France-Angleterre 2007 : Orgueil et préjudice

Ce fut l’avant dernier match du grand Bernard Laporte et le dernier article du petit Peyo Greenslip

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Un pêché d’orgueil aussi prévisible qu’intolérable et un manque total de réactivité tactique ont poussé les Bleus dans l’abîme. Les miracles restent uniques. Le rêve de toute une nation vient de s’enfuir par la Manche.

Par Peyo Greenslip

«Sans un grain de folie, il n’est point d’homme sérieux.» S’il ne croupirait pas entre quatre planches, La Rochefoucault, se serait plu, hier, le visage affublé d’une barbe Chabalesque et le corps couvert d’une salopette tout droit tirée de l’imagination d’Uderzo, à crier haut et fort, dans les tympans d’un Laporte inanimé, sa maxime. Hier, le grand gourou a regardé, presque béatement, son XV de France, perdre lentement mais implacablement, le contrôle d’une rencontre qu’elle maîtrisait jusqu’ici, sans pour autant parvenir à se mettre à l’abri.

Michalak traille un costard à Laporte

Pourtant à 9-5, on ne donnait pas cher de la Rose. Mais, c’est de cette adversidité générale que l’Angleterre aime se nourrir. Les Anglais ne sont pas d’extraordinaires joueurs de rugby, comme nous l’écrivions hier, mais ils n’en demeurent pas moins d’éternels compétiteurs, jamais battus, même, et surtout, lorsqu’ils apparaissent abattus. Do or die contre Just do it. Le réalisme contre l’idéal marketing. Le rugby, amateur d’humilité et de courage, ne s’y est pas laissé duper, choisissant son camp non sans un suspense des plus amers. 2003-2007, le parallèle est troublant. Choquant même. De Plan B, il n’y avait pas eu à Sydney. Quatre ans plus tard, ce maudit Plan B, qui sonne comme une ligne de métro, n’était toujours pas au point pour sortir les Bleus du long tunnel dans lequel ils s’enfonçaient au fil des minutes d’un second acte dont ils perdaient le fil. A croire que les Français n’apprennent rien de leurs échecs. Laporte, vulgaire robot sans âme ne sut, une fois de plus, trouver la manette d’arrêt d’urgence. Alors les Français, même privés de Beauxis, persévérèrent dans leur entreprise de bombardement au pied. Sauf que le petit poucet Michalak n’a pas la botte d’ogre du Bigourdan. Pourquoi, à ce compte-là, ne pas avoir fait glisser Traille à l’ouverture et Heymans (trop brillant hier et donc remplacé, sic) à l’arrière? Ou tout simplement mis en place un jeu plus aéré? À force de vouloir faire évoluer les joueurs contre leur nature, le ressort sur lequel on parvient à agrafer quelques victoires de prestige a fini par rompre. L’exemple de Traille est à ce point frappant. La chance des novices qui le portait à Cardiff l’a abandonné dès l’entame à Saint-Denis. Nul doute qu’un arrière de métier ne se serait laissé berner par le coup de pied de Gomarsall. Sitôt débutée, la rencontre était déjà terminée pour le Biarrot. Pied de nez à la stratégie d’occupation mise en place par Laporte, c’est même le vieux Jason Robinson qui venait déambuler dans la défense tricolore alors que Poitrenaud se languissait en tribune. Le pied des Français est finalement venu leur botter les fesses. L’Angleterre n’est pas la Nouvelle-Zélande.

À Laporte

Le plus cruel, c’est que cette équipe de France s’est inclinée face à de faibles britanniques, jamais en position d’inscrire le moindre essai. Il en fut d’ailleurs de même pour les Français dans un match qui ne valut que pour son seul suspense. Emmené par une troisième ligne encore impeccable, le pack a tenu son rang, malgré quelques atermoiements en conquête. La seconde ligne souffrit néanmoins. Pelous quittant rapidement le navire, Chabal fit étalage de sa méforme physique. Solide pendant trente minutes, l’homme des cavernes finit par s’effondrer, assénant un ultime coup de gourdin illicite, à l’origine du drop victorieux de Wilkinson. Lorsqu’il vint relever la bête à la fin du match, Lionel Nallet, camarade exemplaire, était frais, lui.
Devançant son monde, Laporte, les deux pieds et la tête déjà derrière son bureau ministériel, a positivé: «Ce Mondial n’est ni raté, ni gâché.» De mémoire, l’objectif était pourtant la victoire finale. Que le futur secrétaire d’État aille expliquer ça aux 88 % de Français qui voyaient déjà les Français en finale. Poussée de fière, poussée d’orgueil. Un rêve s’est dérobé, peut-être à tout jamais. Rangez drapeaux, maquillages et trompettes. Le retour sur terre lundi sera pénible…

Coupe du monde, France-All Blacks : Le trou noir

C’était en octobre 2007, le Vestiaire acceptait encore les papiers sans vannes et les points d’exclamation quand il y avait du style.

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Retour sur la victoire des Bleus à Cardiff et sur la demi-finale, qu’il ne faudra surtout pas aborder par dessus la jambe.

Par Peyo Greenslip

La France est en demi-finale et partout l’on crie à l’exploit. A croire, que les tricolores ont ramené dans leurs sacs Queschua suffisament de viandes avariée et autres grosses vaches tachetées rousses pour duper tout un pays. Et si cet ultime drop de Luke (je suis ton père) Mc Allister avait troué les pagelles d’un Millenium au couvre-chef métallique, on serait à l’heure actuelle en train de bruler le scalp de Laporte en même temps que les attributs de Lapasset. Cherchez l’erreur. On ne peut en vouloir à ces milliers de personnes de se laisser griser par ces effluves de bonheur. Souriez, chantez, oubliez… Par contre, on sera davantage intransigeant avec un XV de France qui a arraché une à une en quatre-vingts minutes, les épines qu’elle s’était amusée à se planter dans les pieds, juste pour les beaux yeux du redoutable Charles Villeneuve (un France-Ecosse en quart, ça aurait eu une autre gueule), s’il trébuche désormais sur l’une des deux dernières marches.

