Dopage : Et Ullrich ramait

Alors qu’Ullrich espère toujours courir le Tour 2006, 10 ans auparavant il naissait. C’était le 20 juillet 1996. Lors de l’avant-dernier Tour de France dont l’histoire a oublié le nom du vainqueur. 

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Le vainqueur aurait pu être danois. Certains l’avaient vu se balader en jaune sur les routes girondines. En deux étapes, il avait plié la course. Une petite dose dans les Alpes, une plus grosse dans les Pyrénées et Thévenet manqua de s’étouffer avec les glaires de Patrick Chêne. Ça, on vous l’a déjà raconté. Mais ce matin-là, au départ de Bordeaux, notre vieux chauve n’est pas très bien. Le dosage de Berzin n’est décidément pas le meilleur, les 70 km/h seront difficiles à atteindre, autant oublier tout de suite les 80. Il mise quand même sur l’aérodynamisme de son crâne pour limiter les dégâts. Mais son jeune coéquipier allemand, deuxième du classement général à quelque 4 minutes, table lui sur une jolie casquette à l’envers. Magie du vélo, c’est le bon choix.

Le projet stérone

Il s’appelle Jan Ullrich. Elevé au bon grain de l’Europe de l’est, celui de Katrin Krabbe et d’Erik Schinegger, il n’a eu aucun mal à suivre son papi dans Hautacam. Il aurait même pu le battre s’il n’avait pas respecté les limitations de vitesse. Ce qu’il ne va pas faire sur la route de Saint-Emilion. Chacun voit bien Indurain finir en beauté, mais le Navarrais a beau être aussi fort qu’avant dans l’exercice, le petit gros roux l’est encore plus. Il reconnaîtra deux fois le parcours avec une voiture Telekom dans son aspiration, avant de mettre deux minutes à son leader parti évidemment derrière lui. Patrick Chêne parle déjà à son propos de « seigneur », de « grand champion des années avenir ». Il aura raison un an.

Rudy la truffe

En 1997, il accélèrera brusquement pour la dernière fois de sa carrière dans la montée vers Arcalis. L’hiver suivant Janou se réchauffera dans les bras de sa fraülein de maman. Ils sont pleins de gras, c’est la fin de sa carrière. En 1998, Jean-Marie Leblanc découvre stupéfait que l’EPO n’est toujours pas autorisée. Pantani s’en fout. Il ne s’en foutra plus très longtemps. Janou, lui, n’aime pas la pluie, il préfère les gâteaux. En 1999, Janou étrennera ses nouveaux mollets en Espagne et à Vérone, mais pas en France. C’est dommage, il digère mieux les gâteaux. En 2000, Janou n’aime toujours pas la pluie, n’aime plus Hautacam, mais il retrouve son amour des pâtisseries.

Glander dans la Madeleine

En 2001, Armstrong n’est pas bien dans la Madeleine et le Glandon. Janou, qui aime toujours bien les préparations surtout celles à base de farine et d’oeufs, mais un peu moins la tactique, décide de prendre le robot américain sur son porte bagages et dans l’Alpe d’Huez c’est l’Allemand qui regardera celui d’Armstrong. En 2002, Janou préfère la drogue aux gâteaux. Les deux ensemble, c’est pas mal non plus. Jean-Marie Leblanc et Hein Verbruggen préfèrent largement les intraveineuses, Janou est privé de Tour.

Bianchi mais pas blanchi

En 2003, fini les gâteaux et la Telekom. Mais pas Rudi Pevenage. Plus costaud qu’Armstrong, Janou préfère toujours attendre les fins d’étape pour voir si l’Américain est vraiment moins fort. C’est le cas, il perd du temps à chaque fois. Mais Janou n’en est pas convaincu avant les Pyrénées. Vers La Mongie, il tente de partir seul, mais son cul a du mal à se lever de la selle. Arcalis est déjà loin. A Luz-Ardiden, c’est cette fois la courtoisie qui lui ôtera l’envie de gagner le Tour. On ne lui avait pas dit qu’Armstrong n’était pas vraiment le mec le plus sympa du peloton. Bassons ne doit pas parler allemand, Simeoni non plus.

Pendant ce temps-là, il y aura bien un Tour de France cette année.

Dopage, Alberto Contador : Au trou Fignon

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A quatre jours des championnats du monde australiens en ligne, Thierry Bisounours, alerté par le scandale Cancellara, a souhaité s’offrir une tribune sur Le Vestiaire.

Alors, c’est comment l’Australie ?

J’ai pas vu tant de Kangoo roux que ça.

Des voitures ???

Ben, Thierry Adam, mon homogramme, m’a dit avant de partir, tu verras, on va s’en mettre plein les yeux. Et pour l’instant, à part de la coke et du clenbutérol, on s’enfile pas grand chose.

Du clenbutérol ?

Je vois que la coke vous pose moins de problème… Mais après tout, dans votre profession, c’est pas anormal, comme on dit dans le jargon.

Anormal ?

