sous la pluie de Sestrières et de Lourdes, quand Hamilton a couru 200 km devant en montagne avec une clavicule cassée, quand Landis a mis 16 minutes au peloton après en avoir perdu 8 la veille, quand Contador s’est aperçu que que c’est son boucher qui lui permettait de gagner, quand David Millar a couvert Ricco, Rasmussen, Vinokourov, l’US Postal et les 80 coureurs propriétaires d’une carte de donneur chez le docteur Fuentes.

Il dit quoi maintenant David Millar sur la Sky et Froome ?

Son twitter a sans doute été piraté, il serait incapable d’une telle niaiserie  : « Well, rode a perfect race, and for the record, I believe they are clean and they deserve respect and admiration for it. »

Vous pouvez traduire ?

Grosso modo : « ce n’est parce qu’il atteint des performances physiologiques sans précédent pour un humain après 5h de vélo dont une bonne partie en pente, qu’il va plus vite que le meilleur Ullrich de ces 15 dernières années, qu’il était nul à chier durant les 5 premières années de sa carrière, qu’il a, à 28 ans,  une trajectoire à la Riis, qu’il nous prend pour des cons, que personne ne le croit et qu’il n’y a que Prudhomme pour ne pas stopper le Tour immédiatement qu’il faut le condamner ».

Ça dit quoi de David Millar, le chevalier blanc ?

Personne ne peut le dire. David c’est un exemple. Rendez-vous compte il fait ses débuts sur un vélo à la fin des années 90, chargé comme un cycliste des années 90, c’est un espoir, tout le monde voit en lui l’un des grands du futur. En fait il s’avère qu’il est pas génial mais c’est pas le propos. En 2004, on découvre que comme la plupart de ses collègues il n’aime pas la couleur naturelle de son sang. Il avoue, il fait amende honorable et promet de ne boire que de l’eau ou des boissons gazeuses. Chaque année, il se met en 4 pour faire passer ses messages de propreté, rappelant qu’enfin le vélo est clean, comme il dit avec son accent qui fait chier tout le monde.

Ça fait donc 9 ans que tout va bien. Alors pourquoi on a emmerdé Armstrong et consorts puisque Millar, le fameux cycliste repenti, disait le contraire ?

Peut-être parce que personne n’a relevé que Millar avait 37 ans et qu’il continue de se taper 3 semaines de Tour de France chaque année. Et que ces mêmes années, il a collectionné quelques jolies victoires de prestige face à des champions moins repentis que lui. Mais « Contador fait du bien au vélo«  dit-il à la fin de cette interview.

Voulez-vous dire que le vélo est une famille consanguine et mafieuse qui se protège de génération en génération ?

Je n’ai rien dit de tel. Vasseur a remplacé Jalabert au commentaire. Comment s’appellent les directeurs sportifs sur le Tour cette année ? Madiot, Bernaudeau, Baldato, Riis, Blijlevens, Dekker, Van Poppel, Zabel, Konyshev, je ne vais pas citer tout le monde mais il faudrait le faire. Amusez-vous à jouer au jeu du qui ne s’est jamais dopé et vous comprendrez peut-être que ce n’est pas parce qu’on dit qu’il ne faut pas faire quelque chose qu’on ne l’a pas fait soi-même en conscience et qu’on ne recommande pas à ses poulains de faire de même. Et c’est bien naturel puisque les autres le font.

Mais c’est quoi la solution ?

Tout arrêter. Allez je retourne dormir, sinon je vais finir par révéler que le dopage est toujours généralisé et non pas à la marge. En tout cas je ne m’en fais pas pour mon personnage, on ne risque pas de revoir un article sérieux sur le vélo avant un moment.

Mais les autres sports ?

Commençons par celui-là. Comment voulez-vous nettoyer les autres sports alors qu’on y arrive pas avec celui dont on connaît le mieux les pratiques.

Tour de France : On niera tous au paradis

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On pensait le dopage éradiqué et voilà que Laurent Jalabert vient d’être contrôlé positif. Son ami depuis jamais Thierry Bisounours notre consultant a tenu a apporter des précisions sur le tweet ridicule posté par son hologramme Thierry Adam.

Bonjour Thierry, alors comme ça l’actu c’est l’élimination de Nadal au premier tour de Wimbledon ?

Vous auriez préféré que je dise que c’était le remplacement d’un drogué par un autre drogué ? Je suis beaucoup trop naïf pour ça.

Voulez-vous dire que Vasseur qui condamnait les contrôles antidopages il y a 10 ans fait partie des tricheurs ?

Voulez-vous dire gna gna gna. Posez-moi des questions auxquelles vous n’avez pas la réponse où je vous fous une bastos de 17 en pleine gueule (il ouvre alors le coffre de sa voiture et sort un énorme fusil mitrailleur). Putain j’ai pas le mode d’emploi ! (il nous tire dessus et touche le testicule qui restait à Christian Prudhomme qui était en train de cirer les vélos de l’équipe Europcar). Je crois que Kiki aura du mal à sortir son refrainannuel sur un centième Tour de France très particulier, spectaculaire et chargé d’émotion.

Il sera chargé de quoi alors ?

(Sur une deuxième rafale, il touche Bernard Hinault). Ah Nanard pourra plus nous faire chier avec son éternel refrain sur le vélo bouc-émissaire et les autres sports qu’on ne contrôle pas. Avant il se contentait de dire qu’il fallait foutre la paix à Armstrong. C’est un progrès. Indurain pensait pareil.

Il avait pas raison sur Gasquet et la coke ?

Je suis comme Saint-Voeckler (Saint-Thomas NDLR), je ne crois que ce que je bois. Et pour rien au monde je boirai la pisse de Pierre Rolland même si elle doit être énergétique (le chargeur n’était pas vide, et c’est bientôt Jan Ullrich qui est touché par la grâce et soudain son corps se vide de testostérone, d’ecstasy, d’anabolisants, d’erythropoiétine, du sang de son chien, des trois kouglofs que sa mère avait préparé pour ses 25 ans, on trouve même une dent de Franck Schleck). Oh putain, à un moment j’ai cru que j’avais atteint Valverde (rassuré, il éclate en sanglot).

Le cyclisme est quand même pas plus gangréné que les autres, on va dans le bon sens. Non ?

Vous citez Pascal Hervé ? Il est en effet mieux placé que quiconque pour parler de la prévention chez les jeunes. On l’appelait déjà la chaudière dans le peloton junior, puis on a appelé Carl Naïbo du même surnom. Même Edouard Bergeon a pas fait carrière. En tout cas pas là-dedans.  C’est Lionel Chatelas qui doit se retourner dans sa tombe. Le peloton pro fait figure d’amateur à côté du peloton amateur. Pas mal la figure de style. Non ? (il nous balance son arme à la gueule). Plus de munition, c’est La Fontaine qu’on assassine.

Et sinon le dopage ?

Ah non on a dit qu’on en parlait pas. C’est fini tout ça, regardez cette page. Moi je veux parler Tour de France. On parle d’un duel Contador / Froome avec Nibali et Schleck en arbitre et peut-être Nadal et Michael Johnson.

Pendant ce temps-là, McQuaid trouve Armstrong opportuniste. Ils sont donc toujours bons amis. Heureusement ASO est indépendant.

Jalabert dopé : «Mazamet dire jamais»

Souvenez-vous, en pleine rééducation chez lui à Montauban après s’être fracturé l’humérus, la main et le tibia il y a deux mois en renversant une voiture, Laurent Jalabert était recemment descendu de son home trainer pour nous répondre, dans la campagne ardennaise après son petit millier de kilomètres matinal.

couillu

Vous venez d’être entendu par la commission d’enquête du Sénat sur le dopage.

« Ai-je été trompé ? »

Attendez, on n’a pas encore posé la question.

« Pardon. Mais j’ai eu un grave accident vous savez. »

Oui, sur les routes de Montauban, renversé par une voiture et…

(il coupe) « Non c’était pas un accident ça, je doublais tranquillement sur la 4 voies et il ne m’a pas vu, ça arrive. Pour l’accident,  je parle de l’équipe de France de cyclisme. »

Ah. L’échec des JO vous reste en travers de la gorge ?

« Non, mais le pare-choc de la voiture oui. On parlait de quoi déjà ? »

Du dopage.

« Ah oui. Manolo ? Manolo ? On a combien de temps avant que Jean-Marie Leblanc ne tire avec son flingue sur la foule ? »

Pardon ?

« Ben oui, combien de temps avant le départ de l’étape. On parlait pas de Manolo ? »

A vous de nous le dire.

« Moi je n’ai rien à dire. On était soignés, mais était-on dopés ? Je ne le crois pas. »

Vous n’êtes plus au Sénat, ni sur une étape du Tour d’ailleurs, là.

« Vous me rassurez. Parce que la Gewiss, quand même, ils me font peur. Ils doivent être mieux soignés que les autres. Armstrong, il va peut-être y signer la saison prochaine. Vous avez des infos ? »

Armstrong a arrêté, et avoué s’être dopé toute sa carrière, notamment dans les années 90 où tout le monde se chargeait plus qu’un flingue de Tony Vairelles. Votre sentiment ?

« Armstrong a fauté, mais il reste un grand champion. Il a pu prendre quoi que ce soit, mais des coureurs de son niveau, il n’y en avait pas tant que ça. C’est quelqu’un qui avait un talent énorme, avec un mental. »

Vous récitez ce que vous avez dit sur RTL le 22 octobre ?

« A aucun moment je n’ai cherché à rencontrer un médecin pour améliorer ma performance ou participer à la course à l’armement. (…) Ce n’était pas ma culture, pas mon envie. »

Armstrong s’était recyclé dans le triathlon.

« Moi aussi, j’avoue ! »

Vous avouez quoi ?

