France-USA 2019 : L’amant de Saint-Jean

Même si ce n’est que la version C d’une Dream Team, l’équipe de France vient de réaliser le plus grand exploit de son histoire. Rien n’aurait pourtant été possible sans Tariq Abdul Wahad Saint-Jean

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C’était le Tony Parker du pauvre. Et pourtant. 

C’est ce que l’on appelle un miraculé. Débutant au club d’Evreux, Olivier Saint-Jean avait toutes les chances de réaliser une convenable carrière en Pro B. Seulement, voilà, la prophétie frappa une première fois le gentil Olivier. Il devait être le premier Français à intégrer la NBA. Mais tout s’arrêta en Californie pour le jeune espoir, qui disparaîtra frappé une seconde fois par les oracles. Fred Weis et Alain Digbeu connaîtront la même carrière NBA.

Feu Saint-Jean

A sa place, un certain Tariq Abdul-Wahad utilisera leur passeport commun pour écumer les parquets. Le talent se monnaye si cher qu’à peine quatre clubs différents auront les moyens de s’offrir ses sept points par match, ses 38% de réussite au tir et ses trois rebonds. Mais, gêné par des blessures, la concurrence ou son niveau, il finira à son tour par disparaître. On n’échappe pas à son destin. Quelques années plus tard, Moïso ne connaîtra que cinq clubs aux Etats-Unis. Neuf à l’extérieur.

A part ça, pas la moindre pute américaine, la moindre bague ou le moindre tutoiement de Denisot.

Euro espoirs : Sauzée, s’est trompé ?

La seule génération vainqueur d’un Euro espoirs reste donc celle de Franck Sauzée et Laurent Blanc. Devinez lequel des deux a aussi fini champion du monde. 

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Avec Sauzée, ça commence toujours très bien, ça finit toujours très mal.

Même s’il a débuté à Sochaux, Franck Sauzée était quand même promis à un grande carrière. Quand il arrive, Sochaux est en D1. Quand il en repart, Sochaux quitte la D2. Entretemps il a fait connaissance avec Stéphane Paille, Gilles Rousset et Franck Silvestre. L’unique explication du trou de génération entre 1986 et 1994. Il n’en manque pas un. La plupart sont même champions d’Europe espoirs en 1988, et une partie nous a quitté. Sauzée plante même deux buts en finale. Aucun doute, il est toujours promis à une grande carrière. Mais la même année il fait match nul contre Chypre avec la vraie équipe de France.

Et là on est moins affirmatif sur sa grande carrière d’autant que la Coupe du monde 1990 lui passe sous le nez. En 1992, il fait le même Euro minable que ses coéquipiers. En 1993, il est sur le terrain pour voir Israel en mettre 3 et la Bulgarie s’envoler pour les USA. Jacquet stoppe le massacre en faisant croire que c’est lui qui a décidé. Mais cette même année il est champion d’Europe avec Marseille. Du coup il décide de partir pour Bergame.

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25 ans déjà : Et Senna s’Imola

Cinq ans qu’aucun pilote ne s’est tué en direct à la télé. Et toujours aucune nouvelle de Schumacher. Souvenirs.

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1er mai 1994, Saint-Marin accueille la troisième manche de la saison, chorégraphiée par Franck Williams. Un spectacle rôdé.

Tout commence le vendredi 29 avril, durant la première séance d’essais qualificatifs, lorsque la Jordan de Barrichello décolle à 225 km/h et réalise plusieurs tonneaux que personne ne boira. Avant d’atterrir renversée comme un vulgaire Beaujolais, goût banane, en début de soirée. Le Brésilien s’en sortira mieux (nez et bras cassé) que Niki Lauda au Nurburgring. Il a eu de la chance, son compatriote le plus célèbre en aura moins.

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Crise au PSG : Leo messie

Il n’est pas un supporter parisien à ne pas regretter le temps béni où Denisot consultait des Marabouts avant d’affronter des Roumains. Depuis, la Roumanie ne joue plus au foot et Paris n’a plus gagné un match important ou presque. Peut-être parce que son vrai marabout était Brésilien.

Quand Leonardo débarque à Paris en 1996, il a trois avantages sur Rai. Un, il n’est pas Rai. Deux, il réussit sa première saison. Trois, son frère ne portait pas barbe et moustache quand Maradona jouait encore. Et quatre, il peut se faire un Mélanésien à mains nues. 

Leonardo était l’archétype du meneur de jeu moderne : ni très rapide, ni très décisif, ni très technique, il jouait même latéral dans l’équipe de Romario. Ce n’est pas un problème, il est gaucher et surtout élégant. Elégant comme un voyou tabassant un Américain en pleine Coupe du monde. Lors de sa première journée sous le maillot de Toko et Dely Valdes, il marque mais est remplacé par Allou, le destin est parfois rieur. La D1 est quand même son jardin, il en mettra six de plus jusqu’en octobre, zéro de plus jusqu’en mai. Mais il ressemble à Laurent Fournier, ce qui permet de croire que parfois il est bon. Heureusement, Leonardo était gaucher et élégant. Il avait déjà cette belle gueule de directeur sportif qatari. Déjà, le costard lui va mieux que le maillot du PSG, même s’il y a Opel marqué dessus à l’époque où il n’en a que 14 dans son garage. Le goût prononcé pour les vêtements qatari viendra un an plus tard et cette fois il y aura Porsche marqué dessus.

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De Vandenbrouke à Alaphilippe : Gilbert bécots

Depuis que Jan Ullrich a pris Lance Armstrong comme psychothérapeute, il faut bien avouer qu’on s’ennuyait un peu. Cancellara, Boonen, Sagan, Kristoff et Kwiatkowski, pardon, et compagnie c’était sympa mais ça dominait pas assez. Puis Gilbert est revenu et Van der Poel, Alaphillippe et Fuglsang sont arrivés.  Juste avant Liège-Bastogne-Liège hommage à Francky, vingt ans après.

C’était un plaidoyer vivant contre le dopage, c’est ensuite devenu un plaidoyer mort, pourtant Liège-Bastogne-Liège existe encore, plus Francky. Tonton Jean-Luc espèrait que Fifi Gilbert lui succèderait, on ne lui souhaite toujours pas. Ni à Julian Alaphilippe ou toute la clique qui donc ne se dope plus.

