Cyclisme, Tour de France : Prudhomme est mère de sûreté

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Exceptionnellement, notre consultant Thierry Bisounours, piqué au vif comme la majorité du peloton, interrompt ses vacances narbonnaises pour mieux vous éclairer sur le plus gros scandale de ces dernières 24 heures.

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Ricco serait-il vraiment dopé ?

Je crois qu'il est encore un peu tôt pour le dire, même si la rumeur « enfle », comme on dit dans le jargon.

Aviez-vous des doutes ?

J'avoue que ce jeune coureur m'impressionnait beaucoup. Mais si dès qu'un coureur va plus vite que les motos dans les cols on devait crier au loup, alors il faudrait soupçonner la CSC, Evans, Valverde, etc… Non, soyons sérieux, on ne va pas jeter l'opprobre sur un sport parce qu'une minorité triche, comme le disait fort justement Christian Prudhomme tout à l'heure.

Croyez-vous que le dopage est encore généralisé ?

Christian Prudhomme m'a dit que non. Je veux bien le croire, Jean-Marie Leblanc est du même avis, Hein Verbruggen aussi. Ca fait beaucoup de gens qui disent la même chose. Faudrait peut-être demander à Thierry Adam.

La sélection des équipes est-elle assez drastique ?

Vous voulez quoi ? Qu'on ne prenne pas la CSC parce qu'elle est entraînée par Riis, les Saunier Duval parce qu'ils ont Piepoli, la Française des Jeux parce qu'il y a Madiot, Lotto parce qu'il y a Evans, Caisse d'Epargne Valverde ? Je pourrais vous faire 80 % du peloton… Soyons sérieux, pour qu'il n'y ait pas de suspicion, il faudrait que des Français et ça, ça ferait chier tout le monde, comme me dit tous les jours Bilou, mon patron.

Qui sera le prochain à tomber ?

Je sais pas, Moreau tombait souvent, mais il est déjà plus là.

Qui mérite vraiment de remporter le Tour ?

Je vois très bien où vous voulez m'emmener. Vous pensez que si le podium n'est pas Français, il ne sera pas clair comme du « sang d'Hamilton », comme on dit dans le jargon. Je vais peut-être vous surprendre, mais si on regarde un gars comme Chavanel, il a beau être propre, et avoir du talent, c'est un gros nul. Comme on dit dans le jargon, il vaut mieux un « Evans à 80 qu'un Voeckler à 18 ». Vous voyez peut-être ce que je veux dire, pas moi.

A quoi sert le Tour de France ?

Si vous voulez dire par là qu'il sert à engraisser les organisateurs, les pharmacies, les sponsors, les médias et les tricheurs et qu'on ne peut arrêter une telle machine à fric, vous faites fausse route. Vous croyez qu'Armstrong était millionnaire ?

Et Sandy Casar ?

Quoi Cindy Sander ?

Cyclisme, Tour de France : Ricco à la houppe

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Pour la troisième fois, notre consultant Thierry Bisounours nous accorde du temps pour répondre à vos questions.

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Peut-on être certain que Ricco est chargé ?

Je ne vois pas ce qui peut permettre de dire ça. Pantani est son idole, peut-on avoir plus beau modèle ?

Quand Ricco sera-t-il contrôlé positif ?

Je vois très bien où vous voulez m'emmener. Comme me l'a dit Christian Prudhomme tout à l'heure, Ricco est un jeune grimpeur aux performances surhumaines, il a une petite faiblesse en contre-la-montre et une mauvaise mine. Qu'est-ce qui peut bien vous faire penser à Rasmussen ?

Pourquoi dès qu'un coureur se met à gagner ou dominer devient-il suspect ?

Je me pose la même question.

Ricco va-t-il remporter toutes les étapes de montagne ?

Armstrong, Pantani et Rasmussen le pouvaient bien. Pourquoi pas lui ? C'est quand même un « phénomène », comme on dit dans le jargon.

Pourquoi Jean-René Godard voit Ricco remporter le Tour que dans quelques années ? N'est-ce pas une évidence ?

Jean-René est une espèce en voie de disparition, les commentateurs Bisounours pour qui tout est beau et qui croient tout ce qu'on leur raconte. Ne soyez pas dupes, comme me le dit tous les jours Bilou, mon patron : « Godard, il prend les gens pour des cons, ça va finir par se voir. Tout le monde sait bien que Ricco va gagner. » Et je veux bien le croire, c'est un coureur « bourré de talent », comme on dit dans le jargon.

Pourquoi Thierry Adam a-t-il répété toute la journée que les favoris allaient rester tranquille ? Souvent on dirait qu'il n'y connait rien.

Il a aussi dit que Lang allait gagner l'étape, que Kirchen était pas bien, que Ricco aurait du mal pour la victoire d'étape ou que la chute d'Evans allait neutraliser la course et beaucoup d'autres conneries. Il ne peut quand même pas tout savoir.

Que penser de Sylvain Chavanel, qui a laissé toutes ses forces les cinq premiers jours en attaquant n'importe comment pour ne rien gagner alors qu'il avait les moyens de suivre ? C'est quand même pitoyable.

Je vous trouve très dur avec « Mimo », comme on disait dans le jargon. Il a fait son Tour et on le reverra peut-être bientôt. Et n'oubliez pas qu'il a porté le maillot à pois. N'était-il pas venu pour ça ?

Où en sont Valverde et Evans ?

Assez de questions insidieuses. On peut parler autre chose que dopage ?

Qu'attendre de l'étape d'Hautacam ?

J'ai lu sur ce blog que la montée Hautacam équivalait à un contrôle positif en elle-même. Je ne vois pas bien ce que l'auteur veut dire, mais je pense qu'on va assister à un beau spectacle dans ce cyclisme assaini. Avec pourquoi pas Ricco devant et en jaune à l'arrivée (rires). C'est une « boutade », comme on dit dans le jargon.

Et Beltran?

Qui ?

Cyclisme, Tour de France : Une attitude positive

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A l'issue de cette première étape de fausse montagne, vos questions ont été très nombreuses. Notre consultant Thierry Bisounours a selectionné les meilleures et y répond.

Sylvain Chavanel a-t-il eu raison de se lancer dans une offensive ?

J'ai parlé tout à l'heure avec Rudy Pevenage, le mentor d'Ullrich pendant de longues années, il m'a parfaitement expliqué la tactique Cofidis, il n'aurait pas fait mieux. Chavanel, qui peut jouer à l'aise le maillot jaune, aurait pu rester dans les roues au regard du profil de l'étape, pas si difficile. Mais non, à la manière d'un baroudeur, il a préféré partir de loin, ne faire aucun écart, se faire reprendre loin de l'arrivée après une journée d'efforts, pour exploser dans la dernière montée. Il perd le Tour avant même la haute montagne. C'est ce qu'on appelle dans le jargon la science de la course.

Que retenir de l'étape du jour ?

C'est évident : 1. Ricco 2. Valverde 3. Evans. Ce tiercé est là pour nous rappeler que la course n'est jamais gagnée d'avance. Qui aurait pu dire il y a quelques jours qu'on retrouverait ces champions en tête à Super Besse ? C'est ça, la glorieuse incertitude du sport. Et c'est ça, le Tour du renouveau.

Le déroulement de la course a-t-il vraiment changé ?

Christian Prudhomme me soufflait tout à l'heure que ce Tour est vraiment exceptionnel et ne ressemble à aucun autre. Je partage son avis : attendre la dernière côte pour faire la course, c'est vraiment « original » comme on dit dans le jargon. Cette année, la course se jouera dans les dernières montées. Ca me rappelle l'ère Armstrong. Et comme dit souvent très justement Jean-René Godart, a-t-on déjà vu plus beau champion que Lance Armstrong ?

Le tracé 2008 est-il favorable aux grandes envolées ?

