Arsenal-Monaco : Jérémy régnait

Arsenal-Monaco, PSG-Barça, Barça-PSG et PSG-Barça entreront-ils un jour dans l’anthologie des plus grands matchs français en Coupe d’Europe au même titre que quelques autres branlées ou exploits historiques. L’Equipe le veut, nous on avait déjà dit non. Voici les 15 plus grands matchs de ces 20 dernières années. Pour l’occasion Monaco représentera encore la France.


15. OM-Milan 93

Pour quel autre match chercherions-nous la VHS sur priceminister tout en ayant pris soin de conserver son combi tv magnétoscope de la fac. OM-Milan c‘était Roland encore vivant qui n’insultait pas encore Larqué déjà mort, c’est Tapie qui n’en voulait pas encore aux couilles de Praud, et c’est Goethals qui alignait 9 joueurs défensifs face à Van Basten aux abois, Massaro aux fraises, et Papin aux chiottes. On les fout 15ème parce que c’était un peu joué d’avance et pas qu’à cause d’Eydelie. Et dans les buts c’est Barthez.

14. Manchester-Monaco 98

C’est le match qui permit à Trezeguet d’être champion du monde 3 mois plus tard. Pourtant l’entraîneur s’appelait Tigana, pourtant c’était à Old Trafford, pourtant Benarbia était titulaire. Carnot est même entré en jeu. Mais Solskjaer aura la bonne idée d’attendre un an pour en marquer 2. Tant pis pour Liza. Et dans les buts c’était Barthez.

13. Caen-Saragosse 1992

C’est vrai, c’était il y a 21 ans et ça n’a servi à rien. Pourtant on a rien oublié. C’est le jour où Gérard Houiller et nous tous avons cru que Gravelaine allait faire carrière ailleurs qu’au loto foot. Au retour, tout le monde s’est souvenu de celle de Stéphane Paille.

12. Nantes-Juve 96

Pourquoi tout le monde croit encore que si N’Doram avait eu la jambe plus longue, Nantes aurait mené 4-2 ? C’est des conneries : à ce moment-là il y avait 2-2, Renou n’avait pas encore marqué le 3e. Et à 4-2 de toute façon, il aurait manqué encore un but pour aller en finale, et c’est avec Gourvennec, Peyrelade et Renou qu’il aurait fallu le marquer, puisque Pedros avait mis un coup de pied dans la gueule d’un Russe au tour précédent, Ouédec était blessé, Kosecki était sorti et Deschamps était en face. Dans ces conditions, c’est déjà pas mal d’être douzième.

11. PSG-Milan 95

C’est sans aucun doute le PSG Denisot le plus fort avec la cuvée 93. A cette époque le PSG campait dans le dernier carré des Coupes d’Europe en éliminant le tout venant, parfois le Barça, parfois le Bayern et parfois le Real. Mais à cette époque ce qui compte en foot c’est l’Italie et en guerre c’est l’ex Yougoslavie. Milan c’est en Italie même avec Simone titulaire. Boban et Savicevic ça vient d’ex Yougoslavie. De toute façon en finale ça aurait été Van der Sar, Reiziger, De Boer, Rijkaard, Davids, Seedorf, Kluivert et Overmars, valait mieux pas y aller et rester tranquillement à cette onzième place.

10. PSG-Real 93

C’est le deuxième match du PSG dans le classement mais c’est aussi le dernier, car PSG-Steaua c’était beau mais c’était des préliminaires et les deux finales faut avouer qu’on s’en fout un peu et que dire de ce PSG-Barça en poules avec un rouquin en défense ou celui d’il y a deux ans avec Xavi déjà âgé de 55ans. On aurait aussi pu mettre le 1-6 de la Juve, c’était triste mais c’était de la Supercoupe. Par contre ce but de Zamorano juste avant d’aller se mettre en pyjama, et celui de Kombouaré au moment de dire bonne nuit à Papounet et sa perruque qui tombe par terre d’émotion, on n’a jamais vu mieux. En plus c’était Gilardi qui le racontait même si à l’époque on savait pas qu’il allait crever aussi vite. On parle de Gilardi, car Papounet il est toujours là.

