Torres : You’ll never score alone

Si Sergi Rodriguez était vraiment socio du Barça, il se poserait une question : avoir battu l’invincible Barca de Ronaldinho en 2005 garde-t-il autant de valeur quand on découvre que Ronaldinho termine danseur de Flamengo ?

Quinze minutes d’éternité, même en prolongation. Sans prendre en considération la sensation d’être le cocu de Fernando Llorente, le quart d’heure de champion du monde de la carrière de Fernando Torres doit beaucoup à Villa. Amusant, un attaquant qui rate des occasions en finale de Mondial est finalement aligné d’entrée parce que lui au moins il s’en créé.

Par le passé, Torres aussi avait éprouvé cette toute puissance. C’était à l’Atletico, à une époque où le football européen existait encore, quand Giggs, déjà trentenaire, n’imaginait pas survoler la Ligue des Champions et faire trois passes décisives en quarts après avoir été mangé par Fanni en huitièmes. Ainsi Torres marquait des buts pour une noble cause : se qualifier en Europa League, même quand la Real Sociedad de Denoueix allait en C1.

RonaldNino

Mais pour grandir, il faut viser haut, ou en tout cas un peu plus haut. Le transfert à Liverpool sonne comme une évidence, un an après un Mondial 2006 moins raté que le suivant. Gerrard, qui ne digère toujours pas d’avoir gagné la Ligue des Champions avec Cissé, veut un grand attaquant pour gagner la Premier League. 4e, 2e puis 7e, l’avenir donnera raison à tout le monde. Même à Drogba, qui non content d’inscrire onze buts de plus que Torres la saison dernière, lui cèdera sa place six mois plus tard.

Sens du but, jeu en pivot, appels : un attaquant paraissait plus vieux que les autres hier à Old Trafford et Owen ne peut pas toujours jouer ce rôle-là. Torres reste quand même vice-meilleur buteur de Premier League 2008 en titre, en compagnie d’Adebayor. Il lui est même arrivé de flamber à Old Trafford et d’y gagner 4-1, ça a permis de ne finir qu’à quatre points du champion. Liverpool n’oubliera pas à qui il doit son seul titre depuis 2007, la Liverpool Senior Cup 2009. L’Atletico se console plutôt bien avec Aguëro.

Ligue 1, PSG : Le Doha d’honneur

Bientôt 85 millions dépensés : la patte gauche de Leonardo sévit toujours au Parc des Princes et elle semble toujours aussi gauche.  Le PSG doit tout gagner c’est pourquoi il se donne les moyens de tout perdre.

Parce que la Ligue 1 c’était plus facile avant

Qu’il est loin le temps où le PSG survolait la Ligue 1,  quand les matches au Parc étaient gagnés d’avance, quand un septuple champion de France rendait les armes trois fois par saison, quand Paris dominait physiquement et techniquement. C’était l’année dernière. Sur l’instant, des ajustements auraient suffi, autant tout changer. A ce stade de l’été, difficile de dire dans quel mur s’arrêtera le PSG. Si le béton n’a pas encore été livré, les briques sont déjà là.  Non content de s’intéresser à tous les nouveaux Pelé et Maradona de moins de 20 ans pouvant justifier d’une sélection, le club qatari a aussi acheté. Et pas dans n’importe quel club : en équipe de France. Matuidi, Menez, Gameiro sont venus garnir les fauteuils de stars à côté de Sakho et Hoarau. Il ne manque que Cabaye, M’Vila et Rémy, Blanc pourra venir entraîner ses remplaçants au Camp des Loges plutôt que de tous les rassembler pour faire briller un Sochalien en Ukraine. Sébastien Mazure et les quelques abonnés de CFoot n’ont pas fini de vibrer.

Parce que Chantôme n’est pas arrière droit

Comment se passer de son meilleur joueur ? Autant il a toujours été simple de trouver un autre poste à Bodmer, autant il serait dommage de mettre Chantôme à droite, quand bien même  Ceara n’a jamais su ecrire C1 sur son CV. Makélélé-Chantôme au milieu, c’était la clé de voûte du système parisien. Pour mieux profiter de ses arrières-petits enfants, Makélélé a décidé d’arrêter. Chantôme aussi, sagement conseillé par Leonardo, par Sissoko qui a presque joué une saison complète en trois à la Juve et par Matuidi, qui, si ce n’est le palmarès, la technique, l’aura et la science de Makélélé, n’a rien à envier à Makélélé. Nênê a hâte de savoir lequel des deux viendra, comme Chantôme, combiner en une touche. Jusque-là, une touche ne voulait pas dire que l’adversaire remet le ballon en jeu avec les mains.

Parce que Pastore a la rage

Le recrutement de Pastore obéirait à une triple exigence : dépenser du pognon, piquer un joueur auquel le banc de Chelsea faisait les yeux doux et réunir toutes les garanties pour que le joueur reparte libre dans son club formateur à l’hiver 2012. Des rares images obtenues de Palerme, des matches amicaux de l’Argentine, de ses 39 minutes jouées au Mondial 2010 et des vieilles photos d’Huracan, on voit que Pastore sait faire des petits ponts. Autant dire le geste qu’il faut pour réussir en Ligue 1. 45 millions, c’est à peine trois fois plus qu’Okocha. S’il réussit trois fois plus que lui, c’est-à-dire s’il réussit trois lucarnes au Parc Lescure avec un équivalent de Giresse sur le banc, il ne sera qu’un demi-échec.

Parce que Hoarau ne sait plus où donner de la tête

Etonnant constat. Paris a recruté une moitié d’équipe de France A’, ce qui à une époque voulait dire Déhu, Monterrubio, Gava et Vairelles. Paris veut aussi une méga-star, aussi appelée jeune et cher Sud-américain dont Thouroude a entendu parlé par Mourad Zehidi. Sans compter les joueurs de complément mieux payés que Sakho. Le PSG se résumera donc à : deux gardiens qui vont se tirer dans les pattes, Sakho qui rattrape les conneries de Tiéné, Nênê devant. Tout change : au milieu, il y a Makélélé en moins. Devant, il y a Gameiro en plus, qui peut rêver d’un destin à la Loko, à deux différences près : il n’arrive pas au PSG comme champion de France et il la garde dans le pantalon quand il rencontre des représentants de l’ordre le soir. Hoarau aussi est toujours là et il n’est pas seul : Erding reste, Menez est arrivé, avec Pastore ça sent ce que les entraîneurs appellent une saine concurrence six mois avant leur licenciement. Pauvre Bahebeck, finir sur un but contre Le Mans en Coupe de France.

Il y a aussi l’ancien enfant chéri de la Roma et son sacré CV : des matches de Ligue des Champions, ami avec Totti, un superlatif de la Gazzetta dello Sport, ami avec Benzema, une passe décisive contre le Brésil de la Copa America. Quatre buts, trois passes décisives au total : il faut désormais réussir une saison pleine pour signer au PSG.

Chelsea-Marseille : L’OM qui ne valait pas 3 milliards

1re minute : « Marseille a un coup à jouer. » 45e minute : « Pour l’instant, les attaquants marseillais passent vraiment une sale soirée, totalement impuissants. » Lizarazu aurait-il de bien mauvaises fréquentations ?

Interpellé assez impoliment par son rédacteur en chef sur l’importance des absences de Drogba et Lampard, notre spécialiste foot a cru bon de ne pas répondre tout de suite. Des fois que Diawara lâcherait le marquage, que Gignac n’irait pas au contact et que Cheyrou ne servirait à rien au poteau sur le premier corner du match.

Il faut dire qu’il y avait un faisceau de présomptions concordantes. De la matinale de i-Télé, qui annonce que l’OM a un coup à jouer, à Diawara, qui claironne les ambitions marseillaises d’abord. Mais surtout, quand Ménès prévient la veille que « l’OM va bientôt faire mal », c’est que ça va faire mal. Et puis, Ancelotti, en chemise et blaser noirs, Kakuta et Zhirkov titulaires, Sturridge et McEachran qui rentrent, et interdiction formelle de suer en deuxième mi-temps : l’expression « profiter de l’occasion pour aligner une équipe bis » existe donc. Cissé, Cheyrou et Lucho ne se sentent pas concernés et ils ont raison : eux étaient déjà là l’an dernier quand il fallait battre Milan, résister au Real et écraser Zurich. Comme on ne peut pas tout réussir, ils avaient écrasé Zurich.

L’éthique à Nico mac

De là à dire que les années se suivent et l’OM ne ressemble toujours à rien, il n’y a qu’un pas. Marseille, c’est toujours la même solide défense de Ligue 1, les mêmes latéraux pas si mauvais pour la Ligue 1 et le même milieu de terrain pas si souvent dominé que ça en Ligue 1. Nouveauté cette année, l’attaque estampillée Ligue 1, avec un Niçois et un Toulousain pour épauler Brandao. L’expérience Ligue des champions, ça peut compter en Ligue des champions.

Pour dire une bonne fois pour toutes une banalité, au haut niveau, ça va plus vite, c’est plus efficace et il faut des grands joueurs. L’OM n’en recrute pas, n’en forme pas et n’en révèle pas. En sachant que Niang et Mbia ont tous les deux foutu le camp cet été, Deschamps savait qu’il n’avait plus qu’à apposer sa signature en bas de sa lettre. La dernière fois qu’il était venu à Chelsea, il avait Giuly, Rothen, Morientes et Edouard Cissé 2004. Aujourd’hui; il n’a plus que Valbuena et ce n’est pas faute d’avoir voulu garder Ben Arfa. Autant le laisser sur le banc.

Mandanda. Sinon, on a aussi le droit de plonger sur les penalties.
Kaboré. A son crédit, il a quand même centré plusieurs fois à l’aveugle.
Diawara – Mbia. Etonnant, l’invincible charnière de la fin de saison passée ne serait invincible qu’en Ligue 1. Etrange même.
Heinze. L’expérience des grands rendez-vous : gueuler sur l’arbitre, prendre un jaune et faire des fautes quand on est pris de vitesse.
Cissé. Six ans et demi après, il est toujours là. Il avait déjà 26 ans à l’époque.
Cheyrou. Sont-ce les ballons ou la pelouse, en tout cas le jeu va sacrément vite à Stamford Bridge. Ca lui rappelle Bernabeu, San Siro et la Russie. Au pire, il aurait pu cadrer ses frappes, mais les buts sont aussi plus bas à Stamford Bridge.
Lucho. Avant qu’il n’arrive il y a deux ans, l’OM ne se qualifiait jamais pour les huitièmes de Ligue des champions.
Rémy. Ashley Cole n’ayant jamais affronté Nice, Lens et la CFA de Lyon, il n’a pas pu se préparer.
Gignac. On ne pourra jamais lui reprocher de ne pas peser sur la défense. Du coup, c’est plus dur de lever les deux jarets pour faire des retournés.
Brandao. Il a joué à son niveau, c’était donc le meilleur. Eh oui. Quoique Ayew a montré de belles choses aussi en rentrant.

Equipe de France, Euro 2012 : Blanc comme un linge

La brève a été publiée, samedi matin, à 9 h 27 sur le site Internet de L’Equipe : « Aliadière au chômage ».

Jérémie Aliadière a 27 ans. Si les recruteurs d’Arsenal avaient été écoutés, il y a onze ans, il aurait levé la Coupe du monde en juillet dernier. Leader magique d’une génération enchantée. Pour la première fois, l’équipe de France n’a pas connu de creux. Aliadière, Meghni, le jeune Gourcuff et Méxès, entourés des tauliers Gallas et Abidal, ponctués d’Anelka et Benzema devant, ont offert un nouveau sacre au pays de Houiller. Le manager d’Arsenal s’appelait Arsène Wenger, une partie des joueurs alignés face à la Biélorussie ont été recrutés par Arsène Wenger.

