La question interdite : le PSG va-t-il gagner la Ligue des Champions ?

C’est moins en voyant Anderlecht-PSG qu’en zappant sur les autres matchs qu’on comprend qu’il est temps de poser la question.

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Est-ce en Belgique qu’on peut comprendre qu’on sera champion d’Europe ? Rien ne l’interdit, puisque c’est bien en pensant que Gourcuff était Zidane que Bordeaux a été jusqu’en quarts. Paris a réussi ce qu’une grande équipe aurait réussi à Anderlecht : mettre une grosse branlée à une équipe de nuls qui n’a rien à faire ici. Il fallait le faire, c’est fait, vive Verratti qui dribble trois Belges dans sa propre surface. Pour faire bonne mesure, il l’avait aussi fait contre Benfica et l’Olympiakos, et le PSG avait aussi mis une taule en une mi-temps. Comme un futur huitième de finaliste se cache parmi ces trois belles équipes, Blanc peut laisser Gasset travailler sereinement jusqu’au printemps, lui laisser bosser la possession pour monter à 70%. Les médias crient au Barça et ce n’est pas un SOS, même si ça devrait.

Le vrai problème sera de maintenir tout le monde sous pression. Pas Ibra ni Cavani, qui flambent comme chaque automne, rarement après comme on vous l’a raconté ici et . Et le duo le plus prolifique d’Europe continuera à nous régaler tant que les demi-finales de C1 ou de Mondial ne seront pas organisées en octobre. Pas non plus les autres joueurs du PSG, qui feront comme l’an dernier : jouer les matchs qui les intéressent et laisser les autres à Digne, Ménez et Rabiot. Non, ce sont les autres clubs qu’il faut garder sous pression.

Le Barça a gardé le même niveau de forme que lors du quart de l’an dernier ; sans y voir un rapport avec Cavani, Paris ne pourra pas passer à chaque fois à côté de sa supériorité. Le Real prend des buts, donc il en prendra contre Paris. Les Italiens sont moins forts sans Ibra, ce qui veut tout dire et rien à la fois sinon que le Calcio n’intéresse toujours pas grand monde à part le palmarès de Rudi Garcia.

Manchester a tué le père, Arsenal ne l’a pas tué, Chelsea l’a fait revenir et City a plus que jamais besoin d’argent de poche : pas grand-chose à craindre des Anglais non plus. Il reste évidemment les Allemands et là tout devient passionnant : le Bayern ne sait plus comment être le Bayern et Dortmund effraie l’Europe entière en ayant gagné deux de ses onze derniers déplacements en C1. Attention à Leverkusen et Schalke, donc.

La question additionnelle : Benzema mérite-t-il le Ballon d’or ?

Ca dépend de Morata, attention au petit Cristiano quand même, il est pas mal en ce moment. Mais si Benzema évite de rater encore un but tout fait à 30cm de la ligne sans gardien devant lui, ça devrait bien se passer.

Question interdite : Gareth Bale est-il l’escroquerie du siècle ?

Gareth Bale a coûté tellement cher qu’une simple histoire de maillots à vendre ne suffira pas à lui faire raboter le menton ou recoller les oreilles. A-t-on déjà vu un joueur de 24 ans ayant fait si peu ses preuves être acheté à ce prix ? A-t-on déjà vu un nouveau joueur aussi prometteur être aussi mauvais sur ses premiers matchs ? Qu’attendait le Real à part un gros coup de pub ? Pour trouver la réponse il suffit d’enquêter au coeur des autres plus gros transferts. Quitte à déterrer quelques lièvres à l’agonie.

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Cristiano Ronaldo : En 2009, le Portugal n’héberge plus que des petits minets plein de gel, tee-shirt près du corps dont on s’interroge parfois sur la virilité. Parmi eux on trouve celui qui a failli faire plus qu’effleurer la légende du foot avec son ballon d’or et sa ligue des champions. A l’époque, il a encore ses chances, pense-t-on, c’est pourquoi le Real vide ses caisses pour que Cristiano s’en achète une centaine. Florentino Perez a presque eu raison, puisque tous les portugays d’Ile de France portent désormais un maillot Ronaldo et que son nouveau joujou à mèche marque beaucoup voire énormément de buts. Mais CR a un problème, un problème tout petit mais bien meilleur que lui. Du coup il sera désormais privé de ligue des champions et de presque tous les autres titres. Pas de bol. Pendant cette cette période il a quand même fini par être pas mauvais avec l’équipe du Portugal.

Zinédine Zidane : En 2001, ça fait longtemps que Zidane passe une partie de son temps à être le plus grand, une autre à se faire expulser et une dernière à amasser du pognon. Le Real n’a pas pris un gros risque en lâchant un gros chèque. ZZ ajoutera une ligue des champions qu’il fait gagner par ses propres services. Le reste du temps il branle rien mais on s’en fout c’est Zidane.

Luis Figo : Quand il signe à Madrid en 2000, il ne porte pas la moustache, ne met pas de gel, n’est pas encore ballon d’or, n’a pas brillé à l’Euro 2000 et n’a pas remporté la ligue des champions. Et le Portugal est incapable de confirmer ses exploits de jeunesse. C’est donc un vrai pari même si ça fait un bon paquet d’années que le secret n’était pas très bien gardé : Luis Figo est l’un des plus grands joueurs de l’histoire. Du coup il gagne tout, même s’il était bien entouré et se refusera à porter la moustache ou du gel. Et le Portugal est resté incapable de confirmer ses exploits de jeunesse.

Zlatan Ibrahimovic : Quand il arrive au Barça en 2009, il a un gros nez, les cheveux longs et sa carrière est déjà derrière lui. On sait de quoi il est capable : gagner des titres nationaux et devenir meilleur buteur. On sait de quoi il n’est pas capable : peser dans les grands matchs et remporter la ligue des champions. A Barcelone, il remporte le titre, ne devient pas meilleur buteur et ne gagne pas ligue des champions en ne pesant pas contre l’Inter quand il fallait. Le Barça souhaitait se renforcer et combler le trou laissé par Eto’o. Mais Eto’o avait un Ibra sous chaque ongle. Ibra était donc l’escroquerie du siècle jusqu’à l’arrivée de Gareth Bale. Pourtant à l’inverse du Real, Barcelone était largement prévenu. Pour le plaisir rappelons qu’à Paris, trois ans plus tard, il remporte le titre, devient meilleur buteur et ne gagne pas ligue des champions en ne pesant pas contre Barcelone quand il fallait. Il est donc un peu cher et un peu nul, vu que le PSG visait l’Europe mais il sauve les apparences. Et puis tout le monde était prévenu.

Kaka : En 2009, Kaka n’est plus qu’un cousin éloigné de la star du football brésilien qui a écrasé l’Europe de son talent au milieu des années 2000. Ses performances sont en baisse depuis près de 2 ans. Physiquement il ne tient plus le coup et le peu d’efficacité qu’il lui reste n’apporte plus grand chose au Milan AC dont le décès remonte donc à cette époque. C’est ce moment que choisit le Real  pour recruter Kaka pour un montant légèrement inférieur à celui de Cristiano. Depuis on l’a perdu de vu. Peut-être est-il devenu travelo et call-girl à mi-temps dans un hôtel de luxe de Botafogo. Jusqu’ici l’escroquerie du siècle c’est probablement lui aussi mais là encore ça commençait à se voir.

La France va-t-elle remporter la Coupe du Monde ?

Parfois il est des questions qui peuvent paraître provocantes et qui ne le sont pas du tout. Car aujourd’hui si personne n’ose critiquer Deschamps ou une équipe qui ne marque pas le moindre but à la Géorgie, la Belgique ou l’Uruguay c’est parce que tout le monde sent qu’il se passe quelque chose. Que de cette équipe où les résultats pathétiques succèdent aux prestations catastrophiques depuis 6 ans va naître la lumière. Voici les indices qui montrent que les bleus ont peut-être la meilleure équipe du monde.

