La Légende SUA : Le vinaigre de Gelez

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Moins prometteur que Michalak ou Castaignède, plus qu’Aucagne et Laurent Mazas, François Gelez est probablement une star, mais on n’a pas vérifié. Le Bayonnais est surtout un jeune demi d’ouverture d’à peine 29 ans, qui fêtera la trentaine en Pro D2.

Avant, on disait Groupe B, mais le rugby est devenu un métier qui ne s’apprend pas à Tyrosse, malgré  Guy et Guy. Entre le Café de la Poste et son plat du jour, les accidents aquatiques de Ferrasse, Laffargue et Barjou, le Petit Bleu et La Dépêche du Midi, les habitués d’Armandie s’étaient pris à rêver.

Rêver que Miquel ne prendrait pas la place de leur François d’international. Rêver que Lanta et son Fabrice Lhoumeau de préparateur physique convaincraient le métronome déréglé de passer ses pénalités quand elles auraient de la valeur. Que Thierry Dumas et Nicolas Espitalier pourraient écrire que Tarbes ne resterait pas la dernière victime locale du Brennus, et que Jean-Baptiste Lafond et Fruit d’Or appartiendraient pour toujours au passé.

Il avait d’assez belles épaules pour s’étendre dans les salons de massages particuliers, trop petites pour s’envoler. Pas assez rapide, pas assez créatif, pas assez décisif. Aux Lot et Garonnais, qui se demandent encore pourquoi le SUA est tombé, qu’ils se demandent qui est le dernier grand joueur sorti par le club.  Heymans ou Porcu ? Dubroca a la réponse. Basquet aussi, mais il ne pourra pas la donner.

Le palmarès des 10 : Jonny s’en va se faire

Qu’y a-t-il de plus con qu’un classement des ouvreurs de l’histoire ? Richard Escroc peut-être. Il y a quelques années alors que le rugby avait déserté depuis longtemps les pelouses françaises le Vestiaire avait dressé avec une extrême rigueur le classements des meilleurs 10 français de ces 25 dernières années. Lamaison l’avait emporté grâce à son Twickenham 99, sera-t-il assez fort pour déstabiliser Dan Carter dans le classement mondial de ces 20 dernières années ( on a mis 20 sinon on était obligé de faire gagner Grant Fox ou de classer Lynagh) ?


5. Dan Carter

Énorme surprise, ce classement risque de pas mal scandaliser mais nos palmarès comme leur nom l’indique se basent avant tout sur le palmarès puisque à un certain niveau tout le monde se vaut. Et lui il a rien gagné et fait aucune finale. Carter est certes un peu plus génial et complet que les autres, en tout cas que Michalak. En plus c’est quand il est sorti que  les Blacks ont pris l’eau en 2007. Alors on le classe quand même et il pourrait gagner des places s’il veut bien continuer encore 3 ans. Il y aura même peut-être encore la France en quarts et son Michalak de Carter.

4. Christophe Lamaison

Qui l’eut cru, Lamaison n’a toujours pas fini de payer les dégâts de 1999, le spectacle qu’on vous a déjà raconté 10 fois. Mais si vous n’êtes pas d’accord sortez-nous un match où un 10 a autant pesé, avec une équipe aussi forte en face, au cours d’une demi-finale. D’accord il a rien fait d’autre. D’accord il n’y aura évidemment aucun autre All-Black classé sinon on passerait encore plus pour des cons. A part ça c’est l’arbitre qui a surtout gagné en 2011 et un peu McCaw. Sacré Merhtens.

3. Rob Andrew

Ils vont pas nous mettre 2 Anglais dans les 3 premiers quand même ? Mais si. Comme ses collègues, à part Larkham et un peu Lamaison, Rob était un joueur magique. Avec ses pieds entendons-nous bien mais c’est ce qu’on attend d’un ouvreur en plus de faire des passes correctement, enfin mieux que Philippe Carbonneau pour être exact. Il a joué la finale 91, c’est-à-dire il y a plus de 20 ans, mais c’est pas vraiment Lynagh qui l’a gagnée.

2. Stephen Larkham

Ce Larkham n’a jamais été très beau à voir jouer, ni très efficace mais si on l’a laissé à ce poste en d’autres circonstances qu’un entraînement c’est qu’il devait apporter quelque chose. Mais quoi ? On veut bien le mettre 1er si on nous explique.

1.Jonny Wilkinson

Même si personne n’aime Wilkinson il est difficile de ne pas fermer sa gueule devant son palmarès. On peut même lui pardonner de ne pas trop savoir courir. Avec un autre pack il aurait peut-être gagné quand même, son pack avec un autre Wilkinson sans doute pas. Désolé Dan, mais Jonny aussi a été blessé.

Chabal : C’était le plus grand des Enfoirés

Tout le monde continue à l’appeler le sportif préféré des Français alors que plus personne ne sait qui il est. Ca ne risque pas de changer maintenant qu’il prend sa retraite sans n’avoir jamais vraiment cotisé même un coup de poing dans la gueule d’un Agenais ça ne file pas de point. En plus c’était même pas Dubroca.

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 Il ne faut pas être injuste avec le sportif préféré des Français. S’il n’a rien gagné sur le terrain, il a beaucoup gagné en dehors. L’important pour un champion n’est-il pas de gagner avant tout ?

Personne n’a pensé à le surnommer le tiroir-caisse, la Banque de France ou la tirelire sauvage car Fabrice Santoro et Guy Forget  n’apprécieraient pas l’usurpation d’identité. Ce n’est pas très grave, l’anesthésiste lui va très bien. N’a-t-il pas réussi à endormir les médias et une bonne partie de l’hexagone sans même leur rentrer dedans. Il a aussi réussi à reveiller son conseiller financier. Mais tout n’était pas joué d’avance.

Il était une fois un  joueur brutal, assez médiocre, invisible aux yeux de tous. L’indifférence était telle que même le club de Stéphane Ougier n’en voulait pas. Tout le monde connaît la suite, une barbe mal taillée et des cheveux pas trop crados, par rapport à Cavenaghi évidemment, vont suffire à changer sa vie.

Poivre et Sale

Il va alors devenir un joueur brutal, assez médiocre, mais charismatique. Une posture qui va vite émouvoir ses compatriotes toujours prêts à filer des biftons aux clochards. Chabal devient incontournable, même pour Bernard Laporte qui n’en voulait pas pour des raisons très personnelles. Le fait que Chabal soit nul à chaque fois qu’il porte un maillot bleu n’entrait évidemment pas en ligne de compte. Mais Chabal n’est pas nul, il va le prouver. Il va démonter Ali Williams d’abord, quelques Namibiens ensuite. D’aucuns se souviennent de sa prestation face aux Blacks en quarts. D’aucuns ne se souviennent pas qu’il n’était pas titulaire et qu’il n’est entré qu’à la 52e minute. Un hasard évidemment, mais un hasard suffisant pour se vanter de changer souvent de secrétaire sur scène avec ses nouveaux amis millionnaires, aussi à l’aise que Marc Cecillon dans une réunion Tupperware.

Maso et Masoe

Qu’il soit nul importe peu, car s’il était bon, il serait obligé de jouer dans un club qui vise le Brennus et pourrait ainsi manquer de temps pour honorer ses contrats publicitaires. Un peu réducteur, pourrait-on objecter, et on n’aurait pas forcément tort puisque Caveman a aussi ses propres hobbies, Orange Sport , les séances photos de mode dans Paris Match et entrer au Musée Grévin en particulier. Et puis après tout si ce n’était qu’une question de fric pourquoi aurait-il rejoint le Metro Racing ? En effet, le challenge sportif était le critère principal, puisqu’il lui a permis d’assister aux voeux du Conseil général des Hauts de Seine en présence de Jean Sarkozy. Mais n’allez pas croire que Seb a cédé aux sirènes du show business ou qu’il est bête à manger la pelouse : il est juste très bien conseillé. Sinon comment aurait-il pu avoir l’idée d’utiliser Twitter pour annoncer qu’il préfère rester chez lui plutôt que se déplacer en Ecosse au risque de manquer un gros contrat, ou de raconter des conneries plus grosses que lui dans un bouquin. Communication sauvage disait Jo Maso. Sauvage ?

« Normalement, un sportif est reconnu quand il gagne un trophée, un titre, une compétition, une médaille… quelque chose, quoi ! Moi, je n’ai rien de tout cela. » Sébastien Chabal

2000ème article, french flair (2/2) : Le French Ver

La première partie de notre enquête est à lire ici. La suite d’après vous elle est où?

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En tant que téléspectateurs exigeants, nous ne laissons généralement à nos représentants, quelle que soit leur discipline sportive, que trois options : la gloire temporaire pour une victoire, la gloire éternelle pour une défaite en finale, le mépris pour tout autre résultat. A la différence du commun des autres supporters, le rugbyphile initié au French Flair n’attend pas simplement de son équipe qu’elle gagne. Il veut qu’elle gagne AVEC PANACHE, en respectant les enseignements du French Flair. Quand les Anglais, peuple vulgaire, se satisfont d’un titre de champion du monde acquis à la force d’un jeu d’avants tout moche et d’un buteur tellement régulier qu’on se faisait chier, un esthète de l’ovalie comme Richard Escroc refuserait de gagner le Challenge Européen grâce aux horribles charges de Mathieu Bastareaud, dont la brutalité et surtout l’efficacité mettent terriblement en danger les valeurs du French Flair. Le type, qui se dit expert rugby, pense SERIEUSEMENT que seuls les courses chaloupées et les cadrages-débordements de Gaël Fickou peuvent mener le XV de France vers les lendemains et les troisièmes mi-temps qui chantent. Faudra penser à l’emmener voir un match, un jour. Et puis il nous filera sa recette de space-cake, l’ami Richard, parce que quand on en est à ranger Julien Puricelli et Fabien Barcella parmi les glorieux anciens du XV de France (si si, regardez), c’est que c’est de la bonne. Il doit mettre de la Mongolienne.
Le concept de French Flair vous parait déjà un peu prétentieux. Une fois replacé dans son contexte, celui du rugby d’après 1995, vous allez voir qu’il est incroyablement con. Contrairement à Richard qui fait la sieste devant les matchs du Top14 (voilà une chose qu’on ne pourra pas lui reprocher), vous vous êtes peut-être aperçu que les défenses atteignent un niveau d’organisation assez machiavélique. Quand il suffisait à Guy Boniface ou à Jean Dauger de battre un défenseur pour marquer, il faut aujourd’hui passer au moins trois rideaux pour voir l’en-but. Et comme dans les jeux vidéo, plus on est près de la fin, plus ça devient difficile. Il faut d’abord franchir le niveau du méchant pilier de 125 kg et qui court à 30 km/h, appelons-le Gurthrö Steenkamp, qui menace très sérieusement de vous arracher la seule tête que vous avez. Vient ensuite le niveau 2, celui du flanker que nous appellerons Gherard Vosloo, qui revient en travers pour vous couper en deux. Pour les survivants, le niveau 3 est celui de l’arrière, n’importe lequel, qui attend tranquillement pendant que ses ailiers referment le piège et vous poussent à faire une mauvaise passe ou à garder le ballon au sol. Ces trois barrages posent de sérieux problèmes à tous les joueurs qui ne s’appellent pas Wesley Fofana, et ils sont nombreux. Inutile de préciser que chaque équipe dispose d’un spécialiste de la défense, qui passe une vie de merde à regarder des animations 3D sur un ordinateur et à décrypter toutes les combinaisons utilisées par l’équipe adverse au cours des 25 dernières années, entrainements compris. Marquer un essai est devenu un exploit, qu’il soit personnel ou collectif. Et cet exploit, non content d’être réalisé, devrait en plus être le fruit d’un heureux hasard, d’un grain de folie génialement français, d’une tentative suicidaire de cadrage-débordement. Incroyablement con, non ?
Et pourtant, certains s’acharnent à chercher du talent là où il y a principalement du travail. Après les Google Glass, voici les French Flair Glass : un peu comme des lunettes 3D, quand on les porte, on voit tout en French Flair. Quand Gaël Fickou profite du travail de toute une équipe et fait une demi-feinte de passe pour éliminer le dernier défenseur qui était déjà dans le vent, Richard y voit du French Flair à l’état pur. Sorry Richie : les rares fois où ce fameux hasard fait son apparition, il n’est qu’une illusion. Les crochets de Brice Dulin, si prodigieux, si déroutants soient-ils, sont TRAVAILLÉS quotidiennement. Les changements d’appuis de Wesley Fofana sont RÉPÉTÉS jusqu’à plus soif. Les en-avant de Thierry Dusautoir sont minutieusement PRÉPARÉS à l’entrainement. Et ça marche pour plein d’autres choses de la vie. Laurent Ruquier n’invente pas ses vannes en direct. Les filles ne sont pas aussi belles au naturel. Laurent Ruquier non plus n’est pas aussi belle au naturel.
Le French Flair, c’est le Père Noël à l’envers. Y’a vraiment que les vieux pour y croire.

Rugby, 2000ème article : Le French glaire (1/2)

Vous en avez forcément entendu parler. Vous ne savez pas vraiment ce que c’est mais ça ne vous dérange pas. Le nom sonne bien, ça doit être un nouveau courant artistique post-hipster trop tendance, c’est peut-être une chanson de Julien Doré ? Ou un concept un peu naïf, un peu éculé, que les jeunes de moins de 45 ans ne peuvent pas connaitre et que les autres croient avoir connu. Un rêve d’un autre temps qui ne deviendra jamais réalité, un peu comme le monstre du Loch Ness, une victoire des Irlandais face aux All Blacks ou Martin Castrogiovanni avec les cheveux propres.

Qu’est ce ? Existe-t-il ? L’a-t-on jamais vu ? Le Vestiaire est parti à la recherche du French Flair. Voici pour célébrer notre 2000ème article la plus belle enquête de l’histoire du Vestiaire.

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Quand on ne sait pas par où commencer, il faut procéder par élimination. Nous avons émis l’hypothèse suivante : le French Flair ne se trouve ni dans les mains de David Marty, ni dans les pieds de Jean-Baptiste Poux. Ces deux pistes mises de côté, notre enquête a débuté comme toutes les autres. Nous avons cherché le French Flair aux endroits où il a été aperçu pour la dernière fois, c’est à dire dans les délires des plus grands mythomanes du rugby français. Nous nous sommes donc infligés les passages les plus mièvres de la bibliographie de Denis Lalanne, les articles les plus merdiques – la sélection a été très difficile – de Richard Escroc, l’imposteur qui se prend pour son successeur, l’intégrale des chroniques-somnifères de Pierre Villepreux et enfin un édito de Jacques Verdier tiré au hasard.

Juste avant le nervousse brekdaoune, nous sommes parvenus à cette définition approximative :

Le French Flair serait un grain de folie, une magie fragile, un irrésistible souffle d’euphorie qui balaye le terrain de large en large, une inspiration génialement française qui emporte les trois-quarts les plus élégants du monde vers la ligne d’essai adverse, la gloire éternelle et le dessous des jupons des petites Anglaises. Le French Flair, c’est l’inné. C’est le TALENT. Le french flair, c’est le contraire du travail. C’est la branlette. C’est la suffisance. Le French flair, c’est l’intime conviction que nos joueurs ont au fond d’eux-mêmes quelque chose de plus que les autres. Ce quelque chose n’est donc pas Henry Chavancy, puisque l’Irlandais Jonathan Sexton l’a aussi. Ce quelque chose, c’est un coq.

Le French flair, c’est 3 finales de coupe du monde, perdues certes mais quand même, plus une flopée d’exploits sans lendemain auxquels on a pris la sale habitude de donner un nom, histoire de les faire rentrer dans la mémoire collective et de bâtir notre propre légende à partir de victoires dans des matchs sans enjeu. Heureusement que les Néo-Zélandais ou les Gallois ne sont pas assez cons – ou sont trop modestes – pour baptiser leurs beaux essais, ils y passeraient tellement de temps qu’ils n’en auraient plus assez pour les marquer. Nous ça va, on arrive encore largement à les compter. Et si nous réfléchissions ensemble à un nom grandiloquent à donner au prochain essai d’envergure du XV de France ? Comme ce genre d’apparition survient tous les 10 ans environ, et que l’essai à la dernière seconde contre les Anglais semble correspondre à la description, il nous reste à peine 9 ans et 11 mois pour trouver un nom à notre prochain exploit sans lendemain. Dépêchons-nous ! Voici quelques propositions :

–          L’essai Bleu Blanc Rouge

–          l’Essai de la Fin de Tous les Temps Eternels

–          Le Plus Bel Essai du Monde Connu et de Tous les Autres et Aussi Des Réalités Parallèles Comme dans Inception

–          L’Essai Moi Chanter

A suivre…

 

Rugby, Palmarès : Les demi de mêlées

Yachvili se retire de l’élite en même temps que le Biarritz Olympique. Sans lui, le vitrine du BO et la panse de Blanco, seraient sans doute moins garnies . Il ne reste que deux matchs à Dimitri pour intégrer la liste suivante, il n’en sera de toute façon pas très loin.