Avril 1999. C’est la première année du renouveau, oubliée l’affaire Festina, le cyclisme a changé de visage. Il porte celui de Franck Vandenbroucke, un jeune belge péroxydé comme la plupart des cyclistes surdoués, et qui malgré deux chutes au Tour des Flandres a fini deuxième. Entre temps, le vélo est devenu une science exacte : il est favori, il va gagner et il annonce même comment. Par un démarrage dans la côte de Saint-Nicolas à 700 m du sommet. « C’est là que je vais attaquer dimanche et pas ailleurs. » Un peu d’arrogance n’a jamais tué personne.

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Paris-Roubaix : Franco de porc

On aurait pu raconter l’histoire de Duclos-Lassalle. Un cycliste prénommé Gilbert qui remporta au siècle dernier deux fois à la suite l’Enfer du Nord. La première fois en solitaire, la deuxième fois en humiliant un certain Ballerini, coutumier du fait. Voici l’histoire de ce dernier et un peu celle de Paris-Roubaix du coup. Une certaine histoire du dopage. Aussi.

1993 est une époque où on se passionne encore vraiment pour la bicyclette car Willy Voet n’a toujours pas été arrêté à la frontière franco-belge avec de quoi soigner la moitié de la population occidentale.

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Mondial de hand : Frigides barjots

Le Vestiaire revisite la fabuleuse histoire de la plus grande nation de handball de tous les temps. Ce n’est pas la Suède, ni la Russie, ni la Hongrie mais un peu la Yougoslavie quand même. 

Ils sont tous riches même s’ils ne seront jamais des stars à part Kara bien sûr, le roi des paris. Et pourtant tout est de la faute de Costantini . Voici la première partie de l’histoire : le jour où les plombs ont sauté.

C’est une banale histoire belge qui va faire basculer à jamais le destin d’une génération hors du commun. Aurait-on préféré entendre une énième fois les raisons qui font qu’un Belge nage toujours au fond de la piscine ? Parce qu’au fond, ils sont pas si cons. Celle-là est peut-être moins drôle. Quoique. Nous sommes en novembre 1995 à la mi-temps d’un anecdotique match de qualification France-Belgique. La dernière fois qu’une telle opposition avait fait parler d’elle, tout était de la faute à Papin. Après une chevauchée de Boli sur le côté droit, des cris de Larqué  et aucun commentaire raciste de Thierry Roland,   l’autre  Marseillais frisé  avait, comme d’habitude, rappelé pourquoi il est le meilleur avant-centre de l’histoire du foot  avant d’aller entraîner le Bassin d’Arcachon. Sans même connaître une seule chanson d‘Obispo.

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Handball féminin : Sex Yachine

Si elle n’avait jamais existé, on aurait été privé des cris de Margotton. Dommage.

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Lev Yachine a eu une fille, elle est française et s’appelle Nicolas. Mais le Ballon d’Or, ça n’a jamais existé au hand.

Trois fois championne de France, deux fois du Danemark, trois coupes d’Europe dont une Ligue des Champions, une Supercoupe d’Europe, des coupes nationales en pagaille : Véronique Pecqueux Roland aimerait aussi avoir une salle des trophées chez elle. Mais en Equipe de France, pas de jalouse. Chacune a le même palmarès mais pas le même physique.

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Légende judo : La Jossinet empoisonnée

Parmi les judokates qui n’ont jamais été championnes du monde ni championne olympique, c’est sans doute celle qui s’en est approchée le plus mais elle n’a finalement pas eu de manga qui racontait sa vie. Ryoko Tamura Tani peut-être.

 

 

Cécile Nowak disait d’une certaine Frédérique qu’elle était la seule à pourvoir battre Ryoko Tamura, devenue Tani, la judokate la plus titrée de tous les temps. Tani lui colla une branlée en finale des JO d’Athènes. Elle, c’était Frédérique Jossinet et ce que Nowak ne disait pas, c’est qu’en finale à Barcelone la fille qui levait les bras à côté de Tamura s’appelait Cécile Nowak. Elle ne disait pas non plus que Jossinet n’avait jamais rien gagné sortie du continent européen, Tani oblige ou pas. Quatre ans après les mêmes étaient toujours là, à Pékin. Et comme d’habitude Jossinet et Tani étaient favorites. Cette fois, Nowak n’a rien dit, elle n’en a pas eu le temps. Jossinet, peut-être effrayée par la perspective de retrouver Tani en finale, préfèrera finir sa carrière en beauté : prendre un pion au premier tour en 25 secondes par une Kazakhe. Ça fait beaucoup. Si elle avait su que Tani perdrait en demie contre une Roumaine.

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Judo : Gevrise Rain man

Sur la lancée de sa fin de carrière, Gévrise Emane reste au sommet. Personne ne peut aujourd’hui rivaliser avec son expertise et son talent de consultante télé à côté de Fred Lecanu. Comme aux Mondiaux 2011, elle défonce tout. 

C’était à Paris en 2011. L’occasion de reparler de Kim, de Pietri, d’Agbegnenou à ses débuts, Schmitt à sa fin.

Kim, c’était évidemment un Coréen. Un judoka coréen, c’est un Japonais en colère. On le comprend, son pays n’a pas vu naître le judo. Alors, il a fait contre mauvaise fortune bon coeur. Arracher celui d’un Monténégrin au couteau, faire un noeud avec son estomac à l’aide de sa ceinture et d’un bout de sa veste de kimono avant de lui avaler la langue. Auparavant, il avait opéré à vif le tibia de Loïc Pietri, la nouvelle vedette du judo champagne. Loïc pouvait-il vraiment en vouloir à Kim d’être aussi violent et de ne pas se laisser berner par ses ura nage de junior ? Loïc pouvait-il en vouloir au tueur à gage gominé de Canal de venir le traquer jusque dans les égouts de Bercy pour vérifier s’il allait vraiment perdre l’usage de sa jambe ?

C’était plutot sympa par rapport à l’interrogatoire en bonne et due forme  infligé ce matin à Larbi Benboudaoud. L’ avocat fébrile de la jeune Clarisse Agbegnenou condamnée à mort par Thierry Rey, qui pour une fois s’était réveillé avant 16h. Alain Schmitt n’a pas echappé au massacre à l’issue du combat le plus nul de l’histoire du judo proposé avec son accolyte brésilien et un arbitre débutant invité pour l’occasion :  » En sensation c’est-à-dire que en fait » Il a eu de la chance. Après de telles explications, le destin aurait pu choisir la main de Gévrise Emane pour procéder aux ultimes outrages, mais cette fois elle avait mieux à faire.

