Roland-Garros : Gamelle Monfils

Berdych, quel exploit quand même. Et dire que Gasquet avait failli faire la même chose contre Murray mais lui avait attrapé une angine au début du 5e set. C’était juste après les 3 nanogrammes de décalitres de coke retrouvés sur la langue de Pamela.

TOTO (2)

Cette fois, Patrice Dominguez ne l’attendait pas. Pour autant, peut-on blâmer un ancien DTN qui attendait Di Pasquale, Chardy et Jeanpierre, d’avoir cru que Monfils revenait de blessure alors qu’il joue son 13e tournoi de l’année et qu’il reste sur deux finales sur terre battue ? Non, parce qu’il savait tout ça et pensait d’ailleurs que « Gaël allait payer l’addition des efforts consentis ces deux dernières semaines ». Est-ce parce qu’Europe 1 ne lui verse plus de pension alimentaire qu’il s’est cru obligé de rajouter que « Gaël n’avait pas une grosse préparation foncière ? » Il faut parfois savoir regretter l’absence de pelotons d’execution pour les incompétents. Mais au diable les contresens, Gaël Monfils a régalé le Central et l’Equipe a à peine attendu la fin du match pour parler de retour d’enfer. Le Vestiaire lui-même aurait été surpris s’il n’avait pas déjà tout dit sur Monfils et ce dès 2007.

Les as du Roland

Un petit rappel des faits n’est jamais inutile, notamment quand Montel commente les matchs du court n°1 à quelques mètres à peine de Monfort confortablement installé sur les genoux d’une jolie quadra du Central. La VHS bien au chaud dans l’armoire, comme on dit dans le jargon. 2008, la Monf n’est pas encore la Monf mais il va en demie à Roland en torchant tout le monde jusqu’à Federer. C’est l’acte fondateur qui détermine pourquoi il est le plus fort et pourquoi il ne le sera jamais.

2009, il paie l’addition de ses mois d’avril et de mai sans jouer par un quart de finale contre Federer, après avoir humilié Roddick à la nuit tombée.

2010, sa préparation est optimale : blessé en mars, il reprend début mai par un petit quart en Masters 1000 contre Nadal. C’est presque trop parfait à deux semaines de Roland, il préfère offrir le match à Fognini à la nuit tombée.

2011, il s’arrête deux mois en février puis tout le mois de mai ; cette fois la coupure est trop longue, il n’et pas en forme. Il n’ira pas plus qu’un quart contre Federer à Roland après avoir battu Ferrer 8-6 au 5e après 4h7 de jeu.

2012, il joue trois tournois en mai, donc déclare logiquement forfait à Roland. Putain d’Osgood-Schlatter qui l’empêche chaque année de briller.

Pendant ce temps-là, Monfils a pris Benhabiles puis jeté Benhabiles, pris Champion puis jeté Champion, pris Rasheed puis jeté Rasheed, pris Chamagne puis jeté Chamagne, pris Winogradsky puis jeté Winogradsky, pris une licence dans la team France Pokerstars, changé de coupe de cheveux, de maillot de foot et de short de NBA et invité M Pokora à Bercy. Et il a comme tout le monde un frère pro qui n’aime pas le tennis avec lequel il joue en double, quand il n’a pas un double mixte organisé avec sa meuf, quelle qu’elle soit. Comme Federer quoi.

L’Edito : Tatiana go love in

Au regard du nombre d’articles publiés ces derniers jours, l’Edito pourrait être entièrement consacré au tournoi de Saint-Georges-Sur-Loire on a appris que le frère de Nicolas Mahut était un tout petit peu moins bon que lui et qu’il aurait même une soeur.

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Mais finalement devant l’arrogance phénoménale de Federer qui en vieillissant devient aussi sympa que Lance Armstrong, on va parler de lui. Pourvu qu’Oprah Winfrey ne se mette pas au tennis. Hier Chamoulaud a donc inauguré son dispositif Roland-Garros. Enfin pas Chamoulaud puisqu’il s’est fait virer de partout sauf du court central, mais plutôt Luyat qui a rappelé à Lauclair pourquoi il n’avait plus le droit aux interview sans intérêt : « Dites à Gilles Simon qu’il va être interviewé par Louise, il finira plus vite. » En tant que journaliste nous nous devons d’accorder les réserves nécessaires à de telles déclarations. Car il faudrait considérer que tout le monde a envie de baiser Louise, y compris lui qui jusqu’ici semblait préférait les Louis, malgré la ridicule rumeur Golovin. Mais quelle rumeur Golovin ? Il faudrait ensuite imaginer que Gilles Simon n’aime pas les hommes et que Lauclair ne soit pas à son goût. Bref, le fait que Louise n’y connaisse rien en tennis ne compte pas vraiment, puisqu’on lui demande juste, comme Tatiana, de faire bander les téléspectateurs. Sinon elle n’incarnerait pas à elle seule le concept de bouffer à tous les rateliers. L’excellent Wikipedia vous en dira plus. C’est vrai qu’on disait pareil d’Hanouna avant qu’il devienne le respecté Cyril Hanouna recevant les stars de la télé et du proxénétisme.

No Future

Avant d’en arriver à l’interview de Federer par Nelson qui a bien compris qu’il avait face à lui un adversaire devenu très coriace, Chamoulaud s’est félicité de la présence de trois Arnaud dans son équipe dont deux dirigent le tennis français. On rappelle que Clément a fait une finale de tournoi majeur et Di Pasquale une demi-finale olympique. On en vient à espérer que ça soit Boetsch le patron du haut-niveau. Car Dominguez-Hagelauer-Massias-Jauffret, ça n’a fait qu’envoyer Pioline perdre 12 fois en finale. Contrairement aux apparences le tennis français n’a toujours pas trouvé la solution qui est évidemment mentale quand elle est pas physique. Un mental qui a permis à Federer de tenir le coup hier soir sous les coups de boutoir de Montfort : « On vous aime beaucoup Roger. » Mais heureusement aucun des deux n’aura l’indécence de citer une seule fois le nom de Pablo Carreno-Busta, Federer précisant respectueusement à son propos qu’il n’en avait « jamais entendu parler » et que gagner des Future, ces tournois pour les nuls, c’est quand même gagner. C’est alors que Brabant, bravant tous les orthophonistes du pays, s’est lancé dans une attaque en règle contre Rodger : « C‘est la première fois que vous arrivez après une coupure. » Ce n’était pas le cas et Rodgeur aurait pu lui répondre cordialement que non, il a préféré ricaner et répondre que non.

Pendant ce temps-là, la victoire de Rosberg a prolongé le contrat de notre spécialiste formule 1 qui l’avait annoncé vendredi. Si seulement il arrivait à être drôle.

Roland-Garros : Le Paire d’obus

Voici comment Benoît Paire est devenu un Mousquetaire.

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Avant de lui suggérer d’aller voir quelqu’un pour parler de tout ça, les entraîneurs successifs de Benoît Paire ont toujours dit qu’il avait un talent fou. Comme quelques centaines d’autres, Patrice Dominguez en avait même fait un diamant à l’état brut. Mais Paire avait pour lui d’avoir été viré par Hagelauer. Le genre de petite différence qui peut suffire à expliquer une victoire en Masters 1000 sur Del Potro.

Pour aller en demi-finale, encore fallait-il battre un Granollers fatigué la veille par Chardy. On peut aussi simplifier la phrase : il aurait fallu être un gros con pour perdre, un peu comme si c’était Janowicz en face et qu’il était Tsonga ou Gasquet. Il n’est ni l’un, ni l’autre, d’ailleurs il a toujours perdu contre eux, mais c’est lui la star maintenant. Avec son super revers à deux mains, ce toucher de balle hors du commun, ses coups de génie, bref toutes les conneries que Chamou a dites sur un Français qu’il découvre fin mai, après avoir changé de femme à défaut de coiffure.

Benoît baise

Mais Paire n’est plus un jeune qu’on découvre, c’est un joueur qui arrive à maturité. Il casse moins de raquettes et probablement plus de culs mais il n’hésite jamais à lâcher un set pour se prendre la tête avec l’arbitre. Qui de Brabant ou Monfort dira le premier que c’est bien, que le tennis est trop aseptisé et que McEnroe manque à tout le monde ? Voilà pourquoi on aime Nadal, Djokovic et Federer : quand ils pètent les plombs en finale de Grand Chelem. Attention quand même aux « mentalement je suis solide, je reste concentré », ça reste Rome et Del Potro quand même. Son entraîneur Lionel Zimbler, ce serait pas l’ancien de Santoro dont il est précisé 10ème mondial à côté de son nom ? Alors que tout le monde sait bien qu’il n’a jamais atteint le top 10, sinon il serait autre chose qu’un célèbre joueur de double.

Pendant ce temps-là, Gasquet réalise toujours le meilleur début de saison de sa carrière, mais ça se voit de moins en moins.

Federer : Je, set et bâche

Il fut un temps où on se serait bien marré à regarder ou lire l’interview de Federer après une défaite. C’était rare, et on était toujours impressionné par sa capacité à mépriser son vainqueur d’un jour. A le renvoyer à son piètre niveau, faisant passer sa performance pour un accident s’approchant de l’exploit du siècle. Roger était imbuvable et prétentieux à souhait mais il était le meilleur.

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Depuis 3 ans qu’il est revenu parmi les mortels il était redevenu un peu plus modeste, oubliant parfois qu’il était le plus grand de tous les temps. Mais à l’époque il ne s’était jamais permis de se faire torcher par un Japonais en huitièmes de finale à Madrid en promettant qu’il visait la victoire finale. C’est pourtant cet après-match qu’il a choisi pour annoncer enfin ce qu’il aurait dû faire depuis longtemps : sa retraite. Comme contraint par les humiliantes circonstances qui font qu’un adversaire provenant d’un pays où le tennis n’a pas encore été inventé ou alors simplement dans Prince of tennis (le petit chef de la balle jaune pour ceux qui ne connaissent pas), Federer a cru bon devoir redevenir aussi puant qu’il l’était du temps de sa splendeur. Mais cette fois ça sonnait faux pour ne pas dire pathétique.