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Le rugby ne se jugeant que sur deux compétitions, l’une européenne, que la France a déjà perdu, l’autre mondiale, que la France a déjà perdu, il ne suffisait pas d’avoir brillé en Currie Cup, Super 12 ou Top 14 (ça existe) pour y figurer. Voici les cinq meilleurs numéros 9 de ces vingt dernières années.

5. Ruppert Moon

Ceux qui n’ont pas vu le Tournoi des 5 nations 1994 ne savaient même pas qu’il existait. Les autres savent qu’il l’a gagné tout seul avec Scott Quinnell et un Pays de Galles cuillère de bois en 1993. Un des plus grands Quinze tricolores de tous les temps battu. La Coupe d’Europe n’existait déjà pas.

4. Justin Marshall

S’il n’y avait qu’une seule raison pour justifier sa présence, ce serait Byron Kelleher. Oublier ce que signifie jouer au rugby n’est pas condamnable à 36 ans. Il n’a pas gagné la Coupe du monde, mais ce n’est pas que de sa faute.

3. Fabien Galthié

Quatre Coupes du monde qu’il n’a pas gagnées. Une fin de carrière au niveau exceptionnel, voire jamais vu, à la tête d’ un Quinze de France sans équipe, ni jeu. Bernard Laporte était là.

2. George Gregan

L’Australie, c’était plus lui que Larkham ou Horan. Niveau égal toute sa carrière, un peu de génie dans son jeu lui aurait donné la première place. Il a failli se retrouver troisième, mais Bernard Laporte et Boudjellal étaient là.

1. Joost Van der Westhuizen

Le génie des 9. Le plus physique, la plus grande gueule. Une Coupe du monde qu’il gagne seul et un peu avec les organisateurs. Une efficacité hors norme. Une créativité inégalée et une technique inégalable dans le jeu, le sexe ou la drogue. Et en plus il va crever avant Gareth Edwards mais après Jacques Fouroux. La classe.

Egalement cités

Farr-Jones : fin de carrière. Troncon : Italien. Pichot : Argentin. Edwards, Gallion, Berbizier, Fouroux : on a dit vingt dernières annéesCarbonneau : Jean-Claude Skrela ?

Rugby, ProD2 : La Perezina

Il y a 5 ans, une affiche USAP-BO avait une allure de finale du Top 14.

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Par notre correspondant occasionnel à Aimé Giral, Paul Goze-Toujours

Samedi dernier, c’était la finale pour l’accession à la Pro D2. Le rendez-vous qui fait saliver les amateurs de petits tas, d’en-avant repris hors-jeu et de piliers en surpoids de 30 kg (autre genre de petits tas). Un de ces matchs magiques où l’équipe qui joue sa survie peine à battre, à domicile, une équipe pour qui les biarrotes sont cuites depuis plusieurs mois. Entre ces deux finales, Mourad Boudjellal et Jacky Lorenzetti ont fait leur apparition dans le paysage rugbystico-médiatico-financier et les riches d’hier sont devenus les pauvres d’aujourd’hui.

Du côté de Perpignan, beaucoup de choses ont changé. Nicolas Mas, l’enfant adoré et adorable du pays, s’est auto-délocalisé en terre gavatx (prononcez gabatch) et a sous-traité son travail à une brute de Géorgien qui n’a de gentil que le nom. Damien Chouly s’est transformé en Dan Leo, il a gagné 10 cm et 10 kg mais a perdu deux mains et joue avec des moignons. Il parait que c’est gênant pour jouer numéro 8. Dan Carter a pris du poids et s’appelle désormais Camille Lopez. On le reconnait encore à la fréquence et à la gravité de ses blessures. Les Catalanes, le (ni)cœur brisé, doivent se consoler dans les draps James Hook : voilà qui s’appelle descendre en deuxième division. Nicolas Durand le génial demi de mêlée s’est transformé en Nicolas Durand le demi de mêlée qui foire un jeu au pied d’occupation facile puis un autre dans la minute qui suit pour montrer que ce n’était pas un coup de chance, qui se trompe systématiquement de côté pour ouvrir le jeu alors que c’est pourtant pas compliqué, quand tu fais 1m20 et que tu peux pas aller tout droit, c’est soit à droite soit à gauche, t’as 1 chance sur 2 de faire le bon choix, mais y’a des soirs (des saisons ?) comme ça où  ça veut pas, t’as toujours tout faux.

Du côté de Biarritz, il faut beaucoup plus de 5 ans pour que quelque chose change. Dimitri Yachvili s’appelle toujours Dimitri Yachvili, il est toujours le 9/buteur/gagneur/mentor de l’équipe et le sera pour l’éternité, sa coupe brossée n’a pas bougé d’un millimètre, tout comme son sourire qui fait craquer les biarrotes comme les bayonnaises même si ces dernières ne l’avoueront jamais. Julien Peyrelongue est toujours ce demi d’ouverture irremplaçable dont aucun autre club ne voudrait dans son équipe Reichel. Damien Traille sert toujours d’arrière/centre/demi d’ouverture de dépannage. Imanol Harinordoquy est toujours blessé. Vous l’aurez compris, Serge Blanco ne déteste rien de plus que le changement, surtout lorsqu’il s’agit du fauteuil de président dans lequel son large fessier est vautré depuis des siècles. Lorsqu’il annonce que « des têtes vont tomber », il s’agit bien entendu de têtes de veau sauce gribiche, de têtes d’agneau à la tunisienne, etc… qui vont tomber dans sa panse. Toutefois, si Serge aimerait conserver tous ses chers joueurs-cadres pendant 20 ans encore, il est certain qu’il vendrait père(longue) et mère pour que Biarritz ne tombe pas de sa falaise. S’il persiste à ne toucher à rien, Blanco va peut-être devoir changer de Kampf : le mécène biarrot, qui ne supporterait plus qu’un vendeur de BD  le fasse passer pour un sans-le-sou et un looser, envisagerait d’imiter son homologue de l’Aviron Bayonnais et de réduire sa participation financière au budget du Biarritz Olympique. Cap ou pas Cap Gemini ?

 

Le destin du Biarritz Olympique, écrit il y a de longs mois, porte officiellement le sceau de la ProD2 depuis samedi dernier. Celui de Perpignan est en ballotage. Condamnée à recevoir Oyonnax pour un match décisif le weekend prochain, l’USAP se Tichit dessus. A raison : tout au long de ces 22 journées de championnat, les avants oyonnaxiens ont pris le temps d’expliquer au Top14 comment ils sont devenus champions de ProD2 l’année passée : en marchant sur la gueule, sur le ventre, sur les oreilles de leurs adversaires, en mangeant leurs doigts arrachés avant qu’on ne les recolle. Nous avons procédé à un rapide micro-trottoir en pesage à Aimé-Giral afin de recueillir des pronostics, dans le but d’affiner notre expertise et de se refaire une santé au Cote &Match après quelques weekends désastreux. Compte tenu de la septimanie qu’a leur équipe de s’échapper quand le jeu se durcit, les supporters catalans s’attendent à une boucherie. On ne peut qu’applaudir une telle démonstration de lucidité.

Marc Delpoux, à la recherche d’une solution pour éviter le désastre qui s’annonce, a passé la semaine à s’arracher les cheveux qu’il n’a plus depuis longtemps. Christophe Porcu refuse de sortir de sa retraite une deuxième fois, tout semble perdu. La vérité, c’est qu’il n’existe qu’une seule solution. Elle est sanglante. Furieuse. Insoutenable. Maudite. Conscients de l’atrocité que représente une telle extrémité, nous ne consentons à écrire cette horreur dans les lignes à venir que parce que nous avons la CERTITUDE que Marc Delpoux ne sait pas lire et ne pourra donc pas la mettre en œuvre. Il faut faire jouer Jean-Pierre Perez sans muselière, sans camisole et sans lui injecter de sédatifs. Nous pouvons d’ores et déjà annoncer le résultat du match : ce sera la Pérezina pour Oyonnax. Il y aura alors davantage de sang que d’or sur les maillots catalans.

Pendant ce temps-là, Guilhem Guirado a déclaré qu’il « s’en voudrait toute sa vie si l’USAP descendait ». Il n’y a vraiment pas de quoi : il est l’un des rares joueurs de l’équipe à être au niveau. Lorsque Guilhem pleurera dans le Corail Intercités à destination de Toulon, ses larmes seront absorbées par le bandeau qui lui recouvre en permanence la moitié des yeux. 

Rugby, Tournoi : Au fond de Lapandry

L’équipe de France est sous le feu des critiques depuis son match merdique mais victorieux face à l’Ecosse, alors on ne va pas trop en rajouter. Mais on va en rajouter un peu quand même.

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Par notre spécialiste rugby Gilles Gros Paquet d’Haggis

Les discussions qui précèdent et qui suivent un match contre l’Ecosse sont un rituel tout à fait immuable depuis des décennies. Avant le match, notre complexe de supériorité nous donne une furieuse envie de hurler qu’on va les éparpiller pendant 80 minutes, qu’ils ont jamais été foutus d’avoir une mêlée correcte et que si Kenny Logan est considéré comme un des meilleurs joueurs de l’histoire du rugby écossais, c’est bien la preuve qu’ils sont congénitalement inaptes à ce sport qu’ils ne peuvent pas s’empêcher de pratiquer pour essayer de battre les Anglais à quelque chose.

Vous ne lirez jamais de tels propos avant un match ; en rugby comme sur un bateau, il est des mots qui portent malheur. Personne ne se souvient de la dernière fois que l’Ecosse nous a battus, peut-être n’est-ce jamais arrivé, mais le principe de précaution qui régit nos sociétés modernes nous pousse à admettre, à contrecœur certes, qu’il n’est pas mathématiquement impossible que l’Ecosse nous batte. C’est pourquoi, au lieu du cri du cœur ci-dessus, vous entendrez invariablement parler de « match-piège qu’il ne faut pas prendre à la légère », de « mêlée roublarde », voire de « All-Blacks du Nord » lorsque le commentateur décide de reprendre cette expression que personne n’a jamais comprise. A noter : la nouveauté ces derniers temps est d’inviter à la méfiance envers l’arrière Stuart Hogg, qui est-  il faut l’avouer –  un sacré joueur.

Les matchs de rugby ne sont pas très différents du commun des choses de la vie : quand on en attend beaucoup, on est très souvent déçu. Quand on espère mettre 50 points aux Ecossais, on est  toujours désespéré par la courte victoire que l’on arrache (vole ?) à 2 minutes de la fin. Vient ensuite le temps des pleurnicheries d’après-match où l’on explique en quelque sorte à nos amis Ecossais qu’aussi nuls soyons-nous, nous sommes toujours meilleurs qu’eux.

Mais au juste, que pouvait-on vraiment attendre d’une rencontre où la feuille de match indiquait Lapandry – Vahamahina à l’endroit où quelques mois plus tôt elle affichait Dusautoir-Nyanga ? Il fallait bien remplacer les deux flankers titulaires blessés, nous en conviendrons. Mais fallait-il le faire avec un joueur qui a fini par gagner sa place de remplaçant en club ? avec un autre qui pèse 125 kg, qui a joué troisième ligne une fois dans sa vie et qui logiquement n’a pas le sens du déplacement requis par ce poste ? Un numéro 6 aussi lourd, ça veut généralement dire « on va faire des mauls tout l’après-midi ». C’était peut-être la stratégie choisie. On ne le saura jamais, puisque Brice Mach avait décidé que les Bleus pouvaient jouer sans gagner une seule touche.

Que pouvait-on attendre d’une équipe dont le sélectionneur dépressif avait sciemment décider de se tirer une balle dans le Piedcamoles ? Le CNRS planche encore sur les raisons qui peuvent pousser quelqu’un à se priver de la meilleure chance d’atteindre son objectif. L’hypothèse qui tient la corde est toujours la consommation excessive de Delirium Tremens chaude. 5 jours plus tard, les effets commencent enfin à se dissiper, Pica refait son apparition sur la feuille de match. Oui, mais c’est en tant que numéro 6. Il en reste encore.

Une chose est certaine : si l’on joue contre l’Irlande comme l’on a déjoué face à l’Ecosse, la fessée cul nul qui nous attend sera des plus douloureuses. Car l’Irlandais est un sadique : quand il commence à faire mal, il insiste. Et insiste encore. Jusqu’à que l’arbitre ait sifflé le coup de sifflet final et le coup de sûreté. Un peu le contraire de nos Français, qui se relâchent et prennent pitié de leur adversaire dès qu’ils mènent de plus de 7 points.  Alors si Nicolas Mas doit comprendre les nouvelles règles de la mêlée, c’est aujourd’hui ou jamais. Si Rémi Talès doit confortablement installer Jules Plisson sur le banc de touche, c’est aujourd’hui aussi. Si Brian O’Driscoll, doit terminer sa carrière internationale sur un plaquage-arrachage-du-genou, c’est aujourd’hui encore.

Pendant ce temps-là, les Anglais vont gagner le Tournoi. On aimerait dire qu’on s’en fout parce qu’on a gagné le Crunch, mais c’est même pas vrai. 

Rugby, Tournoi : Le Talon d’or

L’entrée en jeu de Guilhem Guirado a permis de régler les problèmes en touche de l’équipe de France. Vous ne le croyez pas ? Vous ne connaissez donc pas Brice Mach.

Par notre spécialiste rugby Peyo Gonzo Greenslip Jr

Jusqu’à samedi dernier 19h10, il était inconcevable que Guilhem, lanceur remplaçant de pizzas catalanes du XV de France feat. Lièvremont, puisse améliorer le rendement d’une touche de quelque façon que ce soit. Deux hypothèses s’offrent donc à vous, lecteurs amateurs d’intrigues : soit Guilhem a remonté le bandeau qui lui tombait sur les yeux et l’empêchait de voir l’alignement, soit nous avons trouvé la perle rare qui lance plus mal que lui. Soit les deux.

A la 27ème touche perdue, Philippe Saint-André s’est dit que décidément, Dimitri Swszarzezwzwzski et Benjamin Kayser n’étaient pas si mauvais. A la deuxième pénalité concédée en mêlée, il a eu comme un flash : il fut un temps, pas si lointain, où le numéro 2 était porté par le numéro 1.

C’était il y a deux ans à peine. Souvenez-vous.

Au sortir des vestiaires, la foulée de William Servat, puissante, aérienne, souple, son allure martiale, son short parfaitement ajusté, inspiraient le respect et la crainte à nos adversaires.  A la première touche, les mains de William, épaisses mais habiles, imprimaient une vrille pleine d’assurance à la gonfle, qui entamait une ascension gracieuse dans le ciel de Dublin, de Londres, de Paris ou d’ailleurs, avant de redescendre tranquillement pour un atterrissage tout en douceur en-bas là-bas dans LA main experte tendue par Julien Bon Air, qui profitait de la vue pour analyser le placement de la défense adverse et pour élaborer en conséquence un mouvement à 8 temps de jeu que David Marty allait aussitôt saboter d’un en-avant tout moche.

Même les en-avant n’étaient pas un problème. Ils étaient une ruse. Car à cette époque bénie, mêlée rimait avec gagner. Sous l’impulsion d’un talon nommé William, le pack français enfonçait ses adversaires et glanait pénalité sur pénalité. En 2014, pour rendre hommage à William, la mêlée française fait la Bûche : elle se fait fendre une ou deux fois par match.

Contre l’Ecosse, PSA avait décidé de se priver de Louis Picamoles parce que ce dernier, un jour dans sa vie, n’avait pas été à la hauteur de ses attentes. Va-t-il faire fusiller Brice Mach ou n’attendait-il vraiment rien de lui ? Qui de Jean-Philippe Genevois ou de Benoit Cabello sera le prochain talonneur atroce de l’équipe de France ? La suite au prochain numéro 2.

Pendant ce temps-là, le meilleur talonneur du monde français gâche les 5 années de carrière qu’il a encore dans les jambes. Prisonnier d’un banc de touche à Toulouse, William Servat est condamné à perpétuité à apprendre à Christopher Tolofua à lancer en touche. Le Sisyphe des temps modernes pousse donc un rocher ovale, sa tâche en est d’autant plus ardue. Aussi cruelle soit la mythologie grecque, le Sisyphe originel n’a jamais eu à supporter les blagues pourries de Jean-Baptiste Elissalde sur sa calvitie ni l’odeur de Yohann Montès après une séance d’endurance. C’est chez ces mêmes grecs que William rêve d’envoyer le vieux Guy se faire voir, lui qui ne le laissera jamais sortir de sa retraite pour la deuxième fois.

Ceci est un appel désespéré aux dirigeants toulousains. Ayez un cœur. Oubliez le Stade un jour dans votre vie. Libérez-nous de Brice Mach et de tous les autres talons d’Achille. Rendez nous le talon agile. LIBEREZ WILLIAM. 

 

Que reste-t-il du XV de France ? (2/2): L’Hibbard à hotesses

Qui n’a pas lu la première partie ?