Christian Prudhomme voulait moins de montagne, il a été servi. Les étapes montagnardes sont beaucoup moins difficiles que d'habitude. Aucun coureur ne pourra reprendre du temps avant la montée finale car les équipes bien préparées ne pourront pas exploser avant. Ca donnera plus de spectacle encore sur les derniers kilomètres et empêchera les gros écarts. Et comme me le dit tous les jours Daniel Bilalian : « Tu préfères quoi ? Du spectacle ou Henri Sannier à ta place ? »

Thomas Voeckler ?

Je ne comprends pas bien ceux qui insinuent qu'il est une grosse burne. Parce qu'il a favorisé le retour du peloton sur Chavanel pour défendre un maillot qu'il était certain de perdre ?

L'UCI rendra dans deux mois une liste de 31 coureurs aux paramètres sanguins étranges. Est-ce une mauvaise nouvelle ?

Des coureurs de quoi ?

Cyclisme, Tour de France : L’Adam dure

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Toute la durée du Tour de France, notre consultant Thierry Bisounours répond à vos questions.

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Pourquoi avoir supprimé le prologue ?

Christian Prudhomme l'a bien expliqué, il faut redonner du romantisme à la course, laisser leur chance aux audacieux. Le prologue était trop classique et on retrouvait toujours les meilleurs devant. En plus, Christian a eu la bonne idée de faire une arrivée difficile pour faciliter les échappées. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le pari est mille fois réussi : arrivée groupée, Valverde en jaune, Evans Schleck et Ricco dans les dix premiers. Le suspense est énorme. Je crois qu'on va vivre un superbe spectacle cette année et c'est en partie grâce à cette première étape originale, comme me l'a dit Christian hier soir.

Les Français ont-ils une chance ?

Je crois qu'on va entendre parler des Français cette année. Ils ont déjà commencé à faire le « show » comme on dit dans le jargon. Duclos-Lassalle se casse la gueule et abandonne, trois dans les cinquante premiers, nos meilleures chances qui prennent trente secondes dans la gueule. Ca va de mieux en mieux. Quelque chose me dit qu'ils vont faire un « gros truc » cette année comme on dit dans le jargon. Et n'oublions pas que les méthodes ont changé. Même Bilalian et Holtz me le rappellent tout le temps : « N'oublie pas, Thierry, c'est le tour du renouveau. » Qui peut dire le contraire ?

Faut-il regretter l'absence de Contador ?

Je ne peux pas vous dire le contraire. C'est un beau champion et surtout un vrai « miraculé » comme on dit dans le jargon. Il me fait penser à un autre champion que les amateurs de vélo connaissent bien, Lance Armstrong (un ancien maillot jaune, ndlr), en plus, comme lui, il travaille avec Bruyneel et le Docteur Fuentes. Je ne peux que lui souhaiter le même destin.

Pourquoi Thierry Adam ne dit que des conneries ?

Il paraît que Thierry Adam organise le Grand Prix de la Somme, il est donc largement à sa place sur le Tour. Même s'il n'y connaît rien, le vélo, c'est son « truc » comme on dit dans le jargon. Comme me dit souvent Daniel Bilalian : « C'est comme si n'importe qui pouvait commenter le Tour. » Le rêve américain en somme.

Pourquoi Holtz a-t-il confondu Jegou avec Gilbert ?

Parce qu'il est nul ?

Cyclisme, Tour de France : Les faux plats dans les grands

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L'UCI ne veut pas de scandale, ASO est convaincu que le Tour sera plus propre. Thierry Adam a pour une fois vu juste, les comportements ont changé. Rétrospective.

1998. Le monde découvre le dopage généralisé chez Festina, pas chez les autres : Christophe Rineiro prend le maillot à pois et la 4e place.

1999. Le Tour du renouveau consacre un nouveau coureur qui ne savait ni rouler ni grimper trois ans auparavant, Lance Armstrong. Les mentalités évoluent, pas forcément les méthodes. L'Américain sera contrôlé six fois positif à l'EPO, mais on ne connaîtra les résultats qu'en août 2005 par l'intermédiaire de L'Equipe qui pour une fois a fait son boulot. Troublant, Armstrong en avait déjà fini avec le Tour.

2006. Le premier Tour de l'après Armstrong et de l'après Puerto, qui a confirmé que les méthodes ont changé. Le Tour du renouveau débouche sur un vainqueur déclassé, un ancien lieutenant postal à la hanche nécrosée, comme tout le monde.

2007. Le Tour du renouveau, les comportement changent, le sang de Vinokourov aussi, juste avant le départ du contre la montre. Rasmussen raconte des conneries à Holtz qui les croient, pas Prudhomme qui finit par le virer. Thierry Adam, après avoir vu un beau champion en Vino, un champion atypique en Rasmu, estime que Contador mérite sa belle victoire.

2008. Le Tour du renouveau: Pour fêter les dix ans de Festina, les contrôles sont plus poussés que jamais, le parcours moins classique, Bruyneel, Contador et Astana ne seront pas au départ, Virenque non plus. Adam trouve le vélo plus sain, regrette l'absence du tenant du titre qui pour lui est le meilleur coureur actuel et voit des situations de course qui avaient disparues. Depuis 98 ?

Dix… positifs

Pour couvrir cette édition anniversaire, Le Vestiaire sort les grands moyens. Notre envoyé spécial accrédité vous révèlera bien sûr les coulisses de l'épreuve et tous les scandales étouffés, à commencer aujourd'hui par le passeport biologique, qui ne sera évidemment pas opérationnel sur le Tour, ou les origines lot-et-garonnaises de Fedrigo. Mais en plus cette année, le grand Thierry Adam en personne sera régulièrement présent dans nos colonnes pour nous conter son émerveillement quotidien devant la probité retrouvée du cyclisme.

« Le Tour va être bon cette année. Et cela, sur tous les niveaux, même sur le dopage. Il y a bien un idiot qui va se faire prendre mais tant pis pour lui. Il n'y aura pas de pitié avec moi. » Thierry Adam, 2008

Pendant ce temps-là, Ullrich est toujours persuadé que Pantani n'est pas mort. Pantani aussi.

Cyclisme : Prudhomme aux prud’hommes ?

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Jean-Marie Leblanc a refilé son appart à Prudhomme. Il a fait l'état des lieux dans le noir. Depuis, il a rallumé la lumière.

L'ancien présentateur de Stade 2 se dit de plus en plus qu'il aurait dû y rester. D'une part, car Holtz, bien aidé par l'équipe Bilalian, qui vit ses derniers jours, est en train de flinguer l'émission historique, mais surtout parce que son père Jean-Marie lui un filé un héritage fécal. Il le savait, mais il pensait bien réussir à endormir tout le monde. Alors qu'il s'attèle à faire du Tour 2008 le plus propre de l'Histoire, on lui met des bâtons dans les roues, qui ne tournent pas à 45 km/h dans l'Alpe d'Huez comme celles d'Andy Schleck cet été. Tout avait pourtant bien commencé, en virant Astana, même s'il aime beaucoup Contador.

Tour donneur

Prudhomme, qui ne prend personne pour des cons, venait d'éradiquer le dopage et les soupçons au terme d'une lutte acharnée face à l'irréprochable UCI. Mais voilà que Boonen se chargerait lui aussi et pas que le porte-bagage. Problème, pour Bjarne, Tom ne court pas chez Astana. Espérons que le Belge soit, au choix: « un cas isolé », « le mouton noir » ou bien « la brebis galeuse » du vélo. Ce sera à n'en pas douter « une très mauvaise nouvelle pour le cyclisme » mais « cela prouve que la lutte avance et que c'est de plus en plus difficile pour les tricheurs ». Mieux, et si « c'était un problème personnel qui n'avait rien à voir avec le dopage »? Rappelons que Boonen c'est un maillot vert et deux victoires d'étapes en 2007 et Paris Roubaix cette année (dont nous avions évoqué ici le séduisant podium). C'est certain, le Tour 2008 sera celui du renouveau, la preuve, Valverde y sera.