Roger par la dépression

C’est ainsi qu’après les habituelles justifications sur son jeu « J‘ai manqué de contrôle depuis la ligne de fond », dont on se fout royalement, il s’est d’abord cherché des excuses comme tout numéro 2 mondial digne de ce nom : « Il y avait du vent et aussi évidemment le soleil et l’ombre« , il ne manquait plus que la pluie. Le premier compliment pour son valeureux sparring partner jap est venu ensuite « je ne suis même pas sûr que Kei ait eu besoin de jouer à son meilleur niveau aujourd’hui, ce qui est encore plus décevant. » Ou comment rappeler à Nishikori qu’il l’a trouvé nul à chier. Au cas où le Nippon n’aurait pas compris Roger s’est permis de lui redire à quel point il le trouve mauvais quelques secondes plus tard : « Il faut féliciter Kei. Il a mieux joué que moi. Il était le meilleur joueur aujourd’hui, aucun doute là-dessus ». Aujourd’hui, pourquoi pas demain et après demain aussi ? Mais l’ancien numéro 1 mondial qui ne le sera plus jamais a gardé le meilleur pour la fin : « Kei a gagné un tournoi déjà je crois. »  Et oui c’est pas mal un tournoi quand on en a presque 1000 à son palmarès. Puis toute la violence sauvage de Federer finit par s’exprimer comme un point final à une carrière qui n’en finit plus de terminer. Comme si plus aucune règle de bienséance ou de politesse ne comptait, comme si il n’y avait plus aucune loi dans ce bas-monde, comme si la jungle avait élu domicile au sein du circuit ATP, il s’est permis de comparer Nishikori à Raonic et « d’autres gars à peu près du même âge qui progressent. » Et Federer de conclure baigné d’aigreur et de méchanceté :  « C’est excitant et bon pour ce sport que de jeunes joueurs, moins connus, battent les meilleurs. »  2009 c’était il y a 4 ans. Il faut parfois savoir partir et fermer sa gueule.

Pendant ce temps-là Wawrincka a battu Dimitrov qui a battu Djoko qui a battu Nadal. Un Suisse gagnera-t-il quand même Roland-Garros ? Et dire qu’ils n’ont jamais gagné la Coupe Davis et qu’ils ne savaient pas que les Nazis étaient méchants.

 

Arsalan Rezaï : « Mansour aux critiques »

En 2011 Le Vestiaire avait presque pu pénétrer, déchaussé, dans l’intimité de la famille Rezaï. Un famille comme un autre où c’est Papa qui décide que sa fille sera championne même si ça lui plait pas.

La moquette du salon est recouverte de terre battue. Dans le jardin, les chiens aboient. Et Aravane passe.

LE VESTIAIRE : Comment réagissez-vous à la plainte déposée par Aravane à votre encontre pour harcèlement moral, violences volontaires et menaces de mort ?
ARSALAN REZAI : Je crois qu’il vaut mieux être Mansour que d’entendre ça. Comment ma propre fille peut-elle m’accuser de choses pareilles ? Elle va en prendre une bonne la prochaine fois qu’elle rentre à Saint-Etienne laver ses fringues.

Vous avez dans le milieu du tennis l’image d’un père autoritaire, parfois violent…
On me fait un faux-procès en appel. Ce n’est pas parce que j’ai grandi en Iran et que je me laisse pousser la barbe que je suis un ayatollah. Je n’ai d’ailleurs jamais forcé Aravane à porter le voile, ça la génait en revers. Comme Georges Goven, j’ai beaucoup d’amour pour elle et ça fait bien longtemps que je ne l’ai plus touchée.

On raconte que vous avez eu une altercation avec son petit ami lors du dernier Open d’Australie…
Mais elle n’a que 24 ans ! C’est beaucoup trop jeune. Vous ne voudriez pas non plus qu’elle choisisse son mari ? Et ce charlot n’était même pas joueur de tennis. Comment voulez-vous que mon petit-fils gagne Roland-Garros ? Quitte à souiller la famille, j’aurais préféré qu’elle couche avec Nadal.

Comment la famille vit-elle justement aujourd’hui sans les revenus d’Aravane ?
Je n’ai plus rien. Cette ingrate ne me filait que 2.000 euros par mois alors qu’elle n’aurait jamais rien fait sans moi. Comment je vais faire maintenant pour payer l’assurance de mes trois Mercedes ? Elle ne se rend pas compte de la misère dans laquelle elle nous plonge. Je vais encore être obligé de mettre ma femme sur le trottoir.

Ne comprenez-vous pas qu’à son âge votre fille ait besoin de s’émanciper ?
Je crois surtout qu’elle a été manipulée. Et pas seulement par son kiné. Quand on a gagné les internationaux de Strasbourg et le tournoi de Bastad, on attire forcément les convoitises et pas seulement celles de Georges Goven. Ils les aime plus jeunes.

Propos (presque) recueillis par Roger Secrétain

Coupe Davis : Thierry tue l’âne

Avant de devenir la doublure de Richard Gasquet qui était blessé puisqu’il était en demi à Indian Wells il y a 3 jours, Gilles Simon a rencontré Thierry Tulasne. On ne sait pas très bien lequel des 3 a vraiment déjà joué au tennis.


L’inavouable vérité prend racine à une époque où Tulasne avait des cheveux et sensiblement la même coupe que Simon. Il jouait d’ailleurs le jeu de Simon. Se replonger dans le tennis de la fin de années 80 n’est jamais chose facile, ni même souhaitable. On y fait de mauvaises rencontres. Nous sommes en 1980, Tulasne n’a que 17 ans quand il remporte son premier match à Roland. Des trois vérités suivantes, seules les deux dernières seront vérifiées : Bernard Boileau est joueur de tennis, belge et il abandonne au troisième set. Une grande performance suivie dès l’année 1981 d’une victoire contre Adriano Panatta et d’un premier huitième de finale. Tulasne n’a que dix-huit ans et l’avenir devant lui.

Ivan pas terrible

Le jeune champion présente l’avantage d’être attendu, par le public évidemment, mais aussi par Lendl, Hocevar, Wilander une fois, Wilander deux fois. Une branlée à chaque fois, jamais au-delà du 3e tour. Ca vous classe un jeune espoir de 22 ans. A ce sujet, le site de l’ATP est précis : 66e mondial en juin 1985. Vient alors l’année de gloire, celle que Simon connaîtra aussi en remportant trois fois Bucarest, Casablanca ou même Metz. 1986, année despotique. A Roland, Tulasne arrive 13e mondial. Cancelotti est 109e mais au bout de cinq sets, Tulasne s’en sort. En revanche, l’autre Panatta, Claudio, est deux fois plus fort : 219e. En cinq sets, cette fois ça passe pas. La suite, ce sont les branlées numéro 2 et 3 de Lendl (il n’y en aura que sept au total), et surtout le deuxième huitième de finale, en 89, contre Jay Berger, le genre de 34e mondial que Simon n’aimerait jamais trop lui non plus. Pour l’occasion, Tulasne s’était offert Mecir, soit le top 10 le moins connu de l’histoire. Il avait aussi collé aussi deux 6-0 à Fleurian mais ça n’a jamais rien garanti à personne. Sinon Pugh et Yzaga, un Péruvien, n’auraient pas été si forts en 90 et 91. Il était alors temps de passer au coaching avant qu’il ne soit trop tard.

Pendant ce temps-là on est débarrassé de Forget, c’est déjà ça.

Nadal : Masters lexomil

Quel come-back : pas un jeu perdu à Roland-Garros.


Il a des gros muscles, une raquette Head, une ITT de sept mois et trois titres de plus en quatre tournois. Il n’était même pas sûr de venir, il ne pensait pas non plus gagner, c’est venu comme ça. Il est tombé à la renverse et s’est souvenu de ces mois de souffrance. Il s’est revu serrer la main de Rosol, et c’est justement pour ne pas faire la même chose en finale qu’il a dégoté de justesse un virus gastrique avant l’Australie.

Evidemment, il devait reprendre la compétition et il savait que pour coller 6-2 en quarts à Federer, il faudrait être très méticuleux. C’est là que Nadal est redevenu Nadal : une tournée sud-américaine sans personne, c’était le choix stratégique parfait. Il fallait aussi avoir mal au genou et laisser planer des rumeurs de forfait un peu partout. La gestion était remarquable, mais il manquait encore un gros coup. Pas contre Chardy en demi-finale du premier tournoi, faut pas abuser, mais en finale contre Zeballos : une défaite en trois sets. Quitte à aller jouer dans le tiers monde, autant faire don à une œuvre de charité. Rendu indétectable, Nadal reste méfiant et laisse ensuite un set, pour plus de sécurité, à Berlocq et Alund, qu’il ne reverra jamais. Il faut alors monter en puissance. Il cherche donc un ancien pas mauvais, mais pas très bon, qui parle aux gens tout en entretenant le mystère. Ce sera Nalbandian, récompensé de cinq jeux.

Nadal pas bête

Vingt jours, huit matches, et sans doute vingt cocktails avec les sponsors et zéro entraînement plus tard, il arrive à Acapulco. Almagro et Ferrer sont venus voir, pas se faire démolir. C’est pourtant ce qui arrivera. Nadal ne perd pas un set et humilie ses partenaires de Coupe Davis, qu’il respecte, surtout le petit qui lui a pris la 4e place mondiale. 6-0, 6-2, Ferrer ne le fera plus chier une seule fois jusqu’à la fin de leurs carrières. Mais alors, pourquoi perdre 2h33 sur un court contre Gulbis au 2e tour d’un Masters 1000 ? Pour que Federer ne se doute de rien au 3e. Après ça, Berdych et Del Potro avaient compris qu’ils entendraient le dimanche soir les progrès de Nadal en anglais, qui sourit et fait l’amour au public. Mais il n’avait rien préparé, il ne pensait même pas remarcher, alors passer un tour à Indian Wells.

Pendant ce temps-là, un carton plein sur terre battue se prépare, il a donc déclaré forfait pour Miami.

Indian Wells/Miami: Paire de boules

Il est juste derrière Simon, autour de Benneteau mais devant Llodra. On l’appelle communément top 40 et pourtant il détruit plus de raquettes que de top 10. Mais il n’a que 23 ans et de mange-merde à petit merdeux, il y encore une branlée contre Llodra


Benoît Paire est un beau gosse d’1,96m, qui s’était fait remarquer pour la première fois à l’US Open. Pas par la finesse de son analyse au micro d’Agathe Roussel, mais en sortant des qualif, aux dépens de Stadler, Krajinovic et Sisling, quand même. De quoi impressionner Rainer Shuettler au premier tour, mais pas suffisant pour ne pas perdre après avoir mené deux sets à un contre Lopez, 25e à l’époque, au 2e tour. Parfois il n’est pas inexact de dire perdre comme une merde.

La suite est classique : il faut lui trouver un coup de génie, et si possible le qualifier de meilleur du circuit. Ce sera le revers à deux mains, même si la tentation est forte de louer son toucher de balle. Bref, tout ça lui permettra de gagner le challenger de Brasov un an plus tard. Exact au rendez-vous. C’est donc en 2012 qu’il explose. Il commence par exploser à Belgrade, avant d’exploser en finale. Puis ses amortis émerveillent Roland-Garros au premier tour mais pas Ferrer au second.

Destination finales

On le dit inconstant et con comme un balai, il prouve partiellement le contraire : dès qu’il rencontre un top 20, il perd, parfois en prenant un set, souvent sans. Un métronome.

Pourtant tout change en 2013. Il s’offre Cilic à Chennai et confirme le lendemain en prenant un set à Lu. On aurait juré que Santoro sanglotait dans les tribunes. A Montpellier, il bat Simon et explose encore en finale, enfin c’est Gasquet qui l’explose. Suffisant pour parler de Coupe Davis bien sûr et de se faire exploser par Llodra. Ca sent la merde.