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Par notre spécialiste biochimie de l’ovalie Peyo Greenslip Jr

Avez-vous déjà entendu parler des molécules intelligentes ? Ces particules ont la faculté de s’adapter à leur environnement : chacune d’entre elles se déplace de façon autonome afin de maintenir l’équilibre et la santé du corps. Prenons le cas imaginaire d’une mêlée médicale ou chaque pack serait réduit à 7 molécules. Une molécule issue d’une autre partie du corps gallois, nous la nommerons Jamie Roberts, viendra systématiquement se greffer pour apporter tout le poids de ses 110 milligrammes. Ceci est une molécule intelligente. En réaction, une molécule-arrière intelligente française devrait logiquement se détacher de son affectation pour compenser le déséquilibre et éviter un traumatisme. Mais il n’y a apparemment pas de molécule-arrière française assez intelligente ou assez joueuse pour prendre le risque de découvrir son poste, même à 5mètres de la ligne galloise. Il faut donc croire que nos traitements face à la Galles n’étaient ni assez puissants ni assez intelligents.

Il est probable que sans remède efficace, même le plus sage chaman  de l’ovalie, qui de toute manière a préféré rester au chaud dans son wigwam Haut-garonnais, ne saurait faire mieux. Inutile de réclamer une perfusion de Trinh-Duc©, six ans d’essais cliniques et une cinquantaine de sélections ont amplement suffit à prouver l’inefficacité du produit dans  la gestion du jeu et dans le jeu au pied.

Par contre une chose est sûre : l’ablation d’un Picamoles n’est pas la meilleure solution pour sauver l’équipe de France. Arracher l’organe le plus important de l’organisme sous prétexte que celui-ci connait quelques rares dysfonctionnements n’aidera pas les autres à mieux marcher. Le premier Mingos venu sait très bien que l’on ne prélève le cœur qu’en fin de bataille. Aucun médecin n’aurait pris cette décision à moins d’être, excusez le jargon médical, « complètement con ou complètement bourré ». En effet, dans la confusion consécutive à la défaite, Philippe Saint-André croyant attraper son bidon d’eau, a fait cul-sec sur celui de Vincent « le Belge » Debaty, qui ne contient jamais autre chose que de la Delirium Tremens chaude. Ainsi, on comprend mieux l’assurance stupide dont le sectionneur a fait preuve au moment d’annoncer que le Xv de France « n’a pas besoin de Picamoules-Frites pour aller Picte-niquer en Ecosse.

Il vaut sans doute mieux piquer la bête tout de suite plus tôt que la laisser se faire dépecer  par une horde de Simériens prêts à croiser le fer, sans même le golem des Midi-Pyrénées pour tenter de la défendre.  

Rugby, Galles-France (1/2): La Galles des débutantes

La pénombre s’est abattue sur les chelemiens espoirs de nos braves. Les pétaradants artifices du Millénium Stadium n’ont su leur éclairer la route du succès. Battus par un mal d’un autre siècle, les bleus avaient égaré leur tube d’ascabiole. Saint-André retrouvera-t-il enfin sa boîte de Zoloft?

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Par notre spécialiste rugby et pharmacie Peyo Greenslip Jr

Le diagnostic à poser sur cette défaite est effrayant. Ceux qui l’ont aperçu sont formels,  le mal serait grand comme Maestri, gros comme Mas, gras comme Bastareaud, vieux comme Forestier, mou comme PSA. Il est visqueux comme la toison de Szarzewski et invisible comme chouly, ce qui le rend impossible à traquer. Si seulement il était aussi lent que Doussain et aussi faible que Lauret, nous aurions une chance de l’attraper.

A ceux qui souhaitent un changement de service, jugeant le docteur Saint-André incompétent, nous rappellerons que le mal est avant tout là parce que la pharmacopée française, à force d’être sur-utilisée, est parfois faible. Si nous disposons d’une gamme de princeps relativement efficaces, leurs génériques laissent à désirer. Du Lauret©,  emballé dans son casque, ressemble vaguement à du Dusautoir© mais ce n’est pas du Dusautoir©. Wenceslas, pour info : gratter un ballon gallois, ça ne veut pas dire faire des guilis à un ventre de rouquin, ça veut dire aller jusque dans leurs bras arracher leurs fils et leurs compagnes et la gonfle. De même, un cachet entier de Debaty©, si gros soit-il, ne soulagera jamais le côté droit de la mêlée comme le fait une moitié de Mas© ou de Slimani© (médicament momentanément retiré du marché pour avoir causé des maux de tête à un (im)patient italien). Quant au Forestier©, il est tellement peu dosé qu’il ne peut compter que sur l’effet Placebo, qui comme chacun sait  ne fonctionne que sur les filles pré-pubères des années 2000.

Mais il ne s’agit pas simplement d’un problème d’efficacité brute. Avez-vous déjà entendu parlé d’intelligence de jeu? Rendez-vous dans la seconde partie pour comprendre le concept.

Rugby : François trinque dur

Perdre sa place en équipe de France n’est jamais agréable. Pascal Papé non plus. Mais il y a des choses encore plus désagréables. En voici d’ailleurs la liste exhaustive, par ordre croissant :

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Par Peyo Greenslip Jr

– Perdre sa place en équipe de France au moment d’un quart de finale de coupe du monde, au profit de Morgan Parra qui n’avait pas joué demi d’ouverture depuis ses 7 ans, en 2009.

– Reperdre sa place au profit d’un Fred Michalak vieillissant qui ne joue 10 à Toulon que lorsque Sir Jonny Wilkinson veut bien se blesser

– Voir Michou perdre sa place au profit de Rémi Talès après que ce dernier a porté Castres au titre de champion de France de ProD2 au prix d’un drop réussi par erreur

– Revenir en équipe de France pour servir de doublure à Jules Plisson quand Rémi Talès est blessé.

Jules Plisson, dont l’inexpérience excuse apparemment tout ce qui n’a jamais été pardonné à François, pas même lors de ses premières sélections : jeu au pied déficient, animation offensive moyenne, absence de réaction dans les moments critiques… On lui invente même des qualités: il parait que Jules était le meilleur plaqueur de l’équipe de France face à l’Italie. Si comme RugbyDrama vous pensez que 14 plaquages suffisent à faire d’un joueur un bon plaqueur,  c’est que l’Illusion de Ouedraogo n’est pas un concept qui vous est familier. Dans son coin de parking, François se dit qu’il aurait bien aimé jouer au temps de Wesley Fofana,  de Mathieu Bastareaud et de Gaël Fickou. Ces trois-là ont le pouvoir de capter l’attention des médias, de masquer les lacunes de leur 10 et de gagner des matchs, pas mal non? Du temps de François les centres s’appelaient Estebanez ou Marty. Et Mermoz-Rougerie les bons jours. 

Ne pas perdre le North. Lors des deux premières journées de ce Tournoi 2014, Louis Picamoles et Wesley Fofana ont successivement battu l’Angleterre à la toute dernière seconde et l’Italie en 10 petites minutes. Comme toutes les années paires où notre équipe est potable, le Tournoi va donc se jouer lors du match à l’extérieur le plus difficile, celui à Cardiff. Une victoire des Bleus leurs ouvrirait une voie royale vers le Grand Chelem. Ça tombe plutôt bien, le Pays de Galles fait un début de Tournoi tout à fait merdique. Après une victoire poussive à domicile face à l’Italie, les diables roux se sont fait humilier chez leurs cousins irlandais. Cette situation peut-elle vraiment durer ? Oui elle le peut.

Demi de mélasse. Ce qui manque au Pays de Galles version 2014, ce sont principalement des demis. Le correspondant permanent du Vestiaire au Petit Bayonne affirme que Mike Phillips les aurait tous bus, laissant ainsi la Galles sèche. Comme un bon politicien que les scandales à répétition ont du mal à pousser sur la touche, Mike n’a pas honte de continuer de squatter un poste à haute responsabilité qu’il n’arrive plus à gérer. Il pourrit les phases offensives par ses initiatives aussi égoïstes que stupides et ralentit les ballons qu’il daigne transmettre aux vrais arrières. Son remplaçant, le jeune Rhys Webb, aura pour mission d’accélérer la connexion avec Rhys 2.0 Priestland pour lui permettre de naviguer  devant la défense dans de bonnes conditions.

Ce qui manque au Pays de Galles, c’est aussi un talonneur correct, une mêlée, une touche et un peu de diversité génétique. Ça fait beaucoup pour gagner ce soir.

France-Italie (2/2) : Fickou de Trafalgar

A l’issue de la première partie nous en étions restés sur le futur énième limogeage de PSA. Que vient faire la CGT en Ovalie ?

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Par notre spécialiste rugby Peyo Greenslip Jr

Le match bascule lentement mais inexorablement du côté anglais comme à l’époque d’Alain Penaud, sans que le sursaut d’orgueil de la mêlée bleue parvienne à y changer grand-chose.  Au moment où résonne le lancinant Swing Low Sweet Chariot, le tableau d’affichage indique 19-24 en faveur des visiteurs et l’espoir se fait bien rare. Le Midol se prépare à titrer sur la nullité de l’équipe de France. Philippe Saint-André jubile. Il se prépare pour une conférence de presse plus larmoyante qu’une Marseillaise de Yannick Nyanga. Hélas, c’est bien un discours de victoire qu’il devra improviser 20 minutes plus tard, la faute à un incroyable Fickou de théâtre qui va ruiner ses plans.

Une action de 2 minutes, des transmissions après contact, des libérations rapides, une passe dans le tempo de Yoann Maestri (!) et voici Dimitri Szarzewski qui déborde sur le côté gauche. En pleine course, il ajuste sa passe à hauteur pour Gaël Fickou. « EN-AVANT !! EN-AVANT !! » hurle PSA, à raison. Gaël ne l’écoute pas et file marquer entre les poteaux. 26-24. Le match est plié. Chris Robshaw et ses coéquipiers étaient proches de gagner comme d’habitude pour un vrai quinze feuille de rose, mais ils repartent avec des Ashton de regrets.

Deux actions de classe dans un match, c’est toujours une de plus qu’il n’en faut à ce sacré Richard Escroc pour nous re-re-re²-refaire le coup du french flair. Parlez-vous le Richard Escroc? Non? C’est très simple, il vous suffit de retenir ceci. Quand on joue mal, c’est parce qu’on a perdu ce french flair si génialement français qui nous faisait gagner une fois sur 10 à l’époque du Temps d’Avant. Quand on joue bien, c’est parce qu’on l’a retrouvé. Vous avez compris? Félicitations! Vous êtes journaliste à vie à l’Equipe. Vous pouvez maintenant écrire à volonté des conneries sur le pseudo-génie de Gaël Fickou, dont la seule contribution à cette victoire est une course tout droit assortie d’une feinte de passe sur un dernier défenseur déjà dans le vent que n’importe quel Florian Fritz aurait été capable de faire. Au passage, vous ne manquerez pas de souligner le contraste avec l’affreux Mathieu Bastareaud, fils honni de la France-flair, qui s’est contenté de casser de l’Anglais pendant 75 minutes et qui a été un des rares à pouvoir stopper Billy Vunipola.

Sur les conseils de Richard, Patrice Lagisquet a décidé d’axer la semaine du travail sur le French Flair. « Vous allez me lire l’intégrale de Denis Lalanne avant France-Italie. Je veux que chacun connaisse par cœur l’Essai-du-Bout-du-Mond et l’Essai-du-Siècle et tous les autres. Pas toi Maestri, t’as pas le temps d’apprendre à lire d’ici samedi. On va se contenter de passes vrillées ».

Pendant ce temps-là,  Gael Fickou médite sur la manie désespérante qu’ont les médias de se fabriquer des idoles pour mieux les dézinguer la fois d’après. Et s’il avait malencontreusement laissé tomber ce ballon au moment d’aplatir ? Qui aurait parlé de french flair ? Qui aurait dit que l’équipe de France a fait un bon match malgré la défaite ? En novembre dernier, Damien Chouly  avait manqué l’essai de la victoire face aux Blacks pour quelques centimètres à peine. Il a sans doute la réponse à toutes ces questions.

 

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Illusion de Ouedraogo, n.f.: impression de grande utilité donnée par l’activité débordante d’un joueur, masquant avec brio un cruel manque d’efficacité dans chacune de ses interventions. Ce trouble optique se caractérise principalement par une impuissance flagrante sur les phases offensives statiques et par des plaquages nombreux mais tous subis. Elle affecte exclusivement des troisième ligne pas assez costauds pour franchir les défenses ET pas assez mobiles pour s’appeler Yannick Nyanga. Lorsque la critique encense ledit troisième ligne et l’affuble simultanément des qualificatifs « omniprésent » et « indispensable », on dit alors que l’Illusion est « totale ». L’Illusion de Ouedraogo tire son nom de la tactique employée par un sosie raté de Serge Betsen pour accumuler la bagatelle de 33 sélections en équipe d’Errance entre 2007 et 2013.

France-Angleterre : Suck my coq (1/2)

Il y a des dimanche matin de février où, sans trop savoir pourquoi, on se lève avec le sourire. D’ordinaire si renfrogné au réveil, vous ressentez un mélange de félicité et de paix intérieure. Vous ne sauriez vraiment pas dire ce que c’est, mais quelque chose va bien dans votre vie. Vous repliez votre clic-clac aux lattes toutes cassées et vous posez les pieds sur le carrelage glacé. Vous ouvrez la fenêtre pour admirer le temps pourri, la pluie battante vous gifle le visage en guise de bonjour. Le bol de café s’échappe de vos mains et vous brûle les cuisses au troisième degré. Mais rien ne saurait décidément entamer votre bonne humeur. C’est une journée magnifique. Et soudain ça vous revient : on a battu les Anglais hier soir. Souvenez-vous.

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Par notre spécialiste rugby Peyo Greenslip Jr

Quand on décide d’arriver en avance au bar, c’est pour s’assurer une place assise, pour assister à la présentation des équipes et éventuellement, pour ceux qui ont appris les paroles aux meetings de l’UMP, beugler un bout de Marseillaise. On fait rarement ça pour être sûr de ne pas rater le premier essai français. Franchement, qui pouvait imaginer que Jules se plisserait dessus dès la première action, que son coup de pied raté serait sauvé par un contre qui enverrait le ballon en plein sur Yoann Huget, qui marquerait sans opposition ? Sûrement pas Philippe Saint-André. Par habitude, il n’a prévu qu’un discours plein de larmes pour la conférence d’après-match et se retrouve pris au dépourvu. « Ce n’est que le début, snif, les Anglais vont revenir, snif » se dit-il, plein d’espoir.

Mais ce coquin de sort n’attend pas plus de 16 minutes pour s’acharner sur le pauvre PSA. Juste avant que le coude de Mike Brown ne mette fin à sa percée, Brice Dulin tape à suivre et dit au revoir à ce ballon qu’il ne reverra plus, d’autant qu’Alex Goode  et Billy Twelvetrees sont encore en couverture. Capricieux par nature, l’Ovale exécute une de ses plus belles pirouettes, la Dominici ’99. Les deux défenseurs anglais sont désarçonnés par le rebond et tombent à terre. Yoann Huget a devant lui une voie royale pour aller aplatir au milieu des poteaux et ainsi faciliter le travail de son buteur. Mais Yoann s’en branle pas mal, il sait bien que les photographes sont sur les côtés. Il vise donc soigneusement le drapeau de coin, ajuste une bouclette et s’offre aux objectifs sous son jour le plus spectaculaire. Par amour du spectacle, Yoann préfèrera toujours aller voir les photographes plutôt que faire son travail.  No Show must go on, comme disent les Anglais. 

Les 30 premières minutes sont donc un calvaire pour nos ennemis préférés et en particulier pour le centre Luther Burrell  qui se pensait costaud simplement parce qu’il mesure 1m91 et pèse 104 kg. Mathieu Bastareaud lui apprend au détour d’un plaquage-écrasement-retour-arrière-de-5mètres que cette notion est éminemment relative. Le réveil anglais viendra de 10 points obtenus suite à deux pénalités stupidement concédées par Yannick Nyanga, qui ne se voyait manifestement pas réaliser le match parfait dès la première journée du Tournoi.

A la mi-temps, PSA décide de donner un coup de pouce au XV de la Rose. Il joue son va-tout. Yoann Maestri, Yannick Forestier et Antoine Burban font successivement leur entrée sur la pelouse. Coaching gagnant. Pendant les 30 minutes qui suivent, le pack bleu se fait cruncher very very much. Finie la furia cocue de début de match : plus denses, aussi mobiles, les avants anglais nous imposent progressivement leur puissance. Courtney Lawes, lancé comme une balle, n’est pas loin d’atteindre le Nirvana. Le colossal numéro 8 Billy Vunipola se paye une percée plein champ, 2 raffuts et un amour de passe entre deux défenseurs pour offrir le deuxième essai anglais à Martin Luther Burrell, dans un stade de France qui se refroidit à vitesse grand Vunipola.

Muselé il y a deux semaines face à Toulouse, Billy crève l’écran et la défense française.  Face à cet ouragan, les plaquages d’Antoine Burban ont pour seul mérite de nous faire apprécier ceux de Thierry Dusautoir à leur juste valeur : inestimable. Antoine « le Destructeur » Burban court beaucoup, c’est appréciable, plaque beaucoup, c’est sympa aussi, mais subit tous les impacts, çà c’est moins glorieux. Dans l’ensemble, ça donne de jolies statistiques personnelles mais ça n’aide pas vraiment son équipe à récupérer cette gonfle qui la fuit depuis la 30ème minute.