Piétri de talent

Sa mission du jour consistait à tuer une à une tout ce qui ressemblait à un être humain de sexe féminin de  -63kg. Elle s’est exécuté et elle a exécuté, même la Japonaise au physique discutable de la finale. Il n’y avait pas besoin de voir plus de quinze secondes de son premier combat pour comprendre qu’elle finirait par faire la bise à Valérie Pecresse vers 17h20. Sang froid, maîtrise, Ipon Seoi des ingrédients suffisants pour faire déguster ses bons petits plats sans assaisonnement et elle n’a même pas gardé secrète la recette : émincer une Tchadienne, hacher une Cubaine avant de dégorger une Hollandaise.  Sa connaissance de la cuisine internationale pourrait même lui permettre de s’associer avec un restaurateur coréen.

Pendant ce temps-là, Clarisse s’est reveillé.

Arron 20 ans déjà : Christine is the Queen

Elle est toujours recordwoman du monde du 100m. En espérant qu’elle n’ait jamais rien pris. Allez Carolle !

Griffith Joyner était sur le point de finir de digérer toute la merde avalée durant sa carrière lorsque se présenta Christine Arron en finale du 100 m des championnats d’Europe de Budapest. 10 secondes et 73 centièmes plus tard, elle venait de réaliser la course la plus rapide de tous les temps, un chrono qui ne sera sans doute jamais battu par une athlète normale, comme Marion Jones ou Christophe Cheval.

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La légende Angleterre : Nottingham Forest Gump

L’Angleterre avait enterré Steven Gerrard alors qu’il arrivait encore à uriner tout seul. Désormais même Rooney a rejoint le cimetière des rouquins rougeots.  Il ne reste donc plus personne, l’Angleterre est donc prête. Enfin. 



Un Euro ou une Coupe du monde sans l’Angleterre, c’est presque comme un Euro ou une Coupe du monde sans la France ou Gourcuff dans un bateau avec une fille. Ca n’a pas de sens. Et pourtant c’est arrivé. Pas très souvent ces dernières années on vous l’accorde. C’est arrivé à l’Angleterre à l’issue d’une période magique où elle avait possédé pendant 10 ans une génération sans égal dans le jeu ou le nombre de rouquins. Ferdinand, Campbell, les Neville, Terry, Gerrard, Lampard, Beckham, Shearer, Rooney et même Owen ou  Mc Manaman. Le prénom Paul qui était encore toléré à l’époque permettait aussi à Ince, Gascoigne et Scholes d’en faire partie.

On peut même ajouter Southgate pour les nostalgiques d’Hartley. Avec ça difficile de comprendre qu’après 1996 il n’y ait même pas eu la moindre demi à défaut du moindre demi car Sheringham a aussi le droit de vivre. Tout ça pour finir face à la Croatie sans Suker, coaché par un type nommé comme une voiture de course qui n’a même pas tué Senna. Ils peuvent toujours dire que c’est la faute à Torres et Malouda, ils ont quand même eu leur chance. Après ça rien de tel qu’une bonne taule contre la France.

Cette fois tout est oublié et tout le monde a subitement envie de Kane. La vanne n’est évidemment accessible qu’à une certaine génération.

La légende Portugal : Rui barré

Le Portugal a longtemps été la meilleure équipe d’Europe et parfois du monde. Mais elle a attendu de devenir moyenne pour le prouver.


Détrompez-vous, le Portugal avait déjà remporté une grande compétition avant 2016. Notamment en 2004 à domicile et c’est la Grèce qui avait soulevé le trophée.

Le Portugal de 2004 domine de la moustache et des épaules un Euro organisé pour eux, chez eux. Un tournoi superbe qui n’aura pas vu que les magnifiques fins de carrières de Lizarazu pris de vitesse par Amonbofis ou Zagorakis, et Desailly pris de vitesse par Santini, pas le maire d’Issy les Moulineaux quand même. Imaginez aussi un Tchèque de Lyon meilleur buteur, l’année où la République Tchèque ne joue pas la finale. Et donc le Portugal qui confirme enfin toutes les taules collées à l’Argentine en -20ans et ce titre mondial de 1991 à la maison. 2004 moins 1991, ça fait 13 ans, Figo commence à avoir les dents qui baignent. Rui Costa aussi,  meilleur buteur de l’équipe avec pas moins de deux réalisations avant le chef d’œuvre final. En 1991 il était déjà l’architecte du but de la demi-finale contre l’Australie. En finale face au Brésil, il se mettra sur son 31 pour offrir le 0-0 victorieux à ses coéquipiers grâce au tir au but manqué d’Elber qui a donc bien été international un jour. Il ne faut jamais insulter le passé.

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France-Brésil : Lose juillet 98

Désormais vous savez qui il est. Mais qui se souvient vraiment de sa finale ?

Les rares reportages télé qui lui sont encore consacrés sont toujours l’occasion de l’entendre répéter : « Ah, si j’avais marqué. » La rumeur veut aujourd’hui que tous les 12 juillet, aucune piscine ne se vende dans les environs de Trégunc. Pourtant, il essaie. Il a toujours essayé. Dès la première relance de Leboeuf, il a essayé le seul retourné de sa carrière. C’était prometteur, c’était aussi au-dessus. Stéphane Guivarc’h n’était pas du genre athlétique. Il était plutôt du genre ancien Guingampais transféré à Auxerre, content d’avoir Diomède. Meilleur buteur de Division 1 plusieurs fois quand même. D’accord, mais le mec que l’osthéo torture dans Les Yeux dans les Bleus parce que c’est Dugarry qui marque contre l’Afrique du Sud, c’est lui.

Carnot de sauvetage

La suite, c’est ce doublé « qui aurait changé une carrière » dit encore le reportage. Certainement une référence à ce bon service de celui qui allait devenir Zidane : Guivarc’h parvint à frapper in extremis, juste avant de se vautrer la gueule dans le gazon, et à Taffarel de ne pas salir ses coudières. Il ne les salira pas vraiment plus quand Baiano et Sampaio laisseront filer le ballon, et Guivarc’h avec, à la 42e minute. Pas de regret : le geste du buteur, c’était bien de frapper au milieu pas très fort quand on songe à ce début de deuxième mi-temps où Cafu lui remet un ballon en pleine surface pour la volée. Le 3e étage du Stade de France en frémit encore.

Trois minutes plus tard, Dugarry entrait en jeu. Un mois plus tard, Guivarch signait à Newcastle, quatre de plus et les Rangers l’accueillaient.