«Moi aussi, j’avoue !» «Moi aussi j’avoue! » «Moi aussi j’avoue!»

Vous buggez Laurent ?

«Saloperie d’EPO.»

Dopage : Et Ullrich ramait

Alors qu’Ullrich espère toujours courir le Tour 2006, 10 ans auparavant il naissait. C’était le 20 juillet 1996. Lors de l’avant-dernier Tour de France dont l’histoire a oublié le nom du vainqueur. 

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Le vainqueur aurait pu être danois. Certains l’avaient vu se balader en jaune sur les routes girondines. En deux étapes, il avait plié la course. Une petite dose dans les Alpes, une plus grosse dans les Pyrénées et Thévenet manqua de s’étouffer avec les glaires de Patrick Chêne. Ça, on vous l’a déjà raconté. Mais ce matin-là, au départ de Bordeaux, notre vieux chauve n’est pas très bien. Le dosage de Berzin n’est décidément pas le meilleur, les 70 km/h seront difficiles à atteindre, autant oublier tout de suite les 80. Il mise quand même sur l’aérodynamisme de son crâne pour limiter les dégâts. Mais son jeune coéquipier allemand, deuxième du classement général à quelque 4 minutes, table lui sur une jolie casquette à l’envers. Magie du vélo, c’est le bon choix.

Le projet stérone

Il s’appelle Jan Ullrich. Elevé au bon grain de l’Europe de l’est, celui de Katrin Krabbe et d’Erik Schinegger, il n’a eu aucun mal à suivre son papi dans Hautacam. Il aurait même pu le battre s’il n’avait pas respecté les limitations de vitesse. Ce qu’il ne va pas faire sur la route de Saint-Emilion. Chacun voit bien Indurain finir en beauté, mais le Navarrais a beau être aussi fort qu’avant dans l’exercice, le petit gros roux l’est encore plus. Il reconnaîtra deux fois le parcours avec une voiture Telekom dans son aspiration, avant de mettre deux minutes à son leader parti évidemment derrière lui. Patrick Chêne parle déjà à son propos de « seigneur », de « grand champion des années avenir ». Il aura raison un an.

Rudy la truffe

En 1997, il accélèrera brusquement pour la dernière fois de sa carrière dans la montée vers Arcalis. L’hiver suivant Janou se réchauffera dans les bras de sa fraülein de maman. Ils sont pleins de gras, c’est la fin de sa carrière. En 1998, Jean-Marie Leblanc découvre stupéfait que l’EPO n’est toujours pas autorisée. Pantani s’en fout. Il ne s’en foutra plus très longtemps. Janou, lui, n’aime pas la pluie, il préfère les gâteaux. En 1999, Janou étrennera ses nouveaux mollets en Espagne et à Vérone, mais pas en France. C’est dommage, il digère mieux les gâteaux. En 2000, Janou n’aime toujours pas la pluie, n’aime plus Hautacam, mais il retrouve son amour des pâtisseries.

Glander dans la Madeleine

En 2001, Armstrong n’est pas bien dans la Madeleine et le Glandon. Janou, qui aime toujours bien les préparations surtout celles à base de farine et d’oeufs, mais un peu moins la tactique, décide de prendre le robot américain sur son porte bagages et dans l’Alpe d’Huez c’est l’Allemand qui regardera celui d’Armstrong. En 2002, Janou préfère la drogue aux gâteaux. Les deux ensemble, c’est pas mal non plus. Jean-Marie Leblanc et Hein Verbruggen préfèrent largement les intraveineuses, Janou est privé de Tour.

Bianchi mais pas blanchi

En 2003, fini les gâteaux et la Telekom. Mais pas Rudi Pevenage. Plus costaud qu’Armstrong, Janou préfère toujours attendre les fins d’étape pour voir si l’Américain est vraiment moins fort. C’est le cas, il perd du temps à chaque fois. Mais Janou n’en est pas convaincu avant les Pyrénées. Vers La Mongie, il tente de partir seul, mais son cul a du mal à se lever de la selle. Arcalis est déjà loin. A Luz-Ardiden, c’est cette fois la courtoisie qui lui ôtera l’envie de gagner le Tour. On ne lui avait pas dit qu’Armstrong n’était pas vraiment le mec le plus sympa du peloton. Bassons ne doit pas parler allemand, Simeoni non plus.

Pendant ce temps-là, il y aura bien un Tour de France cette année.

Tour de France : L’EPO d’echappement

Alors qu’il était mort depuis près d’un an, Thierry Bisounours a profité de la résurrection de Nadal et de la naissance de Froome à 28 ans pour faire son retour. Par contre toujours aucune nouvelle de Salanson et du cyclisme crédible. Mais de Bernaudeau pourquoi pas ?

mort (2)

N’hésitez pas à poser vos questions sur equipe.vestiaire@yahoo.fr

Salut Thierry, pourquoi avoir choisi de redevenir consultant sur www.le-vestiaire.net alors que tout le monde vous croyait décédé ? Pensez-vous que ça va aider à redorer l’image du vélo ?

Pourquoi Thierry Adam aurait le droit de continuer et pas moi ? Plus sérieusement, j’étais tranquillement en train de cuisiner des sucettes d’andouilles grâce à la recette de l’excellent Norbert de Top Chef (il émet alors un rire gras en se remémorant les fameux « inébranlable », mauvaise imitation de Jim Carrey dans The Mask, du cuistot qui fait chier tout le monde) quand j’ai vu l’image de Gérard Holtz sur le plateau de Denisot. En tripotant ma télécommande je suis parvenu à monter le son en moins de 12 minutes. J’avoue que j’avais un peu peur qu’il soit venu pour à son tour jeter le trouble sur Froome, qui n’a pourtant pas plus de raisons d’être soupçonné que les frères Schleck, Contador, Rasmussen, Wiggins, Nibali. Le passé c’est le passé.

Mais Contador, Nibali et Schleck courent encore…

J’ai effectivement relevé, comme vous, ce détail. C’est comme le jeu des 7 erreurs organisé chaque année par Christian Prudhomme. Gérard perd à chaque fois mais on a été moins dur avec lui qu’avec Fignon et Salanson.

C’est-à-dire ?

Ben ils sont morts vous êtes pas au courant ? Et Gérard, il est ….

Vivant…

Vous voyez, vous y arrivez tout seul. J’ai cru aussi qu’il allait mettre en cause ce pathétique mouvement pour un cyclisme crédible en disant qu’il n’a été créé que pour offrir un alibi aux uns et aux autres, afin de se doper tranquillement.

Qu’est ce qui vous permet d’affirmer ça ?

Je n’affirme rien, j’ai eu peur que Gérard Holtz en parle. Imaginez les conséquences s’il avait par exemple évoqué Rabobank, l’un des cofondateurs du mouvement en 2007. Si ça se trouve c’est pas le même Rabobank qui se défonçait entre 1996 et 2012, mais si ça se trouve c’est le même.

Et les corticoïdes de Pierre Rolland ?

On va rebaptiser le groupe : « mouvement pour un cyclisme pas du tout crédible ». Je plaisante. Bernaudeau ça fait longtemps qu’on sait, mais on sait pas s’il se fournit chez Fuentes.

On sait quoi ?

Que Voeckler est imbattable en un contre un, il doit avoir du bon matos.

Vous plaisantez ou vous vous foutez de notre gueule ?

Je me posais la même question pour Holtz quand il défendait Armstrong alors que les preuves s’accumulaient. Mais là il sort un bouquin pour dire que le Tour c’est chouette et la femme à Fignon aussi mais pour dire le cancer c’est pas chouette mais que Fignon il l’était.

Quel est le rapport ?

Ben Fignon il se chargeait, il a chopé un cancer et pourtant Jalabert il est pas sûr que les soins chez Once étaient délictuels.

Vous ne nous apprenez rien là. Ça sert à quoi votre retour ?

A faire un article sponsorisé.

Mais c’est scandaleux !!!

Et ça ? (il présente son majeur, se le met dans le nez, dans l’oreille puis dans la gorge. Il se met ensuite à émettre des sons qui rappellent étrangement l’hymne espagnol).

Vous êtes doué…

Est-ce qu’on se demande si c’est scandaleux que le Tour serve à occuper les gens entre deux pages de publicité ou à voir la gueule de Cornillac partout ?

 

Tour de France : Les vices Hamilton

Le Vestiaire lit rarement plus d’un livre par an s’il n’est pas signé Diane Ducret. C’est pas qu’on soit dévoré par une passion pour les femmes de dictateur et on ne dit pas ça parce qu’elle couche avec Gaccio, mais c’est comme les films d’Eric et Ramzy quand le premier est une merde faut arrêter de penser que les 8 suivants seront différents. On a quand même fini par lire du Tyler Hamilton. Avant d’être écrivain il faisait du vélo, était passionné de haute-montagne et achetait probablement du matériel outdoor sur campz.fr pour ses reconnaissances en altitude.

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Tyler Hamilton aurait pu comme Ollivier Pourriol travailler pour le Grand Journal de Canal+. Les caresses de Denisot avec le balais à chiottes n’auraient pas été moins agréables que celles de Lance Armstrong lorsqu’il lui fouillait le colon avec la fourche de son Trek pour vérifier s’il n’avait pas caché de micro. Cette histoire n’est pas dans le bouquin d’Hamilton, ni dans celui de Pourriol d’ailleurs. Mais il y a le reste. Les menaces, la triche, la violence et surtout la folie et l’absence totale de valeurs autres que celle des contrats. Sans oublier cet amour immodéré du fric qui fait qu’on accepte ce qu’on regrette quand on s’est fait dégagé comme le vilain opportuniste que l’on est pour avoir accepté l’inacceptable au nom de l’argent. Ils ont tout vu, mais n’ont rien dit. L’US Postal utilisait bien de l’Actovegin pour se charger. Riis, le directeur sportif de Jalabert, connaissait bien l’adresse du Docteur Fuentes. Armstrong a bien faxé à l’UCI une fausse ordonnance médicale après son contrôle positif aux corticoïdes sur le Tour de Suisse. Bassons a bien été contraint d’abandonner sous la pression du Boss avant d’avoir des bosses. Denisot en a bien rien à foutre de tout et tout le monde. La seule différence c’est que Pourriol n’a jamais roulé 1500 km à travers les plus hauts sommets français avec une clavicule cassée. Lui c’était juste les couilles.