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Benzema et Ribery des leaders d’exception

Qui imaginerait qu’une équipe où sévirait la doublure d’Higuain et Adebayor au Real ne parviendrait pas à aligner plus de zéros buts en 5 matchs. Qui imaginerait qu’une sélection emmenée par le maître à jouer du grand Bayern Munich en lice pour le ballon d’or réussirait à marquer en 5 matchs autant que l’équipe de France lors de la Coupe du monde 2002 et un tout petit but de moins qu’à l’Euro 2008 ou la Coupe du monde 2010. Le refrain est connu, à chaque fois qu’il y a eu une grande équipe de France, un génie en dirigeait le jeu : Kopa, Platini, Zidane. En 1988, quand la France tenait Chypre en échec, Bravo, Sauzée et Dib menaient le jeu.  En 1993 quand Israël confisquait le passeport de Papin et Cantona, Sauzée était encore sur le terrain. Ca sent le grand joueur à plein nez. En 1999, quand Andorre transformait Leboeuf en joueur décisif, Dhorasoo avait succédé à Sauzée. Cette fois, la France a deux génies qui ont disputé à peu près trois grandes compétitions depuis le départ de Zidane. Pour le bilan flatteur d’une victoire en 10 matchs. C’était l’année dernière contre l’Ukraine. Si en 2014, la France n’est pas championne du monde avec les mêmes joueurs depuis six ans, c’est à rien n’y comprendre. S’ils passent les barrages aussi.

Parce qu’une équipe est née et même plusieurs fois

Tout le monde s’en souvient, une grande équipe de France est née en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2006 contre l’Espagne. Le problème c’est qu’elle était emmenée par des quasi quinquagénaires et qu’elle est donc morte aussi vite le 6 septembre de la même année en battant l’Italie deux mois après que les Italiens aient récupéré la Coupe du monde. Ensuite, c’est en 2008 à l’issue du 0-0 fondateur contre la Roumanie qu’une équipe est née. Benzema et Ribery étaient sur le terrain, Thuram aussi. Henry avait annoncé la couleur, on allait voir ce qu’on allait voir contre les Pays-Bas. On les a vu nous planter 4 buts, Thuram était sur le terrain . Domenech a ensuite promis la naissance d’une équipe si on le laissait en place.   Escalettes a dit d’accord si Domenech prend au moins 5 points en 3 matchs. Il en pris 4 mais heureusement une équipe est née contre la Roumanie. Et surtout le nouveau Zidane. Du coup il devenait inutile de s’inquiéter de devoir passer par les barrages à cause de la Serbie et de ne se qualifier que grâce à la main de Thierry Henry pour une fois qu’il ne la mettait pas dans la gueule à Benzema. C’est lors des matchs de préparation que les dernières angoisses sont parties grâce à cette victoire à l’arrachée contre le Costa Rica, une équipe était née, elle allait perdre contre la Chine dix jours plus tard et faire la Coupe du monde que l’on connaît. C’est ensuite Laurent Blanc qui va faire renaître cette équipe contre l’Angleterre à l’Euro 2012. Mais l’Espagne à l’agonie sera trop forte pour Debuchy et ses racailles de collègues. Deschamps a longtemps espéré ce fameux match à l’issue duquel la presse raconterait les mêmes conneries qu’après l’Italie, la Roumanie, la Roumanie, le Costa Rica et l’Angleterre. Et miracle, une équipe est née contre l’Espagne en égalisant à la dernière seconde, Giroud était le nouveau Benzema. 8 matchs plus tard, une équipe pourrait bien naître contre la Bielorussie ce soir, si la France ne perd pas.

Une défense intouchable

Intouchable car si on pouvait on ne la toucherait pas. Rami, Evra, Sagna, Varane, Sakho, Abidal et pourquoi pas Clichy, Debuchy ou Reveillère. Des noms qui font rêver. Non on déconne, ça fait rêver personne. Des joueurs, au choix, fragiles, remplaçants, titulaires à Valence, vieux, nuls à chier, blessés, incapables de centrer correctement, nuls à chier. Bref c’est pourri et ça fait longtemps que c’est comme ça. Depuis le 6 septembre 2010 et la première retraite de Thuram, Gallas, Sagnol et Abidal. Quand on ne marque pas, il vaut mieux ne pas prendre de but comme l’avait expliqué Jacquet à Guivarc’h, Dugarry, Loko, Ouedec et Madar. Lizarazu, Thuram, Desailly et Blanc avaient tout entendu.

Domenech sort donc grandi de ces trois dernières années d’équipe de France qu’il a largement contribué à détruire à ne construisant pas de nouvelle génération. Mais de nouvelle génération digne de ce nom il n’y avait pas. A sa place, des petites frappes égocentriques avides de putes et de bagnoles, des joueurs moyens comme à la fin des années 80, début 90 et un ou deux bons qui n’en ont rien à foutre de l’équipe de France. Ils ont bien raison, car il n’y a rien à en faire.

 

Questions interdites : Gasquet peut-il gagner plus de 7 Roland-Garros ?

Pour la première fois de son histoire, la rédaction du Vestiaire est divisée au point d’être en blocus, sans issue puisque cette fois l’université François-Rabelais n’a personne pour rosser le millier d’anti-CPE. La bataille fait rage et une carte de presse sera jetée dans les chiottes, selon la prédiction d’un ancien Narcisse en pyjama orange brillant. Il ne pouvait y avoir qu’un seul individu responsable d’un tel déchirement : un joueur sans cou, ou avec le cou d’une largeur d’épaules, censé régner en maître sur la catégorie des 13-14 ans depuis déjà 15 ans. Quelle prophétie va se réaliser ? Le Sud-Ouest, origine  commune à notre héros et au rédacteur en chef de la rubrique pédale, triomphera-t-il ? Ou les désordres psychologiques inavoués de puceaux pusillanimes seront-ils les plus forts ? Le Vestiaire met sur le gril le débat, ainsi qu’une vieille amitié et la rédaction en chef. C’est toujours mieux qu’une côte de bœuf à un enterrement de vie de garçon, c’est toujours trop cher même si tout le monde en mange.

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Gasquet peut-il gagner Roland-Garros ?

Par notre spécialiste Bwin

Le Vestiaire doit pour la première fois se rendre à l’évidence : lequipe mag avait raison de penser que Gasquet serait le prochain vainqueur français d’un grand Chelem. Même si c’était en 2008, même si cette affirmation ne s’appuyait sur rien de concret ni de pertinent à l’époque où il n’était qu’un petit garçon en mal de repères enchaînant connerie sur conneries n’étant guidé que par un seul phare : son dégoût du tennis. Désormais les coups de manche de raquette donnés par Papa sont derrière lui, pas sur sa nuque ou son coccyx mais dans une discothèque de Miami où bien avant que Guetta vienne faire chier son monde, Richie s’était laissé aller à embrasser une p…amela, qui n’en voulait qu’à son pognon, et ne pas digérer tout ce qu’elle lui avait enfoncé dans le gosier en plus de sa langue. Maintenant Gasquet n’aime toujours pas le tennis, les journalistes, le public, sa vie et dire qu’il a pris de la coke mais il est bien dans sa peau et ça se voit quand invité de Laurent Luyat et sa poule, il débite agressivement sans sourire les yeux fixées sur sa dernière paire de pompes payée par Lagardère des phrases calibrées stéréotypées dans un rythme effréné. C’est parce qu’il joue comme il parle qu’il est devenu intouchable. Techniquement c’était le meilleur mais il n’avait pas l’intention de le montrer pendant tout un match. Il n’a toujours pas envie de le montrer, mais sa joie de vivre l’aide à débiter agressivement sans sourire les yeux fixés sur la sortie du cours,  ses revers stéréotypés dans un rythme effréné. Sa détestation du monde du tennis et des médias a atteint un tel point qu’il ne cherche plus qu’à détruire instinctivement tout ce qui se trouve en face de lui. Il n’est pas devenu un monstre, il est juste devenu adulte. Wawrinka et ses idioties de Suisse mal dégrossi critiquant les incessants mouvement sociaux de ses voisins risque de peser aussi lourd que la voix de son peuple quand Hitler envahissait la moitié de l’Europe. La France au moins avait choisi son camp.

Gasquet peut-il ne pas perdre contre Wawrinka ?