Pendant ce temps-là, Federer qui lui a déjà collé deux branlées avant de dire que « Paire n’avait pas la bonne attitude ». Une référence aux volées dans le filet, aux retours amortis et peut-être même aux coups droits annoncés out parce que le terrain ne déborde jamais sur les gradins. Gueuler sur l’arbitre n’y change rien. Mais ça veut quand même dire qu’il a rencontré Federer deux fois.

Open d’Australie : Murray cas

Rien ne dépendra plus de Federer et c’est un peu triste. Mais ça ne dépendra pas non plus de Murray et c’est moins triste.


Jusqu’au deuxième set de la finale, la question se posait franchement. Murray avait terrassé tout le monde, et battu Federer pour la première fois en grand Chelem. C’était moins une bonne nouvelle pour lui qu’une mauvaise pour Roger mais on a failli croire que Murray avait enfin trouvé comment dominer tout le monde, y compris sa mère et ses envies de pisser sur le court. Les rédacteurs en chef devenaient insistants et iconoclastes, la confiance s’envolait envers les meilleurs spécialistes, tout juste bon à entendre les conneries conjugales du moment.

Mais le doute n’était pas permis, en tout cas sur Murray. Etait-ce sa carte d’identité écossaise ? Son cou démesurément grand ? Ou les deux tie-breaks de sa demi-finale contre Federer ? En tout cas quelque chose clochait dans la domination nouvelle de Murray sur le tennis mondial. Il donnait l’impression d’enfin être offensif, Leconte était même estomaqué par ses coups fabuleux sans se rendre compte qu’un lob en bout de course n’est pas une attaque gagnante. Ou que placer une attaque au bout de la cinquantième frappe ce n’est pas être un serveur volleyeur. Ou que le service slicé ne suffit pas à gagner une finale.

Ivan le terrible

Et puis Djoko a commencé à frapper si bien que l’incroyable défense de Murray est devenu tout à fait croyable. Ça lui a rappelé son jeune temps, quand Federer et Nadal jouaient. Federer il jouait trop vite, et Nadal trop fort. C’était si bon de prier pour que la faute directe arrive d’en face, et parfois elle arrivait et le match se terminait avec un set dans la poche. Et maman était si fière qu’elle en pleurait de honte.

Pendant ce temps-là, Mauresmo a trouvé que Federer était plus mobile qu’avant, très tonique sur les jambes. Jusqu’en demi-finale quoi.

Federer-Djokovic 2013 : Le content suisse

Roger a réussi ce qu’aucun n’avait réussi avant lui : continuer à gagner sans jouer. Le reste du temps, il s’appelle Djoko et il déchire ses t-shirt sur les courts australiens. Foutus héritiers.

Six titres dont trois Masters 1000 et un Grand Chelem : il n’avait plus fait aussi bien depuis 2007. Federer serait probablement considéré comme le plus grand sportif de l’histoire, capable de retrouver son meilleur niveau une fois la limite d’âge passée, s’il y avait eu un seul grand match la saison dernière. Mais 2012 a été ainsi : le niveau a baissé, et Murray s’est bien gavé avec la bagatelle d’un titre du Grand Chelem.

Mais tout cela n’entame pas l’incroyable pouvoir de Federer sur le tennis mondial. Il avait déjà tout : une collection de Grand Chelem, une collection de Rolex, une collection de pognon, une collection de couilles de Murray, et aussi Mirka dans les tribunes, les adorables jumelles, la présidence du syndicat des joueurs et cette pilosité sur les avant-bras mais pas sur les biceps qui le placent d’office au-dessus du lot. Il lui manquait encore l’opportunisme du champion, qui jouit de toute sa puissance. Il est fini et ne tient plus physiquement en cinq sets contre les meilleurs ? Il n’a plus qu’à prier pour que Wimbledon se joue sans Nadal. Pourvu qu’il n’ait rien à voir avec la mort du papy du numéro 1 mondial, en deuil aussi de sa concentration et de son niveau. Il ne resterait alors que Murray qui a très envie d’attendre les JO pour gagner à Londres.

Bâle neuve

L’impensable se produit, aussi majestueuse qu’une terre battue bleue à Madrid qui n’a rien à voir avec de la terre battue. Un Masters 1000 n’est jamais de refus, et tant pis si sur la rouge Roger ne gagnera rien parce que quand on est fini, on est quand même fini. Sinon pourquoi perdre contre Berdych en quarts à l’US Open ? Peut-être pour affirmer de ses que tout dépend de lui. « Bien sûr, Tomas a bien joué mais je trouve aussi que je l’ai aidé à se sentir à l’aise. » Aujourd’hui, il a digéré et collera très bientôt une branlée à n’importe quel Tchèque qui passera par là. « J’espère continuer à jouer pendant plusieurs années, parce que j’aime ça, j’aime la pression que procure le fait de jouer contre une nouvelle génération qui arrive et qui progresse rapidement. » Humilité et humiliations ont la même racine latine ?

Pendant ce temps-là, Murray mène 10-9 dans leurs confrontations, Nadal 18-10 mais Djokovic lui doit encore le respect (16-13). Alors comment lui a-t-il repris la place de numéro 1 ? Peut être en faisant trois finales de Grand Chelem et une demie, après avoir sauvé des balles de match et autres conneries visant à humilier un maximum d’adversaires. Le salaud, il se prend pour qui ?

Australian Open : Gaël mon vice

Tsonga lui a pris son coach, c’est que le 86e mondial doit être bon.

Gaël Monfils n’est pas tout à fait comme les autres. Quand Richard Gasquet reconnaît qu’il devrait jouer plus vers l’avant mais que sa tête dit non, mais aussi areu et caca popo, Gaël s’y essaie n’importe comment, foire, et reconnaît que s’il devrait changer pour progresser, il n’en a rien à foutre puisqu’il aime défendre. Ensuite il disparaît de la circulation, se sépare d’avec son entraîneur même s’il l’appelle Patrick Chamagne, et enfin il commande une interview à L’Equipe pour dire en substance qu’il n’est pas dépressif quand il ne joue pas au tennis. Logique, puisqu’il l’est quand il joue. Sans doute une histoire de gonzesses, et pas ce double mixte où il avait cartonné Dechy avec Cibulkova. Un vieux fantasme, mais pas aussi cochon que celui de Gilles Simon : être entraîneur-joueur. Monfils, lui, il veut un entraîneur.

Monf émerveille

Le plus amusant dans cette histoire, c’est qu’après avoir été autant absent que Nadal la saison dernière, Monfils a recommencé à torcher Kohlschreiber comme avant. C’est une seconde nature chez lui, d’ailleurs Dolgopolov n’a pas tellement cherché à résister. Qu’il revienne de six mois sans jouer, ou qu’il joue trois ans d’affilée, Monfils est le même joueur : s’il n’est pas blessé, il court partout six heures d’affilée et bat n’importe quel joueur au-delà de la 10e place mondiale. Et si en plus c’est à Roland Garros, il va en quart ou en demie. Sauf bien sûr les jours où il n’a pas vu un de ses psys, qui partagent avec le parfum du yaourt du petit déjeuner la responsabilité de son genou, de ses fautes directes et de sa tactique de match.

Fraise ou façon tatin, Monfils est toujours le même, le plus gros potentiel du tennis français. Sa technique et son jeu de défense feraient de Tsonga un top 4 mais s’il faut se concentrer toute une saison et ne pas perdre une fois de temps en temps contre un 400e mondial, c’est pas pour lui.

Pendant ce temps-là, Gasquet s’est fâché contre une arbitre, a débreaké et haussé son niveau quand il le fallait contre Montanes. S’il continue sur cette voie, plus rien ne pourra l’empêcher de faire sa conduite accompagnée.

Richard Gasquet : Doha constrictor

Santoro avait aussi pas mal gagné à Dubai.


Tout ce que le sport français compte de stars passe ses vacances au Qatar. Lucas Moura a étrenné son premier maillot du PSG, il n’était floqué ni Rai, ni Ronaldinho, ni Vampeta. A un pâté de gratte-ciel, il y a le tennis-club qui accueille chaque année les meilleurs joueurs du monde de début janvier. Comme en 2006, Richard n’a pas raté l’occasion de venir y peaufiner sa préparation. D’habitude c’était Brisbane, mais Fabulous allait-il à Brisbane ?

Doha ou Brisbane, de toute façon c’est toujours la même chose : un tournoi sans les meilleurs, ou alors diminués et battus rapidement pour préparer l’Australie. Au choix, pour les seconds couteaux, c’est l’occasion de prendre des points et du pognon ou de courir un peu là où il fait chaud. Richard a choisi : 2h42 contre Grega Zemlja, ça fait du bien. Il a gagné, évidemment ça n’a aucun intérêt, mais Richard a décidément le coup d’œil : « Niveau attitude, c’était impeccable. J’en ai joués des matchs difficiles, mais je ne suis pas près d’oublier celui-là. » Ses biographies d’après-carrière se vendront comme des petits pains. Mais l’heure n’est pas encore à l’après-retraite : il est en demi-finale contre Daniel Brands, après avoir battu Lukas Lacko, et le lendemain du marathon s’il vous plaît. Si ça c’est pas une saison bien lancée, on y connaît que dalle. Voire autant qu’un quotidien qui ferait de lui un futur vainqueur de Grand Chelem. Vainqueur de Doha en revanche, n’importe quel Français avec la même relance de coup droit toute molle en milieu de court depuis 5 ans peut le faire. Même ceux qui se déconcentrent en montrant bien au public que c’est parce qu’ils ont des courbatures aux jambes peuvent le faire.

Mais Richard est bien décidé à évoluer, et peut-être à écouter les consignes de tous ses entraîneurs depuis dix ans, même ceux qui ne lui collaient pas la gueule dans un seau de balles quand il ne les appelaient pas papa : « Je sais que je devrais davantage avancer dans le terrain, je suis pas con quand même. »

Pendant ce temps-là, Monfils est toujours en vie : on l’a aperçu donnant une interview à L’Equipe pour dire que Delaître et Champion étaient compétents pour être ses amis, mais pas ses entraîneurs.

Murray 2013 : Dégorger le Poireau

Ah merde, il est pas Gallois mais Ecossais. Dommage, ça collait bien.


L’image a fait le tour du monde. Andy Murray gagne son premier titre du Grand Chelem et se précipite vers son clan pour demander où sa mère a bien pu foutre la montre de son sponsor. L’émotion est palpable et Lendl est à peine endormi. Viennent le trophée, la conférence de presse où Murray dit son accomplissement qu’on ne l’appelle plus le puceau. En voyant le jeune homme, le monde du tennis n’a qu’une leçon à la bouche : Murray a vraiment une sale gueule, même avec un trophées dans les mains. A partir de ce mois de septembre 2012, Djokovic aura les gonzesses, Murray les titres. Le tennis mondial est entre leurs doigts.