Le Vestiaire l’avait donc dit à la veille de France-Pays-Bas 2008 et répété ensuite, la France n’a pas construit de génération capable de gagner. La génération Jacquet s’était établie sur les ruines des précédentes, Blanc n’a même pas de ruines, il n’a rien. Ou plutôt juste trois joueurs du plus haut niveau : Lloris, Benzema et Ribéry. La cause est naturelle bien-sûr, mais aussi humaine : six ans de Domenech. Ce n’est évidemment pas de la faute à Domenech si Escudé, Givet, Squillaci, Ciani, Rami, Abidal, Evra, Clichy, Sagna et Escudé n’ont pas le niveau international. Ce n’est pas de sa faute non plus si Diaby, Diarra, Toulalan, M’Vila, Gourcuff et Nasri n’ont pas le niveau international. Ce n’est pas de sa faute non plus si Hoarau, Gignac, Remy, Saha et Cissé sont nuls à chier. Mais faut-il être aussi définitif ? Sans aucun doute, car tous ces joueurs ont fait leurs preuves en club, il était donc inutile de les sélectionner. En revanche, Deschamps, Blanc, Djorkaeff, Desailly, tous membres éminents de la génération France-Bulgarie, ont eux aussi fait leurs preuves en club. Blanc ayant démarré sa carrière un peu plus tard, sans toutefois parvenir à stopper Crespo dans les règles de l’art.

Alou y es-tu ?

Puisque  la France, a priori, ne déclarera pas forfait pour les cinq prochaines années, il faudra quand même essayer de monter une équipe. Derrière, Blanc possède aujourd’hui, à son image, un joueur tout aussi moyen, évoluant dans un club moyen, mais moins que les autres et qui est quand même le meilleur de tous à son poste : Philippe Méxès. Personne ne peut l’accompagner pour l’instant en attendant de re-tester Planus. Au poste de latéral, Tremoulinas n’a pas encore été essayé, mais il reste le meilleur sur ses performances individuelles et ce malgré le quart de finale aller de Ligue des champions et un but offert à un Manceau.

Comme Sagna et Chalmé ne prévoient pas de faire un enfant, autant garder Sagna. Au milieu, les Diarra n’ont pas d’équivalent en attendant qu’ils jouent enfin avec les Bleus, puisque Mavuba est visiblement interdit de sélection. Et comme Ben Arfa se réservera pour Newcastle et que Hazard s’est trompé de côté, on se passera de créateur. Devant, Benzema, Ribéry et Malouda sont les meilleurs. Anelka pourrait les suivre, mais il a eu un empêchement. Il n’y a donc pas charnière défensive, pas de créateur, pas de leaders. Ce n’est donc pas que de la faute à Blanc si la France a réalisé vendredi son pire match depuis France-Israël 1993. Pas que, donc. Car Domenech battait quand même la Lituanie, mais il avait Ribéry.

Lloris. Abidal ne jouait pas, Clichy oui.

Sagna. Pour sa première sélection, il a tenté de contenir au mieux sa fébrilité et assuré le strict minimum.

Rami. Quelques dribbles pour se relancer dans ses vingt mètres : il apprend vite.

Méxès. La vivacité des attaquants biélorusses l’a gêné, mais en août c’est le strict minimum.

Clichy. « Sur l’action du but, le ballon m’a tapé le pied. » C’est le principe du foot en effet.

M’Vila. On l’a pas mal vu, sauf quand les Biélorusses arrivaient à quatre ou cinq plein axe face à Lloris. Ce n’est arrivé qu’une demi-douzaine de fois. C’est quoi le rôle d’un demi-défensif déjà ?

Diaby. Le Costa Rica n’était finalement pas une aussi bonne équipe que ça. On va quand même attendre un match contre Stoke pour le juger.

Rémy. L’OM lui a donné une nouvelle dimension : il remonte les bras en décélérant comme Henry et il obtient des touches.

Valbuena. Il ne sait toujours pas trop bien ce qu’il va faire, alors des fois c’est un retourné, des fois une frappe cadrée.

Ménez. Son adaptation à l’AS Roma ne saurait faire oublier qu’il joue à l’AS Roma.

Malouda. Ribéry battait la Lituanie sans brassard.

Hoarau. Atypiquement lent et mauvais techniquement.

Saha. S’il y avait un doute, il n’y en a plus.

Gameiro. Un débordement et une occasion en quelques minutes. Gignac va regretter d’avoir quitté Lorient.

Ligue 1 : Requiem for a guigne

18 millions, c’était trop cher pour un mec qui avait planté 18 buts en 23 matches de Liga. Autant en mettre 16 sur un mec qui en a mis 8 en 31 matches. Heureusement, il y a des bonus.

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10 juillet 2009 : « Lyon insiste pour Gignac : après une première offre de dix millions plus Piquionne, l’OL a proposé quinze millions d’euros pour le meilleur buteur du championnat. » A la rencontre de la meilleure recrue lyonnaise de la saison dernière.

– 1e journée, Monaco – Toulouse : 1-0.

95e : « Toulouse regrettera son manque d’ambition offensive en début de match. »

– 2e journée, Toulouse – Saint-Etienne : 3-1

39e : « Quel raté de Gignac ! Idéalement servi en retrait, l’international tricolore manque le cadre du gauche, alors qu’il avait la cage grande ouverte. »

67e : « Capoue intercepte au milieu puis donne à Sissoko qui trouve Gignac, ce dernier réussit un bon contrôle orienté, repique dans l’axe et décoche un puissant tir du droit des 25 mètres qui rentre avec l’aide du poteau ! »

– 3e journée, Lille – Toulouse : 1-1

38e : « Centre pour Gignac, à l’entrée de la surface. Ce dernier contrôle puis tire. Il est contré par Rami. »

– 4e journée, Toulouse – Valenciennes : 0-1

34e : « Gignac secoue la défense adverse. En costaud, il contrôle de la tête, écarte Tiéné avec un coup d’épaule puis dribble Bong dans la surface nordiste. La frappe qui suit fait briller Ndy Assembé, très concentré. »

– 5e journée, Nancy – Toulouse : 0-0

53e : « La frappe puissante instantanée de André-Pierre Gignac caresse le montant droit de Bracigliano. »

– 6e journée, Toulouse – Le Mans : 2-0

83e : « Gignac encore une fois !!! Machado lui transmet le ballon. Il fixe puis frappe à l’entrée de la surface. Ovono la sort du pied. Que d’occasions pour Gignac, malchanceux ce soir. »

– 7e journée, Lyon – Toulouse : 2-1

18e : « Gignac est tout près de doubler la mise. Sur une longue chandelle, il bénéficie d’un rebond favorable, protège son ballon devant Bodmer et se présente seul devant Lloris. Sa pichenette du droit passe au ras du poteau. »

– 8e journée, Toulouse – Lorient : 0-1

56e : « Gignac, profitant d’un bon service de Didot, enchaîne une série de dribbles devant les défenseurs lorientais. Avec la complicité d’un contre favorable, il reprend du droit. Parade d’Audard. »

– 9e journée, Toulouse – PSG : 1-0

77e : « Comme en équipe de France, Gignac progresse sur le côté gauche, se décale sur son pied droit puis tente d’enrouler sa frappe à l’entrée de la surface. Mais elle passe au dessus. »

– 10e journée, Lens – Toulouse : 0-2

30e : « Obstruction de Kovacevic sur Braaten. Sur le coup franc, Machado pique son ballon au deuxième poteau où est posté Gignac. Runje a senti le danger et boxe opportunément le cuir du poing. »

56e : « Action toulousaine conduite sur l’aile gauche. Gignac dévie le ballon dans la course de Sissoko qui bute sur la défense lensoise. Gignac récupère le cuir, réalise un bon crochet et enroule une frappe somptueuse du droit qui nettoie la lucarne.»

– 11e journée, Toulouse – Sochaux : 2-0

49e : « Sur un dégagement de Loustallot, Faty rate complètement son contrôle, le ballon lui passant sous le pied. Gignac, qui a senti le coup, se présente seul devant Richert qu’il ajuste d’une pichenette du droit.. » Et, 51e : « Sous la pression de Tabanou, Stevanovic rate sa passe en retrait vers Perquis. En renard des surfaces, Gignac intercepte et remporte son duel avec Richert, qu’il bat d’un tir du pied droit entre les jambes. »

– 12e journée, OM – Toulouse : 1-1

16e : « Servi côté gauche, Gignac parvient à s’infiltrer face à Hilton et repique dans l’axe. Des 20 mètres, l’attaquant place une frappe croisée à ras de terre qui file juste à côté du montant gauche de Mandanda. »

– 13e journée, Toulouse – Rennes : 3-2

63e : « Toulouse enfonce Rennes. Sissoko, encore lui, récupère le ballon à l’entrée de la surface rennaise mais Hansson tacle malheureusement pour Gignac qui reprend le ballon de volée. Douchez rate sa prise de balle et la sphère finit sa course dans le but. »

– 14e journée, Nice – Toulouse : 1-0

– 49e : « Parfaitement lancé dans la profondeur sur un long ballon de Berson, Gignac hérite du cuir aux 25 mètres et arme une lourde frappe sans contrôle qui manque le cadre pour quelques bons mètres. »

– 15e journée, Toulouse – Boulogne : 1-0

82e : « Luan déborde côté droit et centre en retrait. Gignac contrôle au point de penalty mais est repris par Soumaré. Il aurait pu mieux faire. »

– 16e journée, Grenoble – Toulouse : 1-0

72e : « Gignac est bien lancé dans la profondeur et parvient à résister au retour de Cesar. L’attaquant repique dans l’axe et enroule sa frappe de l’intérieur du pied droit, directement sur Le Crom… »

– 17e journée, Toulouse – Montpellier : 0-1

79e : « Gignac percute plein axe mais oublie ses coéquipiers une fois entré dans la surface alors que les attaquants étaient en supériorité numérique. »

– 18e journée, Auxerre – Toulouse : 1-1

77e : « Superbe contre lancé par les Violets ! Au bout de l’effort, Braaten sert Gignac, qui crochète et envoie une frappe enveloppée. Sorin détourne sur sa droite, décisif. »

– 19e journée, Toulouse – Bordeaux : 1-2

60e : « Gignac est parfaitement lancé dans la profondeur et crochète Ciani pour se présenter seul face à Carrasso. Mais l’attaquant se précipite un peu trop et frappe directement sur son ancien coéquipier ! »

– 20e journée, Valenciennes – Toulouse 1-3

80e : « Toulouse rate le coche ! Fofana est alerté au second poteau par Didot depuis la gauche, mais la tête plongeante du défenseur central vient heurter le poteau droit de Wimbée. Gignac hérite du cuir mais manque le cadre à bout portant… »

– 21e journée, Toulouse – Nancy : 0-0

74e : « Gignac s’introduit tout seul dans la défense nancéienne et, au panache, frappe. C’est à côté. Dommage, Gignac semble pouvoir faire seul la différence et ouvrir le score. »

– 22e journée, Le Mans – Toulouse : 1-3

56e : « Gignac de nouveau se signale et donne le tournis à ses vis-à -vis. Sa passe ne trouvera pourtant personne au final. »

– 23e journée, Toulouse – Lyon : 0-0

84e : « Gignac hérite du cuir dans la surface, il a quelqu’un au point de penalty mais il frappe. Lloris se couche. »

– 30e journée, Toulouse – Nice : 0-2

90e+3 : « Gignac ne lâche rien. Il dribble dans la surface et efface 3 défenseurs. Il frappe mais son tir manque de puissance. Ospina capte ce ballon tranquillement. »

– 31e journée, Boulogne – Toulouse : 1-1

68e : « Depuis l’entrée de la surface, sur la gauche, Gignac tente sa spéciale en enroulant fort du droit son tir en direction du petit filet opposé. Mais Bédénik est vigilant et capte le cuir. »

– 32e journée, Toulouse – Grenoble : 4-0

90e+3 : « Avec un Gignac buteur pour fêter son retour et un Tabanou, auteur d’un doublé, les Toulousains surclassent Grenoble, officiellement relégué en Ligue 2. »

– 33e journée, Montpellier – Toulouse : 1-1

21e : « Du côté de Toulouse, dés que le ballon est récupéré, on cherche Gignac par de longs ballons aériens. Jourdren semble se satisfaire de cette tactique. »

– 34e journée, Toulouse – Auxerre : 0-3

23e : « Gignac semble vraiment être revenu à son meilleur niveau et multiplie les nombreux appels dans la profondeur depuis le coup d’envoi. »

– 35e journée, Bordeaux – Toulouse : 1-0

84e : « Corner pour les Toulousains qui le jouent rapidement sur le coin gauche. Gignac réclame une faute adverse. A défaut de déclencher le sifflet de M. Duhamel, il reçoit ceux des spectateurs de Chaban-Delmas. »

24 buts et une 4e place en fin de championnat, Toulouse sait ce qu’il a dû à son buteur la saison passée. 150 tirs, 62 cadrés, 7 buts : cette fois-ci, le Téfécé sait ce qu’il doit à Moussa Sissoko.