Par notre spécialiste tennis

Une maison à Neuchatel, des raquettes et des balles jaunes, quelques poings rageurs que Lagardère lui a suggéré de brandir : en apparence, Richard Gasquet est un joueur de tennis français à maturité. Pourtant il continue de demander la même balle qu’il vient de jouer au ramasseur de l’autre côté du terrain, de refaire son grip machinalement au changement de côté, de se faire des ampoules et de perdre en 8e de Grand Chelem. Pourquoi ses coups droits mous en milieu de court disparaîtraient subitement ? Ritchie a aimé les matchs en cinq sets une seule fois, contre Roddick à Wimbledon, sans savoir s’il assumait vraiment de gagner et d’être content en public. Depuis, on a cru qu’il avait franchi un cap à peu près 80 fois, quand il s’est mis à jouer sans angine le lendemain, quand il a battu Federer, quand il a souri une fois au public, quand il a enlevé sa casquette, quand Tsonga a tenté des revers à une main si horribles que Gasquet est redevenu Mozart un instant. Pour battre Wawrinka, qui a appris à jouer les gros en Grand Chelem en janvier contre Djoko à l’Australian Open, il faut un physique pour enchaîner les points, un mental pour enchaîner les efforts et un jeu qui tienne la route au bon moment. Et pour gagner un Grand Chelem, il faut ça pendant deux semaines et en plus ne pas avoir envie de s’excuser quand la foule scande son prénom, sinon Gilou serait encore des nôtres. Pour l’instant, Gasquet commence juste à arrêter de se décrotter le nez en public. Il gagne plus cette saison, ok, mais pas en Grand Chelem. Ce n’est pas qu’il ne peut pas, c’est qu’il n’a pas plus envie que ça d’aller commenter son propre moment de gloire et confirmer qu’il est sans doute le meilleur dans l’alcôve de Nelson jamais avare de léchouilles, sur le siège imitation epicea encore chauffé par la sueur magnétique de Jo qui le loue quinze jours, on sait jamais. Mais qui n’a jamais changé à 27 ans ?

La question interdite : Higuain doit-il se méfier de Benzema ?

Pipita ça s’écrit pas tout à fait comme pichichi. Pipi au lit c’est entre les deux.

Ses cauchemars se passent toujours de la même manière. Avec un maillot trop grand d’une taille. Ce grand garçon de Gonzalo démarre un match sur une pelouse un peu trop grande, marque éventuellement un but ou deux. Les tribunes sont pleines mais quand il se retourne, c’est Benzema qu’on félicite. Mourinho s’approche bien de lui mais juste pour lui demander s’il est bien né à Brest comme Maradona ou Messi.

Heureusement, ce n’est qu’un mauvais rêve. En réalité, le Brestois est né neuf jours avant Benzema, a disputé 43 matches cette saison et inscrit 22 buts, dont trois en Ligue des Champions. Personne ne songe donc à féliciter Benzema pour ses 7 buts en C1, qui font 26 en 41 matches. Pipita a retrouvé la grande forme des années 2009 et 2010 et cette année il a même marqué en huitième de finale de Ligue des Champions. Mais où s’arrêtera-t-il ?

Il y a deux semaines le cauchemar avait pris pour théâtre la liga. Sa liga où il est si difficile de marquer plus de buts que de matchs joués quand on joue à Levante : titulaire alors que Benzema revient de blessure, il ouvre le score. Après 69 minutes et autant de hors-jeu, il peut sortir sous l’ovation de Bernabeu, pas peu fier de voir entrer le numéro 9 du club. Un survêtement s’enfile-t-il en moins de 33 secondes ? Si oui, c’est au chaud que Gonzalo aura vu marquer Benzema. Un partout, la balle au centre mais une passe décisive dans les arrêts de jeu, ça vous coûte une Une de Marca.

Les GO de Munich

Ce n’était que partie remise jusqu’à hier soir à Nicosie. Nicosie ça sonne bien, quarts de finale de C1 un peu moins. Kaka le soulagera au bout de 62 minutes, mais lui ne marquera qu’un but. Normal, Kaka n’allait pas prendre la place d’avant-centre, alors Benzema s’est dit pourquoi pas, entre deux ballons de but sabotés par un extraterrestre Portugais de 27 ans qui s’approche des 36 buts en 81 matches européens. Benzema a pris place dans l’axe mais une demi-heure, c’est un peu juste pour un triplé, tant pis. Higuain lui apprendra peut-être un jour à en marquer, contre le Chili, l’Espanyol et le Betis en moins de quinze jours c’est tout à fait jouable. Pas besoin de courir ni de savoir faire des passes, encore moins de comprendre les déplacements de ses partenaires, il suffit juste d’attendre dans les six mètres, avec un peu de patience le ballon arrive. Le jour où Benzema arrivera à faire ça, on en reparlera peut-être. En attendant, qu’il se contente de passe décisive pour Higuain, comme samedi contre la Real Sociedad. Ca n’a rien d’humiliant.

Pendant ce temps-là, pourquoi Mourinho ferait un choix pour la finale de Munich puisqu’il a deux attaquants de même valeur ? Et s’il n’y avait pas eu cette hernie discale, on ne parlerait même pas de ce Benzema et Adebayor serait toujours là.

Question interdite : Lyon va-t-il remporter la Ligue des champions ?

L’OL n’est plus un ogre écrit L’Equipe. Et révèle que Landry N’Guemo est en contact avancé. Pouvait-il y avoir meilleure nouvelle ?

Le Vestiaire a déjà tout raconté de l’hégémonie lyonnaise, il y a trois ans, y compris qu’elle s’est arrêtée il y a maintenant trois ans. De 2008 à nos jours, Claude Puel a facturé cher les droits de succession et Lisandro a redéfini la star comme un joueur qui coûte plus d’argent qu’il ne rapporte de titres. Mais, avant de ne pas avoir le niveau, il marque quelques buts, comme Gomis avec un maillot bleu finalement. Lyon a donc eu le temps de penser à l’après.

Ou plutôt ne pas y penser. Les succès de l’OL, disait encore Le Vestiaire, ont d’abord été ceux d’un modèle économique. Lille, ce club qui a vendu à prix d’or Keita, Makoun, Bodmer et Bastos à Lyon pour enfin pouvoir devenir champion, est aujourd’hui cité en exemple. L’ironie du sort serait totale si Claude Puel avait entraîné Lille juste avant Lyon.

Prends Garde à toi

Ainsi Lyon n’est plus un ogre. Sémantiquement, ça veut dire qu’il l’était l’an dernier. Pour redevenir humain, l’OL est contraint de se séparer de joueurs majeurs : Bastos, Toulalan, Kallström, Pjanic, Ederson et Delgado. Dommage que les spectateurs de Gerland n’aient pas su ça avant la fin du championnat pour réserver à chacun les adieux qui s’imposaient. Ils leur manqueront : Bastos est précieux en automne et quand Ciani stoppe sa carrière, qui est meilleur que le Toulalan titulaire en équipe de France, Kallström a fini par s’imposer, Pjanic n’a que 21 ans, déjà. Et Rennes a bien compris qu’il ne servait à rien de rêver d’un joueur du calibre d’Ederson. Delgado, lui, aurait refusé un pont d’or, mais comment résister à un club mexicain ? Pour achever l’ogre, Diakhaté ne reviendra pas de Kiev. Compter uniquement sur Lloris, en voilà une drôle d’idée.

Dans ces conditions, parier sur Pied, Grenier, Lacazette et Kolodziecjak, et penser à échanger un Cissokho contre un Sissoko, c’est comme ressortir les photos de Caveglia : ça fait un peu honte mais ça donne le sourire. Il est loin le temps du faste des arrivées de Piquionne, Bodmer, Makoun, Cissokho, Lisandro, Briand, Gourcuff, Gomis et Bastos. N’Guemo, ce serait pas Makoun en aussi bon, en moins cher et en moins vieux ?

L’OL peut quand même encore mieux faire. Effectivement, Gourcuff n’est pas annoncé partant et Cris a fait écrire dans son contrat qu’il a encore le droit de jouer.

Roland-Garros 2011 : Djokovic est-il séduisant ?

38 victoires, zéro défaite et Denisot qui lui présente Jodie Foster sur la Croisette. Voici pourquoi Novak Djokovic est enfin devenu le plus grand.

Parce que Naomi Campbell ne lui fait même pas d’avances

On a beau avoir couché avec tous les dictateurs africains, la moitié des mafieux russes, un bon paquet de proxénètes italiens et se refuser quand même à la nouvelle plus grande star du sport. Ce côté grand dadet inhibé hésitant entre slip et caleçon y est peut-être pour quelque chose, en tout cas ça vous classe un homme. Le fait qu’il ait pris une fiancée jolie ne gâche rien, Federer a bien pris une grosse et Nadal préfère Gourcuff, la vie est parfois cruelle. Tout ça a un sens, celui du geek qui n’a qu’un seul centre d’intérêt et ce n’est même pas l’argent. Il rachètera peut-être la Serbie à l’occasion mais il n’aime et ne s’épanouit qu’avec une raquette, ce qui peut aider à devenir le meilleur. C’est d’ailleurs le seul moment où il réussira une phrase correctement articulée durant ses 8 longues minutes d’interview sur la Croisette. Manque de chance, il n’avait pas de micro pour déclamer du John McEnroe. Tant mieux, c’était pas drôle.

