Ballon d’or : Owen will soon

Le titre aurait pu être Owen Rooney. Mais on ne saura jamais vraiment lequel des deux a été le plus surcoté ou le plus gros gâchis. Ce qu’on sait en revanche c’est qu’il y en a un qui a eu le ballon d’or. Comme quoi Luka Modric pourrait aussi l’avoir. 

La légende le fait passer pour l’un des dix meilleurs buteurs de ces vingt dernières années et pourtant, les mauvaises langues racontent que c’est le plus gros vol de ballon d’or de l’histoire et qu’il n’a finalement gagné qu’une Coupe de l’UEFA avec un doublé en finale. Comme quoi Griezmann…

C’est un peu comme si MBappé était resté à Monaco jusqu’en 2022 voire 2023. Owen aura attendu 24 ans bien tapés pour s’essayer à un autre club que Liverpool. La progression n’attend pas. Durant sept saisons chez les Reds, il réalise le même championnat, le même nombre de buts et le jury France Football trouva même le moyen de lui filer le Ballon d’Or. Une récompense méritée : contrairement au meilleur gardien du monde de l’époque Oliver Kahn, son principal concurrent, il n’est pas champion dans son pays, ni vainqueur de la Ligue des Champions et évidemment pas meilleur buteur de Premier League. Ce coup de génie le propulse dans la légende. Donetsk, Saint-Pétersbourg, Séville, Valence, Porto ou Rotterdam connaissent la valeur d’une Coupe UEFA, moins celle d’une Cup.

Owen’s world

Mais pour lui, tout a commencé un peu plus tôt, à 18 buts. Le nombre de réalisations record qui lui permettra par deux fois d’être sacré meilleur buteur et n’allez pas dire que c’est la faute aux blessures de Shearer, triple tenant du titre, il jouait en 1998. La faiblesse du total n’est d’ailleurs qu’anecdotique et ne dit rien du niveau global des canonniers de l’Albion puisque les légendaire Chris Sutton et Dion Dublin faisaient jeu égal. Il ne fallait remonter qu’à 1902 pour retrouver un équivalent, il s’appelait Jimmy Settle. Par la suite, seul un autre Jimmy, le redoutable Hasselbaink, remplaçant du remplaçant chez les Oranje, fera aussi mal aux défenses anglaises. Anelka fera même mieux.

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L’Edito : Hazard ou coïncidences

Rarement le Vestiaire aura été autant sollicité durant une Coupe du monde. Des lecteurs divers nous écrivent mais tous n’ont qu’une seule et même question à poser : la France sera-t-elle championne du monde ? Rappelons tout de même que nous ne sommes pas un site de paris sportifs bien qu’il eut été tentant d’utiliser notre expertise à des fins commerciales.

Plutôt que de répéter des choses que nous ne cessons de répéter, à savoir que le niveau est aussi faible qu’à l’Euro, que donc Deschamps peut largement se contenter de sa chance de Kanté et des talonneurs pour passer les  tours, expliquons plutôt pourquoi nous avions été les seuls à douter de l’avenir de l’Espagne, de l’Allemagne et du Brésil au contraire de la Belgique, de la Russie, de l’Angleterre ou de la Croatie. Même si la Croatie reste la Croatie. La prochaine fois l’ensemble de la presse n’aura qu’à nous lire plus attentivement. Voici donc pour la première fois notre méthode secrète. 

1. Allemagne : Baudet Muller 

C’était sans doute l’équipe la plus facile à diagnostiquer. La Mannschaft, comme sa base munichoise, est vieillissante et ne gagne plus rien de ce qui compte. Ajoutez des matchs de préparation ridicules et un Thomas Muller disparu, vous obtiendrez une élimination rapide.

 

2. Bresil :  Tite pipe avant d’aller dormir

On ne fait pas d’un âne, un pur sang aussi facilement. Tite a même découvert que c’était impossible. Le fondement même de l’équipe est frelaté puisque c’est Neymar et que Neymar n’est que Neymar. Un très bon joueur mais loin d’être l’un des plus grands, d’ailleurs il joue au PSG. Mbappé aussi, tient donc. Et Thiago Silva aussi. Ce fameux meilleur défenseur du monde n’a toujours pas gagné la ligue des champions, ni la Coupe du monde d’ailleurs. Le reste c’est une reconstruction sur des ruines de demi-finaliste. Marcelo, Coutinho et Casemiro n’ont plus qu’à patienter. Marcelo a trente ans.

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Les meilleurs buteurs : Killer Mbappé

En mars dernier le Vestiaire présentait son nouveau palmarès des meilleurs buteurs français actuels. Quelques mois plus tard tout a changé ou presque. A part Gignac qui n’a toujours pas marqué en finale de l’Euro.

Actualisé après la finale.

1. Antoine Griezmann 83  points (+20+20)

Fort d’un Euro 2016 extraordinaire qui aurait pu devenir mythique s’il avait bien voulu le remporter, Grizou a d’ores et déjà marqué plus que tous ses concurrents l’histoire des Bleus. Sa Ligue des champions de la même année a connu à peu près le même déroulement. Sa saison 2017-2018 débutée par des performances moyennes et un clin d’oeil aux Harlem Globes Trotters ou au Ku Kux Klan  en tout cas pas à la culture générale aurait pu lui coûter cher. Mais au contraire de son pote Karim aucun juge ne s’en est mêlé et Antoine a retrouvé son fabuleux niveau pour s’offrir la Ligue Europa. Le problème c’est que ça compte pas. En tout cas, il avait l’âge pour marquer la légende et il l’a fait.

 

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L’edito : Kanté partiro

Le monde entier était en attente du verdict du Vestiaire sur ce début de Coupe de monde. Alors la France a-t-elle su pallier l’absence de Desailly et Thuram ? Voici la réponse. 

Ce qui va 

Deschamps va bien, même très bien. Il continue de faire du Deschamps. C’est-à-dire compter sur sa chance éternelle et faire des choix. L’homme qui a osé penser qu’il serait champion d’Europe avec Gignac ne devrait pas avoir de souci pour être champion du monde vu que Gignac est plus là. La chance ne se sentira cette fois pas offensée.

Les talonnades vont bien elles-aussi, on est rassuré. Bon ou mauvais, en forme ou pas, les melons tricolores restent capable de marquer au moins une fois par match. On a donc effectivement pas besoin de Benzema pour ça.

En troisième point on aurait bien mis Lloris qui n’a pas encore fait de connerie, mais on va se contenter de Kanté. Il ne pourra hélas nous offrir la Coupe du monde à lui tout seul mais il pourra parfois éviter de concéder trois ou quatre occasions supplémentaires et même de donner des ballons aux talonneurs. Ceux qui font des talonnades.

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Messi : A Xavi à la mort

Voici l’une des raisons qui expliquent pourquoi l’Argentine n’est pas le Barça. L’autre s’appelle Iniesta. 


C’était le meilleur joueur de tous les temps.

Il est petit, pas très rapide, pas charismatique et quand il a commencé à jouer au foot c’était avec des Hollandais. Ça n’aide pas à avoir du charisme, d’ailleurs il n’en a pas, ce qui fait pourtant de lui un modèle de sex appeal pour Iniesta. Mais là n’est pas l’important : à une époque où son club formateur lui mettait des Hollandais partout pour lui apprendre à jouer au foot, il a quand même appris à jouer au foot.

Son premier match pro, il ne l’a joué qu’à 18 ans. Tous les prodiges du baby Barça qui jouent les matches amicaux de poules de Ligue des Champions pourraient le prendre de haut, pourtant aucun n’y pense. C’est peut-être pour ça que Guardiola ne l’a pas fait lui non plus, ou alors c’est parce que Xavi l’a foutu dehors en 2001. Mais là n’est toujours pas l’important. Continuer la lecture de « Messi : A Xavi à la mort »

Falcao, la vérité (4/4) : Radamel, le Schtroumpf surcoté

Nous l’avions laissé en 2013, avec un bilan dans les grands matchs équivalent à celui d’Ibra, Cavani, ou Van Persie. Près de cinq ans plus tard, a-t-il enfin permis à tous les journalistes de retrouver leur carte de presse ? C’est-à-dire en étant décisif quand ça compte. Ne serait-ce qu’une seule fois. Allez s’il te plait !

Après avoir presque brillé en championnat, en Ligue des champions et en Copa America, va-t-il également marquer la Coupe du monde de son empreinte. Aucun risque, ça ne laisse pas de trace.

Après plusieurs années d’errances, Radamel retrouve un semblant de dignité à Monaco lors de la saison 2016-2017. Pour son premier huitième de finale de Ligue des champions depuis le 0-5 d’Arsenal en 2010, où il était le 0, Falcao a décidé de frapper fort. Et devinez quoi ? Il ne rate pas le match aller comme à chaque fois. Wikipédia rappelle d’ailleurs qu’il est l’auteur d’un doublé, se montrant « à la hauteur de l’événement« . Effectivement, il marque aux 32e et 71e minutes, de quoi assurer un résultat certain à Monaco, renforcé par la réalisation du jeune Mbappé à la 40e. Le match est presque plié puisque Manchester City ne marquera que cinq fois. Au retour, Falcao et Mbappé font à nouveau parler la poudre. Enfin surtout Mbappé, Bakayoko et Fabinho auteurs des trois buts qui qualifient Monaco.

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La légende Angleterre : Nottingham Forest Gump

L’Angleterre avait enterré Steven Gerrard alors qu’il arrivait encore à uriner tout seul. Désormais même Rooney a rejoint le cimetière des rouquins rougeots.  Il ne reste donc plus personne, l’Angleterre est donc prête. Enfin. 



Un Euro ou une Coupe du monde sans l’Angleterre, c’est presque comme un Euro ou une Coupe du monde sans la France ou Gourcuff dans un bateau avec une fille. Ca n’a pas de sens. Et pourtant c’est arrivé. Pas très souvent ces dernières années on vous l’accorde. C’est arrivé à l’Angleterre à l’issue d’une période magique où elle avait possédé pendant 10 ans une génération sans égal dans le jeu ou le nombre de rouquins. Ferdinand, Campbell, les Neville, Terry, Gerrard, Lampard, Beckham, Shearer, Rooney et même Owen ou  Mc Manaman. Le prénom Paul qui était encore toléré à l’époque permettait aussi à Ince, Gascoigne et Scholes d’en faire partie.

On peut même ajouter Southgate pour les nostalgiques d’Hartley. Avec ça difficile de comprendre qu’après 1996 il n’y ait même pas eu la moindre demi à défaut du moindre demi car Sheringham a aussi le droit de vivre. Tout ça pour finir face à la Croatie sans Suker, coaché par un type nommé comme une voiture de course qui n’a même pas tué Senna. Ils peuvent toujours dire que c’est la faute à Torres et Malouda, ils ont quand même eu leur chance. Après ça rien de tel qu’une bonne taule contre la France.

Cette fois tout est oublié et tout le monde a subitement envie de Kane. La vanne n’est évidemment accessible qu’à une certaine génération.