Autant le préciser tout de suite : dominer le tennis mondial va devenir accessible à pas mal de joueurs, hormis les Français, faut pas déconner. Il suffit d’abord d’être numéro 3 mondial, avec un numéro 4 ancien numéro 1 qui n’a pas joué six mois. Mais, entre autres qualités, il faut savoir remporter trois tournois sur vingt dont Brisbane en janvier, et aussi perdre quatre finales. Depuis qu’il fait partie des grands, Murray a bouclé sa grande année en perdant contre Raonic, Djokovic, Janowicz et Federer, évidemment en gueulant et en mimant n’importe quelle contracture. L’an dernier, il n’avait remporté que cinq titres.

La shame Olympic

C’est la classique phase d’euphorie qui suit un premier titre majeur : ça vous change un joueur. Sous le charme, Federer n’avait d’ailleurs pas manqué de saluer l’avènement de ce jeune joueur à qui il avait si souvent appris à gagner une finale de Grand Chelem, pas plus tard que trois mois avant chez lui, en le faisant pleurer devant la Reine. Quand on est numéro un, il faut être gourmand. Murray a essayé, en l’humiliant en finale des JO. Mais dans la phrase il y a JO : ça n’a donc pas empêché Federer de lui en remettre une bonne en demi-finale des Masters : ben oui, c’était à Londres.

Pendant ce temps-là, on ne parle pas de n’importe quel Federer. Ce sera le prochain chapitre.

Murray : US vraiment open

Voici comment Andy a maté le Big 4. Mais qui était le 4e ?


Les fautes directes de Djokovic. Après des années à chercher, Andy Murray a fini par trouver la solution à ses problèmes, et tout le mérite en revient évidemment à Ivan Lendl. Son coup droit est parfait, son revers aussi, que dire de son service. Tout était mental et le problème est réglé : avant il n’attaquait pas et prenait une branlée contre Federer, Nadal et Djoko. Maintenant il n’attaque pas et Federer est à la retraite, Nadal teste ses prothèses et Djoko a de nouveau des crampes dans le cinquième set. On se demandait depuis deux semaines pourquoi ça faisait autant chier d’allumer l’US Open que le Masters 1000 de Cincinatti. Ce n’était donc ni à cause d’Eurosport, ni à cause du décalage horaire

Murray d’aimer

N’allez pas croire que le niveau de tennis est devenu pourri puisque le Big 4 domine toujours autant. La preuve Federer a encore fait quart de finale contre Berdych que seul le vent a fait perdre contre Murray, pas son niveau. Et Nadal était là comme toujours. Pour se faire pousser des testicules, Murray a donc dû braver tout ce beau monde, c’est le début d’une nouvelle ère. La manière dont il a battu Djokovic, qui a quand même perdu deux finales sur deux depuis que son niveau l’a quitté, est tout simplement prodigieuse. Après s’être fait remonter à deux sets partout, Andy aurait pu craquer. Mais il a forcé son naturel et laissé celui de Djoko revenir. Les crampes au pied servaient contre Tsonga avant 2008 : son papy lui manque donc toujours très fort. Mais cela n’a pas gâché le plaisir du  nouveau Murray, qui a enfin vaincu la malédiction. Sa maman a tellement pleuré qu’il a bien gagné le droit de se prendre pour Federer quelques instants avec le trophée. Mais même pour ça il faut un peu d’entraînement : faute de larmes, il a dû engueuler maman parce qu’il ne trouvait pas sa montre Rado. Rado, c’est moins bien que Rolex.

Tsonga : US à peine

Quand on ne sait plus trop qui est favori entre Murray, Djoko et Federer c’est sans doute que la réponse est Tsonga.


Le nouveau Jo est arrivé. Chaque année c’est le même suspense : de quelle coupe de cheveux dégueulasse sera-t-il affublé ? Sa danse des pouces subira-t-elle le même sort que le SAV et autres niaiseries ? Car pour être vraiment Américain, Tsonga comme le Grand Journal a encore des détails à soigner comme un Trappenard à la place d’un Letterman ou d’un Pourriol. Sinon Jo a les armes pour résister à la pression de son invitation chez Denisot au lendemain de sa victoire à Flushing. Après Karol Beck, c’est l’agressivité de Mouloud Achour qu’il faudra contenir. Toujours prêt à mettre sa carrière en danger quand il s’agit de se moquer de la bien pensance, il a osé avouer son admiration pour Delarue, comme il le fit avec Will Smitch, Booba, Laird Hamilton, Kad Merad, Amélie Nothomb, Nikola Karabatic ou même Laurent Fabius. En plus il aime pas les fachos. Tsonga devra aussi se méfier de Vincent Glad qui ne viendra pas sans un #htag bien senti. Daphné Burki n’aura qu’à bien se tenir puisque comme tout le monde elle devra se fader les nouveaux humoristes de Canal+ et pourquoi pas en rire. Après de telles épreuves, il sera digne de percer au royaume du fameux Omar Sy l’un des Seigneurs d’Olivier Dahan. Après tout Tsonga s’entraîne avec Clément, Mouloud aurait pas fait meilleur lêcheur de cul et pourtant il s’y connait.

Pendant ce temps-là Isabelle Adjani a de bien grosses joues

US Open : Murray de rire

On le croyait nul à chier, incapable de remporter un Grand Chelem c’est-à-dire un des 4 seuls tournois qui comptent dans sa discipline, le tennis. Et puis le voilà qui entre dans la légende de la balle jaune et par la grande porte s’il vous plaît : Wimbledon rien que ça, en terrassant le plus grand joueur de tous les temps. Il lui a même donné la leçon puisque Roger himself a pleuré sur le court après la seule finale où il n’a pas marqué le moindre set : « Je suis très très heureux ». C’est un peu comme si l’équipe de France de foot actuelle remportait la coupe des confédérations contre le Brésil 1958. Ca sert à rien et c’est pas très glorieux. A un mois près on l’aurait presque considéré comme un bon joueur.

Là, il fait un peu mieux que Di Pasquale, ça vous classe un bonhomme. Il faudra désormais apprendre à compter avec ce Andy vainqueur de Brisbane quelques jours avant l’Open d’Australie, finaliste à Miami quelques semaines avant de faire semblant d’avoir mal au dos au troisième tour et en huitièmes de finale de Roland-Garros avant de ne pas faire semblant de prendre une branlée en quart de finale. Il sera même peut-être un jour numéro 3 mondial puisque Nadal est dans sa blessure semestrielle comme l’avait annoncé le Vestiaire il y a bien longtemps. C’est maman qui va être contente.

Gasquet : Richard dérangé

« Je ne l’attendais pas non plus à un niveau pareil. »


C’était il y a quelques petites années, inspiré comme rarement, L’Equipe s’était lancé une fois n’est pas coutume dans un pronostic loin d’être hasardeux : ça s’appelait « Gasquet, on parie ? » et ça expliquait grosso merdo pourquoi Richie serait le prochain Français à décrocher un titre qui compte. Une fois de plus le journal de référence a frappé fort car ils n’ont pas perdu leur pari. Gasquet joue encore.  Depuis, le petit protégé de Tennis magazine est même parvenu en huitièmes de finales de pas mal de tournois, Tsonga en demi de pas mal d’autres. Un simple accident sans doute mais curieusement le concurrent le moins sérieux du quotidien, le fameux « Vestiaire », écrivait déjà en 2007 avec la nuance qui le caractérise, « Gasquet est-il nul ? » Pour atteindre un tel niveau de prophétie alors que le blondinet porte encore une casquette à l’envers et à battu Federer à Monte-Carlo deux ans auparavant, il faut au moins être capable de deviner en 2009 que Murray est une merde, en 2009 que Nadal n’aura jamais le genou suffisant, ou en 2010 que Federer ne revivrait au mieux qu’à Londres par un Eté 2012. Bref, être l’un de nos spécialistes. Depuis 5 ans, en tennis plus encore qu’ailleurs, ils nous expliquent que ce qui fait un champion n’est pas que le coup de téléphone à son fournisseur ou la séance photo avec Karine Ferri. Il y a aussi une histoire osseuse et musculaire voire deux ou trois séances chez Marcel Rufo. Celles que n’a pas suivies Richie, sinon il aurait saisi que son intérêt serait d’abord d’apprendre à lire avant de fréquenter le patron de Laurent Cabrol et une ancienne candidate de la Star Ac. Il aurait appris que le tennis n’était pas vraiment pour lui une passion spontanée et qu’il aurait de nombreux remerciements à filer à Papa de lui avoir mis une raquette dans les mains avant de lui faire manger son placenta pour ce revers dans le couloir de la maternité. Ca aurait évité à Richard, 14 ans, de passer plus de temps en short, qu’à rouler des galoches. Il fallait bien rattraper tout ça. Juste avant le chef d’oeuvre de Wimbledon 2012, sur sa surface préférée.

Au Mayer des trois manches

Car Richie devrait arrêter et préparer la suite, mais, là encore merci papa, il n’a pas été doté de la maturité ou du quotient intellectuel, nécessaire pour prendre les bonnes décisions et préfère continuer à répéter les conneries que Lagardère lui a apprises. Démonstration :

Richard Gasquet aime la gagne. En tout cas c’est ce qu’il a dit avant Roland-Garros. Le mythe de son dégoût a donc été balayé d’un revers d’un main, comme lui-même a été balayé douze fois sur treize en huitièmes de Grand Chelem. La coïncidence est amusante, peut-être plus quand il s’agit d’un Allemand en face, qui n’est ni Becker, ni Stich, ni Muster. La difficulté de la tâche consistait à taper dans la balle, au sens premier du terme, c’est-à-dire au minimum avec la musculature d’un adulescent. « Quand je vois comment j’ai été dominé dans la diagonale de revers », s’est félicité Richard, qui est l’un des vingt joueurs qui possède le plus beau revers du circuit, selon tous les observateurs, qu’ils soient commentateurs sur Canal, consultants sur Canal, ex-capitaine de Coupe Davis, ou tout à la fois.

Mais Ritchie aime le tennis, sinon il n’aurait pas bouffé autant de balle depuis sa plus tendre jeunesse, qu’un coup droit long de ligne ait manqué de respect à l’éducation parentale ou non. Alors Ritchie se bat. « Plein le cul, j’ai envie de me barrer du court », quel numéro un mondial ne l’a pas dit pour renverser une situation compromise.La mentalité du champion qui cherche une tactique qui marche. A ce petit jeu, Gasquet est un cerveau qui ne lâche pas sa proie. Comme en plus il a tous les coups du tennis dans sa palette technique, le top 20 de 26 ans sera bientôt top 30.

Pendant ce temps-là Arnaud Clément a fait finale en Australie, c’était en 2001 je crois.

Roland-Garros : La coulée de Slave

Nadal n’a jamais été aussi fort, Djokovic aussi mauvais. Facile de deviner qui va gagner.