Vol de nuit

Si la France a renversé la montagne black, elle le doit à quatre facteurs (non pas toi Diniz). Tout d’abord, à une erreur d’arbitrage. Les Bleus ont en effet peiné à trouer le rideau défensif noir. On en attendait pas moins. Mais en plus d’une insolente efficacité (hormi dans les tirs au but d’Alan Boksic), les Français ont bénéficié de la complicité de M. Barnes (lire Bean, haricot). Le plus jeune arbitre du tournoi, qui a omi de siffler l’en-avant entre Traille et Michalak, peut néanmoins compter sur le soutien de ses confrères. « Il est incontestable dans l’action, expliquera plus tard l’ancien arbitre français René Hourquet. J’étais au stade, on le voit. Je ne comprends pas comment un arbitre qui est à hauteur de l’action ne le voit pas et il y a le juge de touche, il y a deux paires d’yeux qui n’ont pas vu mais ce dont je suis sûr c’est qu’il n’y a eu aucune volonté de l’arbitre de ne pas le voir. » CQFD. La deuxième clé du succès bleu réside dans l’abnégation, la détermintaion et le don de soi dont ont fait preuve les Français. Mais nous ne verserons pas dans le dramaturo-lyrique tant il apparait tout à fait normal que des joueurs qui disputent là un billet pour une demie sur leur terre affichent une telle motivation. Troisième raison de cette victoire, la suffisance des Blacks. Bercés par l’illusion d’un premier round bien tranquille, les déménageurs de Graham Henry n’ont jamais remis en cause leur idéal de jeu. Sauf que lorsque le couteau bleu est venu se pointer sous leur gorge, les joueurs du long nuage blanc ont connu un pénible retour sur terre, restreignant leur jeu (David) alerte à un tête-à-tête frontal où ils laissèrent leur énergie et leurs rêves. Un mal auquel les Néo-Zélandais commencent à s’accoutumer, puisqu’ils n’ont plus attteint la finale depuis 1995 et payent leur manque d’approche des matchs couperets (la culture des phases finales). Enfin, comme nous l’écrivions la semaine dernière, le banc a su offrir une alternative judicieuse après le repos. Celui des Bleus, bien entendu, guidé par la densité de Szarzewski et Chabal et l’opportunisme de Michalak. Mais plus que tout, ce fut le banc des Blacks qui tira tout un groupe vers l’abîme. Ce n’est pas un hasard si la sortie de Carter coïncide (n’oublions pas que Mc Alister était out dix minutes) avec le retour français. Là où le beau gosse avait maintenu les Bleus sous pression par son pied gauche tout au long de la première mi-temps, Evans et Mac Donald dont le jeu au pied est aussi performant que les sandwichs équilibrés, peinèrent avec leur botte. La sortie de Kelleher priva également les Blacks de dynamisme et les condamna à réduire leur périmètre de jeu.

Grandeur et décadence

Voici les Bleus, euphoriques et portées par une liesse toute nouvelle, à quelques encablures de leur objectif initial, sur une voie désormais royale, dégagée de l’autobus noirâtre. Qui mieux dès lors que l’Angleterre, notre cher meilleur ennemi, pour venir nous enfourcher des bâtons dans les roues. Boostés par un pack conquérant et bien organisé, les Anglais sont en plus revitalisés par le retour de Sir Jonny Wilkinson. Autant dire qu’il conviendra de prendre ce match au sérieux et de ne pas céder à ce mal si français (cf 87 et 99) d’enchaîner un exploit par une désillusion au moins aussi grosse. Grandeur et décadence. D’autant que dans les deux cas évoqués ci-dessus, la fatigue inhérente à l’exploit précédent avait coupé court aux espoirs nourris du feu ardent de l’impossible victoire. Par conséquent, il conviendra aux Bleus, face à des joueurs au profil physique plus raisonnable, de ne pas se gargariser de ce succès de standing et d’empoigner le match par le bon bout. Ensuite, il ne sera plus alors question que de gérer. Dans cette optique d’enflammer le match, Laporte pourrait faire appel aux feu-follets toulousains Poitrenaud et Michalak (Traille glissant au centre). Le futur sud-africain aurait alors l’occasion de prendre sa revanche sur sa demi-finale ratée de 2003, déjà face à l’Angleterre, déjà face à Jonny Wilkinson. Le pied de Beauxis se révélant ensuite plus à même de boutter les rosbeafs hors de France. Mais que l’on ne s’y trompe pas, les trois-quarts seront confinés à la portion congrue du travail. Vexés par la double défaite d’avant Mondial (c’était il y a un siècle), les Anglais promettent un véritable conflit ouvert (ou plutôt fermé) aux Français. Il faudra donc un pack de combattants, dont on souhaite qu’il puisse être guidé par sa garde noire Betsen-Dusautoir. Pour le reste, les deux premières lignes devraient ressembler à celles de Cardif où elles ont tenu héroïquement face aux assauts néo-zélandais.
Une bataille de gagnée. La guerre se poursuit. L’objectif est clair : la victoire finale !

France-Canada : Les géants de Papé

Avant d’aller se jeter du haut du Te Mata Peak, notre spécialiste water-polo, Peyo Greenslip, nous a laissé une copie de son testament.

De notre envoyé spécial permanent à Havelock North

Dans l’avion qui emmenait l’équipe de France en Nouvelle-Zélande, Maxime Mermoz, ses initiales Y. J. brodées sur l’appui-tête, rêvait de grands espaces, de kangourous et de barrières de corail. Et puis, il a ouvert son guide des Frogs-in-NZ et découvert que les Aborigènes d’ici parlent le Maori, que les vins blancs de Hawkes Bay sont aussi mauvais que ceux de Gisborne et qu’il pleut parfois au printemps sur l’île du Nord.

Alors, lui et ses amis se sont souvenus qu’ils avaient terrassé les Fidji dans des conditions à peu près semblables en novembre 2010 à la Beaujoire. Et comme en novembre 2010 à la Beaujoire, ils n’ont pris aucun risque. Comme disait Benazzi sous la douche : prends ton pied quand la savonnette glisse.

Pas BO à voir

Le plan de jeu fonctionnait à merveille en début de match et la France passait sa spéciale : un ballon échappé par l’adversaire sous une chandelle pour un essai à zéro passe. Imparable. Malheureusement, le staff canadien avait eu le temps en trois jours de visionner le best-of de la saison 2010-2011 du Biarritz Olympique et on a vite compris que Damien Traille aurait beaucoup de ballons aériens à négocier sur le pré des Magpies.

Longtemps alors Bernard Lapasset a regretté d’avoir laissé autant de repos aux barbus canadiens entre leurs deux premiers matches. Les Bleus n’avaient pas encore vu la ligne des 22 avec le ballon dans les mains quand Jo Maso a arrêté de compter le nombre de placages ratés. Le travail de sape allait bien finir par payer.

Une attitude de Bonnaire

Et effectivement, nos bucherons ont bu le calice jusqu’à Cali en fin de match. Pendant dix minutes, ils ont enfin compris qu’ils avaient à faire aux vice-champions d’Europe 2011, que leur manque d’agressivité dans les rucks n’était pas du tout la preuve de leur suffisance et qu’ils étaient finalement capables d’aligner trois passes en courant vers l’avant.

Difficile, devant une telle démonstration de puissance collective, de sortir quelques noms du lot : Rougerie était sûrement trop absorbé par le capitanat pour s’occuper du jeu ; Bonnaire ne peut pas couvrir tout seul tous les postes de la troisième ligne ; Guirado lance beaucoup mieux en touche quand il ouvre les yeux ; Servat a passé beaucoup trop de temps avec Guirado ; Parra n’a pas compris qu’on ne pouvait pas partir systématiquement tout seul au ras des regroupements, Trinh-Duc n’a pas compris qu’on ne devait pas systématiquement taper des chandelles ou des coups de pied au loin quand il pleut.

Le plus dur est fait. Une défaite volontaire contre les Blacks samedi prochain et nos Bleus ont leur place en finale.

Rugby, Coupe du Monde, Equipe de France : Déflorer la Rose

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Les Français n’ont battu qu'une seule fois leurs éternels voisins du Nord en phase finale de Coupe du Monde. C'était en 95 et ça comptait pour du beurre. Moins étincelants que les trois autres demi-finalistes, les Anglais n’en sont que plus menaçants.