De Ronaldo à Cristiano : Il fenormono

En 2008, Le Vestiaire avait réservé un sort au cousin éloigné de Darcheville. Dix ans plus tard l’heure est venue d’actualiser ce classement alors que la Coupe du monde ne fait que débuter. Higuain aura-t-il bousculé la hiérarchie dans un mois ?

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Dernière actualisation après la finale de la Coupe du monde.

Ils étaient une trentaine à postuler au panthéon du Vestiaire. En 2008, Ronaldo avait devancé Henry, Romario, Stoichkov et Suker. Qui sont les entrants et les sortants en juillet 2018. Voici les cinq meilleurs buteurs de ces vingt dernières années. Continuer la lecture de « De Ronaldo à Cristiano : Il fenormono »

La légende Portugal : Rui barré

Le Portugal a longtemps été la meilleure équipe d’Europe et parfois du monde. Mais elle a attendu de devenir moyenne pour le prouver.


Détrompez-vous, le Portugal avait déjà remporté une grande compétition avant 2016. Notamment en 2004 à domicile et c’est la Grèce qui avait soulevé le trophée.

Le Portugal de 2004 domine de la moustache et des épaules un Euro organisé pour eux, chez eux. Un tournoi superbe qui n’aura pas vu que les magnifiques fins de carrières de Lizarazu pris de vitesse par Amonbofis ou Zagorakis, et Desailly pris de vitesse par Santini, pas le maire d’Issy les Moulineaux quand même. Imaginez aussi un Tchèque de Lyon meilleur buteur, l’année où la République Tchèque ne joue pas la finale. Et donc le Portugal qui confirme enfin toutes les taules collées à l’Argentine en -20ans et ce titre mondial de 1991 à la maison. 2004 moins 1991, ça fait 13 ans, Figo commence à avoir les dents qui baignent. Rui Costa aussi,  meilleur buteur de l’équipe avec pas moins de deux réalisations avant le chef d’œuvre final. En 1991 il était déjà l’architecte du but de la demi-finale contre l’Australie. En finale face au Brésil, il se mettra sur son 31 pour offrir le 0-0 victorieux à ses coéquipiers grâce au tir au but manqué d’Elber qui a donc bien été international un jour. Il ne faut jamais insulter le passé.

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France-Brésil : Lose juillet 98

Désormais vous savez qui il est. Mais qui se souvient vraiment de sa finale ?

Les rares reportages télé qui lui sont encore consacrés sont toujours l’occasion de l’entendre répéter : « Ah, si j’avais marqué. » La rumeur veut aujourd’hui que tous les 12 juillet, aucune piscine ne se vende dans les environs de Trégunc. Pourtant, il essaie. Il a toujours essayé. Dès la première relance de Leboeuf, il a essayé le seul retourné de sa carrière. C’était prometteur, c’était aussi au-dessus. Stéphane Guivarc’h n’était pas du genre athlétique. Il était plutôt du genre ancien Guingampais transféré à Auxerre, content d’avoir Diomède. Meilleur buteur de Division 1 plusieurs fois quand même. D’accord, mais le mec que l’osthéo torture dans Les Yeux dans les Bleus parce que c’est Dugarry qui marque contre l’Afrique du Sud, c’est lui.

Carnot de sauvetage

La suite, c’est ce doublé « qui aurait changé une carrière » dit encore le reportage. Certainement une référence à ce bon service de celui qui allait devenir Zidane : Guivarc’h parvint à frapper in extremis, juste avant de se vautrer la gueule dans le gazon, et à Taffarel de ne pas salir ses coudières. Il ne les salira pas vraiment plus quand Baiano et Sampaio laisseront filer le ballon, et Guivarc’h avec, à la 42e minute. Pas de regret : le geste du buteur, c’était bien de frapper au milieu pas très fort quand on songe à ce début de deuxième mi-temps où Cafu lui remet un ballon en pleine surface pour la volée. Le 3e étage du Stade de France en frémit encore.

Trois minutes plus tard, Dugarry entrait en jeu. Un mois plus tard, Guivarch signait à Newcastle, quatre de plus et les Rangers l’accueillaient.

Thierry Roland, six ans déjà : Thierry pimpon

Thierry Roland nous manque, ou pas. En tous les cas, on ne l’entendra pas en Russie, si n’est dans l’un de ces documentaires à la gloire de Bernard Diomède. Comment remplacer un commentateur franchouillard un poil méfiant envers, au choix: la femme qui parle de sport, l’arbitre tunisien et Monsieur Foote ?  Il était surtout un grand amoureux de son sport et avant tout bon vivant, surtout mort désormais.

Une légende. Ses 270 Coupes de monde ont fait de lui la voix du football et il est parvenu à devenir l’un des Français les plus populaires sans pourtant être l’un des plus aimés, le tout en prônant le retour à l’Algérie française avec ses potos de l’OAS. Il aurait sans doute préféré débuter à 20 ans dans les Aurès en hésitant entre le derrière d’une chèvre ou d’un mouton avant d’aller torturer qui de droit, mais on ne le saura jamais, il a emporté son secret dans la tombe avec Vincent Hardy. Si ça se trouve, c’est là-bas, la gégène à la main, qu’il aurait connu la famille Zidane avant qu’elle lui rende l’appareil un soir de juillet 1998.

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La légende OM : Mozer fucker

Comme tous les cinq ans depuis 30 ans l’Olympique de Marseille va disputer une finale européenne. Ils n’en ont pas gagné beaucoup et même perdu pas mal. Mais au moins ils y étaient. 

bravo

Comment peut-on devenir le plus grand entraîneur du monde quand il n’y a ni joueur, ni club, ni sélection nationale dans son pays d’origine ? En rencontrant Bernard Tapie.

C’est l’histoire d’un club qui va battre en finale le Milan de Capello avec Abedi Pelé.  Un club qui va aller en finale avec Waddle et Abedi Pelé en battant le Milan de Sacchi. L’auteur de ce miracle, sans doute un des plus grands exploits de l’histoire du foot, s’appelle Raymond Goethals. Il n’est ni Italien, ni Hollandais, ni Portugais, ni même Français. Il est Belge, comme les frères M’Penza. Comme Luc Nilis, tout sauf un Hazard.

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Liverpool : You’ll never score alone

Les plus fidèles fans de Liverpool le savent. Anfield Road n’a pas toujours eu la chance de voir évoluer le meilleur buteur du monde. Par contre ils ont bien connu le plus mauvais et ça a duré quatre ans. Souvenez-vous, il s’appelait Fernando et n’était même pas Egyptien.

Tout avait pourtant bien commencé. Le 1er fevrier 2005,  il n’a pas encore 21 ans qu’il bat d’un doublé le Barça de Ronaldinho en 2005. 

S’ils avaient regardé de plus près, avant de mettre 36 millions sur la table, les dirigeants de Liverpool se seraient rendus compte que son deuxième but est un penalty qu’il a provoqué à cause d’un duel raté avec le gardien. C’est vraiment pas aimer son public que de lui offrir un attaquant vedette qui disputera une finale mondiale parce que le titulaire commençait à fatiguer en prolongation. Quinze minutes d’éternité. Sans prendre en considération la sensation d’être le cocu de Fernando Llorente, le quart d’heure de champion du monde de la carrière de Fernando Torres doit beaucoup à Villa. Amusant, un attaquant qui rate des occasions en finale de Mondial est finalement aligné d’entrée parce que lui au moins il s’en créé.

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Les années Arsène (2/2) : Ainsi assène Wenger

Les louanges dont bénéficie Arsène sont totalement justifiées. Il a réussi l’exploit de tenir 22 ans sans remporter la moindre Ligue des champions. Mieux, il réussit même le coup de génie d’être considéré comme l’un des plus grands entraîneurs de tous  les temps. Mourinho, Ferguson, Benitez, Guardiola, Ancelotti, Del Bosque, Hitzfeld, Lippi, Di Matteo, Zidane, Sacchi, Goethals, Heyneckes, Hiddink,  Trapattoni, Jorge, Rijkaard, Michels, Cruyff, Van Gaal et même Luis Enrique le regardent avec envie.

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Mars 2008. Un an après l’élimination en 8e pas jolie jolie contre le PSV Eindhoven, Arsenal est de retour au sommet : un 8e contre Liverpool. A l’aller ça tient (1-1), au retour ça tient presque (2-4). Arsène voit plus loin, après tout on n’est qu’en mars. « Notre équipe a un potentiel fantastique mais ces dernières semaines nous avons subi plusieurs déceptions. Notre force mentale a été extraordinaire ce soir mais nous avons été naïfs, commis des erreurs et montré un manque d’expérience. » Il suffisait juste d’attendre un an pour en savoir plus.

Avril 2009. « C’est la soirée la plus décevante de ma carrière. » S’il avait deviné la suite, Arsène n’aurait peut-être pas laissé son cœur dire autant de conneries un soir de demi-finale retour, quand même. Mais qu’il se rassure : en dire est toujours moins grave qu’en faire dans sa composition d’équipe. Ce n’est pas sortir Gibbs à la 46e qui en était une. « La chose la plus difficile, c’est que nous n’avons pas l’impression d’avoir joué une demi-finale de Ligue des Champions, parce que tout a été fini après dix minutes. » C’est effectivement rarement un bon signe. « On a fait ce qu’on a pu. » Et c’est déjà très bien.

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Arsenal, Wenger : Arsène Rupin, le gentleman voleur se retire

Peut-on sérieusement ne rien gagner pendant douze ans, se prendre des volées régulières par ses principaux concurrents et faire croire à tout le monde que l’on est un grand entraîneur? Oui apparemment quand on a eu le génie de ne pas être viré pendant 22 ans. Il est finalement parti de lui-même. Officiellement.

 Retrouvez toutes les autres gentillesses que l’on vous a contées ici.

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Le profil Wikipedia d’Arsène Wenger a pendant longtemps été formel : « Considéré comme l’un des grands entraîneurs de son temps. » Persuadé qu’on trouve tout et n’importe quoi sur Internet, Arsène a tout fait pour le prouver.

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Coupe du monde 2018 : Deschamps de pommes d’Eder

Il ne connaît pas Snapchat, n’est même pas au courant du grand retour de Jeremstar mais le sélectionneur des Bleus sait encore distinguer Raphaël Varane de Laurent Blanc.  Le résultat de la Colombie il s’en fout mais il peut s’inquiéter quand même car il était là en 2016.

© image http://sport24.lefigaro.fr/

Peut-on remporter un titre suprême avec une défense un peu ridicule ? Tout dépend de Gignac soufflent les Portugais. Voici les véritables raisons de se réjouir ou pas. 

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Girondins : Une partie de Bez

 

Au commencement ou presque il y avait de Harder. Rien à voir avec les films pour adultes désormais ouverts à tout le monde grâce à la non régulation d’Internet. Il y eut ensuite Claude Bez. Toujours rien à voir.  Avec un peu de fric, de magouille et Lacombe, Giresse, Chalana, Tigana et Aimé Jacquet, ça faisait déjà rêver.