Nadal et Boetsch ont toujours su faire court. C’est donc sans trop attendre que Djokovic et Federer ont joué au jeu du plus nul, avec le concours de Brabant et Di Pasquale évidemment. Il n’est pas uniquement question de savoir qui a sa place en Coupe Davis ou non, l’orgueil compte aussi dans ces moments-là, par-delà le nombre de fautes directes, de double fautes ou de breaks blancs.

Mais Djokovic n’avait pas laissé deux sets d’avance à Seppi pour rien. Ni tenté quatre fois Tsonga pour finalement l’envoyer chez Denisot le lendemain. Mal jouer c’est une chose, ça dure d’ailleurs depuis un bon mois, mais ça n’a jamais empêché Federer de gagner. Etonnant : c’est justement contre Federer que Djokovic est devenu Federer. Et oui c’est triste, il n’a pas arrêté les tournois ATP.

Nadal gore

Djokovic en finale, c’est sans doute le plus bel exploit depuis que Boetsch a servi deux premières à plus de 160 en plein sur Kulti un dimanche soir dans un radio réveil. L’effet est le même, dévastateur. Jamais un joueur aussi chroniquement loin de son niveau n’avait réussi à avoir ces résultats. Retours de service, attaques de coup droit, défenses de revers, régularité : il a tout perdu. Sauf les trois quarts des balles de break et des balles de set et les quatre quarts des balles de match contre lui. Djokovic est essoufflé, dominé, il porte un tee shirt Uniqlo mais c’est Tsonga qui craque et Federer qui perd ses deux breaks d’avance. Pioline rêvait pourtant que Roger lui tape dans la main comme l’an dernier, ça lui rappelle les diarrhées d’avant-finale contre Sampras. Lui au moins, il ne comptait pas sur les grands-pères des autres pour redevenir numéro un.

Pendant ce temps-là, Nadal joue plus long que jamais, fait encore moins de fautes que quand il n’en faisait pas et il court comme s’il avait des genoux. Et puis Djokovic n’est plus vraiment sûr d’aimer le tennis, ni qu’il va coller trois sets à Nadal. Pourtant, un doute subsiste : Djokovic parle-t-il déjà mieux français que Monfort ne parle espagnol ?

Djokovic : Le joueur le plus Nole

Tout se passe toujours au-delà de 6 échanges entre Nadal et Djoko, le doute fait la décision. Dommage que Federer ne tienne pas jusque-là, il serait le plus fort.


Tout allait bien sur la planète tennis en ce mois d’avril 2012. Monte-Carlo ouvrait ses portes après l’avoir fermée à la gueule de Forget une semaine plus tôt, Djokovic régnait sur le tennis et se préparait tranquillement à torcher tout ce qui se présentait sur sa route d’ici à Roland Garros. Et puis tout a changé. Djokovic a perdu un grand-père, pas le Suisse, l’autre, et Gilles Simon a été en demi-finale.

En perdant avec le sourire et les fautes directes, Djokovic a retrouvé la fougue de ses jeunes années, celles où il gagnait parfois contre Tsonga. Surtout, Nadal a cru qu’il était de nouveau le plus fort. Ce n’est pas vrai, mais il n’a pas besoin que ça le soit, sinon il aurait retenu le prénom de Gasquet. Monte-Carlo aurait pu être une parenthèse dans leur duel. Mais Djokovic a ensuite joué à Madrid, et comme ça l’emmerdait il a perdu contre Tipsarevic en quarts. L’ego du champion, celui qui fait rater les smashes en finale, sortir du match à cause d’une décision litigieuse à 5-5 ou laisser le titre à Nadal sur une double faute. On n’est pas numéro un par hasard.

A cinq jours de Roland Garros, Nadal est rassuré comme jamais alors qu’il n’a jamais été aussi dominé par Djokovic qu’à Rome. Dès que l’échange s’engageait, c’est Djokovic qui jouait le plus long comme un numéro 1, c’est Djokovic qui distribuait comme un numéro 1 et c’est Djokovic qui avait la balle pour conclure comme un 15/4. De deux dépressifs sur un court, Nadal est toujours le plus fort. 41 fautes directes de Djoko plus tard, Nadal est redevenu le roi de la terre battue en remettant autant de lobs que possible parce que ça allait un peu vite quand même. Djokovic, lui, évoque en serbe la maman et la sœur de l’arbitre et des juges de ligne, hausse les épaules vers son clan et pète ses raquettes, comme quand Papy était en forme.

Federer : Rome arrangé

Un premier tournoi sur terre battue bleue, les autres qui disent que ce n’est pas de la terre battue, pas du tennis, qu’ils ne reviendront pas et en prime la gueule de Berdych en finale : c’était trop tentant.


Il a beau avoir des gamines et toucher plus d’argent que sa femme, Roger Federer ne refuse jamais une interview le dimanche soir, pour y parler un peu de sa victoire et beaucoup des autres. « C’est surprenant pour moi de revenir et de gagner aussitôt. Mon corps est un peu meurtri, après six semaines de repos. » Il n’avait pas vu la concurrence aussi amusante depuis qu’il avait décidé de se mettre au tennis en 2003, quand il a lu un classement ATP disant que le plus fort c’était Roddick. C’est alors qu’il avait appris à son bras à tout envoyer dehors au premier set et gagner 7-5 les deux suivants. Ca fait ressurgir les vieux réflexes. « Je joue bien et je pense évidemment pouvoir gagner un Grand Chelem. »

Pistol pitre

Le prochain c’est Roland Garros, ça vaut peut-être le coup de mettre quelques branlées de la main gauche à deux ou trois top 30 français. Et oui : 286 semaines numéro 1 contre 285, c’est encore Sampras qui porte la plus grosse Rolex. Sous le poids de ses deux Grand Chelem de plus, Federer s’incline. « Je n’ai pas besoin de battre tous ses records, après tout c’est mon idole. » L’idole avait déjà perdu leur seul match en 2001, juste histoire de se rendre compte à qui appartenait Wimbledon, et elle a gagné 27 millions de moins dans sa carrière. Alors si on lui enlève une longue domination du temps où certains top 10 s’appelaient Wayne Ferreira, et une leçon donnée à Federer au Grand Chelem de Macao en 2007, il passerait pour quoi, un gros naze ?

Pendant ce temps-là, Federer s’est entraîné quelques minutes en marchant à faire des coups entre les jambes. Il y avait un Argentin en face et un arbitre qui comptait les points. A quoi bon.

Monte-Carlo, Murray : Andy sur le Ivan

Pendant que Nadal et Djokovic passent le temps au casino, Numéro 4 travaille dans l’ombre. Encore un effort et le court 17 de Roland lui réservera un bel accueil.

Quand les machines à sous et Jo Tsonga font du bruit, Guy Forget n’est jamais loin. Dix jours après son départ, il est déjà de retour mais il ne travaille que l’après-midi et certainement pas en regardant Benneteau, tout n’a pas changé non plus. Murray aussi est passé à travers la maille, ce n’est pas faute d’être entraîné par Lendl.

Lendl, nous y voilà. Même si le tennis ne reprendra pas avant le Challenger du TC Primrose, où Serra fera comme d’habitude de beaux desseins, le Vestiaire reste en alerte, même dans les contrefaçons de Masters 1000 qui programment et Tsonga et Simon à la même heure un jour de quart de finale. Il a suffi à notre spécialiste tennis d’entendre Julien Boutter, ou Lionel Roux, ou les deux, affirmer que Lendl c’est une bonne chose pour Murray, puis d’entendre Lendl dire que Murray avait les armes pour battre Berdych, pour se farcir le duel de 2h50, à l’aube pourtant d’une importante journée de Ligue 2. Et il n’avait pas échappé non plus au Vestiaire, dès le début de semaine, que Murray avait impressionné son monde contre Troicki pour son premier match sur terre.

L’effet Lendl, c’est aussi que Benneteau se blesse à 5-5 en huitièmes. Devenu intouchable, Murray allait donc coller une bonne branlée à un Tchèque, restait à déterminer lequel : le Tchèque sur le terrain ou l’Américain dans les tribunes ?

Coup droit Berdych, revers merdique

Le 100% de réussite sur balle de break est une première réponse. Murray sera bientôt 15/2, et gagner le premier set 7-6 en s’accrochant uniquement à son service, c’est même digne d’un numéro 1. C’est d’ailleurs en imitant le regard sûr de Djokovic et la démarche de Federer qu’il a regagné son banc. A côté, Berdych et son petit 5/16 sur ces mêmes balles de break n’a guère que la victoire pour se gausser. Il verra les demi-finales mais Murray, lui, a trouvé ce qu’est un numéro 1. Il faut trouver les solutions. Voyant bien que le coup droit de Berdych était inarrêtable, Murray a décidé d’imposer quelques smashes et volées hautes à son adversaire. Plus constant, l’Ecossais ne s’énerve plus uniquement entre les points, mais aussi pendant. Pas une attaque, que des remises défensives, il a même corrigé son principal souci : sa qualité de retour. Lendl est en train de régler durablement le problème de Murray : les finales de Grand Chelem.

Balles à mi-court, fautes directes, amortis trop longs et même un ou deux services extérieurs : Murray a tout tenté. Et si Berdych était imbattable, comme un ancien capitaine de Coupe Davis l’avait constaté en caressant les cheveux de Simon ?

Monte-Carlo: Simon papa rata

Il était fasciné par Noah sur scène, il était coaché par Forget. Autopsie.

La Coupe Davis, on naît avec ou pas. Comme Tsonga, Gasquet, Llodra, Benneteau, Monfils, Chardy, Mahut et Ascione, il n’est pas né avec un saladier d’argent dans la bouche. Gilles Simon avait pourtant le profil idéal : jouer en équipe son sport individuel, lui à qui on a toujours dit que les autres étaient plus grands, plus musclés, plus prometteurs. C’était taillé sur mesure : en équipe de France, il est d’ailleurs venu après les autres, Tsonga le patron, Monfils la rock star et même Llodra quand c’est Troicki en face. Simon, son jeu d’attente et le petit break qui tombe toujours au mauvais moment, autant se les garder sous le coude. Surtout que plus on attend, plus il ouvre sa gueule dans L’Equipe.

Guy du routard

Dix matches et six défaites plus loin, tout est limpide. Harrison, Koubek, Schwank et Almagro, ça fait bien quatre victoires, dont trois en deux sets gagnant, ce qui en Coupe Davis veut dire victoire de prestige. A part ça, il y a eu deux taules contre Berdych et Stepanek quand il était 8e mondial, une contre Djokovic mais c’était en finale, un 0-6 au cinquième contre Melzer mais c’était à Vienne, une contre Ferrer mais c’était sur terre battue et une contre Isner mais c’était pour dire au revoir à Guy. « Ses encouragements sont très importants, mais sur le jeu je préfère qu’il me laisse réfléchir tout seul. » On le comprend : il y a trois ans il a quand même battu Nadal et Federer aux premières lueurs de l’automne. Ca vous classe un joueur : 13e mondial, quand même.