Chez les amateurs de flankers à reculons, ce procédé s’appelle l’Illusion de Ouedraogo. Pour en decouvrir la définition il faudra revenir demain pour la seconde partie. Alors qui remportera cette partie à couteaux tirés ? Le french flair des ringards qui utilisent encore cette expression quand ils n’ont rien d’autre à dire ? Ou les rosbifs comme disent ceux qui ne connaissent pas le french flair ? A suivre…

XV de France (3/3) : Saint Médard en chiale

 Suite et fin de notre voyage au coeur de Madrange, pardon au coeur de l’étrange XV de France qui n’a plus réussi une passe depuis Bastareaud lors d’une nuit agitée dans le Pacifique. Après les gros et les gras, voici le dernier épisode : le inutiles. Ils jouent derrière, sont très bons ou très mauvais, Dulin ou Huget, voire très perso, voire Fofana mais on s’en fout car on les essais ça ne compte plus.

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Nous en étions resté sur l’alternative au Bastagro, le Fofanisme.

Fofaner, v. : attitude consistant à conserver le ballon en toutes circonstances, quand bien même la configuration forcerait le plus égoïste des David Marty à daigner faire une passe même moche, quand bien même se présenterait un 8 contre 1 en bout de ligne, pour à la place marquer un splendide essai en solitaire.

Exemple : «  Ah putain c’est pas possible de fofaner comme ça, on dirait un croisement entre Florian Fritz et Jamie Roberts à qui on aurait coupé les mains. »

Exception : on ne peut en aucun cas dire d’un joueur qu’il fofane si le joueur à qui aurait du être adressée la non-passe est Thierry Dusautoir, sujet notoirement atteint du syndrome du Bégaiement des Mains (on pourrait enchainer sur la définition, faudra penser à faire un dictionnaire médical de ce sport NDLR).

Ailiers

La particularité de la sélection française de cette année 2014 est qu’elle ne comporte pas d’ailiers. Si vous avez pris la peine de lire le paragraphe précédent et que vous ne présentez pas de trouble majeur de la compréhension écrite, vous aurez compris que leur présence dans l’équipe est largement superflue. Ainsi, les économies réalisées par la suppression du poste « Maquillage et Gel Cheveux pour Yoann Huget » devraient soulager le budget de fonctionnement de l’équipe de France, qui est déjà largement mis à mal par la consommation phénoménale de fricadelles-frites de Vincent Bienbaty.

Arrières

Il devrait en revanche y a voir un arrière, au cas où nos adversaires aient l’étrange idée d’exploiter nos points faibles dans la couverture du terrain ou de faire un concours de rouflaquettes. Brice Dulin et Maxime Médard ont donc tous les deux leur chance.

XV de France (2/3) : Le Trinh soufflera 5 fois

Dans l’épisode précédent, notre spécialiste vous expliquait que nos avants connaissaient mieux les règles du free fight que celles du rugby. C’est tant mieux, l’ovalie moderne ressemble davantage à la première option. Et vous allez voir que ça peut même servir à nos centres sauf si la charnière n’est pas trop rouillée.

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Par Gilles Gros-Paquet d’Avants

Demis

« Mon sourire ? Ça va être compliqué de me le décrocher ! » C’était François Trinh-Duc, à l’annonce de sa sélection dans le groupe de 30. Il a raison François, c’est compliqué de décrocher un sourire. Surtout le sien. On a l’impression de ne jamais l’avoir vu triste. Il peut serrer 23 mains et entendre 23 fois d’affilée « Sorry, good game » après une défaite honteuse, et c’est arrivé 5 fois en 7 matchs face aux rosbifs, qu’il a toujours cette tête d’enfant de publicité Nutella qui est tout sourire au moment de se resservir une rasade de cholestérol qui le tuera bien avant l’âge de la retraite. Personne n’essaiera donc vainement de décrocher ce sourire.

En revanche, comme lui expliquera Courtney Lawes dès le premier retour intérieur, une mâchoire se décroche en entier avec une facilité surprenante. A moins bien entendu que Jean-Marc Doussain, le meilleur depuis Galthié et la première année de Michalak au Stade Toulousain, ne soit titularisé à la mêlée pour le protéger, ce qui serait au passage une évolution assez remarquable des attributions du numéro 9. On a même trouvé mieux pour protéger Trou duc : aligner le moins mauvais de nos ouvreurs avec 7 ans de moins : Jules Polisson. En plus il sait tout mieux faire et même avoir l’air moins hétéro que Steyn. Pas facile.

Centres

Depuis la disparition tragique des jambes de Ô Yannick Jauzion, survenue entre 2007 et 2009 selon les estimations des spécialistes, l’équipe de France se cherche un premier centre capable de souvent franchir les défenses adverses et de toujours faire jouer ses coéquipiers à sa suite. Marc Lièvremont, entre autres hallucinations, avait cru découvrir ce successeur tant attendu en la personne improbable de Fabrice Estebanez. Plus lucide, Philippe Saint-André sait bien que Mathieu Bastareaud ne pourra réaliser que la première moitié de la mission, à savoir faire exploser la zone du 10 adverse. Ce sera déjà pas mal, et si cette tête à percussions d’Owen Farrell est encore titulaire à l’ouverture samedi, on pourrait assister au spectacle le plus jouissif que le rugby ait jamais offert.

Il faut garder une chose à l’esprit : il peut parfois arriver que le numégro 12, dans un moment d’égarement, oublie de foncer au tas ou fasse une passe pour faire plaisir aux nostalgiques du Frèncheu Flèrre, qui selon nos comptes ne sont plus que deux, Jacques Verdier et sa grand-mère, si l’on considère que Pierre Villepreux est mort depuis longtemps et que le personnage qui squatte rugyrama.fr et y répand impunément des idées aussi rouillées que les genoux de Damien Traille est un fantôme qui cherche désespérément la machine à voyager dans le Temps d’Avant.Dans l’hypothèse fantaisiste où le ballon parviendrait jusqu’au second centre, ce dernier aura pour objectif de mettre un terme à la folle envolée de trois passes. Le spécialiste maison s’appelle Wesley Fofana. Sa mission ? Fofaner.

Et si vous voulez vraiment connaître le sens du verbe Fofaner il faudra accepter de frôler l’AVC de rire. Et cette fois sans frauder les impôts. RIP Mouss.

 

 

Rugby, Tournoi : Le XV d’Errance (1/3)

Le Tournoi arrive pile à temps pour vous sauver d’un troisième weekend de soldes auquel vous destinait Madame. Vous êtes d’autant plus heureux que passer 5 weekends d’affilée le cul dans le canapé à regarder votre sport préféré n’est pas pour vous déplaire, cela ressemble même à votre vie rêvée. Asseyez-vous confortablement, détendez-vous, le spécialiste rugby va vous dire avec quelle équipe nous n’allons pas gagner le Tournoi. Et en plus c’est en plusieurs morceaux. Comme Maestri après un calin avec un Tongien d’1m65.

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Par Gilles Gros-Paquet d’Avants

1ère ligne 

On a beau se rincer l’œil autant de fois que l’on veut, et au sens propre pour une fois,  la liste des 23 sélectionnés indique toujours la mention suivante : Yannick Forestier. Il faut se rendre à l’évidence, notre première ligne est atteinte du syndrome de Barcella. Une définition s’impose :

Syndrome de Barcella, n.m. : série cauchemardesque de convocations en équipe de France  d’un pilier gauche laborieux, ayant pour point de départ une sur-cotation due à une première sélection accidentellement concluante face à une nation du Sud amoindrie lors des tests de novembre. Sa cause, invariable, est un manque dramatique de densité à un poste qui fut autrefois tenu par Sylvain Marconnet ou Olivier Milloud.  Le syndrome de Barcella tire son nom du traumatisme causé par les 20 sélections dont une en finale de coupe du monde d’un atroce pilier gersois dont la rumeur dit qu’il sévirait encore dans un club de retraite basque, participant activement à précipiter celui-ci en ProD2 entre deux blessures. Sa variante, la malédiction de Brugnaut, très rarement diagnostiquée, quasiment identique mais encore plus douloureuse, se distingue uniquement par l’absence de première prestation réussie.

Le poste de pilier droit est sujet au même problème de manque d’effectif. Face à la perspective de laisser Rabah Slimani prendre sa relève, Nicolas Mas a décidé qu’il ne prendrait sa retraite que lorsque Christian Califano accepterait de revenir en équipe de France.

Les bonnes nouvelles se font rares chez les talonneurs également. Benjamin Kayser est incertain pour le premier match face à l’Angleterre : il se serait coincé les cervicales à force de se retourner brusquement pour vérifier que William Servat ne revient pas pour lui prendre sa place.

2ème ligne 

Tantôt capitaine quant Thierry Dusautoir déclare forfait pour cause de blessure annuelle, tantôt vaillant soldat quand celui-ci revient, Pascal Papé est décidément l’homme à tout faire de l’équipe de France. Sa technique de destruction des mauls adverses par étranglement du porteur de balle sera une nouvelle fois très utile. Et en plus il permet de remplir les quotas de rouquins imposés par les nations britanniques.

Yoann Maestri, à l’inverse, est homme à faire une seule chose : arriver à pleine vitesse pour mettre un coup de boule à un joueur à terre lorsque le maul est déjà gagné. Gratter des ballons au sol, faire des plaquages en avançant, c’est pas son truc. A force de frotter sa tête contre les cuisses de Fabien Barcella en mêlée, Yoann a peut-être hérité de son syndrome. Afin d’éviter que la contagion gagne le reste de la seconde ligne, il est urgent de mettre ce dangereux individu en quarantaine. Alexandre Flanquart en profitera pour essayer de lui montrer qu’un deuxième ligne moderne ne fait pas de courses en travers et ne tombe pas à genoux au moindre contact.

3ème ligne 

Louis Picamoles.

Stéphane Ougier et Fred Torossian seront-ils évoqués dans les prochaines parties ? A suivre

 

La légende rugby : 10 à Lamaison

Michalak n’est toujours pas le classement malgré tous ses efforts pour prendre la place de Talès. Dans le classement des 9 il n’y est pas non plus. Mais alors il vaut quoi ce type ? Voici donc les cinq meilleurs ouvreurs tricolores de ces 25 dernières années.

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Par Peyo Greenslip Jr

5. Thomas Castaignède. Le Vestiaire lui avait déjà rendu l’hommage qu’il méritait. Etait-ce une raison suffisante pour l’écarter du Top 5 ? La concurrence est telle qu’il est indiscutable. C’est d’ailleurs sans lui que la France est allée en finale de la Coupe du monde 1999. C’est donc grâce à lui que le numéro 1 est numéro 1.

4. Christophe Deylaud. Moins doué que Castaignède, mais plus durable, à Toulouse comme ailleurs. Il a remporté la Coupe du monde 1995, mais c’est Mesnel qui a disputé la troisième place. Comme quoi, finir sa carrière à Agen, même en fréquentant Fabrice Lhoumeau et Thierry Dumas, n’ouvre pas toutes les portes.

3. Franck Mesnel. A-t-on vraiment le droit de classer troisième un ouvreur qui jouait centre aurait demandé Thierry Lacroix, absent du classement. Vingt-cinq fois numéro 10, et pas seulement contre l’Angleterre, contrairement à ce que croyaient les fils de postier ayant regardé, seuls, Racing-Agen 1990 sur leur vieille télé Thomson. La Coupe du monde 1987 est aussi la sienne. Peut-on en vouloir à quelqu’un d’avoir aimé le pognon à une époque de sport amateur ?

2. Didier Cambérabero. Ailier de la dream team de 1987, c’est sans aucun doute le meilleur 10 du classement, l’un des meilleurs de tous les temps. La première place lui serait revenue si Mesnel n’avait jamais existé, allez comprendre. C’est le seul grand buteur Français à ce poste. Savoir utiliser son pied, ça peut servir. Michalak a pris un interprète.

1. Christophe Lamaison. Avec Castaignède, le seul du classement à avoir évolué uniquement dans des équipes de merde. Il s’est donc débrouillé tout seul avec Olivier Magne pour emmener un bien vilain quinze de France en finale de Coupe du monde. 28 points en demi,face à la plus grosse équipe des Blacks jamais vue. D’accord, c’était un accident, d’accord il a connu Sébastien Carrat. Mais d’abord, vous n’avez aucun moyen de changer le classement et ensuite personne n’a jamais atteint ce niveau dans toute l’histoire du rugby.

Rugby, HCUP : Ruck and roll circus

Il paraîtrait que Montpellier et Perpignan jouent la coupe d’Europe cette année. Il paraîtrait qu’ils la jouaient aussi les années précédentes. Les personnes détenant des preuves vidéo susceptibles d’étayer ces théories fantaisistes sont formellement priées de transmettre ces documents au spécialiste rugby du Vestiaire, qui jure en retour qu’il s’agit simplement de curiosité morbide et qu’il n’écrira jamais au sujet des horreurs qu’il risquerait de voir. En attendant, on va vous parler de l’affiche de cette 5ème journée de Coupe d’Europe.

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Par notre spécialiste rugby musical Peyo Greenslip Jr

Dans le coin noir et rouge, les Sarrasins, club le plus friqué d’Angleterre, équipe dont l’ossature est constituée de Sud-Africains et de quelques-uns des internationaux anglais les plus mal coiffés et les plus détestables de leur génération, un des favoris de l’épreuve, bref, l’ennemi juré de tout amateur de rugby qui se respecte.  Dans le coin rouge et noir, Toulouse, club le friqué du monde (quoi qu’en croie Mourad B.), équipe bâtie autour d’un entraîneur-gourou-à-vie, de Sud-Africains et d’internationaux français aux goûts capillaires tout aussi discutables, favori à vie de la H Cup, bref l’ennemi juré de tout amateur de rugby qui se respecte.

Vous l’avez compris: si une bombe doit péter au milieu d’un stade de rugby, c’est aujourd’hui ou jamais.

La première explosion de l’après-midi est celle de la défense toulousaine. Ça sentait la poudre : dès la 7ème minute, les Anglais franchissent la ligne blanche sur une inspiration de l’ailier Chris Ashton, qui maitrise le geste à la perfection depuis que Matt Stevens a rejoint l’effectif des Saracens. Autre école, autre style: après ce retard à l’allumage, Toulouse remonte à petit feu et l’avantage des Anglais s’envole en fumée. L’esprit de Rupeni Caucaunibuca plane encore sur la ville.

La seconde explosion est celle de Joe Doussain au poste de demi d’ouverture. On le savait très bon défenseur, il a confirmé ce statut en retournant allègrement les 120 kg lancés du deuxième ligne Alistair Hargreaves. Et le prochain qui dit que Morgan Parra ne défend pas si mal a droit à la télécommande dans la gueule. On sait maintenant que Joe est capable d’attaquer la ligne en position 10, de faire 7/8 aux pénalités et de distribuer les ballons d’attaque avec brio dans un match de très haut niveau. Ces trois qualités ressemblent étrangement à la description d’une offre d’emploi parue dans les petites annonces de l’équipe de France il y a plus de 10 ans et qui n’est toujours pas pourvue. Le Tournoi 2014 approche, il est temps pour Jean-Marc Doussain de postuler. Le présent paragraphe constitue une lettre de recommandation à l’attention du DRH du XV de France : il ne faut plus donner les clés du jeu à n’importe qui, alors comme dirait Mylène, pourvu qu’elles soient à Douss’.

Les trois quarts toulousains n’ont jamais vu autant de ballons depuis la blessure de Luke Mc Allister, ils se demandent si les ramasseurs de balles n’ont pas fait une blague en introduisant 2 ballons de plus sur le terrain. « Passez la balle, osez agir ! » , leur hurle le vieux Guy. Yoann Huget acquiesce, se recoiffe le frisottis et lève le pouce en direction de son entraineur. « Mais non pas à toi, Princesse Sissi ! Je sais bien que j’ai un accent de merde en anglais, mais j’ai dit donnez-la à Gear !». Ce qui semble en effet plus logique lorsqu’on voit les ravages que fait le néo-Zélandais dans la défense anglaise.

La première mi-temps nous offre donc un scénario que l’on n’avait pas vu depuis de nombreuses années: la France a l’initiative du jeu et l’Angleterre résiste tant bien que mal, dominée qu’elle est dans tous les secteurs. Tous ? Non ! Car une mêlée peuplée d’irréductibles frères tonguiens déguisés en anglais résiste encore et toujours à l’envahisseur toulousain, dont le pilier gauche est pénalisé 142 fois en 40 minutes.

A la pause, c’est la coutume, Jean-Marc L’Henoret laisse trainer les caméras de France 2 dans les vestiaires et nous propose des images dont rêveront toutes les jouvencelles du monde Ovale et Matthieu Lartot, la nuit entre leurs draps roses. C’est la troisième explosion.

LARTOT – Raphaaaaaaa regarde le torse de Yoann Huget, ses poils sont aussi bien taillé que sa barbe !! Et Census Johnston avec son caleçon rayé, il est trop chou !!