Par Peyo Greenslip

La rumeur est montée depuis la Canebière. Plus ou moins amplifiée par ce mistral chantant aux vents légèrement déformants. L’Ohème est sorti de sa crise puisque de crise il n’est point. Tout juste une malédiction un sort qui fait jaillir des pieds même les plus habiles une soudaine imprécision lorsqu’ils viennent à fouler le Vélodrome. Les cas Cissé, Zenden et Bamogo demeurent toutefois inexpliqués. Mais le mal couve et a déployé ses tentacules sur le 10 à marier Wilkinson, dont les stats au pied ont rarement été aussi près du niveau de la mer que samedi dernier. Sauf que contrairement à l’OM, le XV de la Rose jouit d’un soupçon de caractère jadis carctéristique des formations méridionales. Là où l’OM sombre sous l’acharnement des déferlantes, les Anglais ont su trouver, dans une embarcation perméable et semblant voguer à volo, la force de sortir les rames pour contre-barrer d’inquiétants courants.

fralogo.gifWilkinson, ça rase

Dans l’adversité, les Anglais, portés par leur mental et leur flegme, savent mieux que quiconque courber l’échine. Cela depuis des décennies. La recette est la même, à base de conquête, d’abnégation et d’un pied souvent magique. Car Wilkinson qui n’a pas l’âme d’un général n’est pas un chef d’orchestre. Tout juste un simple soldat à la mire avisée. Un sniper dont le pied gauche vaut comme vigie pour une rose qu’il tire régulièrement de la torpeur. Dans ce match à élimination directe (ces do or die dont raffolent les Anglo-Saxons), le rôle de Wilkinson se résumera grossièrement à sa botte, tant l’ouvreur de Newcastle n’a pas retrouvé son niveau de 2003 et ne dispose pas d’une ligne de trois-quart susceptible de troubler une défense française intraitable sur les extérieurs. Non pas d’envolée pour les joueurs de sa majesté. À la place, de la mêlée, du combat et le pied qui va avec.

imagesaffichefranceangleterre.jpgPlay Mobil

Mais l’Angleterre a-t-elle réellement les moyens de surclasser les Bleus? Certainement pas. Sheridan tout meilleur pilier britannique qu’il soit depuis le clown Ubogu, ne peut soutenir la différence avec Woodcock. Easter a eu beau se révéler au couloir durant ce Mondial, parés de Corry et Moody, il ne soutient guère la comparaison de la troisième ligne Black. Non, les Blancs d’Angleterre n’ont pas les moyens de surclasser les Bleus de France. Mais les champions du Monde (ce n’est pas un hasard de les retrouver là) pourraient bien les surprendre si ces derniers se plient à la tragédie que joue le rugby français depuis 87 et le prive du trophée Webb Ellis : cette incapacité chronique d’enchaîner plusieurs performances de haut niveau.
Cette fois, pas d’excuse car l’Angleterre se présentera sur le pré dionysien avec un capital fraîcheur davantage entamé (la route pour la qualif fut pénible).

La clé pour les Français résidera essentiellement dans leur faculté à ne pas se retrouver prisonnier du rythme de jeu britannique. En enchaînant les temps de jeu et les actions de mouvement, les Laporte Boys useront un pack anglais déjà émoussé et surtout peu mobile. À ce titre, la rentrée de Michalak ou Poitrenaud aurait été intelligente tant les Anglais présentent un profil éloigné de celui des Néo-Zélandais. La paire toulousaine devra parer à toute éventualité.Tout comme Harinordoquy, basque rebondissant sans prénom, qui se tiendra prêt à contrebalancer l'irresponsabilité de Betsen (comment lui en vouloir néanmoins). On ne se remet pas aussi facilement d'un KO. Asloum, Tiozzo, Charpentier ou encore Ribery peuvent en témoigner.
Le sentier de la gloire s’est dégagé après Cardiff (celui de Magloire est lui toujours obstrué). Mais il ne faudra pas s’avancer sur la piste de Saint-Denis en roue libre, sous peine de laisser un boyau et une constellation d’illusions sur la couronne d’épine tissée par Ashton.

Communication Le vestiaire : Peyo à l’hosto

Chers lecteurs,

Il n'aura sans doute pas échappé à votre sagacité, qu'hormis quelques allusions dans nos éditos, et les échos de notre envoyé spécial à Cardiff Roger Secrétin, nous n'avons pas publié depuis belle lurette sur le rugby, le dernier article datant de l'annonce du quinze titulaire contre la Nouvelle-Zélance, soit quasiment une semaine. La raison est simple, notre talentueux chroniqueur Peyo Greenslip, que nous avions embauché pour la durée de la Coupe du monde, n'écrit plus.

En cause, un appétit salarial revu à la hausse, suite à ses impecables prestations (une nouvelle fois parfait ce week-end, puisqu'il avait annoncé que la clé du match se situait sur le banc de touche français et contrairement à presque tout le monde, à aucun moment il n'a condamné la France depuis le début de la compétition et encore moins contre les blacks) associé à un emploi du temps intenable puisqu'il écrit également pour un grand quotidien régional français, commente des matches sur une radio britannique et pige également pour divers newspapers. Enfin nous n'évoquerons pas le terrible sort qui s'acharne sur lui, puisqu'il est atteint d'un mal incurable. Un moratoire sur ses émoluments a été décidé, un article serait en préparation. Sa sortie de la Salpétrière étant imminente, il devrait faire son retour dans nos colonnes très prochainement.

L'équipe du Vestiaire

Rugby, coupe du monde, France-All Blacks: Le pied à l’étrier

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Bernard Laporte a choisi d'innover pour affronter les Blacks. Etait-ce seulement le moment?

Par Peyo Greenslip 

Encore une fois, Bernard Laporte a réitéré son appel du pied aux gros portefeuilles. « J'ai hâte de commencer la politique » annonce-t-il aussi fièrement que naïvement. Qu'il se rassure, il n'en a plus pour très longtemps. Deux semaines à tout casser. Alors sa méthode Coué pour se prémunir d'un éventuel revirement élyséen n'aura plus lieu d'être. Aujourd'hui, l'annonce du XV tricolore pour défier les Blacks samedi à Cardiff reflète bien de ce refus de l'immobilisme, élevé au rang de devise de l'actuel gouvernement. Innover pour innover. Etre partout et nulle part à la fois (tiens, tiens, ça nous rapelle le parcours de  ce XV de France, absent à Saint-Denis, retrouvé en province puis exilé outre-Manche).

 Les Gunners de Cardiff

Aujourd'hui, le looser tarnais a pris des risques. Enfin, diront certains. Avait-il seulement le choix? Le niveau des Bleus en poule ne leur permet pas de prétendre rivaliser avec les Blacks. Si défensivement la France dispose d'un rideau hermétique emmené par une défense individuelle agressive et performante (un seul essai encaissé contre l'Argentine et l'Irlande, et encore sur interception), son jeu offensif pauvre, prévisible et truffé de maladresse, combinée à un déficit de puissance physique réduisent comme peau de chagrin les opportunités de faire plier une défense néo-zélandaise dont le talon d'achille (s'il en est un) réside dans les tatonnements au centre et à l'arrière. Dans cet optique, Laporte, qui n'est tout de même pas maso, a choisi d'opter pour une ligne de trois-quart bombardier. L'artillerie lourde autour de l'axe Beauxis-Traille aura en charge de laisser aux Blacks le moins d'opportunités de contre-attaque. Un tel choix implique cependant une réduction considérable de la vitesse et de l'opportunisme de la ligne de trois-quart. Autant dire que les attaques tricolores ne devraient pas être légions.