Et pourtant c’est sous Afflelou en 1996 que Bordeaux livra le plus grand match de son histoire.

 

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Palmarès foot: Qui est vraiment le plus grand buteur français ?

Le Vestiaire débute aujourd’hui sa nouvelle série de palmarès pour tenter d’établir le classement le plus objectif des meilleurs joueurs français en activité.

Aujourd’hui place aux buteurs. Mais pas n’importe lesquels. Qui a déjà démontré qu’il avait les épaules pour être le buteur des Bleus au plus haut niveau ?  Qui est suffisamment fort pour porter les Bleus vers le dernier carré voire le sacre comme Kopa, Fontaine, Platini, Zidane et Griezmann. On pourrait même ajouter Henry, Trezeguet voire Wiltord mais hélas pas encore Gignac, ni Papin. Qui est aujourd’hui en position d’être celui-là en Russie ? Qui sont les attaquants les plus efficaces capables de l’accompagner ?

 

1. Antoine Griezmann 43 points

Fort d’un Euro 2016 extraordinaire qui aurait pu devenir mythique s’il avait bien voulu le remporter, Grizou a d’ores et déjà marqué plus que tous ses concurrents l’histoire des Bleus. Sa Ligue des champions de la même année a connu à peu près le même déroulement. Sa saison 2017-2018 débutée par des performances moyennes et un clin d’oeil aux Harlem Globes Trotters ou au Ku Kux Klan  en tout cas pas à la culture générale aurait pu lui coûter cher. Mais au contraire de son pote Karim aucun juge ne s’en est mêlé et Antoine vient de retrouver son fabuleux niveau. Peut-être même un peu mieux. Si la France doit gagner il faudra qu’il apprenne à jouer les finales. En tout cas, il a l’âge pour marquer la légende, la prochaine fois, il sera déjà un peu vieux.

 

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PSG encore humilié : Le cas tarit

C’était il y a deux ans. Le Vestiaire était sorti de sa torpeur décennale le temps d’une pige pour régler son compte au PSG d’une dernière balle à Blanc.  Nous avions alors rappelé les principes constitutionnels du droit du Football qui permettent à un club d’aller loin en Ligue des champions. Les pétro dollars ont-ils vraiment respecté toutes les règles ? Autopsie.

© France football

1. Neymar aux canards

Dans un sport où l’argent est la seule règle morale, les Qatari parisiens s’étaient pourtant montrés les plus malins côté business. Acheter MBappé qui n’a rien prouvé, plus cher que Zidane ou Cristiano au sommet de leur art, était malin. Voler Neymar au Barça faute de pouvoir se payer Messi n’était pas en reste. Mais les rois du cheikhier ont oublié une chose en observant Tapie et Berlusconi travailler. Tous deux n’avaient pas Cavani dans leur effectif, et ils étaient conseillés par des gens qui s’intéressaient au football. Pour être précis, si on veut gagner des matchs importants il faut certes savoir payer autre chose que les joueurs mais aussi avoir le bon joueur.

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L’enquête Cavani 2018 : Edinson avanie

En juillet 2013, le Vestiaire, quelques mois avant de disparaître, avait enquêté sur la plus grande star du football depuis Ibrahimovic, Lavezzi, Pastore et Dely Valdes. C’était il y a presque cinq ans, tout le monde pensait déjà comme aujourd’hui et pourtant on  avait tout raconté. Alors combien de Ligue des champions a-t-il apporté au PSG depuis ? A force on va finir par revenir.

pasta

 

Sa biographie wikipedia passe brusquement de son recrutement en 2007 à Palerme à son arrivée à Naples en 2010. Pourquoi un tel vide ? Faut-il y voir un rapport avec les 64 millions prévus par le PSG pour s’attacher non pas Zidane, Figo ou Ronaldo mais Cavani. Qu’a-t-il fait de si mal pour avoir droit un traitement aussi infâme ?

Première époque : Edinson avarie

 

C’est le meilleur buteur du Calcio 2013 et pourtant la concurrence était féroce face à Cristiano Ronaldo, Messi et Falcao. Heureusement pour lui, ils jouaient en Espagne pour l’occasion. Et comme Ibrahimovic avait préféré marquer en France, Cavani a enfin pu triompher. Cavani a d’ailleurs un autre point commun avec Ibra, son staff aimerait qu’il fasse remporter une Ligue des champions. Et ça tombe bien, contrairement à Ibra, Van Persie ou Higuain, il coute cher, très cher. Normal, ce qui est rare est cher. Il serait difficile d’imaginer qu’en payant autant les recruteurs parisiens, dont Laurent Blanc à qui on n’a pas du tout imposé un mec dont il ne voulait pas, ne se soient pas renseignés sur le parcours d’un joueur de 26 ans qui n’a joué qu’à Naples et un peu à Palerme. Un cumul de Lavezzi et Pastore en somme. Le problème quand on cumule le talent de deux joueurs pas très bons c’est qu’on finit par leur ressembler. Vous nous voyez venir et vous avez raison : Cavani a joué deux matchs qui comptent dans sa carrière et il les a foirés tous les deux. Et si personne n’en a voulu avant ou n’a pas souhaité comme Abramovitch aligner autant de biftons c’est peut-être parce que le 14 mars 2012 le grand Edinson a joué contre Chelsea un retour de huitièmes de finale de C1.

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PSG éliminé : Une dernière balle à Blanc

 

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Il y a un siècle nous quittions le monde du sport après avoir énoncé durant de longues années les théories scientifiques qui devaient régir le haut niveau durant notre absence. A cette époque, le PSG ne passait pas les quarts de finale de la Ligue des champions. Evidemment rien n’a changé. Petit rappel sur les règles à respecter pour se faire éliminer prématurément par le plus mauvais club du monde.

  1. Ne posséder aucun grand joueur décisif
    Du temps de son vivant, le spécialiste foot du vestiaire avait tracé avec la précision d’Aguero, le portrait de la fameuse superstar qui n’avait offert la Ligue des champions à personne, la finale à personne et la demi-finale à personne. A l’époque, on l’affublait du sobriquet de joueur nul à chier. Amusant pour un type exceptionnel capable de remporter le titre national et de finir meilleur buteur dans tous les grands championnats. La Premier League remercie les statisticiens. City pourrait même finir sur le podium. Que Cavani, Di Maria et Aguero ne se sentent pas exclus, eux non plus n’ont jamais remporté la Coupe du monde. Mais ils ont l’excuse Higuain. Cavani ?

2. Prolonger un entraîneur qui n’en est pas un

Jean-Louis Gasset avait peut-être un coup de trop dans le cigare, au moment de composer l’équipe hier. Il a aligné Aurier et Ibrahimovic. Soit un type un peu ralenti du casque et la superstar. C’est une blague évidemment, il a surtout fait un essai tactique comme à chaque fois qu’il dispute le match le plus important de sa carrière. La dernière fois c’était avec Debuchy en quart de finale de l’Euro 2012. Depuis Debuchy est entraîné par Ramé. A part ça, il vient de se faire éliminer de son cinquième quart de finale. A croire que les conseillers qatari gèrent aussi le staff d’Arsenal en plus de la Syrie.

3. Ne pas être un grand club

Les accidents, ça arrive. Lyon a un jour fait une demi-finale grâce à Mickaël Ciani et Laurent Blanc. En dehors d’une confrontation Chamakh-Lloris avec Gourcuff qui regarde, un petit club français qui veut devenir grand ne peut pas atteindre la demi-finale. C’est une règle absolue même face à un Belge et Aguero. Nantes, Monaco, le PSG, Auxerre, qui ont fait bien mieux, savaient qu’ils finiraient fessés en place publique. Le PSG a ouvert sa grande gueule pour la refermer une fois de plus. Si la loi avait changé, Lyon aurait été le premier à en bénéficier.

Le PSG, comme Lyon, a leur meilleur niveau aurait pu devenir Marseille. Mais ils ne sont pas Marseille car dans les grands matchs, ils ne sont pas à la hauteur. Parce qu’auparavant ils ont fait des choix de petits clubs. Parce qu’ils ont des blessés. Parce qu’ils ont misé sur des joueurs moyens. Parce qu’ils ne sont pas Marseille, le Real, le Barça, le Bayern, l’Ajax ou Manchester United. Voilà comment Nasri se retrouve en demie. On ne vous dit pas merci. 

 

L’edito Zidane et Gourcuff : Le vieil homme et la merde

le-vestiaire.net est désormais 9e occurrence pour la recherche le+vestiaire dans Google. François Gelez n’a que ce qu’il mérite.

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Le Vestiaire peut-il mourir ? Comme l’ermite perché sur les hauteurs de l’Auvergne, à moins qu’il ne vive de vie associative et d’eau fraîche, reclus dans une vallée savoyarde, rien ne sera jamais sûr. Le Vestiaire ne peut pas être né des oboles de quelques paris couplés du championnat ukrainien, pas tous gagnants d’ailleurs, et s’en aller comme ça. C’est quand on le croit totalement disparu qu’il peut surgir, convoqué par les grands personnages de son histoire. Un week-end où deux Zidane, le vrai et son ancien successeur retrouvent le terrain en simultané ne pouvait être ignoré. Gégé résiliera-t-il son abonnement à So Foot ? Il aurait tort. Car les interviews décalées de Pascal Nouma sont passionnantes. Et Zidane, est-il un bon entraîneur ? La question a été posée, à peu près par tout le monde à tout  le monde, la seule qui n’avait pas de sens comme d’habitude. Parce que personne n’en sait rien, et surtout parce qu’on n’en a rien à foutre.

Valbuena reverra-t-il Deschamps ?

Le seul intérêt de tout ça, c’est que Zidane a imposé sa famille en conférence de presse ; ce n’était pas plus dur que de faire jouer tous ses gamins au club. Et encore, ça s’est joué à pas grand-chose que Perez ne soit obligé de créer une section féminine au Real. Zizou est-il trop gentil ? Va-t-il se faire bouffer par les stars ? Tant d’interrogations passionnantes mériteraient bien un débat, mais il faudrait alors expliquer que Benzema ne respecte effectivement pas Valbuena et que c’est la moindre des choses. Si Federer était encore de ce monde, lui comprendrait. Valbuena a déjà compris : il n’est pas contre rejouer avec lui et même lui filer ses meilleures vidéos si nécessaire. Avec WeTransfer et quelques amis, tout va si vite aujourd’hui. Nous voilà donc revenus à Gourcuff, parce qu’on ne va pas parler de volley quand même. Un an a passé et c’est donc à Rennes qu’il joue, ou plus exactement qu’il se fait tacler par ses coéquipiers quand il peut marquer le but de la victoire. L’Euro 2016 lui tendait pourtant les bras.

Pendant ce temps-là le Vestiaire est de retour ou peut-être pas.