La légende OM : Papin de sucre

L’Olympique de Marseille a eu Gignac, Ravanelli et Mitroglu. Mais aussi Drogba, Anderson et Skoblar. Et surtout Papin, mais hélas à Bari il n’a pas marqué. 

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C’est le plus grand avant-centre français de tous les temps, un des cinq meilleurs au monde et pourtant, il ne viendrait à l’esprit de personne de le citer dans un tel classement. Et Christophe Horlaville, il a marqué 28 buts en 37 matchs de Coupe des Champions ?

28 juin 1986, on joue la 43e de minute de France-Belgique. C’est l’instant que choisit Jean-Pierre Papin, 22 ans, pour marquer le deuxième but de sa carrière en Coupe du Monde, le dernier. Le meilleur ratio buts marqués matchs joués de l’Histoire moderne des Bleus, celle après Fontaine, n’aura donc plus jamais d’autre occasion à ce niveau, à la différence de Guivarc’h, qui n’en fera pas meilleur usage. Il ne sera jamais Just Fontaine, mais il ne sera jamais Florian Maurice non plus, la malchance parfois s’arrête. La suite ne sera qu’une succession de mauvaises fréquentations. 185 buts olympiens en évoluant aux côtés de Bruno Germain. Un déménagement fortuit chez Marco Simone à une époque où on ne déménageait pas chez les Simone, avant d’aller payer quelques bières de remerciement à Kostadinov, et enfin Baup finit par lui filer un coup de pied au cul pour aller vérifier les légendes sur le climat breton. Baup, déjà.

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La légende OM : Mozer fucker

Comme tous les cinq ans depuis 30 ans l’Olympique de Marseille va disputer une finale européenne. Ils n’en ont pas gagné beaucoup et même perdu pas mal. Mais au moins ils y étaient. 

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Comment peut-on devenir le plus grand entraîneur du monde quand il n’y a ni joueur, ni club, ni sélection nationale dans son pays d’origine ? En rencontrant Bernard Tapie.

C’est l’histoire d’un club qui va battre en finale le Milan de Capello avec Abedi Pelé.  Un club qui va aller en finale avec Waddle et Abedi Pelé en battant le Milan de Sacchi. L’auteur de ce miracle, sans doute un des plus grands exploits de l’histoire du foot, s’appelle Raymond Goethals. Il n’est ni Italien, ni Hollandais, ni Portugais, ni même Français. Il est Belge, comme les frères M’Penza. Comme Luc Nilis, tout sauf un Hazard.

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Liverpool : You’ll never score alone

Les plus fidèles fans de Liverpool le savent. Anfield Road n’a pas toujours eu la chance de voir évoluer le meilleur buteur du monde. Par contre ils ont bien connu le plus mauvais et ça a duré quatre ans. Souvenez-vous, il s’appelait Fernando et n’était même pas Egyptien.

Tout avait pourtant bien commencé. Le 1er fevrier 2005,  il n’a pas encore 21 ans qu’il bat d’un doublé le Barça de Ronaldinho en 2005. 

S’ils avaient regardé de plus près, avant de mettre 36 millions sur la table, les dirigeants de Liverpool se seraient rendus compte que son deuxième but est un penalty qu’il a provoqué à cause d’un duel raté avec le gardien. C’est vraiment pas aimer son public que de lui offrir un attaquant vedette qui disputera une finale mondiale parce que le titulaire commençait à fatiguer en prolongation. Quinze minutes d’éternité. Sans prendre en considération la sensation d’être le cocu de Fernando Llorente, le quart d’heure de champion du monde de la carrière de Fernando Torres doit beaucoup à Villa. Amusant, un attaquant qui rate des occasions en finale de Mondial est finalement aligné d’entrée parce que lui au moins il s’en créé.

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Palmarès rugby : Dolce Habana

Tout le monde le dit, Habana à la retraite, c’est l’un des meilleurs ailiers de l’histoire qui s’en va. Est-il au moins l’un des meilleurs de ces 25 dernières années ?

Voici notre top 10 avec plein de Français dedans. Et oui, c’est bien l’un des seuls postes de derrière où l’on a souvent pas eu à avoir honte. Donc pas de Rougerie. Aujourd’hui on a quand même un peu honte.

10. Vincent Clerc

Il a quand même remporté la Coupe du monde 2011. Dans une génération d’où l’on ne retiendra que Dusautoir c’est quand même pas mal. Et c’est toujours mieux qu’aujourd’hui où on ne retient personne.

9. George North (ou Shane Williams)

Si Clerc est champion du monde 2011, alors North aussi. C’est quand même le Pays de Galles qui a remporté la demi-finale. Sinon on a aussi Shane Williams en stock.

8. Jason Robinson

Comme on n’a pas le droit de mettre Underwood, beaucoup trop humilié par Lomu en 1995, on va faire représenter l’Angleterre par son meilleur arrière placé à l’aile et lui aussi champion du monde. Pourtant il était moins bon qu’Underwood.

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Boxe : Le comte démonté Tiozzo

Arsene Goulamirian a donc ajouté son nom à une liste pas si longue mais fournie quand même où Carpentier Cerdan, Halimi, Boudouani, Medjkoune et Monshipour cotoient Benichou, Cherifi, Mormeck, Mendy, Lorcy ou MBaye. Et même Brahim Asloum. Mais pas Patrick Charpentier.  Et dire que chez les Tiozzo Fabrice a failli devenir plus connu que son frère Christophe.

Est-ce vraiment lui le plus grand boxeur français de tous les temps ? En tout cas c’est lui qui a le plus joli palmarès. Et Anaclet Wamba il compte pas?

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Papadakis-Cizeron champions du monde : Isabelle et Paul dechaînés

Cizeron et Papadakis, en plus d’être l’un des plus grands duos de l’histoire, presque au niveau des Brunet,    s’inscrivent dans une grande lignée de couples de danseurs comme Moniotte-Lavanchy, Anissina-Peizerat ou Pechalat-Bourzat où on ne savait jamais trop s’ils dormaient ensemble ou non. Souvent c’était non et pas toujours parce que chacun préférait les hommes ou que l’une préférait Dujardin. Il y a eu par exemple les fratries.

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Février 1992, Jean-Claude Killy et Michel Barnier s’en foutent plein les poches et à l’époque Sarko, Guéant, Hortefeux et Takkiedine ne sont même pas aux affaires. Pas celles-là en tout cas.  De l’argent, bien sûr, du bronze aussi. Mais de l’or, il n’y en aura pas pour tout le monde.