Pendant ce temps-là, notre chroniqueur vélo a visiblement les mêmes objectifs qu’Hamilton, Pourriol et le pigiste F1 puisqu’il exige lui aussi d’être sponsorisé.

Armstrong dopé avoue : La fédération internationale de cynisme

Festina et Z c’était pas mal, mais quelle équipe cycliste a plus gagné que Livestrong ?


C’était en 1997. Lance Armstrong s’apprêtait à signer chez Cofidis, il était juste un simple mortel, il allait attendre encore un an pour virer son premier directeur sportif, deux pour être sportif américain de l’année et trois pour pousser Pantani au suicide. Son armoire à trophées n’accueillait guère qu’un titre de champion du monde sur route et un testicule dans un bocal. C’était l’exploit de sa vie, il venait de le réaliser. Dans ces cas-là, soit on prend du recul, soit on prend du pognon. Et pourquoi pas les deux ? C’est cette année-là que quelqu’un de mal intentionné, peut-être lui, émettra l’idée de créer une fondation pour que son cancer ne reste pas impayé. Le bouquin confessions ne viendra qu’en 2004, pour ne pas alerter les autorités. 2004, c’est aussi l’année de son 6e Tour de France avec les copains Landis, Beltran, Ekimov, Hincapie, Padrnos. 2004, ou l’année où Nike et Livestrong se sont associés pour 7,5 millions d’euros par an pour la bonne cause. Une association de bienfaiteurs : ils ont vendu comme des petits pains les petits bracelets jaunes à l’effigie de la fondation, fabriqués avec le même silicone que celui qui sert en laboratoire pour isoler les veines avant les prises de sang. Le marketing de demain.

Financement au culte

La manœuvre était habile. Pour le lobbyiste, qu’est-ce qui ressemble plus au fait de lever des fonds que le fait de lever des fonds ? Qu’ils fassent avancer la recherche ou une bande de Discovery Channel sur des pentes à 20% importe peu. Tant que la cancer recule et que Lance gagne, Coca, Subaru, Trek, Oakley et Anheuser-Busch ne voient pas de raison de ne pas concourir à une si riche carrière à 100 millions de dollar pièce. C’est si beau un coureur qui ne tombe jamais. Livestrong porte bien son nom : avec un si beau pare-feu moral, Armstrong a pu prolonger la durée de vie de ses menaces à tous les Bassons du peloton. Le slogan de l’organisme de charité doit même être du patron : « unity is strength, knowledge is power and attitude is everything ». Le ver était dans le fruit, puisqu’à force de tout rafler, il faut justifier le mythe. Quelque courses à son nom, un come-back, du triathlon : Frankenstein n’aurait pas été jusque-là, surtout avec une seule couille.

Pendant ce temps-là, Armstrong peut toujours tenter de faire croire qu’il ne savait pas, que c’est Bruyneel, Mc Quaid et Verbruggen qui l’ont obligé, que Hincapie faisait peur à tout le peloton, comme Bassons et ses oreilles légèrement décollées et que Sheryl Crow était une chanteuse à succès.

Les aveux d’Armstrong : Le fantôme de l’Oprah

Michel Drucker et Eddy Merckx en sont encore tout retournés. On peut gagner et durer en pratiquant plus d’injections que Delarue, Carla Bruni et Evelyne Thomas réunis. Souvenirs.


Il faudra attendre sans doute longtemps pour retrouver un aussi grand champion que Lance Armstrong. Le Vestiaire a longtemps hésité avant de le classer parmi ses intouchables aux côtés de Jordan, Federer et Christian Bîmes. Mais si le basket, le tennis et la corruption ont trouvé leurs maîtres, pourquoi le dopage n’aurait pas droit au sien. Plus qu’un maître, Lance Armstrong est un Dieu. Professionnel jusqu’au bout des métastases, il n’aura jamais rien laissé au hasard, ce serait trop imprudent. En 1993, il a la bonne idée de devenir champion du monde. L’EPO vit ses premières heures de gloire en même temps que Lance qui pèse une tonne, fallait pas rater l’occasion. Deux ans plus tard, alors qu’il traîne son gras sur les pentes du Portet-d’Aspet, son copain Casartelli lit mal les panneaux et choisit le mauvais chemin, celui du cimetière. Lance n’a désormais qu’une seule idée en tête, autre que se faire de la pub sur le dos de son pote, il veut carrément le rejoindre. Mission accomplie en 1996. Lance fait les choses bien, son cancer est généralisé, moins de 10% de chances de survie. Mais l’EPO fait décidément des miracles, à part pour le visage d’Ugrumov peut-être, et elle ne va pas s’arrêter là. En 1998, allégé de ses couilles il arrive enfin à grimper plus vite que Gouvenou. Avant de grimper sur Sheryl Crow, Lance va en Espagne et finit juste devant Jalabert mais derrière Jimenez qui ne s’en remettra pas. Un coeur si fragile, un asile de paix. C’est durant cette même année que Jalabert se plaindra en juillet d’être traité comme du bétail mais pas à cause de ce que lui filait Manolo Saiz dans les fesses. Les 7 années suivantes permettront à Jean-Marie Leblanc, Gérard Holtz et Christian Prudhomme de serrer un bon paquet de fois la main du plus grand escroc de l’histoire. Pourvu que Bernard Laporte ne nous attaque pas en diffamation.

Tour de France : Saint-Thomas taquin

Le Vestiaire avait eu la bonne idée de dire adieu à Thierry Bisounours avant qu’Armstrong ne le rejoigne. C’était en juillet dernier, seul Jean-Marie Leblanc n’était pas au courant.


Bonjour Thierry, tout le monde s’attendait à ce que vous dégouliniez du Monsieur à l’arrivée hier. Vous vous sentiez original ?

Vous croyez que je vais me faire virer à force ? Elle a déjà supprimé Chapatte, Fignon, Jean-Paul Ollivier, je sens qu’elle va s’en prendre à moi. Et Laurent Bellet qui n’est pas très séduisant….

Qui, elle ?

La grande faucheuse. Car en vrai les gens s’en foutent de ce que je raconte, les audiences explosent sans cesse, même vous vous regardez. On s’en branle que X ou Y roule avec des médocs pour aider à pisser. Est-ce que Polo a été interdit de commentaires pour ça ?

Est-ce pour ça que vous appelez Wiggins, WigginGs alors ?

Vous m’avez déjà posé la question. Demandez-moi plutôt si je me fous de la gueule du public ou si je suis juste con quand je précise que 5 victoires françaises ça sent bon le renouveau du vélo. Alors même que 50% des cas de dopage cette année sont Français eux-aussi sans compter les diurétiques à Polo.

Vous êtes content de quitter votre rôle de consultant sur le Vestiaire ?

J’avoue que ce personnage inspiré du plus niais des journalistes commençait à tourner en rond. Et comme on avait pas droit aux vannes racistes ça commençait vraiment à devenir chiant. C’était quand même marrant de se moquer du Jap qui sait pas freiner.

Holtz a revendiqué hier le droit d’être dithyrambique sur Voeckler, quitte à renoncer à sa carte de presse…

Il en avait encore une ?

Soit. Mais la carte de presse autorise-t-elle à porter un jugement sur l’homme en disant qu’il est sympa juste parce que le bateau de son père est revenu d’un voyage en mer sans son père ?

Je vois. Il faudrait clairement dire que même s’il est bon, c’est quand même le coureur le plus prétentieux de ces 30 dernières années. Qu’il envoie chier tout le monde et dit ce qu’il pense même quand une question d’Eymard lui casse les couilles. Il faudrait comprendre qu’hier il a embarqué Feillu pour le servir et s’il avait pu en faire son esclave sexuel il s’en serait pas privé. La femme de Brice n’a qu’à bien se tenir. D’ailleurs il chialait à l’arrivée, on dirait Nicolas Geay à la fin d’un triathlon ou enfermé dans ma salle de bain. Il croyait quoi ? Voeckler perd jamais en un contre un et là il était tout seul. Il est très au dessus de Jalabert mais Jalabert est le meilleur des consultants depuis qu’il engueule tout le monde et qu’il soupçonne chacun de se charger comme un Once en 1995.

Vous avez aimé ce duplex entre Voeckler et Rolland en direct du bus à 20m de lui ?

On a essayé un duplex avec son père mais il répond plus.

Doit-on aimer Bernaudeau ?

Si vous parlez de sa tronche suante hier soir, non mais si vous parlez de Salanson, oui.

Mais qui est ce Salanson dont vous parlez tout le temps ?

Et qui est ce Jean Gachassin président de la fédé de tennis, légende du rugby et passionné de vélo ? Un opportuniste ? En tout cas, hier il nous a fait le plaisir d’emmener Marconnet qui tente de construire de belles phrases, on a eu droit à un « envers du décor » et Garuet s’est même pas suicidé, c’est Vaquerin. Il était si adroit de ses mains qu’il a perdu à la roulette russe.

Dernière question : pourquoi avoir choisi un exercice de questions-réponses un peu loufoque, parfois sans queue ni tête pour nous faire partager votre passion du vélo sur le Vestiaire ?