Pour sauver ce qu'il restera d'apparences, le salut du Tour, d'ASO et du cyclisme passera par une énorme perf française en juillet. Car il est bien trop tard pour autre chose, trop tard pour annuler, trop tard pour ne pas inviter 80% du peloton mondial aux méthodes anciennes, trop tard pour sauver le vélo. Et si ASO revendait le monstrueux bébé, ça serait sans doute pire.

Cyclisme, Sylvain Chavanel : Mimo ras l’élastique

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« On n'est pas du bétail » (Laurent Jalabert, 1998)

Evidemment, Le Vestiaire l'avait annoncé, et les faits n'ont pas tardé à lui donner raison. Il n'aura donc fallu qu'une seule course parmi les plus merdiques au monde à notre spécialiste cyclisme pour deviner que Chavanel bénéficierait de l'effet Tsonga. En moins de deux mois, le frère de Sébastien a donc plus gagné que l'ensemble des cyclistes français en dix ans de suivi longitudinal. On savait qu'il pouvait lui arriver de franchir une ligne d'arrivée en tête, il l'avait déjà fait plus souvent que Virenque, mais on ne savait pas qu'il pouvait le faire avec d'autres adversaires qu'Anthony Geslin. Gérard Holtz secoue déjà sa crinière plus poivre que sel, le gentil Mimo sera l'autre vedette du vélo club, avec le nutritionniste de la Phonak, s'il n'est pas viré avant. Car c'est vrai, Chavanel il a l'air gentil, tellement gentil qu'il n'est pas sans nous rappeler un jeune tennisman prix Nobel. Et si, hormis un avenir prometteur il y a 15 ans et un palmarès plus vierge encore que Cohen-Aloro, il n'avait rien à voir avec Ritchie ?

Monsieur Propre

Toujours est-il que comme d'habitude, en retard de plusieurs semaines, comme la femme à Chamou après un Roland-Garros bien arrosé, toute la presse est en train de se saisir du phénomène. Un Français saurait courir, gagner et apparemment ne fréquenterait pas Laurent Roux ou Pascal Hervé. Cela n'était plus arrivé depuis Charly Mottet et avant lui Roger Hassenforder, reconverti aujourd'hui en joueur de dentier. Certes, personne ne soupçonnait l'existence de la Flèche Brabançonne et d'A travers les Flandres avant la semaine dernière. Et si un loser chronique ne s'y était pas imposé, on s'en branlerait encore. Mais c'est fait. Et voilà que le double vainqueur est annoncé comme favori du Tour des Flandres, même par lui-même. C'est simple, le Tour des Flandres, c'est pas un podium propre depuis 1913. Un sacré défi.

Autant dire que s'il arrive à tenir plus de 200 km à un rythme plus soutenu qu'une Polynormande, non seulement il n'intégrera pas le vrai classement, qui commence en moyenne à partir de la 20e place, mais surtout ça lui ouvrira un boulevard pour le Tour de France. Car oui, depuis qu'il sait maintenant qu'une 91e place n'est pas toujours une bonne performance et qu'un coureur de classique doit faire preuve de sang frais dans les situations les plus chaudes, Sylvain pense au Tour de France. Reste plus qu'un bon stage dans les Alpes mexicaines et il sera fin prêt pour ne pas finir à Hautacam avec Thomas Voeckler. Il en est capable, nous glisse Cristian Moreni.

L'autre Christian, Prudhomme, devrait l'annoncer prochainement : attention, cette année, les Pyrénées seront limitées à 70.

Cyclisme, Nécrologie : Cancer de la selle en phase terminale

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Un fameux sport à deux roues, historiquement malade, s'est un peu trop soigné. Va-t-il succomber à ses piqûres ?

L'affrontement actuel entre l'UCI et ASO ressemble beaucoup au dernier combat entre Freezer et Sangoku. Si ce dernier veut gagner, il va devoir se sacrifier. L'heure du jugement dernier est arrivée. Pat Mac Quaid, tel la femme à Chamou dans une boîte échangiste, a tombé le masque. Il est bien le grand promoteur du cyclisme sale et joue son rôle avec passion. Jusqu'à menacer les coureurs de suspension s'ils font leur métier. L'enjeu n'est évidemment pas Paris-Nice, une course sans intérêt qui a seulement permis à Jalabert de compenser son incapacité à remporter le Tour de France malgré des batteries bien chargées durant l'âge de plomb du vélo. L'enjeu est symbolisé par Astana. Cette équipe cristallise toute la merde qui dégueulasse le cyclisme, depuis toujours sans doute, mais surtout depuis les vingt dernières années et l'arrivée du dopage criminalisé. Bruynel, coureur chez la Once de Saiz, avant de devenir le manager d'un américain sang-gain. Contador, le vainqueur du Tour par exclusion des deux autres lauréats. Et bien sur la marque Astana elle-même, que l'on ne présente plus.

Affreux et à sang

ASO, organisateur de la Grand boucle, ne veut pas de cette petite vérole. Prudhomme a de la mémoire. Il sait qu'en son temps, c'est elle qui mit fin au règne de Louis XIV. Mais a-t-il assez de mémoire pour se souvenir que pendant longtemps, ASO et l'UCI avançaient main dans la main, avec une dignité semblable aux plus belles collaborations. Et c'est bien ça que la bicyclette est en train de payer, mais cette fois peut-être définitivement. Le fils reconnu de Verbruggen et celui illégitime de Leblanc se livrent donc une bataille apparemment totalement opposée mais pour la même finalité : le pognon. L'un veut sauver l'héritage et les méthodes de papa sans se rendre compte que s'il gagne, il aura perdu. L'autre fait l'inventaire de la pharmacie pour tout liquider, ou au moins l'essentiel, car il ne pourra jamais nettoyer totalement certaines parties intimes : torcher les participants n'a pas encore été autorisé. L'équation est simple, mais trop compliquée pour Mac Quaid, gangréné par une éducation insalubre. Quand on a été nourri aux excréments globuleux toute sa vie, il est difficile de passer au steack bio.

Le dopage va tuer le cyclisme, c'est inévitable. ASO, propriétaire et organisateur de la seule épreuve d'envergure, l'a visiblement compris, certes seulement l'année dernière, mais mieux vaut trop tard que jamais. Il faut donc tout faire pour rendre le vélo crédible, et ça passe forcemment par des décisions coup de poing, même si elles sont très risquées.

Au final, ou l'UCI l'emporte et c'est fini, ou bien ASO et les coureurs eux-mêmes tiennent bon, quitte à tout faire exploser, pour mieux repartir. C'est en tout cas la fin d'un monde.

Cyclisme, championnats du monde: La mort dans le sang

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Dimanche se courra, dans l'indifférence générale, le championnat du monde de cyclisme. Une épreuve, à l'image d'un sport moribond, qui n'a plus grand intérêt.

C'était en 1995, en plein coeur des années EPO, Abraham Olano gonflé à bloc remportait la plus belle course de sa carrière avec la bénédiction du prêtre navarrais Miguel Indurain, plus fort que jamais. Ce fut un mondial, sans Thomas Voeckler, dantesque et magnifique, sur un parcours ultra-selectif, avec des champions que l'on prenait encore pour des héros. Ensuite, les organisateurs décidèrent de se foutre complêtement du tracé et des participants. Les maillots arc-en-ciel se succédaient, mais plus personne ne regardait. A tel point que l'on laissa gagner n'importe qui, même Laurent Brochard. Le contrôle positif de ce dernier une fois la ligne franchie en 97 ne posa d'ailleurs aucun problème à l'UCI. Le palmarès de l'épreuve étant naturellement aussi fourni que la salle d'attente du médecin du FC Nantes en 1995.

Le titre pour Vaugrenard?