L’édito Forget : Se faire prendre Hlasek

C’est l’événement sportif de l’année, peut-être de la décennie.

Ca vous prend comme une gastro en plein week-end familial, au détour d’une alerte sur votre Iphone, vous découvrez avec stupeur que l’équipe de France s’est faite virer comme une merde de la Coupe Davis. Sans Pete Sampras, sans Agassi, sans Fish, mais avec Courier. Ca fait au moins une excuse même si depuis Bruguera a aussi gagné Roland. Et Harrison. Déjà qu’en triple saut c’est  pas énorme, alors en tennis.

Bref, on se dit que c’est pas passé loin, on est surpris, mais finalement pas tant que ça. Un choix pourri par-ci, une blessure par-là et le conseil avisé qui ne vient jamais. C’est la panoplie d’une équipe qui gagne. Elle ne l’aura plus. C’est comme une surdose d’imodium, après plus rien ne sort et ça fait mal au derrière. Sur les 14 derniers trophées en jeu, la France en aura pris 1, excusez du peu. Noah en avait pris 2 en 3 participations, mais à l’époque il fallait battre Edberg, Enqvist, Kulti, Agassi et Sampras avec Pioline, Forget, Leconte ou Boetsch. Forget n’a eu que Grosjean, Mathieu, Monfils, Tsonga, Gasquet ou Simon et toujours le meilleur double du monde sauf quand tu fais comprendre à Llodra que t’as confiance en lui, mais que jusqu’en quart.

Bîmes beau

On ne verra plus Guy Forget déverser son flot de compliments après les défaites, ou tout mettre sur le dos de ses poulains qu’il n’a pas su dompter. Pour un peu on pourrait croire que c’est un connard incompétent qui n’a toujours pensé qu’à sa gueule et à son pognon, protégé par un système. Un Domenech du tennis, un Laporte du tennis, un Pascal Boniface du tennis ? Il était bien plus que tout ça. C’était Guy Forget, le type qui n’a jamais atteint une demi-finale de Grand Chelem, qui n’a entraîné que des joueurs meilleurs que lui.

Être bon n’est pas un préalable immuable mais quand ça ne marche pas 5 ans, c’est pas certain que ça le fera en 10, mais peut-être en 14 qui sait ?

Coupe Davis : Such a nice Guy

Tout a commencé contre Sampras et Agassi, tout a fini contre Isner et Harrison. Bravo et Bercy pour tout.

Ils n’ont tous connu que lui, et seul Roger-Vasselin a pleuré. Treize ans de franche camaraderie, les victoires avec Escudé, les défaites avec Gasquet, les Paulo mal taillés, ça valait bien une der chez lui, le résident suisse, à Monte-Carlo.

« Triste » pour Monfils, Forget a été « impressionné » par Isner. Contrairement aux apparences pourtant, il ne s’est pas contenté de sortir les mêmes merdes que d’habitude et de poser avec persuasion et compétence les serviettes sur la chaise de Simon vendredi en évitant soigneusement de le vexer d’un conseil malvenu, bref d’un conseil. Guy ne pouvait pas partir à Bercy, le tournoi pas le ministère des Finances, en laissant planer le doute sur son véritable métier. On peut être consultant et meneur d’hommes.

Rien ne sert de Courier

Alors, Guy a tout dit. Notamment ce qu’il n’a jamais osé dire à Pioline, Mathieu, Monfils ou Llodra peut-être, mais au moins c’est dit et c’est Tsonga qui prend. « On a tous des devoirs. Jo est notre leader, il est 6e mondial, il souhaitait jouer contre Isner sur terre battue. » Il ne souhaitait sans doute ni perdre, ni entendre ce genre de conneries dans la bouche de son capitaine la veille, mais il a perdu. Aussi honteux que de perdre contre un jeune Agassi 10e mondial quand on est 7e.

Que Tsonga se rassure, ça n’empêche ni de réussir la suite de sa carrière, ni de réussir dans la vie. On peut même devenir un bon mec ou un vrai connard. « On nous a vendu les Mousquetaires il y a quatre ans. On est face à nous-mêmes et face à des joueurs qui sont à notre portée. Ce n’est pas Nadal non plus. Si on ne gagne pas, c’est qu’on n’est pas assez bons et qu’on n’a pas notre place. » On n’écrirait pas plus belle lettre de démission.

Pendant ce temps-là, personne n’a dansé Saga Africa à la fin du match. Ils ont perdu ?

La légende : L’insoutenable légèreté Delaitre

Si Delaître n’a jamais rien gagné, Monfils n’a pas fait beaucoup mieux. Au moins ils sont au diapason. Mais seul l’un des deux a battu Borg, il y a 20 ans. L’autre c’est Federer, il y a deux semaines. Dans les deux cas, l’adversaire avait 50 ans.

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Entre battre Becker pour laisser Lionel Barthes aller au 3e tour à Lyon et gagner un simple pour du beurre en Coupe Davis contre le Suédois Holm, Olivier Delaître n’a pas choisi. Avait-il vraiment le choix ?

L’exploit se produit à Nice, au cœur du printemps 1992. Habitué des premiers tours difficiles depuis une bonne demi-décennie, d’ailleurs Javier Sanchez vient de lui laisser trois jeux à Indian Wells, Olivier Delaître croit à la malédiction lorsque le tirage au sort lui propose Bjorn Borg. Tout lui revient alors en mémoire, cette défaite en demi finale à Long Island contre Edberg, cette autre en quarts à Bâle contre le grand blond, tout ce qu’il n’a jamais pu être. Alors, Borg va payer pour tous les Suédois. 7-5, 6-2, 76% de réussite derrière sa première balle : le mètre 70 de Delaître fait des merveilles.

Boucle dort

La machine est lancée, Edberg encaissera donc sans broncher un 6-0 à l’US Open un an plus tard. A un set près, Delaître aurait même gagné le match mais la règle est formelle : en Grand Chelem, il faut en gagner trois, Novacek l’aura bien compris au tour suivant. A 25 ans, c’était le déclic pour Delaître, et peu importe si Borg en avait onze de plus et avortait là son quatrième come back.

C’est aussi à Nice, en 1999, que s’arrêtera l’aventure Delaître en même temps que commencera celle de Markus Hantschk, 7-6, 6-2.

ATP, Gasquet : Sexe, drogue et raquette drôle

Pour Miami, Ritchie s’était préparé comme il se doigt. Faute d’orthographe ?


Cette fois c’est sûr, même pas de pipe à la coke. Battu par un Espagnol dont Nadal ignore probablement l’existence, Richard va partir à Miami avec un goût de revanche dans la bouche, même pas coupé au gloss de cochonne. Gasquet est énervé, pour la première fois depuis que Nadal lui a pris un set à Tarbes il y a treize ans. Au moins il comprend mieux à quel point papa et son ceinturon en cuir voulaient son bien les soirs de défaite. L’intransigeance ne vaut que si elle est appliquée à soi : « A un point près, c’était un bon match de ma part… »

Albert Ramos, c’est le nom du bourreau, 57e mondial à ses heures perdues, a provoqué la colère de Ritchie. Une question d’ego : après la victoire contre Roddick, les presque victoires contre Murray, le bisou, la suspension, Lagardère, l’appli Coupe Davis de Winston Salem, le tout entre deux victoires sur Federer, cette fois c’est sûr : il a trouvé son déclic. Au revoir les excuses, bonjour la compétition, l’obsession du résultat. « J’étais malade la semaine dernière, je suis resté alité cinq jours avec la fièvre et je suis arrivé ici fatigué après un long voyage ». Le syndicat des joueurs s’est trouvé un nouvel étendard.

Istomin antipersonnel

Il ne passe plus rien à personne, et surtout pas à lui-même. Ses coups droits de relance tout mous à mi-court qu’il joue en reculant à cinq mètres derrière sa ligne parce qu’il passe son match à défendre, il n’en peut plus. « Je suis très énervé c’est clair car je le laisse un peu jouer. » La diatribe est violente, autant qu’un vainqueur des Petits As en désintox. Avant de le déposer à la halte-garderie, Piatti lui donne chaque matin les mêmes conseils : prendre l’initiative, attaquer et bien sûr se brosser les dents avec du dentifrice. Deblicker y pense peut-être aussi quand il a le temps, mais est-ce que Raël lui-même a déjà fait progresser des joueurs ATP ? Grosjean, on ne sait pas trop ce qu’il a pu dire : neuf victoires et six défaites, mais oui c’est bien un début de saison médiocre. A une nuance près : il a battu un top 10, même nommé Tipsarevic. Pour situer l’exploit, c’est comme si Ritchie perdait contre Istomin, Kohlschreiber, le cadavre de Davydenko et celui de Youzhny en l’espace de trois mois.

« Il faut se projeter sur ce cher tournoi de Miami. » Papa n’aime pas les effrontés ironiques, ça va se finir avec un grip sur la bouche.

Llodra : « La coupe des vices »

Mickaël Llodra nous a donné rendez-vous dans un restaurant cambodgien du 13e. Il vient de finir sa séance de massages.

Mickaël, pourquoi avoir traité une spectatrice américaine d’origine coréenne de « Fucking Chinese » lors de votre premier tour du tournoi d’Indian Wells ?
Comment j’aurais pu voir qu’elle était Coréenne ? Ils se ressemblent tous ces gens-là.

Comment justifiez-vous de tels propos racistes ?
Mes mots n’étaient pas contre la Chine. J’aime les Chinois. Je pourrais tout à fait faire l’amour à une Chinoise.

C’est une ligne de défense un peu maladroite…
Mais il n’y a pas plus sinophile que moi ! J’y vais quatre fois par semaine grâce à la carte UGC illimitée. J’ai d’ailleurs vu tous les films de Jackie Chan.

Vous avez déjà connu l’année dernière des problèmes similaires avec un arbitre marocain auquel vous aviez rappelé qu’il n’était pas « au souk » en train de vendre des tapis…
Mes mots n’étaient pas contre le Maroc. J’aime le couscous. Je pourrais tout à fait faire l’amour à une Marocaine si elle enlève sa burqa.

Ces incidents à répétition risquent de ternir votre image…
On chercher à me faire passer pour ce que je ne suis pas. Il n’y a pas plus ouvert que moi. J’aime les latinas, les noires au gros cul et les filles de l’Est aussi. Mais avec l’amende que je viens de prendre, il va falloir que j’arrête les Roumaines pendant quelque temps.

Propos (presque) recueillis par Roger Secrétain

Coupe Davis : UnForgetable

C’est l’histoire d’un capitaine de Coupe Davis qui sait qu’on peut tout devoir à un capitaine de Coupe Davis. Voilà ce que lui doivent ses joueurs.

Lyon, décembre 1991. Un grand chauve pas encore tout à fait chauve se retrouve par hasard sur un terrain de tennis entouré de gens qui font du bruit. Il n’est pas habitué, il n’aime pas vraiment ça. Guy rêvait de devenir un homme, il va devenir bien plus : un homme qui rêve de devenir Noah. Mais le peut-on quand on rougit de danser la valse avec un mentor franco-camerounais autour d’un saladier d’argent alcoolisé ?