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Girondins : Une partie de Bez

 

Au commencement ou presque il y avait de Harder. Rien à voir avec les films pour adultes désormais ouverts à tout le monde grâce à la non régulation d’Internet. Il y eut ensuite Claude Bez. Toujours rien à voir.  Avec un peu de fric, de magouille et Lacombe, Giresse, Chalana, Tigana et Aimé Jacquet, ça faisait déjà rêver.

Et pourtant c’est sous Afflelou en 1996 que Bordeaux livra le plus grand match de son histoire.

 

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Bernard Laporte : Oh capitaine, mes capitaux !

Il n’est pas complètement responsable de tous les maux du rugby français. Mais seulement de 99% d’entre eux. Plus ?

Personne n’a jamais vraiment été capable de dire qui était Bernard Laporte. Un joueur moyen, un sélectionneur incompétent ? Un ministre incompétent ? Un escroc incompétent ? L’entraîneur du champion d’Europe le plus riche de l’histoire du Top 14 ? Un président de fédération  incompétent ? Difficile à définir, mais une chose est sûre, il est Bernard Laporte et tout le monde a entendu parler de lui.

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Coupe Davis : Virer sa Kulti

A l’occasion de la disparition prochaine de la Coupe Davis par une Coupe du monde de tennis en deux simples un double et deux sets gagnants avec 20 millions à la clé, revivez l’un des plus grands moments de l’histoire de la compétition. Ce jour où Arnaud Boetsch a gagné un match.


Arnaud Boetsch a 27 ans lorsque, ce 1er décembre 1996, il entre sur le court de Malmo. Il n’avait rien demandé.

17 heures. Jusqu’ici, son nom évoque vaguement le camarade de régiment de Chesterfield dans les Tuniques bleues, ou le finaliste de Lyon, double vainqueur à Toulouse, mais pas davantage. Personne n’imagine qu’il pourrait aussi être le partenaire de Robert Redford dans le rôle de Boetsch Cassidy : Paul Newman n’était pas puceau. Agassi non plus lorqu’il accepta d’echanger quelques balles avec Nono au troisième tour de Roland-Garros en 1990. Des balles peut-être trop grosses, une raquette peut-être trop lourde, peut-être pas la même catégorie d’âge : 20 ans tous les deux.

Starsky et Boetsch

Mais en ce jour de 1996, la chance semble avoir tourné, à défaut du talent. Après la volée classique prise face à Enqvist, Arnaud devait offrir sa dernière heure de jeu à Edberg et un saladier bien assaisonné en prime. Même quasi grabataire, Stefan le volleyeur n’aurait pas renié un dernier titre, il l’avait bien fait comprendre à Pioline le vendredi précédent, mais Cedric avait vu son psy juste avant le match. Avec l’âge, on devient pudique, et humilier Nono ne lui dit rien de bon. Edberg a toujours agi ainsi avec les nuls. En 1989, il avait donné Roland-Garros à Chang, cette fois c’est la Coupe Davis qu’il offre. Jamais avare.

Fabrice cent euros

Se présente donc Kulti. Niklas, on le connait à peu près autant que son adversaire imberbe. C’est l’homme qui permit à Leconte en 1992 de faire croire qu’il n’était pas fini, avant qu’Henri ne découvre l’effet Korda. Le drogué, pas le photographe. Le Che devint une icone, pas Riton. La France va donc remporter cette Coupe Davis, c’est certain.  Mais c’est encore surestimer Arnaud Boetsch que de l’affirmer. A l’époque, il est considéré comme le second de Pioline. Loin derrière, certes, mais loin devant les autres. Et la concurrence est forte : de Raoux à Delaître, de Fleurian à Golmard.

Il y a surtout un jeune qui n’est déjà pas très bon et que chacun aimerait déjà voir à la retraite : Fabrice Santoro. Son rêve, s’en mettre plein les poches avec son éternel niveau de junior surclassé. Il le fera. Boetsch gagne le premier tie-break puis perd les deux sets suivants, même les trois. Mais le tennis aime respecter la hiérarchie et Kulti aussi. Le Suédois, dans un grand jour, loupe toutes ses balles de match. Davydenko n’y est pour rien.

Cinquième set, 7-8, 0-40, service Boetsch. Les transistors s’éteignent. Quand ils se rallument vingt minutes plus tard, Boetsch est consultant sur France télévisions.

La Légende SUA : Le vinaigre de Gelez

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Moins prometteur que Michalak ou Castaignède, plus qu’Aucagne et Laurent Mazas, François Gelez est probablement une star, mais on n’a pas vérifié. Le Bayonnais est surtout un jeune demi d’ouverture d’à peine 29 ans, qui fêtera la trentaine en Pro D2.

Avant, on disait Groupe B, mais le rugby est devenu un métier qui ne s’apprend pas à Tyrosse, malgré  Guy et Guy. Entre le Café de la Poste et son plat du jour, les accidents aquatiques de Ferrasse, Laffargue et Barjou, le Petit Bleu et La Dépêche du Midi, les habitués d’Armandie s’étaient pris à rêver.

Rêver que Miquel ne prendrait pas la place de leur François d’international. Rêver que Lanta et son Fabrice Lhoumeau de préparateur physique convaincraient le métronome déréglé de passer ses pénalités quand elles auraient de la valeur. Que Thierry Dumas et Nicolas Espitalier pourraient écrire que Tarbes ne resterait pas la dernière victime locale du Brennus, et que Jean-Baptiste Lafond et Fruit d’Or appartiendraient pour toujours au passé.

Il avait d’assez belles épaules pour s’étendre dans les salons de massages particuliers, trop petites pour s’envoler. Pas assez rapide, pas assez créatif, pas assez décisif. Aux Lot et Garonnais, qui se demandent encore pourquoi le SUA est tombé, qu’ils se demandent qui est le dernier grand joueur sorti par le club.  Heymans ou Porcu ? Dubroca a la réponse. Basquet aussi, mais il ne pourra pas la donner.

La légende Pays-Bas : Dennis de justice

Pays-Bas 96 c’était légèrement moins faible que Pays-Bas 2014. Mais c’est pas beau quand même


Rater un tir au but quand ça compte et qu’on a encore rien fait ça fait toujours des dégâts, surtout quand on élimine son équipe. C’est arrivé à Pedros cette année-là mais on s’en fout, car c’est aussi arrivé à Seedorf. Dans cette équipe des Pays-Bas, la plus faible jamais alignée, il n’est pas titulaire contrairement à son pote de Ligue des Champions 95, Kluivert. Mais comme lui, il est la star de demain, même si pour un milieu défensif, un peu offensif,  il est toujours difficile de faire la Une du Sun même en attrapant comme tout le monde la femme de Karembeu qui ne s’occupait pas de la fille de Suaudeau, ça c’était Makelele. Si vous suivez pas c’est pas grave, ils ont tous joué au Real sauf Suaudeau.