Vous voulez la vérité ? Putain!!! Ils m’ont eu… ( Thierry tombe lourdement sur le sol, se met à vomir des hectolitres d’andouille de Vire et perd connaissance. A son réveil, il est dans le cercueil de Jean-Paul Ollivier. Patrick Chêne qui lance une nouvelle chaîne sport après ses sites internet qui n’intéressent plus grand monde, se tient à ses côtés. Dans ses mains, le dentier de Chapatte, quelques cheveux de Fignon, le crocher de Pantani, le coeur de Jimenez, l’electrocardiogramme de Salanson, un comprimé de lexomil de Vandenbroucke et un vieil enregistrement de la montée d’Hautacam par Riis en 1996. L’ancien commentateur du Tour lance un ultimatum à l’agence américaine antidopage pour qu’elle laisse tranquille Lance Armstrong, le dernier reliquat de l’ancien monde sinon il injectera le sang du père de Vinokourov dans celui de Wiggins dont il possède 1,5 l dans sa poche. Thierry se redresse brusquement et rappelle que si ça se trouve WigginGs n’est déjà pas si propre. A ce moment là Bernard Hinault excédé que l’on ne parle pas du dopage des autres sports veut se saisir des couilles de Christian Prudhomme qui avait baissé son froc depuis bien longtemps et se rend compte qu’il n’en a plus et que c’est le cas de toute l’assistance. Il se saisit alors du fusil de Luis Ocana et retue Tom Simpson. Reveillé par la détonation, Thierry Adam se dit qu’il irait bien au cirque) .

Cyclisme, Mondiaux : Thomas du tronc

Brochard le voyait bien lui succéder. Pour qui il se prend ce Brochard ? En plus pas certain que Thomas ait eu un contrôle positif à l’EPO étouffé à l’arrivée.

Quand il se déhanche sur son vélo, il a toujours l’air de souffrir alors qu’il ne souffre pas. Armstrong souffrait-il ? 7e, alors qu’il avait préféré la 70e place jusque-là, Thomas Voeckler vient de réaliser ses meilleurs Mondiaux. Pas parce qu’il aime ça, juste parce qu’ il était le leader. Et quand on le met à cette place-là, plus rien ni personne ne compte, on se mettrait même à trouver Armstrong sympa.

A l’amorce du dernier tour, Voeckler n’a pas attaqué avec Contador. C’est Contador qui a attaqué avec Voeckler. « Seuls les Espagnols ont tenté de durcir la course avec nous », regrette encore le maillot jaune. Nous, c’est-à-dire lui puisque c’était lui le leader. Il avait d’ailleurs pris à ses côtés Vincent Jérôme, que l’on appellera Europcar, pas parce que son nom est sans intérêt, juste parce qu’on a aucun respect pour lui comme la plupart des habitants de la planète à commencer par Thomas. Europcar, donc, s’est étonné avant la course qu’on remette en cause sa présence au strict plan tactique. Et il s’en était expliqué : « Je vais m’occuper de Thomas toute la journée. Il faut éviter qu’il prenne les bidons, les musettes. C’est un ensemble de détails sans doute. Mais s’il prend une musette dans la roue avant, sa course est terminée. Donc mon rôle peut avoir son importance. » Ca veut dire quoi larbin exactement ? C’est dommage, il n’a pas précisé si à la fin il devait prêter sa femme à Thomas pendant qu’il allait retirer 10 plaques au distributeur. Thomas a des frais, comme tout le monde.

Mimo laid

A chacun ses rampes de lancement. Voeckler pourrait aimer de ses équipiers qu’ils dégagent la route, mais il préfère qu’ils dégagent de la route. « Je ne serai pas le seul à occuper ce rôle. Nous n’avons pas encore eu de briefing mais Thomas est notre leader et l’équipe a été construite autour de lui. » Chavanel a dû apprécier, quand il n’arrivait pas à finir la course les années précédentes, de se sentir entouré de la sorte par ses lieutenants, notamment par Voeckler. Mais quand le patron dit humilité, c’est humilité. « Leader, c’est un statut que je me sens prêt à assumer. Mais on est neuf coureurs. Ça ne veut pas dire qu’il y aura huit coureurs à mon service et qu’il n’y a que moi dans l’équipe. » Pas avant le dernier tour en tout cas. « Par contre, c’est clair que c’est la première fois que je suis dans de telles dispositions pour aborder un Championnat du monde. Même si huit coureurs ne sont pas là pour se sacrifier à 100 % pour moi, si les conditions l’exigent, ça sera le cas. » Les conditions l’ont exigé à partir du km1, avec ou sans menace, ça seuls les intéressés le savent. « Le choix de Thomas est logique », avait d’emblée précisé Mimo. « Je n’ai pas de problème avec Sylvain, on se respecte. Il n’y aura aucun problème entre nous j’en suis certain », avait aussitôt répondu Voeckler, même rien ne prouve qu’il tenait les dents de la mère Chavanel dans une pince coupante.

Si Voeckler est là, c’est bien que le public trouve toujours que c’est lui le plus sympa. On va pas demander à un sélectionneur d’aller chercher plus loin. « Ce n’est pas mon travail, c’est celui du sélectionneur de faire en sorte que l’équipe soit soudée. » Elle l’a été : Chavanel 57e, Delage 84e, Coppel, Jérôme, Gallopin, Bouet, Vichot, Roy do not finished.

Pendant ce temps-là, on nous rétorque que le taulier a quand même protégé le top 10 de Rolland au dernier Tour. Mais Rolland il a pas gagné deux étapes et il a pas fait les Mondiaux devant. Et encore on parle pas de couvertures de Vélo mag parce qu’on sait pas bien ce qu’est Vélo mag.

Les années Armstrong : 1997-1998, l’overdose du Tour (3/3)

Armstrong n’était pas là, il avait fort à faire avec ses testicules.

Cela s’est passé à Courchevel, le 20 juillet 97. Ce jour-là, le Tour a définitivement basculé dans le spectacle grand guignolesque. On avait bien déjà vu un Letton remporter quasiment trois étapes de montagne consécutives dont un contre-la-montre (en mettant Indurain à plus de 3 minutes), on avait également vu un Danois ridiculiser ses adversaires sur grand plateau dans une des montées les plus difficiles devant un Patrick Chêne gueulard et stupéfait et un Bernard Thévenet admiratif et jaloux. Mais jamais une équipe entière n’avait osé se montrer sans honte aussi forte sur l’étape reine d’un Tour. La Gewiss de 95 avait ouvert la voie du n’importe quoi, la Festina 97 l’a professionnalisé.

Oh ta came!

Entre Bourg-d’Oisans et Courchevel, l’équipe de Richard Virenque avait donc décidé de « tout faire péter« , selon les termes du Varois. Le soigneur Willy Voet, futur héraut de la lutte antidopage, relatera cet épisode onirique dans son livre « Massacre à la chaîne ». Les sept coureurs de Bruno Roussel, « préparés » comme jamais pour tenter de faire craquer Jan Ullrich, confortable maillot jaune, vont innover. Ils ne vont pas attaquer chacun leur tour, mais ensemble. Ainsi dès la première difficulté du jour, les Festina, sur leurs bolides, se détachent irrésistiblement et s’échappent. Ils sont tous là, seuls aux commandes de l’étape. La démonstration de force durera 2 heures, avant que les événements ne tournent en leur défaveur. Ullrich, piégé, attendra Riis pour l’aider à revenir, et se fera accompagner… des insoupçonnables feu Pantani et Jimenez. Tous ces noms, ça vous classe une époque ou pas. Virenque gagnera l’étape devant Ullrich. Le mal était fait. Le Tour allait survivre, mais rien ne serait plus jamais comme avant et surtout pas la santé des coureurs. On ne saura sans doute jamais qui a décidé que ces exploits surnaturels étaient allés trop loin et qu’il fallait révéler au grand jour ces pratiques, connues des seuls milieux cyclistes et médiatiques.

Marco caïne

Toujours est-il que par une belle journée de 1998, Willy le soigneur fut mystérieusement arrêté avec dans sa voiture de quoi soigner pendant des siècles la belle-mère de Rumsas. On connaît la suite. De fil en aiguille, l’usage généralisé de l’EPO fut découvert, perquisitions, procédures, aveux, suspensions… Tout cela était tellement hors de contrôle, que l’histoire déboucha même sur la victoire de Marco Pantani dans le Tour de France, puis par son décès quelques années plus tard. L’affaire Festina et ses conséquences eurent pour conclusion une baisse sensible de la consommation d’EPO et le début de l’ère du renouveau, à partir des années 2000, avec une grande partie des acteurs (loin d’être has been) des années 90, l’ère du dopage sanguin. L’ère Lance Armstrong

Pendant ce temps-là…

Les années Armstrong : 1994-1996 le Tour à visage inhumain (2/3)

Si le Tour 94 marqua l’arrivée à son paroxysme de l’inhumanité des perfomances cyclistes à l’EPO, le symbole le plus éclatant se matérialisa dans les résultats de l’équipe Gewiss. La Gewiss et son fabuleux médecin Michele Ferrari.

1. Un médecin performant

Ferrari débuta sa carrière au début des années 80 à Ferrare, au centre de préparation du Dr Conconi, déjà bien connu des services de pharmacologie puisqu’il prépara Francesco Moser lors de ses deux records de l’heure à Mexico. En 1993, le petit Michele, élève très appliqué, entra dans le « vif » du sujet en prenant en charge, seringues à la main lors de fascinants stages en altitude, la destinée de Tony Rominger. Et quelle destinée! L’insupportable gentilhomme suisse remporta presque tout ce qui s’offrit ensuite à lui, n’échouant dans le Tour de France que sur le célèbre coéquipier espagnol de Gérard Rué chez Banesto. L’insatiable hélvète battit surtout deux fois, en deux mois, en 1994, le record de l’heure (ce qui aujourd’hui n’a plus aucun intérêt mais qui à l’époque était gage de « très bonne préparation »). 1994 fut donc l’année où le docteur prit en main la Gewiss. Il prononça alors la célèbre sentence qui permit d’innocenter automatiquement les dizaines de coureurs qui travaillèrent ensuite avec le mage italien, parmi lesquels Lance Armstrong ou Alexandre Vinokourov : « l’EPO n’est pas plus dangereuse que 10 litres de jus d’orange. » Après ça tout le monde fut rassuré et la Gewiss put tranquillement prospérer à l’aide de sa potion magique.