Douze ans après, c’est l’heure de compter l’héritage. Quand on a coaché des champions près de quatre week-end par an, ils deviennent ses propres gamins. Le petit Richard avait besoin d’un déclic, Forget le lui offre : avril 2006, deux branlées à Pau font comprendre à Mozart qu’il n’aimera pas les matches en cinq sets. Deux ans plus tard, Gasquet livre son match fondateur en équipe de France, Nokia à la main. Il ne sortira plus de l’équipe, ni de son survêtement, sauf pour une humiliation en Espagne.
Guy aime les iconoclastes, comme son ami Henri l’était. Il a donc lustré avec amour le boulard de Tsonga, qui vit sans coach, celui de Monfils, qui ne sait pas à quoi sert un coach, et celui de Simon, qui emmerde tous les coaches sauf le sien qui jouait comme lui à l’époque où il jouait. Il y en a quand même un autre qui l’a écouté. Un joueur de double propulsé joueur de simple, grand, gaucher et sujet à la dépression. Le fils prodigue, capable de tuer l’Espagne et l’Argentine à lui seul et surtout de rêver comme un con qu’il sera l’homme de la finale. Mais Guy avait un doute. Il a pris Golmard, Raoux, Ascione, Chardy et donc Benneteau en leur faisant croire qu’ils seraient rappelés parce que le groupe France c’est ça, il a fait croire que le groupe France c’était Clément, Santoro et Grosjean, il a fait baisser son short à Mathieu à Bercy en finale et il avait moins de doute. Il fallait leur donner confiance. Guy manquera quand même à Escudé, qui fait un bon capitaine de Fed Cup.


Pendant ce temps-là, France Télévisions a décongelé une queue de Loth pour commenter la nuit. Ca rappelle vraiment l’époque Noah.

Federer : Le fils aux JO

Dans le fils à Jo, au restaurant face à son faux fils Tom qui joue délicieusement la comédie, Lanvin ne se démonte pas et récite le texte onctueux raturé par Guillard. Avec ses rouflaquettes du sud-ouest, il prend la salade de gésiers puis la cote de bœuf pour deux avec les pommes de terre salardaises, parce qu’on est au pays du rugby. Federer, c’est comme Jo : quand il faut faire le job pour un peu de gloire et de pognon, il fait le job.


Mettre ou ne pas mettre un terme à sa carrière, telle était la question. Depuis Roland-Garros 2010, le maître n’a plus envie de jouer au tennis, hormis quelques demi-finales de Grand Chelem. Elles ne sont plus un dû et généralement il y parvient mal préparé, mais des conférences de presse pour comparer la taille de son palmarès et de son boulard à ceux des autres, c’est trop peu pour préparer son objectif inavouable parfaitement avoué, les JO de Londres. Le maître le sait, et il a une telle confiance en lui pour gagner l’or qu’il a même demandé à Hingis si elle pouvait l’aider en double mixte. Avec Wawrinka, ça ne marque décidément personne.

Pour garder la forme, Roger fait le minimum syndical : il colle encore quelques branlées à Tsonga entre deux changements de couches à l’automne, il s’économise désormais en Masters 1000 toute l’année et une fois par saison, il revient sur un cours énervé. C’était Djokovic l’an dernier, ce doit être à Londres en 2012. Pas pour Wimbledon, on ne va pas vendre dix dimanches dans sa vie le tournoi mythique, le rêve d’une vie et toutes ces conneries à une Reine qui ne sait même pas faire un chip de revers correct. Sinon autant laisser gagner Murray, lui il y croit vraiment.

Dip purple

Les JO, pourtant, tous les joueurs le savent, c’est comme la Coupe Davis : quand on veut faire carrière, on s’en branle tout à fait sérieusement. Mais Federer ne veut pas faire carrière, il veut juste reprendre à Nadal et Djokovic ce qu’ils lui doivent. Nadal a l’or, Djokovic le bronze en simple. Le bronze, Roger l’avait coulé, c’était en 2000 contre Di Pasquale à Sydney. Au terme d’un duel accroché 7-6, 6-7, 6-3. On pourrait dire un duel de légende, mais c’était Di Pasquale juste avant une finale Kafelnikov-Haas et dans son tableau Safin avait été sorti au 1er tour par Santoro. Une légèreté qui rappelle un numéro un mondial suisse-allemand déjà vainqueur de deux Grand Chelem en 2004 et qui part préparer son sacre à l’US Open dès le 18 août grâce à Berdych, ou ce numéro un mondial suisse-allemand qui laisse son quart à Blake pour préparer un sacre à l’US Open 2008.

Pendant ce temps-là, Federer établit un record de quart de finale consécutifs en Grand Chelem. Djokovic commence à devenir un vrai trou du cul de prétentieux. En plus maintenant il pense à la Coupe Davis, l’ambition ne se perd pas aussi facilement.

Open d’Australie : Private Djok

Il a passé des années à se foutre de la gueule des autres joueurs pour le compte de Youtube. Maintenant, il se fout de la gueule de tout le monde. Voici pourquoi il n’a plus le droit de perdre.


Parce qu’il feint la fatigue

Le coup de moins bien contre Hewitt, passe encore, on ne peut pas être concentré deux semaines. Le cameraman de la Rod Laver, qui lui aussi savait à l’avance le résultat du match et que Djokovic dirait de toute façon à la fin que Lletyon est un combattant fabuleux, a lui aussi passé sa soirée à mater Rebecca Cartwright. Mais Djokovic a décidé de ne plus respecter personne : contre Murray, mené deux sets à un après 3h20, il boîte bas. L’abandon se profile, mais Nole choisit une alternative : coller 6-1 7-5 à Murray en une heure et demi. On comprend mieux pourquoi il boîtait quand il l’explique : une allergie, mais il n’a pas précisé si c’était seulement à cause de la tronche de Murray. 4h50, avec un jour de moins pour récupérer que Nadal qui n’a eu qu’à sortir Federer, ça sent le match à sens unique. Mais il peut aussi gagner en 6h20, puisque comme il l’expliquera, il a été « se baigner une fois dans la mer avant le match ».

Parce qu’il feint de perdre

Il faut que ça reste crédible, Mahut n’a donc marqué que deux jeux. Murray, lui, a eu un set d’avance, des balles de break et une gros calin de maman à la fin. Le coup du 7-5 au 5e, il l’a aussi fait à Nadal en finale, pourtant cette fois il avait été mené 4-2. Djokovic  ne respecte décidément plus personne, comme on laisserait Haas à deux points du match l’année où Nadal se fait sortir par Soderling à Roland-Garros. Juste pour s’amuser un peu parce que sinon c’est trop facile.

Parce qu’il feint de craindre Murray

Quand on est numéro un mondial, on sait facilement trouver les maux pour réconforter un demi-finaliste cocufié : « Andy était plus confiant cette année sur le court que l’an passé. Il a saisi ses chances en étant plus agressif et en jouant bien mieux. Cela aurait facilement pu basculer en sa faveur. Il n’était qu’à quelques points de l’emporter. Il est très proche de gagner un tournoi du Grand Chelem. Il est l’un des meilleurs joueurs au monde, ça c’est sûr. » Le tout dit au sujet d’un Ecossais qui sert des secondes moyennes à 139km/h, enfin pas la dizaine qui n’ont pas franchi le filet. Djokovic a dû déployer des trésors de concentration pour se rappeler qu’il est le meilleur retourneur du monde et qu’à ce titre, prendre le service de Murray quand il en avait besoin était une simple formalité. De toute façon, sur les points importants, Djokovic a pu s’appuyer sur son meilleur coup : les revers dans le filet de Murray.

Parce qu’il feint de craindre Nadal

Deux jours plus tard, un numéro un sait aussi reconnaître les mérites d’un finaliste valeureux. « Rafa méritait que le match continue dans un cinquième set. Vraiment, chacun de nous deux aurait pu l’emporter. J’ai senti mon corps faiblir, mais, d’un autre côté, j’étais conscient que lui non plus n’était plus aussi fort et frais sur le court. » Bel hommage à toute la filière médicale espagnole. On peut donc courir dans tous les sens pour en revenir exactement au même point : le coup droit de Nadal ne gêne pas le revers de Djoko comme celui de Federer. Quelques retours bien sentis, une ou deux montées à la volée et le tour est joué : c’est Nadal qui fait le plus de fautes directes.

Parce qu’il feint de faire de Roland sa priorité

Djokovic peut en vouloir à Federer pour deux raisons : avoir repoussé son Grand Chelem à 2012 et n’avoir gagné que seize titres majeurs. Ca va l’obliger à jouer encore au moins quatre ans, et dieu sait que combattre l’allergie au gluten est un traitement contraignant. Mais quand ton préparateur physique t’impose trois iron man par séance de deux heures, a-t-on le choix ? La rançon du succès, qui permet de courir six heures d’affilée sans suer et de frapper des smashs en bout de course. A ce prix-là, gagner Roland sera un minimum. Wimbledon et l’US, ce sera juste pour que Nadal et Federer le vouvoient.

Pendant ce temps-là, Djokovic n’a pas de marge : il n’a gagné que quinze points de plus que Murray et Nadal. Djoko est encore un gros cachottier : il faudra aussi qu’il explique pourquoi Federer arrive toujours à le battre.

Gasquet : David contre golio

Ritchie peut souffler un grand coup : en quarts, il aurait pris Djokovic.

Emilie Loit, en parlant de Nadal et Berdych dans un micro, a aussi été toute surprise. Ca lui fait drôle de commenter du tennis, d’habitude elle faisait que les filles. D’habitude aussi, les Grand Chelem, elle n’en voyait pas le quart, même à la télé, Eurosport oblige. Mais c’est ainsi, TF1 a décidé que Canal et Forget s’étaient assez gavés et qu’il fallait bien profiter du tennis avant qu’il ne disparaisse en juin 2010, même si personne n’est sûr, à part notre spécialiste, que Federer ait totalement arrêté.  Mais ça fait drôle. Avant, Loth refusait de laisser filmer les filles à Roland, en tout cas tout habillées avec la caméra de Boullain. Cette année, Eurosport est unisexe, on passe des filles aux garçons, et ça perd tout le monde : Tsonga a l’air en forme juste parce qu’il le dit et que Bartoli a joué avant. Bartoli a l’air fit juste parce que le mec de « l’entretien d’Amélie » le dit. Et l’entretien d’Amélie qui le regarde ? Wilander et son JRI ?