Bonus

– Europa League, Bruges Toulouse : 1-0

88e : « Bonne phase de jeu toulousaine. Ebondo est démarqué sur le côté droit et place un bon centre qui passe devant la cage de Stijnen. Gignac est arrivé trop tard. »

Norvège-France : Lass but not liste

« Cette liste est jeune » et « Il ne faut pas se mentir, c’est une liste très Ligue 1 ». L’équipe de France espoirs a comme prévu dominé et perdu en Norvège. La cravate bariolée, c’était juste un essai.

Un dépucelage en bleu, c’est toujours un émerveillement. Christian Jeanpierre le vit à chaque fois, alors « oh, oh, oh, c’est beau le talent ». Nasri et Ménez ne pensaient pas provoquer de tels émois en se faisant une simple passe, mais Laurent Blanc sait soigner l’image. Le blaser noir satiné est une preuve de classe, aucune trachée croate ne saurait le contredire. Engueuler ses joueurs dès le premier dégagement en l’air peut faire passer pour un puriste, mais sans ça qui aurait pu se douter que Cissokho ne réussirait pas un centre, que Sissoko ne réussirait pas un centre, que N’Zogbia ne réussirait pas un une-deux, que Rémy ne réussirait pas une tête, que Hoarau serait aussi atypique et que Rami ferait deux grosses conneries ? Qui peut donc penser qu’Oslo, Blanc n’en avait rien à foutre ? Pas Cabaye, qui a presque joué vingt minutes.

L’épi Fanni

L’autre preuve de classe, c’est d’avoir une pensée pour ceux qui souffrent, y compris les anciens : Lassana Diarra sur le banc, Mexès avec le brassard, Nasri meneur de jeu, Domenech et Gourcuff auront apprécié le geste. Le but de Benarfa, c’était pour Dédé. Humble, mais pas salaud, Blanc justifiera calmement en deuxième mi-temps son choix de ne pas confier le capitanat à Diarra : un mauvais contrôle peut tout à fait clore une carrière internationale. « Sur le deuxième but, c’est ce que j’ai dit aux joueurs, c’est bien d’avoir le ballon, mais il ne faut pas faire d’erreur technique. » Les gestes les plus simples sont parfois les plus compliqués, ça vaut aussi pour une trentaine de passes faciles. En même temps, Domenech ne lui en demandait pas. Le précepte cévenol répété chaque semaine aux journalistes – « Je ne vais pas citer de noms » – a été bien appris et rien retenu à Bordeaux.

Ce qui a aussi été appris à Bordeaux, c’est de ne pas manipuler la presse. Comme ils ne sont jamais dupes, qu’elle ne serait pas capable de s’enflammer après une défaite, d’encenser N’Zogbia, Rami ou Hoarau et qu’il n’y a donc pas besoin de leur dicter quels messages faire passer aux joueurs, autant expliquer comment faire leur métier aux journalistes. En plus, ça ferait prétentieux. « Il y a le résultat du match et le contenu. Après, je sais très bien que vous allez faire votre commentaire, et c’est normal, par rapport au résultat. Et le résultat est défavorable. » Mais, comme Christian Jeanpierre, Blanc est ravi de la fameuse génération 1987, alignée ensemble en deuxième mi-temps : « Je crois que le système de la deuxième mi-temps a favorisé le jeu de la Norvège. »

La pluie peut redoubler, elle ne pénètre pas un blaser noir satiné. Blanc a appris à se couvrir en fin de saison dernière. « Il n’y a jamais de défaite encourageante. »

Afrique du Sud-France : C’était le Domenech Show (1/2)

Le Vestiaire republie aujourd’hui le premier épisode de la véritable histoire de Domenech à la tête du football français. Celle où les incohérences prennent tout leur sens, où le foutage de gueule est professionnalisé.

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Comment ne rien gagner et faire n’importe quoi peut permettre d’accéder aux plus hautes fonctions.
Voici l’histoire d’un homme livré à lui-même, seul contre tous : le premier héros de téléréalité sportive.

L’histoire commence en 1993. Domenech est repéré lors d’un casting sauvage des plus classiques par Jean Fournet-Fayard. Le président de la FFF n’en est pas à son premier coup d’excellence, c’est lui qui a mis Houiller à la tête des A. Il repartira avec au lendemain de France-Bulgarie. Ce qu’il aime chez Raymond, c’est sa moustache et la principale ligne de son CV : fraîchement viré manu militari par son premier vrai patron, Jean-Michel Aulas. C’est un premier signe très favorable. Pas encore assez médiatique, il hérite logiquement de l’équipe de France Espoirs et sa faible exposition (le câble ou Canal+ en crypté) pour se faire les pieds. Il y restera 11 ans. Le bilan des Bleuets est flatteur : deux titres en dix ans (vainqueur du tournoi de Casablanca 1999 et du festival espoirs de Toulon en 1997), avant la gloire de 2004 et son second Toulon. Un marche-pied vers le stade supérieur : ses échecs multiples sont un gage probant, il a même flingué plusieurs générations (Henry lors du Italie-France 1999). Il est prêt pour le prime time.

La vraie vie de Raymond

Lors de son entretien d’embauche, Domenech oublie son CV à la maison et passe pour l’homme idéal auprès de Simonet, pour le candidat de la DTN face à Tigana et Blanc. Sa première conférence de presse est son premier foutage de gueule surmédiatisé. Le premier d’une longue série, le public aime, les journalistes aussi. « Quelles sont les grandes lignes de votre projet ? » « C’est simple : il faut gagner des matches. » A partir de là, c’est l’escalade. Avec l’équipe de France A, il trouve enfin un jouet à sa mesure. Il veut tout tenter pour ridiculiser le football français le plus longtemps possible. La production lui donne carte blanche, il ne va pas se faire prier. Landreau le comprendra un peu tard, il n’existe pas de relation filiale à la télé. Tout ça c’est du cinéma. On fait clairement comprendre à Domenech l’étendue du challenge : « Les résultats, on s’en fout, seule compte l’audience. »

Il commence fort. Interdire les walkman et imposer les protège-tibias à l’entraînement, même une équipe de DH insulte l’entraîneur au bout de deux jours. Il impose une intransigeance dont il se moque éperdument. Il discute avec les joueurs un par un sans écouter leurs avis. Mais ça lui donne un côté humain pas dégueulasse. Il convoque même Luyindula. Mais Raymond veut plus. Il veut se faire tous les cadres. Thuram et surtout Zidane sont retraités. L’occasion de liquider la génération Jacquet est trop belle. Le talent et la persévérance agissent : ils cèdent aux sirènes du génie rapidement. Il fait croire à Zidane qu’une deuxième étoile ferait joli sur sa robe de chambre. En réalité, la Coupe du monde 2006 doit être leur fiasco final, il va tout mettre en oeuvre pour y parvenir.

L’audience, pas encore la correctionnelle

Il commence donc à se priver de certains indiscutables : Pires et Giuly, notamment, sous couvert d’une banale histoire de rancune. Personne ne relève, les joueurs concernés sont inaudibles, les deux premiers devenant même des récurrents de l’antenne de RMC, il y a même un club Pires sur Europe 1. Il réinstalle les papys dans leur fauteuil, regonfle leur égo et les emmène vers la Coupe du monde. « Rendez-vous le 9 juillet. » Sa pointe d’arrogance l’avait beaucoup amusé, elle passera finalement pour de la compétence. Les matches de préparation confirment pourtant ses prédictions : Zidane et Thuram n’avancent plus, Vieira s’agace sur le côté droit, Barthez et Coupet se tirent dans les pattes grâce à lui. Mais la mécanique s’enraye une première fois avec la blessure de Cissé. Djibril, qui pourrait être plus dangereux sur une jambe, doit être écarté. L’indigne France-Suisse est une mise en bouche appétissante, le très vilain France-Corée est un régal, mais le Togo est vraiment trop mauvais, Kader Touré n’arrive même pas à prendre une fois Thuram de vitesse. Le sélectionneur s’inquiète, il a vu les matches du Brésil, ça lui rappelle furieusement quelque chose.

Et puis, la machine s’emballe. Les joueurs s’organisent sur le terrain, Zidane se remet à courir, l’équipe est solide. Les vieux ont repris le pouvoir, Domenech voit son oeuvre lui échapper. Il regrettera ad vitam eternam que Zidane ait été si poli le matin de France-Brésil. Un mot de trop et il l’envoyait avec plaisir en tribunes. Déçu, il tape quand même dans la main de Thierry Henry après le match. Heureusement arrive France-Italie, la fin est enfin à la hauteur. Vieira se blesse, l’occasion est encore trop belle, il fait rentrer Alou Diarra, la ficelle est grosse mais tient. Zidane sort expulsé, son jubilé est terni à jamais, Domenech sent que la chance tourne, c’est le plus beau jour de sa vie. Surtout qu’avec une finale, on lui offre deux ans de bonheur supplémentaires. Ca ne sera pas de trop, Thuram est encore debout.

France-Mexique (3/3) : Papy fait de la résistance

Voici venu le temps du procès du football français. Qui est responsable ? Faut-il vraiment trouver des coupables ? Quel est exactement le problème ? Après avoir entendu les témoins directs, après avoir célébré le courageux comportement de la presse, Le Vestiaire livre le verdict de quatre années de foutage de gueule généralisé.

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En dehors de son âge, Escalettes a-t-il une circonstance atténuante ?

Ils étaient trois. Trois entraîneurs à rêver un jour de devenir sélectionneur de l’équipe de France. Ils allèrent à la même école, celle de l’incompétence. Mais ils savaient que ce critère serait loin d’être rédhibitoire pour arriver au sommet. Ils avaient raison. Deux d’entre eux allaient y parvenir. Le plus mauvais y restera six ans, l’autre près d’un an et demi. Le troisième visera pendant quinze ans la Ligue des Champions avec Arsenal. C’est en 1993 que le deuxième est banni à jamais de l’équipe de France A. Il s’appelle Gérard Houiller et se promet qu’un jour il prendra sa revanche. Sa seule revanche ressemblera à une punition de plus, travailler avec Jacques Crevoisier à Liverpool. En juillet 2008, Gérard Houiller est sur le point de remettre la main sur ce qu’il a un jour contribué à détruire en écartant France 1998. En prolongeant Domenech, quel que soit le prix à payer, Escalettes et son escadron de la mort évitent ainsi le retour du fossoyeur. Jacquet, Platini, Houiller en faisaient partie. Garder un fossoyeur pour en éviter un autre, pourra-t-il être plaidé en sa faveur ?

Domenech a-t-il la moindre responsabilité dans l’échec ?

Ce qui était vrai jusqu’en 2008, ne l’était plus après. On pouvait alors reprocher à Domenech de ne pas savoir faire jouer les joueurs ensemble, de n’avoir aucune notion tactique, de prendre n’importe qui pour le faire jouer à n’importe quel poste, de se foutre du monde sans arrêt, d’avancer sans cohérence, de virer des mecs juste parce qu’il ne les aimait pas, de faire du coaching au hasard, d’humilier par petites touches, de n’avoir aucun crédit auprès des joueurs. On le devait même. C’était ce qu’on appelait le Domenech Show.

On pouvait aussi, pourquoi pas, lui reprocher l’échec de l’Euro 2008. On le devait même. Mais lui signer un nouveau contrat, c’était accepter qu’il continue comme avant. Il avait prévenu, ça faisait quatre ans qu’il n’avait pas changé à l’exception de quatre matches de Coupe du monde 2006. Le dicton est connu : si tu ne veux pas que l’alcool te tue, tu ne fais pas la fête avec Marc Cécillon. Peut-on reprocher à Raymond Domenech de ne pas avoir pallié les défaillances physiologiques de Papy, quitte à  garder sa place et le pognon qui va avec ?