Stuttgart 2007 concentre donc tous les germes de la mort prochaine de ce sport. Car, contrairement à ce que tout le monde pense, ce n'est pas que de la faute à Chavanel si le cyclisme va mal. A l'heure où le laboratoire de Chatenay-Malabry a étonnement trouvé de la merde dans les veines de Rasmussen, la liste des engagés a le même parfum. Valverde, Bettini, Zabel, Di Luca… Tricheurs, toxicos, menteurs. Un vrai rêve. Le renouveau du vélo.
Mais ce qui risque de tuer l'épreuve c'est surtout la sélection française. Fedrigo, Casar et Feillu en font partie. Un scandale.

Heureusement, il reste le Tour de France. Plutôt encourageant se réjouit Floyd Landis

Le tri Poly du Vestiaire

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Le service marketing du Vestiaire n’était pas peu fier d’étrenner hier son contrat de partenariat avec les organisateurs de la Polynormande, course mythique dont a fait sienne Benoît Vaugrenard.

C’est sans conteste la plus belle ligne au palmarès de Sylvain Chavanel, qui compte pourtant à son actif deux Tour du Poitou-Charentes et autant de victoires sur les Quatre jours de Dunkerque. Entre Avranches et Saint-Martin-de-Landelles, la Polynormande est au cyclisme ce que le Festival interceltique de Lorient est à la musique traditionnelle. Sa terrible côte de la Pigeonnière en a forgé la réputation jusqu’à ce que la voix du Tour, Daniel Mangeas a faim, n’obtienne pour son épreuve le label Coupe de France.

Les recalés de la Grande boucle y côtoient depuis les chantres du grupetto, les angoissés du délai d’élimination et les héritiers de Christophe Agnolutto. Benoît Vaugrenard a ainsi ajouté hier son nom au panthéon des géants de la Poly, grand rendez-vous de l’après-Tour après le critérium de Lisieux pour pleurer… Aux sacres de Pineau des Charentes (2003) et de Mimosa (2004) avaient en effet succédé les triomphes de Gilbert lingot (2005) et de Charteau ou tard (2006).

Malin comme Vaugrenard, le champion de France du contre-la-montre s’est offert le luxe, à la moyenne de 39,65 km/h, de reléguer Laszlo Bodrogi à plus de deux minutes. C’est dire. Cofidis, de retour à la compétition après son retrait du Tour au lendemain du contrôle positif de l’Italien Moreni, a placé le redoutable Mickaël Buffaz sur la deuxième marche du podium. Un regret : Sylvain Chavanel n’en était pas.

Cyclisme, Tour de France : Contador, qu’on adore ?

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Il a vraiment l'air gentil, ce Contador. Comme le Vestiaire le disait juste après l'exclusion de Rasmussen, l'antithèse du Danois ne pouvait que passer pour un héros, qui courait pour son jeune frère handicapé. Seulement, les soupçons finissent toujours par revenir, autour de ce Tour 2007.

Certains y verront un mal paranoïaque, d'autres la volonté française de virer tous les coureurs étrangers pour avoir un podium français (quel talent, mon Rasmu), mais nous n'y voyons que le reflet d'une triste réalité. Et si hier, le sympatoche espagnol a débarqué à Madrid puis à Pinto, son village d'origine, en héros, un bon docteur allemand, succèdant à un charlatant hibère, lui a fait siffler les oreilles.
Teuton stérone
Werner Franke dit avoir en sa possession la feuille de route du jeune coureur espagnol : « Contador a utilisé de l’insuline, de l’HMG-Lepori (une hormone stimulant la sécrétion de testostérone) et un produit pour l’asthme nommé TGN ». Aïe. Respectons la présomption d'innocence, car rien n'a été prouvé. Mais si Contador sait mieux sourire que Rasmussen, il montait les cols aussi vite que le Danois « aux performances surhumaines ». Et contrairement à lui, son nom a été cité dans l'affaire Puerto. Adoubé par Indurain lui-même (!), encensé par Armstrong, Alberto Contador représente pour la presse espagnole « le symbole d'un cyclisme nouveau, propre », et pour son homologue allemande, « un vainqueur qui suscite la suspicion. » Contador, lui, avait déclaré : « Si je n'étais pas propre, je ne serais pas là. » Raisonnement par l'absurde pour clamer haut et fort son innocence. Et pendant ce temps-là, un autre espagnol, Iban Mayo, a été contrôlé positif à l'EPO. Et Patrick Sinkewitz, positif à la testostérone, qui clamait haut et fort « être déterminé à se battre et à prouver son innocence », il y a deux semaines, a renoncé à la contre-expertise. Les bonnes résolutions, qu'on nous dit…

Adam et les journalistes sportifs de France Télévisions : polyvalent = anti-talent

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Le Tour de France s’est achevé (ou l’a-t-on achevé ?), l’heure est venue pour les coureurs de « recharger » les batteries. Mais les héros du Tour ne sont pas les seuls à être épuisés par ces trois semaines intensives. Les journalistes et autres commentateurs sont, eux aussi, lessivés. Le Tour de France est une épreuve exigeante pour tout le monde, et il faut s’en montrer digne.

Thierry Adam, pour sa première en couverture de la Grande Boucle n’a, il est vrai, pas eu un baptême idéal vu la propreté de cette édition. Quoiqu'il en soit, on ne peut pas attendre monts et merveilles d’un amateur. Mais pourquoi placer un novice sur la couverture du 3e événement planétaire, après la Coupe du Monde de football et les Jeux Olympiques ?

« France Télévision aime tous les sport, est une chaîne de sport », ne cesse de rappeler Gérard Holtz dans son magnifique blazer blanc de présentateur de Stade 2. On ne peut lui donner tort, combien de dimanche après-midi flânés sur France 3 devant le critérium de Saint-Mars-du Désert de cross country ou devant les championnats interrégions de gym rythmique ? Contrairement aux concurrents, France 2 et France 3 couvrent un nombre impressionnant de disciplines, mais avec un groupe de journalistes restreint.

1. Un compétent, cent failles

Et voilà Bisounours Thierry Adam, qui n’avait jusqu’alors commenté que les décrochages régionaux des 16e de finale de la Coupe de la Ligue en Poitou-Charentes, promu commentateur du Tour. Son seul fait d’arme avait été la rétrospective de la Coupe du Monde 98, magnifique documentaire sur France 3. Titi Adam aime manier les mots, faire de la poésie sportive (après on aime ou on n’aime pas), mais comment imprimer cette patte sur un direct d’étape ? Pourquoi l’avoir nommé, lui qui n'y connaît absolument rien en vélo malgré ses après-midi ancestraux passés sur la moto 2 du Tour à ne débiter, là encore, que des conneries par centaines ? Pourquoi bafouer la jurisprudence Christophe Josse, qui avait déjà prouvé qu’un journaliste étiqueté foot ne pouvait être à la hauteur de la Grande Boucle ? Quelle crasse a pu faire Henri Sannier, le plus à même dans le groupe à endosser le costume, pour être enchaîné à Tout le Sport ? De la même façon, pourquoi s’escrimer à laisser le commentaire du football à Patrick Montel, qui s’essouffle sur chaque action comme une arrivée de 400m haies aux JO ? Pourquoi Lionel Chamalow, peu à l’aise devant les caméras, tremblant et bégayant, se retrouve à présenter Stade 2 ? A ce rythme, Guy Forget commentera bientôt la Coupe de la Ligue en tandem avec Jean-René Godard, Laurent Jaoui animera le plateau de Roland Garros et Daniel Maréchal Loclerc le rugby.

2. Une équipe, un com…plête

Sous prétexte de posséder une carte de presse syndiquée USJSF (mes hommages à Monsieur Jacques Marchand), on ne peut se targuer de couvrir tous les sports. Bien sûr, les concurrents privés ne sont pas exempts de tous reproches, Christian Jean-Pierre se commettant dans la Coupe du Monde de rugby en est le parfait exemple, mais ils suivent généralement leur ligne de conduite : du football, rien que du football chauvin sur TF1 et du football, rien que du football très très très chauvin sur M6. Le tandem Thierry Rolland-Franck Leboeuf était écœurant, mais dans la spécialité on n’a jamais fait mieux.