 

Thion, le nez dans la Pelous

Concernant le pack, la première ligne intouchable (le manque de piliers compétitif est même très inquiétant pour l'avenir des Bleus) est reconduite. Nallet le besogneux est prié de ne pas enfiler le bleu de travail samedi. Chabal le fantasque aura tout juste droit à celui de joker. Pourtant cet attelage aurait été le seul, par sa mobilité, sa disponibilité et sa puissance, a pouvoir soutenir le défi physique néo-zélandais. Que restera-t-il de Pelous et Thion lorsque les temps de jeu assénés par la troisième-ligne  se multiplieront? La troisième-ligne aura elle-aussi le souci de défendre avant d'attaquer. Dans cet optique, l'abattage de Dusautoir a été préféré aux jambes (trop) frêles de Nyanga. Martin paye encore son fiasco argentin, même si son énergie aurait pu-être intéressante.

Enfin dernier point, le banc qui présente un profil radicalement plus joueur que le XV titulaire. Des fois que les choses déraillent…

 

Rugby, Coupe du monde, France-Irlande : Toulouse is to win

 

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Comme expliqué, ici-même, hier, le XV de France s’est montré bien supérieur aux hommes de Brian O’Driscoll. Un succès encourageant, mais dont il ne faut pas se gargariser. Ces verts là étaient bien pâles…

21 heures. Le périphérique toulousain s’est vidé. Les perspectives d’un dernier week-end annoncé estival ont laissé place à une excitation fébrile. En contrebas, le Wallon observe. Silencieux, tranquille, apaisé, l’édifice ne tremble pas (malgré les célébrations récentes de l’explosion d’AZF). Vidé de son sang et de son âme, le stade a visiblement la tête ailleurs. Paris et ses lumières lui font du pied. Et pour cause. A Saint-Denis, ce sont ses chérubins qui portent le XV de France jusqu’aux quarts de finale. Ils approvisionnent le tableau d’affichage mais aussi l’imagination et l’audace d’un groupe jusqu’ici aussi tendu que les cordes vocales de Jane Birkin. Et si Toulouse avait fait tout simplement jaillir en ce groupe la confiance.

Bien sûr, la folie médiatique va de nouveau s’acculer derrière Ibanez et ses hommes. D’aucuns les verront désormais rivaliser avec les Blacks, à Cardiff ou ailleurs. Pourtant, il faut garder à l’esprit que cette qualification se fit au détriment d’une équipe du Trèfle aussi faible que l’avaient laissé augurer leurs pénibles premières sorties.

Le jeu : Fighting aspirine

Dès l’entame, les Français, vaccinés par leur mésaventure argentine, se sont préservés de toutes prises de risques et crises d’angoisse, en occupant le camp irlandais. Les réceptions sûres de Poitrenaud sous les chandelles d’un O’Gara, illuminé par les cierges allumés par Hernandez, ont éclairé les Bleus. Une conquête souveraine autour d’une première ligne convaincante et d’un Bonnaire sur ressorts ont fini de chasser les doutes tricolores. Sans pour autant parvenir à faire plier le fighting spirit irlandais. Il faudra pour cela une énième faute verte, un carton jaune contre le rouquin O’Connell (et pas seulement à cause de sa couleur capillaire) et une inspiration lumineuse de Michalak.

Moins maladroite et beaucoup plus dynamique, la France a offert un visage radicalement changé, façonné par Jean-Baptiste Elissalde, chef de meute et d’attaque. Pour autant, les Bleus ont souffert même si les filets de la défense tissés par David Ellis se sont montrés infranchissables. La France n’a d’ailleurs pas encaissé d’essais sur une attaque construite depuis des lustres. Mais les Irlandais, résolument moins puissants que les nations de l’hémisphère sud, ont pointé du doigt quelques zones friables notamment auprès du regroupement, soit par du pick and go, soit par un jeu de croisée autour du 10.

Les joueurs : Le Bonnaire est dans le pré

De Villiers (12/20) et Milloud (12/20) se sont concentrés sur les phases de conquêtes où ils ont épuisé leur vis-à-vis. Exploitent-ils néanmoins leur potentiel à leur maximum ? Ibanez (11/20), tel un cavalier du Rohan, a sonné la charge. Mais au prix d’un isolement récurrent qui coûta des pénalités aux tricolores. Il doit également se montrer davantage appliqué sur ses lancers. La seconde ligne a soutenu la comparaison d’un des meilleurs attelages internationaux (O’Connel, O’Callaghan). Chabal (12,5/20) s’est montré moins virevoltant face à une défense plus affutée, alors que Thion (11/20) fut aussi discret qu’un cheveu sur le crâne de Vincent Lagaf’. Comment, à ce niveau, peut-on se priver du tonus et de l’activité de Lionel Nallet durant les deux tiers de la partie ? La troisième ligne s’en est donnée à cœur-joie. Betsen (14/20) a plaqué et restructuré le jeu français quand c’était nécessaire. Toujours au soutien, Dusautoir (13/20) n’a pas rechigné d’efforts. Julien Bonnaire (16/20) enfin, a tout simplement rayonné. Royal en touche, serein derrière sa mêlée, omniprésent en défense et comme premier soutien, le néo-Clermontois a grappillé en prime quelques ballons cruciaux.

A la baguette, Elissalde (15,5/20) a parfaitement cornaqué ses avants. Des choix judicieux, de la vista et surtout du dynamisme, comme en témoignent ces pénalités jouées rapidement ont permis aux tricolores de délaisser ce costume de jeu trop conventionnel dans lequel ils semblaient étouffer. Michalak (12/20) s’est montré plutôt inspiré et a su alterner le jeu, en réduisant considérablement le nombre de fautes de mains dans sa ligne. S’il put souvent compter sur Damien Traille (13/20) pour le jeu au pied long, le futur-ex toulousain adressa un bijou de passe au pied à Clerc pour l’essai. Un éclair qui ne fait pas oublier son jeu au pied médiocre. Le Biarrot, lui, fut appliqué, tout comme Marty (11,5/20), sans pour autant qu’aucun des deux centres ne parvienne à créer la moindre brèche. Pendant ce temps, Jauzion se morfondait sur la touche. Les ailiers toulousains, Heymans (13/20) et Clerc (15/20), ont brillé. Ce dernier, grâce à son doublé, est même devenu le meilleur marqueur d’essais du Mondial. Clément Poitrenaud (14/20), s’il n’a pas toujours joué juste (coup de pied direct en touche…), a eu le mérite de rassurer ses camarades par ses prises de balles courageuses en tout début de partie. Le tampon asséné par O’Driscoll souligne ses lacunes physiques.