9. Monaco-Real 2004

Pourquoi classer ici un match dont on se souvient surtout pour les conneries de Giuly et le jubilé de Morientes. Car ce Real-là n’avait aucune chance de se faire sortir par ce Monaco-là. C’est sans aucun doute le plus grand exploit de l’histoire mais ce n’est que Monaco.

8. PSV-Lyon 2005

Retenir seulement le penalty volé à Nilmar en prolongation, c’est oublier un peu vite la trace que Nilmar laissera au club. C’est bien de jouer sans attaquant, mais ça fait faire 1-1 à l’aller et au retour et ça fait de Wiltord votre meilleur buteur. Et merde, tant pis pour Malcolm X : Essien et Abidal pouvaient-ils décemment marquer un tir au but ? Marcelo, il fait chier avec ses jeunes Brésiliens, parce que le PSV a été à une séance de tirs au buts de la finale et qu’elle aurait été contre Liverpool.

7. Milan-Lyon 2006

Une petite télé, une bande de potes étudiants dont un puceau, mais lequel, et une gastro : il y avait tout, ce soir-là, pour passer une superbe soirée européenne. Lyon avait la meilleure équipe d’Europe, mais aussi le pire attaquant brésilien. Il s’appelait Fred ou Carew, et il était tellement mauvais qu’il avait laissé Diarra marquer le but du 1-1, qui aurait pu suffire à aller en demi-finale si Abidal n’avait pas été obligé de jouer une 88e minute avec interdiction de faire une connerie. Avant de regarder la demi-finale Arsenal-Villareal à la télé deux semaines plus tard, Benzema a vu tout ça du banc et s’est promis de ne plus jamais croire Aulas. C’est ainsi que Lyon ne réussira pas à remporter deux ligues des champions consécutivement sinon ça aurait mérité mieux que les 7ème et 8ème place.

6. Auxerre-Dortmund 93

Il n’y aura jamais qu’un seul véritable Auxerre-Dortmund et ce n’est pas celui de Ligue des Champions 97 car les Dieux du football ne supporteraient pas de voir Lilian Laslandes titulaire dans les 10 premiers. En 1993, deux clubs français sont en demi-finale de Coupe UEFA et dans ces deux clubs il y a Auxerre qui remonte deux buts au retour. Mais dans clubs français il y a français et Stéphane Mahé en est un. D’un côté, il a de la chance car en Colombie il aurait été récompensé autrement que par un simple transfert au PSG. Il y a une morale : il entraîne Saint-Nazaire.

5. Auxerre-Ajax 93

Qui aurait cru qu’un jour Daniel Dutuel ferait rêver la France sur une passe de Lilian Laslandes remplaçant. C’est arrivé à la dernière minute et on s’est dit : Vahirua, Cocard, Martins et Baticle c’était pas que de la merde. Mais on se l’est pas dit longtemps.

4. Bordeaux-Olympiakos 2010

Si ce match est quatrième ce n’est pas seulement parce que notre rédacteur en chef est bordelais ou parce que ce fut le dernier match de la carrière de l’ancien Zidane. Blanc ne connaissait pas encore Nasri, il pensait que le foot c’était simple et percutant comme un va-et-vient entre Chamakh et Gourcuff. Ciani marquait pour les deux équipes, et ni le Bayern, ni la Juve n’y avaient résisté. L’Olympiakos allait donc dégager vite fait et Gourcuff se faire voir chez les Grecs.  Blanc a rejoint l’équipe de France et Gourcuff celle de Closer.