Le football français pouvait-il s’en sortir ?

Ceux qui voudront défendre Domenech, et auront aucun doute raison de le faire, pourront aussi arguer de la faute des joueurs sélectionnés. Leur boulard est une chose, leur dégoût les uns des autres en est une autre. Mais cela n’est pas nouveau, en 1998 comme en 2010. Même si entre temps les joueurs sont devenus des rayons de supermarché. Les joueurs se détestent, détestent leur sélectionneur, qui le leur rend bien. Mais tout ça n’a aucune importance car la seule vérité qui compte, au-delà des qualités de Domenech et de l’homme qui l’a maintenu, c’est celle de la génération de joueurs. Si poste par poste chacun fait partie techniquement des meilleurs du monde, ils ne le sont pas assez pour gagner sans former une équipe. C’est bien la raison pour laquelle n’importe quel collectif a pu battre la France.

Abou de farce

Evra et Sagna sont de bons joueurs de clubs, par intermittence, et sans fiabilité ni sur la durée, ni sur la qualité de centres. Abidal a toujours fait des conneries dans l’axe. Gallas est fini depuis trois ans. Diaby, L. Diarra et A. Diarra n’ont jamais existé à ce niveau. Toulalan n’est utile que quand l’équipe n’a pas le ballon. La saison bordelaise de Gourcuff a montré qu’il n’avait aucun avenir national comme international. Govou n’a jamais servi à rien de toute sa carrière. Anelka et Ribéry ont tendance à trop intellectualiser les événements pour briller en société, en compétition et au baccalauréat. Il en va d’une grande équipe comme d’un grand joueur : il faut du talent et un mental, optimisé par un entraîneur. Il manque deux éléments à la génération actuelle. On ne reparlera pas des tauliers, d’une grande défense, ni de Zidane, tout a disparu avec le capitanat d’Evra. Le reste, on vous l’a déjà raconté.

« Au conseil fédéral, il n’y a pas de marionnette, pas de béni oui-oui. Il y a des gens compétents qui prennent des décisions mûrement réfléchies sans être soumis à une pression quelconque. Laissons le bateau avancer. » J.-P. Escalettes, 15 octobre 2008.

France-Mexique (2/3) : « Quel journal de m…! »

Tout le monde tombe aujourd’hui sur le sélectionneur, sur ses joueurs et sur les instances. C’est normal, c’est facile. Il était de bon ton de dire en 2008 qu’il ne fallait pas maintenir Domenech, de le répéter ensuite, pour finir par revenir à un schéma plus classique.

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Quand, la ferveur monte, on fait des interviews lèche-cul au sélectionneur, on s’enflamme après une victoire contre le Costa-Rica pour terminer en beauté en exigeant la titularisation de Diaby, qui n’a jamais existé dans un match de haut niveau européen. Mais Domenech n’est pour rien dans cette ligne éditoriale réalisée par des journalistes qui ne manquent que de courage et d’un brin de compétence. Lui a toujours été fidèle à sa ligne, nous aussi.

Le clou du sombrero

En 2002, c’est un entraîneur qui ne gagne pas de titre, qui fait faire du théâtre à des adulescents pour les humilier, qui ne parle pas à ses joueurs, qui ne justifie pas ses choix, qui ne propose aucun style de jeu. En 2006, c’est un entraîneur qui ne gagne pas de titre, qui ne dit rien, qui sort Zidane contre la Corée pour l’humilier, qui tape dans la main de Zidane après le Brésil pour le remercier de l’avoir gardé comme adjoint, qui ne parle pas à ses joueurs, qui ne fait pas de choix, qui ne s’oppose pas au style de jeu choisi par Makélélé et Vieira. A cet instant, il n’y a aucune raison officielle de se débarasser de lui ou de le descendre, quelle que soit la façon dont la France est arrivée en finale, elle y est arrivée.

Mais à l’approche de l’Euro, il est évident que le miracle ne se reproduira pas, pourtant, la jurisprudence Jacquet tient bon. Le Vestiaire osera quand même le dire et l’expliquer avant la raclée des Pays-Bas. Les grandes générations se créent sur un grand numéro 10. Il n’existe plus. Mais une petite génération avec un petit entraîneur ça complique un peu plus les choses. Domenech en 2008, c’est donc un entraîneur qui ne gagne pas de match, qui ne dit rien, qui aligne Thuram et le remplace par Abidal contre l’Italie pour humilier Thuram, qui ne justifie pas son choix, qui ne parle pas à ses joueurs, qui ne propose aucun style de jeu et qui fait une demande en mariage à une présentatrice en plateau. Un vrai personnage de télé-réalité.

Maya la brèle

Le Vestiaire crée alors le Domenech show et en diffusera quatorze épisodes plus deux inédits. A l’origine, l’histoire aurait dû s’arrêter à l’issue du deuxième épisode. Mais Domenech, soutenu par ses perds, est reconduit sur la route du doublé Euro/Mondial, plus grand fiasco depuis Gérard Houiller. On connaît la suite, on lui demandait cinq points, il en quatre. L’Equipe titre « Nous, on a aimé » après 45 minutes de Roumanie, Escalettes inaugure son propre show et Domenech atteint 2010.

C’est désormais un entraîneur qui ne gagne pas de match, qui ne dit rien, qui aligne Gallas et Abidal, qui remplace Anelka par Gignac à la mi-temps pour humilier Henry, qui ne justifie pas son choix, qui propose un 4-3-3 à un mois d’une compétition majeure, qui ne parle pas à ses joueurs qui lui répondent quand même. Et une presse qui a oscillé entre la critique et l’hagiographie, qui a continué à interviewer un homme qui ne disait rien, des joueurs qui ne disaient rien, un président qui disait n’importe quoi, pour finir par lyncher tout le monde une fois qu’il est trop tard. On ne sait jamais, dès fois qu’Aimé Jacquet n’ait pas emmené son équipe en demi-finale de l’Euro 96. En souhaitant au moins à Raymond Domenech que la soupe fut bonne.

Le Vestiaire n’avait pas la chance d’exister en 2006 pour célébrer le dernier bon match de la nouvelle équipe de France face à l’Italie, une Italie qui elle aussi était déjà passée de vie à trépas. Depuis, il n’y a pas un seul match encourageant, si notre spécialiste l’a vu c’est que ça ne devait pas être si compliqué de le voir. A moins que.

France-Mexique (1/3) : Aztèque et sans lubrifiant

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Alors que se fomente l’exécution de Domenech par une presse loin d’être incompétente ou hypocrite, au choix, Le Vestiaire organise sa défense. Première instance : le récit des témoins.

Lloris. Ne critiquera plus Cris et Boumsong et va apporter toute la doc nécessaire à une naturalisation de Cleber Anderson, il n’y a pas de raison, il ne faut pas quatre ans pour s’en rendre compte.

Sagna. Il s’est rendu compte que si Evra défend mal, ce n’est pas parce qu’il attaque bien. Il a donc décidé de faire pareil et ça n’oblige heureusement pas à faire une passe décisive, qui eut été le premier bon centre en quatre ans.

Gallas. Bien tenté, mais une première sélection en octobre 2002 ne permet pas de tutoyer Desailly et Blanc. Tout juste d’être associé à Thuram, mais c’est lui qui décide du niveau. Depuis quatre ans, Thuram n’est plus là et il est un âge où défendre en reculant devient plus qu’un hobby. Mais William hésite, il aime aussi marcher et dégager en touche entre amis.

Abidal. L’Italie 2008 avait au moins eu cet avantage de lui offrir une expulsion. Là, non, c’est donc la double ablation. Le Vestiaire vous a déjà tout raconté, et ça remonte à plus de quatre ans.

Evra. Il n’est pas capitaine depuis quatre ans, mais quand un Mexicain fonce sur Abidal, il défend comme un enfant de quatre ans.

Toulalan. Au bout de quatre ans, il a acquis les bons réflexes : faire des transversales et prendre un deuxième carton jaune quand ça tourne mal.

Diaby. Vieira avait raison de dire qu’il se voyait en Diaby. Il n’a pas dit si c’était à Arsenal, à Cannes, ou le Vieira d’aujourd’hui, mais ce n’était pas celui d’il y a quatre ans.

Govou. Son doublé contre l’Italie en 2006 avait fait capoter son transfert au PSG. Après quatre ans de travail acharné, ça devrait enfin se faire.

Valbuena. Quatre ans.

Ribéry. Ces quatre dernières années, le sauveur des qualifications a bien participé à l’Euro et au Mondial.

Malouda. Si Domenech ne le supporte plus depuis quatre ans, c’est qu’il y a une raison. S’il a été le meilleur contre le Mexique aussi.

Anelka. Quelle trajectoire pour le joueur formé à Fenerbahce il y a quatre ans. Bolton puis Chelsea : la prochaine Coupe du monde sera la sienne.

Gignac. Domenech l’a élu successeur d’Anelka et Henry. Trois humiliés, le compte est bon. Ca ne durera pas quatre ans.

BONUS

Wenger, 56e minute : « Ils jouent à quatre attaquants maintenant les Mexicains.»

J.-P. : « Alors qu’une ola se prépare ! » Ohé ! H… de p… ! « Pas du tout, c’était pour le dégagement français.»

Coupe du monde, France-Chine :
Henry cantonné

henri

Ce n’est pas un hasard si les plus grands joueurs ratent leur sortie. La maladie du bulbe fait décidément des ravages.

Le Vestiaire le pensait et le pense toujours. Thierry Henry restera pour toujours le plus grand buteur français de ces vingt dernières années et le deuxième mondial. Il aurait pu réussir sa sortie, comme Blanc ou Deschamps, il a choisi de la rater comme Lizarazu, Desailly, Thuram ou Vieira. Il aurait pu la rater avec fierté, il a choisi l’humiliation. Moins que Vieira, quand même, qui aura offert son froc à Domenech jusqu’à la dernière seconde, mais ça ne valait même pas un pacte.

New York Titi

Le football est ainsi fait qu’à 31 ans, une carrière est finie, la saison suivante doit être la dernière. La règle est immuable et a frappé Henry comme tout le monde. Seuls les dieux ont droit à des dérogations. Mais au sortir de la meilleure saison de sa carrière, la dernière donc, il a voulu en remettre une couche. La couche, il en avait bien besoin, mais qu’extra-sportivement. Sans doute aveuglé par le niveau d’Anelka, Gignac et Cissé, il s’est vu encore triomphant. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un bleu comme les autres, sauf qu’il est remplaçant. Desailly, Lizarazu et Thuram n’auraient jamais accepté ça, optant plutôt, au choix, pour une bonne vieille erreur de placement ou un geste défensif bien pourri devant Zagorakis.

Des gags à Togo

Mais Henry n’est pas défenseur, au pire, il perdra tous ses ballons et n’arrivera pas à franchir Sergio Ramos. C’est déjà pas mal, mais ça peut arriver à tous ses partenaires coté droit ou dans l’axe. Car c’est l’autre aiguille dans son melon : Gignac est espéré par le peuple, comme si les infirmeries toulousaines étaient plus chaleureuses que les travées du Camp Nou.

La seule chance d’Henry sera de prendre le pouvoir après la défaite contre l’Uruguay, juste avant celle du Mexique, comme Zidane le fit après le Togo en 2006. Mais Ribéry, Malouda, Makelele, Vieira, Thuram et Henry s’appellent aujourd’hui Ribéry et Malouda. Et Zidane ne s’est jamais appelé Yoann. Par contre, il pourra toujours essayer. Foutre la merde, ça coûte pas plus cher.

Coupe du monde, France-Costa Rica : Costa gavera

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L’équipe de France a offert du sourire, et après tout, n’est-ce pas avec un sourire qu’on gagne une Coupe du monde ?

Depuis la fin du Domenech Show et la prise du pouvoir de l’Escalettes Show, les choses ont bien changé. Désormais, ce sont les joueurs les plus nuls qui déclarent forfait, les schémas tactiques évoluent et les adversaires classés quarantièmes au classement Fifa sont battus.