Hier soir, les Bleus se sont réhabilités auprès de leur public, sans pour autant pleinement se rassurer (avec plus de lucidité, le bonus était envisageable). L’épine dorsale (8-9-10-15) qui se dessine enfin, est la meilleure source d’espoir pour la suite. Gare à l’emballage…

Peyo Greenslip

Rugby, Coupe du monde, France-Irlande : L’Eire du large

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La France joue ce soir le match le plus important de son histoire. Une défaite signerait l’échec le plus cuisant de tout un sport. Mais peut-être aussi l’idée d’un nouveau départ…

Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé, le XV de France va mourir. Ce que je vous demande, c’est d’être courageux. L’exécution est prévue, sommairement diligentée par le bourreau chauve. À vrai dire, la prophétie de Guy Môquet ne devrait tarder à se réaliser. Probablement pas ce soir, dans ce qui pourrait s’apparenter au match le plus important de l’histoire du XV de France, tant les enjeux n’ont jamais atteint pareille folie. Si la coulée verte n’aura pas raison des Bleus, la marée noire finira d’engloutir les derniers espoirs de grandeur. Le jeu de rugby retournera alors à la discrétion et à l’humilité dans laquelle il baignait avant que les affres médiatiques ne l’en arrachent. Pour le plus grand bonheur de ses amateurs…

S’il n’a pas, en ses mains, le pouvoir d’arrêter la date de cette funeste issue, Bernard Laporte a profité de la semaine pour réaffirmer son entêtement dans l’entreprise de démolition dans laquelle il s’est lancé. Nallet sur le banc, Chabal titulaire, Marty et Traille préférés à Jauzion qui fut, il n’y a pas si longtemps, consacré meilleur joueur du monde et demeure, malgré une forme irrégulière, un centre de tout premier plan au niveau international. Reste que ces erreurs découlent des choix du Gaillacois. Contestables mais par essence subjectifs. Là où le rugby et ses amateurs peuvent s’estimer floués, c’est dans la gestion de l’événement. Et cette semaine, le marchant ambulant de Madrange s’en est payé une bonne tranche en réaffirmant que même le parcours calamiteux des Bleus ne l’empêcherait pas de pénétrer, fut-ce par la petite porte, sur le pré politique. L’ancien Béglais était pourtant censé tenir ses futures fonctions à l’écart du registre sportif. Sans doute le dernier vœu pieux du Laporte rugbyman. Encore un…

En attendant, les Tricolores n’ont d’autres alternatives que la victoire ce soir pour repousser l’échéance. Ils devraient y parvenir sans trop trembler tant les Irlandais n’agitent plus que de vieux démons que les faibles Géorgiens ont bien failli chasser d’un coup de bravoure. Le principal attrait sera peut-être finalement le Chabal new-look: sans barbe, mais avec toujours la même maladresse. Pendant ce temps, à l'abri des caméras, Lionel Nallet maudira son coiffeur. Oublié des objectifs, Pascal Papé n’aura que plus de rancœur contre son apparence trop lisse. Elle était pourtant là, la seconde ligne idéale. Mais désormais, les jeux sont faits et les dernières cartes dans les mains directeur de casinos (activité qu'il mène d’ailleurs avec autant de succès que celle de sélectionneur).

Dernières pensées : Vous tous qui resterez (joueurs, responsables institutionnels,…) soyez dignes de nous, simples mais fervents amateurs de rugby…

Peyo Greenslip

Rugby, Coupe du monde, France-Namibie : La brèche de M. Rolland

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L’arbitre de France-Namibie a tout simplement assassiné un match dont le suspense était déjà sous respiration artificielle. Du coup, difficile d’en tirer quoi que ce soit pour les Bleus, sinon les cinq points.

captson4.jpg Par Peyo Greenslip

Les Pyrénées regorgent de merveilles. Ce collier de perles, qui ourle l’Occitanie, s’étire magistralement de l’Atlantique jusqu’à la Méditerranée. En son centre, en plein cœur de la Bigorre, non loin de l’écrin de Gavarnie, le temps a fait une saignée dans la roche. À moins qu’il ne s’agisse, comme le veut la légende, de l’écho de la corne du chevalier Rolland. Dimanche, à Toulouse, la montagne n’a pas accouché d’une souris, mais d’un blaireau dont le nom a pris une résonance particulière dans ce coin de France : Rolland. Attention, pas le sénile qui a égayé, par ses interventions, la dernière Coupe du monde de foot (non, pour ça, on a un autre Thierry qui n’a rien à lui envier). Non, c’est avec son sifflet que cet Irlandais nous en a fait voir des vertes et des pas mures. Non content de faire preuve d’un manque flagrant d’application et de professionnalisme, Alain, pas philosophe pour un sou, s’est en plus affublé d’un défaut désobligeant de sagacité et de discernement, créant les brèches que les Français peinaient jusqu’ici à s’ouvrir.

David terrasse Goliath

Le referee a en effet oublié de siffler bon nombre d’en-avants tricolores (heureusement pour Marty dont l’ardoise avoisinait tout de même la demi-douzaine de fautes de mains). Au moins deux d’entre eux conduisant à des essais tricolores. Déjà lésés par ces oublis, les Namibiens dont l’ardeur défensive commençait déjà à laisser entrevoir des lacunes physiques et techniques patentes, ont été poignardés par le gentlemen siffleur. L’ogre Chabal est au sol. Nieuwenhuis, le petit David namibien, a troqué son lance-pierres pour une bonne cravate des familles, tout aussi efficace. Mais on ne touche pas au chouchou tricolore impunément. Carton rouge. Goliath finira par se relever. Pas la Namibie. Si l’on ne peut douter de la dangerosité du placage, l’équipe du Vestiaire estime qu’il est totalement absurde d’avoir expulsé le troisième-ligne namibien. Un carton jaune aurait été nettement plus opportun dans un rapport de force aussi déséquilibré.

Balade irlandaise

Au final, cette expulsion aura été néfaste à tous les protagonistes, du public aux joueurs français, qui n’ont pu s’étalonner. Privés de suspense et d’adversaires, difficile de tirer des enseignements de la prestation tricolores. Elissalde a bien cornaqué son pack tout en insufflant du dynamisme. Michalak a connu un départ plus poussif, avant de se libérer en même temps que le compteur tournait. À voir dans une situation moins confortable. Chez les trois-quarts, Marty (perforant mais trop maladroit) a perdu autant de points que Clerc en a gagnés. Du coup, le retour de Jauzion au centre est inévitable, alors que celui de Dominici est plus suspendu. Poitrenaud, sans se montrer brillant, en a fait assez pour conserver sa place. Les avants se sont montrés efficaces. La prestation de Poux est intéressante même si Milloud est indiscutable. Nallet a fait le boulot, Chabal le spectacle. Face à la rude seconde ligne irlandaise, l’abattage du premier paraît indispensable. Enfin, en troisième ligne, Dusautoir a confirmé, tout comme Bonnaire. Ils devraient être associés à Betsen face au trèfle. Le Biarrot devra s’imposer comme chef de file d’un pack vraisemblablement amputé de ses deux capitaines. Vendredi, l’Irlande ne sera pas au sifflet mais bien sur le terrain, gonflée d’orgueil. Et il ne sera plus question de balade pour les Bleus…

Rugby, Coupe du monde, France-Namibie : Putain con-vaincre !