Ligue des Champions : Forçat Italia

Aurait-on, à l’époque, ne serait-ce que suggéré qu’une équipe de Ligue 1 alignant Pjanic, Gervinho et Yanga Mbiwa pourrait battre le Bayern ?

rudi

Quand un match se termine à 7-1, il faut un coupable. Scolari ne peut pas toujours être celui-là. David Luiz plaide non coupable, ce coup-là il atomisait Nicosie 1-0 en compagnie de Bahebeck, Chantôme et Thiago Silva. La branlée s’est produite en Italie, au pays où on encaisse 7 buts à domicile. Le Scolari du jour a déclaré il y a une dizaine de jours que sa Roma terminerait devant la Juve parce qu’elle est meilleure. Le pire est-il d’avoir dit ça, ou que ce soit possible ? L’avenir le dira peut-être. Ce que le passé dit, comme le Vestiaire, c’est que le Calcio n’est plus tout à fait ce qu’on appelle le meilleur championnat du monde. Entre deux ou trois entraîneurs, Milan tente parfois d’atteindre les huitièmes de finale pour faire croire à tout le monde qu’il peut éliminer un club espagnol.

L’Inter s’y refuse depuis que Mourinho a senti qu’il était temps de foutre le camp de là, six mois avant deux taules contre Schalke en quarts. Après avoir sagement abandonné les recours à la Fiorentina ou la Lazio il y a quelques saisons déjà, le Calcio a tenté l’impossible : inscrire Naples, et même oser l’Udinese en barrage, ce qui n’a pas marché deux fois de suite. C’est pathétique, mais une vertu est au bout de ce douteux chemin : faire de la Juventus la superstar d’Italie. Il fait bon être multi-champion d’Italie ces soirs de décembre sur les bourbiers turcs qui promettent des printemps en Europa League, enfin jusqu’à la demi-finale contre le Benfica. Mais putain, Pogba-Vidal, ça envoi grave et ce Pirlo quel joueur.

Voilà donc qui épargne un peu Rudi Garcia. Mais ça ne veut pas dire non plus qu’il n’est responsable de rien. Sacré Rudi, lui a senti quelle était la bonne heure pour pénétrer les Alpes. Lécher le cul de Totti sans lui faire sentir qu’il faut s’arrêter à un moment, même lui, ce n’est pas plus dur que de maintenir Le Mans.

Pendant ce temps-là, Thiago Silva ne parle toujours pas un mot de français. Mais cette fois il a joué, sans prendre de but ni pleurer sur le terrain. Merci Cavani et merci ce grand PSG qui continue de mettre des branlées à tout le monde en phase de poule. Impressionnant.

Ligue des Champions, Ajax-PSG : Majax d’Amsterdam

Monaco a gagné mais c’est pas un club français. On va donc parler du PSG, mais est-ce un club français ?

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Il n’est pas le plus grand, mais il a gravi les échelons un à un. Il était dans la boutique depuis déjà quelque temps quand les stars sont arrivées avant de repartir. Et un jour, tout le monde s’est rendu compte que c’était lui le meilleur. Ca se voit bien sûr quand tout tourne bien, mais ça se voit surtout quand il est au cœur d’un spectacle très moche. Il n’est pas responsable de tout mais quand il n’est pas vraiment lui-même, ça ne peut pas fonctionner.

On ne parle bien sûr pas de Laurent Blanc, qui est très grand et qui n’est jamais dans la boutique avant que les stars arrivent. On pourrait parler de Blaise Matuidi parce qu’il est cramé depuis son retour du Mondial et que quand il joue, le PSG est cramé en fin de match. On peut encore répéter une énième fois que c’est lui qui a fait le PSG de l’an dernier, car il est le seul à presser haut et à perforer, donc à étouffer l’adversaire et à le surprendre. Mais on ne va pas la répéter, parce que c’est toujours assez sympa d’entendre encore que Lucas a raté la balle de break alors qu’il la rate à chaque fois et qu’il continuera. C’est aussi sympa de ne pas entendre qu’Ibra a raté quatre fois plus de balles de break, mais peut-être que les coups francs à 20m et les duels face au gardien ne sont pas des balles de break. Peut-être en effet qu’Ibra ne rate jamais, peut-être aussi que Motta ne vieillit pas, que Verratti ne stagne pas, que Cavani réussit des choses et que le jeu de possession de l’équipe n’est pas un leurre depuis leur défaite à Chelsea. L’Ajax est certainement de retour à son meilleur niveau avec, comment s’appelle-t-il, Serero. Le cheikh maintient toute sa confiance à Laurent Blanc.

Non, on parle de Thomas tout rouge seul au milieu d’un plateau avec un peu de public, qui essaie désespérément de jouer avec le public alors qu’il jouait très bien avec celui qui n’existait pas à l’Equipe du dimanche. Est-ce vraiment l’idée du siècle de lui faire commenter un résumé chronométré de la soirée avec l’arrivée des joueurs au stade, l’échauffement et le match dont on vient d’arriver péniblement à bout ? Il va falloir s’y habituer : le jeu du PSG est chiant depuis le début de saison et les résumés de la Ligue 1 dans Jour de foot aussi. Malédiction.

Pendant ce temps-là, le Barça a battu Nicosie 1-0 avec deux des meilleurs joueurs du Mondial. Il y avait aussi Xavi mais juste une heure.

Lyon : La dernière décote du Rhône (3/3)

Six ans après le dernier titre lyonnais, le Vestiaire republie le certificat de décès du grand Lyon qu’il avait rédigé avant tout le monde. Lyon ne sera donc jamais un club populaire, et l’Europe a déjà oublié la grande génération. Troisième partie : la culture club, inexistante.

La phrase date d’il y a à peine six ans. Avant de recevoir Caen pour un glorieux nul (2-2) à Gerland, Grégory Coupet, qui n’était pas encore doublure, rameutait les troupes, en bon gardien du temple protestant. Dans une absconse référence à rien, il avait lancé un vibrant appel aux valeurs lyonnaises. De quoi parlait-il ?

Les versions ont divergé. Benarfa pensait aux Twingo sport offertes à chaque joueur de l’effectif. Coupet a songé à sa coupe de cheveux reproduite sur les têtes de jeunes gardiens dans les OL coiffure, avant que Cris ne l’en dissuade d’une vanne bien sentie. Juninho, à part ses coups francs, ne voyait pas. A raison : faute de titres majeurs, faute d’exploit, faute de moments d’anthologie qui fondent l’histoire d’un club, faute d’un style de jeu unique, le football à la lyonnaise reste, comme nous l’avons démontré, avant tout un modèle économique. « Et le premier titre, acquis contre Lens ? » pourrait rétorquer Olivier Blanc, directeur de la Pravda OL. Quand Jean-Guy Wallemme joue en face, on finit par oublier.

Se faire tirer les grandes oreilles

Les éliminations en coupe d’Europe sont particulièrement révélatrices. Passons les deuxièmes vies européennes en UEFA après un premier tour raté en Champion’s League, où les ténors Denizlispor et Slovan Liberec étaient vraiment trop forts. Dans la grande C1, Lyon étrille notamment le Bayern, un exploit en guise de marche pied vers la gloire d’une élimination à Moscou le match suivant (2000-2001). Rebelote deux ans plus tard : après une victoire à l’extérieur contre l’Inter, Lyon peste contre l’arbitrage face à l’Ajax pour masquer le désastre de ne pas se qualifier dans un groupe facile (2002-2003). De progression, il n’y eut pas malgré les apparences en 2003-2004, où le quart de finale contre Porto fut aussi laborieux que la finale de Monaco. Lyon n’avait alors pas de quoi rivaliser, et certainement pas l’état d’esprit. L’année suivante, ils avaient de quoi rivaliser, mais toujours pas l’état d’esprit. Sauf si celui-ci consiste à déclarer après coup que le PSV n’était pas plus fort, que Nilmar aurait dû obtenir un penalty. A omettre de préciser qu’un vrai attaquant buteur n’aurait pas été de trop et que le 1-1 de l’aller à Gerland avait sanctionné une prestation aussi rythmée qu’un 100 m de Pascal Delhommeau. Milan l’année d’après, à San Siro, Rome à l’aller en 2007 et Manchester cette année ont été d’une constance toute lyonnaise : l’équipe se fait éliminer sans avoir su saisir sa chance. En France, contre les tocards, Lyon gagne sans forcer et encore, Toulalan ne va plus à Valenciennes avec la certitude que les penaltys n’arrivent qu’aux autres.

Quand il faut tout lâcher, pousser parce qu’on est dos au mur, Lyon calcule, gère, et regrette systématiquement le match aller. Ca a presque changé avec le Real en 2010 mais le Bayern a fini par révéler l’insoupçonnable. La seule année où le niveau européen était assez faible pour gagner, Lyon s’est trouvé une nouvelle mission impossible : refaire un handicap. Benfica, Schalke, le bicentenaire de la fin de Cris : les choses étaient plus claires cette saison, bien avant le Real.

Bouton pression

Si les onze lyonnais avaient un maillot de Liverpool sur le dos, le public ne chanterait peut-être pas aussi longtemps « Who doesn’t jump is not lyonnais, hey ». L’OL a beau se targuer de son public, il est aussi enthousiaste que Valeri Lobanovski un jour de grêle. Le seul facteur qui a pu changer le cours d’un match, du grand OL, auront été les coup-francs de Juninho avant qu’il n’atteigne la quarantaine. Suffisant pour éliminer le Celtic Glasgow en jouant avec Berthod, mais jamais pour un vrai exploit. Le public lyonnais aurait dû se révolter dès le départ de Tiago. Aulas a beau rappeler que le public est gâté et qu’il ne faut pas être trop exigent, c’est tout simplement la condition d’un grand club. La pression médiatique et populaire autour de Lyon est encore à des années lumières de celle de Marseille. Des supporters virulents, c’est une force et une faiblesse. Aulas préfère tout aseptiser. Résultat, Govou ne sait pas plus ce qu’est la pression et une bonne pression.

Aulas, qui idolâtre certainement Mourinho, joue aussi le rôle de bouclier médiatique. Sauf que la situation n’a jamais profité au club jusque-là. Les joueurs ont tellement faim de titres qu’ils auraient fêté un 0-0 à Manchester au balcon de l’hôtel de ville place Bellecour. Il manie l’art de la provocation, il donne des leçons à la Ligue et titille la moustache du VRP Thiriez. Juste pour détourner l’attention ou écraser les autres. L’image qu’il renvoie de son club est aussi attrayante que Zidane questionné par Ianneta. Le président lyonnais est depuis longtemps démasqué. Il n’effraie plus quand il menace de ne pas jouer une demi-finale de Coupe, ne convainc plus quand il traite Abidal de Grosso merdo. Quant à sa réputation de négociateur dur : il a vendu cher mais gardé personne, et surtout pas Essien qui boudait. Avec Gourcuff, il saura se montrer intraitable.

Ca fait désormais six ans que le système Aulas ne fonctionne plus. Soit il part, soit il laisse la main sportive à un manager. Pas Gérard Houiller, cette fois un vrai, un compétent, un qui tient son groupe et qui ne se fait pas licencier par les joueurs. Lyon avait une génération exceptionnelle et une puissance financière confirmée par les comptables de Fred. Reste à trouver un entraîneur, enfin. Et un successeur à Juninho, toujours. A part ça, Essien, Tiago, Diarra, Cris et Benzema ne s’appellent même plus Pjanic, Kallström, Toulalan, Cris et Gomis.