IBANEZ –

LARTOT – Dis Raphou, avec autant de beaux mecs nus autour de toi…dans les douches…tu n’a jamais pensé…

IBANEZ – Okay Lartouze tu te calmes, le match redémarre dans 5 minutes, tu vas encore avoir le souffle court au moment de reprendre l’antenne. Et tu vires ta main de ma cuisse avant que je la brise.

LARTOT – Rah mais j’en peux plus Raphie, je sais pas ce que j’ai je suis chaud en ce moment, on est que le 12 janvier et j’ai déjà collé toutes les pages de mon calendrier des Dieux du Stade…

IBANEZ – Je connais un remède. Tiens, regarde cette photo. Il s’appelle Graham Rowntree, et si t’es encore excitée après ça je vais vraiment commencer à m’inquiéter.

Au milieu de cette atmosphère moite de joyeux voyeurisme et de fantasme, on aperçoit toutefois une image bien triste. Celle de Clément Poitrenaud, étendu au sol, les jambes surélevées, qui tente d’apaiser sa phlébite et d’oublier qu’il aura bientôt 32 ans. Visiblement en souffrance, il attend le dernier moment pour remonter péniblement sur son fauteuil roulant et rejoindre le terrain pour la seconde mi-temps.

Clément court moins vite qu’un arbitre de touche de 4ème série après les fêtes, c’est une évidence. La bonne nouvelle pour lui, c’est que Yann David, son compère au centre, a décidé de plaquer, détruire, fracasser, malaxer de l’Anglais pour deux. Bonne nouvelle pour Damien Chouly également : la forme étincelante de Louis Picamoles lui offre 5 semaines de vacances à Clermont pendant le Tournoi. Le reste du match, c’est la domination toulousaine qui se renforce suite au carton jaune récolté par Mako Vunipola pour l’ensemble de son œuvre de pourrissage des rucks. On notera simplement, le léger moment de doute lors de la rentrée de Yoann Montès, qui devait probablement chercher le match des espoirs du Stade.

Pendant ce temps-là, l’engouement croissant pour le rugby ne se dément pas. Il commence même à gagner des cercles qui n’ont a priori pas vocation à s’y intéresser, comme par exemple la magistrature: au rugby, on sait se salir, mais on sait aussi blanchir.

B.Laporte : Oh capitaine, mes capitaux !

Entre Bernard, le rugby, Frédéric Michalak et les déclarations à l’emporte-pièce, l’histoire est un éternel recommencement.

Personne n’a jamais vraiment été capable de dire qui était Bernard Laporte. Un joueur moyen, un sélectionneur incompétent ? Un ministre incompétent ? Un escroc incompétent ? L’entraîneur du champion d’Europe en titre le plus riche de l’histoire du Top 14 ? Difficile à définir, mais une chose est sûre, il est Bernard Laporte et tout le monde a entendu parler de lui.

Tout part souvent d’une notice Wikipedia. Joueur, entraîneur, dirigeant, homme d’affaires : le monde du rugby lui a tout donné, il a tout pris. Médias, affaires, politique, humanitaire, quand on est bon nulle part, on peut quand même être nul partout. Partout sauf dans les démêlés judiciaires. Là, une fois n’est pas coutume, il est champion du monde. Il serait caricatural de réduire Bernard Laporte à des têtes de chapitre, car à 20 ans il a eu un accident de voiture. Le tournant de sa vie, dit-il. Sans cet épisode, aurait-il connu avarice, colère, luxure, envie, orgueil, gourmandise et paresse ? Les sept techniques de pêche aux capitaux. Sans cet épisode, serait-il devenu un homme honnête, discret, humble et généreux ? Aurait-il eu ne serait-ce qu’une sélection en équipe de France de rugby quand ses partenaires girondins les plus célèbres se paraient de bleu pour vivre les fins de semaine printanières.

Laporte de sortie

C’est le premier exploit de Bernard : porter un bout de bois en triomphe sans que personne ne s’intéresse à lui et finir plus célèbre que le Christ, en tout cas que Gimbert, Simon et même Moscato. Vincent Moscato, son ami comédien, animateur radio et humoriste qu’il retrouvera au Stade Français pour sa deuxième vie. Celle du fric tout puissant, le monde pro. Ou comment un club moribond devient la meilleure équipe d’Europe grâce à son centre de formation : NRJ. C’est donc fort logiquement que 10 ans plus tard, Bernard Laporte portera plainte pour escroquerie. Personne ne l’avait prévenu qu’on ne joue pas au rugby qu’avec des billets.

C’est ça, de mal connaître ses fondamentaux : on se retrouve à la tête de l’équipe de France pendant 8 ans et on fait d’un finaliste de Coupe de monde explosant les Blacks sur le terrain du jeu, un double demi-finaliste de Coupe du monde dont la phase de jeu la plus connue restera le décrochage de la mâchoire d’un Néo-zélandais par le joueur que Laporte détestait le plus. Son principal concurrent marketing. C’est son deuxième exploit. S’il n’a pas su aligner d’arrières, il a pris soin d’assurer les siens. Avant de rejoindre Toulon sans arrières pensées, il est devenu Secrétaire d’Etat, un poste qui peut aider par ses fréquentations à maîtriser le vocabulaire technocratique de la justice : « tentative de racket », « présomptions de détournements d’actifs », « dissimulations de recettes d’établissements », « majoration artificielle des charges », « double comptabilité », « travail au noir ».

Ne pas savoir jouer au rugby c’est parfois plus utile qu’une école de commerce. Ca peut même conduire à parler de foot et d’Evra à la radio. C’est vrai qu’il n’a jamais rien à faire de plus important.

XV de France: Le calice jusqu’à Chouly

Un mois après l’une des tournées les plus meurtrières de l’Histoire, Saint-André a donc décidé de se débarrasser des lâches et des encombrants sans pour autant féliciter les héros. Il a donc jeté Trinh Duc dans les toilettes et tiré la chasse une bonne fois pour toutes. Et comme le veut la tradition c’est avec des jeunes qu’il partira à la guerre se faire massacrer par les Pictes. Avant de prendre ses 3 semaines de vacances mensuelles notre spécialiste avait laissé à PSA ses ultimes recommandations.

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 Par Peyo Greenslip Jr

Le spécialiste rugby reprend peu à peu conscience, il a l’esprit embrumé, séquelles des combats et de ce qui s’en suit pour les oubliés. Il réussit à s’extirper du charnier, cet amas de chair, boue, de molaires et de la pelouse, continuellement  dégueulasse depuis 16 ans, du Stade de France. Il s’interroge, combien faut-il perdre de batailles pour enfin perdre la guerre?  Il en profite pour méditer sur le Sens de la Vie d’un international français de rugby. Le brasier est encore fumant, mais l’ennemi est heureusement déjà loin.

Les images des trois matchs de cette désastreuse tournée de Novembre, repassent en boucle dans la tête du rédacteur traumatisé. Son état psychologique, déjà instable depuis quelques semaines, s’est rapidement dégradé pour finalement sombrer dans l’hystérie la plus totale. Refusant de s’alimenter, de sortir de sa chambre et d’écrire un article tant que Pat Chouly aurait le droit de faire des passes 4 mètres au dessus de Brice Dulin et de rester sur le terrain, il n’a finalement consenti à regagner la civilisation qu’en échange de la promesse de son rédacteur en chef de ne plus lui donner à commenter autre chose que la Fédérale 3, niveau à partir duquel de tels gestes anti-techniques sont tolérables.

On a chargé. On a morflé. On s’est fait éparpiller façon puzzle pendant 80 minutes. Tous nos joueurs sont vivants et on sait même pas si c’est une bonne nouvelle. Ne vous laissez pas abuser par le score relativement serré des Boks (10-19), c’est une illusion digne des plus grands prestidigitateurs. Il faut en déduire que M. Ian Ramage, l’arbitre vidéo de la rencontre, a fait du music-hall dans sa jeunesse : à deux reprises en 10 minutes, il a réussi à faire croire à son chef que l’essai des Boks n’était pas valable. Ce tour de magie a des effets extrêmement puissants car Thierry Dusautoir arrive à se convaincre qu’il y a du positif dans cette défaite particulièrement désespérante. Pire, il a l’impression qu’on progresse. Avis à ceux qui pensaient que seul Florian Fritz jouait raide bourré, ils se sont bien trompés.

Avants de partir:

Les problèmes sont partout mais il va bien falloir commencer quelque part. En rugby, en général, on commence devant, alors allons-y. Nicolas Mas est le prototype du pilier français: athlète complet, il sait faire des mêlées, des mêlées mais aussi des mêlées. Yannick Forestier, moins fort en mêlée que son compère, est quant à lui un excellent joueur de ProD2. A la vitesse à laquelle progresse le rugby français, il y a fort à parier qu’avant la coupe du monde 2027 au Kenya, nous parvenions à former des piliers qui ne soient pas complètement inutiles sur les phases offensives.

Yoann Maestri, quant à lui, est le joueur le plus lourd du XV de France et il recule à chaque impact. Cherchez l’erreur. Il joue au rugby depuis 22 ans et il n’a pas encore compris que la dernière chose qu’on lui demande de faire sur un terrain, c’est prendre la balle et se lancer dans une course en travers en offrant ses côtes à la défense adverse qui n’en demandait pas tant.  Dans n’importe quelle école de rugby digne de ce nom, un gosse de 9 ans fait une charge aussi ridicule se prend une torgnole par son entraineur. Je suggère donc que Yannick Bru cède sa place à Thomas Lolo, qui sait visiblement y faire avec les grands deuxièmes lignes. Personne n’ira jamais traiter Pascal Papé de virtuose du rugby, mais il réussit davantage de gestes techniques en un match que Maestri en deux carrières.

J’ai déjà les larmes aux yeux, faut-il vraiment parler du cas de Damien « Gaston Lagaffe » Chouly ? Ce qu’on demande à un troisième ligne centre, c’est de l’assurance, de la constance. Avec Damien, on est servi : par des gestes techniques approximatifs savamment distillés, il gâche avec une régularité remarquable tous ses efforts pour dynamiser les phases offensives. J’ai le souvenir d’un temps lointain, où le poste de numéro huit était occupé par un Picamonstre qui mettait à lui tout seul le pack français dans le sens de la marche. C’était il y a une éternité.

En Arrières tous:

Si les avants n’ont pas réussi à donner de l’élan à l’attaque française, on ne peut pas dire que les arrières aient fait mieux dans ce domaine. Jean de Villiers rigole encore des charges furieuses du petit zébulon bleu qui portait le numéro 13. On aurait dit une mouche qui essayait de briser une baie vitrée. Quand on lui a dit que Florian Fritz est considéré comme une terreur en championnat de France, Jean a cru à une farce. Mais le clown de l’histoire, c’est bien Philippe Saint-André : choisir d’utiliser Fritz pour briser la défense sud-africaine quand on a Mathieu Bastareaud sur le banc, c’est quand même une belle blague.

Mais au fond, me direz-vous, est-ce vraiment si grave de ramasser nos dents face aux nations du sud ? Après tout  il en a toujours été ainsi, on prend régulièrement des branlées lors des tests,  et ça nous empêche pas de sortir un gros match tous les 12 ans en coupe du monde pour éliminer les All Blacks. Et je serai d’accord avec vous : vu le niveau de jeu actuel de l’équipe de France, il n’y a pas de raisons pour qu’on arrête de réaliser de rares exploits sans lendemain au milieu de cruelles désillusions sous la pluie face aux Anglais.

Bref, là tout de suite j’ai envie de me flinguer, mais je le ferai plus tard parce que d’abord je dois flinguer Morgan Parra. Rien de personnel dans tout ça : j’admire son courage en défense, il a fait de son mieux pour diriger un pack plus faible que celui d’en face et ce n’est pas de sa faute si Philippe Saint-André n’arrive pas à voir que Doussain lui est supérieur dans tous les domaines. Mais c’est la seule façon de l’empêcher de devenir le nouveau parrain du rugby français et de s’auto-nommer titulaire à vie.

Pendant ce temps-là, les Irlandais ont fait mieux que nous face aux Blacks. Pour la prochaine charge, on est mal. On est très mal.

Rugby et dopage 2013 : Les saisons dangereuses

Pour la première fois le seul média totalement libre a terminé l’enquête que personne n’a jamais voulu continuer. C’est bien écrit, c’est renseigné, c’est grave. Si le style aérien de notre spécialiste vous reste inaccessible pour ne pas dire abscons, il suffit de cliquer sur les liens. Après tout ce n’est que la synthèse d’une réalité.

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Par le service enquête et dopage du Vestiaire

Le rugby est un sport chimérique, une légende que, descendant de son Olympe toujours pas olympique, Serge Simon, le messager des dieux, nous conte sur tous les vases, toutes les tables en pierre et dans tous autres médias qu’il rencontre. Ce sont les exploits de surhumains escogriffes s’affrontant chaque semaine sur un pré de Thessalie ou de Gascogne. Ces formidables géants sont dotés de nombreux pouvoirs. Ils courent le marathon, ils connaissent la science de l’évitement, ils possèdent l’adresse et la puissance du lanceur de javelot, la rapidité du précoce, la force et la technique du lutteur et le tout sans être les bâtards de Zeus. Mais comme chacun le sait, les légendes n’existent pas, sauf celle du Vestiaire bien sûr.

Toutes ces qualités agglomérées dans des boîtes de chairs et d’os de 200×100 y auraient été mises, selon les mêmes contes, par la nature et le Tout puissant. Les dieux des îles du pacifique étant plus belligérants que leurs confrères du pays d’oc, ils créèrent naturellement de biens meilleurs guerriers, ce qui démontre sans conteste les raisons de la suprématie sudiste en domaine d’ovalie.

Ovale, c’est aussi la forme du suppositoire, ce qui nous emmène vers un autre postulat, un mythe sportif parmi les plus anciens. Il ne se transmettrait que de bouche de druide à oreille de druide, ça tombe bien, notre hermès rugbystique est druide, il a donc sans doute été mis au secret. Cette histoire ébouriffante mettrait en avant l’idée que les performances surhumaines ne seraient en réalité pas réalisables par l’Homme. Cette théorie pose un sérieux problème, car les héros décrits précédemment ont eu beau être examinés sous toutes les coutures, ils semblent n’être rien d’autre que de classiques homo sapiens.

La clef de résolution de l’énigme se situerait dans le fait que certains des druides donneraient aux champions de l’oblongue gonfle, des potions magiques. Oui pas « une » comme le veut la tradition armoricaine, mais plusieurs, comme dans les rites américains. Voilà une idée qui aiderait sans doute Fabien Galthié dans sa réflexion, lui qui semble  bien démuni face à des questions cruciales pour un entraîneur. « Le rugby est un sport qui demande des qualités physiques antagonistes. C’est un sport d’efforts qui durent cent minutes. Il faut être endurant. Ce n’est pas un sport en ligne, il demande de l’évitement. C’est un sport de vitesse, de puissance, d’adresse, de communication, un sport où il faut rester lucide dans le combat. Je ne connais pas le produit miracle qui permettrait de maîtriser tout ça. »

La deuxième partie du secret révélerait qu’un abus, un mauvais dosage ou juste l’utilisation de ces potions rendraient celles-ci dangereuses pour le corps humains, une nouvelle bien fâcheuse alors que nous venons à peine de découvrir un peu plus haut que les rugbymans étaient des hommes. Les conséquences d’abus de sang de tortue béglaise seraient potentiellement dramatiques. Mais en bon guérisseur, le rappetout intellectuel ne laisserait pas de telles choses se passer, pis, il ne tenterait pas avec toute son inébranlable fougue, d’enterrer ces suppositions,  quitte à descendre quiconque de bien avisé dirait le contraire. Il serait inimaginable qu’un professionnel de la santé soit complice d’un tel système. Cela signifierait que, par goût pour le pognon et le showbiz, il aurait trahi la confiance d’Hippocrate, une autre légendaire figure grec. Quitte a en subir les conséquences? Quitte à passer pour une ordure auprès des gens concernés ?

Tout ceci n’étant que théogonie et autres balivernes, il n’y a que bien peu de chances que, pour certains, ces histoires se terminent plus tôt que prévu agglomérés dans des boîtes de pin et de chêne de 200×50.