3. Barça-Lyon 2009

Pour une fois, il faut prendre l’aller en compte où comme d’habitude Barcelone avait été mauvais, mais Henry était un grand joueur. Au retour, Barcelone fait comme contre tous les autres : les vingt plus belles minutes de l’histoire du foot pour marquer trois ou quatre buts, ce sera quatre. Ils sont tous là, et ils ne le seront plus ensuite : Eto’o, Henry, Messi, Iniesta et Xavi. Pedro ne sert qu’à laver les chasubles, et ce n’est même pas la peine de parler à Guardiola d’Ibra ou Villa. Piqué et Puyol sont déjà là, avec Marquez, donc Lyon va revenir à 4-2 et grâce à Benzema sur l’occasion du 4-3. Seydou Keita peut parachever le chef d’œuvre. Le Bayern prendra la même en quarts, Chelsea prendra Iniesta en demi et Messi fera une tête contre Manchester en finale.

2. Bordeaux-Milan 96

Celui-là on vous l’a déjà raconté. Gernot Rohr était entraîneur et Milan avait comme d’habitude dans les années 90 sa meilleure équipe de tous les temps.

1. Monaco-La Corogne 2004

Deschamps voudrait nous dire qu’il est le plus grand entraîneur du monde qu’il s’y serait pas pris autrement. La plus grosse branlée en Coupe d’Europe c’est donc lui qui la met, il réussit à faire marquer 4 buts à un mec qui s’appelle Prso et en plus Monaco c’est toujours pas un club français. Avec ça il a été en finale et tout le monde a zappé sur Le Gigolo de M6 après.  Sinon ça ne valait évidemment pas la première place.

Ligue 1 : Qui est qui 2010

Après tris mois d’enquête et d’analyse, voici enfin la vérité sur les favoris du championnat. Une chose est sûre, près de 67% de nos lecteurs pensent que Hoarau ne sert à rien. Ont-ils vraiment tort ?

Le règlement est formel : aussi ambitieux soient-ils, tous les clubs ne pourront pas finir 19e cette saison.

En danger

Arles-Avignon. L’entraîneur est surnommé le magicien, manque de bol, il a filé sa baguette à Meriem. La femme de Fred pourrait y voir plusieurs rapports. Changer toute l’équipe troisième de Ligue 2, c’était évidemment un minimum. Associer une sous-défense du Real, la Grèce 2004, Sébastien Piocelle et jouer à coté de la piscine municipale, c’est prendre la Ligue 1 pour une division chypriote. Et la Ligue 1, elle aime pas ça.

Sochaux. C’était donc vrai, la génération Frau-Pedretti-Monsoreau a laissé un vide. Pour celle-là, ça va peut-être venir, Boudebouz n’entame que sa troisième saison et Bréchet sa vingtième. Attention à la Dalmat-dépendance, si on en parle avant Noël c’est foutu.

Saint-Etienne. Recruter un Marchal pour faire la loi, ça marche mieux avec Tommy Lee Jones. Il faudra encore espérer un coup de main des autres clubs.

Nancy. D’abord Féret, ensuite Vahirua et finalement une pelouse synthétique. Correa a oublié ce que veut dire Uruguayen. Perrin, Baup et Courbis cherchent un T2 près de Marcel-Picot.

Lorient. Un Gourcuff et un attaquant international : Lyon sera sûrement prêt à payer cher d’ici peu de temps. Mais le merlu au melon, ça sent mauvais. Disons même que ça pue.

Nice. Ljuboja et Mouloungui ne rapporteront certainement pas 15 millions. Ça ne sera ni plus simple, ni plus compliqué de finir 17e.

Lens. Ca dure depuis quatre ans : aucun club de Ligue 1 ne peut affirmer en début de saison que y évolue aussi. Soit le temps s’est arrêté, soit Maoulida avait signé un contrat de quinze ans. Dans les deux cas, Wallemme n’est pas trop vieux pour remettre un maillot.