2. Des coureurs insoupçonnables

Le directeur sportif de la Gewiss Emanuele Bombini possédait dans son effectif, au début de l’année 94, une majorité d’inconnus, au palmarès vierge. Ils s’appelaient Berzin, Gotti ou Furlan, étaient encadrés par un coureur danois très moyen déjà âgé de 30 ans, qui ne comptait alors dans son palmares rien de très glorieux hormis une 5e place dans le tour de France 93. Se trouvait aussi là, un élève de Ferrari ancien champion du monde : le vieux Moreno, Argentin. Sous les yeux complices des mondes cycliste et médiatique, cette équipe sans prétention allait tout simplement réinventer le vélo en raflant presque tout. Les spectateurs ébahis voyaient tout, mais ne devinaient rien. A chaque course son exploit sponsorisé Gewiss. Furlan gagna Milan-San Remo, le Russe Berzin remporta Liège-Bastogne-Liège. Une étape fut franchie dans la démesure à la Flèche Wallonne lorsque les trois premières places furent offertes à Argentin, Furlan et Berzin. Un exploit inédit qui fut salué par leur gentil sorcier Ferrari qui pour l’occasion évoqua publiquement les merveilleuses vertus de l’EPO dans la préparation de ses poulains.

Pourquoi alors s’arrêter là ? Berzin remporta le Tour d’Italie en dominant tranquillement… Miguel Indurain, puis Ugrumov eût sa part du gâteau au Tour de France. La dernière marche pour accéder au panthéon du cyclisme à moteur fut franchie en 1995 lors du contre-la-montre par équipe. L’équipe Gewiss écrasa l’étape à la vitesse de 54,943 km/h de moyenne. La légende raconte que même les motos suiveuses furent lachées et n’arrivèrent qu’1h et demi après. Riis finit 3e de ce même Tour et termina sa carrière comme l’on sait. Gotti se plaça 5e puis augmenta les doses et remporta deux Tours d’Italie. Pour Berzin et Furlan, la fin ne fut pas aussi rose. Le premier porta brièvement le maillot jaune en 96 avant, ironie du sort, de laisser à Riis l’honneur de se faire rayer du palmarès, puis il disparut à tout jamais. Le second dut stopper sa carrière victime d’une vilaine thrombose à la jambe, sans doute un des effets bénéfiques du jus d’orange. 1995, marqua également la miraculeuse résurrection de Laurent Jalabert, qui passa de très bon sprinter se cassant la gueule à Armentières en 94 à rouleur-grimpeur en 95, menaçant Indurain sur le Tour (finissant finalement 4e, faut pas exagérer quand même) et surtout grand vainqueur de la Vuelta et de tant d’autres courses. Pendant ce temps-là, un coureur ancien champion du monde de cyclisme, très moyen sur le Tour de France (1993, abandon 12e étape; 1994 abandon 15e étape; 1995, 36e du classement général; 1996, abandon 6e étape) s’apprète à débuter son chemin vers l’au-delà… Il s’appelle Lance Armstrong…

Les années Armstrong : Tour de France 1994, la naissance des monstres (1/3)

A l’occasion de la retraite de Lance Armstrong, le Vestiaire se souvient qu’il avait embauché un spécialiste cyclisme en juillet 2007.

Si le dopage a toujours existé dans le cyclisme, l’EPO a été le produit phare des années 90. Le recours à l’érythropoïétine se généralisa entre 1990 et 1991. La première méthode de détection connue, aussi hypocrite soit-elle, fut le contrôle du taux d’hématocrite. C’était apparemment simple, au dessus de 50% le contrôle est positif.

1. Indurain 2. Ugrumov 3. Pantani. L’E.P.Odium de rêve. Le Tour 94 fut sans aucun doute le sommet pour toute une génération de coureurs, et la consécration de l’homme d’une époque : Michele Ferrari. Nous vous parlions hier de ces coureurs de l’est au niveau stupéfiant, Piotr Ugrumov, plus que Rumsas, en est certainement l’archétype. Lorsqu’il explose cette année là au plus haut niveau il n’a que 33 ans autant dire qu’il lui restait alors 20 bonnes années à vivre. Son taux d’hématocrite passait de 32% en hiver à 60% en été, déjà une performance en soi. Mais en 94 il décida de ne pas s’arrêter là, il remporta coup sur coup deux étapes de montagne dont un contre-la-montre à Avoriaz où il écrasa le roi Miguel à tel point qu’il aurait pu menacer la chaudière de Navarre. Il n’en fut rien car le Tour était déjà fini. Pourquoi la Gewiss, et son bon docteur Ferrari, n’avait-elle préparé le Letton laiteux que pour deux étapes. On ne le saura jamais. Ugrumov fit par miracle 7e du Tour 96 puis il disparut. Gewiss c’était aussi Berzin, Riis, Gotti, Argentin ou Furlan. On vous en parlera demain. Avant les Alpes, une autre équipe tout aussi piquante s’était révélée au grand jour : les Festina. Leurs plus vifs représentants, Luc Leblanc et Richard Virenque avaient survolé les Pyrénées. Notamment à Hautacam, montée qui grace au panache de Riis puis Armstrong deviendra par la suite, un véritable controle antidopage positif en elle-même. A Hautacam donc, Leblanc battra Indurain avant quelques mois plus tard de devenir champion du monde toujours sur grand plateau. Le lendemain Virenque montra que lui aussi n’avait rien à envier à son compère boiteux en gagnant à Luz-Ardiden la plus belle étape de sa carrière (la première) puis son premier maillot à pois. Le Tour 94 c’est aussi la naissance de Marco Pantani…

Tour de France : Croix de fer, Croix de bois

Très prolifique même s’il ne sait pas ce que ça veut dire, notre consultant Thierry Bisounours est déjà de retour sur le Vestiaire pour fêter le glucose et de l’ozone.


Bonjour Thierry, on ne vas pas tourner autour du pot belge, pourquoi appeler Wiggins, WigginGs ?

Faut demander à Nicolas Geay, hier il m’a bien aidé quand il a fallu expliquer la force des Sky. Dire qu’ils ont juste travaillé, j’y aurais même pas pensé.

C’est vrai que votre terme Formule 1 du vélo était un peu limite…

Oui, il valait mieux donner des chiffres : 830 000 m de dénivelé avalés en 2 semaines, ensuite sur le Tour pas besoin de se charger pour rouler à 50 sur 3000 km même à 20%. Surtout que ça fait 15 ans qu’on sait que le dopage sert surtout à supporter des entraînements inhumains.

Grimper 80 fois le Mont Blanc en 15 jours c’est pas inhumain ???

Et puis merde, j’en sais rien, j’ai pas fait médecine, ni journalisme putain! Sinon j’aurais été capable d’expliquer pourquoi les Sky n’ont jamais besoin de suer ou de respirer dans les cols. Ils ont bien raison, ma transpi à part faire dégueuler ma femme quand on dort ça sert à rien. Et de toutes façon, il paraît qu’ils vont accepter d’enlever une pédale à leur vélo par souci d’équité.

Ca fait plaisir de voir que vous prenez un peu de recul sur toutes ces performances. On a parfois l’impression que vous ne comprenez pas quand Jalabert vous demande si un pistard anglais qui monte aussi vite qu’un pirate cocaïnomane c’est tout à fait normal

Froome il me rappelle Ullrich qui était plus fort que Riis mais qui avait pas le droit de rouler au-delà des 70 dans Hautacam. Imaginez s’il y a une plaque de verglas.

Parler d’équipier modèle pour Knees qui prend 122 bidon sur son dos, redescend et remonte 4 fois le Glandon, c’est pas un peu scandaleux ?

Vous avez vu, pas mal hein. Même Jaja était fou, ce gros panda qui pue du cul.

Connaissez-vous par coeur le prénom des soeurs de Pierre Rolland ?

Stéphanie, Françoise et Anne-Sophie. Une pensée pour elles

Aussi impressionnant que passionnant. Pas de pensée pour les cendres de la mère de Maxime cette fois ?

Putain, j’ai quand même dit il est 14h30 alors qu’il était 15h30 sur la route du Tour. Parfois je me dis qu’il faudrait m’abattre, et Polo aussi au passage.

Abattre Polo ?

Ecoutez, j’ai un conseil, quand on a un coup de mou rien de tel qu’un peu d’ozone et de glucose dans son sang prélevé avant de se le réinjecter. C’est quand même mieux qu’une cure de juvamine. Une fois, on m’a refilé le sang de Jean-Paul Ollivier et je peux vous dire qu’après  j’en vu du clito. On dirait pas quand on voit le vieux.

Vous ne pouvez pas vous empêcher de tomber dans l’invective et la vulgarité. On arrête l’interview.

C’est dommage, je voyais venir le moment où vous alliez me demander pourquoi en plus de se taper les commentaires de Polo sur le Tour 1903, on devait se farcir une musique douce. Vous savez où j’avais envie de les lui enfoncer les deux aiguilles d’Arves hier ?

Non.

Tour de France : C’est sain Thomas

Le Vestiaire a vécu hier une journée un peu particulière et pas qu’à cause de la diarhée de ce Gallopin de Tony. C’était aussi le premier passage du Tour sur les terres d’adoption de son illustre père fondateur Closefield. L’homme qui a osé abandonner le journalisme et la banque pour devenir journaliste. Mais au moins aujourd’hui les « sur valserine » et « le pays de Geix » n’ont plus aucun secret. Hommage par notre consultant Thierry Bisounours passionné d’andouilles et autres viandes basses catégories.