Le service public a peut-être commencé à tirer les premiers enseignements de ses erreurs, en recrutant le gominé Balbir aux commandes de France 2 Foot. Quoique… Avec Nelson Monfort, Laurent Jaoui et… Nicolas Canteloup à ses côtés ( ?!), rien n’est moins sûr !

Et dernière nouvelle : le casting est ouvert pour l’édition 2008 du TdF, si TdF il y a, et Daniel Bilalian et Michel Drucker tiennent la corde…

 

Cyclisme, tour de France : Klöden troque la foi contre les foies

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Andreas Klöden est peut-être le premier d'une longue liste. Ecarté du Tour de France avec l'équipe Astana, dans le sillage du « valeureux »-« courageux »-« blessé »–« traître »-« imbécile de s'être fait prendre » Vinokourov, il n'a pas attendu la fin de la Grande Boucle pour parler.

Préalable important : il nie s'être dopé. Pourtant, il clame sa peur, aujourd'hui, de finir en prison à cause du cyclisme. Ah bon, mais comment ? « Je vais peut-être arrêter complètement. Je crains que le sport ne soit criminalisé et que tout cela nous mène en prison».
Bon réflexe : Klöden pense d'abord à sa vie privée. «Que se passera-t-il si quelqu'un verse quelque chose d'interdit dans ma salade ? Je serai alors déclaré positif et j'irai en taule. Je ne veux pas ça, j'ai une famille. Tout cela n'a plus de sens». Bon, le coup de quelqu'un qui te verse une saloperie dans ton verre, on l'a déjà faite. Il faudra trouver autre chose ; Vino est sur une piste, avec l'aide d'un hématologue. Mais surtout, il faudrait enfin faire comprendre aux coureurs pro qu'aller derrière les barreaux n'est pas le plus dangereux, et que se doper (volontaire ou fortuit, Klö-Klö, nous sommes d'accord ?) peut aussi avoir quelques conséquences sur la santé, paraît-il…

Cyclisme, Tour de France : La victoire à l’Omerta

 

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Nous nous interrogions après le contre-la-montre, samedi, sur la présence des Astana et de Rasmussen sur le Tour. Depuis, nous avons finalement, hélas, été exaucés, comme par hasard. Mais ces affaires Vinokourov, Rasmussen voire Cofidis ne sont-elles pas simplement que des gros baobabs servant à cacher une gigantesque forêt d'arbres gangrénés?

L'équipe du Vestiaire a envoyé depuis plusieurs semaines ses journalistes s'immerger et enquêter dans cette nébuleuse du Tour de France. Nous sommes aujourd'hui en mesure de vous expliquer plus précisément les enjeux de cet énorme scandale, au delà du simple fait établi que le sport professionnel dans sa quasi-totalité est devenu un pur spectacle mais un impur danger.

L'ignoble Rasmussen vient de quitter le Tour. A qui profite ce crime comme dirait le mystérieux Christian Prudhomme ? En dehors de l'image désastreuse du cyclisme et du Tour lui-même, les grands gagnants de cette histoire sont déjà clairement identifiés:

1. La victoire de l'argent

Financièrement, le maillot jaune revient sans contestation aucune à ASO, l'organisateur du Tour de France et sa filiale la société du Tour. Associé à ces dernières, France Télévisions complètera le podium. Ce n'est pas, comme ont tenté de le faire croire divers protagonistes ces derniers jours, une question de patrimoine, ou comme dirait ce génie de Thierry Adam le refus de pratiquer la politique de la chaise vide. Non, si le Tour ne s'est pas arrêté et ne s'arrêtera pas, c'est pour une seule et unique raison: l'argent qui est en jeu. La machine économique est trop puissante. Si c'est elle qui crée en quelque sorte le dopage, c'est elle aussi qui permet à ce système de survivre. En effet, même au coeur du chaos le Tour fait toujours recette (à l'image des audiences qui cartonnent, et dans un un contexte morose pour France 2, la chaîne ne peut se priver d'une telle poule aux oeufs d'or).
Personne n'a pour l'instant eu le courage de prendre le risque de casser cette formidable machine à pognon.

2. La victoire des autres tricheurs

Pour sortir de cette crise dans un début de dignité, à défaut de stopper le Tour, puisque c'est impossible faute de courage et de volonté, la première chose à faire serait de ne pas désigner de vainqueur cette année.
Or, si ce n'est pas le cas, il semble qu'un autre vainqueur de ce Tour sera l'insoupçonnable équipe Discovery Channnel, celle de Bruynnel et d'Armstrong et celle de son leader sulfureux Alberto Contador. Demain, on peut être certain que Thierry Adam, toujours lui, et son compère d'infortune Gérard Holtz se gargariseront du port du maillot jaune sur des épaules propres penseront-ils. On peut également être sûr qu'au délit de sale gueule contre le vieux Rasmussen se substituera la célébration du jeune héros Contador avec un frère handicapé pour lequel il court. Toujours selon cette attitude hypocrite qui permet depuis si longtemps au service des sports de France tv main dans la main (portefeuille dans la main) avec l'organisateur de couvrir le dopage en soulignant le panache des coureurs à l'avant de la course. On pense évidemment cette année à Rasmussen, Soler, Vinokourov et donc Contador…

3. La victoire de l'auto-transfusion

Enfin les derniers véritables vainqueurs de ce Tour seront les dirigeants et les coureurs, qui dans leur majorité (il y a évidemment au fond des classements des coureurs propres, qui sont les grands perdants de ces événements. Merci à eux), continuent comme au bon vieux temps des années EPO de protéger un colossal système de dopage organisé.
A quoi servent les contrôles aujourd'hui alors que l'auto-transfusion utilisée par la plupart des coureurs est indétectable. On pouvait croire que les équipes françaises s'étaient retrouvées par la force des choses , à l'abri du dopage, mais non, un Cofidis s'est fait piqué. Il ne faut pas être dupe, plus de 90% du peloton du Tour 2007 triche et ment. Dans la caravane, tout le monde le sait. Mais l'omerta règne toujours en force. Et si un coureur, à l'image de Mikaël Delage, est un peu trop virulent sur le doping, il se fait rapidement rappeler à l'ordre avec violence par certains de ses collègues.
Le système est pourri dans son ensemble de A à Z, à tel point que les sponsors français résignés ne demandent plus de résultats à leurs poulains.

Quant à nous, les suiveurs nous sommes à la fois coupables et victimes. Coupables car on permet à ce spectacle malsain de perdurer mais victimes car nous sommes en permanence trahis par ceux que nous adulons.

Si l'exclusion de Vinokourov aura été une bonne nouvelle pour le cyclisme, le départ de Rasmussen risque d'être la plus mauvaise nouvelle qui aurait pû arriver au Tour de France. On va continuer à nous faire croire que les choses sont presque rentrées dans l'ordre, et que le Tour du renouveau a finalement été sauvé. En effet, il y aura sans doute deux maillots Discovery Channel sur le podium. C'est beau un tour propre…
ASO, en poussant Rabobank à sévir, a trouvé un bouc émissaire de plus après Vino et l'UCI, a sauvé son argent mais certainement pas son honneur.

A quoi tout cela aura servi? Hélas à pas grand chose sans doute. On espère se tromper.
L'équipe du Vestiaire

Cyclisme, Tour de France: Les résultats du sondage

 

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Au début du mois de Juillet, avant le départ du Tour de France, le Vestiaire vous avait proposé un sondage: il vous était demandé qui, selon vous, serait le premier contrôlé positif du Tour de France 2007.
Et bien sachez que Vox Populi n'est pas forcemment Vox dei. Car à plus de 45%, les lecteurs de ce blog pensaient que la grand-mère de Lepheimer serait la plus rapidement exclue de la course. Elle devançait de justesse le grand vainqueur Alexandre Vinokourov qui n'obtenait alors que 32% des suffrages: décidément ce n'est pas l'année du Kazakh.
Les autres votes allant à l'habituel obscur coureur de l'est qui, cette année, est apparemment nordique et pour finir même une voix pour Zubeldia.