Brest. Le chaudron de Francis Le Blé attendait le retour en Ligue 1. Mais, même directeur sportif, Corentin Martins est toujours là.

Paris-SG. A Valenciennes, il y avait Mater et Saez pour aider Darcheville. A Paris, qui va aider Makélélé ?

Lyon. Le meilleur effectif de France, et pourtant on y recense Cris, Gourcuff, Lisandro, Toulalan, Pjanic, Kallström, Makoun, Delgado, Gomis, Briand, Bastos, Gonalons, Lovren, Cissokho, Réveillère, Diakhaté, Gassama et Belfodil. Lloris est-il si fort ?

Marseille. La dernière fois que l’OM avait été champion, il s’était retrouvé en D2 l’année suivante. Le foot est devenu plus ardu : Tapie n’avait pas échangé Ben Arfa et Niang contre Gignac et Rémy plus de l’argent.

Bordeaux. Il a fallu attendre un peu, mais le cimetière a été nettoyé, pour 22 millions d’euros sans les bonus. Carrasso continue de surveiller le charnier, Plasil, Fernando, Diarra et Ciani espèrent s’y faire une place. Devant, il ne reste que Cavenaghi, mais ils sont plusieurs, dont un jeune, mais il n’y a même pas le vrai.

Auxerre. Le Tallec, Langil et Sammaritano pour jouer la Ligue des Champions, décidément Guy Roux voue un culte à Corentin Martins. Sauf que Martins, il aimait pas trop la vraie Coupe d’Europe.

Montpellier. Le nouveau Costa est Chilien. Pas sûr que ce soit suffisant, mais ça peut quand même permettre à Giroud de ne retourner à Tours que dans deux ans.

Lille. Le rouleau compresseur qui marquait trois buts par match est parti pour en marquer trois par saison. Le reste dépend donc de Rami et du Hazard.

Valenciennes. Pujol est toujours là, mais ils battent de plus en plus régulièrement l’OM. Quand Kombouaré est parti à Paris, c’était un choix de qui ? Et Savidan ? Mais Pujol est toujours là.

Tranquilles

Caen. El Arabi, Hamouma, Mollo, Yatabaré. La tâche se complique pour Gignac, Modeste, Hoarau et Lisandro. Comme quoi, Dumas avait raison depuis le départ : des mecs qui courent vite devant, ça dispense de jouer avec des défenseurs dans le foot moderne.

Monaco. La Supercoupe d’Europe se jouera encore à Louis II la saison prochaine, pas la peine de s’emmerder à être européen. Ca tombe bien, Puygrenier est de nouveau prêté.

Toulouse. Le Téfécé est orphelin de Gignac. Ça se passera donc bien.

Rennes. L’ancien entraîneur de Bastia, l’ancien défenseur de Nice, l’ancien buteur de Montpellier, l’ancien maître à jouer de Sochaux. Vu la concurrence, c’est certainement leur année.

Ligue 1, OM : L’Abedi vient en mangeant

« Cette équipe n’a pas les moyens de ses ambitions. » Officiellement, l’OM veut faire aussi bien que l’an dernier. Didier Deschamps n’est pas idiot quand même.

Les grands clubs ne sont jamais prêts à la première journée. Le champion en titre n’échappe pas à la règle, l’OM a donc vu les choses en grand. Caen devait lui en mettre neuf, mais Caen reste Caen. Privé de Priou, entraînés par Dumas, les Caennais ont bravé les éléments contraires pour planter l’OM au dernier moment. Finalement, c’est mieux comme ça, Mbia a pu montrer à quel point il avait envie de rester. Pas de regret, El Arabi aurait aussi eu dix mètres d’écart avec Hilton et puis Leyti N’Diaye avait pris son petit pont en première mi-temps.