Clarence sterling

Clarence a 20 ans quand il rentre à la 60ème minute à la place de Bergkamp, c’est ce qu’on appelle du poste pour poste. Même s’il fait n’importe quoi, Guus Hiddink a bien senti le danger représenté par l’entrée en jeu de Dugarry une minute plus tard. Jacquet aussi qui le remplacera par Pedros à la 80ème. L’équipe de France développe son jeu habituel : ne rien faire et attendre les tirs aux buts, puisque Zidane a eu un accident de voiture et un début de calvitie. Et comme la défense s’appelle comme en 98, il n’y a rien à craindre des assauts de Jordi Cruyff. Ne vous moquez pas, il y a aussi beaucoup d’autres Barcelonais. Bref, quand Seedorf écrase mollement une occasion de but sur le catogan de Bernard Lama on se dit que rien ne peut nous arriver. Seedorf écrase ensuite son penalty au même endroit. Puis Blanc fera comme toujours le sale boulot et Guérin échangera son maillot avec un homme. Participer à la rencontre de haut niveau la plus chiante de l’histoire du football a permis quand même à Clarence de foutre en l’air sa carrière. Et pourtant il joue encore pas trop mal pour son âge. Mais Milan casse pas des briques non plus.

La Légende Brésil : Fred is dead

Allez savoir pourquoi, le 2 septembre 2008, le Vestiaire avait consacré Fred comme escroquerie du siècle de la ligue 1, Piquionne n’était que 2e. Une escroquerie du siècle, c’est du sabotage, du melon, le tout dans un grand club qui le présente comme une star. Six ans après en découvrant la composition de l’équipe du Brésil contre la Croatie on a eu comme un doute. Puis on a vu le match, c’était bien le même Fred, toujours nul à chier et capable d’escroquer cette fois un pays entier qui le prend pour une star. Souvenez-vous.

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 La Ligue 1 a souvent eu le chic d’attirer des noms glorieux, souvent survendus. Padovano avait l’excuse de l’âge, Adailton celle d’une réputation chez les espoirs. Pour Fred, l’histoire commence à l’été 2005, d’abord par un prix : 15 millions d’euros. Aulas ne le sait pas encore, c’est à peu près ce qu’il lui coûtera en Ligue des Champions les trois saisons suivantes. Pendant que sa femme fait son trou à Lyon, lui s’investit dans la médecine, entre blessures et nez cassés, mais jamais le sien. Dès que le niveau s’élève, qu’il n’a plus Sammy Traoré au marquage, l’avant lyonnais – comme l’appelle encore Aimé Jacquet – démontre son savoir-faire : plus une remise potable, des pertes de balle dans ses 30 mètres, un travail défensif qui rappelle la bande annonce de Fight Club et des choix judicieux. A côté de lui, même Djibrill Cissé passerait pour un apôtre du collectif.

Mais le benêt chevelu est malin, il sait se rendre indispensable aux yeux de son président, qui n’a peut-être pas compris que son départ l’est. Il a réussi sa première saison en championnat, avec 14 buts marqués. De quoi soigner sa réputation de buteur. Il s’y tient jusqu’à ce quart de finale à Milan, son premier chef d’oeuvre : priver le club d’un titre européen largement à portée, parce qu’on est un buteur qui ne marque pas. Premier doute, mais pas suffisant : Aulas veut le revendre cher et le croit encore bon.

Seconde saison, Fred se blesse mais garde son ratio avec 11 buts en 20 matches de L1. Il participe activement à l’hiver meurtrier 2006-2007 avant son second chef d’oeuvre, plus poétique que le premier, Lyon-Roma.  Il devient remplaçant de Benzema et se blesse. Le coup de génie arrive à son retour de blessure : il marque en Coupe de France puis en championnat, devient ami avec Benzema en lui faisant quelques passes et convainc Perrin que le petiot n’est pas si mauvais à gauche.

Le retour sur investissement tombe contre Manchester. Même s’il n’est pas titulaire, il offre l’égalisation à l’aller et plombe les chances lyonnaises au retour. Au passage, il arrive à passer de rumeurs qui l’envoient en Russie voire à Paris qu’il traitera de prolétaire, à une demande de prolongation de contrat, qu’il obtient. La suite on la connaît, des buts au Brésil dans un championnat tout pourri, puis des buts avec l’équipe du Brésil quand ça compte pas, puis la Coupe du monde. Du grand art. Et s’il se présentait à la présenter à la présidence des Etats-Unis ?

Lyon aurait pourtant dû s’en méfier. Quelques semaines avant son arrivée, le joueur avait failli signer au grand FC Nantes de Le Dizet et Roussillon.

Vitesse, Pervis : Laurent n’a pas Gané

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Même Daniel Morelon le dit. Laurent Gané, son début de carrière, sa pointe de vitesse, son gabarit moulé dans un costume de Superman, tout était « impressionnant ». Pourtant, son plus bel exploit restera d’être le meilleur Gané, son frère Hervé lui ayant largement facilité la tache.

Multiple champion de France de vitesse individuelle, il a été deux fois favori pour la médaille d’or aux Jeux Olympiques : à Sydney et Athènes. C’est un peu de sa faute, il avait aussi atteint les finales des Mondiaux en 1999 (titre), 2000, 2003 (titre) et 2004. Résultat, Rousseau le bat en demies à Sydney pour fêter sa fin de règne. A Athènes, c’est Bailey qui confirme l’hégémonie du nouveau roi Gané en l’expédiant 2-0. Au sommet, il honorera sa carrière d’une deuxième 4e place aux JO. Les commentaires de Jean-René Godard n’y seraient pas étrangers. Après tout, pour lui, le vélo était un sport collectif comme pour Mimo, le porteur d’eau d’Amaël Monfort.

Son talent ne demandait qu’à s’exprimer. Mais tout le monde n’eut pas la chance que son adversaire perde les pédales.

Kilomètre, Pervis : Le Tournant d’une carrière

Comme tout le monde le rappelle, l’exploit de Pervis n’en est pas un puisque tout être humain avec un passeport français est déjà passé par là. En revanche un titre olympique dans deux ans ça aura un peu plus de gueule.