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C’est à Toulouse que les Tricolores devront faire le plein face à la Namibie. Cinq points et la manière sont indispensables avant de se projeter sur le duel capital face aux Irlandais, vendredi.

captson3.jpg  Par Peyo Greenslip

Namibie, Namibie… Euh, non je vois pas. Ah, la Coupe du monde et ses petites découvertes. Qui aurait cru que le XV de France puisse un jour douter, au point de craindre ce bout de terre encore moins médiatisé que les îles Karabati, et ses Bleus d’Afrique, sorte de Springboks du pauvre et de l’amateur ? Sauf qu’entre-temps, les petites nations ont montré des dents longues et aiguisées de courage, à intimider les prédateurs en délicatesse avec leur forces de frappe (un mal circonscrit toutefois aux pseudo-carnassiers européens). Hier, comme dimanche dernier, Chaban Delmas n’a pas assisté à la boucherie annoncée et les sueurs froides que la bravoure géorgienne a fait courir le long de l’échine irlandaise ne sont pas de nature à rassurer les Bleus de France.

D’une part parce qu’elles confirment le rôle de poil à gratter dans lequel se sont immiscés les deux petits poucets géorgien et namibien. D’autre part, parce qu’elles pourraient piquer au vif une formation irlandaise que les Tricolores devront amadouer vendredi à Saint-Denis. Mais pour l’heure, c’est face à la Namibie que les Français doivent rebondir. Pas question d’être en retard. Du coup, les « impact players », remontés comme des coucous, ne seront pas priés d’attendre l’heure de jeu pour remettre les pendules à l’heure. Michalak, Szarzewski et Chabal notamment, seront titulaires sur les bords de la Garonne. Propulsé responsable numéro un de la faillite inaugurale, Guy Môquet a été remisé au placard. Ils sont douze à l’y avoir rejoint, victime du coup de balai du technichien de surface Laporte.

Se nourrir de sourires

Du coup, c’est aux mains des Toulousains qu’ont échoué les clefs d’un camion bleu qu’il va falloir ramener sur les pistes de la confiance et de l’ambition. Car de l’euphorie initiale, les Pumas ont fait jaillir un scepticisme et une morosité qui semblent bien moins volatiles. C’est donc autour d’une épine dorsale rouge et noire (étrangement amputée de sa vertèbre centrale Jauzion) que les Bleus vont chercher à se resserrer, se regrouper, se retrouver. Bien sûr, l’objectif ne peut être autre que la victoire avec bonus. Mais au-delà, c’est de sourires et d’initiatives que cette équipe de France, aussi constipée à Saint-Denis que VGE derrière son bureau présidentiel, doit se nourrir.

Pour cela, la charnière Elissalde-Michalak devra jouer de dynamisme et de fluidité, en ne perdant pas de vue la nécessité de remporter ce match et donc de prendre les points lorsqu’ils se présenteront. Au Stadium, et derrière un pack dont on n’ose imaginer qu’il puisse souffrir, la paire sera dans ses petits souliers. Tout comme Clément Poitrenaud (s’il a digéré ses lectures de vacances). Il ne faudra toutefois pas que ces Toulousains se montrent désireux de trop en faire. Dans le pack, le comportement de la deuxième ligne et notamment de Lionel Nallet, meilleur Français au poste et injustement évincé du quinze d’ouverture, sera à suivre. Tout comme le rendement de cette troisième ligne plus mobile. La gifle inaugurale de Saint-Denis devrait toutefois préserver les tricolores de tout péché d’orgueil…

Rugby, Coupe du monde : Bruits de troisième mi-temps

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captson2.jpg Par Peyo Greenslip

Yashvili aura tout tenté

Evincé par Bernard Laporte, Dimitri Yashvili ne participera pas à la Coupe du monde. Le demi de mêlée biarrot aura pourtant tout essayé pour affronter les Pumas, même jusqu’à emprunter un pseudo au sein de l’équipe géorgienne. Mais c’est alors une blessure qui a stoppé la bête noire des anglais (remember cet hiver), comme le révèle le site de L’Equipe : Otar Eloshvili, le trois-quarts centre géorgien blessé lors d'un entraînement « manquera très probablement le premier match » contre l'Argentine, mardi à Lyon. Il en va de même pour Alain Goma, frustré de n’avoir pu jouer la Coupe Concacaf avec les Antilles, et qui ne pourra tenir sa place dans les rangs lusitanéens : le centre du Portugal Diogo Gama était forfait pour le premier match face à l'Ecosse, hier, en raison d’une entorse. Son palmarès demeurera aussi rempli qu’un rayon charcuterie en plein Montreuil.

Le rugby pour les nuls

Pendant les rencontres de ce Mondial, les écrans géants des stades diffuseront les ralentis des actions, mais aussi les statistiques du match et des explications sur les décisions arbitrales. Ce sera une grande première en France et devrait permettre au public de mieux apprécier le déroulement du jeu. Ce sera également l’occasion pour les commentateurs de TF1, le polyvalent Christian Jeanpierre en tête, d’assimiler ce qu’est un en-avant ou pourquoi on s’attache à envoyer ce ballon déformé au dessus des buts. L’expertise de Christophe Landreau, grand scientifique du rugby, ne devrait rien enlever à notre jubilation.

« Muscle ton jeu Clément »

Pour mieux comprendre comment les footeux sont arrivés à leur but, les plus jeunes joueurs du XV de France ont téléchargés sur leur i-pod le discours d'Aimé Jacquet avant le premier match des Bleus, en 1998. Un discours où le sélectionneur persuade ses joueurs qu'ils vont être champions du monde. La bande passe en boucle en ce moment à Marcoussis. Extraits : « Chabal c’est pas Domi. Domi, c’est quoi sa force ? C’est les trente derniers mètres (…) Clément, muscle ton jeu, bonhomme. Si tu muscles pas ton jeu, tu vas au devant de grandes déconvenues (…) Fred, il sort d’une saison noire. C’est un attaquant et là il doute parce que ça marche pas. Mais moi j’ai beaucoup de respect pour les attaquants.  Et c’est pas par hasard s’il finit meilleur attaquant du championnat… » Visiblement, le message a du mal à être assimilé.