 

Merci à tous ceux qui se sont exprimés, et n'oubliez pas : « l'important n'est pas toujours de participer« .

Cyclisme, Tour de France: Qui mérite le maillot jaune ?

 

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Et si John Gadret était le véritable maillot jaune du Tour de France ? Bien-sûr, nous parlons-là d'un Tour où les coureurs seraient propres. Mais après tout, le premier coureur sain de l'épreuve est-il peut-être encore plus loin au classement général.

Il n'y a pas grand chose à dire sur cette étape. Il suffisait de regarder cette montée du plateau de Beille. Qui sait, Armstrong est peut-être jaloux de la vitesse de Rasmussen et consorts. Pantani aurait-il pu suivre ?

Ces questions ne sont pas anodines. D'après les premières analyses de différents spécialistes comme ici , notre Danois jaune avec son niveau dans ce Tour du renouveau, se serait baladé dans les années antérieures comme il le faisait déjà d'ailleurs. Lisez également les relevés de puissances effectués par le site cyclismag, vous verrez que, sans surprise, les performances d'ensemble sont toujours aussi surhumaines.

A l'heure actuelle, les passionnés de cyclisme doivent se demander quand cessera cette farce. Si cela doit être la solution, alors c'est triste mais le Tour doit s'arrêter.

L'équipe du Vestiaire

Cyclisme, Tour de France: Qui peut encore y croire?

 

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Il ne faudra pas oublier ce 21 juillet 2007. Les Astana ont failli réaliser un triplé (sacré Cadel Evans…) dans le premier contre-la-montre du Tour de France. Sans oublier Rasmussen, ah ce Rasmussen…
Et Thierry Adam, plus mauvais connaisseur cycliste de l'histoire des commentateurs, de s'enchanter devant de si beaux exploits. Là où il faudrait s'interroger, lui, est admiratif. C'est Thierry au pays des bisounours.

Vinokourov comme l'a relevé un Fignon songeur a roulé à 47 km/h dans la principale difficulté du jour. A l'arrivée le Kazakh, sortant d'un effort en apparence très violent, n'a pas tardé pour répondre aux interviews. Moins d'une minute après avoir franchi la ligne, c'est fort peu essouflé qu' il répondait aux questions de Godard (Jean-René pas Jean-Luc).
Et bien-sûr, Vino, nous signale Jean-Paul Olivier, entre dans les meilleures vitesses moyennes contre-la-montre de l'histoire. Le Tour du renouveau évidemment.

Comment une équipe trop faible pour ramener son leader dans le peloton dans une étape de plaine peut-elle être devenue soudainement si forte, sans parler des blessures ( coccyx et genou) ? Une vraie course d'équipe… Nous voilà revenu au bon vieux temps des Gewiss dont nous vous parlions précedemment.
On imagine maintenant que Vino va vouloir tout faire péter dans les Pyrénées…

Est-ce la peine de parler de la performance de Rasmussen, qui c'est sûr allait perdre largement son maillot jaune aujourd'hui (pas vrai Thierry?) . Et bien celui qui prenait toujours entre 5 et 10 minutes a cédé sa place au bon Français Moreau, et se trouve plus que jamais en position de faire au moins un podium. Vive le Mexique! Au fait Monsieur Prudhomme, que foutent les Astana et Rasmussen sur le Tour?

Pour conclure sur une note d'espoir, à propos de renversements de situation comme aujourd'hui, voici une anecdote relatée par David Walsh dans son dernier livre sur Lance Armstrong, : En 2005, toute l’équipe US Postal, hormis Armstrong avait sauté dans l’ascension du col de la Schlucht avant l’arrivée à Gérardmer. Deux jours plus tard, l’équipe américaine toujours aussi unie, redevenait écrasante comme de coutume vers Courchevel. Cette fameuse défaillance collective était en réalité due à un retard de livraison des poches de sang. « On dépêcha vite une moto avec un « top case » réfrigéré pour « alimenter » le champion et ses équipiers. »

Vive le Tour!

Cyclisme, Rasmussen : Un Tour qui sent la m… !

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Une nouvelle affaire sur le Tour. Jolie surprise… Comme chaque année depuis 1998 et l'affaire Festina, on veut nous faire croire au Tour du renouveau.

Hélas, tant que le ménage ne sera pas totalement fait, on n'y parviendra pas et ce terme de « renouveau » ne sera qu'une bonne blague récurrente devenant pour chacun , et par exemple pour la télévision allemande, quelque peu indigeste. Et cela malgré Thierry Adam et Christian Prudhomme, les nouveaux hypocrites en chef. Ces deux-là succèdent plus ou moins directement à la paire complice Patrick Chêne-Jean-Marie Leblanc. Au-delà des enjeux financiers, de leur rôle de tête de gondole d'entreprises, ces deux-là, ou plutôt ces quatre-là, savent. Les deux premiers ne pouvaient pas ignorer et ne disaient rien , se rendant alors complices de la mascarade meurtrière. Les deux suivants, eux, ne peuvent ignorer non plus et pourtant ils minimisent et tentent d'aveugler. Aujourd'hui, il n'est plus possible de continuer à faire semblant, il faut nettoyer.

Non le cyclisme n'est pas le seul sport gangréné, oui c'est le sport où la lutte est la plus efficace. Et alors ? Est-ce pour cela qu'il faudrait ne plus dénoncer les pratiques dopantes et traquer les tricheurs ? Si on peut rendre ce sport le plus propre possible, pourquoi s'en priver ? Et pour cela, il faudrait commencer par être irréprochable. Irréprochable, ça veut dire ne pas prendre sur le Tour un coureur qui « travaille » avec Ferrari (Vino), ne pas prendre un Puerto hombre (Valverde) et virer aussi sec le vilain Rasmussen, qui se planque au Mexique pour s'aérer les poumons. Aujourd'hui, Prudhomme s'interroge à tort sur les raisons des dernières annonces danoises. On s'en fout qu'il y ait des raisons politiques ou des règlements de comptes là-dessous. Si les faits sont avérés, il faut frapper. Tout le monde doit devenir insoupçonnable. Médias, organisateurs et coureurs. Et seulement, à partir de là, un début d'espoir pourra naître. Il faut encourager les aveux, approfondir encore le suivi et les contrôles des cyclistes jusque dans leur vie quotidienne et durcir les sanctions. Et surtout, il faut arrêter de faire croire qu'un coureur qui n'est pas positif en course est propre.

A ce propos, il est indispensable de lire l'interview de Greg Lemond publiée sur le site de l'Express. C'est réellement édifiant. Comment ne pas avoir envie de vomir en entendant Gerard Holtz faire semblant de poser les bonnes questions, et félicitant Rasmussen d'avoir répondu sincèrement que sa lettre d'explication s'est perdue et qu'il n'a pas d'ordinateur ? Mais, mon bon Gérard, c'est évident qu'il allait répondre : « Ben j'étais au Mexique pour m'entraîner, chargé à l'EPO car en Europe on est tout le temps surveillé ! »

Enfin, Thierry Adam ferait bien de regarder cette célèbre montée de Hautacam, en 1996, au cours de laquelle Bjarne Riis a battu le record du monde de puissance développée. Le commentaire de la paire Chêne-Thévenet est très troublant, voire douteux. L'un stupéfait, alterne entre admiration et dégoût. Il semble vouloir dire, plus que jamais, au téléspectateur tout ce qu'il doit savoir mais se contente de sous-entendre ce qu'il décèle dans cette performance surhumaine… et presque risible avec le recul. De l'autre côté, Bernard le consultant, vainqueur de l'épreuve en 75 et 77, ne cache pas sa jalousie de ne pas avoir pû gouter aux mêmes produits. Produits sur lesquels Bjarne nous a éclairé officiellement il y a quelques semaines.