Lyon : La dernière décote du Rhône (2/3)

Six ans après le dernier titre lyonnais, le Vestiaire republie le certificat de décès du grand Lyon qu’il avait rédigé avant tout le monde. Lyon ne sera donc jamais un club populaire, et l’Europe a déjà oublié la grande génération.  Deuxième partie : le recrutement, pathétique.

« Qui ne saute pas est Lyonnais. » C’est ce que l’on pourrait constater au regard des années d’errements, qui n’ont pourtant pas modifié le système de recrutement à la lyonnaise. Jean-Michel  Aux as a revendu très chers quelques stars amassées dans la Ligue 1 (Essien, Malouda, Benzema). Il a même breveté une utilisation révolutionnaire des centres de formation : sortir des jeunes estampillés « OL », les faire passer pour des espoirs (ce qu’il n’avait pu faire avec Bardon) et les survendre à des clubs gogo. Bergougnoux, Berthod, Clément, Rémy, Tafer ont ainsi signé des contrats pros que leurs parents n’auraient pu imaginer à l’époque de l’équipe C en pupilles à 7. François Clerc, lui, a poussé l’escroquerie jusqu’à l’équipe de France. Florian Maurice, déguisé en Papin par Aulas, c’était il y a onze ans déjà. Tout ce système OL est économiquement génial, mais pour le palmarès, c’est une catastrophe industrielle. Car Lyon n’a jamais élargi son ambition. Ca lui a coûté la Coupe d’Europe dans un cycle hyper favorable. Une simple preuve : la plus grande star qui ait signé à Lyon est Sonny Anderson. Et il n’était une star que pour les Français, après avoir laissé le même souvenir de lui à Barcelone que Dugarry au Milan AC. Le niveau mondial l’affublerait simplement du doux surnom de tocard. Est-ce la peine d’évoquer Lisandro qui aurait bien récupéré le maillot de Benzema mercredi dernier car il y a encore dans la place à côté de ses 7 maillots ramenés de sélection.

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A l’origine, Aulas veut dominer la France. Timidement d’abord, alors qu’aucun club n’est le numéro 1 incontournable. Caveglia, Grassi, Cocard, Dhorasoo arrivent à la fin des années 90. Le gros coup, qui change l’image de Lyon, c’est l’arrivée d’Anderson depuis le Barça en 1999, en même temps que Laigle et Vairelles. Ce dernier illustre le début d’une nouvelle ère : Lyon recrute pour affaiblir ses rivaux. En attirant Papin pour le mettre au placard, le Milan AC aussi le faisait. Mais à l’échelle européenne. Riche et attractif comme Wiltord, rien ne lui résiste désormais dans l’Hexa-gone : Carrière (joueur clé du Nantes champion de France en titre), Luyindula et Née en 2001, Dhorasoo qui redevenait bon en 2002, Malouda et Essien alors convoités par toutes les grosses écuries en 2003 – même si Drogba snobe la surenchère de l’OL visant à humilier Marseille -, Abidal et Frau en 2004, avant le criant exemple de Pedretti en 2005, qui n’était d’aucune utilité pour l’OL, Kallström, Alou Diarra et Toulalan en 2006 puis Bodmer, Keita et Belhadj. Avant Bastos, Pjanic, Gomis et Briand. Au passage, quelques fins de carrières sont accélérées au nom de la gloire : Caveglia, qui vola la Coupe de France à Calais, Née, qui connut le syndrôme Ouedec de retour à Bastia, Luyindula l' »escroc » ultime de Ligue 1 puisqu’il a arnaqué Marseille et Paris. Et Pedretti, mais que pouvait-on faire pour lui ?

Les joueurs de L1 constituent encore le fonds de commerce lyonnais. Jean-Michel Aulas a beau déclarer, quand il recrute des Lillois, qu’il promeut le championnat français en gardant ses meilleurs éléments, ceux-ci ne sont pas plus forts que ce que l’OL a déjà. Donc Lyon ne progresse pas. L’autre partie du recrutement est étranger, et notamment la filière brésilienne que Saint-Etienne a tant falsifié. Soyons clairs : Cris, Juninho, voire Edmilson et Cacapa, c’est fort. Mais ça l’est devenu à Lyon, ils ne sont pas arrivés comme des valeurs confirmées. Voilà ce qui empêche Lyon d’avancer : depuis l’opportunité Anderson, qui ne jouait de toute façon plus à Barcelone, jamais JMA n’a cassé sa tirelire pour faire venir une star. Il a bien tenté de nous le faire croire, mais Elber n’avait plus que le bouc de sa grande époque bavaroise (qui sont deux termes antinomiques), Baros n’a jamais été bon, à y regarder de plus près, et John Carew n’a jamais remplacé Tore Andre Flo dans les coeurs norvégiens. Certes, Lyon a approché Trezeguet, Mancini ou Joaquin, mais sans jamais dépasser le contact par Foot Transferts interposés.

 

Ce manque d’ambition a été criminel à l’époque où Lyon avait réussi l’essentiel : en 2005-2006, Lyon attaque la saison avec un vrai groupe. Essien est parti, Tiago est arrivé et Lyon sait très vite qu’il n’a pas perdu au change sur ce poste-là. L’instant du crime se produit à l’été 2005. Le précédent John Carew n’est pas assez vieux pour prendre conscience de la plus grosse erreur de l’histoire du recrutement lyonnais. A part sa tronche d’acteur français sur le retour, Fred a tout pour donner le change : il est Brésilien, il a une feuille de stats à faire pâlir Christophe Sanchez (mais pas Anderson), il est costaud, contrairement à Nilmar, et Wiltord s’invite souvent chez lui, preuve d’une bonne entente dans le vestiaire. La terreur va frapper, la nuit du 4 avril 2006. Gérard Houiller n’utilise plus le terme de criminel, pourtant la performance de Fred est ginolesque : il donne le ballon à un Milan inexistant pour l’ouverture du score d’Inzaghi. Lyon revient à 1-1, et Fred vendange une occasion sur un centre de Juninho. Au final, Milan marquera deux fois entre la 88e et la 93e, avec la complicité de Clerc et d’Abidal. Pour honorer la mémoire d’avoir été le plus mauvais, il fait encore pire onze mois plus tard, jour pour jour, contre la Roma à Gerland. Une performance héroïque, faite de fautes, de contrôles ratés, de non occasions cette fois et pour finir il pète le nez de Chivu. Contre Manchester, il dépasse avec maestria son époque milanaise. Rentré à la place de Benzema pour défendre le 1-0, il offre de multiples coup-francs à un Manchester au plus mal. Et sur un ultime centre de Nani, notre sosie de Francis Perrin surgit au deuxième poteau pour remettre le ballon à Tevez qui égalise. L’illusion Fred n’a que trop duré mais il est toujours à Lyon, l’éclosion de Benzema n’ayant rien précipité. Il a largement participé à l’ambiance pourrie du vestiaire, et a montré toute l’étendue de son art cet hiver, en demandant un salaire astronomique aux clubs de seconde zone légèrement intéressés. Lyon n’a jamais voulu s’en débarrasser. Aulas serait-il foutu de le prolonger ? Lacombe serait-il un conseiller de merde ?

Si Fred est un gros mauvais, il n’est pas non plus la seule erreur de gestion lyonnaise. On passera sur le départ en catimini de Kanouté ou Malbranque en Angleterre. Après tout, face à Anderson, Vairelles et Caveglia, ils n’étaient que des daubes, leurs carrières l’ont prouvé. Ensuite, Jean-Michel Aulas a voulu faire croire qu’il ne pouvait pas garder Essien, Dhorasoo puis Diarra contre leur volonté. Comme nous le répétons depuis des mois, un vrai recrutement digne de ce nom aurait tout changé : faites venir Trezeguet en pointe, assumez les ambitions de victoire en Ligue des champions et Diarra, Essien et compagnie restent. Seulement pour cela, il faut faire de gros chèques, aligner de très gros salaires, ce que Lyon peut faire, mais ne veut pas. Et puis, il y a tous ces nuls recrutés pour faire le nombre. Dans les écoles de management de football, apprendrait-on aux grands clubs à prendre Chanelet ou Grosso pour remplacer le titulaire, ou à signer un joueur plus fort que ce que l’on a en stock ? Cleber Anderson, Milan Baros, Patrick Müller voire Belhadj ont ainsi pu découvrir le saucisson lyonnais à moindre frais.

 

Gouverner, c’est prévoir et Aulas ne prévoit que les montants des salaires. Le diagnostic est pourtant simple à voir : s’il ne le voit pas, il est aussi bon président que Govou capitaine. S’il le voit, alors c’est de la mauvaise volonté et Perrin a un bon maître. Dans les deux cas, ça sent le départ de Benzema dans les deux ans. Sauf si, comme il le réclame à mots ouverts, le portefeuille s’ouvre en grand. Et encore, pas sûr que ça suffise. Car c’est toute la génération Juninho encore au club qu’il aurait fallu remplacer après 2006. Tous n’ont pas connu, comme Govou, les heures lancinantes à attendre en vain une offre d’un club étranger autre que Middlesbrough. Le sort du barbu Juninho devrait déjà être scellé vu qu’il termine chaque match avec une bouteille d’oxygène dans le dos, et ce depuis deux saisons. Mais la vie sans Juni n’est même pas en préparation. Ederson croyait qu’il suffisait d’être d’organiser la prochaine Coupe du monde.  Cissokho, Lovren, Diakhaté, Pjanic, Briand et  Gomis avaient peut-être le profil qui sait ? A quoi bon les siffler, pouvaient-ils décider eux-mêmes se recruter pour moins cher que Essien, Tiago, Diarra et Juninho à l’époque ?  Quand les plus gros actifs, ceux qui pèsent 25 millions d’euros, sont aussi passifs, c’est une bonne raison de faire son pire championnat depuis 2002-2003. Le nouveau Juninho c’était donc lui, un bilan s’impose : les coups francs non, la décision dans les matches importants non, un montant de transfert démentiel oui. Le recrutement était économique, Lyon n’a pas tant changé.