Parce que Nadal est en fin de carrière
 
Avant la finale de Rome et les balles de matchs de Madrid 2009, il y a eu Monte-Carlo 2009 et une finale Nadal-Djokovic pour changer. Chacun breake l’autre, un set partout. Et des balles de break pour tout le monde dans le début du troisième. Djokovic a déjà Nadal dans sa raquette : il défend sur tout, il le coince côté revers et quand il tape et monte à la volée soit l’Espagnol fait un miracle, soit il perd. Rien de neuf alors ?  Si. En 2009 Djoko se suicide encore avec les fautes que Murray aime tant, à 30-40 sur son service et quand la partie est perdue à 1-4. Aujourd’hui, il ne les fait plus, ou Nadal les fait avant. Et sans ses genoux de 20 ans, il est devenu difficile d’aller chercher les amortis. Nadal a déjà 24 ans, autant se réserver pour Roland, s’il y a une branlée à coller à l’effronté serbe, mieux vaut choisir son moment.

Parce que perdre contre Llodra ça fout les boules

Gilles Simon en était sûr dès décembre à Belgrade. Lui le premier avait prévenu que Djokovic évoluait sur une autre planète. Pour un vulgaire 6-3 6-1 7-5, personne n’avait vraiment relevé. Après tout, personne n’a relevé que Simon fut 6e mondial.  Hanouna ne se souviendra certainement pas de tout ça au moment de présenter Djokovic comme le favori de Roland-Garros juste avant la revue de presse de Lauclair. Djokovic n’est donc plus le même puisqu’il gagne tout. Il ne perd même plus de set contre les Français. Tsonga essaierait bien de faire croire qu’il a encore un avantage psychologique sur Djoko mais joue-t-on encore au tennis sans Winogradsky ?

Parce qu’il est le meilleur

Malgré son noeud pap à carreaux chez Denisot, Djokovic est devenu la star. Son meilleur coup reste le retour de service et il ne le réserve donc pas aux toilettes d’une boîte branchée des Alpes-Maritimes. C’est  le meilleur du circuit, comme avant. Il ne fait pas de fautes, il tape fort et quand il veut, comme avant. Mais il a élargi sa panoplie dans les grands matchs. Il peut désormais s’appuyer sur un autre coup fort, le revers de Nadal. Infliger au maître du monde ce que le maître du monde infligeait à Federer sur terre pendant des années, ça doit aussi foutre les boules. Probablement plus humiliant que décider de lui prendre son service à 5-5 ou 5-4 pour gagner le match, deux fois de suite. Après tout, il ne faut pas être idiot : pourquoi jouer son coup droit sachant que, pour Gasquet qui s’y connaît en histoire du tennis sur terre battue, c’est le meilleur de l’histoire du tennis sur terre battue. Lorenzi à Rome, Federer à Madrid et Murray à Rome : les qualifiés italiens de passage ont pourtant trouvé son coup droit pas si historique quand il a fallu lui prendre un set. Mais peu importe, Nadal est le maître imbattable, donc Djokovic est encore plus imbattable.

Pendant ce temps-là, Federer et Murray sont toujours là. Qui ?

Barça – Real Madrid : Benzema va-t-il signer à Manchester ce soir ?

Le football en 2011 c’est un sport qui se joue à 11 contre 11 et à la fin on réclame toujours Benzema. Voici pourquoi quel que soit le résultat de ce soir, Benzema est persuadé d’être le Ballon d’Or 2012.

Parce que Benzema joue déjà à Barcelone

Un joueur technique et prétentieux qui a le sens des déplacements, le sens du but, le sens des une-deux, le sens du pressing et qui préfère les buts décisifs ça ne court pas les pelouses européennes. Il y en a deux à Madrid mais un seul qui est capable de faire des passes. Si Benzema ne transpire pas dans le maillot de Villa, c’est que Lyon n’avait pas les moyens de payer Eto’o et que Benzema voulait raconter à ses potes qu’il jouait à Madrid comme sur le béton de Bron. Depuis, s’il connaît bien les toilettes des Corte Ingles et qu’il fait ses conférences de presse en espagnol, il n’a toujours pas pu prouver qu’il faisait partie du Real. Si Mourinho ne lui en donne pas l’occasion ce soir, il suivra Thouroude dans son tour d’Europe. 

Parce que Benzema est le meilleur joueur du monde

Il faudra attendre longtemps avant de retrouver un jour un nouveau Benzema. Attaques médiatiques, humiliations publiques, obligation de marquer à chaque match, presse de merde. Un traitement inédit dans l’histoire du football. Mais Karim le vaut bien et surtout il s’en branle :  « Me gusta más Ronaldo. Sin embargo, Messi es uno de los mejores porque tiene la confianza y está en un gran club ». Comprenez Ronaldo et Messi sont des tocards, le Real un petit club mais heureusement ils ont le meilleur joueur du monde Karim Benzema. Et ce soir : « Creo que es un gran partido para mí y para todos. El Barça es un gran equipo. » Facilement traduisible par « Je ferai un grand match, je ne peux pas vous dire combien je vais en planter mais le Barça c’est quand même plus ce que c’était. » Il pourrait même jouer si son entraîneur veut bien : « Mourinho es un gran entrenador. » C’est probablement pour ça que Karim, qui ne lui parle plus, a soigneusement évité les félicitations après la Coupe du Roi et que Mourinho ne l’a pas aligné en demi-finale aller de Ligue des Champions.

Parce que Benzema a un Cristiano dans chaque pied

En jouant la moitié de la saison avec le poids de Darcheville, le niveau d’Ibrahimovic, le temps de jeu de Dugarry à Milan et Barcelone, et la popularité de Mesrine,  Benzema n’est que le co-meilleur buteur du club en Ligue des Champions et le meilleur buteur du club en 2011 avec 13 buts. Difficile de rivaliser avec Adebayor et ses 5 réalisations, excusez du peu. Benzema a éliminé Lyon tout seul, presque comme Higuain l’année dernière. Cristiano Ronaldo l’intouchable vedette du club aussi avait marqué, une fois, au retour. « Ahora se necesita a un gran Ronaldo »: Moi j’en a mis deux et Puel n’a pas cru bon d’ajouter une humiliation contre Tottenham à son CV, alors bouge toi le cul ce soir. Mais c’est qui cet ouvre-boîte immortel, doublure d’Higuain, Adebayor, Ozil et Di Maria à 19 buts en 32 matchs de C1 ?

Pendant ce temps-là, Zidane et le vrai Ronaldo aimeraient découvrir la créature issue de leur fusion.

Lyon-Madrid : Le Real peut-il mettre sept buts à Gerland ?

Zidane a supervisé l’OL. Voici pourquoi, cette fois, ça pourrait ne pas suffire.

Parce que Kallström-Toulalan au milieu, Briand à droite et Lovren derrière

Cris peut-il encore se souvenir qu’il n’a jamais perdu contre le Real ? A un âge avancé, la mémoire peut jouer des tours. Même jusqu’à douter qu’Adebayor a bien été formé à Metz. Là n’est pas le propos : il s’agit d’abord de savoir si Lyon est condamné à souffrir contre l’Hapoël Tel-Aviv à Gerland avec son équipe-type, qui ne défend pas quand elle ne pense qu’à attaquer. Peu importe, Lyon a battu le Real de Zidane en 2005 avec Diarra et Juninho, sur les conseils de Monaco.

Parce que bon Pied, mon oeil

Lyon va beaucoup mieux depuis qu’il a perdu à Valenciennes, il n’y a pas si longtemps, dans un match rappelant étrangement sa défaite à Lorient. Mettre un peu de mouvement et avoir au moins un joueur dans un bon soir est une équation pas si simple à résoudre, même si Lloris aime beaucoup son travail. Lyon monte en puissance : Gourcuff a réussi une belle volée le week-end dernier. Pied et Briand se sont aussi bien amusés, même Nancy n’a pu résister à la machine lyonnaise. Getafe n’est pas si fort, mais de toute façon le Real n’a aucune chance. Même en 2005, au retour, leur belle défense n’avait rien pu faire face à la talonnade de Carew.

Parce que les stats sont des stats

Lyon a l’expérience européenne et a été plus de fois en quarts que le Real depuis six ans. Ça ne veut pas dire que le Real avait soit une équipe de merde, soit une défense de merde depuis six ans. Pour ça, il faudrait que même Beckham ait été essayé en milieu défensif parce que depuis Makélélé il n’y a eu personne. De toute façon, le Real n’a pas battu Lyon en 2006  qui a même mené 2-0 à Bernabeu face au Real de Cannavaro.