Nous sommes alors le 16 juillet 1996, place au spectacle :

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Cliquez sur l'image pour voir la vidéo.

Ferrari, EPO, Puerto Armstrong, Landis, Rasmussen… Personne ne pourra plus jamais dire qu'il ne savait pas.

L'équipe du vestiaire

Cyclisme, Tour de France : Moreau rit jaune

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Le 22 juin dernier, l'équipe du Vestiaire, impressionnée par la forme de Christophe Moreau, mettait en garde ce dernier contre un excès de confiance. Nous écrivions même à l'époque qu'il ne faudrait pas que, « dans un élan d’enthousiasme très français, il parte l’épée à la main ; il risquerait de se percer un pneu et de connaître une énième chute… » Et bien voilà, c'est fait. En ce 19 juillet, pour ceux qui s'interrogeaient encore sur les aptitudes de looser du coureur d'AG2R, ils sont rassurés. Moreau est profondément Français.

C'est dans ces moments de grâce que l'on s'aperçoit de la vraie nature de nos sportifs. Vainqueur coup sur coup du Dauphiné, du championnat de France, devenu quasi favori du Tour après la première étape de montagne vers Tignes, il avait tout pour briller. A 36 ans, il avait surtout l'experience. Celle-là même qui permet de ne pas se faire piéger dans des étapes toutes simples à la con, par une bordure par exemple. Heureusement, le Moreau d'avant 2007 est revenu aujourd'hui. Il a bien évidemment commencé par chuter, avant pourquoi pas, tant qu'il y était, de prendre plus de 3 minutes dans la gueule tout ça sur le plat bien sûr. Le grand Gérard Holtz avait raison lorsqu'il décida hier soir en direct dans son sacro-saint vélo club de mettre fin au Tour de France du jeune papa en lui lançant avec fierté un funeste : « Christophe, en ce moment, vous êtes dans un état de grâce. » L'ancien Festina répondit du tac au tac : « C'est vrai, tout va bien pour moi. » Bien vu.

Hommage enfin à l'in-con-tournable Thierry Adam qui lançait en début d'étape : « Il n'y aura pas aujourd'hui de bouleversement au niveau du classement général. » Heureux les simples d'esprit.

Sébastien Joly, cancer des testicules

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Dès le 29 juin dernier, Le Vestiaire vous parlait sur ce blog des malheureux ennuis de santé du cycliste Sébastien Joly. Beaucoup de lecteurs nous avaient demandé de dire tout ce que savions sur cette affaire. Pour des raisons évidentes de secret médical, nous ne pouvions en dévoiler plus. Désormais, l'information est publique : le jeune français se bat contre un cancer des testicules.

Les légendes du Tour

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Ce sont les dignes héritiers de Bjarne Riis, dont la puissance record développée en 1996 lors de son ascension d’Hautacam sur grand plateau – 480 watts de moyenne – n’a été depuis qu’approchée par Ivan Basso au terme de la 16e étape du Tour d’Italie 2006 (460 watts seulement).

Comme le grand danois, tous n’étaient armés que d’un fusil à un coup. Un coup d’éclat, un seul. Pour un grand Tour, et puis s’en va… Loin des indiscrétions médiatiques et des contrôles inopinés, tous sont retombés depuis dans l’anonymat du peloton quand ils n’ont pas raccroché le vélo au garage et fermé la trousse à pharmacie. Pour vous, Le Vestiaire retrace leurs exploits. Souvenirs, souvenirs :

Santiago Botero est de la grande équipe Kelme de 2002. Il est, cette année-là, le premier à faire tomber Armstrong sur un contre-la-montre longue distance depuis la prise de pouvoir de l’Américain, en 1999, à plus de 50 km/h de moyenne entre Lanester et Lorient. Et puisque « Santi » n’est pas qu’un rouleur, il s’impose également au sommet des Deux-Alpes après une étape de 226 km. Au pied du podium final, le Colombien rejoint l’année suivante Aerts, Aldag, Kessler, Klöden et Vinokourov dans l’irréprochable armada Deutsche Telekom, qu’il abandonne à trois jours de l’arrivée.

Igor Gonzalez de Galdeano se signale lui aussi sur un Tour 2002 décidément riche en révélations puisque c’est le même été que Raimondas Rumsas est interpellé avec une voiture pleine de médicaments pour sa belle-mère… Igor n’en a cure et endosse sept jours durant la tunique jaune après la domination de la Once sur le contre-la-montre par équipes. Malgré ses coéquipiers talentueux – Beloki, Jaksche, Olano, Nozal, Serrano – et, comme lui, au-dessus de tous soupçons, l’Espagnol arrive sur les Champs avec 13’54’’ de retard sur Armstrong (5e).

Georg Totschnig a longtemps été au Tour de France ce qu’Hermann Maier fut à l’hôpital de Flachau après son accident de moto : l’Autrichien de service. Jusqu’alors cantonné à des places d’honneur sur le Tour du Trentin, le leader de la Gerolsteiner parvient pourtant à sucer la roue des grands patrons du Tour 2004. Ce n’est que l’année suivante que le sportif autrichien de l’année 2005, passé auparavant entre les mains des soigneurs de Polti et de la Deutsche Telekom, rafle son étape alpestre à Ax-3-Domaines.

Romans Vainsteins est l’archétype du coureur de l’an 2000. Simple bug ou état de grâce, le massif Letton remporte aux championnats du monde de Plouay la seule victoire de sa carrière éphémère. Arrivé sur le Tour 2001 avec l’intention de casser la baraque à Domo-Farm Frites, le porteur du maillot arc-en-ciel, pourtant conseillé par Johan Musseuw, finit dans les pâquerettes du classement à points, devancé, c’est dire, par Damien Nazon.

Christophe Rinero n’a pas choisi la bonne année pour s’illustrer sur le Tour. 1998, c’est l’affaire Festina et la victoire de Pantani. Alors, forcément, la performance de l’intérimaire du maillot à pois ne fait pas plus de bruit que sa 4e place finale, cinq bonnes minutes devant Jean-Cyril Robin, qui n’aurait pas non plus volé sa place dans notre palmarès…

Un ancien lieutenant de Landis parle

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Lu dans l'Equipe Magazine, ce samedi : une parole troublante et décomplexée de Miguel Angel Martin Perdiguero (ex-Phonak) : « Le secrétaire d'Etat aux Sports actuel (Jaime Lissavetzky) traite mal les cyclistes. Il ne se rend pas compte que des courses de 200 km avec six cols, des tours de trois semaines, c'est dangereux pour la santé. Le dopage est dans la vie quotidienne. Quand il y a un excès de travail, chacun a besoin d'aide extérieure. » A noter que « Perdi », fervent défenseur de Manolo Saiz, l'ancien directeur sportif de la Once, n'a jamais été contrôlé positif, même si « l'UCI sait que j'ai un taux de testostérone naturellement élevé, j'ai un certificat médical depuis 12 ans. » Il brigue désormais un mandat de secrétaire d'Etat aux Sports, après avoir été élu conseiller municipal près de Madrid.

Joly, aveu

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Le vestiaire est aujourd'hui en mesure de révéler ce qu'aucun média n'avait osé évoquer jusque là. Sans doute qu'à l'époque on n'en avait rien à foutre, mais aujourd'hui ces déclarations prennent une autre envergure un peu comme la tumeur de Sébastien Joly. Nous sommes alors au début de la saison de cyclisme, au cours de Paris-Nice, le français vient de réaliser une performance remarquable lors du prologue en ne finissant pas dans les 10 derniers. Mieux, il termine 3ème… Interrogé par nos confrères d'eurosport, étonnés qu'un coureur aussi nul puisse être devenu un jour professionnel, il ne peut tenir sa langue, dévoile tout sur ses méthodes pour le moins particulières et se vante même de connaître Benoît Vaugrenard. Révélations.