C’est Caen le bonheur

Leyti N’Diaye, c’est dit. Avec lui, Deschamps avait tenté la méthode douce avant le championnat. Revenu de prêt d’Ajaccio, révélation des matches de préparation et même buteur : les indices étaient visibles, mais les dirigeants ne les ont pas vus. Le titulariser au Vélodrome pour la première journée, ça frôle l’ultimatum. Mais ce n’est pas tout : remplacer Valbuena par Benarfa pour bien montrer lequel fait ses valises après avoir été le meilleur en préparation, c’est vicieux. Dommage que Caen ait été si mauvais, le changement aurait pu avoir lieu dès la première mi-temps. Pour que tout soit clair, Dédé a mis tout le monde dans le même sac à la fin : « Cette équipe doit être renforcée, mais apparemment on ne peut pas. » Samassa a donc marqué.

Dassier tente bien de réfléchir à voix haute : « Il faut reconnaître que notre équipe était diminuée, Diawara était absent. » Voilà. Lucho lui était bien titulaire, Mandanda, Mbia, Azpilicueta, Taiwo, Cissé, Kaboré, Valbuena et Niang aussi. Abédi Pelé c’était pas obligé, mais une Coupe du Monde correcte ça doit bien vouloir dire quelque chose. Avec autant d’absences, normal que l’OM ait si mal défendu, si mal attaqué, se soit si mal replacé et ait autant manqué de repères collectifs. Les miracles ne se produisent qu’une fois. Arbitrage ou pas, les dix points de retard à la trêve ne peuvent pas toujours être comblés. Deschamps se dira-t-il que la proposition de Liverpool n’était pas si mauvaise en septembre, octobre ou attendra-t-il novembre ?

Le Milan AC et le Real prennent peur, la Ligue des champions approche à grands pas.

Ligue 1 : Un match à deux, franc Zizou

gorcu

Bordeaux devra ne pas perdre à Caen s’il veut décrocher le titre de champion. La Roma, Chelsea, même Cluj : tout le monde rigole de bon cœur. Et Gourcuff ?

C’est l’histoire de l’enclume et de la plume. A la fin, c’est jamais Savidan qui est champion. Pourtant, le nouveau Papin a tout intérêt à gagner la semaine prochaine, sinon il rejoindra le cercle très fermé des internationaux de Ligue 2. Ils ne sont pas si nombreux à avoir fait carrière. Caen aura quelque chose à jouer, Bordeaux aussi. Rennes aura quelque chose à jouer, Marseille aussi. Tout le monde est sur la même ligne, mais Bordeaux a de l’avance. « Hors-jeu ! », s’écrie Quiniou. Sa prédiction n’est pas totalement fausse. Que faire ?

Faire mariner Blanc

Jean-Louis Gasset a bien bossé, il est temps de passer la main. Ce n’est pas la dernière semaine du championnat qu’on va améliorer son jeu, donc l’entraîneur bordelais est déjà en vacances. Pour lui succéder pour cette semaine décisive, Laurent Blanc fait figure de favori. Il a le profil : élégant, allumette dans la bouche, il sait parler aux joueurs des grands matches. Son expérience de finaliste de Coupe du monde peut servir à Jurietti. Sa principale mission : rassurer ses joueurs clés, c’est-à-dire Chamakh. Sorbon et Seube l’assisteront dans sa tâche.

Domino day

Face à Monaco, le grand Bordeaux entraperçu à Galatasaray est réapparu. Dominé, comptant uniquement sur Cavenaghi pour se soulager, il a tenu le score par miracle. Ramé y est pour un peu, Chalmé et Tremoulinas pour presque rien. Diawara et Planus photocopient la feuille de match pour certifier leur présence. Les seuls à leur niveau habituel auront été Park et Pino, ça a suffi pour une victoire bordelaise. Les Girondins ont joué une fois avec le feu. Si Caen domine Bordeaux comme Monaco l’a fait, ça peut finir par passer, quand bien même Savidan se rapproche de son tout meilleur niveau. Bordeaux baladé par Caen ? Jurietti en fait une affaire d’honneur, Gasset aussi.