Un neuf sur le plat

Et puis arrive Ritchie, perdu dans une arène trop grande pour lui, baptisée avantageusement court 2. Ca a commencé par Seppi, avant Golubev. Tout allait bien, et on lui a annoncé Tisparevic. Alors il lui a mis une taule, parce qu’il lui rappelait n’importe quel petit tennisman pas très bon de Vic-en-Bigorre qui hésitait entre le rugby et le diabète. Mais tout à coup, une meute de journalistes mal intentionnés lui apprend que Tipsarevic est 9e mondial et qu’il a fait un très bon match. Il ne se rappelle de rien, et pour cause : il n’a pas fait un très bon match, il a juste marqué quelques points entre les 33 fautes directes d’un nul qui joue au tennis avec des lunettes de soleil et qui n’est pas Clément. Aucun journaliste n’a relevé qu’un très grand match, ce n’est pas un match où on perd un break d’avance dans la troisième manche par négligence quand on mène 4-0.

David contre golgoth

Saisi par la peur, Ritchie a demandé à son entraîneur si en huitièmes de finale d’un Grand Chelem on risquait de rencontrer des bons joueurs, parce qu’à l’autre Open, celui du camping de Serignan, le tableau était encore abordable. La réponse a été Ferrer. Avant de fondre en larmes, Ritchie a repensé à tout ce qu’il avait réussi jusque-là, les blessures, les esquives devant les coups de raquette de son père, les Petits As, et bien sûr les salopes cocainoman. Alors il a enfin montré son caractère. « J’ai souvent fait des matches minables contre Ferrer. A chaque fois que j’ai perdu, j’ai fait beaucoup de fautes directes. Si je dis qu’il vaut mieux jouer Federer que Ferrer, je vais passer pour un malade mental. » Si peu. Il a donc fait deux fois moins de coups gagnants, trois fois de plus de fautes et ça a encore duré trois sets. Et puis sur une volée ratée il a dit que « c’est la dernière fois que je monte ». Ces enfants, on ne les voit pas grandir. En plus leur ambition n’a pas de limite : « je suis content, je n’ai pas eu mal au bras.»

Pendant ce temps-là, quand il a fini avec les voisins, et que son fils a fini de le faire chier pour faire de la télé Leconte a aussi son émission sur Eurosport, Avantage Leconte. « Ferrer-Gasquet, ça va être énorme ».

Bilan 2011, Djokovic-Nadal : Grip espagnol

Après Djokovic, c’est Nadal qui attaque la saison comme vainqueur de la Coupe Davis. Ca change vraiment quelque chose ? Forget aurait bien aimé.


L’Open d’Australie 2011 se présentait pourtant comme prévu. Nadal qui se blesse en quarts, Federer qui est toujours fini et Murray qui s’offre une finale à perdre. Personne n’avait vraiment prévu ce qui allait arriver à Djokovic. Comme en 2008, 2009 et 2010 il n’avait plus peur de Tsonga, mais ce n’était que le début. Un régime sans gluten prélevé à la seringue, trois titres en Grand Chelem et une fin de saison indoor tout ce qu’il y a de plus consciencieuse avec ses forfaits, cette Coupe Davis baclée, Jelena Ristic,ce Masters expédié et bien sûr 6-0 au troisième pour Nishikori. Le tout dans un anglais parfait sur le plateau cannois d’Ali Badou, où il était bien le seul à ne pas se pavaner avec la gonzesse d’un autre. Il est même allé jusqu’à faire passer Zimonjic à la télé française. Un numéro un mondial était né, et Federer l’a bien formé à respecter le jeu et les femmes, un peu moins ses petits camarades.

A la Serbe hier

« Je suis certain qu’Andy va tout donner et tient vraiment à gagner son premier titre du Grand Chelem », c’était avant la finale australienne. Pour préparer Roland-Garros, « Rafa, c’est le roi de la terre. OK, je l’ai battu deux fois en une semaine, mais il s’agit de deux tournois. » Puis est venue l’herbe et Wimbledon, et « le 6-1 que Rafa m’a mis dans ce 3e set était mérité mais j’avais commis beaucoup de fautes directes. C’était un peu de ma faute s’il était revenu dans le match. » L’US Open ? « Je sais que j’ai la qualité de jeu pour battre Rafa, je l’ai prouvé cette année sur trois surfaces différentes. »

Le péché d’orgueil aura été de croire que tous les Suisses s’appellent désormais Wawrinka, qu’on peut faire carrière comme Gérald Dahan avec 3 imitations dans son répertoire  et qu’aller s’entraîner à côté des compatriotes de Marc Rosset le matin d’une demi-finale à Roland Garros c’est leur faire honneur. Le record de Mc Enroe et le Grand Chelem sur une saison tient à rien : Papy Roger ne demandait pourtant plus qu’à gagner Bâle et améliorer ses records au Masters. Tant pis pour les autres, il a été obligé de remporter le match de la saison.

Pendant ce temps-là, Nadal fait un complexe Djoko. C’est à cause de ça qu’il a aussi perdu contre Davydenko, Ferrer, Tsonga, Dodig, Fish, Murray et Mayer. Pour la dépression, ça passe mieux que croiser Soderling à Roland.

Bilan 2011, Andy Murray : Scotland hard

A force d’être un futur vainqueur de Grand Chelem de 20 ans, on devient un loser de 24 ans.

Déclarer forfait et prendre des vacances, il n’était pas obligé d’attendre novembre pour y penser. Il aurait aussi pu attendre décembre, il y a les finales de Coupe Davis et des interclubs. Mais Andy est comme les grands enfants : quand il ne veut plus, il ne veut plus. D’ailleurs il ne voulait plus gagner de demi-finale de Grand Chelem contre Nadal depuis l’US Open 2008. Ce n’est arrivé que trois fois cette saison, mais il est vrai que Nadal a fait la saison de sa vie. Et que serait une saison de numéro 4 mondial sans finale de Grand Chelem ? Comme d’habitude c’était en Australie, il faisait noir, il y avait plein de gens autour de lui pour le pointer du doigt en riant au moment où un vieux monsieur l’obligeait à porter une toute petite coupe de puceau. A chaque fois ça marche, maman a honte de son fils ecossais. Il pourrait promettre qu’il gagnera le Queen’s pour se faire pardonner, mais ça ne changerait rien.

Habillé en Asie

Andy a pourtant tout bien fait quand il le pouvait mais chaque année c’est la même chose : il devient invincible soit en mars-avril, la mauvaise saison aux Etats-Unis, soit en septembre et en octobre en Asie. Ainsi Bangkok, Tokyo et Shanghai se sont trouvés un nouveau maître. Bangkok en cherchait un depuis Federer en 2005. Tokyo n’a vu triompher le Suisse et Nadal qu’une seule fois. Et Shanghai est bien le Masters 1000 que tout le monde s’arrache puisqu’avant le doublé de Murray, c’est Davydenko qui avait gagné en 2009.

Qui se souviendra que Murray a quand même battu Nadal en finale en lui collant un 6-0 ? Désolé, personne ne regarde les 500 Series, même pas Ivan Lendl, il n’a pas Orange sport.

Bilan 2011, Federer : Le trou de Bâle

Des coups gagnants, des services de rêve et les plans sur sa femme qui sait qu’il va gagner avant la nuit parce qu’il y a les petites à coucher : Federer a réussi sa meilleure saison. Mais une journée pas plus.


Le petit signe au public, la Rolex, le sac RF et le sourire de modeste qui promet une branlée : tout était réuni pour renaître en ce 2 juin, sur ce court où il avait fini sa carrière. Doigt tendu, pas sur la bouche de Murray cette fois, Federer a même été vraiment content de gagner, ce qui ne lui était pas arrivé depuis une bonne année. Il est vrai qu’il était assez agréable de rencontrer un invincible serbe aux portes d’un record de victoires, et profiter de son jour de gloire annoncé pour lui apprendre les volées, les coups droits long de ligne gagnants, les balles de set sauvées au premier set et les débreaks à 4-5 au quatrième, bref comment être invincible. Les passings de revers en demi-volée, en revanche, Djokovic ne saura pas les refaire : c’était juste pour se foutre un peu de la gueule d’un futur numéro un mondial. Contre les Français c’est devenu moins drôle, autant perdre, même quand c’est un ancien Mozart biterrois.

Se faire Djokovic comme ça, c’était gratuit et un peu pompeux, comme perdre contre Nadal deux jours après ou comme répondre en français à Pioline à la nuit tombée que « moi aussi j’ai des frissons et c’est même pas la finale », histoire de féliciter une fois de plus le Serbe pour son étincelant début de saison. C’était le soir à réussir un ace sur balle de match plutôt que perdre la balle de match puis le match. La saison de Federer venait de commencer et de finir. Il n’était pas à un exploit près : mener deux sets zéro contre Tsonga et Djokovic en Grand Chelem et laisser les trois suivants n’allaient pas tarder à venir. Il faut savoir se retirer à temps disait la femme à Chamou.

Doha, Bâle, Bercy, Masters : c’est le Grand Chelem.

Bercy, Federer-Tsonga : Jo interdit

Après Roland-Garros, Bercy. Ils ne sont que deux à l’avoir fait, ça y est Roger est presque l’égal d’Agassi. Il ne manque plus que la retraite. Une fin de carrière est interminable. A se damner pour des JO.

Devenu peintre, le spécialiste tennis du Vestiaire s’est quand même offert le quatrième jeu de la première manche. C’est comme deux mots d’une phrase de Gasquet, parfois ça suffit. Parce que le tennis, parfois, redevient une chose très simple. Simple comme une finale entre Federer et un Français qui commence par un 6-1. Avec Federer et Tsonga qui ont la même idée : tourner leur revers pour jouer au maximum en coup droit et viser le revers adverse. 6-1, donc. Il y avait bien un mur à finir de peindre, heureusement Federer a arrêté de jouer la demi-heure habituelle pour reprendre au tie break. 3-0, 6-1 et 7-3, pas une faute directe, Murray connaît la chanson par cœur, il la récite en pleurant à maman. Jo vit ça à sa manière : un minimum de retours de service, quelques doubles fautes et bien sûr des revers en bas du filet. A Wimbledon, ils étaient plus faciles à se faire. Federer aussi.

Suisse ridé mais pas mort

Mais quand le tennis paraît simple, tout reste compliqué. Bercy après Bâle, les Masters qui approchent, Djokovic et Nadal forfaits : le calendrier ne ment pas, on n’a jamais été aussi loin d’un Grand Chelem. Bercy, c’est Tsonga, Llodra, Monfils au moins en demie, c’est aussi les fantômes de Grosjean et Forget. C’est même, depuis cette année, De Verdière sur W9, entre deux plans de Guetta ou Sinclar, c’est pareil, qui pour une fois ne fait pas chier à se déguiser en Borg. Il manquait un consultant, Dominguez peut toujours s’arranger. En revanche, Forget c’est terminé, il a pris un troisième deuxième boulot. En 2012, il fera Caujolle. Il aura donc tout pris au tennis français.

Pendant ce temps-là, Roger a fermé les yeux et frotté fort ses yeux pour les rougir. De Verdière s’est laissé prendre, comme la femme à Chamou. L’émotion d’un Masters 1000 est intacte. He’s back.