Bonjour Thierry, on a vu que vous donniez facilement du Jurgen, du Cadel ou du Thomas. Ce sont vos potes ?

Ecoutez, j’ignore si vous avez déjà lu la Tribune républicaine (le Closer local NDLR), mais une fois j’ai vu le portrait de l’adjudant chef Rey, qui succédait au Major Bailly, c’était presque du Flaubert. Moi aussi je veux mon Pulitzer.

C’est pour ça que vous accolez toujours « sur la route du Tour » à vos fins de phrase. Vous êtes juste emphatique donc.

Je ne vous permets pas. Cet artifice de langage est plutôt un moyen de rappeler que nous ne sommes pas sur la route Jacques-Coeur dans le Berry.

Vous êtes sacrément cultivé. Qui était Jacques-Coeur ?

C’est beaucoup demandé, je ne lis pas non plus la Tribune républicaine tous les jours, même si l’autre fois il y avait une histoire un peu porno. Je me demande si c’est pas un peu osé, je vais saisir le CSA. Déjà qu’ils aiment pas quand TF1 sort de son rôle de boite à caca pour faire de la vraie info.

Vous faites de la politique maintenant dans vos interviews ?

Pas vraiment, ce serait sortir de mon rôle, jamais je ne m’avancerais à demander s’il faut encore croire aux conneries genre cyclisme à 2 vitesses, les Français et les autres, et Salanson qui attrape un rhume de cheville mortel chez Bernaudeau, qui était pas vraiment dans la voiture qui a fait gagner Voeckler.

Pardon ?

Ben regardez, je suis sûr qu’il y a des mauvaises langues qui ne vont pas croire la thèse officielle et qui vont relever que Di Gregorio a fini 39ème du Tour l’année dernière.

Et donc ?

Donc dopage ou pas dopage les Français sont des tanches, il a raison Hinault.

Etrange raisonnement. Si un Français peut se charger tranquillou, c’est que le suivi longitudinal ça sert vraiment à rien ou a rien du tout ?

Mauvaise vanne. Là j’ai une pensée pour Maxime et une pensée pour son papa.

Mais on s’en fout pas de ça ? C’est pas leur vie privée par hasard même s’il l’étale dans les medias ?

Affaire Lance Armstrong à suivre, tout simplement

Hein ?

Pardon, j’avais lu la ligne suivante de mon intervention.

Vous écrivez tout ce que vous dites à l’antenne ?

Bien-sûr, sinon comment j’aurais pu dire qu’avant sky, Wiggins était chez Saxo Bank ou HTC, alors qu’il était chez Garmin.

Dernière question, quand vous vilipendez violemment les spectateurs qui courent à côté des cyclistes, en disant que c’est ridicule alors que c’est juste dangereux, pourquoi a-t-on  l’impression que le crétin c’est vous ?

J’ai toujours entendu Patrick Chêne le faire. Je fais pareil c’est tout. Et je le redis, j’ai pas peur : Tiens si vous en voyez un faire pareil, choppez le, cassez lui la gueule. Finir sa vie en fauteuil ça devrait lui passer pendant quelques années l’envie de recommencer. Oh putain, toi !!!! (apercevant un gamin de 8 ans près de David Moncoutié devant le bus  Cofidis, il se rue sur lui et lui explose les côtes avec ses santiags avant de le finir avec le casque de Moncoutié).

Ca va pas Thierry ? Il courait pas lui !

Mais il allait demander un autographe à David.

Et alors ?

Ben ça vous paraît pas suspect ? Qui a envie d’un autographe de Moncoutié ? Ca devait être un coup de Baffie pour ses caméras cachées, hier il a blagué avec Raymond Barre. C’était rigolo hihihi. C’est comme ma blague sur Richie Porte, j’ai dit qu’il était revenu par la fenêtre et ça a pas fait rire Jaja.

Non, il était même consterné.

Et Thomas Voeckler qui humilie tout le monde avec une jambe dans le plâtre c’est pas consternant ?

Il est peut-être juste le meilleur ?

Peut-être ( à ce moment là Christian Quidet entre dans la pièce et lui file une taloche).

Tour de France : En selle et Greipel

Quand il a fini de dire des conneries à la télé, notre consultant préféré vient les raconter sur le Vestiaire. Cinq ans déjà et Stéphane Goubert s’est acheté un barbecue électrique.


Bonjour Thierry, ça fait du bien le retour de l’été sur les routes du Tour, n’est-ce pas ?

Retour du Tour, vous vous prenez pour Rimbaud et Mire laine ?

C’est moyen ça, dites-nous plutôt pourquoi vous avez évoqué les 18 mois de suspension de Rasmussen pour VOLIATION du règlement antidopage ?

Si vous avez que ça, je peux retourner martyriser Nico.

Nico ? Vous parlez de Nicolas Geay qui semble tétanisé à chaque intervention, comme si chaque fois était la première ?

Et encore j’étais pas dans son pieu quand c’est arrivé. Sinon je peux vous dire que l’hymen de sa femme aurait senti le cirage si vous voyez ce que je veux dire.

Non, on voit pas et vous pouvez même éviter les vulgarités, j’ai ma femme qui lit ça et déjà qu’elle comprend pas toujours ce qui est drôle.

Sale p… ! Je vais te déchirer! (il se met alors à courser une vache qui a eu le malheur de le fixer un peu trop longtemps). Toutes les mêmes.

Pourquoi le Tour semble cette année parfaitement chiant ?

Peut-être à cause du vieux qui nous raconte pour la centième fois que le Pont de Tancarville est long. Ou que le Pays de Caux héberge une centrale EDF là où travaillait mon frère.

A qui Jalabert rend-il hommage quand il fustige ces étapes de plat qui servent à rien ?

Aux subventions du conseil municipal. C’est toujours ça qui n’ira pas à la petite enfance et à Daniel Mangeas. Mangeas, physiquement c’est Bachelet ou Sannier ? Je les confonds toujours, comme Ullrich et Armstrong.

Pourquoi vous faites comme si Jalabert était pas là quand il donne son avis ?

Parce qu’il me casse les couilles. Sinon tout se passe bien entre nous, même si j’en ai rien à foutre qu’il parle du président de son club quand il était petit.

Peut-on vraiment se foutre de la gueule d’un coureur japonais parce qu’il a eu du mal à s’habituer aux commandes de frein inversées ?

Attendez, j’ai pas arrêté de dire qu’il est une star au Japon malgré sa face de citron.

Pourquoi avoir salué les échappés avant de vous demander si l’invraisemblable allait se produire comme si vous n’y connaissiez rien du tout ?

Question suivante.

Qu’est devenu le théorème de Chapatte ?

La question c’est plutôt qu’est devenu Robert Chapatte ?

Peut-on continuer de répéter bêtement que Moncoutié est spécialiste de la montagne alors qu’il a attendu 33 ans pour gagner 4 fois le meilleur grimpeur du Tour d’Espagne ?

Virenque a bien fait la même chose sur le Tour de France. Et je croyais qu’il y avait des montagnes en Espagne.

Est-ce le stress qui fait demander par Nicolas Geay : « Vous pensez que c’est le jour de Greipel ? »

Pourquoi vous me demandez pas si Salanson était chez Bernaudeau quand il est mort ?

Un mot sur Andy Schleck ?

Il est fabuleux : il a paumé tous les Tour qu’il a couru, il a gagné un Tour qu’il n’a pas gagné, et quand il peut gagner il est blessé.

Longo : « Jeannie tout en bloc »

Il est 17 h 30, c’est l’heure du dîner à la cantine de la résidence Saint-Bruno. C’est là que notre gérontologue a retrouvé la championne du monde 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, 1995, 1996, 1997, 2001 devant une assiette de nouilles chinoises.

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Tour de France : Evans naissance

« Le podium, c’est hier qu’on le perd, pas aujourd’hui sur le contre-la-montre. » A quelques pas de là, Jean-René Bernaudeau contemple ce directeur sportif à vélo, le plus vert de tous les Europcar.

Depuis quelques années, personne n’a pu échapper à cette gueule de traviole empruntant à Gilbert Montagné et Jean-Hugues Anglade ses sourires de circonstances, ses larmes opportunes. Un coureur qui meurt dans son lit, il n’était pas loin. Un sponsor qui se barre, il n’est pas loin. Voeckler qui rate le podium, il est tout près. Jean-René pourra toujours passer le reste de sa vie à tenter d’expliquer à son leader protégé qu’il valait mieux que Pierre Rolland prenne le maillot blanc ou lâche le fantôme de Contador plutôt que de défendre ses chances au classement général. Le type qui gueulait « Allez Thomas, allez mec! »  dans le micro à côté de Philippe Lafon  pendant le contre-la-montre c’était d’ailleurs pas lui. Le sauveur de BBox c’était pas lui non plus. Par contre la Bernaudeau junior, c’est lui.

Les Essarts de conduite

Un tel manager fantôme aurait-il été plus utile aux Schleck que leur Papa ? Bernaudeau leur aurait-il conseillé de sucer Contador pendant 3 étapes ? De mettre Franck en position, pour faire attaquer Andy. Avant d’accompagner royalement Evans et son menton jusqu’à Grenoble. Ils ont tout compris au vélo et ses bonheurs simples, comme prendre le maillot jaune le même jour qu’on perd le Tour.