Et puis, comment passer sous silence la caste des entraîneurs lyonnais ? Domenech, Tigana, Stéphan, Lacombe, Santini, Le Guen, Houiller, Perrin et enfin Puel. Garde et Fournier s’occupant de la réserve. Ne cherchez pas de progression, il n’y en a pas. Le lien entre tous ces entraîneurs n’est pas la capacité à faire gagner des titres à l’équipe, comme un Capello. Ceux qui ont gagné avec Lyon portaient les ballons et découvraient le nom des recrues d’Aulas puis de Lacombe – une fois qu’il ne fut plus entraîneur – dans Le Progrès. Comme Canal+, Lyon a recruté des générations de potiches pour les mettre devant les caméras. Des entraîneurs qui font tourner la boutique et mettent bien en place les ateliers dans la semaine. Puis mettent sur la feuille de match ceux qui doivent jouer le week-end, ne gueulent pas contre le recrutement. Bref, des coaches dociles. L’adjoint Le Guen a laissé Juninho choisir son système, le triangle du milieu. Houiller s’est évertué à maintenir une bonne ambiance dans le vestiaire en prenant chaque joueur par la taille pour se raconter des souvenirs d’enfance. De toute façon, les joueurs savaient déjà jouer ensemble avant lui. Il n’a pas réussi jusqu’au bout et s’est barré. Puis, Perrin est arrivé avec sa seule ambition, sans rien comprendre au fonctionnement lyonnais. Il veut tout décider dans le domaine sportif, et donc évincer Aulas du terrain. C’est ce qu’il faut à l’OL pour franchir un palier, sauf que c’est une brêle. Après deux matches en 4-4-2, Juninho lui a poliment rappelé qu’un petit nouveau n’allait quand même pas lui apprendre à entraîner.  Et puis Puel arriva, Lille monta en puissance et les photos du titre monégasque de 2000 devinrent chaque jour aussi sepia que le crâne de Cris. Pas de titre, c’est entendu, mais une demi-finale de C1 la seule année où c’était possible, tout n’est pas à jeter. Dans les grands rendez-vous, son OL est défensif, efficace et signe son premier exploit contre le Real, peu importe si ce n’est pas un exploit le public le croit.

A son époque, Tapie osait davantage dans le recrutement. Il n’avait pas peur de mettre des valises pleines, du champagne et des filles pour renouveler la garde robe de l’OM ou prendre un entraîneur de renom. Financièrement, c’est risqué mais pour Lyon, la Ligue des Champions aurait été à ce prix. Aulas a pris Gourcuff.

Lyon : La dernière decote du Rhône (1/3)

Six ans après le dernier titre lyonnais, le Vestiaire republie le certificat de décès du grand Lyon qu’il avait rédigé avant tout le monde. Lyon ne sera donc jamais un club populaire, et l’Europe a déjà oublié la grande génération. Première partie ; le bilan sportif, insuffisant.

 

Sept titres d’affilée, des larges victoires contre des équipes moins fortes, un pillage systématique des meilleurs joueurs des autres clubs français : l’hégémonie lyonnaise était incontestable. Son impopularité aussi, mais qui n’a rien à voir avec la jalousie théorisée en d’autres circonstances par « Sigmund » Fred. Le développement lyonnais est aussi rapide à résumer que le passage de Perrin : Lyon est un club qui calcule tout et qui finit par décevoir, inlassablement. Le grand calcul a débuté dans les années 90, après une remonté en D1 en 1989. Aulas a une stratégie simple et logique : se renforcer économiquement pour dominer la France. Après plusieurs saisons aussi vilaines qu’un passement de jambe de Bruno N’Gotty, entrecoupées d’une qualification européenne liquidée par le grand Trabzonspor, les résultats arrivent (2e en 1995) et le club se stabilise dans la première partie de tableau. Le centre de formation porte aussi ses fruits (Maurice, Giuly, N’Gotty, Laville), malgré Maxence Flachez. Toutes les composantes du club progressent, Lyon devient un modèle de stabilité. A l’approche des années 2000, le club devient incontournable. Depuis 1998, Lyon termine sur le podium de L1 chaque saison. Premier titre en 2002, retour fabuleux sur Monaco en 2004, 15 points d’avance en 2006 : les supporters lyonnais n’ont plus à avoir honte. L’OL est un épouvantail, a le meilleur effectif en France et pour cause (à lire dans la deuxième partie).

 

Problème, à partir du 5e titre, ça coince. Lyon ne sort plus que du D’Artigny abricot pour fêter le titre. La faute au syndrôme Wiltord : pour de nouvelles sensations, il a besoin d’aller voir ailleurs. Et là, Lyon déçoit. En restant toujours à la porte quand il y a la place de passer, en faisant de grandes erreurs de gestion. Ce que la Juve, Manchester, le Bayern, le Barça ne font pas deux fois de suite. Dominer la France du foot, faire le doublé, c’est très bien. Mais quand on a l’équipe pour rentrer dans la légende sans y parvenir, ça ne suffit plus. Aulas le sait bien : avec l’effectif qu’il a eu, Lyon aurait dû atteindre une, voire deux, finales de Ligue des Champions du temps de sa splendeur. Ne jamais avoir dépassé les demi-finales est un scandale, digne du palmarès de Domenech avec toutes les équipes qu’il a entrainées.

 

En 2005, Lyon se fait éliminer par un PSV Eindhoven de Cocu, malgré une équipe bien meilleure. La fin de cycle, c’est 2006, l’année référence de l’OL, avec le milieu de terrain le plus fort d’Europe donc du monde (Diarra, Juninho, Tiago). Se faire éliminer par le Milan AC a été aussi regrettable que la venue de Fred (nous y reviendrons). Le Vestiaire pensait déjà à l’époque que la seule équipe capable de battre le grand Barça de cette saison-là était Lyon. Pour rentrer dans la légende, Lyon doit faire un exploit. C’est-à-dire éliminer un club de plus grand statut que lui, et non pas battre le Real ou faire marquer Govou contre le Bayern. Il ne l’a toujours pas fait, donc il reste au rang qu’occupent La Corogne, Schalke 04 ou la Roma : des clubs régulièrement en C1, toujours placés, jamais gagnants. Et puis il y eut le Real. Mais c’était celui de Pellegrini. Le plus nul de ces 10 dernières années puisque Benzema n’y est pas titulaire. Pourtant le Real va écraser la première mi-temps mais ce Real est aussi celui d’Higuain. Madrid est éliminé ce n’est pas un exploit, Bordeaux aussi derrière et c’est la demi-finale. Battre le Bayern aurait pu être exploit on ne le saura jamais. C’est l’humiliation, la même que face au Real de Mourinho et Benzema, le meilleur depuis Zidane.

Comparé à l’histoire européenne des clubs français, le paradoxe lyonnais jaillit avec plus de force que la femme de Fred n’en a jamais rêvé. Lyon a peut-être été l’équipe française la plus forte de l’Histoire, dominatrice en Ligue 1 comme Marseille ou Saint-Etienne des grandes époques. Pourtant, l’OL n’a jamais fait mieux que demi-finaliste. Une performance à des années lumières de l’OM ou de l’ASSE. Même d’autres clubs se sont aussi davantage transcendés que les Gones. A une époque où chaque coupe était relevée, valorisée, et où tout le monde attendait le jeudi avec autant de passion pour matter la C3, qu’on en a pour la C1 aujourd’hui ou que la défunte C2 hier. Le PSG d’avant, brillant en UEFA (1/2 finale), brillant en Coupe des Coupes (1/2 finale, finale et victoire) et même en Ligue des Champions, n’avait pas autant de talents, même si c’était un PSG sans N’Gog, sans Bernard Mendy et surtout sans Rothen. Monaco, finaliste glorieux de la Coupe des Coupes, 1/2 finaliste de la Ligue des Champions. Auxerre, 1/2 finaliste vraiment héroïque et malheureux de l’UEFA (avec un tir au but de Mahé qui lui valut d’être fusillé), avant un quart de finale de Ligue des Champions toujours contre Dortmund et toujours aussi héroïque et malheureux. Même Bordeaux, avec sa finale UEFA, ou le Nantes 96 emmené par Franck Renou, entrent dans ce gotha. Face au Bayern 2010 personne n’a vibré car personne n’y croyait, Cris avait déjà 50 ans, Benzema s’appelait Lisandro.

Cette période s’arrêta en 96 par trois performances ahurissantes, l’année même où Jacquet découvrit la meilleure sélection de l’histoire. En 97, Auxerre bloqua en quart et le PSG en finale. Densité et constance que l’on ne retrouva plus par la suite avec des exploits le plus souvent isolés avec Monaco – comme Metz, Toulouse ou Bastia en leur temps – ou couplée (Monaco et Marseille en 2004). Ou encore inexistants, avec Lyon. Pourtant, concernant l’OL, la faute n’est pas à mettre sur le niveau de la Ligue 1 qui aurait baissé, nous y reviendrons également. Pour l’OL, l’étoile filante est donc passée en 2006. Le Lyon des saisons suivantes a été moins fort. En 2007, Houiller a eu beau clamer que Toulalan était plus fort que Mahamadou Diarra, seul Barth d’OLTV a pu y croire. Avisé, il a eu un doute quand Aulas a triomphalement estimé Grosso meilleur qu’Abidal. Le déclin était amorcé. Le terrible hiver 54 fut moins contrariant que celui de 2006, quand Juninho et ses amis brésiliens s’en allèrent au Brésil sans penser à mal (contrairement à Wiltord bien des fois). Au retour, des engueulades, plusieurs belles défaites y compris à Troyes, un derby contre un mauvais Saint-Etienne en trompe-l’oeil avant d’affronter la Roma. Et patatra. Lyon affiche un complexe de supériorité aussi déplacé que les prétendus gestes d’un autre âge de son ancien entraîneur envers quelques femmes de ménage méridionales. La défaite est cruelle ,mais Lyon ne s’était menti que trop longtemps. Puis Puel arriva, puis Garde, puis Fournier puis la mort. En passant ils ont acheté Gourcuff. L’erreur de trop.

Cette défaite n’a pas tué Lyon, puisqu’il était déjà mort. Pour n’avoir pas changé complètement de cycle, l’OL 2008 était un zombie que Benzema, Toulalan et Benarfa ont abandonné dans le cimetière de la L1.

Ligue 1, OM : Pas triste Loco

 

Il va tout révolutionner, vous allez voir.

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Un génie se reconnaît facilement : il n’aime pas les conférences de presse, il adopte un comportement autiste, il reste prostré sur son banc pendant 5 minutes à chaque point égaré, ses zygomatiques bougent frénétiquement et ses lèvres ont des spasmes comme les claudos dans le métro, et il n’hésite pas à parler d’un débit lent, en regardant ses pieds, sans faire le moindre effort pour parler la langue du pays. Il concocte aussi des séances d’entraînement d’avant-saison terribles, à des horaires pas possibles, qui font dire qu’à l’OM ça bosse plus que jamais et qu’on n’a jamais vu ça. Et évidemment ça se voit à l’ouverture du championnat. En même temps, il compte sur Franck Passi pour traduire ça aux journalistes, ce qui est un faux problème, et sans doute aux joueurs, ce qui en est un vrai. Patience, Thauvin réussira peut-être quelque chose ce week-end.

Un vrai génie est aussi un ovni sur le plan tactique. Capable d’inventer de nouveaux schémas et de replacer des joueurs à des postes qui ne sont pas le leur. Tout le monde s’enthousiasme, l’adversaire aussi jusque-là, ses joueurs peut-être un peu moins. Mais en tout cas, terminé l’équipe de l’an dernier, moribonde, trop friable défensivement, qui ne court pas. Le public du Vélodrome va être ravi si ça continue.