Parce que sans Pellegrini

Le Lyon de Puel ne se rate jamais et corrige les merdes de Lovren ou Boumsong quand il n’est pas favori. Cette fois, il est favori et Mourinho serait bête de ne pas rappeler à qui incombe la charge du jeu, comme le Bayern du grand Olic en demi la saison dernière. Aujourd’hui, Lyon a Gourcuff, Bastos et Gomis, avant c’était Juninho, Essien, Malouda et Benzema. Ça change quoi, Lyon a battu le Real de Pellegrini à l’aller et fait nul face à celui de Higuain au retour la saison passée.

A part ça, rien n’a changé ou presque.

OM-Spartak Moscou : Brandao est-il le joueur le plus nul de tous les temps ?

Il y a parfois des questions interdites auxquelles il est difficile de répondre. En décidant de son équipe type, hier, Didier Deschamps aurait pu se demander s’il préfère partir à Noël ou en juin prochain. Mais son avis était évidemment tranché depuis longtemps, depuis le départ de Niang. Marseille est pourtant aussi fort que l’année dernière, donc encore plus mauvais. Benoît Cheyrou l’a avoué hier soir, Marseille n’aurait jamais dû remporter le titre en Ligue 1 l’année dernière, Moscou venait de le leur faire comprendre. Mais il faut être juste, Marseille devait gagner un demi-million de fois ce match face à ce qui se fait de pire en Europe. Avoir dans son équipe ce qui se fait de pire au monde peut quand même être un handicap. On ne parle pas forcemment de Azpi machin, l’erreur de recrutement de la décénnie, ni de Brandao, l’erreur de recrutement du siècle, ni de Gignac, l’erreur de recrutement du millénaire. Comme quoi, tout n’est pas de la faute à Dassier. Par contre, on peut en discuter avec Anigo.

Azpi venin

Car Valbuena ne pouvait pas gagner tout seul, la preuve. Que dire de Lucho ? Qu’un joueur qui ne fait qu’une demi-saison par an c’est toujours mieux qu’un joueur qui ne fait qu’une demi-saison en cinq ans ? Pourquoi pensez-vous tout de suite à Gourcuff ? Mais Lucho servira toujours plus qu’un type qui ne marque que deux fois contre Zurich et contre l’Ajax, même si un rebond sur une cuisse peut prêter à confusion. Un peintre portugais se rendra également toujours plus indispensable qu’un extraordinaire buteur viré par le plus grand club du monde pour rejoindre le plus beau musée italien. Des sculptures italiennes, c’est toujours plus beau que des tableaux de maîtres bourguignons. Le football, c’est parfois de l’art. Parfois.

Heureusement, il reste quelques chef d’oeuvres allemands encore ignorés, mais pas par Le Vestiaire. C’est ça aussi la Ligue des Champions.

Question interdite : Qui entraînera Lyon demain après-midi ?

L’exploit de Bernabeu avait enfin fait passer le club dans la cour des grands, ceux qui suscitent l’effroi simplement sur le papier. Puel a fait grandir Lyon, mais Bong et Pujol sont deux effrontés.

Alain Perrin ne pensait pas susciter de jalousies, et pourtant. Un titre n’est donc pas si simple à gagner, même si Houiller, Santini et Le Guen pensaient le contraire. Tigana, Stéphan et Lacombe, eux, n’avaient pas vraiment les moyens de faire le Job tant Désiré. Seul Domenech avait démontré trace qu’on pouvait réaliser un début de saison aussi mauvais. Mais Domenech avait une moustache. Puel, lui, n’a qu’un Pjanic, un Gonalons et un Cris, et de son plein gré. Monaco, Caen, Brest, Lorient et Valenciennes : le calendrier de début de saison n’est pas toujours  si facile pour les gros clubs.

Provoquer en Puel

Deux ans après, la phrase « Claude aura les pleins pouvoirs sportifs pour éviter les dysfonctionnements des deux dernières années » pourrait passer pour une bonne grosse blague de Raphaël Mezrahi. Pourtant, Aulas et l’OL peuvent dormir tranquille, Puel confirme tout le bien qu’il fallait penser de lui : troisième la première année, deuxième la seconde, l’ancien jeune manager prometteur de Lille a enfin trouvé la régularité après ses 14e, 10e, 2e, 3e, 10e et 7e places dans le Nord. Sa culture tactique avait fait de ses équipes des blocs compacts, durs à contourner et adeptes du contre. Valenciennes a donc laissé un but d’avance à Lyon, samedi, c’est plus facile comme ça. Son charisme de meneur d’hommes avait fait des merveilles avec Fred, depuis, Bousmong, Cris, Govou, Cissokho et Lisandro se demandent si Mickaël Gregorio a vraiment du talent. Il ne faut pas croire les rumeurs, Jean Fernandez ne fait pas la même chose en un peu mieux pour moins cher. Perrin a vérifié, « pleins pouvoirs sportifs » n’était pas gratuit, mais prémonitoire, Makoun peut bénéficier du programme de protection des témoins s’il le faut.

Munich en son genre

Puel avait été recruté pour permettre à Lyon d’utiliser tout son pognon pour gravir la marche vers le sommet. Faire venir Makoun et Keita la première année, dépenser 70 millions la deuxième et se retrouver aujourd’hui avec Gonalons en conférence de presse d’avant Lyon-Schalke n’est pas l’aveu d’incompétence qu’on imagine : le centre de formation lyonnais a de tous temps fournit des joyaux. Si besoin, Jérémy Clément a un plan de carrière à soumettre à son jeune successeur.

En revanche, la phrase « Mais si je n’avais pas été convaincu que cela allait fonctionner, j’aurais été intransigeant » n’oblige pas Puel à démissionner : Aulas n’a pas défini le verbe fonctionner. Lacombe serait tenté. Une demi-finale de C1, peu importe l’humiliation, reste sa réussite. Le huitième de finale était effectivement davantage le triomphe d’Higuain, le quart n’avait rien à voir avec Ciani-Sané dans l’axe à l’aller. Puisqu’il n’y a pas de hasard, l’OL s’était créé pas loin de deux occasions en demi-finale. Manque de puissance, de fonds de jeu et de talent : Puel le mal-aimé a retenu les leçons en offrant un maillot à des enfants défavorisés de Saint-Etienne, Rennes et Bordeaux.

Il y a dix ans, Claude Puel était champion de France avec Monaco, trois ans après Tigana. Joyeux anniversaire.

Benzema est-il une escroquerie ?

benz

Tony Montana y était parvenu, mais un caïd qui n’a ni la confiance de son sélectionneur, ni confiance en son club, peut-il devenir le parrain ?

Bernard Lacombe n’a pas son pareil pour apporter son soutien. Malgré un palmarès d’entraîneur qui inciterait quiconque à fermer sa gueule, Lacombe a demandé et obtenu de son président – à ses heures rédacteur en chef par intérim de L’Equipe – une lettre ouverte dans le quotidien de sport de référence. « Il faut qu’il pense à être plus collectif, plus généreux », complimente Nanard au sujet de sa perle. Celui qui malgré ses 255 buts n’a jamais fini meilleur buteur de Division 1 admirait aussi Benarfa à ses heures.

Gronaldo

13 buts en 29 matches en France (1 but toutes les 162 minutes), 5 en Coupe d’Europe et 2 avec les Bleus, mais surtout aucun but marqué lors des quatre dernières journées, Benzema connaîtrait sa première crise d’adulescent. Certes, comme tous les jeunes, il commet des erreurs. Même Hoarau, du haut de son but toutes les 180 minutes, le toise avec son survêtement Carrefour sur le dos.

On le comprend, le Havrais n’a pas le boulard. Après tout, Henry ne doit-il pas sa carrière à sa modestie ? Benz, de surcroit, manque d’éducation : il manque une passe à l’aller contre Barcelone, se faisant réprimander par l’irréprochable Cris. Puis s’énerve sur ses soi-disant buses de coéquipiers à 4-0 au retour. Il a tort, les mêmes avaient tenu le grand Bayern en echec à domicile (2-3). Puis Karim manque la balle du 4-3, celle qui aurait qualifié Lyon après le 1-1 de l’aller.

