La légende Costantini : Des Barjots sans cervelle

Costantini aime pas Onesta, il aime plus Karabatic, ni l’équipe de France. Heureusement il s’aime lui-même et il a bien raison.

Premier épisode : le jour où les plombs ont sauté.

1995, Reykjavik. La France fête un titre de champion de monde ultramérité tant les Tricolores ont dominé leur sujet. Comme d’habitude, les hasards du tirage au sort ont été très favorables aux Bleus, évitant les grosses équipes, donc la Suède. La finale contre la Croatie ne sera qu’une formalité. L’apothéose de 50 ans de hand international dans l’Hexagone, même Asloum n’a pas mis autant de temps à confirmer. Ils ont gagné, mais rien ne sera plus jamais comme avant. En novembre de la même année, Eric Quintin va tester la résistance de son front contre le nez de son coéquipier, Philippe Schaaf. Ce dernier, déjà privé du mondial en Islande, confirmera définitivement la définition du mot loser. Pour Quintin, c’est un an de suspension. Pour les Barjots, c’est la fin.

Crétins dauphinois

Richardson continuera avec quelques autres, mais le fiasco des JO de 1996 servira d’enterrement à cette génération. Ils finiront quatrièmes d’une compétition qu’ils ne pouvaient pas perdre, les chevilles grosses comme le palmarès de Patrice Martin ou l’égo de Daniel Bilalian. Auparavant, il y avait eu l’aventure modeste de Barcelone 1992 et la médaille de bronze acquise par une bande de jeunes cons talentueux comme Marconnet ne l’a jamais été. C’est en Suède, au pays des jeunes filles nues et des meilleurs joueurs de la planète, que cette équipe réalise, en 1993, son exploit le plus retentissant et pourtant sans presqu’aucun écho médiatique, déjà. Les partenaires de Volle, ce grand imbécile comme aimait le taquiner Costantini, finissent seconds en perdant face à la Russie de l’immense futur Espagnol Duchebaiev. Les locaux, pourtant sans égal, terminent à une pauvre troisième place.

Daniel Costantini, le grand artisan des victoires, la principale victime des défaites, n’aurait jamais réussi à apprendre à lire à Laurent Munier, ou les tables de multiplication à Denis Lathoux. Cette équipe, qui alterna le jaune capillaire et le crane rasé, était constituée de crétins géniaux, immatures et ingérables. Des idiots pareils, on n’en reverra sans doute jamais. C’est cela qui faisait leur force, c’est ça aussi une légende.

Les trois glorieuses (4/3) : Le plus grand Karaboué du monde

Puisque la meilleure équipe de tous les temps peut devenir la meilleure équipe de tous les temps tous sports et toutes nations confondus, Le Vestiaire vous rappelle pour la dernière fois comment elle est devenue la meilleure équipe de tous les temps.

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Quatrième épisode : il n’y a toujours pas de quoi rire.

Il n’y a pas vraiment de quoi rire avec cette équipe de France de handball. Elle est la meilleure du monde, à un niveau de domination jamais vu dans aucun sport, par aucune équipe hormis elle-même à l’Euro 2006. Plus largement, la génération 2001-2010 a tout gagné et figuré dans toutes les demi-finales internationales depuis 2005. Son palmarès, comme celui de Medhi Baala, est effarant : championne du monde 2001, 2009, troisième en 2003 et 2005, championne d’Europe 2006, 2010 et bien-sûr championne olympique.

Plus largement encore, et plus fort que la génération Zidane en football, le handball français est sur le toit de l’univers depuis seize ans. Huit demi-finales mondiales sur huit, dont trois titres, et trois demi-finales olympiques, dont un titre. Même la Croatie, malgré deux titres olympiques et un mondial, n’a pas fait mieux. Même la grande Suède n’a pas fait mieux, même le Bénin n’a pas fait mieux. Pourtant, le handball ne sera jamais l’égal du football, même si Karabatic continuera de passer chez Patrick Sébastien.

Wikipedia a les mêmes statistiques, mais en même temps c’est vrai.

La légende Costantini : Génération désanchantée

Costantini aime pas Onesta, il aime plus Karabatic, ni l’équipe de France. Heureusement il s’aime lui-même et il a bien raison.

Aujourd’hui, l’épisode après une défaite dès le premier match.