Par notre consultant jumeau Jean-René Bisounours

Le kilomètre était une discipline singulière qui ne servait à rien où il suffisait d’être inscrit comme Français pour remporter le titre mondial. Et comme il y a des mondiaux tous les ans, les palmarès étaient bien garnis. Rousseau 3 titres, Tournant 4. Aux Jeux Olympiques les règlements changent : il n’y en a que tous les quatre ans, Laurent Gané s’y était frotté sans conviction mais c’était de la vitesse. Là il faut juste faire un ou deux tours de piste.

Une formalité pour le double champion du monde en titre Arnaud Tournant, ultrafavori à Sydney. Il ne se fait pas prier et remporte la médaille d’or. Mais c’est en vitesse par équipes. Sur le kilomètre il réussit à entrer dans le top 5, pas si dégueulasse. Arnaud est jeune et ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Dans la foulée il conserve son titre mondial et en rajoute même encore un autre. Les Jeux ne sont donc qu’un accident de parcours, il en disputera d’autres à Athènes 4 ans plus tard mais il va changer de méthode. Au lieu d’arriver archifavori, il ne va rien gagner ni en 2002 ni en 2003, s’offrant au passage argent et bronze mondiaux. Ainsi ses adversaires ne le verront pas venir. Et ça marche, il gagne. 4 places. Tout auréolé de cette médaille d’argent, il rajoute le bronze en vitesse par équipes, rien que ça.

Dans la foulée, le kilomètre sera supprimé des JO, si ça sert qu’à humilier les Français. Quel bel athlète que ce plus grand spécialiste de l’histoire du kilomètre. Plus grand champion c’est plus compliqué à affirmer car même Florian Rousseau y a glané une médaille d’or olympique. Bon d’accord son adversaire avait déchaussé.

La légende: Le casus Boli

Ce n’est pas parce que la justice a puni la bande à Basile que le Vestiaire doit s’en priver.

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C’était dans les faubourgs d’Abidjan dans les années 60. Un sort fut jeté sur la famille Boli par des voisins malfaisants. Mais lequel ?
Basile fut le premier Boli à se faire remarquer. Auxerre, Marseille, quelques larmes, le 17 mai 1993 et la génération bleue 87-93. S’il n’y avait pas eu cette 43ème minute on aurait sans doute fini par l’appeler Roger. Il s’appelait Basile et c’était déjà pas mal, ça permet de faire une fondation en Afrique, le con avec Roustan, parler du loto et presque finir en prison. Une carrière bonne mais pas géniale donc, ça tombe bien le génie c’est Roger.
Il a longtemps hésité à jouer pour la Cote d’Ivoire et la France. Mais personne ne l’a forcé à choisir. Malin, Roger a gardé sa double nationalité.  Pourtant la Cote d’Ivoire aurait bien eu besoin d’un tel joueur en 1992 au moment de remporter la CAN haut la main. La légende raconte qu’une malheureuse selection chez les espoirs a condamné sa carrière. Pourtant ses stats sont remarquables, 93 buts en 374 match. Il est évidemment attaquant. Soit un but toutes les 273 minutes à peine plus qu’Higuain en ligue des champions. Ses 20 buts en 94 l’envoient presque vers la gloire mais il est à égalité avec Ouedec et Djorkaeff.   Roger attendra sa fin de carrière pour réaliser son exploit en refourgant Aly Cissokho à Lyon après avoir fait croire qu’il irait au Milan AC. Domenech le prendra à son propre jeu en le selectionnant.

Il y a eu un autre Boli, Yannick.

 

La Légende : Poudrier déballe quand ?

Comme chaque année, commémorons ensemble le souvenir de l’un des trois Canadiens à avoir fait le hockey français.

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« Alors, on va se repoudrier le nez ? » Canteloup n’aurait pas renié cette bonne vanne, Philippe Bozon la pratiquait plusieurs fois par an. Serge Poudrier l’acceptait, sans broncher. C’était de bonne guerre, son partenaire lui épargnait les moqueries sur son accent ou son niveau de jeu. Car si l’érable a quitté le Canada, c’est peut-être parce qu’il était trop fort, mais étrangement, Wayne Gretzky n’a jamais joué à Anglet. Mieux, il n’a pas eu l’idée d’enchaîner Bordeaux et Rouen. En France, Poudrier est à l’aise, il est surtout très fier. Fier de s’imposer dans une terre de hockey (sous son règne, la France ne fera jamais mieux que 8e toutes compétitions confondues, avec une constance qui l’honore). Dans un championnat parmi les plus faibles d’Europe, qui change de nom toutes les semaines pour faire bien, Serge s’épanouit et commence sa collection de coupes Magnus. Ambitieux, en 1996, il part s’enterrer à l’étranger pour voir si la glace est plus froide. Il n’en saura pas plus, les Allemands, croyant à un canular, vont se venger en l’envoyant finir ses jours en Suisse. Une punition un peu sévère pour le pauvre Serge, emprisonné durant dix ans à Lausanne. Il alternera entre Ligue A et Ligue B avant de retrouver son billet d’avion retour pour le Canada, qu’il avait perdu en 1985.

Barça-Arsenal 2006: Ronnie and Clyde

C’était une finale de Ligue des Champions et Arsenal avait tiré huit fois au but.


17 mai 2006, le chronomètre du Stade de France affiche 75 minutes de jeu, la montre à dix plaques du manager d’Arsenal l’indique aussi. Arsène est en France, il porte une chemise bleue et une cravate bordeaux, son anglais est parfait. Ses Gunners sont à un quart d’heure de sa premère Champions League, Wenger n’a jamais été aussi proche, d’enfin gagner quelque chose d’autre que du pognon et proche du Real, qu’il a même éliminé en huitièmes de finale. Son coaching est un rêve d’entraîneur : pour pallier l’expulsion du gardien, il a sorti Pires au bout d’un quart d’heure. Henry ne peut pas se la raconter plus, c’est le jour où jamais.

Arsène mal

Mais si Sol Campbell a levé son gros cul sur un coup franc d’Henry en première mi-temps, c’est bien la dernière fois. Ca, Arsène ne le sait pas encore. Il se retourne vers son banc et ne se doute pas, alors, que les futures confrontations contre Barcelone se termineront pareil, mais n’auront pas lieu en mai. Quand son regard revient sur le terrain, Iniesta est apparu. C’est suffisant pour s’apercevoir que Kolo Touré, Eboué et Senderos ne constituent pas une bonne défense. Est-ce quand Belletti marque le deuxième but que les visages de Koscielny, Vermaelen et Gibbs prennent son esprit en otage ? Personne ne peut le savoir. Ca ne l’empêchera pas d’exhorter ses joueurs à aller marquer le deuxième but quelques instants plus tard, ni d’inaugurer l’Emirate Stadium quelques semaines plus tard, ni de recruter Giroud quelques années plus tard pour remplacer Van Persie qui avait remplacé Henry qui revient toujours l’hiver pour dire bonjour. C’est un grand homme : il a connu Wiltord.