La révolution, c’est faire ce que personne n’attend : par exemple, faire jouer ensemble Thauvin, Imbula, Payet et Mendy, ce que Baup et Anigo avaient fini par éviter. Et recruter Alessandrini pour avoir encore un joueur qui n’a pas envie de défendre. Como se dice « équipe équilibrée » ? Ca va venir, ce n’est qu’une question de temps, le temps justement de dégager André Ayew et Mandanda. Et que Romao et Lemina soient rétablis, toutes les équipes du monde sont dépendantes de leurs meilleurs joueurs, non ?

Pour un peu, on penserait qu’El Loco n’est pas calculateur, qu’il est vraiment comme ça, un peu barré, et qu’il ignore même pourquoi on a fait appel à lui mais ça avait l’air d’un défi sympa. On pourrait le penser mais il touchait 2,5 millions et demi par an à Bilbao.

Retraite Ribéry : Le grand joueur le plus raté

On s’est longtemps demandé comment écrire sur Ribery. Il suffisait de répondre à la question : que restera-t-il de lui dans 10 ans? Pas grand chose. Dans 10 minutes non plus d’ailleurs. Voici les cinq carrières internationales les plus pourries de ces 25 dernières années. Benzema a encore du temps pour y faire son entrée.

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5. Yoann Gourcuff

Au lendemain d’une dizaine de buts bordelais et de France Roumanie, un grand quotidien de sport a décrété qu’il fallait désormais l’appeler Zidane. Depuis, à force de devoir se défendre d’aimer les garçons, il en a oublié d’aimer le ballon. C’est vrai qu’une fois dans les fesses ça procure pas la même joie.  Finalement il est devenu un charmant panneau publicitaire rhodanien avec des bandages partout. Sauf autour des fesses, vous l’aurez compris.

4. Mickaël Landreau

On a rien à raconter sur lui en équipe de France à part les histoires d’hélico. C’est donc en club que se situe le malentendu. On se souviendra de son record de matchs, de sa précocité et surtout de son très faible nombre de sélections. Mais en même temps il avait pas le niveau. Il a juste brillé un jour en poule de c1 contre Manchester, mais il a pris un peno de Van Nistelrooy à la 90e à cause de Yepes. Les deux étaient en quart de finale au Brésil, enfin presque les deux. L’ironie du sort.

3.  Nicolas Anelka
Parfois c’est grâce à lui, parfois pas. Mais il a réussi l’exploit de ne jamais rien foutre de correct depuis 14 ans à l’exception de deux buts contre l’Angleterre. Tout n’est donc pas de la faute de Wenger. En tout cas pas son Euro 2000 plutôt réussi.

2. Jean-Pierre Papin

Quand on est aussi fort dans un vrai contexte de concurrence on aimerait tomber sur autre chose que Jean-Philippe Durand, Joël Bats, et l’ossature de France 98 quand elle contenait encore Alain Roche.

1. Franck Ribery

Il est né contre l’Espagne en 2006 on lui pardonnait d’être un peu crétin et originaire de Boulogne sur Mer. Depuis, il y a eu une pute, des matchs de merde, il a essayé de casser du pd, il a prouvé à tout le monde que l’alphabet pouvait contenir moins de 10 lettres. Il a une excuse, l’allemand était devenu sa langue maternelle. Le problème c’est que personne n’aime cette langue surtout quand c’est celle de l’Europe. C’est pour ça qu’il ne sait pas vraiment ce qu’il dit quand il prononce ce genre de phrases : « J’irai jusqu’à l’Euro 2016. Je croise les doigts pour aller jusque là. Je rêve de gagner un titre avec les Bleus. Je veux aussi dépasser les 100 sélections, entrer dans ce cercle très fermé. Là non plus, l’histoire n’est pas finie. » Il reste au moins l’espoir d’une finale de Coupe du monde avec le Bayern.

 

 

 

Aliadière : Le buteur pas tenté

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En le recrutant à 16 ans pour 15 millions de nouveaux francs, Wenger lui avait appris que l’argent n’avait pas d’importance.

Il aura fallu 14 ans, quelques buts en Premiership et le concours de Tiburce Darou pour qu’Aliadière fasse parler de lui. Après une si longue attente, sa première performance s’est traduite sous la forme d’une brève : Aliadière va au clash. Il est vrai qu’à Arsenal, Henry et Bergkamp ne lui en avaient pas laissé l’occasion, ils lui avaient d’ailleurs laissé assez peu d’occasions tout court. Les deux mois au Celtic non plus, pas plus que les cinq à West Ham ni les 14 matchs à Wolverhampton. A Middelsbrough ça aurait pu, après trois ans de bons et loyaux services notamment à l’infirmerie mais gueuler pour partir quand son contrat expire n’est pas toujours nécessaire ; il s’était retenu.

De manière relativement logique, aucun club ne fait donc confiance à Aliadière lors de cet été 2011, alors que Meghni part s’éclater à Umm Salal. Mais Lorient va pointer le bout de son nez. Gourcuff rêve de Wenger plus qu’il ne rêve d’Aliadière, mais Wenger n’est pas libre et le négoce de mineurs français n’est plus son truc, il en a plein l’arrière cuisine. Deux saisons plus tard, dont une à 15 buts, et le tour est joué pour Aliadière et son maillot orange. L’exploit n’est pas si rare, mais tout le monde se souvient d’Aliadière sous le maillot de l’équipe de France espoirs. Non c’est pour déconner, personne s’en souvient. Mais poliment Deschamps n’hésite pas à dire, comme de chaque meilleur buteur français de Ligue 1, qu’il songe à lui envoyer une présélection. Ce qu’il fait. Et comme pour tout meilleur buteur français de Ligue 1, la rumeur d’un intérêt de Lyon enfle. Tant que c’est pas son genou ni sa tête, tous les espoirs sont permis.

Merlu au vinaigre

Heureusement Aliadière est revenu sur son attitude et a démenti catégoriquement avoir fait grève : « Si je ne joue pas, c’est qu’il y a un détail financier à régler dans mon contrat actuel et cela traîne en longueur. Je ne veux pas prendre de risque. Mon expérience et mes blessures à répétition parlent pour moi. Je n’ai pas envie de me blesser et de ne pas pouvoir répondre à la proposition d’un autre club. » Rien à voir, donc, avec un joueur qui refuse de jouer parce qu’il veut partir de son club de merde, qui collectionne les tatouages et relève son col de polo. Il se trouve par ailleurs qu’il a des tatouages et qu’il relève son col, comme quoi les portrait de Vernon servent à quelque chose. C’est juste que Lorient avait prévu de le payer moins chaque année et manque de bol il vient de réussir les deux meilleure saison de sa carrière. C’est vraiment dégueulasse. En route pour le très haut-niveau financier.

Pendant ce temps-là, Arsenal ne s’intéresse toujours à aucun Gourcuff. Il faut faire quoi de plus pour se faire remarquer ?

La légende 1982 : Le barbier de Séville

Il ne restait déjà pas grand chose de Jean-Luc Ettori, Landreau s’est chargé  de nettoyer le reste. Et heureusement.

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 Toutes les générations qui ont grandi ou vécu avec les petits tacles coquins de Thierry Roland à l’égard des populations exogames telles que les Portugais, les Yougos, les Asiatiques, les méditerranéens, les orientaux ou les Corses connaissent Jean-Luc Ettori. Même si personne n’a jamais répondu à la principale question qu’on se posait à son propos : deux t ou deux r dans son nom ? Car le reste, il faut bien le reconnaître, on s’en foutait. Qu’il ait occupé 40 ans les cages d’un stade vide, qu’il n’ait jamais trouvé l’adresse d’un barbier ou qu’il n’ait pas été au courant du changement de look de Cabrel, peu importe. En revanche, certains ne sont pas loin de penser que s’il n’avait pas existé, la France aurait déjà deux Coupe du monde à son palmarès.

Pour la première fois, le Vestiaire va donc remettre en cause la théorie officielle sur Séville 82. Pierre-Louis Basse paiera-t-il une nouvelle fois la taxe d’habitation de son loft des Alpilles avec ? Peut-être. En tout cas, on pensait que tout avait été dit sur ce match : le plongeon sans casque de Battiston, le Kata de Schumacher, le bisou de Platini à son ballon, la défense française catastrophique mais pas plus que d’habitude, le Tresor de Giresse et Rummenigge. Tout le monde a évidemment une part de responsabilité dans cet échec.

1982

Mais Ettori possède peut-être une petite part du gâteau supplémentaire voire une grosse qu’il partage avec Hidalgo qui en a fait son titulaire. Jean-Luc Ettori a 9 selections en bleu, dont un bon paquet lors de cette fameuse Coupe du monde qu’il a débuté comme son équipe par une branlée contre l’Angleterre. Sa responsabilité n’est engagée que sur le deuxième but comme le rappelle Dominique Le Glou. Mais ça aurait dû être suffisant pour l’écarter. En demie, ce qu’on lui reproche ce n’est pas de ne pas bouger un poil de son cul sur l’ultime tir au but de Hrubesch : ce serait injuste, il ne l’a pas fait non plus sur ceux de Kaltz et de Rummenigge, en fait il n’a plongé qu’une fois sur six. Le reproche n’est pas non plus la 108ème minute où peut-être occupé à apprécier le reflet de sa moustache dans ses bouclettes il choisit de ne pas intervenir sur le centre de Littbarski afin de permettre à Hrubesch de bien ajuster sa tête, avant de choisir de ne pas sortir au devant de Fischer qui a donc pris le temps de se retourner dos au but, de basculer en arrière, de tendre sa jambe droite vers le ballon le tout sous le regard admiratif de Jean-Luc. Avant de l’exécuter à bout portant, à l’aide d’un simple ballon rappelons-le pour lever l’ambiguïté. Si Goering avait su.

C’était donc le troisième but allemand, sur lequel au final Ettori ne pouvait rien, au regard de son niveau. Mais après tout à quoi sert un gardien de but ? Jean-Luc avait déjà répondu de façon partielle sur le deuxième but. C’était la 103ème minute, Rummenigge amorce une action sur le coté gauche, la France mène 3-1 et c’est déjà un centre de Littbarski. Peut-être y avait-il un accord secret de non-agression avec le joueur germanique puisque c’est déjà lui qui avait planté le premier but en la glissant entre les guiboles de qui vous savez. Toujours est-il que sur son énième centre, le goal monégasque prend à nouveau la bonne décision, en tout cas une décision, celle de ne pas sortir. Dans un premier temps en tout cas. Car quelques fractions de secondes plus tard quand Rummenigge est à la réception, une fois de plus de dos avec le talon et un Français dessus, Jean-Luc est bien sorti. Enfin il est sorti quoi, suffisamment pour laisser le but vide et la place pour le ballon de rentrer.

Si on lui a pardonné son dilettantisme sans passer par la justice colombienne c’est parce que quelques semaines plus tard il contribuera largement à sa fin de carrière internationale et au succès polonais 4-0 au Parc des Princes. En réalisant son spécial sur le deuxième but, tranquillement figé sur sa ligne, avant de ne pas trembler ni même de bouger sur le penalty final. Pour l’occasion, comme un feu d’artifice gratuit à son jubilé, il sera lobé de 30m sur le troisième but. Celle-là, il l’avait gardé secrète pendant ses huit premières sélections. Le tact des grands.