Rugby, Coupe d’Europe : Un sacré Connacht

Vous devrez lire cet article jusqu’au bout pour savoir si Yoann Maestri s’est encore fait taper par un petit gros ce weekend, car nous commençons par la déclaration de la semaine. L’inénarrable Bernard Laporte, répondant aux supporters du RCT insatisfaits des résultats de ce début de saison :

«  Mais vous avez oublié que le club était neuvième, il y a encore deux ans ? On oublie vite… Quant tu baises une laide et qu’un jour tu baises une belle, tu penses que tu ne vas plus baiser que des belles… Eh non, malheureusement, ça ne marche pas comme ça ! Tôt ou tard, tu repasses au ragoût. Des exploits, on n’en fait pas tous les jours… »

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A la lecture de ces lignes lumineuses, on réalise que cet imposteur de Denis Lalanne, qui faute de concurrence a pu autrefois passer pour un surdoué de la poésie ovale, est en fait le dernier des rustres. Même Mamuka Gorgodze, s’il savait écrire, le ferait mieux que lui. Inutile de s’étendre sur le bon sens éclatant dont brille ce bijou de logique rugbystico-séductivo-laportienne, ni sur le lyrisme subtil de la prose délicate qui lui sert d’écrin. Nous dirons simplement que nous sommes d’accord avec Bernie : l’exploit, rare par définition, ne peut relever du quotidien. Par conséquent cette saillie verbale à deux balles n’en est pas un, puisque de la bouche répugnante de Nanard sort une fulgurance débile du même genre à chaque fois qu’elle s’ouvre. Et elle s’ouvre tellement que Jean-Marie Gourio, au lieu de se fatiguer à écumer les bistrots de France pendant 30 ans à la recherche des plus belles perles de comptoir, aurait écrit une anthologie en à peine quelques semaines s’il était simplement resté au chevet de cet OVNI (Ôde Varoise au Néant Intellectuel). En revanche, il n’aurait probablement pas échappé à la cirrhose. Soucieux de la bonne compréhension de l’échelle laportienne d’évaluation de la gent féminine, nous demandons solennellement à Bernie d’apporter une précision à son propos : Rachida Dati compte-t-elle comme une belle ou comme du « ragoût » ?

 

A part ça, ce weekend de coupe d’Europe a été marqué par le génocide anglais perpétré par Mathieu Bastareaud. Le plan machiavélique concocté par la mafia toulonnaise a fonctionné à merveille. Chronologie d’un massacre.

Phase 1 : Sur ordre de Mourad Boudjellal, Philippe Saint André, ancien de la maison RCT, flatte Mathieu Bastareaud dans la presse et le convoque en équipe de France pour les tests de novembre. Mathieu y voit une excellente occasion de prouver qu’il est revenu au meilleur de ses formes et travaille dur à l’entrainement pour être prêt pour affronter les Blacks et les Boks.

Phase 2 : PSA fait jouer Fofana, Fritz et Fickou et oublie sciemment Basta sur le banc, qui ne rentre sur le terrain que pour les remplacements sur saignement ou pour compter les morts à la fin du match contre les Boks. Ca fait hurler Guy Novès et ça se comprend, vu qu’il doit se contenter de Poitrenaud-David au centre les jours de doublon, et Mathieu est extrêmement frustré.

Phase 3 : Bernard Laporte récupère Mathieu à Toulon. Celui-ci est fou de rage et a enfin faim d’autre chose que de poulet-mayonnaise-confiture : il veut du temps de jeu et de la reconnaissance. Bernie lui donne un Stade Français puis quinze rosbifs à dévorer. Mathieu ne se fait pas prier.

Cela s’appelle un coup de billard à trois bandes, et ce n’est pas une expression salace sortie du chapitre « Triolisme homosexuel » du livre de brèves du père Bernie.

C’est officiel, le jeu offensif du Stade Toulousain n’est pas non plus le père de Rachida Dati : il est totalement stérile. Toulouse dit adieu au quart de finale à domicile faut d’avoir su jouer avec un minimum d’intelligence. Pourquoi profiter de l’écrasante supériorité de ses avants pour balayer le Connacht quand on peut se faire chier à lancer des attaques ultra-prévisibles au milieu du terrain, face à une défense toujours bien replacée qui n’attend que ça ? Pour faire plaisir à Pierre Villepreux et aux valeurs du Rubi ?  À quoi ça sert d’aligner un pack de 923 kg ( !! ), soit 115 kg de moyenne (re- !!) si c’est pour ne pas jouer dans l’axe ?! C’était pourtant pas compliqué, il fallait jouer petit, dur, moche, efficace. Le seul essai toulousain est venu d’une séquence de jeu que même Timoci Matanavou arriverait à mémoriser en se concentrant un peu : touche-maul-essai. Histoire de donner un semblant de suspense à la fin de match, l’ouvreur écossais du Connacht, Dan Parks, a tenu à rater le drop de la gagne 22 mètres en face, puis la pénalité de la gagne 2 minutes plus tard. Si nos souvenirs sont bons, il avait déjà pris sa retraite pour moins que ça.

Au vu des trois derniers matchs, Clermont semble avoir  trouvé une nouvelle solution au poste de troisième ligne centre. Cette solution, la voici : Fritz Lee. Pour ceux de nos chers lecteurs qui suivent cet article en audio-description : rassurez-vous, jamais de sa vie notre centre toulousain préféré n’ouvrira un bouquin, même s’il n’y a que des images à l’intérieur. Il risquerait de se mettre à réfléchir et perdrait cet énorme grain qui fait sa plus grande force. Fritz Lee, ça sonne aussi comme le nom d’une arme terrible inventée trop par les nazis pour inverser le cours de la guerre, une version allemande et anachronique de Bruce Lee, qui allierait kung-fu et maniement de la grosse Bertha (non, ceci n’est toujours pas une anecdote d’un soir « moche » de Bernard Laporte). Arrêtons ici le suspense : Fritz Lee, c’est en réalité une boule de 110 kg de muscles comme le gisement inépuisable que sont les îles du Pacifique en sort une dizaine par an, qui renverse tout sur son passage et qui a réussi l’exploit colossal de faire sortir un énorme chèque à un Auvergnat en à peine 3 semaines.

Pendant ce temps-là, en coulisses, Vern Cotter avoue qu’il en avait plein Lee Byrne de Damien Chouly.

La Légende Mandela : Fidèle gastro

Si Clint Eastwood n’avait jamais existé, saurait-on vraiment qui était Mandela ? En tout cas il est bien bon ton Pienaar.

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Nelson Mandela restera-t-il dans l’Histoire comme le simple sujet d’un film baclé de Clint Eastwood ou tout au moins pas très réussi ? L’avenir nous le dira Clint s’en fout, ça lui a rapporté. Peut-être moins que quand il nous fait croire que Bobo Lorcy a une soeur, mais on peut pas à chaque fois trouver un moyen de recycler Morgan Freeman en vieux sage.

Cette fois tout est différent, Morgan Freeman joue un vieux sage, et le reste est une histoire vraie. Aurait pu en être une en tout cas. Car François Pienaar n’interprétera jamais Will Hunting ou Jason Bourne, mais Matt Damon deviendra bien troisième ligne du haut de ses 1m80, presque aussi grand qu’Olivier Merle après un ascenseur. Pour un peu François Berléand aurait échoué à 2 cm de la ligne d’essai en demi-finale. A quand les larmes de Dussollier en 1991 à Bari face à l’Etoile Rouge ? Au moins, Pienaar est devenu beau gosse, espérons que sa vraie femme ait pu en profiter.

Clint aurait pu s’arrêter là et se contenter de la version officielle, celle du conte de fée qui refuse trois essais à Durban. Mais il va plus loin en épousant aussi la thèse du piège Lomu. Celui sur le terrain, pas celui dans les chiottes de l’hôtel. Faute de Smecta, les Blacks aïe pissent. La meilleure équipe de toute l’histoire perdra donc la Coupe du Monde et Lomu n’est plus là pour répondre.

Si Morgan Freeman s’ennuie, un biopic de Don King serait en projet. Quel beau blond aux yeux bleus pourrait interpréter Tiozzo ?

France-Afsud : Stade de France, Morné plaine

Ce soir on joue les Boks. La fièvre du samedi soir a violemment repris dans les rédactions du Midole et de l’Equipe. C’est la deuxième rechute en trois semaines, les organismes sont mis à rude épreuve.  Philippe Saint-André s’est laissé contaminer et il « pense pouvoir rivaliser contre l’Afrique du Sud ». La situation est grave. Comment en est-on arrivé est là ? Si vous ne le savez pas, c’est que vous aviez mieux à faire de votre samedi soir que rester le cul dans le canapé pour siroter une bière ou huit devant la télé. Honte à vous, quittez immédiatement ce site web, vous n’avez rien à faire ici. Pour ceux d’entre nos lecteurs qui ont une bonne excuse pour avoir raté les deux premiers épisodes de la trilogie d’automne, comme une allergie aux blagues pourries de Matthieu Lartot et aux commentaires racistes de Fabien Galthié, voici un petit résumé.

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Par Peyo Greenslip Jr

On a d’abord joué les Blacks. On a essayé d’oublier qu’on était moins forts, moins rapides, moins technique à tous les postes. On a livré un combat courageux et on a mis un essai. On a fini deuxièmes juste derrière les vainqueurs, ce qui n’est pas si mal, et on est rétrospectivement content parce que les Anglais n’ont pas fait mieux la semaine d’après.

Ensuite on a joué les Tonga. C’est ça la tournée de novembre, on met toujours un match-guignolade au milieu de deux matchs sérieux, une rencontre contre un adversaire largement plus faible où on a le choix entre gagner sans gloire et perdre honteusement. Ca ne sert pas seulement à refroidir les têtes et à nous assurer un minimum de 33% de victoires à la fin de la Tournée. Ca sert aussi à se débarrasser définitivement de Fulgence Ouedraogo en l’envoyant au carton face à des joueurs de 140 kg complètement barjots. On pourrait vous faire un résumé minutieux de ce match où l’équipe de France a prouvé qu’elle était incapable de faire autre chose que des mêlées de profiter d’un surnombre si celui-ci n’est pas au moins un 4 contre 1, mais personne n’a envie de ça. On va plutôt vous parler de ce qui a fait que ce match restera dans l’Histoire du Rugby.

C’était la 27ème minute. Matthieu Bastareaud, entré en jeu quelques instants plus tôt, avait décidé de se mettre en évidence. Servi par son ouvreur, il décide de jouer au pied. Les raisons de ce coup de folie sont pour l’instant inconnues. Le stade a retenu son souffle en le voyant armer péniblement sa jambe obèse : seulement conçue pour résister à une pression de 2,5 tonnes, le ballon pouvait-il résister à pareil impact ? La réponse fut oui. En revanche, lorsque la gonfle est partie directement dans les tribunes à l’opposé de l’endroit du terrain que visait Matthieu, les spectateurs n’ont pas résisté à la crise de rire la plus intense que le rugby ait connu.

Ce soir, on joue les Boks et la tournée se termine en Botha. Les Sud-Africains, c’est les All Blacks en un peu moins doués et les Tonguiens en un peu plus méchants. C’est un pack de 920 kg assoiffé de sang. Ils vont essayer nous battre dans l’agressivité et c’est ça notre seule chance. L’équipe de France peut être surpassée en talent, en vitesse d’exécution, en intelligence de jeu, mais sûrement pas en bêtise et en méchanceté, surtout lorsqu’elle joue à domicile. Yoann Maestri aura à cœur d’oublier son gros chagrin de la semaine dernière, lorsqu’on l’a sorti du terrain sans le laisser terminer le câlin qu’il avait commencé avec le pilier d’en face. Il compte bien se rattraper ce soir. Ca tombe bien, il a rencart avec un certain Bakkies B., 33 ans, qui l’attend pour le consoler dans ses grands bras. Mtawarira bien qui rira le dernier.

Rugby : Les odieux du stade

Luisants, tendus, les muscles bandés comme un vit vigoureux devant le dernier Kechiche, telle est l’image d’Epinal qu’offrent les rugbymen depuis treize ans maintenant. 

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Par notre spécialiste rugby Peyo Greenslip Jr

200 000 exemplaires vendus chaque année et une popularité inébranlable font du calendrier des dieux du stade l’outil de marketing sportif le plus efficace depuis les cabrioles olympiques de Hope Solo qui faillit en son temps donner un quelconque attrait au football féminin.

Cependant, si le rugby est indéniablement un sport populaire, pratiqué par de nombreux adhérents, il reste néanmoins médiatiquement largement en retrait par rapport à son confrère footballistique. Les bookmakers ou parieurs les plus en vues n’en
ont que pour le foot et ils ne viendraient à personne l’idée d’engloutir son maigre pécule sur un autre match que Ukraine-France, à moins de bénéficier d’une offre spéciale comme avec le code promo PMU qui offre un pari remboursé.

Le joyeux monde de l’ovalie se démène pourtant pour faire preuve d’originalité dans la création de trouvailles publicitaire sachant porter haut les fameuses valeurs rugbystique. Il y eu d’abord les maillots aux couleurs éclatantes, comme la pommette de Maestri face à la tendresse d’un pilier tongien, puis vint le temps des feux d’artifices, des pom pom girls, des matchs délocalisés…
Avant que ne survienne l’idée commerciale du siècle, faire jouer la mascotte en équipe de France. Les instances imposèrent donc au staff des bleus la présence de Caveman, le sympathique yéti hirsute bariolé de panneaux publicitaire que les génies promotionnels avaient créés. Dans la lancée de ce projet fou, ils se laissèrent griser par l’engouement. L’ivresse de leur précédents succès leur
fit commettre l’irréparable, en voulant réaliser le rêve de Steve Austin, ils exaucèrent celui de Marie Shelley.

Ils fabriquèrent un être affreux à la fois joueur, entraineur, business man, commentateur, restaurateur, escroc et même ministre. Ce mix parfait entre Philipe Carbonneau, et Jacques Mesrine, ce sosie raté de Bernard Tapie, fût l’attraction de trop, la sonnette d’alarme était tiré, il fallait revenir aux fondamentaux.  Ca tombe bien, en rugby, les fondamentaux on aime ça, mais là on parle pognon, pas rugby. Pas de touches ou de mêlées, les basiques ont été ici remplacées par les extrait d’une bonne comédie britannique des années 90, la recette était simple, se foutre à poil pour faire parler et gagner du fric.

Les résultats sont probant le calendrier des Dieux du Stade se retrouve accroché dans toute les bonnes vespasiennes de l’hexagone. Si le triomphe commercial est au rendez-vous, le rugby n’a pas pour autant droit à la médiatisation à laquelle il aspire. Les gens qui achètent le calendrier tiendraient ils plus de la mémère décomplexée que du supporter de foot tenté par un changement de bord? Axer sa stratégie sur les froufrous, les paillettes, la personnalité, pousserait il les gens  à s’intéresser aux froufrous, aux paillettes et aux individualités, mais certainement pas au sport lui même? Un sport aux règles annuellement changeantes peut il être compris et apprécié par les non initiés?

Si montrer la charmante frimousse de Patrice Collazo  ou la finesse corporelle de Mathieu Bastareaud ne suffit pas, il faudra se résoudre à envoyer les pointures les plus affutées pointées au casting. Serge Blanco ayant toujours été le plus talentueux, il pourra une nouvelle fois, par ses prouesses, sauver la patrie et peut être même construire un stade. Après tout le rugby est un sport de passes.

France-Tonga : Fickou voyou

Pacifique, force anis.

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Par Peyo Greenslip JR

Dimanche matin Frédéric Michalak s’est réveillé avec la gueule de bois. Devant son miroir il s’est dit qu’il avait l’air con. D’abord à cause de sa moustache, qui dans le pays de Lolo Rodriguez, quelle que soit la raison, ne peut être portée par autre chose qu’un avant. A la sortie du Stade, samedi, Garuet lui aurait bien fait comprendre, à l’ancienne, en dissimulant 4 de ses doigts dans son séant. Mais une autre raison a rendu Fredo un plus ballonné qu’à l’accoutumée après un cauchemar, l’accoutumée c’est quand il n’a que 20 ans et qu’il s‘agit de jouer sous la pluie contre l’Angleterre, ou tout autre match d’envergure à n’importe quel âge.

L’ancien nouveau petit prince s’est demandé s’il avait rêvé ou s’il était vraiment entré en 10 contre les Tonga et qu’il avait fini par réussir une passe au pied. Ce qui, soit dit en passant, était la deuxième du match pour un ouvreur tricolore et même la deuxième en 14 ans. Ca commence à faire lourd. Pour Michalak il y aura donc un avant et un après Tonga. Depuis 10 ans on lui dit qu’il aurait dû se concentrer sur la mêlée et là à l’aube des 40 ans, il fait une rentrée convaincante à l’ouverture. Le choc est rude, d’autant que Talès a aussi été convaincant et qu’à n’en pas douter Aucagne, Merceron et Gelez l’auraient été aussi. Alors est-il devenu l’égal de ses illustres prédécesseurs ou Maestri s’est-il fait démonter la gueule par un petit pilier hargneux ?

Il y a sans doute un peu de vrai dans tout ça, comme Forestier parvenant à tenir son vis-à-vis plus de deux fois consécutivement, ou un buteur tongien qui n’aurait de buteur que 6 lettres. Mais après avoir repensé à tous ces étranges faits de jeu, Michalak a conclu que ça ne pouvait pas être possible. Car dans son rêve, les Tonga dominaient toute la première mi-temps sans même connaître les règles du jeu. Exception notable des règles du free fight. Il apercevait aussi Yannick Jauzion et Damien Traille en version modernisée. Avant de se recoucher Fred s’est souvenu que ces mecs-là l’avaient fourrée profonde aux bleus il y a 2 ans. Et que cette fois c’est le XV de France qui l’emportait grâce à une reproduction de Sadourny en format de poche. Il s’est alors dit qu’il serait temps que cette équipe se trouve une charnière. Une vraie où on interdirait le port du prénom Morgan,  qu’on remplacerait par Frédéric. Par les temps qui courent un peu de patriotisme ne ferait pas de mal.