Le Yoann dévalué

Il n’avait pas été aussi étincelant depuis le dernier gros match de Bordeaux, à Galatasaray. Requinqué par la poursuite de l’OM, il a permis à son équipe de rester dans la course au titre. Après une semaine à 13,6 millions d’euros, en tête de Ligue 1 et avec un manager qui parle de titre, il a tout juste retouché sa copie. A croire que les coups de moins bien physiques tombent toujours au plus mauvais moment. Contre Monaco, Bordeaux devait gagner, Zidane devait marquer. Ou au moins continuer à faire comme d’habitude, contre un sparring partner aussi coriace que d’habitude. Monaco a dû préparer son déplacement en Gironde en Lituanie. Miracle, le nouveau Zidane a une nouvelle chance : un grand match. Deuxième miracle, c’est à Caen. S’il n’offre pas le titre à Bordeaux, maître Poulmaire devra se trouver un nouveau Zidane et Manaudou ne quittera jamais Bousquet.

Pendant ce temps-là, Benzema corrige les rapports des recruteurs.

Les avortons : La démode Cauet

Avec une autre coupe de cheveux, Jacquet aurait-il continué à confondre Benoît Cauet avec Franck Rizzetto ? La question restera posée jusqu’à la fin de sa carrière.

Juin 1998. La France maudit son sélectionneur à l’approche de la Coupe du monde. A quelques jours du choc en Finlande, Aimé Jacquet annonce la liste des six lauréats. La France est choquée, parle de cruauté. Pourquoi Djetou a-t-il droit à des congés anticipés ? Un seul homme comprend : Benoît Cauet. Ce qu’il comprend beaucoup moins, c’est pourquoi lui ne participera pas au Mondial.

Dans un manteau Divert

L’histoire débuta à Marseille. Enfin, surtout à Caen, où il restera quatre ans, bien loin du titre de champion d’Europe. C’est peut-être là qu’elle a fini aussi, mais tous les avortons ne méritent pas d’instant Le Vestiaire. A l’époque, Stéphane Dedebant tirait encore la couverture à lui, Cauet aurait dû s’y préparer. Même repéré par Nantes, où il signe en 1994, il ne vainc pas la malédiction. L’improbable se produit : Jean-Michel Ferri lui est préféré, il n’est qu’un second choix. Cauet joue peu, mais bien, Nantes est champion et pulvérise les records, Ferri est sélectionné chez les Bleus et signera un jour à Liverpool. On parle bien de Laurent Viaud ?

Inter minable

L’épisode nantais n’empêche Cauet ni de séduire les grands clubs, ni d’envier les cartes bleues offertes à Frédéric Dehu et Vikash Dhorasoo. Après une deuxième saison en Loire-Atlantique, il rejoint le PSG champion d’Europe. Judicieux : il perd la seconde finale d’affilée. Las, il rejoint l’Inter la saison suivante (1997). Le club remporte immédiatement la Coupe de l’UEFA, dans le sillage des Ronaldo et Zamorano. Lui n’est pas titulaire.

Il le sera un peu plus les années suivantes, quand l’Inter ne gagne plus rien. L’équipe de France, malgré Bruno Cheyrou, se refuse toujours à lui. Et finalement, après une pige à Bastia, il termine au FC Sion (2005-2006). En beauté : il est sacré champion de D2 suisse et remporte la Coupe helvétique.

Et si Benoît Cauet n’avait jamais existé ?

Ligue 1 : Caen dira-t-on

Rothen et Gallas sortent un livre, Savidan connaît sa première cape internationale. Il se passe quelque chose, Le Vestiaire a enquêté : tout nous ramène à un petit club de quartier, le Stade Mauvaises Herbes de Caen.