Pas comme Thierry Adam, un sacré numéro quand même. On pourra toujours croire que les audiences de France télé lui sont dûes. A ce moment-là, on pourrait aussi imaginer que le Tour le plus spectaculaire de ces 20 dernières années est lié au parcours dessiné par Prudhomme. Sacrée idée de mettre des étapes de montagne, de plat, un contre-la-montre et même faire une arrivée sur les Champs-Elysées. Pas mal aussi l’inspiration d’avoir Contador en méforme, Evans en aspirateur de chambre à air, deux Luxembourgeois sur le podium. A Tour exceptionnel, vainqueur de merde. Vivement le résultat de l’édition 2010.

Tour de France : Schleck 4, il était une fin

Déçu de ne pas avoir pu jeter de neige aux coureurs dans le Galibier, notre consultant Thierry Bisounours a au moins eu deux minutes pour répondre à vos questions posées sur equipe.vestiaire@yahoo.fr.

Thomas Voeckler toujours en jaune, ça vous épate on dirait.

Pas du tout. Il a quand même fini deuxième des championnats de France sur route derrière Chavanel. Ca vous classe un bonhomme.

Alors pourquoi avoir dit « allez bonhomme, c’est bien bonhomme » alors qu’il allait franchir la ligne ?

Je voudrais bien vous y voir moi.

Quoi, monter un col ?

Non, derrière un micro. Vous croyez vraiment que les gens s’amusent plus à regarder le film de l’étape de Godard ? On dirait qu’il commente les résumés des championnats de France sur piste un mardi à 14h30.

Mais il l’a fait il y a deux semaines.

Parce que Lepers dans un camping-car c’est mieux ?

D’accord, mais Voeckler ?

Il peut gagner, c’est le successeur d’Hinault, qu’est-ce que vous voulez que j’invente d’autre comme connerie ? On les a déjà toutes faites pour Virenque et Jalabert, et voyez où ils sont aujourd’hui. En plus eux ils étaient vraiment bons.

A 2-3 détails près… Vous trouvez que Voeckler est le plus grand escrocs des 3 ?

Non c’est moi.

Pas faux, Jalabert passe ses journées à vous faire la leçon.

Encore cette histoire de Perez Moreno mercredi ?

Expliquez-nous …

Ben dès le début de son echappée, Jalabert s’est foutu de sa gueule en disant qu’il irait pas au bout. Alors moi j’ai répété.

Bêtement…

Si vous voulez mais c’est une seconde nature chez moi, ça s’appelle l’instinct. Ensuite, avant la dernière montée, je me suis dit que j’allais me faire Jaja, car pour moi Perez machin allait gagner. Et alors Jaja a dit qu’il était surpris qu’il ait gardé son avance. Je n’ai plus hésité  j’ai salué son grand numéro, Dieu reconnaitrait les siens. Je me suis planté…

Comme un crétin… Et le grand numéro d’Andy Schleck ?

Ca me rappelle le grand numéro de Sandy Casar et le grand numéro de Jérémy Roy. Il avait prévenu, il a envoyé en éclaireurs ses lieutenants comme prévu, il a attaqué comme prévu et il a gagné. Il fera un beau troisième. Son frère a eu la bonne idée de ne pas attaquer.

Cadel Evans est donc un stratège hors pair ?

Exactement. Il a sacrément bien roulé dans le final.

Un dernier message ?

Allez bonhomme ! L’info de la journée hormis que les Schleck ne savent toujours pas courir, c’est que Voeckler est toujours dans la course.

Comment le savez-vous ?

J’ai regardé le classement. Et puis entre nous je crois que Jaja y croit. Il a même dit que Voeckler aurait pu attaquer dans l’ascension du Galabru.

Tour de France : La Beille Flandre

Laurent Jalabert n’a pas encore tué Thierry Bisounours,  notre consultant était donc disponible pour tenter de nous expliquer ce sport qu’il ne comprend pas.

A quoi sert de mettre plusieurs cols dans une même étape ?

Sous Indurain ça ne servait à rien, sous Armstrong à pas grand chose, désormais ça sert à voir si les Schleck sont les coureurs les plus bêtes du monde.

Les Schleck sont-il les coureurs les plus bêtes du monde ?

Ça dépend où vous placez la bêtise. Quand je dis « il est très lucide, hop, il fait chaud! » c’est pas du Chateaubriand non plus. Quand je prends sans arrêt un coureur pour un autre, que je vois une attaque quand il n’y en a pas, que je répète des banalités, on ne peut pas dire que je respire l’intelligence. Même Jalabert le voit puisqu’il passe son temps à me bâcher. Je suis moins con que Godart quand même, non ?

C’est 70 euros, la psychothérapie Thierry. Et pour les Schleck alors ?

Ça leur ferait du bien aussi.

Peuvent-ils encore gagner le Tour ?

Dans la mesure où ils calquent leur course sur le 7ème du classement général, ils peuvent espérer finir dans les 7. Pour finir plus haut, il faudrait que Contador retrouve la forme et alors ils pourraient espérer le podium. Mais il faudra qu’Evans crève pendant le contre-la-montre et que Voeckler soit exclu après avoir foutu sur la gueule à Andy Schleck. Et encore il pourrait avoir des circonstances atténuantes car passer ses journées à côté de la famille neuneu ça peut énerver.

Mais Andy a quand même attaqué à 100m de la ligne pour reprendre 2 sec ?

Vous avez vu vous aussi ?  Impressionnant, il n’y a pas de petit profit.

Si Voeckler gagne le Tour, ça sera pas au rabais ?

Si assurément, finir toutes les étapes avec les gros, être impossible à distancer, c’est même du vol. Il ne  manquerait plus qu’il se charge comme les autres.

Que dire de J.-F. Bernard qui voyait Voeckler perdre son maillot au plateau de Beille ?

Qu’il fait trop confiance aux vieilles méthodes ?

Tour de France Télévisions : Vade retro Astana

Notre consultant Thierry Bisounours n’en démord pas, Thomas Voeckler ne passera pas ses vacances avec ses compagnons d’échappée. Les téléspectateurs sont obligés de passer les leurs avec Thierry Bisounours et contrairement à Jaja ils ne sont pas payés pour le faire.

Pourquoi s’écrier « il y a des coureurs dans les arbres ! » quand les coureurs sont dans un ravin ?

Vous jouez sur les mots. La phrase suivante était « il est 15h et 10 minutes sur la route du Tour. Abandon d’Alexandre Vinokourov. » C’est pas beau ça ? 

Vous parlez du type dont on n’a plus rien à foutre depuis quatre ans ? C’est sûr qu’une telle probité va nous manquer. Pourquoi ne pas avoir présenté vos excuses au nom de France Télévisions ?

Pour couvrir les pratiques dopantes depuis plus de vingt ans ?

Pour la voiture…

Attendez, je l’ai dit, elle concerne indirectement France TV, même si elle fait partie de notre structure. Vous savez, de nos jours, avec Internet et les réseaux sociaux tout le monde peut s’improviser technicien France télé. Un autocollant et le Tour est joué. Et comme me souffle souvent Bilou mon patron : « Tout le monde croit bien que t’es journaliste aussi. » 

C’est quand même moins facile à gober. Pendant combien de temps vous allez continuer à faire de la lêche à Christian Prudhomme ? Tout mauvais que vous êtes, il ne risque pas encore de vouloir récupérer sa place…

C’est sincère, son parcours rend le Tour passionnant, chaque jour il se passe quelque chose. Samedi des chutes, lundi des chutes, mardi des chutes, mercredi des chutes, jeudi des chutes, vendredi des chutes, samedi des chutes et même aujourd’hui on a été servi.

Le parcours n’y est pour rien, vous ne pensez pas que ce sont les coureurs qui font la course quel que soit le tracé ?

Non, c’est Christian Prudhomme qui fait la course, vous n’y connaissez rien.

Et si France télé est mise en cause ?

Parce que je prononce Van Den Broeck, Vandenbroucke ? Ou parce que je fais en permanence la promo de la dictature kazakhe ?

Pour la voiture…

Tout ça c’est de la faute au tracé pourri de Christian Prudhomme. Il veut toujours innover, mais il connaît même pas le code de la route. On voit même parfois des coureurs rouler sur la voie de gauche.

Un mot sur l’intérêt sportif ?

On en parlera jeudi quand le Tour débutera. Ça ne sert à rien de tirer des plans sur la gourmette (comète, NDLR). Apparemment Schleck a peaufiné une nouvelle tactique : sucer les rayons de Contador. Mais Contador est malin, il passe son temps dans le fossé.

Tour de France : Coppel comme cochon

Il a déjà tué Chapatte, Sannier, Fignon et Brouchon. Pour la quatrième année consécutive, notre consultant Thierry Bisounours répondra à vos questions grâce à equipe.vestiaire@yahoo.fr.

Pourquoi ne parle-t-on pas cette année de Tour du renouveau ?

Car cette année l’épreuve est particulière. Pas de prologue, pas d’Armstrong, pas de coureurs propres. Il ne reste finalement que Daniel Mangeas. C’est dommage.

Qu’est-ce qui est dommage ? Que Mangeas soit encore là ?

Non, la chute d’Alex Zulle sur le passage du Gois, c’est là-dessus qu’il perd le Tour. Il avait quand même pas l’air fin avec ses lunettes et son EPO. Vous avez des nouvelles de son pote Jaja ?

Il commente le Tour comme vous…

Ah, c’est vrai, on a un autre point commun, il est nul en cabine. On le préférait sur la moto, il n’avait pas son pareil pour distinguer une trace de seringue d’une piqure de moustique. Et Patrick Chêne ?

Parti faire fructifier ses années à avoir couvert les pratiques du milieu…

Vous croyez que je pourrai faire du business aussi alors ?

Gilbert peut-il remporter toutes les étapes ?

Rien n’est exclu, même pas lui malgré ses cheveux décolorés. Prudhomme a été courageux de l’accepter sur le Tour alors que ça pue comme jamais.

Et si vous nous parliez un peu des forces en présences ?