Le gong de sa fin carrière sonna quelques jours plus tard, avant-centre transparent contre Auxerre, il fut, ailier gauche inutile contre Sochaux il disparut. Sa performance poserait moins de problèmes si ses partenaires n’avaient pas autant brillé que lors de ces deux matches. Du coup, il n’est plus indiscutable et Frédéric Née rode. Une belle Ligue des Champions, aucun transfert à négocier au cours d’une fin de saison palpitante où son équipe peut même gagner, sans lui, un nouveau titre de champion de France : toutes les conditions sont réunies pour qu’il soit au top.

Trappes nigaud

Toujours est-il qu’aujourd’hui, c’est une évidence, l’équipe de France ne peut plus compter sur lui. Un buteur naturel se dégage, c’est Henry et il joue à gauche. Anelka est au top, Gignac marche sur l’eau, Hoarau est le successeur naturel après des années d’ équipe de France espoirs, Rémy est le nouveau nouveau Henry. Attention, en club, Piquionne revient fort.

Le seul atout de Benzema, c’est la confiance du sélectionneur. Domenech n’a jamais hésité à le lancer contre vents et marées. A l’Euro, après une très mauvaise saison (26 buts), l’avant-centre est titulaire en meneur de jeu contre la Roumanie. Prometteur. Domenech a de la suite dans les idées, il sera sur le banc contre les Pays-Bas et de retour contre l’Italie. Dans une équipe au sommet de sa forme, il a pris ses marques définitivement. Titulaire en Suède, en Autriche et contre la Serbie, où il sera suppléé par Anelka avec un petit sourire complice de son coach à la mi-temps, remplaçant contre la Roumanie, titulaire lors du choc contre la Tunisie en amical (il marque), il regoûte son rôle préféré de joker contre l’Uruguay, l’Argentine puis en Lituanie. Pour le poste d’ailier droit, Domenech hésite avec Luyindula, le très frais remplaçant du poste au PSG. La confiance aidant, Benzema rentrera en fin de match.

Et si Le Vestiaire s’était trompé ? Et si Benzema n’était pas le joueur français le plus précoce de l’Histoire du football ? Et s’il n’avait pas marqué plus de buts en championnats, sélection et Coupe d’Europe qu’Henry, Trezeguet, Papin et Savidan au même âge ou au même nombre de matches disputés ? Et si une fois de plus la presse faisait preuve d’une incompétence dont seule l’encadrement lyonnais et fédéral connaissent les limites ?

Pendant ce temps-là, Stéphane Dalmat a vu le match en se rappelant qu’un jour, il avait été espoir du football français. Il est allé s’expliquer avec les potes de Luccin, pour savoir lequel des deux a le mieux échoué.

Les questions interdites : Le football français existe-t-il encore ?

kenny

Les très neutres spécialistes de Canal + ont réuni un somptueux plateau de crise. Parmi eux, le mauvais président Aulas, le catastrophique entraîneur-consultant Houiller, l’ancien agent pas véreux du tout, Diouf. Attention à la crise de foi.

A force d’entendre toujours les mêmes conneries, on pourrait finir par les croire. Quand Lyon prend une branlée contre le Barça, c’est la faute aux instances, quand Lyon se fait sortir par Manchester, c’est la faute aux instances, quand Lyon est humilié par Rome, c’est la faute aux instances. Pas assez d’argent, des stades trop vétustes et un cadre pas assez attractif.

Le Gerland vert

C’est donc pas assez d’argent, des stades trop vétustes, et un cadre pas assez attractif qui a provoqué le recrutement de Keita, Bodmer, Ederson, Boumsong, Grosso, Makoun, Piquionne, Delgado et Pjanic. C’est donc pas assez d’argent, des stades trop vétustes et un cadre pas assez attractif qui permet à Clerc, Réveillère, Juninho, Cris, Gassama, et Govou d’être encore dans l’effectif. C’est donc pas assez d’argent, des stades trop vétustes, et un cadre pas assez attractif qui permis à Fred de pourrir minimum trois saisons.

C’est donc pas assez d’argent, des stades trop vétustes, et un cadre pas assez attractif qui a empêché Fred de planter un but au Milan AC. C’est donc pas assez d’argent, des stades trop vétustes et un cadre pas assez attractif qui a empêché le PSV d’en prendre un. C’est donc pas assez d’argent, des stades trop vétustes et un cadre pas assez attractif qui a fait que jusqu’à la 88e minute, Lyon était toujours champion d’Europe 2006. Deux minutes, ça coûte combien ? C’est des nouveaux sièges à la Beaujoire ?

Plus belle Xavi

L’argent est sans aucun doute le vrai responsable des malheurs français : en effet, le Barça est quasiment deux fois plus riche que Lyon. Argument inattaquable, d’autant que le premier budget européen n’est autre que le grand Real, qui a écrasé la ligue des champions 2002. D’ailleurs, Aulas et ses copains ne sont pas des assistés. Il ne passent pas leur temps à quémander et chercher des combines pour se gaver de droits télés qui représentent plus de la moitié de leurs budgets.

Qui a remplacé Diarra, Essien, Abidal, Tiago et Malouda ? Le prêt à titre gratuit a la peau dure. Et pendant qu’Aulas entretient ses résidences secondaires, combien de salaires, d’espoirs, d’objectifs auraient pu être payés avec l’argent foutu en l’air autour de Fred, de Delgado, de Piquionne, de Baros, Pjanic , Belhadj ou de Boumsong qui n’ont servit à pas grand-chose. A rien ?

L’étoile du Bergeroo

Même le championnat de France n’est plus une excuse. Qui sont ces fameuses pépites que les clubs fortunés nous dérobent ? Et si tout simplement l’Hexagone ne produisait plus aucun joueur correct ? Et si l’indispensable épine dorsale défensive français ne jouait ni à la Juve, ni au Milan AC, ni à Barcelone, ni à Chelsea, ni au Bayern, ni à Liverpool, ni à Manchester ? Où vivaient Thuram, Desailly, Lizarazu, Sagnol, Makelele, Deschamps, Petit, Vieira, Blanc et Karembeu ?

Et si les problème de l’équipe de France n’étaient pas qu’un simple hasard de coaching ?  Et si Gouffran, Briand, Nasri, N’Zogbia, Matuidi, Gomis, Zubar, Payet, Le Tallec, Sinama-Pongolle, Aliadière, Meghni,  Ben Arfa, Kaboul, Mexès, Mavuba et Bréchet avaient tous joué en France espoirs ? Et si Gourcuff s’était fait dégager de Milan pour ne jamais y revenir à juste titre ?  Et si Benzema et Ribéry devaient assumer seuls toute la nouvelle génération du foot français ? Même Benoit Cauet, le Toulalan du riche, jouait à l’Inter.

Heureusement, Barcelone a eu besoin de tous ses arguments financiers pour piquer aux plus grands clubs Xavi, Iniesta et Messi. Quel est le sens exact des mots détection, formation et recrutement ?

Fabrice Santoro peut-il ne pas gagner l’Open d’Australie ?

magicien

<i>Le Vestiaire</i> avait tout faux depuis le début. Le Magicien vient de sortir deux des meilleurs joueurs du monde. Pour son 750e tournoi du Grand Chelem, son heure est-elle venue ?

Ferrero et Servan-Schreiber peuvent en témoigner. Fabrice Santoro est sur une autre planète en ce début d’Australian Open. Les mauvaises langues diront chez le kiné, parce que des crampes dès le deuxième jeu, ça ne part pas comme ça. A 36 ans, le Français a appris à gérer ses efforts. Il ne joue plus que quelques tournois et entretient son record de participations en Grand Chelem. Les mauvaises langues diront qu’il s’en fout surtout plein les poches dans des tournois lucratifs où les meilleurs joueurs ne viennent pas.

Guerlain l’enchanteur

Aujourd’hui, Santoro n’a plus rien à apprendre. Les mauvaises langues diront que ça tombe bien, il n’en a rien à foutre. Il est le meilleur français. Il a plus de coups de magicien que Gasquet, qui est aussi admiratif de lui que de Noah. Il a plus de mental que l’arrogant Simon. Il ne vendange pas deux sets d’avance comme Mathieu parce que des supporters bourrés imaginent que son adversaire est bosniaque comme eux. Il a fini par appeler tout le monde Youzhny, et ça, ça n’arriverait jamais à Santoro.

Surtout, il volleye bien mieux que Tsonga en double et a déjà servi aussi fort que Monfils en deuxième balle. Il est un peu leur père à tous. Même Federer s’est prosterné devant son immense carrière, probablement jaloux de ses amortis. Les mauvaises langues diront que c’était avant de lui mettre 6/0, 6/1 comme Nadal, qui se damnerait pour jouer des deux mains comme l’enchanteur. A part un retour de Ronald Agenor, qui pourrait arrêter Fabulous Fab ?