Chacun son monde

Le sélectionneur du Portugal, Tomaz Morais, estime que le Portugal est en mesure de livrer une solide résistance face à ses adversaires de la poule C (Roumanie, Nouvelle-Zélande, Ecosse, Italie). « Nous voulons réussir un bon Mondial parce que c'est très important pour que ce sport se développe au Portugal, a-t-il déclaré. Notre finale, ce sera contre la Roumanie. (Ndlr, le 25 septembre). » L'entraîneur portugais ne s'inquiète pas pour la santé de ses joueurs lors de la confrontation contre la Nouvelle-Zélande. « Ce sera un match historique pour nous, car nous n'avons jamais joué contre une équipe d'un tel niveau, a assuré Morais. Mais aussi pour eux, parce qu'ils joueront pour la première fois de leur vie contre une vraie équipe amateur, la meilleure équipe amateur du monde ! » Carter and (Mc) co sont prévenus…

Rugby, Coupe du monde, Equipe de France : Une griffe française

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La défaite des Bleus (17 à 12) a mis en lumière les carences mentales d'un groupe qui n'a pas su absorber la pression. Tout n'est pas fini, mais la survie passe par une remise en question.

captson1.jpg Par Peyo Greenslip

« Surtout ne pas se mentir ». Alors, mon bon Jo, puisque tu nous en pries, ne soyons pas Maso mais juste réalistes. L’équipe de France est passé au travers de son entrée en lice dans le Mondial, faisant ressurgir un avatar de ce mal si Français, l’incapacité de faire face à la pression d’une étiquette de favori si vite collée. On croyait les rugbymen préservés de cette affliction. Mais leur tour d’Ivoire de Marcoussis n’aura pas suffi à éloigner les affres d’une médiatisation inédite dans le monde de l’Ovalie. Au contraire, ça les a tués. Car si les Bleus se sont inclinés hier soir, ce n’est sûrement pas à cause de Pumas sobres mais, pour autant, loins du génie.

Non, s’ils ont mis un genou sur la terre francilienne et dilapidé ainsi le seul joker qu’ils détenaient, les Tricolores doivent d’abord s’en prendre à eux-mêmes. Regardez ce pauvre David Skrela, livide, à en mettre en alerte tout le service de cardiologie de l’hôpital Necker (voire même le personnel du Père Lachaise), là où Hernandez, le teint mat à rendre jaloux les Beach Boys, sur une tête si haute qu’elle en tutoierait la cime dorée de la tour de Gustave, avançait fièrement, guidé par son petit caporal, au Stade de France, comme chez lui.

Le jeu : transformation ratée

Hier, les Bleus ont entamé le match terrorisés (une part de responsabilité incombe peut-être à l’atroce français du Doc Millar), réduisant ainsi à néant le travail important du cinq de devant. Un premier lancer échappé ne jeta pas le trouble sur les « gros » qui rivalisèrent avec le pack argentin, le mettant même épisodiquement sur le reculoir sur quelques mêlées importantes. La conquête assurée, c’est dans la transformation du jeu que les Bleus se sont loupés. La responsabilité de la charnière est alors directement impliquée, entre un Mignoni asphyxié par son vis-à-vis et un Skrela dont on eut l’impression qu’il se débattait seul, en apnée, contre d’inexorables courants contraires. Qu’attendaient ses centres pour lui venir en aide ?

Cette absence des demis se traduisit par une pression constante sur les épaules tricolores, confinés durant toute la première mi-temps à évoluer dans leur propre moitié de terrain. A ce jeu-là, la sérénité d’Hernandez régula le match, arrosé d’une pluie de chandelles. L’une d’elles, pourtant récupérée par les filets français aux mailles enfin resserrées, termina par un jeu de passe-passe dans l’en-but tricolore, aux bras du turbo Corleto. Un essai symbolique de la fébrilité des Bleus. En-avants, passes interceptées, absences aux points de chute… La litanie des maladresses témoignant de l’effroi qui coulait dans les veines tricolores est interminable. Comme tous ces ballons perdus après contact. Jamais les Bleus n’ont semblé vouloir aller au bout de leurs initiatives, se délestant d’un ballon devenu brûlant au contact des mains tricolores, là où ce même ovaloïde s’accommodait si bien de la froideur des griffes argentines. Le deuxième-acte ne fit que confirmer cette fébrilité, compensée toutefois par un léger ascendant physique. Insuffisant et finalement ce n’est que logique tant la maîtrise des Pumas sur ce match fut patente.

Les joueurs : 3e ligne en berne

Le pack, et notamment la première ligne, n’a pas à rougir de sa performance. Milloud (13/20) et De Villiers (13/20) ont dompté leur vis-à-vis dans le combat frontal, ce qui a néanmoins réduisit leur rayon d’activité dans le jeu. Il en va de même pour Ibanez (12/20), qui est apparu moins saignant que le Clermontois Ledesma. Pelous (12/20) tenta bien de mettre de l’eau sur le feu qui gagnait la maison bleue, pendant que Thion (9/20), actif en défense, parut bien transparent en attaque, ne parvenant jamais à effriter la défense argentine. La troisième ligne, fut, avec la charnière, la base du fiasco tricolore. Alors que Laporte avait préféré le tonus défensif de Martin (7/20) à la puissance de Dusautoir, le ni le Parisien (responsable sur l’essai), ni le Biarrot Betsen (9/20) ne mirent la moindre pression sur une charnière pumas libre d’amuser la galerie à sa guise. Comme nous nous en inquiétions déjà vendredi, on est en droit de se demander comment les Français ont pu se permettre de laisser tant de liberté à Juan Hernandez ?

En N.8, Harinordoqui (7/20), plombé par plusieurs maladresses initiales, passa totalement au travers de son match. Tout comme Mignoni (7,5/20), réduit à peu de choses face à la roublardise et à la grinta de Pichot, pur prototype du demi de mêlée idéal. David Skrela (6,5/20) ne parvint jamais à se dépêtrer de la pression ciel et blanche, tant au pied que dans l’animation offensive. Damien Traille (7,5/20) fit davantage admirer sa lenteur, sa maladresse et son cuir chevelu que son coup de pied (ce pourquoi il est sélectionné). Etonnant, alors que David Skrela peinait avec sa botte. On se demande encore si Jauzion (8/20) a joué hier alors que Rougerie (10/20) et Dominici (8/20), qui évoluait pourtant face à un amateur, n’ont pratiquement jamais réussi à prendre le dessus sur leurs vis-à-vis. Heymans (9/20), enfin, croula, comme nous l’avions également annoncé, sous les chandelles et manqua parfois d’audace sur certains ballons qui auraient pu être exploités.

Cette défaite ne ruine pas définitivement les chances françaises, mais sonne comme un coup d’arrêt au positivisme dans lequel le clan Laporte semblait baigner. Désormais, la route de la qualification passera indubitablement par un succès sur l’Irlande. Celle de la finale, vraisemblablement par un quart de finale face aux Blacks, à Cardiff. A voir la façon dont les Bleus ont géré ce premier match à domicile, cela pourrait être un mal pour un bien.

Rugby, Coupe du monde, France-Argentine : Le tango de la mort

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Les Français ouvrent ce soir leur Mondial face aux Argentins, qui ne leur ont guère réussi sous l’ère Laporte. Mais ils n’ont pas le choix…

captson.jpg Par Peyo Greenslip

Des années qu’on y pense, des semaines qu’on s’y prépare, des jours qui font que l’on finit par en douter… A vrai dire, cette Coupe du monde qui s’ouvre ce soir, c’est un peu comme un dépucelage, ce grand saut dans l’inconnu qui doit faire de vous des hommes. Et pas seulement parce que, nous autres, cocardiers de Français que nous sommes, attendons que les Coqs déflorent leur palmarès mondial. Non, c’est plus que ça. Peut-être parce que ça se passe chez nous, au domicile familial, sans déranger papa et maman qui dorment à côté. Peut-être aussi parce qu’on a tant éventé l’événement et un succès au bout des doigts que c’est finalement la peur qui s’est immiscée jusque sous les ongles.