Si vous êtes en train d’écrire le dictionnaire amoureux du vélo n’oubliez pas la lettre D.

Comme dopage ?

Comme dégoûté.

L’affaire Contador, c’est ça ?

Non, le ragoût de mouton que j’ai mangé hier soir. C’est toujours pareil, ils veulent plus saler la soupe, mais se privent pas pour le reste.

Vous vous rendez compte que les lecteurs qui ne vous connaissent pas vont avoir du mal à vous suivre ?

Pourtant, j’ai rien pris je le jure… Hihihi (il éclate de rire, sort une photo de Bilou, son patron, et soulage un besoin naturel. Un liquide rouge se répand à terre). Vous croyez que Christian Prudhomme va m’interdire de départ ou que je ne suis qu’un cas isolé ?

TdF : Le retour de la kazakh jaune

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Le Tour du renouveau est sans surprise le plus passionnant de ces 20 dernières années. Pas moins de cinq Astanas peuvent le gagner. Thierry Bisounours qui sait que son ami Stéphane Goubert aime les andouilles nous livre ses pronostics.

Bonjour Thierry, on ne va pas tourner autour du pot belge,  un Tour enfin propre ça fait du bien !

J’attends la première question. Car comme dit Bilou mon patron « A par les Astanas et 10-15 brebis galeuses, ça ressemble souvent à du sport » !

Pardon ?

Hi, hi, je plaisante bien sûr. Evidemment que ça fait du bien, de revoir Popovych rouler à 80, Kloden ailleurs qu’en prison, et Contador, Leipheimer et Armstrong  apporter du sang neuf. On espère bien-sûr que Sergio Paulinho finira dans les 10.

Le contre-la-montre par équipe, c’est dans l’ADN de la grande boucle, son retour était indispensable, non ?

Bien sûr, plus aucune équipe n’avait tuer le Tour dès la troisième étape depuis Discovery Channel. On a failli avoir du suspense.

La présence d’Astana salit-elle le Tour ?

Non, dans la mesure où ils sont là « c’est qu’ils sont clim » comme on dit dans le jargon. On en avait marre de découvrir les tricheurs pendant la course. Là on est sûr que si positif il y a ce sera un exemplaire du magazine.

L’exploit de Thomas Voeckler fait du bien…

Moi ça va, en fait c’était pas une vraie gastro.

Que peut-on attendre de la montagne ?

Elle a pas vraiment bougé depuis plusieurs siècles , c’est une belle question piège. Si je dis une souris j’ai bon ?

Vous semblez un désabusé Thierry, mais quel Tour quand même !

Ben le Tour de mon cul connard ! Et ça c’est pas dans le jargon.

L’édito : La patte éthique

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Numéro 1 mondial ne veut plus rien dire. Riner l’est quand il veut, Murray a failli y prétendre, Jalabert l’a été et Monshipour ne l’est plus depuis longtemps. Le passeport biologique, ça passe à la douane ?

Roger Federer est un incorrigible intouchable. Après avoir laissé moins de balles à Lee qu’à un ramasseur, après avoir retiré son épaule des gros doigts de Garcia Lopez à la poignée de mains, après avoir sous-estimé le piège Kohlshreiber en quatre sets, après avoir vengé Nadal en trois sets pour la deuxième fois en un mois, après n’avoir autorisé qu’un tie-break à Karlovic, après avoir effacé l’as des Haas, il a remporté sa plus mauvaise finale de Grand Chelem. Pour que le maître perde son service deux fois quand il ne faut pas, il faut deux choses : qu’il ne soit pas bon et que l’autre sorte le match de sa vie.

Son costume de Stifler a encore failli faire mouche, deux jours après avoir envoyé Pause Caca chez les dames. Gros services, grosses frappes, gros mental, il a entretenu la faiblesse du maître pendant quatre sets, mais il n’en a gagné que deux. Deux balles de break dans la dernière manche, évidemment sauvées, une seule balle de break convertie, évidemment, c’est une balle de match, le maître reste le maître. 15 tournois du Grand Chelem, ça fait marrer le magicien, qui approche les 70, on ne parle pas de son âge. Lui a-t-on déjà expliqué que l’important n’est pas toujours de participer ?

Tous nos Voet

L’autre grand champion du week-end, c’est Mayhar Monshipour. En montant sur le ring, le Don King français a trouvé la parade à toute suspicion de combat truqué. En revanche, il n’a trouvé aucune parade aux coups de Moreno, qui lui a poliment souhaité un bon 50e anniversaire.

Et un bon 96e Tour du renouveau. Chavanel, Contador, Drucker, Godard, ils sont tous là, ils sont tous là pour porter les bidons, Thierry Bisounours est sur le coup. Quatre Astana dans le top 10. Il y a du monde sur la route et la caravane n’a jamais été aussi chargée : la distribution peut commencer.

Pendant ce temps-là, il y avait aussi du golf et la France a remporté la Coupe des Nations. Escalettes pense à prolonger Domenech.