Pendant ce temps-là, l’effet Noah retard serait en train de faire effet. Et l’effet Pierce ?

Les questions interdites du Vestiaire : Chavanel est-il intelligent ?

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Présenté depuis 8 ans comme le grand espoir du cyclisme français, Sylvain Chavanel réalise enfin une saison convenable. Ce n'est pas une surprise pour Le Vestiaire, mais l'ancien Mimo peut-il faire mieux ?

Dans un peloton dopé à 80%, Sylvain Chavanel étonne. Il arrive parfois à rivaliser avec les plus grosses chaudières et parvient même exceptionnellement à les accompagner dans les 20 derniers kilomètres. Mieux, il leur tient tête en contre-la-montre. Dopé, pas dopé ? Difficile à dire, mais là n'est pas la question. Son parcours global laisse penser qu'il est propre même si, ni Salanson, ni Moreni, ne peuvent témoigner de sa probité. Mais son niveau de réflexion peut faire imaginer le contraire. Avec une tactique un poil plus élaborée, il aurait pu empiler les bouquets et finir par ressembler à Jalabert. Jusqu'à parler de bétail ?

Pour l'instant, notre nouveau Chavanel, qui sait maintenant comment gagner, a choisi une autre voie royale dite « Virenque » : Patrick Lefévère. Que peut-il se passer dans la tête d'un coureur qui décide d'aller dans l'écurie Mapei-Quick Step ? Se dit-il que c'est une équipe qui a toujours eu beaucoup de résultats ou que c'est un élevage de drogués ? Les deux réponses attesteraient du génie de l'homme. L'un est un génie naïf qui excelle dans l'art abstrait, l'autre est un génie désespéré. Il y a une troisième voie, celle du « milieu », comme on dit dans le jargon. Le plus surprenant, c'est que cette décision coïncide avec l'éclosion du marmot. Lefévère aurait donc jeté son dévolu sur un mulet compétitif qu'il sait pouvoir transformer en « pur-sang », comme on dit également dans le jargon.  Le haut-niveau, c'est aussi un entourage. Le sien est au choix, incompétent ou dedans jusqu'aux veines.

Maillot Amaridiot

Dans l'hypothèse où il serait le seul coureur propre du peloton, il peut difficilement espérer remporter un grand Tour. Par contre, Chavanel peut y briller, pas seulement en attaquant tous les jours comme lors da la dernière Grande Boucle, mais plutôt en se comportant comme un leader, ce qu'il est apparement depuis un bon moment. Nous lui avions soufflé l'idée en juillet, il s'en est rendu compte mercredi sur la Vuelta : un chrono avec, et même devant, les meilleurs, des bonifs et le tour est joué. Enfin pas complêtement, il faut aussi faire quelques efforts dans la montagne, limiter la casse dans les jours sans et se reposer en plaine. C'est le b-a ba du vélo, lui ne veut pas le comprendre et a pour l'instant préféré flinguer le peu de carrière qu'il a eu et qu'il lui reste. Il déclarera sans doute prochainement qu'il se sent mieux avec une Flêche Brabançonne, une étape du Tour de France qu'avec un meilleur classement que Di Gregorio.

Ce qu'il a fait mercredi est un vrai exploit, bien au-dessus d'un Jacky Durand persuadé qu'il a remporté le Tour d'Espagne en 99.  Avec un brin d'intelligence supplémentaire, il peut faire chier les repris de justice. S'en privera-t-il au risque de célébrer le souvenir de Cyril Saugrain ?

Les questions interdites du Vestiaire : Fallait-il maintenir le PSG ?

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Paul Le Guen boucle son recrutement estival : un nouveau président pire que l'ancien, la stabilité dans un effectif qui a largement fait ses preuves. Les supporters croiraient davantage à une Bonaventure.

On n'entend plus Michel Moulin. Le présomptueux a ravalé sa fierté d'avoir sauvé le PSG. Devant l'évidence : le maintien n'a servi à rien. Le PSG aurait mieux fait de descendre pour de bon. Car rien n'a changé au club : le mercato estival ressemble en tout point à celui de la saison passée, Digard en moins puisqu'il a préféré partir pour Middlesbrough. Mister Georges s'en retourne dans sa tombe. Pauleta a attendu en vain le contrat que son club de coeur avait proposé à Everton et Souza quelques mois plus tôt. En attendant d'avoir de l'argent et un entraîneur, le PSG fait comme d'habitude, il contacte tous les joueurs de L1.

Loko(dé)motive

Le mercato semble pourtant parti sous une bonne étoile. Charles Villeneuve n'a pas attiré Thuram, qui n'avait pas le coeur à l'ouvrage. Un instant de luciditié de Makélélé devrait aussi mettre un terme à la mode du revival des retraités. Montpellier avait aussi essayé en son temps, avec des retraités beaucoup plus jeunes : l'apocal-tryptique Ouedec-Loko-Pedros. Jean-Louis Gasset attend toujours que Pedros soit rétabli. L'expérience s'était conclue sur une 20e place, Rui Pataca à la baguette pour remonter et un exploit : Loulou Nicollin avait enfin appris à épeler le mot escroc.

Le PSG n'avait déjà pas le choix l'an dernier. Il l'a de moins en moins en accumulant les saisons pourries. Son effectif doit changer intégralement. Conserver Armand, Rothen, voire Camara, Clément et Chantôme, à la rigueur. Diané aussi, mais non. De Luyindula à Ceara, le reste ne doit plus jouer. On n'en prend pas le chemin, et Rothen se rapproche chaque jour du captinanat.

La Ligue 2 n'aurait pas laissé le choix, et aurait même facilité les choses : si le joueur n'accepte pas une baisse de 50% du salaire, il est libre. Avant de se faire éjecter, Halilhodzic aurait songé à faire descendre le club juste pour virer Hugo Leal. Et il y a les retours de prêts, toujours difficiles à régler. Villeneuve proposera-t-il à TF1 de relancer Sammy Traoré et Fabrice Pancrate comme Julie Pietri ?

Michel Denisot n'a pas perdu espoir de voir la Berrichonne terminer un championnat mieux classé que le PSG. Il y croit même plus que jamais.

Les questions interdites du Vestiaire : La France peut-elle gagner sans Zidane et Platini ?

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Le Vestiaire l’avait dit, de France-Roumanie à France-Roumanie, une boucle se bouclait. La réalité du terrain a été plus cruelle encore : la génération Zidane se fait enterrer, sans même inviter son créateur à la fête. Comme un symbole, c’est l’homme qui l’a fait débuter chez les Espoirs qui a permis ce petit miracle.

Si la fin est digne du palmarès d’Yvon Madiot, l’histoire est pourtant belle. Raymond Domenech, entraîneur naguère champion de France de Division 2, avait choisi d’aligner la même équipe qu’en 2006, celles qui fut finaliste de la Coupe du monde. A trois détails près : Vieira, Henry et surtout Zidane. Le résultat fut étonnament catastrophique, heureusement, Hagi avait pris sa retraite.

Pour se rassurer ou pas, on évoque 2006. Pourtant, et pas grand monde n’en parle, la situation actuelle est radicalement différente. Depuis 1996, la France évoluait avec le meilleur joueur du monde dans ses rangs. Un joueur qui éclairait le jeu et qui devint le patron. Comme Maradona (deux finales mondiales consécutives), ou Platini (deux demies et un Euro gagné), en plus de son propre talent, il rendait tout plus facile et ses partenaires meilleurs. C’est simple, et Jacquet l’avait compris avant tout le monde, avec Zidane, on pouvait faire n’importe quoi, on perdait difficilement et si les vieux faisaient leur job on ne perdait jamais. Le bilan parle de lui-même : champions en 98 et 2000, invaincus en 96 et 2006, il n’y a qu’en 2002, sans le maître, et en 2004, avec Desailly et Liza, finis que le terme de défaite n’a pas été proscrit.

Secret story

Ce que l’entraîneur aux zéros victoires en Espoirs n’a pas compris, c’est que son fameux système de jeu, dans lequel il pouvait se permettre de faire entrer n’importe qui n’importe où sans problème, n’était pas viable sans Zizou, et qu’il fallait apprendre à jouer sans pour préparer l’après. Pourtant, ce n’était pas un secret, Zidane s’en irait un jour, il était même déjà parti. Pour Domenech, ça l’était encore moins, comprenant qu’il n’arriverait à rien sans lui, il avait demandé à Vieira, Henry et Thuram de le faire revenir, et du même coup Makélélé en avait profité pour lancer sa carrière internationale à 54 ans. Et puis Zizou est parti.