Hier soir, on s’attendait donc à voir une défense cul de jatte, liée surtout à des joueurs unijambistes, qui n’ont jamais été bons ensemble en équipe de France. On s’attendait aussi à ce que le Costa Rica soit quarantième équipe mondiale et donc marque et ne joue qu’une mi-temps. On s’attendait aussi à voir un Valbuena crâneur assumé qui tenterait de marquer sur tous ses ballons. On s’attendait, pourquoi pas, à voir une équipe désorganisée, comme d’habitude, dans une tactique qu’il faudrait bien deux ans à rôder, des latéraux qui ne réussissent pas un centre, Toulalan qui court partout. Et bien sûr ,un Ribéry à qui on filerait le ballon pour faire la différence tout seul avant d’aviser les rares fois où c’est bloqué. On a beaucoup vu Ribéry.

Nous on a Aimé

La différence, c’est Gourcuff 2 qui l’a finalement faite par rapport à son niveau habituel. Après avoir rien foutu pendant six mois, le fils de l’entraîneur lorientais a trouvé les ressources pour tenter deux-trois trucs sans se contenter de défendre. Se dégager du marquage, prendre trois mètres et armer une frappe n’est pas si simple quand on a sur le dos un milieu du Deportivo Saprissa et un de La Gantoise. Seul le Costa Rica sait produire de tels miracles. Mais les miracles ont leurs limites et ne peuvent pas permettre à Evra 2 de devenir bon, à Gallas 2 de retrouver ses 25 ans, à Abidal 2 de ne pas coûter d’occasion énorme ou à Sagna 2 de faire oublier Sagna.

La nouvelle tactique a porté ses fruits : filer le ballon à Ribéry, seul rescapé de la génération Domenech, qui a offert le premier but, donc le deuxième, puisque le premier appartient toujours à l’adversaire, hospitalité oblige. Gourcuff s’est donc montré une nouvelle fois décisif à sa façon. Les dribbles chaloupés de Diaby ? Stoke City en cauchemarde, le Camp Nou en redemande. On aurait aussi aimé voir Anelka, Gignac, Henry ou Govou à l’essai, mais le nouveau sélectionneur fait des choix, on a vu Diarra. Il n’a fait qu’une passe décisive au Costa Rica. Dans Costa Rica, il y a Costa et Rica. Dans Winston Parks joue à Timisoara, il y a Timisoara.

Mais ça devrait encore mieux se passer face au numéro 55.

Domenech Show : Le concile de trente

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Prudence est Lemerre de sûreté : jamais l’équipe de France n’aura attaqué un Mondial avec autant de fraîcheur et d’atouts. C’est normal, puisqu’ils sont encore 30. Les règlements de la FIFA ont changé pendant que Domenech se pavanait en Ferrari.

Lloris. Pour lui, la préparation n’est pas à Tignes, mais à Lyon. Indiscutable.

Mandanda. Il était numéro 1 et attendu, il est numéro 2. Indiscutable.

Carrasso. Le deuxième meilleur gardien de France. Indiscutable numéro 3.

Landreau. Chouchou de Domenech, qui le rappelle à la surprise générale et lui offre un deuxième tour en hélico. Indiscutable.

Sagna. Il défend bien, il attaque bien et préfère Stoke et Porto aux matches européens et internationaux. Indiscutable.

Fanni. On l’a vaguement vu jouer une fois, donc comme d’habitude, il payera à boire. Indiscutable.

Réveillère. Une belle épopée européenne, puisque seuls Ronaldo, Trémoulinas, Altintop et Olic ont déjoué sa science du hors-jeu. Indiscutable.

Evra. Tremoulinas et ses conneries qui donnent la qualif’ à Lyon, c’est un peu tendre. Pat, c’était contre le Bayern et en plus il a trouvé Ronnie les yeux fermés en huitièmes. Indiscutable.

Clichy. Sylvestre était au Camp Nou, lui aussi. Indiscutable.

Gallas. Domenech compte sur son taulier avant qu’Arsenal décide de ne pas prolonger le contrat de ses mollets. Mourinho rappelle qu’il était son pilier en 2005 et qu’on est en 2010. Indiscutable.

Abidal. France-Italie, 24e minute, et il ne sortait pas d’une saison de blessures. Indiscutable.

Squillaci. C’était Escudé ou lui, Escudé a plus joué. Indiscutable.

Planus. Ciani n’a pas été si mauvais contre l’Espagne, mais Planus présente l’avantage d’avoir été blessé pendant trois mois. Indiscutable.

Rami. L’Equipe parlait justement de sa fin de saison moyenne ce matin. Indiscutable.

A. Diarra. Le pilier de Bordeaux n’aura jamais une aussi belle occasion de sympathiser avec Fanni. Indiscutable.

L. Diarra. De toute façon, Pellegrini n’y connaît rien pour ne plus le faire jouer. Indiscutable titulaire.

Toulalan. La Toul en défense centrale, c’est comme si c’était écrit. Indiscutable, et il jouera au milieu.

M’Vila. Enchanté, votre prénom c’est quoi ? Indiscutable.

Diaby. C’est bon, Vieira a compris. Indiscutable.

Malouda. Une saison ébourrifante, la forme de sa vie : c’est bien connu, on se met à réussir ses centres en équipe de France à 35 ans. Indiscutable.

Valbuena. Il a pleuré en apprenant la nouvelle, il jouera le troisième match de poule avec une couche. Indiscutable.

Gourcuff. Zidane y va marquer. Indiscutable.

Govou. Ca va venir, un jour. Indiscutable.

Ben Arfa. C’est bon, Benzema a compris. Indiscutable.

Ribéry. Sa pire saison en club depuis quatre ans se terminera par une finale de C1 sans lui et peut-être une mise en examen avec lui. Indiscutable.

Briand. « Benzema n’est pas si loin du groupe France et on peut rappeler un joueur hors liste jusqu’au 1er juin. » Indiscutable.

Henry. « Si Pedro est meilleur, c’est lui qui doit jouer. » Indiscutable.

Anelka. Dans cadre, il y a tir cadré. Indiscutable.

Cissé. Mentalement, c’est le plus fort. Pour le reste, c’est toujours le même. Mais comme on dit, la Grèce doit. Indiscutable.

Gignac. Les Féroé et l’Autriche ne joueront pas le Mondial, Rennes et Sochaux non plus. Indiscutable.

L’Edito : Du poil au Pat

vivi

Après le suicide de son spécialiste cricket, Le Vestiaire ne pourra plus jamais en parler. Heureusement, il y a encore du rugby.

Thierry Bisounours est inquiet. Après la réforme de l’UCI et l’arrêt définitif du dopage, il craignait de perdre tous ses repères, mais la réalité est plus dure. Après les deux grosses épreuves du printemps, le vélo propre s’avère plus déstabilisant encore que le précédent. Les courses sont certes confisquées, comme avant, par une poignée de costauds, mais cette fois ce ne sont presque jamais les mêmes, sans doute usés par les efforts produits ou l’inverse. La semaine dernière c’était Cancelara, Boonen, Hammond ou Leukemans. Cette semaine, c’est Cancelara, Boonen, Hammond ou Leukemans. Il y a bien sur quelques nouveaux comme Flecha ou Hushovd,  32 ans à peine, le changement est en marche. Pour un peu, Freire aurait gagné la Primavera devant le jeune Boonen.

Fluctuat nec vergétures

Vieira, lui,  ne s’inquiète pas. Il va pouvoir se reposer quelques semaines supplémentaires et avec un ou deux matches dans les pattes, la Corée ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Pat a d’ailleurs raison de penser qu’il peut facilement redevenir le meilleur milieu du monde, tout est possible dans le football actuel. Celui de Malouda star d’une équipe éliminée par l’Inter, celui de vingt Marseillais éliminés par Benfica, mais leader d’un championnat où le favori, après avoir grillé son onzième joker, va tenter de remporter un de ses huit derniers matches pour conserver son titre. L’histoire ne dit pas si la Ligue les organisera sur cinq jours. Celui du Real Madrid, battu de justesse par deux buts d’écart à la surprise générale par le Barcelone d’Ibra sans Ibra. Le banquier de Pellegrini ne remerciera jamais assez Higuain et ses 24 buts dont deux contre Zurich, comme Leonardo, Ronaldinho si décisif depuis son retour. Et si un jour vous croisez Pelous et Ibanez en train de raconter qu’ils ont gagné la Coupe d’Europe de rugby, ne les croyez pas. Ça n’existe pas.

Pendant ce temps-là, Raymond Domenech ne s’inquiète pas. Les médias se contentent de préparer la soupe qu’il se sert lui même. Il la mangera avec le président, dont c’est le plat préféré, faute de dents valides. Faut-il lui mixer la viande ?

France-Espagne : Villa avec vue sur la merde

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C’est toujours dans les grandes occasions qu’on retrouve l’équipe de France. Domenech a retourné l’opinion et s’est fait oublier bruyamment par tout un stade : Escalettes n’a pas à regretter son choix, même si tout est de la faute de la charnière centrale et que le problème, ce sont les résultats.

Le fonds de jeu, rapide, léché, c’est la marque de l’équipe de France. Avec un homme à la baguette, Yoann Gourcuff, totalement exalté par le numéro 8 de son pays. Zidane était là, comme aux plus belles heures. Il a épuré son jeu et ça marche, il ne s’emmerde plus avec des beaux gestes, une accélération, une patte sur coups de pied arrêtés et toujours cette grande élégance. Il a même retrouvé cette capacité à réussir des passes latérales en manquant de se casser la gueule. Il était partout, même quand le ballon était ailleurs, et n’a pas arrêté de défendre pendant 90 minutes, comme le font tous les grands meneurs de jeu modernes. Il confirme qu’il est indispensable à cette équipe et comme le dit Wenger debout comme tous les spectateurs pour la standing ovation, « les gens sont durs, il a énormément travaillé Gourcuff ».

Thierry pimpon

Offensivement, la France a retrouvé la totalité de son pouvoir d’accélération : Ribéry n’est plus blessé qu’à 75%, Henry n’est plus fini qu’à 99%, Anelka se rapproche des 5% de matches réussis en bleu. Repu d’une occasion franche à 25 mètres sur le gardien, il a fait le plein de confiance. Galvanisés par l’incroyable niveau de jeu, les remplaçants ont même été meilleurs : Malouda, Govou et la révélation de la Coupe du Monde 2002, le prometteur espoir du Panathinaikos Djibril Cissé : le vivier français a de beaux jours devant lui.

Le point fort du passé, c’était aussi la charnière. Une charnière solide, les ballons qui ne passent pas. A la grande époque, Laurent Blanc était toujours bien placé. Interventions, passes, contrôles, il a été impérial jusqu’au premier but, qui n’est intervenu qu’à la 21e minute. Propre, chirurgical, son compère Ciani n’a pas eu de boulot. En face, l’Espagne a été complètement dépassée par le rythme d’un collectif français plus conforme à ses possibilités, loin du surrégime trompeur de France-Eire. Apathique, lent et peu motivé, le champion d’Europe espagnol a d’ailleurs attendu la mi-temps pour faire entrer ses deux meilleurs joueurs. En pure perte, la France a tenu le 0-0 sur la deuxième mi-temps.

Franco folie

Lloris : Difficile de briller, David Villa n’est pas Irlandais. Par contre, Julien Escudé est toujours Roumain. Impeccable sur la frappe non cadrée de Navas.
Sagna : On peut tout à fait attendre d’avoir 30 ans et 70 sélections pour faire sa première passe décisive.
Ciani : Il a fait un bon match et peut donc affirmer aujourd’hui que ne pas sélectionner le gaucher Planus était un véritable scandale.
Escudé : Le mec qui monte tout seul sur le premier but, c’est bien lui. La feinte de Sergio Ramos qui marche, c’est bien lui, le contre sur la frappe qui suit pour le deuxième but c’est bien lui. Un match complet.
Evra : Intenable sur son côté gauche, il a créé tellement de danger que les deux buts viennent de son côté. Il n’a pas raté de touche.
Toulalan : Domenech tient sa paire de récupérateurs, il avait raison depuis le début.
Diarra : Il a remporté la bataille du milieu haut la main. Toulalan n’était pas dans un bon jour.
Gourcuff : Tirer les corners à 50 ans ça fait mal au pied, il doit regretter ses 24 ans. C’est qui le plus vieux, lui ou Henry ? En revanche, Zidan a marqué, l’Egypte a de la chance d’avoir un tel joueur.
Ribéry : Lui filer la balle quand il est là parce qu’on sait pas quoi en faire faute de fonds de jeu, c’est du passé. Il a touché énormément de ballons.
Henry : Suspecté d’être fini, il a répondu à ses détracteurs. C’était en conférence de presse après le match.
Anelka : L’essentiel pour l’instant, c’est de se créer des occasions. Il a frappé une fois de 25 mètres.