Pendant ce temps-là, l’Afrique du Sud n’a toujours pas déménagé dans le Pacifique malgré le réchauffement climatique. Mais Picamoles compte bien les déménager quand même. En plus il est enfin débarrassé de Maestri

 

 

 

 

 

Philippe Saint-André : « Où t’es ? Papé où t’es ? »

Le frisson est passé. On a bien joué. Richie Mc Caw jouait à peu près avec les mêmes règles que tout le monde. Ca n’a pas pourtant pas suffi. La rédaction du Midol se réveille avec une sensation trop bien connue de gueule de bois d’après-match contre les Blacks. Philippe Saint-André n’est pas en forme non plus. Notre envoyé spécial, Peyo Greenslip Jr, Gilou pour les intimes, est presque allé à son chevet.

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Le Vestiaire : Philippe Saint-André, l’équipe de France est passée tout près d’un exploit retentissant, mais finalement ce sera pour une autre fois. Quel est le sentiment qui prédomine après cette nouvelle défaite 

PSA : (Caché au fond de son lit, on l’entend éclater en sanglots. Du coup on ne sait plus s’il parle normalement ou s’il est vraiment malheureux. Il se calme peu à peu et sort finalement la tête des couvertures.)

Job de merde… J’aurais jamais dû… Le vieux Guy avait senti l’arnaque, il a refusé le poste, j’aurais dû faire pareil.

(Il poursuit, la voix plus chevrotante que jamais)

On était à fond, comme chaque automne hors année de Coupe du monde, ils étaient en demi-teinte, et on a tout juste pu se battre pour le match nul.

Allons allons, il y a quand même des motifs de satisfaction : le pack a tenu bon, Rémi Talès a été convaincant à l’ouverture et Morgan Parra est encore en vie.

(Tout à coup fou de rage, il bondit et tente de m’étrangler. Sa nounou, Yannick Bru, le retient de justesse.)

Des motifs de satisfaction ?! Ah tu trouves ?? Ca fait combien de temps que t’es journaliste ? 2 mois ?

(Yannick Bru lui amène son doudou, une peluche à l’effigie de Louis Picamoles. Il la serre contre lui, ce qui semble l’apaiser.)

Je vais te raconter une histoire. Il y a un an de ça, en novembre 2012, j’avais déjà trouvé un pack et un demi d’ouverture. On avait mis une déculottée aux Australiens, aux Argentins, et on avait survécu à ces furieux de Samoans et leur pack de 950 kg. Cette tournée de novembre avait été plus que positive. Quatre mois plus tard, on ramassait nos dents en Italie et on finissait dernier du Tournoi. Marc Lièvremont en avait fait des Tournois de merde, mais dernier, jamais ! Là on vient de perdre et on veut me faire croire que l’année s’annonce bien ?!  Je vais te dire comment je vois l’avenir : on se dirige tout droit vers une année catastrophique pour le XV de France. Cuillère de bois au Tournoi, et la vraie cette fois, sans même battre les Ecossais, puis série de branlées-records lors de la tournée d’été, je me fais virer en septembre et Morgan Parra est nommé sélectionneur-capitaine. Au vu de ce qu’est devenu Frédéric Michalak en un an, je crains le pire pour Rémi Talès. Il se pourrait qu’il arrête le rugby après une rupture des croisés aux deux genoux, ou pire, qu’il reste jouer à Castres jusqu’à la fin de sa carrière.

Ne retenez-vous pas quelques satisfactions individuelles ?

En cherchant bien, on peut toujours trouver de bonnes nouvelles. Grâce à sa prestation de samedi, Damien Chouly a sécurisé la place de Louis Picamoles au poste de n°8. Camille Lopez n’a raté aucun coup de pied et n’a pas ralenti le jeu. Et puis les rouflaquettes de Maxime Médard étaient aussi impeccables que d’habitude.

Une dernière chose. Maxime Mermoz s’est exprimé dans la presse pour faire part de son dépit suite à cette nouvelle convocation en stage qui ne débouche pas sur une sélection. Il a l’impression d’être le laissé pour compte de la bande.

Je tiens à rassurer Maxime : ce n’est pas qu’une impression.  Et s’il s’est donné la peine de regarder le match de samedi, il a compris que ce n’est pas près de changer. Il pensait peut-être prendre la place de Wesley Fofana ? ou celle de Gaël Fickou, qui à 14 ans est meilleur que lui ? D’accord, Gaël a tout piqué a son ancêtre Yannick Jauzion, mais ça marche pas mal : je prends intérieur et je m’enfonce dans la défense, les 2 défenseurs ne parviennent pas à me faire tomber parce que je suis trop costaud, je donne, décalage, essai. C’est pas compliqué quand même.

Bon, je comprends que ce soit frustrant d’être convoqué à Marcoussis tous les deux mois et de ne jamais jouer un match, mais je suis déjà sympa de l’accepter avec le groupe des professionnels ! A chaque stage de l’équipe de France c’est la même histoire, je reçois un coup de fil de Bernard Laporte qui me supplie, comme il dit, de le « débarrasser de l’autre danseuse frisée pendant quelques jours, pour je puisse travailler des combinaisons qui ont des couilles, avec Bakkies Botha et Danie Rossouw au centre». Mais peut-être suis-je en train de dévoiler le secret  du prochain sacre du RCT en coupe d’Europe.

France-Nouvelle Zélande : Black Blanc Peur

Ce soir on joue les Blacks. C’est  le frisson suprême.  Une montée d’adrénaline rugbystique à nulle autre pareille. Un état d’euphorie incontrôlable, une fièvre d’espoir débile qui sévit de façon particulièrement violente les semaines de test-match dans les couloirs de la rédaction du Midi Olympique, poussant des journalistes drogués à l’émotion ovale à ressasser la poignée de victoires  tricolores en cent ans de rencontres.

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Par notre spécialiste rugby Peyo Greenslip Jr

Cette euphorie atteint son paroxysme à deux moments : celui de la Marseillaise, rapidement calmée par le haka, puis celui du coup d’envoi, lorsque la clameur du stade de France accompagne Pascal Papé, les yeux injectés de sang, qui fonce sur son vis-à-vis les bras écartés en lui hurlant des insultes que même Bernard Laporte n’ose pas employer pour engueuler ses joueurs à la mi-temps. Après 40 minutes, l’euphorie s’est déjà transformée en un énorme doute. Au bout de 80, elle n’est plus qu’un mélange de dépit, de douleur et d’abattement, dont l’amertume est proportionnelle à l’ampleur du score. Ainsi, le millésime 2006 fut particulièrement indigeste, la faute à un vilain arrière-goût de 47 à 3.

Raphael Ibanez était sur le terrain ce jour-là. Peut-être son corps lui rappelle-t-il de temps à autre combien les avants français avaient morflé ce soir-là. On peut donc raisonnablement supposer qu’en prenant l’antenne ce samedi soir, Raphaël se donnera la peine de gentiment tempérer l’optimisme imbécile de Matthieu Lartot. Il lui rappellera que les internationaux néo-zélandais jouent au maximum 20 matchs dans l’année quand les nôtres en sont à 40 avant la tournée-suicide de juin, qu’ils ont 4 mois d’été pour faire une vraie prépa physique quand les nôtres ont 3 semaines, que le système de jeu all-black se perfectionne à longueur d’année quand l’équipe de France se réunit juste assez pour que Florian Fritz ait le temps de réviser la croisée 10-12.

Raphaël ira peut-être même jusqu’à expliquer que les All Blacks ont une technique individuelle supérieure, il nous dira qu’en Nouvelle-Zélande on forme des joueurs de rugby avant de former des spécialistes d’un poste, que leurs deuxièmes lignes seraient demis d’ouverture chez nous, que l’incroyable gestuelle des Blacks leur permet de faire vivre le ballon comme aucune autre équipe, bla bla bla….  A cet instant, il faudra l’arrêter tout net. Ils sont plus forts physiquement ok, mais ça c’est des conneries. Si la dimension technique avait la moindre importance dans le rugby moderne, d’une, ça se saurait, et de deux, qu’on m’explique comment on a réussi à être à deux points du titre mondial en alignant Jean-Baptiste Poux et Nicolas Mas.

Il y a une autre explication à la supériorité manifeste des All Blacks. Elle tient en trois mots : Richie Mc Caw. Le capitaine néo-zélandais est le meilleur joueur du monde. Quand des joueurs moins talentueux sont tout bêtement hors-jeu, Richie est « à la limite de la règle». Quand certains pourrissent un ruck pour empêcher la libération du ballon, Richie, lui, est « très efficace dans le jeu au sol ».  Richie n’use pas de la violence comme un de ces rustres de français. Lorsqu’il assomme le demi d’ouverture adverse, c’est d’un élégant enchainement genou-poing. Vous l’aurez compris, Richie est un joueur à part.

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Comment gagner  dans ces conditions? Philippe Saint-André se le demande bien. Au lieu de perdre du temps à réfléchir en vain à une stratégie pour battre les Blacks, il préfère préparer un long discours d’après-match bien dépressif, qui collera parfaitement avec le ton naturellement pleurnichard de sa voix. Le Vestiaire a décidé de prendre les choses en main. Ni euphorie, ni défaitisme, il faut élaborer un plan de bataille crédible et se battre avec les armes qui sont à notre disposition. Ils sont invaincus depuis un an ? Cette statistique annonce l’imminence d’une défaite.  Ils sont meilleurs que nous ? C’est pas vraiment nouveau.  Nos plus fins analystes rugby ont étudié, mesuré, benchmarké toutes les options possibles. Après cinq minutes d’intense réflexion, et en supposant que l’état actuel des connaissances scientifiques ne permet pas de cloner 14 fois Louis Picamoles, seules trois stratégies nous paraissent en mesure de faire gagner l’équipe de France. Le Vestiaire est fier de vous les présenter :

Option 1 : La Spécialité Locale. Grève de la RATP + opération blocage des taxis, le bus des All Blacks reste bloqué sur le périph’ jusqu’à 2h du matin, victoire par forfait. C’est pas très classe mais ça fait du bien aux statistiques, et le Pays dit merci à la RATP pour la première fois depuis…euh ben pour la première fois.

Option 2 : La Nantes 1986. Ambiance électrique au sortir des vestiaires, Florian Fritz pète le premier plomb, bagarre générale dans le couloir. Rebelote dès la première minute de jeu, Yoann Maestri déclenche involontairement la seconde partie de manivelles grâce à son célèbre déblayage-coup-de-boule-à-20-cm-du-sol. Le match se termine à 6 contre 4, les Blacks abandonnent à 3 minutes du coup de sifflet final après le décès sur le terrain de Richie Mc Caw, dont la boite crânienne visiblement défectueuse n’a pas résisté au saut à pieds joints de Pascal Papé.

Option 3 : La Mondialette. Les jardiniers du stade de France arrosent le terrain toute la journée, on fait des mêlées toute la soirée dans un bon vieux bourbier, victoire 6 à 3 pour Nicolas Mas, vive la France.

 

Pendant ce temps-là, le Sénat juge le projet de grand stade dédié au rugby « déraisonnable ». A notre humble avis, le qualificatif « déraisonnable » désignerait à merveille le régime alimentaire de Serge Blanco. En revanche, pour ce qui est du projet de stade de 80 000 places, à 1 milliard d’euros, qui sera utilisé 5 fois de l’année, nous avions pensé à un autre descriptif : connerie sans nom de projet mégalo qui pue le détournement de fonds publics et les magouilles typiques de ces vieux débris de dirigeants du rugby français. Simple question de vocabulaire.

 

All Blacks-France 1999 : Lamaison est tombé sur le chien

Brive ce n’est pas qu’une sous-préfecture orgiaque de Patrick Sebastien ou une équipe beurrée qui bastonne des Gallois. C’est aussi Alain Penaud, Sebastien Viars, David Venditti, Philippe Carbonneau et Christophe Lamaison qui va gagner ses galons de Titou. Et Sébastien Carrat ?

C’est le 31 octobre que la Coupe du monde 1999 a vraiment commencé pour l’équipe de France.

Ce jour-là le futur ex quinze le plus nul de tous les temps a rendez-vous avec l’histoire. Skrela-Villepreux explosés par Lomu, tout un peuple attend ça depuis la cuillère de bois du dernier Tournoi où les bleus avaient tout de même écrasé l’Irlande 10-9.  La promesse est belle, le staff a mis les joueurs pour : Garbajosa, Bernat-Salles, et Dourthe derrière, Lièvremont, Juillet, Pelous, Tournaire, Ibanez et Soulette devant. Ce n’est pas une blague. Aux manettes, Galthié encore simple bouche-trou columérin et Lamaison en 10, Aucagne était sur répondeur. Sinon il y aussi de vrais joueurs comme N’Tamack, Dominici, Magne et Benazzi, suffisant pour prendre 70 points, du jamais-vu en demi-finale. Sauf qu’au commentaire c’est Christian Jeanpierre.

Bénit Benazzi

A la 20ème minute, une chevauchée de Dominici trouble Christian : « Il va marquer » hurle-t-il alors que le Parisien mange la pelouse par les oreilles à 5m de la ligne. Quelques secondes plus tard, Dourthe a l’idée d’extraire un ballon ovale d’une mêlée ouverte, sans même filer un coup de couteau à Bernat-Salles, Cecillon aurait opté pour le fusil. Christian apprécie la passe de Galthié, alors à 15m de l’action. Tout ça finira par un essai de Lamaison, qui en mettra même un autre durant le reste de sa carrière en bleu. La France tient, mais la confiance demeure même si Soulette fait le premier geste intelligent de toute sa vie et éteint Kronfeld de ses petits doigts boudinés. Cecillon ne fait décidément pas école. A la 47ème minute, il y a 24-13 car entre-temps Lomu a préparé sa dialyse par deux essais. A la 47ème minute, Dan Carter et Johnny Wilkinson, encore puceaux, découvrent un vieux « C’est pas sorcier » sur le poste de demi d’ouverture.

Lamaison hanté

Jamy est un poil plus séduisant  et s’appelle Christophe. Comme Jamy, Lamaison n’est pas très adroit de ses pieds, un peu gauche de ses mains, en somme un Michalak du 20ème siècle. Mais il découvre soudain qu’il peut se servir de ses chaussures pour faire autre chose que taper des pénalités. ChriChri va alors faire un truc étrange qu’il reproduira encore cinq fois avant sa retraite: passer un drop entre les barres, et même deux. Découvrir le rugby à 28 ans, Carbonneau s’en était privé. Un miracle n’arrivant jamais seul, Galthié prend une initiative en tapant par dessus la mêlée. Une charnière complémentaire qui dirige le jeu, on aura tout vu, on ne le reverra jamais en France. La balle attérit sur Dominici qui fait ce qu’il  sait faire: « C’est un génie » ponctue Christian. Un futur prix Nobel de vitesse, sans doute. Puis, Lamaison a encore une idée, toujours avec ses pieds, il sert Dourthe dans l’en-but. 3 lexomils plus tard, Richard applatit et montre le numéro sur son maillot à tout le monde, le regard vide. L’avantage de ne pas savoir lire c’est qu’on ne peut pas deviner que son nom n’est pas écrit dessus. La suite c’est un placage à retardement de Lamaison non sanctionné suivi d’un ballon au sol lâché par Umaga, frappé par Lamaison. A ce niveau d’inspiration, il aurait même pu décrocher son CAP,  voire une mention. La suite c’est Magne qui cavale et Bernat-Salles qui justifie enfin l’existence de la Section paloise et un peu la sienne mais pas celle de Christian : « Le bout-de-choux qui pèse 30 kilos de moins que son adversaire direct Jonah Lomu« . Sauf que là c’est Jeff Wilson.

2 drops, 2 passes au pied, 4 transformations, 1 essai, 3 pénalités, un peu trop pour un seul homme. Titou stoppera sa carrière le lendemain. Les hommes de Lièvremont aimeraient en faire autant. Patience.

Rugby, Top14 : Le choc à Pic’

Toulouse-Toulon, c’était le choc annoncé de cette 10ème journée du Top 14. La méga-affiche qui devait faire grimper l’audimat encore plus haut que lorsque le célèbre ensemble simili-cuir d’Isabelle Ithurburu a droit à sa sortie trimestrielle.

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Par Peyo Greenslip Jr

Oui mais voilà, il arrive que ces feignants de téléspectateurs fassent le coup de la panne. Qu’Isabelle se rassure, ce n’est pas de sa faute. C’est plutôt celle de l’utilisation abusive de ce viagra télévisuel qu’est l’appellation « Choc © » : après 2 semaines de rencontres-chocs en coupe d’Europe, et alors que se profilent 3 matchs-chocs lors des tests de novembre, les téléspectateurs sont complètement perdus. Il devient impératif de distinguer ce qui est un choc de ce qui ne l’est pas. Prenons quelques exemples simples. Le premier lancer pas droit de Christopher Tolofua dès la 2ème minute, ce n’est pas un choc. La coiffure de Matthieu Bastareaud, ça n’en est plus un. En revanche, Hosea Gear lancé à pleine vitesse, c’est un vrai choc, Jean-Charles Orioli peut en témoigner. Toulon qui n’aligne que 2 champions du monde dans son XV de départ, c’est aussi un choc. Ce n’est pas tous les jours que Bernard Laporte sort sa sixième équipe.