Mondiaux de Ski : Le petit Chenal blanc

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Il n’aimait pas le sport, ce dernier le lui rendait bien. Mais sa destination de naissance marqua durablement son destin. Le cirque blanc porta rarement aussi bien son nom.

Le slalom, c’était pas son truc, le super G encore moins, et que dire de la descente. Que foutait-il là ? Cette question taraudera longtemps ses proches qui souffaient en silence aux côtés de « ce pauvre Joël » et son slalom géant. Les années passent, il vieillit à vue d’oeil, sa carrière aussi : 8e, 21e, 22e et même 5e. Chenal connaît tous les honneurs jusqu’au slalom d’Alta Badia qu’il remporte. Un coup du sort terrible qu’il ne confirmera jamais. Ses jours sont comptés quand en 2006, le troisième Raich lui vole le titre olympique que même Vidal et Crétier sont parvenus à obtenir. L’affront est de taille. On ne lui dira pas, mais Montillet et Deneriaz aussi.

Mondiaux de ski : Chris de Nice

Ce qu’il y avait de mieux, chez Christophe Saioni, c’était sûrement sa femme.

Les juilletistes parisiens l’appellent encore Pascal quand ils le croisent en Moon Boots sur la Promenade des Anglais. Il leur répond parfois, en attendant les premières neiges du Mont Fabron, qu’Alberto Tomba prenait deux desserts à la cantine, qu’il n’a pas toujours été le faire-valoir du couple Saioni et que Christel est de toute façon partie au plus froid de l’été 2002.

Il passait alors plus de temps autour des pistes niçoises que sur les tire-fesses de Pra loup. Cette vie-là, en altitude, il ne l’avait pas vraiment choisie. Sans la négligence de ses parents, raconte Christophe le fantasque, il aurait peut-être même été « footballeur professionnel à l’OGC Nice ». Le Stade du Ray en pleure encore : il aurait fait avec Cyril Rool une sacrée paire de descendeurs.

La descente, ça n’était pourtant pas vraiment son truc. Le géant non plus, mais la concurrence de Vincent Millet et Ian Piccard lui assurait chaque année un podium aux championnats de France, entre deux opérations aux genoux. Impulsif, gaffeur, il retire sa barbichette du cirque blanc pour prendre en main Ingrid Jacquemot et ses copines. Elles courrent depuis toujours après le palmarès de leur conseiller, 12e, devant Daron Rahlves, de la troisième descente d’entraînement des championnats du monde 2001, et sur le podium, à Lillehamer. Deux ans après les JO.

La Légende CAN : Le nec Pius ultra

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Qui se souvient que Pius N’Diefi a commencé à Lens ? Pas grand-monde. Mais qui se souvient de Pius N’Diefi ?

Le Camerounais sans cou est encore joueur de football. La réalité est parfois froide et insaisissable, mais elle a le mérite d’exister. L’ancienne vedette de Jour de Foot ne fait plus profiter le Paris FC de son expérience de tous les niveaux, sauf le haut mais Fayet en Interdistricts.  Un retour aux sources pour l’ancien champion de la Reunion qui explosa en National avec Sedan. Il fit preuve d’une remarquable constance. Que ce soit en National, en D2 ou en D1, N’Diefi a marqué une dizaine de buts par saison, de 97 à 2002, avant de sombrer. C’est ça, N’Diefi : une sorte d’haltérophile pas musclé, qui n’ a jamais vraiment ressemblé à un joueur de foot mais davantage à Little Boom Boom Gordon, le nain de Motown. Impossible d’évaluer son niveau, même pour Alex Dupont, qui a vite décelé son potentiel de mercenaire : « Pius N’Diefi fait partie du dispositif de guerre de Sedan et il joue très bien son rôle. »

Il marcha à la Can, il ne marche plus sans canne

C’est sur ce paradoxe qu’il a connu l’équipe nationale. Devenu un Lion indomptable, il glane un titre, la CAN 2002, et est finaliste de la Coupe des confédérations 2003. Sans être titulaire. Cette année-là vient la chute. Ecarté par Henri Stambouliote suite à une vilaine défaite contre le Rennes d’Halilhodzic, le sanglier braisé est rôti. Il part sans gloire à la fin de la saison, découvrir le très relevé championnat du Qatar. Même Sedan l’oublie en faisant signer son sosie, Marcus Mokaké.

La légende CAN : Le lion de l’Yonne

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« Encore un qui n’aime pas la pluie. » Combien de fois l’a-t-il entendue, celle-là, les soirs de matches arrosés dans la très reculée cité icaunaise ? Didier Otokoré, débarqué d’Abidjan en 1985, a découvert le racisme de terroir en même temps qu’il rencontrait le joug de Guy Roux et le football français. Le temps de passer huit saisons (en moyenne 20 matches par saison, soit le total de Ghislain Anselmini à Lyon) à se faire traiter de tous les noms, y compris d’aveugle, non pas pour la qualité de ses passes mais parce qu’il est Ivoirien. Le très dioxiné Gérard Bourgoin en caquette encore.

La suite de sa carrière fut plus à son image : fantasque. Trois mois à Sochaux avant de partir pour le soleil cannois. Puis un an à Guingamp, le temps de comprendre que le Breton a beau être sympa, il a aussi peu l’habitude de l’Africain que l’Auxerrois. Et puis, histoire d’aller se faire du blé, il a fini à Dubai, parce que le seul milliardaire de l’AJA doit payer ses bétabloquants.

Mais la vie d’Otokoré, c’est aussi la sélection. En 1992, il remporte la coupe d’Afrique avec les Elephants et rencontre sa future femme Safia, devenue femme politique au PS, dans une sombre discothèque, le Bastring. L’ingénue amoureuse avoue, à propos de son fougueux mari : « Notre relation avait donc mûri et pour éviter tous ces va-et-vient, je l’ai rejoint en 1993 et nous nous sommes mariés peu après. » L’heure de la fin des va-et-vient extraconjugaux était venue. Le mariage, ça vous range tout au placard, même un joueur.