2006. Gueric Kervadec se préparait une bonne tisane de verveine, Jackson Richardson ne savait plus comment résoudre ses problèmes de prostate et Greg Anquetil se faisait poser sa prothèse à la hanche. Même Costantini était occupé à réparer la porte coulissante du garage. Au même moment, à Zurich, l’Espagne championne du monde en titre venait de se faire écraser, voire ridiculiser, en finale des championnats d’Europe de handball.

Face à elle, une équipe monstrueusement intouchable : la France. Celle du Yougo Karabatic, des sœurs Gille et du fossoyeur Dinart. Jamais, même au temps des Suédois ou de la grande Yougoslavie pleine de vitamines, une sélection n’avait tant maîtrisé son sujet, dominé ses adversaires. A partir du tour principal face à la Pologne, tous les matches se sont ressemblés et sont devenus des copies certifiées conformes de PSG-Juventus du 15 Janvier 1997.

31-23, 29-23, 30-20, 31-21

Fabuleuse, l’équipe de France championne d’Europe 2006, toujours aussi peu médiatisée est, non seulement, la meilleure équipe de handball de l’Histoire, mais aussi tout simplement la plus grande équipe de France tous sports confondus. Les joueurs pourront-ils rivaliser avec eux-mêmes ?

« Si Karabatic veut devenir la légende de son sport et remporter le Trophée de champion des champions de L’Equipe, il doit sans doute détenir la réponse ». C’était bien le cas.

L’Edito : Omeyer d’entre nous

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En août 2008, Le Vestiaire écrivait le plus grand Karaboué du monde. Un an et demi après, il n’y a toujours pas de quoi rire avec cette équipe de France de handball.

Si ce n’est qu’elle a terminé sa demi-finale avec Barrachet, Detrez, et Junillon sur le terrain. Si ce n’est qu’elle gagne avec Jerôme Fernandez dans son effectif, pour ce que la presse généraliste appelle « pas son rendement habituel ». On pourrait aussi ajouter que Guillaume Gille est toujours là lui aussi, mais même ce constat ne fait rire personne. Onesta ne pouvait pas aller plus loin puisque Sorhaindo était obligé de jouer. Finalement, le hand, c’est pas compliqué, ça peut même se jouer à trois plus un gardien. Kara, Abalo et Guigou ont  compris depuis longtemps.

Gille de la tourette

Pour le reste rien n’a bougé ou presque : « Elle est la meilleure du monde, à un niveau de domination jamais vu dans aucun sport, par aucune équipe, la génération 2010 a tout gagné et figuré dans toutes les demi-finales internationales depuis 2005. Son palmarès sur 10 ans, comme celui de Medhi Baala ou Brian Joubert, est effarant : championne du monde 2001 et 2009, troisième en 2003 et 2005, championne d’europe 2006 et 2010 et donc championne olympique. Plus largement encore, et plus fort que la génération Zidane en football, le handball français est sur le toit de l’univers depuis 16 ans. 8 demi-finales mondiales sur 9 dont 3 titres et 3 demi-finales olympiques dont 1 titre. Même la Croatie, malgré 2 titres olympiques et 1 mondial, n’a pas fait mieux, même la grande Suède n’a pas fait mieux, même l’Islande et le Costa-Rica n’ont pas fait mieux. » Pourtant, le handball ne sera jamais l’égal du football, même si Karabatic passera encore chez Patrick Sébastien, mais aussi maintenant chez Michel Denisot. C’est déjà pas mal rétorquerait Daniel Costantini, le géniteur.

Malabar Guigou

Puisqu’il reste une petite place dans l’édito, on ne parlera pas de l’époustouflante prestation de Ronnie contre Livourne, ou de la catastrophe Benzema, plus que jamais au pied du mur. Cela nous obligerait à augmenter notre spécialiste foot qui se permettrait de rappeler que la saison marseillaise était aussi annoncée. A part ça, Chabal est forfait pour le Tournoi, heureusement sa planche à billet va bien. Le Vestiaire en parlera donc bientôt.

Pendant ce temps-là, le nouveau Barça n’a pris que trois buts et Ingrid Jacquemod a fait un podium. Que ceux qui ne s’en foutent pas avant les JO nous fassent un article sur le sujet.