Le pack au pas

Mais maintenant que les préliminaires ont été expédiés, la moindre erreur sera fatale. Le kiki mou de Milloud ; comme le caleçon mouillé de De Villiers. Car la première épreuve des libertins en herbe tricolores passera par la rudesse du pack argentin. Un test à balle réelle pour des avants français à qui tout faux pas est interdit sous peine de se ramasser les Blacks dès les quarts-de-finale. Après trois victoires amicales, des questions demeurent en effet sur la tenue de la mêlée et de l’alignement tricolores. Les rythmes et les pas endiablés du tango Puma devraient ainsi mettre à mal les articulations du pack français, qui devra trouver des ressources pour donner la réplique à sa cavalière latine et laisser entrevoir les jambes de ses prétendants de l’arrière. Car si la France s’apprête à un rude corps à corps devant, les trois-quarts tricolores devraient pouvoir se régaler des parties charnues de la féline argentine, dont l’axe du terrain apparaît comme plus hospitalier. A condition de régler toutefois le problème des trublions de la charnière.

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Faire taire (Patrick) Hernandez

Pour cette tâche, M. le secrétaire d’Etat a associé Rémy Martin au Biarrot Serge Betsen. L’abattage du gigolo parisien a été préféré à la perforation du toulousain Dusautoir. Un choix qui montre bien les intentions du sélectionneur français : museler la charnière Pichot/Hernandez au prix d’un pressing extrêmement haut. Pour cela, il sera demandé aux flankers tricolores d’harceler sans cesse les maîtres à jouer argentins, dont la roublardise, l’habileté et le génie pèsent comme une terrible menace pour les Bleus. Hernandez, rugbyman international le plus abouti à l’heure actuelle, est né pour être vivant et inoculer le danger au moindre ballon qui lui échoie. En bon artificier, el Mago ne devrait ainsi, par exemple, pas se priver d’allumer quelques pétards au-dessus d’un Cedric Heymans novice à l’arrière (le niveau des Gallois étant aussi déshérité que les docks boueux de Newport).

One shot

De dépucelage, il ne sera pas question pour tout le monde lors de ce rendez-vous dont un des outsiders au titre mondial sortira défroqué. Les deux entraîneurs tireront eux leurs dernières cartouches à l’occasion de cet événement international. Laporte, délesté de ses contrats publicitaires, s’en ira débouchonner de la bourgeoise dans les palaces politiques pendant que son homologue argentin, Marcelo Loffreda, changera de monture et s’accommodera de tigresses des bas-fonds de Leicester. Chacun ses valeurs. Attention à ne pas souiller celles, ancestrales, du rugby… Pour les jeunes Bleus, le rendez-vous des hommes c’est ce soir, 21 heures.

Rugby, Coupe du monde : Qui pendra Laporte ?

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A l'occasion de la Coupe du monde de rugby qui débute aujourd'hui, l'équipe du Vestiaire a l'honneur d'accueillir dans ses rangs un des plus grands spécialistes planétaires de la balle ovale, en la personne du Bigourdan-Britannique Peyo Greenslip.

Celui-ci est une légende des deux côtés de la Manche. Formé à la dure école Simon-Steiner, ce demi de mêlée à l'accent hirsute a débuté son métier, il y a bien longtemps déjà, sur nos terres hexagonales en commentant à la radio un mythique Romorantin-Sète. Après avoir été une plume assérée de Midi Olympique et de La Dépêche du midi, il a connu la consécration lorsqu'il est devenu commentateur pour la BBC.

Régulièrement, Peyo Greenslip nous livrera ses bruits de troisième mi-temps et ses analyses à la serpe des matches de la compétition.

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Rugby, Coupe du monde, XV de France : Michalak, sauce revanche

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Retournée dans l'ombre, la future ancienne star toulousaine attaque ce Mondial dans la peau d'un remplaçant. Mais il devrait vite retrouver la lumière…

Le piment d’Anelka ou la douceur de Michalak ? L’amertume du caïd (et de son frangin illettré) des bas d’immeubles de Trappes ou la fadeur du gendre idéal pyrénéen ? Manchot ou pied carré ? Foot ou rugby ? Chez Quick, on a le choix. Pour le demi d’ouverture du Stade toulousain, ce fut simple ration de ballon ovale et son jeu au pied en vomit encore. Après, entre autres Cauet et Les Simpson, ce n’est pas un hasard si Frédéric Michalak prête son nom à un hamburger qui ne désinfectera pas les gosiers rôdés aux menus XL. C’est avant tout une question de portefeuille, de QI… et d’image (imaginez juste une seconde : à quoi aurait pu ressembler le Chabal Burger ?).

Le Toulousain séduit encore. Sa côte de popularité, catapultée sur les cimes médiatiques lors de la dernière Coupe du monde, en 2003, n’est guère descendue. Contrairement à son niveau de jeu. Si l’on ne peut accabler Fred le guitariste de tous les mots, la disette traversée actuellement par son club, c’est un peu la sienne. Lui qui a laissé son génie (Salviac en avait mouillé son pantalon de laine, malgré sa Téna triple épaisseur, un soir de juin 2001 face à Clermont) sur les shortbreaks australiens, là où, pendant ce temps, Chabal se plaisait à se faire les dents et les biceps sur les requins locaux.

Aux antipodes de son talent

Comme Wilkinson, qui l’avait toréé avec maestria sous la pluie de Sydney, Michalak ne s’est jamais remis du voyage austral. Ses faiblesses au pied, déjà criardes, se sont comme alourdies dans les valises. Ceux qui encensaient jadis son génie, criblaient dès lors sa folie. Eternel incompris Michalak ? Peut-être. Sauf qu’avec quatre années de galère, le Stadiste pourrait être la bonne surprise d’un Mondial qu’il attaquera sur le banc. Après une année où il a davantage fréquenté la clinique et le banc toulousain que la pelouse d’Ernest Wallon, Fred arrive frais et sans pression. Si son entente avec les ¾ toulousains n’est pas à démontrer, celle avec David Skrela au poste de premier centre est à essayer. Une telle combinaison lui permettrait de se délester sur le Parisien pour le jeu au pied, mais aussi de lui ouvrir des brèches dans le dos de la défense comme il se plaît à faire.

Car si elle dispose de plusieurs flèches sur ses ailes, la France ne jouit pas d’autant de célérité au centre, avec des paires aussi rapides qu’une charnière Deloumeaux-Dumas. Le coulissement de Skrela, très prompt à jaillir dans le dos de la défense (jaillir par derrière, on connaît chez les protégés de Maxou…), se révèlerait ainsi une très bonne alternative. Sans parler de son rendement défensif.

Le piquant de l’orgueil

Aujourd’hui, l’émergence de Skrela contraint Michalak au mutisme. Le Parisien, impeccable en bleu depuis l’hiver, est indiscutable. Mais le Toulousain représente un atout indéniable, tant il présente un profil différent de l’ancien Columérin. L’entrée en piste du joker ne devrait tarder. Deux matches devraient suffire pour attester que Traille (au jeu au pied si lourd qu’il l’empêche de courir), n’est pas à sa place à ce niveau. Il sera alors temps pour Michalak de montrer qu’il n’est pas un fromage et que lui aussi déborde du piquant de l’orgueil.