 

Les interviews (presque) imaginaires du vestiaire

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Le septuple vainqueur du Tour de France Lance Armstrong nous reçoit au Texas dans le ranch de son ami Dobeuliou.

QUESTION : Alors, Lance, comment vous sentez-vous à une semaine du départ du Tour, à Londres ?
LANCE ARMSTRONG : Un peu nerveux. Comme Dennis Bergkamp, j’ai toujours eu peur de l’avion. Ca me compresse la testicule. En plus, l’Angleterre ne me dit rien de bon. Sauf peut-être David Millar, un coureur que j’admire.

Q : En faites-vous un favori pour le prologue ?
L. A. : Il est comme chez lui là-bas. Son médecin traitant est à deux pas de Buckingham ; sa pharmacie à 200 mètres. C’est un énorme avantage.

Q : Ne craignez-vous pas que l’attrait des pubs londoniens puisse faire augmenter les taux de testostérone, comme ce fus le cas l’an passé pour Floyd Landis après avoir consommé du whisky et de la bière ?
L. A. : C’est malheureux pour Floyd. Vous savez, je le connais intimement. Nous étions souvent invités, avec Sheryl (Crow), à manger chez les Landis. Et je peux vous assurer, comme c’est le cas pour votre président Nicolas Sarkozy, qu’il ne boit presque jamais d’alcool. Alors, le moindre verre, et ça décolle…

Q : Qui voyez-vous vous succéder au palmarès puisque le Tour 2006 n’a pas de vainqueur ?
L. A. : Il faudra se méfier des CSC. Avec les conseils de Bjarne Riis, n’importe lequel d’entre eux peut l’emporter. Même un Luxembourgeois. On devra sûrement compter avec Matthias Kessler aussi.

Q : Mais il vient d’être contrôlé positif lors d’un contrôle inopiné à Charleroi !
L. A. : Vous me l’apprenez. Kessler est un coureur que j’admire, de la même trempe qu’un Laurent Brochard. Attendons l’analyse de l’échantillon B. Vous savez tout ce qu’on peut faire dire aux résultats d’analyses sanguines. Il serait positif à quoi ?

Q : A la testostérone…
L. A. : Vous voyez, il a peut-être simplement bu un peu trop de vodka après les victoires d’étape de Vinokourov sur le Dauphiné.

Q : Regrettez-vous que Sébastien Joly ait du mettre sa carrière entre parenthèses pour soigner une tumeur ?
L. A. : Evidemment, sa victoire sur Paris-Camembert faisait de lui un des favoris logiques pour le podium final. Mais il reviendra encore plus fort une fois guéri. Je suis bien placé pour le savoir. Il représente une réelle menace pour mon record. Je le vois bien gagner huit fois le Tour.

Propos (presque) recueillis par Roger Secrétin

Plus joly, tumeur!

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C'est une triste nouvelle. Le monde du sport voit une nouvelle fois, l'un des siens devoir stopper sa saison (sa carrière?) pour raisons médicales. La faute à une tumeur, une vilaine tumeur. Tiens, un sportif malade, un cycliste en plus. Les plus sceptiques y verront sans doute quelque soucis de pharmacie. Ils auraient bien tort.
Sébastien Joly, puisque c'est son nom, ne méritait sans doute pas ça et c'est malheureux pour lui.
Ce coureur français qui apparaissait enfin, depuis peu, dans la première partie des classements (12e de Paris-Nice, 8e du Critérium international
et vainqueur du redoutable Paris-Camembert) semble tout simplement poursuivi par la poisse.
Accablé par la nullité durant tant années professionnelles (depuis 2000), il était devenu subitement cette année un coureur de niveau convenable. Et voilà qu'il est rattrapé par sa santé. C'est pas de chance!
Le pauvre sebastien s'est senti obligé de parler clairement et très sincèrement du mal dont il souffre car « dans notre milieu on est obligé de dire, de montrer maintenant » a-t-il dit dans un célèbre quotidien sportif. Il est vrai que là au moins, il est certain de faire taire toutes les rumeurs. Comme tout le monde, à 27 ans, il a peut-être choppé un cancer. Quoi de plus courant dans « notre » milieu. Cela n'en fait pas pour autant un tricheur. Après tout Armstrong en a bien eu un lui aussi, est-ce que ça en a fait un pestiféré?
Il faut vraiment faire attention aux amalgames comme disent les médias les plus sincères. Heureusement son directeur sportif Marc Madiot le soutient. N'est-ce pas là un gage de « propreté » pour un homme qui à l'époque de l'affaire Festina passait le plus clair de son temps dans les locaux du srpj. Bon d'accord, ça veut rien dire, on peut avoir les 3/4 de son équipe qui se chargent et ne pas être au courant, surtout pour le coureur irréprochable qu'il a été à son époque…
N'allez surtout pas dire qu'il promet à son Sebastien Joly de champion, sur son lit d'hopital, une reconduction de contrat, juste pour qu'il ferme sa gueule… Non.
Tout ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est qu'il y a une nouvelle victime et ça c'est certain. De qui? De quoi? L'avenir nous le dira. L'hypocrisie aussi.
Pendant ce temps là, Franck Vandenbroucke vient d'être interné de force dans un hopital psychiatrique. Je sais, ça n'a rien à voir.

Christian Prud’homme, ce héros

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Heureusement, Christian Prud'homme est là. Le cyclisme allait si mal, il avait besoin d'un guide pour redevenir propre. Et le grand dégarni à la voix de stentor est arrivé… la belle histoire. En annonçant, aux côtés des membres de l'UCI, la création d'une charte contre le dopage, à quelques semaines du Tour de France, Christian Prud'homme a donné l'impression de frapper un grand coup. Mais y croit-il seulement ? « Un coureur qui refuse de signer ne participera pas au Tour » a-t-il asséné. Lourde menace. Sauf qu'un coureur qui refuse de signer la charte contre le dopage est, par définition, dopé. Alors, on peut ici l'annoncer, tous signeront la charte, avec un franc sourire. Ils pourraient même parapher (jean-marie) le blanc-seing à la pointe sanguine de leur piqûre que le prude homme n'y verrait rien. Qu'importe : la machine est lancée, et bien lancée, puisque c'est Sandy Casar qui l'a inaugurée, en ajoutant qu'il était prêt à donner des poches de son sang pour résoudre l'affaire Puerto. C'est gentil, Sandy Lou, mais ça ira. En tout cas, Cricri est rassuré : le Tour 2007 sera propre, ou ne sera pas.

Et alors ? Moreau est arrivé…

Christophe Moreau n'a pas de coéquipier muet. Pourtant, il apparaît aux yeux de tous comme le nouveau Zorro national, capable de ramener la fameuse tunique jaune aux Champs Elysées. A deux semaines du début du tour, il a troqué la cape noir des espoirs déçus (chutes en début de Tour, fringales de Français,…) pour la tout aussi glamour casaque d'AG2R prévoyance. Et même l'illustre cavalier kazakh Vinokourov le reconnaît : « Moreau est fort en ce moment ». De là à en faire un favori naturel du Tour ? Lui qui rêvait surtout de faire un coup sur la Grande Boucle 2007 a revu ses ambitions, arguant qu'un podium serait mieux qu'une étape de montagne. L'ancien 4e du Tour arrive dans un état de confiance aussi inédit que soudain. Et sa récente performance dans le Ventoux le place au niveau de forme des meilleurs grimpeurs, même si on le savait déjà capable de suivre les cadors au « dop » de leur forme (presque jusqu'au bout). Mais attention : aussi prognate soit-il, il ne faudrait pas que, dans un élan d'enthousiasme très français, il parte l'épée à la main ; il risquerait de se percer un pneu et de connaître une énième chute…
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