Pendant ce temps-là, Domenech continue son opération séduction loin des foutages du gueule du passé. Il fait des photos avec des supportrices dans le couloir, grand sourire, pendant que Gourcuff analyse la défaite. La défaite ? L’Espagne était trop forte et aujourd’hui, ça ne sert à rien de s’inquiéter.

Real Madrid : Benzema, le sourire du Völler (2/2)

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Le Vestiaire vous a présenté hier le nouveau Real Madrid. Aujourd’hui, le Vestiaire se penche sur l’avenir de son meilleur joueur. Le prochain entraîneur, la retraite de Raul, le mercato : beaucoup d’incertitude pèsent sur l’équipe. Pour le caïd, il y en a beaucoup moins. Il était bon avant, il le sera après. En attendant, des sourires, des passes, du théâtre rémunéré, de la prétention. Le hasard fait bien les choses, il n’est plus black listé en bleu, et son tranfert a coûté cher. Voici pourquoi à l’inverse du Real, lui ne peut pas échouer cette année.

Car Domenech ne joue plus

C’est l’histoire d’un déjeuner secret dont tout le monde connaît l’existence. Raymond Domenech se rend à Madrid, manque de bol Zidane n’est pas là, donc il se rabat sur l’autre Zidane, le jeune. Les deux ne s’aiment pas, paraît-il, mais ils ont une passion en commun : ils savent se foutre de la gueule du monde. Benzema n’avait donc pas envie de rentrer contre la Roumanie. Il n’avait plus trop envie de jouer à Lyon non plus, mais à l’époque il s’était gardé de le dire. A croire que ça ne servait pas ses intérêts. Par contre, chier sur la sélection, ça permet de prévoir un mea culpa et un retour en grâce. Les erreurs de jeunesse sont parfois judicieuses. Raymond a d’ailleurs beaucoup aimé la fin de sa phrase, pourtant ils ne l’avaient pas écrite ensemble. Par contre, ils ont pu la relire ensemble après la convocation de Benzema. Peut-être ont-ils ri, Pires et Giuly c’est moins sûr, Gignac on verra. Remplaçant contre les Féroé, Benzema est bizarrement entré en jeu. Il a bien pensé à ne rien foutre sur le terrain en tirant dès qu’il pouvait sans jamais arrêter de faire la gueule, mais bizarrement cette fois il a préféré filer des ballons de but à tout le monde en souriant. Après, si Henry et Anelka ont choisi de ne pas marquer, il ne peut pas tout maîtriser. Comme les gens ont eu l’air d’apprécier le nouveau Benzema, il s’est dit que marquer ne serait pas de trop.

Contre l’Autriche, la leçon d’humilité a continué. Il devait bien ça au public. C’est donc avec une grande humilité qu’il a ouvert le score, qu’il a fait jouer tout le monde même Govou, qu’il a dribblé de temps à autres tous les Serbes sur le côté gauche, qu’il a fait des passes aveugles pour Clichy, qu’il a défendu et récupéré des ballons dans les pieds serbes, qu’il a félicité Henry et Gignac pour leur but. C’est avec une très grande humilité qu’il a souri quand il s’est aperçu que la caméra s’est arrêtée sur lui une fois sur le banc et répondu aux médias qu’il était au service de l’équipe de France après le match. Il en a pris l’habitude à Madrid, en pensant humblement être le meilleur. C’était avant que l’entraîneur se titularise dans ses pattes, d’avoir Granero sur le côté, Ronaldo qui lui demande les ballons la bouche en coeur pour mieux tirer à sa place et Kaka qui finit par s’y mettre. Au moins, Lassana Diarra évite de lui traduire la presse.

Car Higuain n’a jamais joué

CR ailier, Kaka meneur, Raul retraité, Van Nistelrooy nul, Higuain argentin, Karim n’a aucune raison d’avoir peur, d’ailleurs il n’a pas peur. Plus largement dans le monde aucun avant-centre susceptible de venir à Madrid n’a son niveau. Florentino le sait, Zidane lui a dit. Personne n’aurait mis 35 millions d’euros pour un joueur qui en aurait valu moitié moins l’année suivante, si ça n’avait pas été une urgence. C’est amusant de faire croire que Villa était trop cher, mais CR au sortir d’une saison minable a été payé à peine plus. Villa est un bon buteur espagnol mais il a joué à Gijon et Valence, a 27 ans et a mis 3 de ses 4 buts de l’Euro contre la Russie, l’autre contre la Suède et joue cette saison en Europa Ligue contre Rudi Garcia. Et ça le monde entier est au courant.

Car Raul ne joue plus

S’il n’a aucune concurrence nulle part, c’est bien qu’il y a une raison. La presse espagnole pensait l’avoir compris pendant les matches de préparation puis les vraies rencontres sont arrivées. Au bout de 5 il avait mis 3 buts, au bout de 9, toujours 5. L’explication est simple, il suffit de lire le premier épisode de notre enquête. Benzema moins confirmé  que les autres ne s’emmerde plus à aller dans l’axe qui est pourtant toujours son poste de départ de chaque match car il y a des petits malins qui s’y sont garés en double file. Il va essayer de faire gagner son équipe en faisant marquer les autres. Ingénieux n’est-ce pas. A chaque interview, il rappelle donc que c’est grâce à lui. Puis précise que c’est la faute des autres. En dehors de considération tactique, il respecte aussi ses partenaires axiaux. Raul, qui sera toujours meilleur quand il n’y a pas de place au moins pendant 45 minutes, Cristiano et Kaka qui ont déjà été reconnus et les autres qui sont nuls. L’analyse de son début de saison ne dit pas autre chose : contre Xeres il marque alors qu’il n’a plus que Van Nistelrooy dans les pieds, contre Tenerife il en met 2 alors que tout le monde est là mais la 45e minute est passée et que Kaka fait l’un des deux bons matches de sa saison, quitte l’axe et fait des passes.

Car Zidane ne joue plus

Kaka a pour lui la sagesse du père de famille catholique, Ronaldo l’immaturité du gamin des favelas à qui on offre un walkman, Raul l’orgueil du papy chef de famille qui a trimé toute sa vie sans une once de reconnaissance autre que celle de ses proches qui est surtout de la crainte. Benzema n’est que le correspondant français surdoué venu compléter sa thèse de doctorat sur le football espagnol par le prisme de Santiago Bernabeu. Comment organiser une telle communauté ? Claude Sautet n’étant plus disponible, il ne reste que Dieu. Ca tombe bien, c’est le conseiller du président.

Car Papin et Anelka ne jouent plus

Il reste le cliché de la vedette locale qui s’exile dans un gros club, melon oblige. La situation de Benzema ne leur ressemble en rien. Il n’a que 21 ans, ce qui en fait un cas d’exception. Jamais, en dehors de Ronaldo, le vrai, un joueur doué n’a rejoint une si grande équipe aussi jeune. Cristiano arrive à Manchester à 18 ans, mais il ne coûte rien car il n’a rien fait, Anelka n’a fait qu’un an de haut niveau. Benzema arrive, après deux grosses saisons, dans un club où quatre places au moins sont libres devant. Anelka et Owen, en plus d’être moins doués et moins armés mentalement, débarquent dans le club de Raul. Papin, même s’il est aussi bon, arrive dans celui de Van Basten. Aucun président ne voulait ces joueurs pour les aligner mais juste pour ne pas qu’ils apportent à d’autres.

Être le meilleur comme Henry n’a jamais fait gagner de Ballon d’or, le côté sympa de Zidane ça marche mieux. Il a le choix, ça dépendra des matches. Benzema n’a plus qu’une chance d’échouer, que le Real échoue avec. Pellegrini y met du sien, pas certain que cela suffise. La défense madrilène n’est pas aussi sceptique.

Les questions interdites : La carrière de Benzema est-elle déjà finie ?

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Il n’a même pas marqué contre Nantes. Lyon doit-il se réjouir que Benzema ait annoncé son intention de rester ? Autopsie.

Il fout rien en Equipe de France

Les places sont tellement chères chez les Bleus. Trezeguet rôde toujours, la nouvelle génération Gignac-Hoarau arrive pour reprendre le flambeau. L’émulation a créé Alassane. Saha n’a pas dit son dernier mot, Govou non plus. Benzema, en déficit de confiance, perd chaque jour du terrain, aux yeux du pragmatique sélectionneur. Aujourd’hui, le profil de l’attaquant moderne, capable de marquer, déborder, centrer, jouer dos au but, combiner, frapper les coups francs et défendre, ça ne fonctionne plus. Dans une équipe de France en pleine confiance où les attaquants se succèdent et plantent jusqu’à plus soif, ne pas marquer est un vrai signe. Et puis, Luyindula et Savidan reviennent en forme. Ils ne vont quand même pas avoir peur d’un mec qui ne marque que 5 buts en 22 sélections, soit remplaçant, soit ailier, entre Papin, Trezeguet et Henry et Platini. Pas du tout vexé, Ouedec affirme que le championnat de Chine, c’est déjà pas mal de pression.

Il fout rien en C1

Cet incapable de Benzema a manqué l’occasion du 4-3 au Camp Nou. Si Lyon n’arrive pas à rejoindre les demi-finales de Champion’s League, ce n’est donc pas à cause de son niveau trop juste. Si Benzema avait inscrit 12 buts en 19 matches en trois saisons, à 22 ans à peine, si Benzema avait marqué un but tout seul au futur champion d’Europe l’an dernier, si Benzema marquait en moyenne un but toutes les 123 minutes, si Benzema situait déjà son ratio entre Papin (but toutes les 106 minutes), Trezeguet (1/134 minutes) et Henry (1/163), le jugement serait peut-être différent. Mais pas de demi-finale, c’est rédhibitoire pour juger. Manchester veut mettre combien sur Ribéry ?

Il fout rien en Ligue 1

Au même âge, comme le révélait Le Vestiaire, Papin, Trezeguet, Henry, Madar, Loko et Ouedec n’avaient pas marqué 40 buts. A nombre de matches équivalent, 109, seul Ouedec navigue dans les mêmes eaux que l’ange déchu lyonnais. Le Breton quitta Nantes sur un doublé contre le Spartak et une proposition de contrat de l’Espanyol Barcelone. A quoi bon marquer des buts, se demande encore Roger Boli. Désiré par l’Angleterre et l’Espagne – pas celles de Govou – Benzema aurait donc quelque chose en plus par rapport aux deux meilleurs buteurs de 93/94. A choisir entre la technique, la vitesse de course, la vitesse d’exécution, le sens du but et une saison d’attaquant de pointe sans soutien à 14 buts. Luyindula n’a aucune raison de rougir d’être titulaire en équipe de France.

Pourtant, Gignac le toise du haut de ses 22 buts. Hoarau s’est blessé exprès pour lui prouver que même sans jouer tous les matches, le buteur c’est lui. Jelen lui fond dessus, Gameiro trouve que Kevin ça sonne mieux que Karim. Bekamenga fait ce qu’il peut. Tous ces joueurs, hormis un, ont aujourd’hui plus de chances de figurer dans l’équipe type de l’UNFP en fin de saison. Bizarrement, Manchester n’en veut aucun. Benzema boucle sa deuxième saison pleine en L1. Deux, ça suffit aussi pour Kader Keita. Benzema marque moins cette saison, seulement 14 buts. Luyindula hésite : vanne ou pas vanne ? Dans un grand club, Benzema aurait conservé son niveau, sa concentration, sa motivation et aussi les occasions de but de la saison dernière. Dans un grand club, peut-être Juninho aurait-il été remplacé après avoir prévenu son employeur qu’il prendrait sa retraite à 55 ans, soit l’hiver dernier. Et, comme le résume le dicton : met Keita et Ederson à la place de Henry et Messi, et pour de bon Eto’o s’appellera Camara. Drogba marquait-il 25 buts à chaque saison à Guingamp ? Et au Mans ? La SNCF n’a pas tort : Lyon et Le Mans, aujourd’hui c’est même distance et même tarif.