1992

On pensait ne jamais le revoir à pareille fête, mais il restait pourtant un autre jubilé, en club cette fois. Ni une ni deux, il se fait un gros plaisir et jette son dévolu sur la finale de Coupe des coupes contre le Werder. Des Allemands, encore. Sur le premier but, il innove, toujours, avec le plongeon à retardement légèrement trop court sur le tir de Allofs. Mais c’est sur le deuxième que toute sa science des sorties va s’exprimer. Comme une synthèse de toute sa carrière, il va s’appliquer à transformer le dénommé Wynton Rufer, un Néo-zélandais, en terreur des surfaces. Comme souvent aidé par le placement hasardeux de sa défense, il a l’occasion de briller lorsque Rufer est lancé dans le dos des arrières monégasques, sans doute bien conseillés par Wenger ou pas plus mal qu’à Arsenal en tout cas.

C’est alors la configuration classique du face à face qui s’installe. Jean-Luc revoit sans doute dans sa tête ses quelques milliers de sorties approximatives réalisées jusqu’ici. Il sait que ne pas avancer vers le ballon peut parfois coûter une Coupe du Monde. Et pourquoi pas une Coupe des coupes ? Cette fois, se dit-il, ce ne sera pas de sa faute. Il décide de courir à la rencontre de Rufer. Mais il ne l’a jamais fait et ça se voit. Doit-il sortir de sa surface ? Se coucher avant ? Après ? Ne pas se jeter ? Tout s’embrouille dans la tête de Jean-Luc qui prend un peu de chaque idée et décide d’abord de rester sur ses appuis, avant de prendre la décision de s’allonger mais hors de la surface de façon à ne pas pouvoir toucher le ballon avec les mains. Une fois cet excellent gardien sur les fesses, Rufer prend le temps d’imiter Pelé : un grand pont avant de faire mieux que le Roi, marquer.

2013

Ce n’est que le 1er décembre 2013 soit 31 ans après que Jean-Luc reviendra dans la lumière, pour échauffer Landreau son successeur. En nombre de match et en conneries surtout, car Ettori a toujours une Coupe du monde de plus que Corky à son compteur. En tant que titulaire, la précision est importante. Il est 16h15 c’est l’événement sur Bein sport qui ne tardera pas à rattraper Canal en terme de séquences qui servent à rien.

Un avant-match d’une heure, deux micros HF et un synthé sobrement intitulé « L’échauffement de Landreau par Ettori ». Dans la tribune, Génin et Cheyrou. Génin savoure le moment historique, surtout quand Cheyrou lui rappelle qu’il était là au premier match de Landreau en 1996. Mais le problème c’est que Génin et Cheyrou personne ne sait vraiment qui c’est. Alors retour plateau. Di Meco est là avec un mec qui présente. Et Landreau entre dans l’arène, sous l’ovation de la dizaine de Corses arrivés au stade 50 minutes avant le coup d’envoi d’un match face à Evian. Ca fait tellement de bruit que Landreau file directement s’échauffer. Ettori est là mais l’entraîneur des gardiens de Bastia aussi, avec le deuxième gardien. Il ne faut que deux minutes à Landreau pour expliquer à Ettori comment l’échauffer. L’humiliation qui se cachait derrière l’invitation super classe commence à se faire sentir. Derrière sa télé, Reginald Becque en a les larmes aux yeux.

Mais le pire est à venir. Jean-Luc ne peut plus s’échapper. Landreau s’approche, comme d’habitude il sait quoi dire avec un micro : il confie l’air de rien que se préparer pour un moment individuel c’est différent des grands matchs quand on obtient un titre ou un maintien. Et il retourne dans son but en espérant qu’Ettori a bien compris.

Il a très bien compris puisqu’il adresse quelques frappes à Landreau avant d’avouer à l’entraîneur des gardiens qu’à l’époque, il ne faisait pas comme ça. Comme l’autre ne répond pas vraiment, de peur de prononcer le mot ringard, le co-détenteur du record se met à faire quelques jongles, à défaut de pouvoir sortir son smartphone car son survêtement n’a pas de poche. Encore un coup de Landreau. En haut, Cheyrou et Génin ne savent plus quoi raconter depuis bien longtemps. Les images parlent d’elles-mêmes.

Van Persie : Autant en remporte le Van

Une Coupe de l’UEFA, un Charity shield, une FA Cup, on dit merci Arsène. Même si la C3 c’était pas lui.



Il y a deux ans, les adjectifs ne manquaient pas pour qualifier l’incroyable forme de Robin Van Persie : 26 matchs, 19 buts. Après 7 saisons où, plus ou moins titulaire, il n’avait rien branlé de très correct et une saison à 30 buts en 38 matchs où il a offert la troisième place à Arsenal à 19 points à peine des Manchester, le nouvel Hollandais volant, vole toujours mais l’ennemi cette fois. A 29 ans quasi 30, sa carrière est même devant lui s’il se sent de poursuivre jusqu’à 35 ans comme son illustre aîné Thierry Henry qui n’a pas été foutu dehors de Barcelone et de l’équipe de France à près de 33 ans. Contrairement à ce que pensait le Vestiaire depuis toutes ces années, Van Persie n’est pas nul, et à voir le courrier reçu sur equipe.vestiaire@yahoo.fr vous ne le pensez pas non plus. En effet, ce n’est pas à cause de la faiblesse de la Premier League que Robin parvient enfin à s’exprimer, la preuve, il a déjà disputé un Euro, 2 Coupes du Monde, plein de ligues des champions et même des matchs contre Manchester United et City cette saison. C’est d’ailleurs dans ces confrontations qu’il a donné une nouvelle acception au  mot décisif. Puisqu’à Old Trafford lors de la troisième journée, Robin montre les crocs à la 74ème minute, Walcott avait fait claquer les siens à la 45ème, encore 6 buts et Arsenal égalisait. Au retour, le 22 janvier dernier, c’est sur ses terres que Van Persie fera parler la poudre à la 71ème minute.  Sczeczny rentre avec 2 buts, Manchester avec 3 points. Entre ces deux rendez-vous, il y a eu ces matchs sans enjeu comme cette victoire 1-0 de City, ce but de Ramsey contre Marseille à la 90ème ou ce 0-0 contre les mêmes phocéens où Robin a su se faire plus discret que les années précédentes contre Barcelone.

Robin Van Persé

En 2011, il a le toupet d’accompagner Archavine dans l’humiliation infligée aux Blaugrana au match aller. Heureusement le retour ne compte pas sinon, Busquets n’aurait pas été le seul joueur à marquer pour les Londoniens. Robin brille quand même à sa façon, pas son ouïe, défaillante, pour laquelle il est dégagé du terrain à la 56ème minute.  En 2010, comme un grand joueur il est absent du match aller où Walcott et Fabregas offrent un suspense anthologique, au retour aussi, il est absent. Mais Van Persie n’a pas passé  toute sa vie à se plaindre à l’infirmerie, il a aussi joué de très grands matchs et pas que contre Manchester lors de la demi-finale de ligue des champions 2009 où Van Perso y va de son petit péno à la 76ème, Manchester ne gagnera donc pas 3-0.

Sa carrière internationale est promise à un destin aussi glorieux puisqu’en 2006, à presque 23 ans, le nouveau phénomène du foot mondial,  foule à Nuremberg une pelouse de huitièmes de finale de Coupe du monde. Il est aux environs de 23h quand Monsieur Ivanov décide de ne pas faire jouer de prolongation. La loi est la loi, comme le Portugal est le seul à avoir marqué, il poursuit sa route, pas Robin. Mais il a une nouvelle chance en 2008. Rayonnant contre la France de Domenech, Gomis et du futur prix Nobel de finance internationale Lilian Thuram, Van Persie rentre à la 46ème minute contre la Russie. Le coup de poker de son prédécesseur l’autre Van, Basten est osé, Robin va justifier sa confiance. Le 0-0 de la mi-temps se transforme très rapidement en 3-1 car Van Nistelrooy sauve l’honneur à la 86ème sur un service de Van Persie, mais Wesley. Au passage, Robin y gagne Archavine.  Wesley Van Persie va confirmer 2 ans plus tard sur les pelouses sud-africaines: il marque en huitième, en quart et en demi, parfois accompagné de l’autre Van Persie : Arjen. Heureusement qu’ils étaient là car le troisième des Van Persie, Robin, va marquer, le pas, à l’issue du premier tour où le grand Cameroun n’avait pas résisté à son coup de canon.  2 mois auparavant, ils étaient tous de la finale de ligue des champions. Tous ou presque.

Robin Van Perso

Et puis arriva l’été 2012, celui de la confirmation. Robin a changé de statut, il n’est plus cet attaquant moyen toujours blessé qui ne marque jamais, et surtout pas dans les matchs importants. Désormais Robin fait peur à toute l’Europe, il est devenu ce buteur qui marque tout le temps mais jamais décisifs dans les matchs qui comptent. Et ce statut, il compte bien l’honorer sous les yeux du monde entier. Dans quelques semaines il jouera sous les couleurs du grand Manchester, mais avant il va offrir à la nation hollandaise un titre qu’elle attend depuis 24 ans, et son prédécesseur à la pointe de l’attaque, l’autre Van : Marco Van Basten. Le joueur européen le plus efficace avec Cristiano va donc ourdir un plan machiavelique. Mais difficile de surprendre quand toute la presse n’attend que vous, tellement vous impressionnez. Mais Robin a plus d’un tour dans son sac. Il va d’abord perdre contre le Danemark en ouverture du tournoi. Il joue bien-sûr l’intégralité du match à la pointe de l’attaque, c’est sans doute ce qui explique les 0 buts marqués par les Oranje. A moins que ça ne soit les 20 tirs non cadrés, la coquetterie nous impose de ne pas dire combien Robin s’en est offert. La rencontre face à l’Allemagne lui permet de faire taire ses détracteurs : pour la première fois de toute sa carrière il est enfin décisif quand ça compte. L’Allemagne en fait les frais à la 73ème minute. Mais après vérification, l’UEFA ne considérera pas que la frappe puissante du droit de Robin comme plus importante que les deux buts de Gomez marqués en première mi-temps. Pour info Gomez est Allemand. Van Persie est Hollandais et ce n’est pas anodin pour comprendre pourquoi il lui sera interdit de disputer les quarts de finale. Accessoirement, il sauvera l’honneur à la façon d’Ibrahimovic contre la France. Ou presque, Ibra mettra un doublé, Van der Vaart ouvrira juste le score. Les grands joueurs sont quand même décisif puisque Ronaldo mettra lui aussi un doublé mais pour la qualif.

C’est donc tout auréolé de son titre de co-meilleur buteur de l’Euro pour les Pays-Bas que Roa bin débarqué chez Wayne Rooney. Pourquoi a-t-il fallu que son arrivée coincide avec la descente aux enfers du club ? Un hasard sans doute.