Même si l’équipe de France ne sera plus jamais aussi forte qu’avant, ce n’était pas une raison pour ne rien expérimenter et continuer à jouer comme si Zidane était encore là. Il aurait pu chercher un successeur ou rôder un système de jeu par exemple, ou au moins construire une génération de transition capable d’anticiper l’agonie inévitable des anciens. Il préféra jouer avec le fantôme d’une équipe qui n’avait plus de raison d’être sans son magicien et qui vieillissait. Il fallait un électrochoc, il est arrivé lundi sans doute trop tard. Sans Vieira, ni Henry, le terrain devenait trop glissant, la situation presque insurmontable même face à la plus faible des équipes au monde. La meilleure équipe de France, capable de jouer, n’était pas sur le terrain. Les Tricolores ont pris l’eau mais ont limité la casse. Maintenant, l’équipe de France n’est plus au-dessus, il faut faire comme les autres sélections : mettre les meilleurs à leur poste. C’est ça la transition de génération.

Désormais, le dernier défi de Domenech sera de bâtir dans l’urgence d’ici demain cette génération transit. Celle qui assurera la mise sur orbite de la génération Ribery-Benzema. Le sauvetage contre les Pays-Bas passera par une refonte de l’équipe, puisqu’il y est contraint. Mais cela ne suffira évidemment pas, même si le retour d’Henry ou Vieira peut sauver sa tête.

Si Domenech ne se remet pas en cause, il en sera fini de l’Euro. Et la génération Benzema aura deux ans pour se construire sur rien. Hélas, il ne possède pas la clé et l’après Euro sera le début d’une nouvelle grande période de disette en attendant le nouveau nouveau Platini.

Les questions interdites du sport : Qui osera se débarrasser de Coupet ?

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Comme prévu, Grégory Coupet n'est pas au niveau de Vercoutre. Lequel a au-dessus de lui au moins trois gardiens en Ligue 1.

Contre Toulouse, un ballon dans les six mètres et il regarde Fabinho marquer. Et l'homme aux six doigts de saluer la femme à Fred et tout le public de Gerland comme il se doi(g)t. Quatre jours plus tard, il est surpris par un Japonais du Mans d'une frappe aussi lourde qu'Eric Carrière. Et à Lens, il regarde le mal prenommé Toifilou Maoulida ouvrir le score sur un centre en cloche encore sous son nez, que même le Letizi russe aurait été chercher. Avant d'encaisser une tête de Bisevac après un plongeon aussi inutile que Papin sur le banc d'en face.

Du haut niveau au caniveau

Bref, Coupet est nul, et il ne la ramène plus devant les médias. La Halle aux vêtements le sonde déjà pour récupérer ses survêtements. A quelques mois de l'Euro et vu son âge canonique, la grande vague de l'inquiétude devrait balayer les certitudes du mari de la mère Denis. Seulement, l'omerta brise l'évidence. Coupet est le numero un, et à son meilleur niveau, il est intouchable.

Un détail : il ETAIT intouchable. Le marot David, opéré des croisés en 1994 à l'age de Coupet, ne retrouva jamais son moins mauvais niveau. Problèmes de détente, d'explosivité, comme Coupet en ce moment. Et Wiltord n'est plus là pour lui réapprendre à mieux sauter que ses pairs.

Landru serial looser

C'est ce qui rendra la situation intenable rapidement. Un Coupet déclassé ne permettra pas à la France d'être championne d'Europe. Autant Mickaël Landru a bénéficié de l'absence de concurrence pour rejoindre les Bleus et a confirmé avec régularité qu'il n'avait pas les épaules, autant Coupet doit faire face à une génération fabuleuse.

Lloris, Pelé et Mandanda, voire Ramé sont à l'heure actuelle, clairement au-dessus des numéros 1 et 2. S'en passer serait criminel, et pas seulement aux yeux de Houiller et Ginola.

Les questions interdites du sport : Faut-il supprimer la jusrisprudence Jacquet ?

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Personne n’ose aborder le sujet, le vestiaire brise l’omerta.

« Si j’avais été là, il m’aurait écouté » Ainsi parle Jacques Marchand notre maître à tous au cours d’une conférence offerte à de jeunes journalistes mais aussi un futur banquier. Il a vu Spiridon Louis remporter le premier marathon Olympique, il a souvent combattu son confrère Péricles pour ses mœurs contre-nature malgré le respect sans orifice qu’il lui inspirait, il a soutenu à raison Champollion dans ses incessantes recherches « pourtant illisibles », il a enfin réalisé la dernière interview d’un Copernic à l’agonie. Pourtant, après un bail au sommet du journal L’équipe et du Tour de France, un jour, les Amaury ont décidé de se passer de lui. Etrange décision que celle de déboulonner ce petit grand-père à l’haleine incertaine. Bizarre sentiment de le voir regretter de ne pas avoir pu sortir Gerard Ejnes et Jerome Bureau de leur entreprise de démolition du futur Dieu Jacquet. Papi Marchand de cercueil a bien raison, s’il avait été là, cela aurait donné une autre tournure au traitement médiatique de certaines compétitions sportives qui suivirent 98. La Corée 2002, le Portugal 2004 mais aussi France 2007.

Un cadeau pour Lemerre Noël

2002, la France a déjà sa deuxième étoile assurée, et presque personne ne vient relever le danger représenté par un triste match face à la Belgique. Un match sans intérêt face à la Corée, une fatigue croissante, et un excès de confiance comme seul le rugby a pu en connaître un depuis. Lemerre n’est plus à sa place, les joueurs sont rois sans jouer, le desastre est gros comme l’égo d’Asloum quand il avait les cheveux jaunes. 2004, Lizarazu et Desailly font encore partie de la défense la plus forte de l’histoire. Ce qui n’a donc aucun sens. Santini est depassé. Personne ne bouge, la France se plante. Ne revenons pas sur le cas Laporte maintes fois commenté dans nos colonnes.
Un évidence s’impose: la presse a évidemment une influence inévitable, plus ou moins importante, sur les choix sportifs des uns des autres. Elle se doit d’en jouer avec doigté et sincérité. L’affaire Jacquet, devenue jurisprudence, empoisonne les commentaires et analyses depuis maintenant 10 ans, entraînant une gestion des carrières et compétitions plus qu’approximatives au point que François Clerc s’est retrouvé en équipe de France, que Laporte est resté 8 ans, et surtout que Fred n’a rien su de la générosité horizontale de sa femme. Il faut cesser d’avoir peur qu’un soir de victoire de l’an 2000, au micro de Pascal Praud ou d’un de ses con frêres lêche-cul, Deschamps fasse dans le réchauffé en s’en prenant au même journal mis en cause 2 ans plus tôt. Traumatisant.

Trop Praud, pas assez Pro

Praud ne sévit plus mais surtout, Deschamps était vraiment fini. De surcroît, nous l’avons déjà dit ici, la critique des années Aimé, aurait été justifiée si elle avait été légèrement plus mesurée. Une gestion catastrophique, cruelle et insensée de la liste des 28 devenue 22. En effet, personne n’a oublié que Martin Djétou et Pierre Laigle faisaient partie du club des 6 (avec Ba, Lamouchi, Anelka et Letizi). Des matchs et résultats très plats. Un seul paramêtre avait été omis, hélas pas le moindre, cette équipe de France ne perdait quasiment jamais, grâce à une défense aussi solide et dure qu’une queue de loth consommée par la femme à Chamou. Et ne pas perdre, ça peut être utile quand on veut être champion du monde. A L’euro 96, l’équipe perd, en demi-finale aux tirs au but après un 0-0, une compétition qu’elle aurait sans doute gagnée. Un brin de compétence supplémentaire aurait suffit à une analyse plus juste. Quelques mois après la vengeance médiatique de Jacquet, Jerôme Bureau avouait d’ailleurs en off à un de nos journalistes qu’il ne pensait pas s’être trompé. En réalité, il avait en partie raison, en partie seulement et ce n’est pas toujours suffisant.

Toujours est-il qu’après un France-Allemgne 3-0, en 2003, Vincent Hardy, décidé à caresser voire à lécher le torse et les mollets de Thierry Henry, lui adressa un somptueux:  » Vous êtes un esthète! ».