Partir, c’est mourir ?

Incontournable en équipe de France, indiscutable à Lyon, meilleur attaquant de Ligue 1, terreur en Europe, Karim Benzema aurait encore trop de choses à prouver pour partir retrouver le haut niveau. Puel doit certainement lui enseigner comment encore mieux attaquer tout seul. Moussilou se souvient avoir eu quelques conseils, mais les championnats du Golfe sont plus relevés. S’il veut pouvoir se frotter à la concurrence d’un grand club, l’expérience d’un Keita, d’un Pjanic ou d’un Mounier n’aura pas de prix. Et à un an de la Coupe du Monde, un club en crise, c’est la stabilité assurée. Bafé Gomis approuve.

Grandir, c’est partir

La seule question encore légitime à poser, c’est : Benzema a-t-il déjà joué dans un grand club ? La réponse est ambigüe. Il a effectué sa formation dans un grand club, Lyon, avant d’être prêté contre son gré à un club moyen, Lyon. Nous sommes alors à l’été 2007, il explose parce que le malin recrutement lyonnais lui permet de compter sur Juninho. Malheureusement, le Brésilien part l’hiver dernier. Orphelin, Benzema se sent comme un surdoué avec des gens de son âge. Il est perdu : Fred lui manque, il déclare vouloir rester jusqu’à ce que Lyon soit champion d’Europe, puis au moins un an de plus. La perte de temps est enclenchée. S’il reste, sa dépression va devenir chronique, sans même qu’il s’en rende compte. Ses performances déclinent déjà depuis 6 mois. Pour avoir cru au grand Lyon, il a du mal à croire au petit Lyon. D’autres se sont aussi laissés avoir.

La seconde question légitime, qui découle de la première, c’est : a-t-il le niveau pour s’adapter dans un grand club ? En d’autres termes, Benzema est-il condamné au Vieira du Milan AC, à l’Anelka qui part au Real ou au Gourcuff qui quitte la Bretagne ? Le Vestiaire y a totalement répondu : Benzema a déjà les qualités de footballeur et les statistiques d’un joueur de haut niveau et surtout il y a déjà évolué pendant un an et demi en survolant adversaires et partenaires de son talent. Bafé Gomis se demande où est le rapport, ses formateurs un peu moins.

Pendant ce temps-là, Karim Benzema n’a plus qu’une seule question à se poser : a-t-il plus à gagner en stagnant à Lyon ou en s’entourant de grands joueurs ? Ribery a bien une petite idée, Henry aussi. Qui répond le premier ?

Benzema est-il une escroquerie ?

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Tony Montana y était parvenu, mais un caïd qui n’a ni la confiance de son sélectionneur, ni confiance en son club, peut-il devenir le parrain ?

Bernard Lacombe n’a pas son pareil pour apporter son soutien. Malgré un palmarès d’entraîneur qui inciterait quiconque à fermer sa gueule, Lacombe a demandé et obtenu de son président – à ses heures rédacteur en chef par intérim de L’Equipe – une lettre ouverte dans le quotidien de sport de référence. « Il faut qu’il pense à être plus collectif, plus généreux », complimente Nanard au sujet de sa perle. Celui qui malgré ses 255 buts n’a jamais fini meilleur buteur de Division 1 admirait aussi Benarfa à ses heures.

Gronaldo

13 buts en 29 matches en France (1 but toutes les 162 minutes), 5 en Coupe d’Europe et 2 avec les Bleus, mais surtout aucun but marqué lors des quatre dernières journées, Benzema connaîtrait sa première crise d’adulescent. Certes, comme tous les jeunes, il commet des erreurs. Même Hoarau, du haut de son but toutes les 180 minutes, le toise avec son survêtement Carrefour sur le dos.

On le comprend, le Havrais n’a pas le boulard. Après tout, Henry ne doit-il pas sa carrière à sa modestie ? Benz, de surcroit, manque d’éducation : il manque une passe à l’aller contre Barcelone, se faisant réprimander par l’irréprochable Cris. Puis s’énerve sur ses soi-disant buses de coéquipiers à 4-0 au retour. Il a tort, les mêmes avaient tenu le grand Bayern en echec à domicile (2-3). Puis Karim manque la balle du 4-3, celle qui aurait qualifié Lyon après le 1-1 de l’aller.

Le gong de sa fin carrière sonna quelques jours plus tard, avant-centre transparent contre Auxerre, il fut, ailier gauche inutile contre Sochaux il disparut. Sa performance poserait moins de problèmes si ses partenaires n’avaient pas autant brillé que lors de ces deux matches. Du coup, il n’est plus indiscutable et Frédéric Née rode. Une belle Ligue des Champions, aucun transfert à négocier au cours d’une fin de saison palpitante où son équipe peut même gagner, sans lui, un nouveau titre de champion de France : toutes les conditions sont réunies pour qu’il soit au top.

Trappes nigaud

Toujours est-il qu’aujourd’hui, c’est une évidence, l’équipe de France ne peut plus compter sur lui. Un buteur naturel se dégage, c’est Henry et il joue à gauche. Anelka est au top, Gignac marche sur l’eau, Hoarau est le successeur naturel après des années d’ équipe de France espoirs, Rémy est le nouveau nouveau Henry. Attention, en club, Piquionne revient fort.

Le seul atout de Benzema, c’est la confiance du sélectionneur. Domenech n’a jamais hésité à le lancer contre vents et marées. A l’Euro, après une très mauvaise saison (26 buts), l’avant-centre est titulaire en meneur de jeu contre la Roumanie. Prometteur. Domenech a de la suite dans les idées, il sera sur le banc contre les Pays-Bas et de retour contre l’Italie. Dans une équipe au sommet de sa forme, il a pris ses marques définitivement. Titulaire en Suède, en Autriche et contre la Serbie, où il sera suppléé par Anelka avec un petit sourire complice de son coach à la mi-temps, remplaçant contre la Roumanie, titulaire lors du choc contre la Tunisie en amical (il marque), il regoûte son rôle préféré de joker contre l’Uruguay, l’Argentine puis en Lituanie. Pour le poste d’ailier droit, Domenech hésite avec Luyindula, le très frais remplaçant du poste au PSG. La confiance aidant, Benzema rentrera en fin de match.

Et si Le Vestiaire s’était trompé ? Et si Benzema n’était pas le joueur français le plus précoce de l’Histoire du football ? Et s’il n’avait pas marqué plus de buts en championnats, sélection et Coupe d’Europe qu’Henry, Trezeguet, Papin et Savidan au même âge ou au même nombre de matches disputés ? Et si une fois de plus la presse faisait preuve d’une incompétence dont seule l’encadrement lyonnais et fédéral connaissent les limites ?

Pendant ce temps-là, Stéphane Dalmat a vu le match en se rappelant qu’un jour, il avait été espoir du football français. Il est allé s’expliquer avec les potes de Luccin, pour savoir lequel des deux a le mieux échoué.

Le roman du perd OL : Karim Ben s’en va

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Le Vestiaire l’avait annoncé depuis longtemps, c’est désormais une certitude. Selon les informations exclusives de notre correspondant stéphanois, Aulas va perdre le plus beau de ses joyaux et on ne parle pas de celui-là.

Le vestiaire lyonnais n’est pas encore au courant, pour le préserver en vue du 27 mai, mais Le Vestiaire tout court l’est évidemment. Le 15 avril 2008, près de trois mois avant l’officialisation de son départ, notre spécialiste signait le débarquement d’Alain Perrin. Aujourd’hui, c’est le Ballon d’Or 2010 qui s’en va.

Pourquoi quitter l’un des plus grands clubs du monde ?

Le fric ? Il s’en fout, il n’aura même pas l’honneur de connaître le plafonnement des salaires annuels au niveau de son salaire mensuel. Etre titulaire ? Rester en France pour participer à la Coupe du monde. Dehu avait essayé.  Deux fois.
21 titres de champion de France ? Ca n’a jamais empêché Patrice Martin d’être confondu avec C. Jerôme.
« Le caïd fait-il une erreur ? », se demanderont Coupet et les experts, qui commencent juste à se poser des questions sur la baisse de régime internationale d’Anelka, Henry, Ribery, Gourcuff, Mexès, Sagna, Mandanda. Ribery joue-t-il encore à Metz ? Zidane est-il encore copropriétaire du Nulle par ailleurs ?

Benzeman vs Double Farce

La vraie question sera plutôt de savoir s’il acceptera de se prêter à la double farce européenne. A quelques heures du plus grand rendez-vous de l’Histoire depuis Dynamo Moscou-AS Cannes, la France du football est désormais rassurée, comme quand Morientes jouait à Monaco. Le Barça ne fait plus peur, il sait perdre et dans le même temps Nice, Le Havre et Nancy ont essuyé les foudres d’Ederson et des siens et pas d’Essien. Gagner tout seul, Benzema avait déjà proposé de le faire il y a un an, Fred n’était pas d’accord, Keita pas bon. Heureusement, Juninho – dans la lignée des plus grands blogueurs lyonnais – s’est lancé dans les pronostics : le 1-0 lui paraît satisfaisant. Puel attendra le dernier moment pour lui dire que Twente joue l’UEFA.

Pendant ce temps-là, Hoarau marque contre les plus grands et le PSG les bat. Quoi Wolfsburg ?

L’Edito : Les Flamands sont éternels

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Pendant que Le Vestiaire écrivait sur Papin et Cantona, un troisième larron s’est invité à la fête, mais même le Marseille d’aujourd’hui ne veut pas de lui. Alors, il jouera à Valenciennes. S’il met  plus de cinq buts, cela lui ouvrirait les portes de l’équipe de France. Savidan et Briand n’ont donc pas grand-chose à craindre de lui. Par contre, d’eux-même, on ne garantit rien. Si le Père Noël ne peut rien pour Darcheville, les bonnes résolutions de 2009 tomberont à point nommé. Les voici.

Domenech sera-t-il foutu dehors en avril,  juin ou septembre ? Lyon se débarrassera-t-il de Boumsong et Fred pour aider Benzema à prendre le Ballon d’Or à Eto’o ? Grange prendra-t-il aussi une médaille en géant ? Federer battra-t-il Nadal en moins de cinq sets à Roland ? Le Barça mettra-t-il moins de huit buts à Lloris ?  Tsonga jouera-t-il deux Grands Chelems consécutivement ? Le Lenglen scandera-t-il à nouveau « Julien, Julien ! » pour Benneteau ? Et Gilles ? Lièvremont démissionnera-t-il après la défaite face aux Gallois, aux Anglais ou aux Ecossais ? Les handballeurs français se décideront-ils enfin à perdre ? Armstrong sera-t-il exclu avant, pendant ou après le Tour de France ? Gasquet évitera-t-il les sifflets ? Le basket français verra-t-il enfin le jour ?  Chavanel finira-t-il dans les dix premiers de chaque classique de printemps ? Mathieu et Bartoli sont-ils soignés ? Alain Bernard descendra-t-il sous les 47 sec avant ou pendant les mondiaux ? Amaury Leveaux sera-t-il éliminé en séries ou demi finale du 100m ? Doucouré courra-t-il en 12 »87 ? Baala sera-t-il exempté des championnats de France ? Arron commentera-t-elle les Mondiaux avec Montel ? Et Delerm ?

En janvier dernier, Le Vestiaire promettait le retour d’Anelka, la retraite de Hénin, les trois jours de Gasquet à Melbourne, le gros niveau du basket manceau. Seul Grange n’avait voulu d’aucun globe de cristal.

Ligue 1 : Hoarau qui rit

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Quand le PSG marque quatre buts en un match, combien en marque le nouveau Trezeguet ? Et le nouveau Benzema ?