L’enquête débute dans un centre commercial de Ouistreham. A la maison de la presse, exactement. Un indic aurait reconnu un ancien haut gradé du club de Caen (page 4), la ville voisine. Un bruit court sur lui : il aurait frôlé les Bleus, mais pas l’hématome quand il se fit démolir les croisés à Nantes. Une telle découverte, ce serait gros. C’est ce qui s’appelle l’effet Jeandupeux, qui bénéficia à Montanier pour ne pas devenir le meilleur gardien français.

Mais après tout, Emmanuel Petit a bien attendu la fin de sa carrière pour balancer sur ses semblables, Gallas et Rothen non. Leurs profs de l’INF Clairefontaine n’auraient pu imaginer qu’ils écriraient un livre, leurs nègres non plus. Un autre ancien joueur parti vers l’Atlantique, pas littéraire pour un sou, en sourit, lui qui est assigné aux Prud’hommes pour avoir signé un pré-contrat sans savoir que Paris et PSG, c’était au même endroit. Ici à Caen, tout est possible.

Relent Dumas

La suite des investigations le confirmera vite. Une sourse proche du dossier passe aux aveux : Franck Dumas en est aujourd’hui l’entraîneur. Le défenseur que les Marseillais n’ont pas pu oublier aurait débuté et fini ici, fréquentant même Hippolyte du mythique RP1, avant d’être mis en costard sur la touche en intérim pour un match, en 2006. Au Vélodrome, justement, pour une victoire de Caen (3-2). L’intérim dure depuis ce temps-là, il a même réussi à vendre Grandin à l’OM, sous couvert d’insultes. Quand on se prénomme Eliott, ça passe bien. Les Américains appellent ça « subnormal », ils ne diraient pas autre chose en voyant la carrière bleu de Bernard Mendy : un grand pont et puis s’en va. Au stade d’Ornano, il se trame des choses louches. Et visiblement, depuis longtemps.

Une blague graveleuse

Une plongée dans les archives municipales s’impose. Tant de grands noms (Gorter, Olsen), tant de destins hors normes, tant de titres (champion de D2 en 1996). Le SM porte bien son nom. Sans surprise, on y apprend que l’homme aux quatorze club y a fait un tour, deux même : Xavier Gravelaine. Un nomade à la vie de forain, avide de télévision, qui s’était pourtant perdu dans la nature. Son signalement aurait été donné dans plusieurs grandes villes françaises (Marseille, Paris), mais aussi des très petites (Guingamp, Istres). Jamais au même endroit. On trouve trace de lui à Caen dès la saison 1991-92, puis la suivante. On nous parle d’un feu de Paille, qui aurait menacé de tout bruler sur son passage : des espoirs à Porto. Etrange. Le parcours de Mathieu Bodmer l’aurait-il rendu incontournable en équipe de France ?

Le Lièvre et la torture

Yvan Lebourgeois et Christophe Point ont tout connu de cette époque. Ils ont envié Stéphane Lièvre, le jour de son départ pour Nantes. Que croyaient-ils ? Que Fabien Cool aimait Auxerre au point de repousser des offres ? Qu’être remarqué dans un club dont la première star a été Fabrice Divert est si facile ? Ou que Calderon était passé par là au firmament de sa carrière ? Mostovoï oui, ça classe un joueur. La trace caennaise suivrait donc ses membres pendant de longues années. Benoît Cauet l’a compris en voyant Boghossian porter Zidane, qui portait la Coupe du Monde. C’est aussi après une Coupe du Monde que Kenneth Anderson aurait rejoint Caen. Amara Simba ne s’en souvient pas, il était déjà vieux. Michel Rio avait 29 ans lorsqu’il marqua le but le plus rapide de l’histoire de la première division. Qui ça ?

Aujourd’hui, Ronald Zubar achemine sa carrière pro vers les mêmes falaises normandes que ses prestigieux aïeux. Il se remémore souvent leurs exploits, les soirs de Ligue des Champions.