Le Stade, bien décidé à en profiter, attaque pied au plancher. Malheureusement, la légère domination des avants ne rapporte que 4 pénalités, ce qui est largement insuffisant pour ouvrir la marque quand on dispose de buteurs de la classe de Barraque ou Vermaak. A la 29ème minute, Barraque ajoute un carton jaune à sa collection de conneries. Florian Fritz en profite pour se décaler, et, en exclusivité mondiale, invente un nouveau poste: le demi de fermeture. Quand Jean-Marc Doussain est sur le terrain, ça revient donc à jouer avec 10 avants. Les trois quarts, les vrais, ceux qui n’ont pas pour ambition suprême pas de finir leur carrière au talonnage, se rendent comptent de leur inutilité et en profitent pour faire un tour à la buvette. A leur retour, ils découvrent que Frédéric Michalak a progressé dans l’exercice des tirs au but, que c’est déjà la pause et que Toulon mène 12-0 à Ernest-Wallon. Ca c’est un choc.

À la mi-temps, Maitre Guy invite son équipe à constater que Matthieu Bastareaud est beaucoup plus large que haut et qu’il serait par conséquent judicieux de jouer au pied par-dessus lui plutôt que d’essayer vainement de le contourner. Florian Fritz, décidément inspiré, choisit pour une fois de suivre les consignes. Naturellement, il le fait au plus mauvais moment et gâche un 7 contre 2 d’anthologie. L’angle de la photo est trompeur mais il s’agit bien d’un 7 contre 2, vous ne rêvez pas. Pierre Villepreux croit se souvenir avoir déjà vu pareil surnombre lors d’un match où jouait Jean Prat, du temps où les avants parcouraient 126 mètres en 8 minutes de temps de jeu effectif, mais il n’en est pas sûr.

Après ce moment surréaliste, le seul intérêt de la seconde mi-temps est de démontrer que comme tous les chocs, ce Toulouse-Toulon ne pouvait se gagner qu’à la force du sifflet. Selon un scénario bien rodé, M. Ruiz accorde à Toulouse deux pénalités douteuses sur mêlée et son assistant vidéo termine le travail en validant l’essai de Vermaak sur une passe largement en-avant de Joe Tekori. Joe avait pourtant fait une belle passe de merde qui aurait dû faire perdre son équipe, comme il y a trois semaines face à Perpignan.

 

Pendant ce temps-là, Bayonne a beau ne pas être qualifié pour la Heineken Cup, Mike Phillips la prépare sérieusement. Avec quatre pintes dans le sang, les séances vidéo sont tout de suite beaucoup moins ennuyeuses et on se surprend même à comprendre les courses de Joe Rokocoko.  Le problème c’est que les pintes galloises ne sont pas de la même taille que les pintes d’ailleurs. Alors ça s’est vu, et les mauvaises langues se sont (de nouveau) empressées de traiter Mike d’alcoolique partouzeur multirécidiviste consanguin. Soyons un peu indulgents. Sans nier la réalité des faits, nous soulignerons simplement qu’au moins 3 de ces 4 qualificatifs sont inhérents à sa nature de Gallois (saurez-vous les retrouver ?). Et puis franchement, pour comprendre une séance vidéo de Christophe Deylaud, il faut être au moins aussi bourré que lui, et c’est pas facile alors un peu de respect. Malheureusement, le président de l’Avi-Rond Bayonnais, qui n’est pourtant pas le dernier pour faire Tchin-Tchin, s’est montré moins compréhensif que nous. Mike est viré. Les bistrots du Petit Bayonne ont décrété une journée de deuil. Une pétition circule pour rassembler des fonds : seul le recrutement simultané de Julien Caminati et de Florian Fritz permettrait de compenser le manque à gagner dû au départ de Mike Phillips.

 

Rugby, Hcup : 50 nuances de Richie Gray

Il y a 1001 façons de perdre un match de coupe d’Europe. Pourquoi faut-il que ce soit toujours la même ?

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Par Peyo Greenslip Jr

À entendre les réactions dépitées des supporters du Castres Olympique, on croirait que c’était la première fois qu’ils assistaient à un match de HCup. Ils s’imaginaient peut-être que M. Garner leur accorderait un essai juste parce que Pedrie Wannenburg avait aplati sur la ligne. Ce serait trop simple. Ils pensaient peut-être que parce que les Irlandais ont passé l’après-midi à défendre, ils seraient pénalisés plus de 4 fois. Bref, ils croyaient peut-être qu’avoir la possession, l’occupation, marquer des essais et bien défendre suffisaient à battre le Leinster. Tout ceci est bien naïf. Il faudra l’accepter : les victoires face aux grosses équipes anglo-saxonnes du type Leinster/Munster/Northampton, avant de se remporter sur le terrain, ne sont possibles que grâce à un travail de long-terme pour se faire un nom sur la scène européenne. Toulouse a mis 15 ans de domination et de lobbying-petits-fours pour passer de l’autre côté de la sodomie arbitrale. Clermont commence à peine à se faire respecter, et encore, là-haut dans les tribunes, il n’est pas rare que l’index de Vern Cotter se crispe sur la gâchette de sa 22 long rifle. Les Castrais pensaient peut-être qu’un titre de champion de France acquis grâce à une impressionnante 4ème place de la phase régulière leur vaudrait un arbitrage équitable ?

Pour Toulouse aussi, c’était mal parti. 9ème minute de jeu, une-deux entre Wyles et Ashton, essai pour les Saracens. Nigel Owens a un doute et fait appel à la vidéo. Son assistant le rassure : il n’y a pas 1 mais bien 2 en-avant de passe, or, aucune règle ne stipule qu’un essai peut être refusé pour 2 en-avant.  L’essai est logiquement accordé. Pour éviter toute mauvaise surprise due à un possible changement des règles à la mi-temps, Christopher Tolofua et Louis Picamoles choisissent l’essai à zéro passe et font gagner le Stade.

 A part ça, le geste très technique de cette 2ème journée, c’est celui de l’arrière montpelliérain Benoit Sicart. Alors que François Trinh-Duc, dans un moment d’inattention, oublie de foncer tête baissée et le lance dans l’intervalle à 50 cm de la ligne, Benoit a le réflexe salvateur d’aplatir juste avant de rentrer dans l’en-but, réduisant à néant dix minutes d’assaut de la ligne de l’Ulster. Benoit reste prostré au sol  pour méditer quelques instants sur son exploit, et se dit qu’il a eu chaud : il parait qu’en Irlande du Nord il arrive des bricoles aux gens qui traversent une ligne qu’ils n’auraient pas dû traverser. Pendant ce temps, l’Ulster Rugby contre-attaque, obtient une pénalité que Pinard transforme, 8-22, le match est scellé. Benoit Sicart vient de sauver la saison de son club. Une victoire aurait été absolument catastrophique : le MHR aurait laissé énormément de forces lors des 4 prochaines journées du tour préliminaire pour avoir une chance de prendre une branlée en quarts de finale à l’extérieur, pour ensuite connaitre un passage à vide en championnat et rater la qualification. Le côté positif, c’est que Fabien Galthié aurait enfin perdu son scooter.

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Rugby HCup : Le beau Goze

Quel meilleur moment pour faire le compte-rendu d’une journée de coupe d’Europe qu’une heure après le coup de sifflet final du premier match de la journée suivante.

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Cela permet au lecteur de garder ses souvenirs au frais, et de penser à y mettre quelques bières pour arroser les chevauchés des Toulousains mais surtout pour oublier les horribles lancers de Tolofua. Il faudra pourtant s’y faire, ce sera le talonneur de l’équipe de France pour les 10 prochaines années. Mais on a bien survécu à Jean-Michel Gonzalez.

Rappelons que les hardis rouge et noir, qui étaient exemptés le weekend dernier, ont à la place eu droit à une visite au zoo, et à des blagues potaches sur du fromage. Le cheddar de ce soir était certainement plus indigeste mais ils ont trouvé la meilleure manière de l’apprécier en le toastant sur la gueule d’Ashton.

Les Toulonnais, une fois n’est pas coutume, jaloux des Toulousains, voulaient eux aussi se reposer, ce qu’ils firent dès que la mi-temps fût sifflée. Les Ecossais têtus comme un Lyonnais , ne se laissèrent pas perturber et s’en allèrent jouer tout seul sur le pré. Les 76 joueurs de l’effectif de Berni ne devraient pas être trop épuisés pour affronter Cardiff demain, peut-être même joueront-il deux mi-temps avant que cela ne soit fini.

Si Perpignan a perdu on a quand même beaucoup vu le séduisant minois de son ancien président. C’était pour la bonne Goze. Castres a gagné, mais personne ne s’y est davantage intéressé. Montpellier aussi a gagné, mais c’était des Italiens, donc on s’en foutait, en plus ils ont dans leur rang, Pélissié, le nouveau meilleur joueur du monde du mois de Septembre, donc c’est de la triche. Serait-ce suffisant pour vaincre toute la famille Marshall et les quelques Mc demain ? Sans doute pas.

Nous terminerons ce très aériens tour d’horizon rugbystique par une découverte : les valeurs du rugby que nous cherchions depuis tant de temps seraient en fait cachées dans le portefeuille de Jacky Lorenzetti. La force mentale des Clermontois est elle par contre de nouveau portée disparue.

 

 

Rugby, Top 14 : Le vilain petit Connor

Non, le spécialiste rugby n’est pas une feignasse. S’il met 4 jours à écrire un résumé de la journée, c’est parce qu’il sait que les lecteurs manquent de rugby frais en milieu de semaine.

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Par Gilles Grospaquet

La marque de fabrique du spécialiste rugby du Vestiaire, sa signature, ce qui fait de ses articles des références obligées dans les écoles de chroniqueurs rugby, c’est bien évidemment l’impartialité  avec laquelle il retranscrit les matchs qu’il ne s’est pas donné la peine de regarder.

Ne comptez donc pas sur lui pour laisser un seul mot trahir la joie débordante avec laquelle il a accueilli la victoire de Grenoble au Racing-Métro-Champagne. Jamais vous ne le lirez remercier ouvertement tous les anciens clubs de Valentin Courrent d’avoir été assez idiots pour laisser partir un aussi bon 9/10/buteur, juste pour qu’il humilie le Racing sur sa propre pelouse de satin. Vous ne le devinerez pas non plus exulter en imaginant Jacky Lorenzetti, fou de rage de voir ses jolis Racingmen qui sentent bon le musc dominés par des montagnards tout moches, claquer son escort-girl comme Valentin Courrent claquait cette dernière pénalité.

A part ça, le Stade Français, leader-surprise du championnat après 9 journées, commençait à douter de sa capacité à rater la qualification pour les phases finales une 6ème fois d’affilée. L’équipe voulait se tester face à une grosse équipe, le déplacement à Toulouse tombait à point nommé. Les examens sont rassurants : ce n’était qu’une crise passagère, tout va rentrer dans l’ordre. Le tarif de la consultation est le même qu’à Castres il y a un mois : bonus offensif pour l’équipe adverse. En cas de rechute, penser à prendre rendez-vous à Toulon pour une nouvelle piqûre de rappel.

Mais la vraie surprise de la journée, c’est la fessée reçue par Castres à Brive. Quand le champion de France en titre prend 34-0 chez le promu, on se pose forcément des questions. Exemples : Castres a-t-il joué les yeux bandés sur un pied ?  La bouffe du Campanile de Brive est-elle dégueulasse au point de provoquer des épidémies de gastrogiovanni ? Romain Cabannes est-il tombé sur le chien ? Avait-on promis une double ration de poulet-coco à Sisaro à en cas de bonus offensif pour Brive ? Richie Gray admettra-t-il un jour qu’il porte une perruque ?

Et plus généralement, pourquoi est-il si difficile de gagner à l’extérieur ? Il était de coutume que les petites équipes se laissent piétiner par les grosses et qu’elles s’étripent entre elles pour survivre. Cette année, il n’en est rien. D’où vient cet intolérable manque de respect envers une hiérarchie établie à grands coups de pognon ? Il est possible que les grands aient sciemment laissé les petits se rebeller. Voici l’équation  : sachant que la formule débilissime du Top 14 permet d’être champion en terminant 6ème de la phase régulière, sachant que gagner tous ses matchs à domicile avec quelques bonus offensifs + le match cadeau à Biarritz suffit largement à être 6ème, sachant qu’il est déjà assez pénible comme ça de se taper l’aller-retour en bus à Oyonnax ou à Brive-la-Gaillarde, à quoi bon faire l’effort d’y gagner ?

Pendant ce temps là, un joueur continue d’étonner. Il est trop petit, trop maigre et trop intelligent pour jouer au rugby. Sa présence en Top 14 est donc le mystère le plus inexplicable que le rugby ait connu depuis l’agression d’un joueur obèse du XV de France par une table de nuit en forme de Louis Picamoles. Heureusement pour lui et pour Bordeaux-Bègles, il court vite, très vite. Il est adroit (et Talebula gauche, on l’a déjà dit). Il mystifie les défenses, marque et fait marquer des essais. Blair Connor, c’est Forrest Gump avec un cerveau.

Stade Toulousain : Le laid Lionel ose

Notre spécialiste rugby avait un défi : mettre moins de 10 jours pour écrire un résumé partiel et partial de Perpignan-Toulouse. Mission accomplie. A quand un retour sur la finale 1988 ?

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Par Gilles Grospaquet d’Avants

 La composition de la première ligne est un élément particulièrement révélateur de la stratégie choisie par l’entraineur.  Ce samedi, pour Toulouse, c’était Baille-van der Heever-Montès. Interrogé par nos soins, William Servat répond en soupirant que non, ce n’était pas un match amical face aux juniors de l’USAP, et que oui, il calerait mieux la mêlée à lui tout seul que ces trois-là ensemble. Le jeune Baille aura au moins appris que même un gentil adversaire ne fait pas de cadeau.

6ème minute. Sébastien se fait Bézy comme un bleu. Il pensait naïvement qu’être en couverture, au rugby, c’était servir de support masturbatoire à Max Guazzini. Ça veut aussi et surtout dire s’occuper de l’arrière de Terrain, ce qui plairait aussi beaucoup à Max Guazzini. Sofiane Guitoune, l’ailier perpignanais, savait ça. Il contre-attaque dans la zone désertée et marque sans opposition. Imperturbable, Guy Novès sort son célèbre petit carnet et griffonne: « Pour avoir le Beur, appeler l’agent du Beur« .

 15 ème minute. 11-0. Ça va mal pour Toulouse. Lionel Beauxis, dans un élan de lucidité, réalise  qu’il n’a aucun moyen d’arrêter le cours des choses. Ses plaquages font rire tout le monde et avant d’attaquer la ligne, il faudrait qu’il s’attaque à sa propre ligne. Reste ce pied qui lui a valu un titre de champion du monde des -21 ans, mais aujourd’hui, avant de tenter les pénalités, il faudra les obtenir. Tout semble perdu. À moins que… mais oui, il reste une chance! Lionel jette un œil au banc de touche, oublie de rater son plaquage sur Camille Lopez qui passait par là au même moment, et en voyant Luke Mc Allister faire coucou aux spectatrices du premier rang, se souvient que s’il est titulaire cet après-midi, c’est uniquement pour permettre à Luke d’être frais pour sortir en boîte ce soir. Lionel fait ce qu’il a à faire. Il simule une blessure à la cheville pour laisser rentrer le sauveur. C’est le tournant du match.

 Guy Novès le remercie chaleureusement: « Tu te prends pour qui? Tu penses vraiment que j’allais pas te sortir avant la mi-temps? Dégage« . Mais Guy y voit un signe: la partie doit commencer. Il sort les imposteurs et fait rentrer un maçon portugais pour consolider la mêlée toulousaine. Toulouse a maintenant un pack et un ouvreur. Toulouse va rattraper son retard en deuxième mi-temps. Toulouse va gagner.

62ème minute. Les commentateurs de Canal + sont surpris : « L’ouvreur toulousain avait la solution Poitrenaud mais il a préféré pousser au pied« . Tu m’étonnes. 17-16 pour l’USAP, Toulouse va gagner. À moins que Joe Tekori n’en décide autrement.

80ème minute. C’est déjà la dernière action, 20-16 pour l’USAP. Les 129 kg de Joe sont lancés à 5 mètres de la ligne, ils vont enfoncer les pauvres défenseurs comme des Max Guazzini, marquer et faire gagner leur équipe. Mais les gros Samoans sont des êtres délicats, sensibles à la beauté des choses. Joe se dit que c’est une fin bien peu romantique pour un si joli match, le jeu à la toulousaine mérite autre chose. Alors, il décide de faire une passe de merde et gâche magnifiquement un 3 contre 1 d’école.

Pendant ce temps-là, Lionel Beauxis se demande si jouer en ProD2 c’est si dégradant que ça. À ce rythme-là, ile le saura bientôt. Et si vous êtes arrivés jusque là vous pouvez aller lire tous nos articles rugby.

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