Si t’as le pedigree, ça se reconnaît au débit, disait le poète. Si Christophe Sanchez n’a jamais vraiment aimé le rap, Guillaume Hoarau oui. En tout cas, suffisamment pour être programmé comme l’avenir de l’équipe de France. Dix buts en 18 matches, six matches corrects et un très bon à Marseille, la nouvelle star affole les compteurs. A 24 ans, un ratio de 0,57 but par match, c’est du jamais vu. Nicolas Ouedec lui-même avait attendu ses 22 ans pour enchaîner 38 buts en 72 matches de D1. Ca n’arrive donc pas à n’importe qui.

Et puis, Hoarau, c’est aussi ce geste technique de haut vol à Auxerre. Double roulette, crochet, frappe… Baptisons-là la Hoarau. Ca ressemble à la Gourcuff, le but en moins. Cette fois, c’est sûr, il vaut mieux le sélectionner lui que Benzema, de toute façon le petit prétentieux n’y arrive pas en Bleu. Il n’est plus meilleur buteur en L1, et même s’il a inscrit ses neuf buts en 12 titularisations, ses 0,73 buts par match sonnent comme la retraite anticipée.

L’Eto’o se resserre

Les experts étaient pourtant formels : la Ligue 1 serait un championnat de merde. Ils font moins les malins aujourd’hui. Hoarau, Savigol, et même le rafraîchissant Gignac, font un sacré pied de nez aux sceptiques. A l’étranger, toutes les ligues pros se renseignent sur le rapport Hidalgo. 18 buts en 17 matches pour Ibisevic, 15 en 15 rencontres pour Eto’o, 14 en 17 pour Anelka, c’est à croire que Christian n’était pas le bon joueur à lui associer au PSG. Qui suggérait David Bellion à Domenech en début de saison passée ?

Klasnic, Gyan Asamoah, Erding, Kezman, Piquionne, Pjanic, Larsen, Moreira… Le championnat pululle d’internationaux malgré le départ de Kluivert. Que demande le peuple ?

Les stigmates de l’Escalettes show

Une déprogrammation de fortune a permis à Canal+ d’acquérir les droits d’un épisode inédit du Domenech show, tourné pour la première fois en extérieur, sans l’acteur principal.

Platini avait choisi ce soir de poser ses caméras à Gerland pour ce spin off sur les coulisses de la célèbre real-tv de la FFF. Le dernier épisode avait permis de constater l’écrasante domination du onze de Domenech sur une des plus belles formations latines. Sur le terrain, Ribéry, Benzema et Henry, résultat logique : 0-0. Ces trois joueurs étaient là à l’Euro, encore là contre la Roumanie. A l’arrivée, aucune victoire et seulement trois buts marqués. Logique. Que Ribéry soit inefficace en bleu, c’est logique, il porte juste le Bayern sur ses épaules, marque, fait marquer et brille à tous les matches, quel que soit le niveau.

Que Henry ne soit pas trop productif avec les tricolores, c’est là encore logique. Il est juste titulaire dans la meilleure équipe du monde. D’accord, il marque lui aussi en ne jouant pas dans l’axe. Mais doit-on s’arrêter à ce genre de détail ? Que Benzema ne soit pas au niveau en sélection, devinez quoi, c’est logique. La planète football ne cesse de le clamer, il n’a pas encore le niveau international. En effet, le haut niveau, c’est pas son truc. Il est juste meilleur buteur en Ligue des Champions, Lyon n’existe pas sans lui et ses buts et son efficacité ne rappellent pas, mais alors pas du tout Ronaldo. Le constat est sévère, Domenech n’a rien à voir là dedans, sa reconduction ne souffre d’aucune bêtise. D’ailleurs, quelle était la couleur du maillot d’Anelka pour sa seule mauvaise prestation de la saison ? Le hasard est parfois facétieux.

A ce rythme, même le plus gâteux des papys gâteaux va finir par le voir.

Ligue des Champions : Qu’a fait Nagui ?

Malgré la qualification pour les huitièmes, Le Vestiaire exige le départ immédiat de Laurent Blanc. Pour la deuxième fois en deux semaines, Bordeaux n’a pas battu Lyon.

Jean-Louis Triaud pourra tenter toutes les dissimulations. Lettre de licenciement de Jurietti, contrat à temps partiel de Cavenaghi, renouvellement de pilule à la femme de Fred, rien n’y fera : Blanc ne resignera plus rien après Chelsea. La joie coïtale d’Alou Diarra a beau ressembler à celle de Dugarry contre le Milan AC, on subodore une différence. Deux semaines après Lyon, un mois et demi après la Roma, sans oublier Paris ou Nancy, l’affront d’hier soir ne passe pas. Bordeaux n’a pas battu une équipe de Chelsea qui en a moins fait que Cluj. Et le malheur de Blanc a été total : au lieu de Praud et Ginola, il n’avait qu’Astorga. Et si seulement il avait eu Ginola sous la main.

Tholot de source

Pour Blanc, à moins qu’il estime vraiment que son équipe peut finir par conclure, il est temps de faire ses valises. Ses joueurs ont écrasé des Anglais pathétiques, mais Lyon ne fait pas match nul avec des Roumains. Pourtant, le niveau était là : la technique de Gourcuff a parfois mis au supplice la défense. Son double râteau sur Terry suffit pour signer où il veut en Angleterre l’an prochain. Mais ses défauts en ressortent plus forts que jamais. Chelsea avait fait un pari, certainement en compilant le début de saison bordelais : ne pas se fatiguer pour rien, donc ne pas jouer. Avec deux certitudes : Marouane Chamakh terminerait le match sans avoir foulé la surface de Cech et la rigueur bordelaise offrirait tôt ou tard soit une expulsion, soit un but. Le gagnant du jour est Jurietti, mais il ne pensait pas qu’Alou Diarra passerait l’éponge. Battre la pire Roma de ces dix dernières années offrira la qualification. Et si Bordeaux préférait l’UEFA ?

Pendant ce temps-là, David Astorga se prend à rêver du poste de commentateur. Il a fait ce qu’on lui a demandé : être chauvin. « Et Anelka y a été de son petit but. » Le FC Antilles a trouvé ses héros. Et la Ligue des Champions pourrait être rebaptisée Ligue 1.

Saison 5, épisode 5 : Céleste et bobards

Après 2002, l’Uruguay est décidément la bête noire de l’équipe de France, un peu comme la Roumanie, l’Autriche, les Pays-Bas, l’Italie, le Paraguay ou l’Espagne. Mais après tout, les Boliviens avaient été aussi rudoyés par cette même Celeste (2-2).

Même L’Equipe s’en est aperçu, il n’aura fallu qu’un seul match. Mieux, il n’aura fallu que 45 minutes pour que le monde entier comprenne, hypocrites inclus, que l’équipe de France est au moins aussi forte qu’à l’Euro. Constat assez étonnant après un remaniement de staff aussi important. « Mais bon sang, qu’est-ce qui cloche ? », se demande « Maître Courage » Escalettes. Hier soir, il n’y avait pourtant pas que onze nuls, il y en avait vingt-deux, mais l’équipe de France, transfigurée depuis deux matches, n’a pas réussi à développer son jeu, comme depuis deux ans. C’est quand même bête.

C’est Escalettes qui va être content. Son choix est payant. Le match d’hier ressemble à s’y méprendre aux 42 derniers de l’équipe de France. Anelka, Henry, Ribery, Benzema ou Gourcuff. Est-ce si faible que cela ? Quoiqu’il en soit, Domenech est maintenant assuré de conserver sa place jusqu’à l’élimination de la Coupe du Monde 2010. Ce n’est pas maintenant qu’il va réussir à faire ce qu’il n’a jamais su faire. En plus, Maître Courage avait vu juste au lendemain de France-Tunisie : la naissance d’une vraie équipe. Hier, c’est zéro but marqué, comme contre l’Italie ou la Roumanie. Les temps changent.

Les papinazes de Savidan

« Savidan, c’est notre nouveau JPP », lance Larqué entre deux coups de lèche de Christian. Savidan vient alors de tenter sa 32e reprise de volée. Cette fois, elle est passé à 20 mètres, ça va bien finir par rentrer. Ainsi, Papin avait 30 ans lorsqu’il a débuté en Bleu. Et il était aussi connu pour tenter des gestes ridicules sans en planter un. L’histoire se réécrit sans cesse.

Domenech n’avait pas attendu la première minute tricolore de Stèèèève pour le flinguer : « Pour Savidan, c’est ce soir… Ou jamais ». L’ancien adversaire de Ribery en National, comme inscrit sur les fiches de Christian, a compris le message : il va essayer de marquer sur chaque action. Son contrat pour le Domenech Show passe par là. Gomis en avait mis 2, comme la Ligue où il évolue désormais. Prometteur.

Défense de gagner

Les latéraux se sont mis derrière au niveau des centraux. Fanni, c’est normal : il n’a que 26 ans, jouer avec les adultes, c’était pas prévu. Pour Evra, ça va bientôt s’appeler une habitude. Et Anelka va se faire appeler David. C’est ça de réussir toutes ses occasions en club, les prestations en équipe de France se remarquent. Lancé coté gauche, il repique dans l’axe pour se remettre sur son pied droit, mais au moment de frapper, c’est la chute.

Christian, conquis : « Anelka ! A côté… C’est pas idiot, c’est vraiment pas idiot. » Astorga, en pleine émulation, a dû frapper fort. Entre trois questions condescendantes, il jette son pavé à la gueule de Vieira. Comme tout le monde, excepté Escalettes, il a bien compris que la qualification serait un chemin de croix qui conduirait à l’enterrement de la génération Benzema-Ribery. Alors, il refuse pour la première fois d’obtempérer aux consignes de sa production. Hannezo n’a pas fait le déplacement, David joue cartes sur tables : « Patrick, vous allez vous qualifier pour la Coupe du monde 2010 ? » La réponse ne serait donc pas si évidente que cela. Qu’en pense Maître Courage ?

Escalettes se souvient de l’histoire de ce club qui descendit de division avec le même effectif et le même entraîneur. Le fameux électrochoc ne vint jamais. Il y avait des joueurs, mais pas d’équipe. Il ne trouva jamais le coupable. De toutes façons, il s’en foutait, JPP était de retour.

Ligue 1 : Je ne suis pas un Hoarau

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La formation, le haut niveau, l’équipe de France : c’était inévitable, le complexe de supériorité guettait le football français. Francis Gillot va bientôt hausser les sourcils pour répondre à Canal+.

Guillaume Hoarau a enfin compris. A l’annonce de son choix en faveur du PSG, Christophe Revault n’avait pu réfréner un rire nerveux. Faute d’avoir parcouru le pedigree de son ancêtre de gardien, le Réunionnais a finalement suivi son chemin, sans savoir. A une différence près, c’est vrai : Revault n’a jamais été choisi dans l’équipe européenne de la semaine sous le maillot parisien. Mais à l’époque, L’Equipe était un journal.

Ainsi, le damné Guillaume n’a pu comprendre assez tôt que le clasico ne valait pas un Reims-Le Havre. Son doublé lui est monté à la tête dès Toulouse. Et la magie parisienne lui est apparue samedi : Le Guen l’a remplacé à la mi-temps par Kezman. Cela n’a pas empêché le PSG de bonifier doublement sa victoire au Vélodrome. Le PSG candidat au titre est de retour, Sessegnon confirme son statut, Makélélé est bien le stabilisateur attendu. Et Giuly amène ce grain de folie qui manquait au banc depuis le départ d’Alonzo. Direct 8 n’attend plus que lui.

Lorient express

Mais le PSG n’est pas le seul à être en pleine bourre. Toulouse a montré qu’il était bien plus qu’un ex-candidat à la Ligue 2, qui ne sait que pourrir le match pour prendre des points. La victoire au Parc, mercredi, en atteste. Problème : la qualité de jeu, les stars internationales et le podium filent le vertige. Les vieux briscards caennais, rompus à l’Europe, en ont profité. Lorient, auteur de sept buts en deux matches, a aussi payé pour apprendre. Les adversaires de valeur ne se sous-estiment pas. Comme Nancy, qui s’y connaît en matière de haut niveau. Bordeaux était pourtant prévenu, mais les joueurs de Ricardo croyaient dur comme fer que Paris ne se reproduirait pas. Ricardo est parti ?

Pendant ce temps-là, Nicolas Anelka marque trois buts contre le Sunderland de Cissé. Et si Domenech rappelait Djibril ?