J’ai vu qu’il y avait pas mal de flics cette année, mais rien trouver dans un bus Quick Step, il faut le faire. C’est comme si Il Diablo ne venait pas nous faire chier sur le parcours avec son costume pourri, on est dans une autre dimension. Je vous le dis, ce Tour est très particulier, on a même vu Madiot vilipender Contador. Bientôt, on verra Jalabert dire qu’il ne faut pas se charger et Hinault vanter le travail des coureurs français.

A propos, les chances françaises sont-elles quasi nulles ?

J’ai effectivement entendu parler de Coppel, mais j’ignore qui il est. Ah, le  Tour du Doubs, ouais c’est donc un cycliste. S’il était conducteur de bus je vous aurais dit de vous méfier.

Vous ne paraissez pas très emballé par cette édition…

C’est-à-dire que je regarderai les arrivées des étapes de montagne et Prudhomme dire que le Tour n’est pas sacrifié au spectacle. C’est courageux d’avoir refusé Contador, comme Ullrich à l’époque. On sent qu’on va dans le bon sens.

Pas de vanne, pas de Bilou votre patron, en gros vous avez pas envie de déconner. C’est du nouveau Bisounours, sans illusion ?

Ouais, on s’en fout un peu du Tour. Même quand il y a des chutes, Chavanel est pas dedans.

Mais Contador oui …

Génial.

Chavanel : Le Mayo tricolore

La Quick Step est championne de France, et sans équipiers s’il vous plaît. Deux ans de travail récompensés.

Il y a trois ans, Le Vestiaire se demandait si Mimo était le surnom de quelqu’un d’intelligent. Un an plus tard, il signait en Hollande, trois ans plus tard il arrive sur le Tour avec du bleu, du blanc et du rouge, un bien Joly maillot. Voeckler n’est même pas jaloux. 

Dans un peloton dopé à 80%, Sylvain Chavanel étonne. Il arrive parfois à rivaliser avec les plus grosses chaudières et parvient même exceptionnellement à les accompagner dans les vingt derniers kilomètres. Mieux, il leur tient tête en contre-la-montre. Dopé, pas dopé ? Difficile à dire, mais là n’est pas la question. Son parcours global laisse penser qu’il est propre même si, ni Salanson, ni Moreni, ne peuvent témoigner de sa probité. Mais son niveau de réflexion peut faire imaginer le contraire. Avec une tactique un poil plus élaborée, il aurait pu empiler les bouquets et finir par ressembler à Jalabert. Jusqu’à parler de bétail ?

Le nouveau Chavanel, qui sait maintenant comment gagner, a choisi une autre voie royale dite « Virenque » : Patrick Lefévère. Que peut-il se passer dans la tête d’un coureur qui décide d’aller dans l’écurie Mapei-Quick Step ? Se dit-il que c’est une équipe qui a toujours eu beaucoup de résultats ou que c’est un élevage de drogués ? Les deux réponses attesteraient du génie de l’homme. L’un est un génie naïf qui excelle dans l’art abstrait, l’autre est un génie désespéré. Il y a une troisième voie, celle du « milieu », comme on dit dans le jargon. Le plus surprenant, c’est que cette décision coïncide avec l’éclosion du marmot. Lefévère avait donc jeté son dévolu sur un mulet compétitif qu’il savait pouvoir transformer en « pur-sang », comme on dit également dans le jargon.  Le haut-niveau, c’est aussi un entourage. Le sien est au choix, incompétent ou dedans jusqu’aux veines.

Maillot Amaridiot

Dans l’hypothèse où il serait le seul coureur propre du peloton, il peut difficilement espérer remporter un grand Tour. Par contre, Chavanel a appris à y briller, comme le Vestiaire l’avait prédit. Et pas seulement en attaquant tous les jours comme avant, mais plutôt en se comportant comme un leader, ce qu’il est apparement depuis un bon moment. Nous lui avions soufflé l’idée en 2008, il s’en était rendu compte sur la Vuelta : un chrono avec, et même devant, les meilleurs, des bonifs et le tour est joué. Enfin pas complêtement, il faut aussi faire quelques efforts dans la montagne, limiter la casse dans les jours sans et se reposer en plaine. C’est le b-a ba du vélo, lui n’a pas voulu le comprendre et a préféré flinguer le peu de carrière qu’il a eu et qu’il lui reste. Il déclarera sans doute prochainement qu’il se sent mieux avec une Flêche Brabançonne, une étape du Tour de France qu’avec un meilleur classement que Di Gregorio.

Pendant ce temps-là, les anciens coureurs se commandent des acides aminés. Mais ils n’en vendent pas. Consultant en dopage, c’est un métier ?

Tour d’Italie : Ground Giro

Alors que le suspense est à son paroxysme sur le Tour d’Italie, nous avons retrouvé notre consultant Thierry Bisounours aux abords de la prison new-yorkaise de Rikers Island déguisé en soubrette. Une enquête à haut-risque a-t-il confié avant de nous livrer quelques secrets sur la cuisine à base d’andouille.

Bonjour Thierry, comment ne pas débuter notre entretien par les révélation explosives du journal l’Equipe…

Inutile d’aller plus loin, je nie tout en bloc, je déjeunais avec ma fille à 13h, les premiers saignements de Stéphane Goubert ont eu lieu à 14h. Elle est hermaphrodyte.

Pardon ?

Je vous pardonne, vous ne pouviez pas savoir qu’il était consentant comme on dit dans le jargon.

Euh… Nous parlons juste de la liste des coureurs suspectés de dopage par l’UCI.

Dopage, UCI, coureurs, il n’y a pas quelque chose qui cloche dans votre question ?

Vous voulez dire qu’il est surprenant de voir l’UCI se mêler de la lutte anti-dopage ?

Il n’y a plus de coureurs depuis 1994, c’était Charly Mottet me semble-t-il. Mais effectivement vous avez raison, Brochard est devenu champion du monde en 1997 avec les compliments du Conseil de l’ordre.

C’était il y a 14 ans, depuis les moeurs ont changé…

Effectivement, le port du catogan a été interdit en course, et je ne me masturbe plus avec les livres de Tristane Banon.

Quel est le rapport ?

Ah non, mon coco vous n’allez pas me mettre ça sur le dos (il enlève alors son peignoir,  plonge au sol,  roule péniblement ses 112 kilos et sort d’on ne sait où  un vieux revolver qu’il pointe vers nous). Allez, dans la salle de bain ! Mon grand-père aussi avait subi l’opprobre avec cette même arme au 93 rue Lauriston.

Vous perdez la raison Thierry, on ne vous accuse de rien.

Si, je vous connais, vous commencez par là et vous allez me faire parler de Bilou mon patron incompétent, de Philippe Gilbert qui marche plus fort qu’une chaudière et qu’on fait semblant de croire intègre et peut-être même de Contador qui va faire le doublé Giro-Tour à cause d’un boucher-charcutier pas agréé. Laissez la police faire son travail !

Et vous le votre ?

Une déflagration retentit alors. Les derniers témoins affirment que le même bruit fut entendu le 13 juin 1944 aux abords de la rue Paul-Valéry à Paris.

Contador : Par la grande Puerto

Après avoir longtemps cherché l’Algarve sur la carte routière de l’Espagne, notre consultant Thierry Bisounours s’est finalement rendu à Aire-sur-la-Lys. Manque de chance, la fête de l’andouille était finie depuis à peine 6 mois. Heureusement, son pote Stéphane Goubert n’avait pas fini son dessert.

LE VESTIAIRE : Bonjour Thierry, l’affaire Contador finira-t-elle un jour ?

THIERRY BISOUNOURS : On ne va pas refaire l’histoire en long, en large et… vous voulez des travers ?

Non, merci, je viens de finir mon café…

C’est pas grave, ça va bien avec aussi. Vous prenez de la patafix (il décroche du mur un poster du film Watchmen, les Gardiens, récupère la gomme jaune, allume le gaz et jette le tout avec la viande sur le feu). C’est comme un barbecue !

Vous êtes sûr ?

Vous préférez peut-être vous réinjecter du sang périmé depuis 6 mois ? De toutes façons j’en ai plus et j’arrive pas à joindre Ricardo. Il est encore sur messagerie, j’espère qu’il n’a pas changé de numéro.

Vous êtes ami avec Ricardo Ricco ?

On adore visionner la scène de cul de Watchmen et là encore c’est jamais le dernier à partir, comme on dit dans le jargon. Mais vous savez, un type qui triche et qui a autant de volonté à revenir au plus haut niveau, il ne peut pas être fondamentalement mauvais. Et ça c’est pas Bilou mon patron qui le dirait, il est trop con. Et il serait pas le seul.

Mais il a recommencé ! Et pour Contador, vous diriez la même chose ?

Mais le vélo n’a rien à voir avec les conquistadors !  A cette époque, l’Espagne était une forte puissance et la règle, c’était que le plus fort gagne. C’est pour ça que, depuis, une grande partie de l’Amérique du sud parle castillan. Ça vient de Castille. Il y avait aussi des Portugais, comme on dit dans le jargon.

Quelle culture ! Et donc vous savez où se trouve l’Algarve ?

Là j’ai pas de vanne, mais je sais que Christian Prudhomme il en a rien à foutre.

A propos de quoi ?

De cette affaire de blanchiment. Le pognon d’ASO, c’est pas que le sien.

Il y a méprise. C’est un coureur accusé de dopage qui a été blanchi…

Et c’est parti, vous revenez avec vos conneries. Le boucher qui a servi le Clenbutérol avarié était un escroc c’est tout. Et d’ailleurs, apparemment, il a récidivé, à croire qu’il a encore pignon sur roue.

Le Clenbutérol n’est pas une viande…

Et alors, Chavanel, c’est un coureur ? Madiot un commentateur ?

Qui ?